Bonjour tout le monde !
J'espère que vous avez passé un joyeux Noël... Et par avance, je vous souhaite un bon réveillon de la Saint-Sylvestre !
Je vous avais laissées sur le mystérieux lien entre Gold et Regina, ainsi que sur la dispute entre nos héroïnes. Vous n'apprendrez rien sur Gold aujourd'hui, mais Emma et Regina vont se réconcilier. J'espère que cela vous plaira. En tous cas, j'ai aimé écrire ce chapitre !
Bonne lecture :-)
Chapitre 19 : Mise au point
Les journées qui suivirent la soirée au Rabbit Hole furent bien remplies pour Emma. Décidée à découvrir ce qui se tramait autour de Regina et de Gold, elle passait son temps à interroger les habitants, à étudier les archives municipales et à espionner autour de la boutique d'antiquités. Elle n'avait pas informé ses fils de ses recherches, se contentant de leur dire qu'elle passait son temps avec ses amies Ruby ou Belle et les laissant jouer tous les deux chez Regina ou au parc. Mais ses recherches n'aboutissaient à rien, elle ne découvrait absolument rien, et elle commençait sérieusement à se décourager.
Comme à leur habitude, les frères, inquiets par le froid qui commençait à s'installer entre leurs mères, s'étaient concertés pour essayer de découvrir ce qu'elles leur cachaient. Ils devraient les cuisiner jusqu'à ce qu'elles craquent. Henry n'était vraiment pas convaincu de la réussite de ce plan avec Regina, mais il accepta tout de même, n'ayant de toute façon pas de meilleure idée. Un soir, Matthew prit le taureau par les cornes et commença à interroger Emma. Il saurait ce soir ce qui se passait.
- Bon, maman, allez, arrête… Qu'est-ce qui se passe à la fin ?
- Mais rien ? Que veux-tu qu'il se passe ? demanda-t-elle en feignant la surprise.
- Arrête… ça fait des jours que tu es bizarre. On dirait que tu as retrouvé le boulot et que tu es sur une enquête. Sans parler de ton humeur qui varie entre l'euphorie quand on parle d'Henry et Regina, et le 6e sous-sol quand ils sont pas là.
Décidément, elle ne pouvait vraiment rien lui cacher… Et puis, à quoi bon nier encore ? Il avait le droit de savoir.
- Bon… Voilà…
Emma avait du mal à se lancer. Par quoi commencer ? Par le râteau ? Le baiser ? Ses recherches sur Gold ?... Matthew l'aida indirectement :
- De toute façon, t'en fais pas, Ruby m'a dit que tu avais embrassé Regina…, dit-il sur un ton de défi en lui lançant un regard coquin.
Mise devant le fait accompli, Emma ne put qu'approuver, et elle continua :
- C'est vrai, on s'est embrassées, c'était… juste… bien…
- Maman… je te connais, n'oublie pas …
- Bon ok c'était génial, super et j'ai adoré… Je suis vraiment bien avec elle, j'aime quand on passe des moments en famille et qu'on est tous les quatre. J'adore me plonger dans ses yeux magnifiques, j'aime ses mains, ses cheveux… Et ses lèvres sont juste…
- Oui, bon ok, je crois que j'ai saisi, la coupa-t-il, mi-gêné, mi-amusé. Bon bah c'est quoi le problème alors ?
- Elle m'a repoussée, voilà. Mais pour tout te dire, je crois qu'elle me cache quelque chose qui l'empêche d'être avec moi. Je ne sais pas pourquoi mais je le sens. Donc voilà, je cherche depuis quelques jours.
- Et … ?
- Bah rien. Je ne trouve rien. Personne ne me dit rien. Gold a l'air d'effrayer la moitié des habitants de cette ville et Regina l'autre moitié, donc personne ne consent à dévoiler le moindre truc. Quant à mes recherches dans les archives municipales, je ne trouve absolument rien. Je me demande si je ne vais pas laisser tomber et me faire à l'idée qu'elle ne veut tout simplement pas de moi…
- Désespère pas, maman… Tu sais, Henry me dit souvent qu'il n'avait jamais vu sa mère comme ça, avant. Il dit que quand elle est avec nous, elle est souriante, et… comment il a dit déjà ? Ah oui… « radieuse ». C'est pas une preuve qu'elle t'apprécie aussi ?
Matthew avait enfin réussi à percer le mystère. Il en était maintenant certain, Emma et Regina étaient faites l'une pour l'autre. Et, quelle que soit la force qui semblait se dresser entre elles, il se jura de tout faire pour la détruire.
oOoOo
De son côté, Henry n'osait pas questionner sa mère aussi ouvertement que le faisait Matthew. Réservés tous les deux, ils n'avaient, de toute leur vie, jamais parlé sentiments et il ne se sentait vraiment pas le courage de commencer aujourd'hui. Alors il prit un chemin détourné :
- Dis maman, pourquoi on les voit moins, les Swan, ces derniers temps ?
Sentant que son fils avait besoin de lui parler, elle s'approcha de lui et s'assit timidement sur son lit d'enfant.
- Les Swan vont devoir repartir à Boston très bientôt, alors je suppose qu'ils doivent avoir des choses à faire avant de partir et…
- Tu veux qu'ils partent ? la coupa Henry.
- Quoi ? Non, je … Je ne souhaite pas qu'ils partent mais ils ne peuvent pas rester, alors ils prennent leurs distances, je suppose pour…
- MAIS MOI JE VEUX QU'ILS RESTENT !
Le garçon éclata en sanglot. C'en était trop pour Regina, qui, en empathie avec la tristesse de son fils, sentit aussi les larmes lui monter aux yeux. Contrairement à son rôle public, dans sa vie privée, Regina s'était toujours refusée à mentir à son fils ou à lui cacher ses sentiments. Alors, elle se décida à lui avouer une partie de la vérité :
- Oh Henry… Moi aussi j'aimerais tellement qu'ils restent…
- Mais POURQUOI ? Pourquoi ils ne peuvent pas rester ?
- Parce qu'Emma a son travail, Matt a son école et ils ont leur famille, là-bas …
- C'est nous leur famille, maman…
Un long silence suivit la phrase toute simple d'Henry. Bien évidemment que c'était eux, leur famille. Avec le recul, Regina se dit qu'elle l'avait toujours su, depuis le jour où ils étaient apparus sur son perron. Elle ne savait pas si elle croyait au destin, mais après tout, peut-être n'était-ce pas un hasard qu'elle ait adopté le fils d'Emma…
-… Je ne peux pas, Henry, murmura Regina dans un soupir à peine audible.
- Je les aime, et je ferai tout pour qu'ils restent…. Et toi aussi, tu les aimes, je le sais, maman…
- Ecoute Henry… Parfois, la vie n'est pas comme on voudrait qu'elle soit. On s'imagine qu'il est facile de faire les choses dont on a envie, mais en fait, la réalité, c'est qu'on n'est pas libre.
- On est toujours libre d'aimer ! C'est Emma qui le dit ! On peut aimer qui on veut, et personne n'a le droit de nous en vouloir pour ça !
Fière de son fils et de sa volonté de fer, Regina posa ses mains sur ses épaules.
- Henry. Ecoute-moi. Il y a des choses que tu ne sais pas. Je ne peux pas les aimer, tu comprends ? Je n'en ai pas le droit.
- Mais qu'est-ce que ça veut dire ? C'est n'importe quoi… On n'a pas à demander le droit d'aimer… répondit-t-il, un peu paniqué.
- Si je les aime, il leur arrivera du mal, et je ne le veux pas.
Regina plongea son regard dans celui de son fils, semblant y chercher la force qui lui manquait. Jamais elle n'avait été aussi sérieuse. Sur ses épaules, il sentit que les mains de sa mère tremblaient. Il commençait à avoir maintenant vraiment peur. Mais que cela signifiait-il ? Quelle était donc cette menace qui effrayait même sa maman, la plus forte des mamans et qui n'avait jamais peur de rien ni personne… ? Voulant être rassuré tout comme il voulait rassurer sa mère, Henry se jeta dans les bras de Regina et leur étreinte les apaisa tous les deux.
Quand il regarda à nouveau le visage de sa mère, Henry remarqua avec tristesse que des larmes avaient coulé.
- Tu as raison, Henry. Je les aime. J'apprécie beaucoup Matthew. Et… j'aime Emma, je l'aime vraiment… Et c'est justement pour cela qu'il faut qu'ils s'en aillent.
oOoOo
Assis sur son lit, Henry faisait tourner machinalement ton téléphone dans sa main. Il n'avait jamais vu sa mère aussi bouleversée et cela l'avait profondément affecté. Mais quelle était donc cette menace dont elle avait parlé sans pouvoir en dire plus ? Qui donc osait refuser que sa famille soit heureuse ? Il ne savait comment réagir. Devait-il en parler à son frère, qui en parlerait à Emma à coup sûr ? Devait-il garder cela secret ? Sa mère avait elle-même semblait suffisamment effrayée pour qu'il ne prenne pas cela à la légère. Il n'était plus question maintenant de jouer. Il ne pouvait se permettre de mettre ses mères en danger, même s'il ignorait la source de ce péril.
Finalement, après de longues minutes d'intense réflexion, il arriva à la conclusion qu'Emma devait être au courant de la peur de Regina. « Après tout, on est plus forts à plusieurs, n'est-ce pas ? » pensa-t-il, avant de composer le numéro de son frère.
Après quelques minutes de discussion, en recoupant toutes les informations qu'ils disposaient, les deux garçons eurent la conviction que Regina leur cachait quelque chose. Si elle ne pouvait pas encore le dire à Emma, il fallait néanmoins que leurs mères se voient et qu'elles crèvent l'abcès. Ce silence malsain ne pouvait plus durer. Fidèles à eux-mêmes, ils échafaudèrent donc un nouveau plan, afin de réunir leurs mères sans éveiller les soupçons.
Au moment de raccrocher, Henry dit soudainement :
- Au fait, Matt, tu avais raison…
- A propos de quoi ?
- Nos mamans, leurs sentiments, tout ça …
- Tu veux parler de l'opération Tourterelles ?
- Oui. Elles s'apprécient. Je ne le pensais pas possible, mais finalement c'est le cas !
- Je sais Henry. Je connais bien maman, j'ai toujours pu lire en elle comme dans un livre ouvert !
- Je parle de ma mère, Matt. Elle aime Emma. Elle me l'a dit.
Un long silence lui répondit, au bout du fil. Matthew voyait enfin l'aboutissement de son plan et leur fin heureuse à tous les quatre. Son cœur battit à tout rompre. Ils allaient pouvoir vivre comme une vraie famille !
- Matt ?
- Je suis là, Henry. Je suis juste tellement heureux pour nous… Ça va marcher, je le sais. Quand on saura ce qui se trame, je te jure que ça finira bien !
- J'en suis sûr, maintenant ! … Merci, Matt… Merci de m'avoir fait croire à cette folie …
oOoOo
Découragée par ses recherches qui n'aboutissaient à rien, Emma était rentrée ce soir plus tôt que d'habitude et s'était allongée sur son lit. Et elle fixait le plafond de manière immobile depuis de longues minutes. Matthew profita de ce moment de répit pour lui demander de l'emmener au parc, prétextant que cela faisait longtemps qu'ils n'étaient pas sortis se promener tous les deux. Peu disposée à s'amuser mais ne voulant pas donner à son fils l'impression qu'elle le délaissait, elle accepta la promenade.
Pendant qu'Emma se préparait, il envoya un sms discret à son frère :
On part. RDV au château dans 10 min !
Aussitôt le sms reçu, Henry descendit retrouver sa mère affairée dans la cuisine, occupée à préparer le dîner du soir.
- Maman, on peut aller au parc, s'il-te-plaît ? demanda Henry d'une voix plaintive.
- A cette heure-ci ? Mais Henry, ce n'est pas raisonnable, je suis en train de cuisiner…
- Mamaaaan, s'il te plaît… Cela fait longtemps qu'on ne s'est plus baladés ensemble et j'ai tourné en rond toute la journée dans ma chambre. J'en peux plus, moi…
Il ne pouvait pas rater. C'était maintenant ou jamais. Matthew et lui s'étaient mis au point et il ne pouvait se permettre d'échouer. Alors il n'hésita pas à arborer de grands yeux implorants et la supplia encore une fois :
- Allez, s'il te plaît, il fait super bon et j'aimerais bien jouer au château et voir le coucher de soleil. Et au retour, je t'aiderai à finir le repas…
Regina soupira avec un petit sourire attendri. Il ressemblait tellement à Emma quand il faisait ce regard qu'elle ne trouva pas la force de lui résister.
- Bon, c'est d'accord. Allez, va chercher une petite veste quand même, coquin !
Le sourire jusqu'aux oreilles, le garçon monta dans sa chambre chercher son vêtement et envoya un sms à Matthew.
On arrive, c'est bon ! A tte !
oOoOo
Suivant leur plan à la lettre, et en omettant volontairement de signaler la présence de l'autre femme, les deux enfants avaient incité leurs mères à les attendre sur le banc face au château, pendant qu'eux-mêmes se dirigeaient vers le jeu en bois.
- Vas-y, maman… Je crois que vous avez besoin de parler… avait gentiment dit Henry, en poussant Regina à continuer sa marche vers le banc.
Elle n'avait pas compris tout de suite ce que voulait dire son fils. Et, perdue dans ses pensées, elle n'avait pas non plus remarqué la silhouette assise de dos sur le banc.
Entendant des pas derrière elle, Emma se retourna brusquement. Pour la première fois depuis des jours, leurs regards se croisèrent à nouveau. Leurs cœurs s'emballèrent immédiatement et les deux femmes restèrent figées sur place. Ce n'est qu'à cet instant qu'elles comprirent le piège qui leur avait été tendu.
- J'aurais dû m'en douter… maugréa Regina pour la forme.
Elle devait faire illusion et faire croire à Emma que la présence de la blonde la dérangeait. Mais elle n'y arriva pas, et ses lèvres s'étirèrent en un sourire sincère, comme mues par leur volonté propre.
- Bonjour Regina, prononça Emma timidement. Je n'étais au courant de rien, je vous assure…
- Je sais, Emma, ne vous en faites pas... Nous devrions le savoir, maintenant, que nos fils ne lâcheraient pas l'affaire comme ça !
Et, comme lasse d'avoir à lutter, Regina soupira et s'assit sur le banc aux côtés d'Emma.
Voyant que leurs mères s'étaient retrouvées, les garçons arrivèrent en courant et se postèrent devant le banc, jambes écartées et bras croisés. Henry prit la parole le premier, définitivement résolu à se battre pour que ses mamans se réconcilient.
- Bon. Mamans, on sait que quelque chose ne va pas entre vous. On ne sait pas quoi, mais on ressent bien que ce n'est plus pareil entre vous deux, et… entre nous quatre, du coup. Alors, on vous laissera le temps qu'il faudra, mais vous allez parler ! On sera juste là, dans le château, prenez votre temps. Et on ne repartira pas tant que vous n'aurez pas crevé l'abcès ! Voilà !
Matthew n'ajouta rien mais ses hochements de tête volontaires signifiaient son accord. Les deux femmes ne savaient pas quelle attitude adopter, à la fois gênées de subir un ordre venant d'enfants, mais finalement soulagées de pouvoir se parler à nouveau.
Sur ce, les garçons se dirigèrent vers le château en bois, non loin de là, où ils faisaient semblant de jouer, afin d'observer leurs mères en toute discrétion.
oOoOo
- C'est vrai, ce qu'ils disent ? Il y a un malaise entre nous ? demanda Regina sur un ton faussement naïf.
- Regina… , vous plaisantez ? lui répondit Emma en souriant, qui savait que la brune n'était pas sincère.
- Ecoutez, Emma. Je … je regrette ce que je vous ai dit, l'autre matin. J'ai sans doute été un peu violente dans mes propos et je m'en veux. Voilà, le malaise est terminé, bonsoir Miss Swan, conclut-elle en se relevant rapidement.
Emma n'en avait pas fini, elle ne pouvait pas laisser partir Regina si vite, alors elle lui prit la main doucement et la força à se rassoir. Ce simple contact réveilla la ferveur de la brune. Un petit feu d'artifice explosa dans un coin de son cœur, et elle ne réussit pas à résister à la blonde qui la regardait avec de magnifiques yeux brillants. Elle était si belle… La lumière de la fin de journée dans ses cheveux les faisait briller tels un halo d'or. Elle allait sombrer, elle le savait. Mais c'était si bon de se sentir plonger dans des yeux aimants…
Regina se rassit, sa main toujours dans celle d'Emma. Elle devait la retirer. Maintenant. Elle n'avait qu'à tirer… Mais elle en était incapable.
- Regina… Je ne suis pas dupe, répondit Emma, un petit sourire entendu au coin des lèvres.
- Dupe de quoi ?
- Vous êtes mal à l'aise parce que vous ressentez quelque chose pour moi. Je ne suis pas imbue de ma personne au point de me croire irrésistible, mais je sais ce que vous ressentez. Je le sais parce que je ressens ça, moi aussi…
- Emma… Je ne peux pas, comprenez-moi…
Leurs yeux tremblants se cherchaient et se dévoraient. La voix de Regina disait non, mais tout son être disait oui. Emma ressentait cette ambiguïté mais ne la comprenait toujours pas. Elle voulait lui faire ressentir qu'elle était là, qu'elle serait toujours là. Alors elle tenta de la rassurer comme elle put et caressa doucement le dos de la main de Regina qui tremblait d'un mouvement quasi-imperceptible. Incapable de résister plus longtemps, la brune serra tendrement la main dans la sienne et leurs doigts s'entremêlèrent instinctivement.
- Mais j'aimerais tellement comprendre, Regina. Mais comment voulez-vous que je comprenne ce qu'il se passe si vous ne me dites rien ?
Leurs visages s'approchaient dangereusement l'un de l'autre, irrésistiblement attirés.
- Oh Emma… si vous saviez, j'aimerais tellement vous le dire, j'aimerais tellement que vous sachiez tout…
- Il faut juste que vous me fassiez confiance. Vous avez confiance en moi ?
Leurs lèvres n'étaient plus qu'à quelques centimètres. Elles pouvaient sentir la chaleur du souffle de l'autre sur leur bouche.
- Oui, j'ai confiance en vous, répondit-elle sans hésiter une seconde.
- Maintenant faites-vous confiance. Vous pouvez le faire.
- Je ne peux pas, je n'en suis pas capable…
- Si, vous le pouvez, lui répondit-elle sur un ton encourageant, ses yeux verts sondant les profondeurs brunes.
« Cette bouche… Ces lèvres si tentantes… Dieu, que cette femme est belle… » pensa Regina qui commença à sombrer. Elle ne pouvait pas faire ça, elle ne devait pas l'embrasser à nouveau… Si elle le faisait, elle atteindrait le point de non-retour, elle le savait… Mais contre sa volonté, elle s'entendit prononcer :
- Emma… Je vous ai menti. Je ne regrette pas notre baiser… Vraiment pas…
Un centimètre ou deux. C'était tout. Il suffisait d'un seul petit mouvement pour que leurs lèvres se rencontrent à nouveau. Si Regina ne pouvait pas encore tout dire à Emma, tant pis. Mais au moins elle allait lui montrer. Elle allait faire passer dans ce baiser tout qu'elle ne pourrait jamais lui dire. Elle allait lui montrer combien elle l'aimait. Alors elle s'approcha des lèvres de la blonde et écrasa les siennes avec la force du désespoir.
Un double feu d'artifice éclata dans leurs poitrines. En un instant, Emma fut rassurée sur les sentiments de Regina. Elle ne saurait sans doute pas tout de suite ce qu'elle lui cachait. Mais une chose ne pouvait pas être dissimulée par la brune : les sentiments qu'elle éprouvait pour Emma, à cet instant. Leurs gestes n'avaient jamais été aussi tendres et amoureux.
Emma ne touchait plus terre, elle serrait enfin Regina dans ses bras, sans que cette étreinte ne soit provoquée par l'alcool, la fatigue ou quoique ce soit d'autre. La passion que Regina mettait dans ce baiser frappa la blonde et elle sentit qu'elle la désirait autant qu'elle-même désirait Regina. Et leur étreinte se fit encore plus amoureuse… encore plus désespérée.
Emma sentait que ce baiser passionné signifiait bien plus qu'une simple réconciliation. Il signait tacitement le début d'autre chose.
Complètement abandonnée dans les bras aimants de la blonde, Regina ne pouvait lutter, et ne pouvait faire le moindre mouvement pour se débattre. Ses bras semblaient agir de manière autonome et caressaient langoureusement le dos vêtu de cuir rouge. Son esprit perdu dans celui de son amante, elle abandonna peu à peu tout scrupule et se laissa envahir par les doux baisers de la blonde.
Un jour elle aurait la force de tout lui dire. Mais pas aujourd'hui. Aujourd'hui, elle n'avait même pas la force de résister aux sensations d'un simple baiser, qui la submergeaient. Au Diable, Gold et sa mère ! Ils étaient très loin à cet instant, et rien ne pouvait l'éloigner des lèvres brûlantes de son Emma qui la serrait contre elle dans une étreinte aussi désespérée que passionnée.
Elles ne se séparèrent que pour reprendre leur souffle et posèrent leurs fronts l'un contre l'autre, perdues dans les yeux de l'autre.
- Vous voyez, là, je vous crois… ! sourit Emma.
- Emma, je … hésita la brune. Vous savez, maintenant, n'est-ce pas ?...
Emma acquiesça. Bien évidemment qu'elle savait. Elle ne pouvait plus douter un instant des sentiments que Regina ressentait pour elle. Cette phrase lui réchauffait le cœur, mais elle redoutait un « mais… », qui ne tarda pas à arriver.
-… mais ça ne veut pas dire qu'on va pouvoir continuer… Je tiens trop à vous pour risquer de vous perdre…
- Vous ne me perdrez jamais, Regina, je serai toujours là…, répondit-elle, l'incompréhension dans ses yeux.
- Un jour, je vous dirai tout, je vous le promets…
- J'attendrai que vous soyez prête… Je vous attendrai toujours, Regina…
- Pardon, Emma… conclut-elle sans appel, en enfouissant sa tête dans le cou de sa compagne.
oOoOo
D'un commun accord, elles offrirent à leurs enfants un rapide résumé de la situation, se bornant à l'essentiel : la réconciliation. Elles ne leurs parlèrent pas de leurs sentiments respectifs. Elles se limitèrent au fait que tout allait mieux entre elles, et qu'ils continueront à se voir tous les quatre. Les enfants n'osèrent pas poser de question sur le devenir de leur couple. Ils acceptèrent cette réconciliation qu'elles présentaient comme seulement amicale.
Mais ils n'étaient pas dupes, rien ne leur avait échappé. Cachés dans leur château, ils avaient tout vu de la discussion. Devant le baiser passionné entre leurs mères, ils s'étaient souri en arborant un grand air vainqueur. Sans doute leur faudrait-il du temps pour qu'elles en parlent à leurs fils, alors ils ne les brusquèrent pas, trop heureux d'assister au moins à leur amitié renouvelée.
Bon, encore une fois, merci les enfants, n'est-ce pas ? ;-) Alors, ça vous a plu ?
Vous savez quoi ? Je me suis découvert une addiction aux reviews, c'est terrible, hein ? Vous rendriez donc un grand service à ma santé mentale si vous faisiez exploser ma boîte mail avec vos reviews ;-)
Dans le chapitre suivant : le retour de Graham ahahaha ! Non, ne fuyez pas tout de suite ! Bonne semaine, bisous, les filles !
