Salut tout le monde !
Merci pour votre fidélité et les reviews (oui, oui, je vous le dirai jusqu'à la fin) !
Aujourd'hui, vous allez enfin tout savoir sur le lien entre Regina et le couple maléfique lol J'espère que ces révélations seront à la hauteur de vos attentes !
Ce chapitre est plus long que d'habitude, alors profitez bien ! Bonne lecture !
Chapitre 23 : Révélations
« Ça vous dirait de dîner avec moi ce soir ? »
A ces mots, le cœur d'Emma avait fait un bond et elle avait aussitôt accepté l'invitation de Regina. Elles avaient convenu de rentrer se changer et de se retrouver une heure plus tard chez le maire. Le cœur battant à tout rompre, elle déboula au Granny's où elle héla Ruby qui, par chance, venait juste de finir son service.
- Ruby, c'est une urgence ! J'ai besoin de toi, maintenant !
- Heu oui, salut, Emma…
- Ouais, ouais, salut… Je t'en supplie, j'ai besoin que tu m'aides !
- Mais il se passe quoi ? C'est grave ? Tu as l'air paniquée…
Emma se rapprocha de son amie et lui souffla à l'oreille :
- Regina m'a invitée à dîner ce soir ! Et je ne sais pas quoi mettre…
Ruby se retint de pousser un gloussement. Tout ça pour ça… Ce qu'on peut être bête quand on est amoureux ! Pourtant, si une part d'elle-même voulait se moquer de son amie, en son for intérieur elle était heureuse pour elle. Et fière qu'elle lui accorde sa confiance dans ce moment difficile qui était leur premier vrai rendez-vous.
- Tu t'es adressée à la bonne personne ! Allons-y, et grâce à mes conseils, on va rendre madame le maire encore plus folle de toi !
Sur ces mots, la serveuse entoura les épaules d'Emma d'un geste protecteur et toutes deux se dirigèrent vers sa chambre.
oOoOo
Après avoir déposé Graham chez lui, Regina et les enfants s'étaient rendus au 108 Mifflin Street. Il avait été convenu qu'ils resteraient tous les deux ensemble ce soir, et leurs mères leur avaient fait promettre de rester sages. Ils comptaient bien tenir leur promesse. Ce n'était pas le moment de ruiner l'opération, alors qu'elle commençait à vraiment bien s'engager.
Devant sa grande psyché, Regina était pensive. Cette robe était-elle trop stricte ? Celle-ci était-elle au contraire trop suggestive ? Elle ne voulait pas porter une tenue trop légère, ni trop couverte. Ni trop décolletée, ni trop remontée. Ni trop sévère, ni trop osée… Il y avait bien longtemps que la jeune femme n'avait pas eu autant de mal à s'habiller pour quelqu'un. Le souvenir de ses premiers rendez-vous avec Daniel lui vint en mémoire, et ses yeux s'humidifièrent.
« Est-ce que tu serais fier de moi, aujourd'hui, Daniel ? » pensa-t-elle avec émotion. Son amour pour lui était encore présent en elle et il le serait sans doute toujours. Mais aujourd'hui, elle le savait, elle était prête à aimer à nouveau. Ce soir, elle avait décidé d'ignorer les menaces toujours présentes à son esprit. Gold ne lui ferait pas peur. Par aujourd'hui. Pas aux côtés d'Emma. Elle la rendait plus forte et sa présence lui faisait oublier la menace pesante. Aujourd'hui, elle voulait profiter et, tout simplement, aimer.
L'absence d'Emma avait pesé sur le cœur de Regina toute la journée. Mais une part d'elle remerciait Graham de s'être imposé. Grâce à lui, elle avait enfin compris l'importance de la blonde dans sa vie. Et, sans cette journée, elle n'aurait sans doute jamais osé en terminer avec le shérif.
De son côté, Emma luttait avec autant d'hésitation devant sa penderie. Elle n'avait pas emporté beaucoup de vêtements de Boston, et son choix fut vite restreint. Elle n'allait tout de même pas porter un jean à un rendez-vous amoureux avec Madame le maire ? Finalement, les deux amies tombèrent d'accord pour une tenue simple mais qui changeait radicalement avec le look habituel de la jeune femme : un chemisier blanc ainsi qu'en ensemble tailleur veste-pantalon noirs. Ruby observa attentivement son amie. Elle semblait réfléchir :
- C'est pas mal mais il manque un tout petit quelque chose qui fera la différence avec une simple tenue de travail…
- « Une simple tenue de travail » ? Non, mais attends, tu m'imagines aller bosser en tailleur ? C'est déjà énorme pour moi, ça…
- Oui, mais on parle de Regina, là… Il va falloir que tu l'impressionnes, cocotte ! Et je crois savoir comment.
A ces mots, Ruby se mit à fouiller dans son sac et en sortit une simple cravate d'homme noire. Devant l'air interrogateur d'Emma, elle enchaîna :
- Pas de questions, tu ne veux pas savoir... Allez, tourne-toi, que je te la noue.
Ruby avait eu raison. Cette cravate était parfaite, elle habillait le costume strict à merveille. Même Emma semblait impressionnée. Son reflet dans le miroir lui renvoyait l'image d'une femme très séduisante, à l'air légèrement androgyne mais d'autant plus sexy. Elle acheva sa préparation avec un léger maquillage et en relevant ses cheveux en une queue haute.
- Eh ben, ma vieille, si t'emballes pas ce soir, je ne comprends pas !
- Merci Rub' ! J'espère que ça va lui plaire…
- J'en suis sûre. En tous cas, si elle veut pas de toi, sache que je serai toute seule ce soir… Tu peux passer sans souci…
Emma accueillit la blague avec un sourire et frappa son amie à l'épaule en rigolant. Puis, après un petit temps d'hésitation, elle reprit la parole :
- Je sais que tu as déjà fait beaucoup pour moi, Rub'… Mais je peux te demander une dernière chose, s'il-te-plaît ?
- A une condition, lui répondit-elle dans un sourire… Que tu me racontes tout dès demain !
- Huum… c'est équitable… Alors, voilà…
Et pendant de longues minutes, Emma lui exposa son plan en détail … Plus Emma parlait, plus le sourire de Ruby d'agrandissait. Quand elle eut fini, la serveuse lui dit simplement :
- C'est d'accord ! Allez, maintenant, vas-y. Tu ne voudrais pas faire attendre ta reine plus longtemps…
Emma acquiesça et les deux amies sortirent de la chambre. Arrivée devant sa voiture, elle se retourna vers la serveuse qui, restée sur le perron de l'hôtel, lui lança un signe encourageant. Elle remercia son amie une dernière fois et monta en voiture.
oOoOo
Quand elle sonna chez Regina, elle n'attendit pas longtemps avant que la porte s'ouvre. Regina était aussi nerveuse qu'Emma et en réalité, elle était prête depuis de longues minutes et faisait les cent pas derrière la porte, en angoissant, se demandant si sa tenue était correcte, si elle pouvait se permettre cette sortie, si Emma allait venir…
La porte du manoir s'ouvrit, laissant apparaître une Regina insolente de beauté. Sur de hauts talons rouge sang, elle portait une robe du même rouge immaculé serrée où il fallait, au décolleté plongeant dont la sensualité était contrecarrée par de petites manches qui n'auraient pas fait tâche sur une robe de petite fille. L'ensemble donnait l'impression d'une sensualité exacerbée mêlée à l'innocence la plus pure. Emma semblait foudroyée sur place. Son cœur avait changé de place. Il ne battait plus à sa place habituelle, mais plus bas, bien plus bas… Regina était aussi agréablement surprise qu'Emma. Elle ne pouvait détacher ses yeux du corps si parfaitement mis en valeur devant elle. Le côté masculin-féminin allait à Emma comme un gant, et le léger maquillage faisait magnifiquement ressortir le vert de ses yeux.
Combien de temps étaient-elles restées ainsi, à contempler l'autre ? Une seconde, une minute, une heure ? Le temps n'avait plus d'importance pour elles. Plus rien n'avait d'importance que d'admirer l'autre, à cet instant. Ce fut un raclement de gorge gêné qui les tira de leur rêverie. Les deux frères, en pyjamas, semblaient plus fiers que jamais. Un grand sourire plaqué sur leurs visages, ils dévisageaient leurs mères avec bonheur. Matthew semblait découvrir une nouvelle Emma.
- Tu es trop belle, maman, dit-il en venant la serrer dans ses bras.
- Merci, gamin.
- Les enfants, on vous fait confiance. Un DVD, et au lit, c'est compris ? demanda Regina avec sérieux.
- Oui, oui, ne vous inquiétez pas, et surtout… prenez votre temps ! répondit Henry avec un sourire moqueur.
- Vous êtes prête, Miss Swan ? demanda Regina avec un sourire.
- Absolument, Madame le Maire…
Les deux femmes refermèrent la porte du manoir sur deux garçonnets plus que souriants.
oOoOo
Avec un élan de courage, Emma prit la main de Regina. Ce simple geste signifiait tant de choses pour elle. Et, à en croire la tension dans tout le corps de Regina au même instant, il signifiait beaucoup pour la brune aussi. C'est donc main dans la main qu'Emma conduisit Regina vers sa petite voiture.
- Je ne voudrais pas être désagréable, Miss Swan, mais vous pensez vraiment me faire monter dans ce cercueil en métal ? demanda-t-elle, mi – paniquée, mi – amusée.
- Ok, alors on prend la vôtre mais c'est moi qui conduis, répondit Emma d'un ton qui n'autorisait pas la discussion.
- Mais…
- C'est non négociable, Madame le maire, lui souffla-t-elle à l'oreille.
Le souffle chaud d'Emma près de son cou lui fit presque perdre pied. Son parfum léger arrivait à ses narines et en un instant elle faillit se jeter dans le cou de la jeune blonde.
Elles avaient toujours aimé ces petites querelles entre elles. Les « Miss Swan » et autres « Madame le maire » faussement méprisants avaient toujours créé une sorte de tension, une lutte de pouvoir. Mais ce soir, ce jeu de lutte prenait une autre teinte. Il se transformait en quelque chose de beaucoup plus érotique. Ces surnoms avaient le don de les électriser toutes les deux, elles le savaient et en jouaient. Ce soir, elles ne se cachaient plus rien…
- Mais où nous emmenez-vous ? reprit la brune.
- C'est une surprise… D'ailleurs, je vais devoir vous bander les yeux ! répondit Emma.
- Je ne suis pas sûre d'accepter ce genre de jeux, Miss Sw…
- Chut, faites-moi confiance.
Sans laisser à Regina le temps de répondre, Emma sortit de son sac un foulard qu'elle noua consciencieusement sur les yeux de la brune, puis elles prirent place dans la berline.
Il ne leur fallut que quelques minutes pour arriver à destination. Emma intima à Regina l'ordre de ne pas bouger. Elle fit rapidement le tour de la voiture et vint ouvrir la porte côté passager. Là, elle saisit délicatement la main de sa compagne et la fit se lever. Regina sentait une fine brise balayer ses cheveux et l'air marin se mêlait agréablement au parfum de la blonde. Elle se sentait bien. Sans un mot, elle sentit Emma la tirer par la main et après quelques pas, la sensation changea sous ses pieds. Elles marchaient dans du sable. Seraient-elles arrivées à la plage ? Emma passa dans son dos et lui ôta le bandeau. Ce qu'elle vit l'enchanta : à quelques mètres devant elles, sur la plage, une jolie table avait été dressée. Ce n'était pas une table de grand restaurant, mais pas non plus un pique-nique pour autant. Deux tréteaux supportaient une planche recouverte d'une jolie nappe à carreaux. Cette table était éclairée par quelques coquillages réutilisés en petits bougeoirs de fortune. Enfin, un joli bouquet de fleur des dunes trônait au centre du plateau.
Emma découvrait en même temps que Regina le travail de Ruby et la remercia intérieurement d'avoir fait cela si rapidement. Regina, quant à elle, s'attendait à tout sauf à cela et une forte émotion naquit en elle. Emma avait fait tout cela pour elle ? Quelqu'un se souciait donc d'elle à ce point ?
- Je sais bien que ce n'est pas vraiment une table 5 étoiles, dit la blonde, un peu gênée, mais –
- C'est parfait, la coupa Regina, les larmes aux yeux. Mais comment avez-vous fait tout ça ?
- Ahaaa, je ne dirai rien, mais…j'ai mon réseau !
Emma conduisit la brune par la main vers la table et les deux femmes prirent place sur les rondins de bois qui faisaient office de siège. Puis elles levèrent leur verre.
- La dernière fois, nous avions bu à nos fils, dit Emma. Je propose que cette fois, nous buvions à nous.
- A nous, lui répondit-elle, droit dans les yeux.
Le repas consistait en de simples salades de chez Granny, préparées à la hâte par Ruby avec les restes de la journée. Mais aux yeux des deux femmes, ce dîner était le meilleur qu'elles aient goûté depuis longtemps. Le dîner avançait et aucune des deux n'osait aborder les sujets sérieux, alors elles parlaient de tout et de rien, des enfants, des vacances, de la mairie, de Boston…
Etait-ce le moment d'aborder le sujet Gold et les frayeurs de Regina ? Ou bien fallait-il la laisser faire le premier pas ? Emma ne voulait surtout pas brusquer Regina mais elle savait qu'elles devraient avoir cette discussion. Elle fut tirée de ses pensées par la luminosité qui commençait à décliner.
Elle se leva et prit Regina par la main.
- Enlevez vos chaussures et suivez-moi, chuchota-t-elle.
Regina obéit à l'ordre sans un mot, curieuse de découvrir quelle nouvelle surprise Emma allait lui révéler. Aussitôt ses chaussures retirées, elle se leva et prit Emma par la main. Leurs doigts s'entrelacèrent automatiquement. Elles marchèrent dans le sable encore tiède sur quelques mètres et arrivèrent sur une dune une peu plus haute, d'où elle avait une vue imprenable sur le coucher de soleil imminent. Emma lui fit signe de s'assoir sur la natte disposée –encore une fois – par la prévenante serveuse, et elle s'assit à son tour derrière elle, en l'encerclant de ses bras et de ses jambes. En temps normal, Regina aurait refusé un tel contact, une telle proximité, mais ce soir, elle appréciait tout simplement être dans les bras d'Emma. Et, afin d'accentuer ce contact, elle se pencha légèrement en arrière, laissant reposer sa tête sur l'épaule de sa compagne.
Elles n'avaient encore jamais été aussi proches, aussi bien physiquement qu'émotionnellement. Même si elles ne se l'étaient pas vraiment dit, elles savaient que leurs sentiments étaient réciproques, et elles ne ressentaient pas la nécessité de mettre des mots sur leurs émotions pour l'instant. Emma berçait le corps de la brune dans ses bras. Elles se laissaient envahir par le bruit des vagues. Et, en silence, elles admiraient la beauté des couleurs du soleil qui commençait à sombrer dans les eaux sombres de l'océan.
- C'est magnifique, Emma…, souffla Regina. J'aimerais tellement que cette soirée ne s'arrête jamais…
Le soleil avait à présent complètement disparu sous la ligne d'horizon. Ne subsistaient que de vifs aplats étirés rouge-orangé. La lumière mordorée embellissait le visage de Regina et Emma songea qu'elle n'avait que rarement été aussi apaisée dans les bras de quelqu'un. C'était le moment ou jamais. Elle devait lui dire. Si elle ne le faisait pas maintenant, elle ne le pourrait jamais.
Alors, dans un élan de courage, elle caressa tendrement le visage de la brune, et prit la parole, dans un chuchotement à peine audible :
- Je t'aime, Regina.
Et voilà, elle lui avait dit. Ce n'était pas si difficile. Mais l'attente avant que Regina ne reprenne la parole lui sembla durer une éternité.
- Je t'aime aussi, Emma.
En disant ces mots, la brune s'était complètement retournée et se tenait à présent face à la blonde. Les yeux plongés dans ceux de l'autre, les deux femmes lurent dans leur regard toute la sincérité de ces aveux. Avec une infinie douceur, Emma s'approcha du visage de Regina et apposa un chaste baiser sur sa joue, puis se recula. Elle voulait prendre son temps et surtout ne rien précipiter, ce qui plut à sa compagne. A son tour, Regina s'approcha du visage d'Emma et l'embrassa sur la joue. Elle recula avec un sourire. Emma comprit aussitôt, Regina voulait jouer. Mais ce jeu n'avait rien de sexuel. Dans ces baisers, elles s'avouaient leur amour et leur profond respect mutuel.
Alors, Emma continua, elle s'approcha à nouveau et embrassa Regina sur le front. La brune lui rendit la pareille. Puis vint le tour du bout du nez, du coin de l'œil, de la tempe, du cou… A chaque fois, Regina répondait à Emma à l'identique. Emma fermait les yeux sous les tendres baisers, appréciant la douceur dont faisait preuve sa compagne. Le dernier baiser qu'initia Emma la rapprocha des lèvres rouges si désirées. Elle apposa un baiser toujours aussi chaste au coin de ces dernières. Chacune des deux lutta pour ne pas dévorer la bouche de l'autre. Mais le jeu continua et Regina embrassa également Emma au coin des lèvres. Puis, n'en tenant plus, cette dernière déposa un ultime baiser directement sur la bouche en face d'elle. C'en fut trop pour les deux femmes. La noirceur de leurs pupilles dilatées trahissait leur envie d'en avoir plus. Alors, elles abandonnèrent la lutte et laissèrent leurs lèvres se caresser mutuellement. Même si ce baiser n'était pas leur premier, il leur semblait que leurs bouches se découvraient pour la première fois. Leurs lèvres se caressèrent tendrement, suivies de leurs langues et de leurs corps entiers.
Serrées l'une contre l'autre, la température de leurs deux corps avait brusquement monté en flèche, sans qu'aucune des deux ne s'en soit vraiment aperçu. Elles avaient oublié où elles se trouvaient, et elles étaient seules au monde. Emma délaissa un instant la bouche de Regina et plongea dans le cou chaud et doux. Les effluves du parfum à la pomme l'enivraient. Sa langue joua avec la peau de la brune, suivant les frissons qu'elle provoquait. Regina bascula sa tête en arrière et agrippa la tête blonde pour la rapprocher de son corps et de ses sensations. Elle n'aurait voulu être séparée d'elle pour rien au monde.
Sentant la brune réceptive, Emma poussa sa compagne à s'allonger et accompagna sa chute en glissant un bras protecteur dans son dos. Allaient-elles vraiment faire l'amour sur cette plage ? N'importe qui pourrait les surprendre, mais bizarrement, Emma n'en avait que faire. Elle avait oublié le monde entier. Et il lui semblait bien qu'il en était de même pour Regina. Cette dernière était maintenant complètement allongée sur la natte et elle serrait désespérément contre elle le corps d'Emma, qui, maintenant, s'attaquait à son décolleté. Les gémissements qu'elle provoquait l'encourageaient et l'excitaient comme jamais.
Elle arrêta ses assauts un bref instant, se relevant de quelques centimètres pour observer le corps sous elle, comme pour prendre conscience de la réalité. Regina ouvrit les yeux, interrogative, mais Emma la rassura d'un sourire :
- Tu es si belle…
- Viens…, chuchota-t-elle en attirant le visage de la blonde vers sa bouche.
Emma reprit alors ses assauts avec une ardeur retrouvée. Elle en avait connu, des amantes… Mais ce soir, ce qu'elle ressentait ne ressemblait à rien. En embrassant Regina Mills, elle sut qu'elle n'aurait jamais plus envie d'embrasser quelqu'un d'autre. Sa bouche affairée à embrasser la poitrine de la brune à travers le fin tissu de la robe, sa main gauche remonta doucement sur la cuisse. Lentement, elle la fit glisser, en remontant en même temps le bas de la robe. Emma l'avait presque remontée jusqu'à la taille quand les souvenirs des découvertes de l'après-midi lui revinrent en mémoire. Elle ne pouvait pas faire ça à Regina. Elles devaient parler d'abord. Alors avec volonté, elle arrêta son geste et se releva pour fixer Regina droit dans les yeux.
La frustration et l'incompréhension brillaient dans les yeux bruns. Emma ne lui laissa pas le temps de réagir :
- Regina… Avant, il faut que je te dise quelque chose. Je ne veux pas que tu m'offres ce moment avant que je ne t'aie parlé…
- Je t'écoute, répondit-elle, inquiète, en se rasseyant.
- Je t'en prie, ne prends pas mal ce que je vais te dire. Ce que j'ai fait, je l'ai fait pour nous et-
- Va droit au but, s'il-te-plaît, tu me fais peur, là…
- J'ai découvert ton lien avec Monsieur Gold, lança Emma d'un ton abrupt.
- Et… ?
- Et je ne voulais pas qu'on fasse l'amour sans que tu saches que j'ai fait des recherches sur toi, répondit-elle, les yeux baissés. Je ne voulais pas que tu te sentes trahie. Je sais qu'il t'a adoptée et que c'est pour cela que tu as peur de lui…
A ces mots, Regina laissa échapper un petit rire discret. Emma commença à s'inquiéter. Qu'est-ce qui pouvait bien la faire rire ainsi ?
- Je ne t'en veux pas, reprit-elle. Quasiment toute la ville sait que Gold m'a adoptée quand j'étais enfant.
Son rire disparut comme il était venu et son regard se voila avant qu'elle ne reprenne :
- Mais ce n'est pas vraiment pour ça que j'ai peur de lui…
- Je t'en prie, dis-moi, implora Emma en la forçant à la regarder dans les yeux. Aie confiance en moi. Si tu as peur, je te protégerai.
- Tu ne peux rien faire pour me protéger. Il est bien trop puissant…
Devant l'air abattu d'Emma, Regina se sentit misérablement coupable. Elle ne cherchait qu'à l'aider et elle venait encore une fois de la rembarrer. Emma venait de lui prouver qu'elle l'aimait. Elle avait même pris la peine d'arrêter leurs caresses pour lui avouer qu'elle avait fait des recherches sur elle. Avec n'importe qui d'autre, Regina aurait hurlé si elle avait appris qu'on venait de l'espionner. Mais pas avec Emma. Emma avait fait cela pour la protéger et Regina le savait. Et cela l'émut au plus profond d'elle-même. La moindre des choses serait qu'elle lui rende la pareille. Si elle ressentait la plus petite chose pour Emma, elle devait lui faire confiance, elle devait lui avouer. Ses envies charnelles accéléraient encore le battement de son cœur, mais elle sut qu'il était plus important pour Emma à cet instant d'être rassurée et de lui prouver la confiance aveugle qu'elle avait en elle.
Alors, n'ayant pas la force d'affronter le regard d'Emma, elle se blottit dans ses bras, dos à elle et le regard droit vers l'horizon. Emma enserra la brune contre son torse, et posa sa tête sur son épaule. Puisque les mots ne suffisaient pas, elle voulait lui faire sentir qu'elle était là. Rassurée et confiante, la brune prit la parole :
- En effet, il m'a adoptée. Pour toute la ville, il était un bon père de substitution. J'adorais mon père et je crois qu'il n'a jamais accepté que je ne lui réserve pas le même amour que celui que je ressentais pour mon papa. Mais voilà… Il a commencé un jour avec un torchon. Je ne sais même plus pourquoi. J'avais dû faire tomber un verre ou quelque chose comme ça. Il était en train d'essuyer la vaisselle et le coup de torchon est parti. Il a claqué sur ma joue. Et puis après, il a dû penser que les coups de ceinture et de martinet n'étaient pas tellement plus graves que des coups de torchon… Alors il a continué. Ah… mais c'était toujours parce qu'il voulait « le meilleur pour moi »,… et parce qu'il m'aimait, comme il disait… Mais quand j'ai commencé à saigner sous ses coups ou à avoir quelques bleus apparents, il disait que c'était ma faute, que je n'aurais pas dû laisser traîner mes affaires, ou avoir cette note moyenne à l'école…
Emma s'était instinctivement raidie sous les aveux de Regina et elle avait resserré son étreinte. Elle bouillonnait de rage. Comment peut-on faire ça à un enfant ? Elle était tellement choquée que des larmes lui vinrent en empathie avec Regina.
- Mais… et ta mère… ? Elle ne savait pas ?
Regina laissa échapper un petit rictus moqueur, dans lequel Emma reconnut une pointe de tristesse.
- Bien sûr que si… Disons qu'elle faisait semblant de ne rien voir, et lui s'assurait de faire ça quand elle n'était pas là.
- Mais, tu lui en avais parlé ?
- Oui. Un jour, j'ai profité d'une sortie avec elle pour lui dire. Et elle m'a répondu qu'elle n'en croyait pas ses oreilles, et que son mari ne voulait que « le meilleur pour moi ». J'ai compris tout de suite qu'elle n'était pas de mon côté. Et ensuite elle m'a fait comprendre que si quelqu'un en entendait parler, je risquais de le regretter. Alors je me suis tue. Depuis ce jour, ils n'ont eu de cesse que de contrôler ma vie, décidant pour moi, choisissant mes études, mon métier, m'autorisant ou pas à voir mes amis… Jusqu'à Daniel. Tu te souviens de Daniel ?
- Bien sûr. Mais que veux-tu dire … ?
- Je venais de sortir de l'université. Je l'avais rencontré par des amis communs. Nous avons eu un coup de foudre réciproque. Je savais que ma mère et Gold ne l'accepteraient pas alors je ne leur ai pas présenté, ni même ne leur en ai parlé. Je croyais qu'une nouvelle vie serait possible. Alors on a pris nos quelques affaires et on est partis tous les deux. On s'est mariés en secret. Pendant quelques mois, j'ai cru qu'on avait réussi…
La voix de Regina se cassa et Emma sentit une larme tomber sur son bras qui enserrait la taille de la brune avec une tendresse folle. Elle l'encouragea tacitement en l'embrassant sur la joue mouillée. Regina reprit dans un sanglot :
- Mais ils nous ont retrouvés. J'étais enceinte de lui. Et… ils me l'ont pris. Gold m'a dit quelques mois plus tard que Daniel n'était pas digne de moi et que lui et ma mère seraient toujours là pour veiller à ce que j'aie toujours « le meilleur »… Quitte à choisir mes amis, mes relations… et à les faire disparaître si je leur désobéissais…
- Oh, ma Regina… Je ne comprends pas comment tu as pu te relever après tout ça… Depuis ta plus tendre enfance, tu es maltraitée par cette ordure. Je ne sais pas ce qui me retient d'aller lui rendre la pareille…
- Non, Emma. Tu n'es pas comme lui. Tu es bien meilleure. Ne t'abaisse pas à ça…
- Regina, je suis révoltée ! Un type comme lui ne mérite pas de passer des jours heureux, après tout ce qu'il a fait. Il mérite juste de croupir en prison.
Regina ouvrit la bouche pour ajouter quelque chose, puis se ravisa. Et, à la grande surprise d'Emma, elle se leva rapidement et lui tendit la main.
- Viens. Je veux te montrer quelque chose.
oOoOo
Au volant de sa grosse voiture, Regina fixait la route, l'air décidé. Emma n'osait plus rien faire. Depuis que la brune lui avait demandé de la suivre jusqu'à la voiture, elle n'avait plus ouvert la bouche. Elle n'était nullement inquiète mais espérait que leur route allait bientôt se finir. Elle profita de la lumière de la lune pour admirer le profil de sa compagne, franc et déterminé. Emma savait au plus profond d'elle-même qu'elle allait lui montrer quelque chose d'important. Après toutes ces révélations, qu'allait-elle découvrir encore ? Afin de lui faire sentir sa présence et son soutien, elle posa délicatement sa main gauche sur la cuisse de Regina. Cette dernière apprécia le contact, et, sans quitter la route des yeux, elle posa sa propre main dessus et serra celle d'Emma tendrement.
Quelques minutes plus tard, la voiture freina doucement. Elles n'étaient pas sorties de Storybrooke, mais se trouvaient dans un quartier excentré, à la frontière de la ville. La voiture s'était arrêtée devant une bâtisse aux murs épais, surmontés de barbelés. « La prison de Storybrooke… », songea Emma. Elle n'était encore jamais venue dans cet endroit. Mais il n'avait vraiment rien d'accueillant, surtout éclairé par la lumière blafarde de la lune. Regina se tourna silencieusement vers Emma et, après un long moment, elle réussit à dire :
- Emma, je te présente ma mère.
Emma ne saisit pas immédiatement ce que voulait dire Regina, mais après quelques instants, tout s'éclaircit. L'horreur de la situation lui sauta au visage. La propre mère de Regina avait participé à l'assassinat de son gendre !
- Tu veux dire que Daniel… ?
- Oui, Emma. Ma propre mère a tué mon mari. Je sais qu'ils ont fait ça à deux, mais ma mère a eu moins de chance… Aucune preuve n'a été trouvée contre Gold, alors que tout accusait ma mère. Elle s'est laissé enfermer sans jamais avouer la complicité de son mari. Ils y gagnaient tous les deux, ainsi…
- Comment ça ?
- Elle ne risquait pas ma vengeance, parce que, crois-moi, j'étais prête à me venger comme jamais. Et lui, de son côté, pouvait aisément informer ma mère de tous mes faits et gestes.
- Mais pourquoi n'as-tu jamais essayé de fuir ? Tu aurais très bien pu partir pour toujours de Storybrooke !
- Pour qu'ils me retrouvent comme ils l'avaient fait avec Daniel ? Non, Emma… Après quelques années, j'ai renoncé à me battre, et je me suis complètement abandonnée à leurs décisions. J'ai choisi de ne plus vivre que par eux. La seule chose qu'ils m'ont accordée a été l'adoption d'Henry. C'est Gold lui-même qui s'est chargé de le trouver et de le ramener. Cet enfant a été ma bouée de sauvetage. Sans lui, je me serais noyée…
- Mais, Regina, on ne peut pas laisser faire ça ! répondit Emma, révoltée.
- Malheureusement, il n'y a rien à faire. Ils ont le contrôle de ma vie et l'auront toujours. C'est pour cela que je te repoussais… Je blesse tous ceux qui me deviennent proches, tu comprends ? Si j'accepte que des gens me deviennent intimes, je les mets en danger. Et je ne veux pas qu'ils te fassent du mal, tu m'entends ?
La voix de Regina se brisa en sanglots. Emma aurait tellement voulu lui prouver que rien ne lui faisait peur, et certainement pas un vieillard antiquaire. Mais la douleur de Regina était si visible qu'elle n'ajouta rien, et se contenta de la serrer contre elle. Ses résolutions de l'après-midi s'étaient envolées. Devant la prison dans laquelle croupissait sa mère, Regina retrouva ses frayeurs. Et elle sentit disparaître tout son courage. Jamais elle n'aurait la force d'aimer en ignorant une telle menace.
Alors, après un long moment, elle ajouta, la mort dans l'âme :
- Je n'ai pas le droit d'aimer, Emma. Ils te trouveront toujours un défaut et quelque chose en toi ne leur reviendra pas. Pour Daniel, c'était sa condition sociale qui était loin d'égaler la nôtre. Pour toi, ce sera… je ne sais pas, sans doute tout simplement le fait que tu es une femme.
Qu'était en train de dire Regina ? Emma commença à paniquer. Elle ne pouvait pas mettre fin à leur relation ! Pas maintenant, pas après tout ce qu'elles s'étaient avouées…
- Regina, demanda-t-elle, angoissée. Tu essayes de me dire quoi, là ?
- Ils me l'ont répété des centaines de fois, reprit-elle d'un ton monocorde, mais aujourd'hui, je comprends enfin ce qu'ils voulaient dire quand ils me serinaient : « l'amour est une faiblesse, Regina ». Ils ont raison. Quand on aime, on est vulnérable, ça nous rend fragile.
- Non, l'amour nous rend meilleurs, il nous emporte. On se sent vivant !
- Justement, je veux que tu le restes ! Quand on aime, on engage tout son être, son cœur, son esprit, son corps… C'est ce que j'aurais voulu t'offrir. Mais je ne peux pas. A chaque fois que j'ai aimé, on m'a abandonnée : Daniel, mon bébé, mes amis… Même Henry, un jour… je sais qu'il partira…
La peur viscérale de ses parents, l'habituelle sensation d'abandon, l'amour inconditionnel pour Emma… tout se mélangeait en Regina et elle n'arrivait plus à raisonner correctement. Tout ce dont elle était sûre à ce moment, c'est qu'elle refusait de mettre la vie de la femme qu'elle aimait en danger. Même si elle devait renoncer à leur bonheur pour cela.
- Ôte-toi cette idée de la tête. Personne ne t'a abandonnée. Des ordures te les ont enlevés. Et je peux t'assurer qu'ils ne vont pas continuer avec moi.
- Je suis brisée, Emma… J'ai accepté le fait que je n'ai plus le droit au bonheur. Et je veux plus souffrir, je ne veux plus que ceux que j'aime me soient enlevés. J'ai tellement peur pour toi, Emma…
- Mais moi, je n'ai pas peur d'eux !, cria Emma. Je serai toujours là pour te protéger, et ce n'est pas un misérable vieillard qui va m'effrayer…
- Emma… ce n'est pas moi qu'il faut protéger… C'est toi. C'est toi qu'ils voudront faire disparaître… Il vaudrait mieux que tu m'abandonnes maintenant. Il en est encore temps…
- Ecoute-moi bien Regina, dit Emma en la forçant à la regarder dans les yeux. Personne ne va t'abandonner, tu m'entends ! Et surtout pas moi. Tu as besoin de moi comme j'ai besoin de toi !
Emma avait presque hurlé cette dernière phrase, en faisant se retourner la brune afin de plonger ses yeux dans les siens. Elle commençait vraiment à croire en leur histoire, mais elle n'en revenait pas qu'elle puisse être menacée à cause d'un misérable couple d'assassins… Devant le regard plein de douleur de Regina, Emma s'en voulut d'avoir haussé le ton et elle reprit doucement :
- Depuis que je suis arrivée à Storybrooke, je sais que j'y ai trouvé ma famille. Pas une famille de substitution, pas une famille de remplacement, non. La vraie famille que le cœur choisit.
- Emma, je t'aime. Je t'aime comme j'ai rarement aimé et je sais qu'ils me l'interdiront. Ils m'ont fait comprendre que je ne suis pas digne d'être aimée.
- Regina, tu ne peux pas dire ça. Personne n'a le droit de te dire ça ! Tu mérites d'être aimée ! Tu es quelqu'un de formidable ! Sans doute un peu abrupte au premier abord, mais une fois ta carapace disparue, tu es la femme la plus charmante, la plus gentille, la plus belle que j'aie rencontrée depuis bien longtemps…
Regina lui sourit tendrement, appréciant les compliments, et enchaîna :
- Tu sais, Emma, si j'étais agressive, ce n'est pas parce que je te repoussais, c'est parce que je me forçais à ne pas m'attacher à toi. Car dès que je t'ai vue, j'ai su que j'étais perdue…
- Regina, laisse-moi t'aimer…, implora Emma.
- J'ai si peur pour toi…
- Mais c'est normal d'avoir peur, répondit-elle en mettant dans son ton toute la conviction dont elle pouvait faire preuve. Avoir peur, ça prouve qu'on est vivant…
- C'est bien ça, le problème… Ça faisait bien longtemps que je ne m'étais pas sentie aussi vivante. J'ai sans doute oublié ce que ça fait. Ce que je sais, c'est qu'avec toi, je me sens en sécurité. Je sais que tu me protègeras. Mais je suis aussi consciente de la puissance de ma mère. Et avec Gold à sa botte et en liberté, je ne serai jamais sereine pour toi. Je ne veux pas risquer ta vie. La mienne importe peu. Mais je ne veux pas te mettre en danger. Toi… et les garçons.
- Ecoute-moi bien, Regina. Je t'attendrai le temps qu'il faudra. Je t'aime et je te prouverai que personne ne pourra me faire peur si je suis dans tes bras. Je préfère vivre quelques jours avec toi que de survivre des années loin d'ici. Tu m'entends ? Je t'aiderai, te protégerai, t'aimerai. Je te sauverai de tes démons.
- Oh Emma…
C'en fut trop pour Regina qui éclata en sanglots en se réfugiant dans le cou d'Emma. Bien qu'elles fussent un peu gênées par le levier de vitesse et le frein à main entre elles, les deux amantes se serraient du mieux qu'elles pouvaient l'une contre l'autre.
- Non, Emma. C'est seule que je dois combattre mes démons… Un jour, je les vaincrai, je te le promets.
- Je t'attendrai…
Cela ne fit pas plaisir à Emma, mais elle dut reconnaître qu'en effet, c'était à Regina, et à elle seule, de combattre ses peurs.
Pitié, pas de menaces ! Et sachez que je tiens à la vie ;-)
J'avoue, je ne suis pas très tendre avec nos héroïnes... Désolée pour la frustration mais (comme je le dis à chaque fois), c'est nécessaire pour l'histoire que cela se passe ainsi.
Et sachez que c'était la dernière épreuve entre elles... Elles vont bientôt avoir ENFIN leur happy end ;-)
Donc... ne me tuez pas tout de suite si vous voulez la fin lol Et en attendant, n'hésitez pas à reviewer !
Je vous souhaite une bonne semaine, gros bisous !
