Sous-couverture chapitre 8

Dans cet antre sombre et froid elle pouvait entendre le robinet gouter dans l'évier. A force de ne pouvoir entendre que ce bruit, il avait pris le dessus sur ses pensées et résonnait dans son esprit. Elle n'avait plus de notion du temps, était-elle ici depuis un jour, deux jours, une semaine ? Elle ne pouvait le dire. Elle était affamée, Tom ne lui avait donné que deux verres d'eau et une bouillie infâme à manger depuis le début de sa détention. Et il la laissait toujours attachée à sa chaise, ses chevilles et ses poignets étaient rouges, à vif à force de ses efforts pour s'en extirper. Elle avait aussi essayé de crier à l'aide à plein poumons pendant des heures mais personne ne l'avait entendu et elle avait mal à la gorge. La brûlure à son épaule la lançait à chaque petit mouvement qu'elle tentait de faire, lui rappelant qu'elle était prise au piège. Il n'était pas repassé la voir depuis quelques heures, elle s'était endormie.

Une lourde porte claqua, la réveillant. Il avait l'air sur les nerfs et parlait tout seul à propos de vidéo et d'erreur, il s'énervait dans son coin puis vient lui hurler dessus que c'était sa faute à elle. Quand elle voulut parler le revers de sa main vint l'inciter au silence en la frappant. Le gout de son propre sang n'avait rien d'agréable, elle se tût donc. Mais dans sa colère il sortit un couteau et commença à la menacer. Il mentionna le nom de Beca et réalisa que Chloé ne savait pas tout de son amie. Il lui annonça la nouvelle entre deux injures, disant que la brune s'était servie d'elle pour l'atteindre lui, qu'elle n'était pas vraiment son amie et lui mentait depuis le début, qu'elle ne serait qu'un dommage collatéral de plus pour les flics. Ni plus, ni moins. Il s'adoucit et lui expliqua qu'elle et lui était des victimes de la bêtise de Beca, qu'ils étaient dans la même équipe. Mais quand elle lui dit que non, qu'il mentait, qu'il était complètement fou, elle aurait voulu revenir en arrière et se taire. La lame du couteau avait rapidement longé tout son bras gauche, puis son épaule droite, ses cuisses et quand il atteint son front il se recula brusquement. A présent caché dans l'ombre elle ne pouvait plus le voir. Etait-il en train de s'en vouloir ? Ou bien contemplait-il avec délectation son travail ? Ce n'était que des coupures superficielles, mais non moins douloureuses. La plus petite était à son front, juste au-dessus de son nez entre ses yeux. Une goutte de sang roula sur sa joue comme une larme. Le silence revint.

Le lendemain matin elles avaient reçu le mandat très tôt et s'étaient donc retrouvées rapidement sur place. Devant la grille de la grande bâtisse, les deux agents observèrent la tour principale, imposante.

-On dirait un mélange entre le manoir des Wayne et l'asile d'Arkham, dit Faith.

-Et bien si on croise Batman on lui demandera un coup de main. C'est dans quel bâtiment qu'il avait sa chambre ?

-Celui-ci, elle lui indiqua l'entrée et elles s'y dirigèrent, au deuxième étage, chambre 237. Comme la chambre interdite dans Shining.

-Bon quand tu auras fini de faire des références cinématographiques tu pourrais m'aider à ouvrir cette foutue porte ? Elle est bloquée.

-Heureusement pour toi, j'ai toujours mon kit de crochetage sur moi. Elle s'accroupit devant la serrure, Tu devrais investir la dedans c'est utile.

-Tu veux dire : pour rentrer chez moi par effraction par exemple?

-Entre autre oui, la porte s'ouvre, tadam.

Elle ouvrit la porte en plus grand et s'arma de sa lampe torche pour entrer. Un bruit se fit entendre, chacune sortit son arme et avançaient doucement. Le bruit se rapprocha et quand une nuée de chauve-souris leur passa au-dessus de la tête, elles se couchèrent rapidement. Une fois leur passage fini elles se redressèrent et Beca braqua sa lampe sur le visage de sa partenaire.

-Pas un mot sur l'homme chauve-souris je te préviens.

Faith sourit et elles reprirent leur route. Au 2ème étage, devant la chambre, la porte était grande ouverte. Plutôt en bazar et poussiéreuse avec le temps, de vieux posters pour l'armée encore accrochés au mur. Ça ressemblait à une chambre lambda. Elles en firent tout de même le tour au cas où, mais rien de spécial.

-Tu trouve quelque chose Reb' ? Se relevant après avoir vérifié sous le lit.

Pour toute réponse elle soupira lourdement en faisant craquer son cou. Elle se stoppa dans son mouvement et s'approcha un peu plus de l'armoire.

-Qu'est-ce qu'il y a ?

-Regarde ça… on dirait que … Elle déplaça l'armoire du mur. Bingo !

Elle passa la main derrière et en ressortit une clé, victorieuse.

-C'est une clé de casier ? Pour la ranger là il doit y avoir des choses intéressantes dedans, allons jeter un œil. Devant la porte, Après toi Reb'.

Devant les dit casiers elles vérifièrent le numéro gravé sur la clé et l'ouvrit.

-Je ne suis pas croyante mais… Ho mon dieu, lâcha Faith.

Le casier était entièrement tapissé de photos de Chloé, des entières, des découpés, celles des réseaux sociaux ou encore d'elle dehors, faisant du shopping, révisant, durant les représentations des Bellas et pire encore : d'elle en train de dormir, et quant au photos ou Beca apparaissait, son visage était gribouiller en noir ou en rouge avec des insultes. Il avait même fait un système qui allumait une guirlande au fond du casier quand on l'ouvrait pour mieux voir le décor. Sur une étagère il y avait même une poupée brune avec un uniforme de policier, complètement démembrée, chaque bout étant épinglé sur la paroi.

-Tiens il a même une poupée de toi !

-Génial, je m'en serai passé tu vois. Prenant le paquet de feuille sur la partie basse sur casier, qu'est-ce que c'est ?

-On dirait la liste des casernes de pompiers environnant les universités de l'état.

-Oui et une lettre aussi… De son lieutenant en chef apparemment et une autre écrite en charabia.

-On embarque tout ça à Barden, on a de quoi bosser avec tous ses papiers. Je prends le casier en photo et on y va.

-Je t'attends dans la voiture.