Bonsoir à tous, quel bonheur de pouvoir poster un nouveau chapitre après une rude journée de labeur !
Vous êtes de plus en plus nombreux à lire et à commenter cette fic et je vous en remercie, notamment ceux à qui je n'ai pas la possibilité de répondre par mail.
Je m'étonne du peu de temps que je mets entre chaque post (à peine deux semaines) quand on sait que le délai minimal est généralement d'un mois pour les autres fics, je savoure ma régularité lol. Rassurez-vous j'ai plein d'idées pour cette fic, je pense que ce beau rythme ne s'atténuera pas de sitôt.
Ce chapitre-ci sera plus long que les précédents et porté comme promis sur le Quidditch!
En espérant qu'il vous plaise, je vous souhaite une bonne lecture à tous!
Chapitre 3 : Remus Lupin, star du quidditch
Lorsque Sirius se décida finalement à quitter la Grande Salle, bon nombre d'élèves le suivirent des yeux sans cesser d'échanger des commentaires sur son apparence. Certains pensaient qu'il était devenu complètement fou, d'autres pensaient à juste titre que Sirius Black lui avait forcé la main mais personne ne semblait regretter le Remus précédent. Rien ne put mettre plus en joie Sirius.
Il retrouva d'ailleurs assez de bonne humeur pour rejoindre finalement ses amis à la bibliothèque. Certes, c'était amusant d'améliorer un peu l'image trop lisse de Remus et de profiter de ses oreilles de loup mais les meilleures choses devaient se terminer. Et puis, Remus prenait cela tellement à cœur !
Il eut à peine le temps de faire quelques pas dans les couloirs cependant qu'il se figea brusquement, frappé par une sorte de flash. Ce fut comme un flux électrique qui lui parcourut le corps. Une intuition. Un danger… un danger imminent même. Sans être bien sûr de comprendre ce qui se passait, Sirius se laissa porter par cette intrigante certitude et fit volte-face. Il vit alors Severus, entouré de quelques amis Serpentards mais pas de Lily naturellement. Il avait sorti sa baguette magique et la pointait sur lui.
Tout se passa en une fraction de seconde. N'ayant pas le temps de sortir sa propre baguette pour contre-attaquer, il bondit alors pour esquiver le sort que Rogue lui lança. Et pour une esquive, ce fut une esquive extraordinaire, un bond de cabri que n'importe quel acrobate lui aurait envié. Il atterrit accroupi à terre, appuyé sur une main qu'il regarda ensuite avec hébétement comme si elle était la seule responsable de ce phénomène. Autour de lui, les Serpentards restèrent stupéfaits.
- Comment il a fait ça ? s'étonna l'un d'eux.
Sirius se posait à peu près la même question mais il avait des éléments de réponse. Remus ne s'était jamais vanté de posséder des propriétés physiques hors du commun telle que la force, l'agilité ou la vitesse mais elles étaient bien en lui. Cela changeait la donne. Un sourire malicieux passa sur le visage de Sirius. Les choses devenaient de plus en plus intéressantes. Si Remus avait toujours caché ses talents, lui n'allait pas se retenir pour ménager Rogue.
Sachant d'instinct ce qu'il fallait faire, comme s'il était poussé par une force mystérieuse, Sirius se releva d'un bond souple et fondit sur Rogue comme un oiseau de proie. Avec une vitesse tout à fait surnaturelle, il passa derrière lui et le menaça de sa propre baguette dans le cou.
- Tu as quelque chose à me dire Severus ? railla-t-il en veillant bien à l'appeler par son prénom comme le faisait parfois Remus pour donner le change.
- Comment est-ce que tu…, bredouilla Rogue qui l'avait à peine vu se déplacer.
C'est génial, pensa Sirius émerveillé par ses nouvelles capacités, absolument génial. Comment Remus pouvait-il refouler tant de trésors ? L'incartade tourna court grâce à (ou à cause de selon le point de vue) l'arrivée d'un professeur. Pendant une fraction de seconde, Sirius se crut sauvé.
Antonius Doherty était le professeur de Défense contre les Forces du Mal et il avait une affection particulière pour James et Sirius, qui faisaient partie de ses meilleurs élèves. Son soulagement s'effaça cependant à l'instant même où il croisa le regard glacé du professeur et il se souvint qu'il était à la place de Remus. Pour la première fois depuis que le Polynectar avait raté, il en éprouva du regret.
Doherty n'aimait pas Remus le moins du monde. Cela semblait impossible et pourtant l'enseignant avait une raison simple : il était terrifié par le loup-garou. Tous les élèves avaient pu s'en rendre compte lorsqu'ils avaient eu à affronter un épouvantard en début d'année. Remus avait failli tourner de l'œil en voyant le lycan se matérialiser au milieu de la classe et le professeur Doherty n'avait pas manqué d'avoir la même réaction en identifiant l'épouvantard de Remus comme une pleine lune. Ce fut à cet instant qu'il comprit ce dont les autres professeurs ou Dumbledore n'avaient pas jugé utile de l'informer pour ne pas créer de vague. Dès lors, l'enseignant se mit à détester Remus sans concession.
Doherty retira sans attendre dix points à tous les élèves présents sur le lieu de la bataille avant même de chercher à savoir ce qui se passait. Cette entrée en matière n'était pas si mal, les Serpentards étant beaucoup plus nombreux. Bien que Sirius fût dans une position délicate puisqu'il menaçait Rogue, il eut la surprise de s'en tirer à bon compte. Etant le seul Gryffondor au milieu de six Serpentards, l'enseignant se douta bien qu'il était tombé dans un traquenard et ne le jugea pas comme unique responsable. Rogue et lui écopèrent chacun d'une retenue même si Sirius eut droit en supplément à :
- Vous vous battez dans les couloirs maintenant, monsieur Lupin ? lança le professeur d'un ton narquois qui laissait bien percevoir ce qu'il pensait au plus profond de lui. Il fallait s'y attendre.
Avec son caractère habituel, Sirius voulut protester mais la remarque de Doherty survenue à point nommé lui coupa si bien le sifflet qu'il ne put que marmonner des mots sans suite pendant que les Serpentards se dispersèrent tout en lui jetant des regards mauvais. Il se retrouva à nouveau seul au beau milieu d'un couloir, à essayer de digérer cette attaque si lâche de Rogue. Il avait tenté de lui lancer un sort dans le dos, en plus il avait attendu qu'il fût seul alors qu'il se pointait avec une bande de Serpentard. Et pour ne rien arranger, il avait voulu s'en prendre à Remus, lui qui ne disait jamais rien. Une vague de colère submergea Sirius. Ce sale Servilus ne perdait rien pour attendre.
Avec tout cela, il avait écopé d'une nouvelle retenue. Génial ! Remus allait encore piquer une crise en l'apprenant, lui qui se démenait pour ne jamais être puni, ce qui était un exploit de la part d'un ami intime des deux pires terreurs de Poudlard. Quand il saurait qu'il avait été collé par Doherty en plus il aurait une attaque.
Certain d'être trop mal à l'aise face à son ami, Sirius renonça alors à rejoindre Remus et Peter à la bibliothèque et prit plutôt la décision d'aller assister à l'entraînement de James. Cela ne ferait que retarder l'échéance mais ce serait déjà ça.
Tout en se dirigeant vers la sortie du château, puis vers le stade de Quidditch, Sirius se repassa dans sa tête le film de son combat contre les Serpentards. C'était tout de même une sacrée bagarre et il s'y connaissait. Les pouvoirs de Remus étaient vraiment époustouflants, plus encore qu'il ne l'aurait imaginé. C'était incroyable qu'il ne voulût jamais les utiliser. Avec des talents pareils, il pouvait faire tant de choses. Même James devait l'envier quand il était sur son balai…
A cette pensée, Sirius se figea un instant au beau milieu du parc de Poudlard et une nouvelle fois, il regarda ses mains, du moins celles de Remus comme s'il y lisait quelque chose d'imperceptible pour le reste du commun des mortels. Une drôle d'idée venait de lui traverser l'esprit. L'équipe de quidditch de Gryffondor manquait d'un joueur et le match contre Poufsouffle allait avoir lieu la semaine suivante. Puisqu'il n'avait le corps de Remus qu'en location, c'était le moment ou jamais d'en profiter. Il n'aurait pas deux fois une pareille opportunité.
Il reprit son chemin d'un pas plus rapide, pressé de mettre en œuvre l'idée qui lui trottait dans la tête. Il savait que Remus allait le tuer, et peut-être aussi James et Peter mais il ne pouvait plus s'enlever ce projet fou de la tête. C'était plus fort que lui, quand il avait une idée derrière la tête, il ne l'avait pas ailleurs. On le lui reprochait bien assez. Mais sans cet entêtement, il n'aurait jamais percé le secret de Remus.
Lorsqu'il arriva sur le terrain de Quidditch, Sirius aperçut ses condisciples volant sur leurs balais telles des fusées de couleurs. Gareth Dwayne, le capitaine, était un grand gaillard et un très bon joueur, ce qui lui conférait une certaine popularité malgré son visage dévoré par une acné purulente. Il criait des instructions à ses joueurs. Quant à James, il était de loin le meilleur de l'équipe. Il volait avec une facilité et une légèreté tellement naturelles qu'il ne semblait même pas avoir besoin de balai. Rapide et agile comme un oiseau, il interceptait le vif d'or au vol et se faufilait entre les joueurs. Emerveillé comme chaque fois par son talent, Sirius resta quelques instants sans bouger ni prononcer un mot, incapable de détacher son regard de la magnifique performance de son ami.
- Tiens salut Lupin !
La voix forte du capitaine et son atterrissage un peu lourd à quelques centimètres de Sirius fit sursauter celui-ci. Il tourna la tête et réalisa alors qu'en fait Dwayne se trouvait à une bonne dizaine de mètres de lui mais que son ouïe particulièrement fine lui avait permis de l'entendre comme s'il était beaucoup plus près. Il le laissa venir à lui, son balai sur l'épaule et un sourire aux lèvres, en lui adressant un signe de la main.
Dwayne ne devait guère être accoutumé à beaucoup le voir. Contrairement à Sirius, Remus « perdait » peu de temps à assister aux entraînements de quidditch. Certes il venait voir tous les matchs et s'était même laissé convaincre plus d'une fois d'abandonner ses livres adorés pour encourager son ami à l'entraînement mais en général, le quidditch était bien la dernière de ses priorités.
- J'ai failli ne pas te reconnaître avec ces fringues, commenta Dwayne en lui serrant la main, ça te va très bien. C'est étonnant de te voir ici. Black et Pettigrow ne sont pas avec toi ?
- Non ils sont à la bibliothèque, répondit distraitement Sirius, pour une fois que je suis en avance dans mes devoirs je me suis dit que j'allais… venir regarder James jouer.
- Tu ne choisis pas la bonne séance, soupira Dwayne, ton ami n'est pas très concentré aujourd'hui. On dirait même qu'il a des soucis.
Sirius haussa les épaules mais préféra ne pas s'étendre sur le sujet.
- Que veux-tu ? Il y a des jours avec et des jours sans…
- Justement il y a un peu trop de jours « sans » en ce moment, maugréa Dwayne en regardant l'une de ses batteuses donner un coup de batte accidentel sur la poursuiveuse qui tentait de contrer une attaque en piqué de James. Sans concentration, sans équipe au complet, ça commence à faire beaucoup.
- D'ailleurs comment va Damon ? s'enquit soudain Sirius, profitant de l'occasion pour aborder le sujet qui l'intéressait tout particulièrement. Il pourra jouer samedi prochain ?
Dwayne émit un grommellement inintelligible de mauvais augure. Sirius hocha la tête en signe de compréhension tout en essayant de dissimuler son sourire.
- On avait vraiment besoin de ça, pesta le capitaine. Madame Pomfresh refuse de se prononcer mais la connaissant, elle va certainement le mettre en arrêt pendant plusieurs semaines. Quelle idée il a eu de faire son mariole près du Saule Cogneur, cet imbécile !
Sirius prit un air renfrogné, par solidarité pour Remus qui se sentait toujours coupable lorsqu'un accident survenait à cause du Saule Cogneur.
- On a demandé aux Serdaigle s'ils ne voulaient pas jouer contre Poufsouffle à notre place mais ils ont protesté en disant qu'ils n'étaient pas prêts. Tu parles ! Ca leur ferait trop plaisir à tous qu'on déclare forfait, ça ferait un concurrent sérieux en moins.
- Vous n'avez pas songé à prendre un joueur remplaçant ?
- Si mais ce n'est pas évident d'organiser des sélections une semaine avant un match, marmonna Dwayne. Comment veux-tu qu'on prépare quelqu'un à temps ?
Sirius songea que c'était sa chance, son unique chance. Il s'était planté aux sélections en étant Sirius Black l'an passé mais cette année, il était certain de réussir dans le corps dopé aux hormones canines de son ami lycanthrope.
- J'ai peut-être une idée, dit-il en choisissant ses mots avec soin, si vous êtes d'accord, je… attention !
Le signal. Cette intuition qui l'avait averti une seconde à l'avance, alors que Rogue allait lui lancer un sort, venait de l'informer à nouveau que sa sécurité était menacée. Grâce à son acuité extraordinaire, il repéra vite la raison de cette alerte avant même que la batteuse décidément maladroite ne criât à son tour : « Attention ! ». D'un coup de batte, elle avait malencontreusement fait dévier un cognard vers eux. Le boulet de canon leur fonçait dessus à toute blinde.
Sans batte, Il n'y avait rien de mieux à faire que se baisser pour l'éviter mais Sirius eut un tout autre réflexe. Il étendit le bras et frappa le projectile comme s'il était en mousse. Un être humain moyen se serait probablement brisé les phalanges en commettant cette imprudence mais le corps de Remus était résistant. Comme si son bras était une batte, il fit dévier une nouvelle fois le cognard grâce à sa force magique et l'envoya s'encastrer dans une palissade.
Le bruit sec de cassure attira aussitôt l'attention des autres joueurs, dont James, qui faillit tomber de son balai en voyant son ami.
- Remus ! s'écria-t-il mi-surpris, mi-mécontent.
Peter n'avait donc pas été fichu de faire correctement son travail pour une fois. Tandis que l'attrapeur fonçait vers la pelouse comme un rapace sur un campagnol, Dwayne observa les dégâts que venait de faire Sirius dans la palissade puis reporta des yeux ronds sur l'adolescent.
- La vache ! s'exclama-t-il suffoqué. Tu as une sacrée force !
- Rien de cassé ? s'enquit Sirius en imitant, sans même le vouloir et à la perfection, la petite voix inquiète et altruiste de Remus.
- Non du tout, répondit Dwayne encore sous le choc, mais et toi ? Ce cognard aurait pu te briser la main.
- Ne t'en fais pas ! assura Sirius avec un grand sourire. J'ai les os très solides.
- Je vois ça, marmonna Dwayne qui n'arrivait pas à reprendre ses esprits, tu allais me demander quelque chose ?
Sirius ouvrit la bouche mais fut une nouvelle fois interrompu non pas par un cognard mais par James, ce qui était pire encore étant donné les circonstances.
- Ben alors ? attaqua James tout de go. Tu n'es pas à la bibliothèque ?
- Euh… non, fut la seule réponse que trouva Sirius.
Devant le regard furieux de James, il essaya de se justifier.
- J'ai fini tout ce que j'avais à faire, grommela-t-il un peu timidement, alors je me suis dit que j'allais venir t'encourager.
- Comme c'est gentil, marmonna James les dents serrées.
- Tu ne pouvais pas mieux tomber ! lança Dwayne en souriant. Il en a bien besoin.
James se força à sourire à son tour mais d'un sourire tellement crispé qu'il ne le laissa guère traîner longtemps sur son visage.
- En fait, reprit Sirius en essayant de ne pas regarder James qui le fusillait des yeux, je pensais que peut-être… je pourrais remplacer le poursuiveur manquant.
- Quoi ?
James lâcha balai et vif d'or sous le coup de la stupeur. Il n'arrivait pas à croire à ce que faisait son ami. Devenait-il complètement dingue ? Remus allait le massacrer. Naturellement Dwayne lui prêta une oreille attentive.
- Tu es sérieux ? s'écria-t-il incrédule. Tu sais jouer au quidditch, Lupin ?
- Je… me défends, répondit Sirius en haussant les épaules.
- Il n'a jamais joué en équipe, intervint James en voyant que Dwayne avait l'air intéressé par la proposition, il ne sera sûrement pas prêt à temps.
- C'est pas grave, répliqua le capitaine, je ne suis pas en posture pour jouer les difficiles. Il m'a bluffé tout à l'heure avec le cognard. Tu as l'air d'avoir de la force et de bons réflexes Lupin. Je suis sûr que ça pourrait le faire.
- C'est vrai ? lança Sirius dont le visage s'illumina de bonheur.
Il allait jouer au quidditch… au même poste que James l'année dernière en plus. Pourquoi ce dernier s'appliquait-il à essayer de lui saboter ce bonheur ?
- Ce n'est pas une bonne idée, dit James posément, qu'est-ce que tu vas dire à Damon ? D'abord je suis sûr qu'il sera rétabli pour le match de samedi. Madame Pomfresh est une infirmière hors du commun.
- Mais si ce n'est pas le cas, Gryffondor sera éliminé du championnat, rétorqua Dwayne. C'est un risque que je ne veux pas encourir.
Comme les deux équipiers délibéraient encore sur son sort, Sirius comprit que s'il voulait obtenir ce poste de poursuiveur, il allait devoir se battre et ce contre l'avis de James.
Il attira l'attention générale à la surprise de tous en attrapant le souaffle que le capitaine avait laissé tomber à terre et entama une série de dribbles exécutés avec une agilité et une précision impeccables. Tout le monde en resta bouche bée. Sirius regarda la balle tournoyer autour de lui, émerveillé par le contrôle qu'il parvenait à exercer sans faire d'effort. Tout était si naturel. C'était comme faire de la magie sans baguette.
Lorsqu'il fut certain d'avoir bien satellisé toute l'attention de ceux qu'il devait impressionner, Sirius visa et tira vers les buts, quoiqu'ils se trouvassent à une trentaine de mètres de distance. Le souaffle fonça à toute allure comme le cognard peu de temps auparavant et entra directement dans l'anneau du but central avant que la gardienne eût pu faire un geste pour l'arrêter. Elle se mit alors à applaudir, impressionnée, et fut très vite imitée par le reste de l'équipe, Dwayne inclus. Seul James s'efforça de rester de marbre même si ses yeux lancèrent des éclairs.
- C'est incroyable Lupin ! s'écria le capitaine, le souffle court. Tu nous as caché tes talents.
- Alors vous pensez que je peux rejoindre l'équipe ? demanda Remus en essayant de ne pas avoir l'air trop triomphal pour rester crédible dans la peau de son ami.
- Et comment ! s'exclama Dwayne ravi. Tu es engagé… enfin avant j'aimerais juste m'assurer que tu tiens sur un balai. Va t'en chercher un dans la réserve et montre-moi comment tu voles ! Simple formalité.
Sirius ne se le fit pas dire deux fois et se dirigea presque en sautillant vers les vestiaires pour aller se choisir un balai. Il n'arrivait pas à y croire. Il avait réussi. Il avait obtenu son laissez-passer pour l'équipe de quidditch et ce sans effort. C'était le plus beau jour de sa vie et dire qu'il avait dû attendre d'être dans le corps de Remus pour le vivre !
Tandis qu'il se choisissait un balai dans la remise parmi toutes les épaves proposées, il entendit un pas saccadé approcher et n'eut donc aucune surprise lorsque James fit irruption, la mine furieuse. Ce dernier claqua la porte derrière lui avant de lancer un maléfice pour insonoriser la pièce et pouvoir laisser sortir son courroux à loisir.
- Enfin tu es complètement inconscient ! Qu'est-ce que tu fais ?
- Je me choisis un balai, répondit machinalement Sirius en examinant un à un les modèles, enfin si j'en trouve un en bon état. Il n'y a pas autre chose que des étoiles filantes ?
Pour toute réponse, James le saisit par l'épaule et le força à se tourner vers lui.
- Tu ne peux pas jouer au quidditch, déclara-t-il très sérieusement. N'oublie pas que tu es censé être Remus. Tu imagines Remus en joueur de quidditch ?
- Et pourquoi pas ? rétorqua Sirius d'un ton léger. Il a tous les atouts pour ça.
- Justement, grogna James en croisant les bras, c'est de la triche.
- De la triche ? répéta Sirius en écarquillant les yeux. Pourquoi ? Parce que c'est un loup-garou ?
- Exactement, acquiesça James d'un ton ferme. Tu n'as pas le droit d'utiliser les pouvoirs de Remus pour le sport, c'est contraire à… l'esprit sportif. Et puis je doute que les professeurs apprécient.
- Alors j'ai juste le droit de rester sagement dans mon coin et de ne pas faire de vagues ? s'énerva Sirius en laissant brutalement tomber le balai qu'il tenait entre les mains sur la pile. Un loup-garou a tellement de chance d'être accepté à Poudlard que pour prouver sa reconnaissance, il ne doit surtout pas se faire remarquer.
- C'est ce que fait Remus depuis sa première année, je te signale.
- Eh bien je ne comprends pas comment il peut supporter ça, riposta Sirius en serrant les poings. C'est tellement injuste ! Ses capacités surhumaines font partie de lui au même titre que toi tu as d'autres talents. Pourquoi il n'aurait pas le droit d'optimiser ses dons ? En l'acceptant dans cette école, les professeurs devraient l'accepter entièrement et pas juste lui apprendre à refouler ce qui le rend exceptionnel.
James s'adoucit devant ce discours et poussa même un soupir à fendre l'âme.
- Je comprends que ça soit frustrant d'avoir la possibilité de faire des choses mais d'être obligé de se retenir, avoua-t-il, mais ce n'est pas simple. Remus a choisi de rester dans l'ombre et tu dois respecter son choix.
Sirius garda un moment le silence, les yeux rivés sur la pile de balai. Durant un instant, il sembla réfléchir aux paroles de James, peser ses mots et saisir leur importance. Evidemment, il ne devait pas perdre de vue qu'en définitive, c'était le corps de Remus, et que tout ce qu'il faisait aurait des répercussions sur l'avenir quand chacun aurait récupéré son corps respectif. Sirius ferma les yeux une seconde, le temps de prendre une profonde inspiration. James fut certain qu'il avait fini par entendre raison et eut un léger sourire. Malheureusement ce sourire s'effaça sitôt qu'il vit Sirius attraper le balai au sommet de la pile d'un geste décidé.
- Non, répondit-il alors d'un ton ferme, il est temps que les choses changent.
Sur ces mots, il contourna J ames et se dirigea vers la sortie. Celui-ci le regarda, incapable d'en croire ses yeux, ni ses oreilles.
- Quoi ! fit-il d'une voix étranglée. Tu as perdu l'esprit ?
- Je vais très bien au contraire, rétorqua Sirius sur le pas de la porte, mieux que je ne l'aie jamais été. Si Remus est aussi replié sur lui-même, c'est parce qu'il ne comprend pas, ne s'accepte pas. Toute sa vie, il a baigné dans un climat de terreur. On lui a appris à avoir peur de ce qu'il était, à rejeter instinctivement sa lycanthropie, à renoncer à une part de lui-même, à se brimer. S'il est comme ça aujourd'hui, ce n'est pas parce qu'il l'a choisi, c'est parce qu'on l'a éduqué ainsi. Et toi, Peter et moi sommes complices. Je ne m'en étais jamais rendu compte jusqu'à maintenant, je ne pensais qu'à protéger son secret, à cacher comme les autres ce qu'il est. Mais là, c'est différent. Je suis à sa place, je sais ce qu'il ressent et je me dis que l'aider à se mentir à lui-même comme il le fait depuis des années n'est pas la solution. Il doit accepter ce qu'il est, tout ce qu'il est. Sans doute qu'il va être furieux en apprenant que j'ai intégré l'équipe de quidditch en son nom mais plus tard il me remerciera sûrement de tout ce que je fais pour lui.
- Ce que tu fais pour toi, rectifia James les yeux flamboyants.
- Crois ce que tu veux ! répliqua Sirius en haussant les épaules. De toute façon, les choses vont vite rentrer dans l'ordre. Dès que Peter et Remus auront trouvé…
- Tiens tu n'étais pas censé les aider d'ailleurs ? s'informa James en haussant les sourcils d'un air appuyé.
- Si mais… on s'est un peu pris la tête après ton départ, avoua Sirius gêné.
James poussa un nouveau soupir désemparé. Il s'était douté qu'en son absence, les choses allaient dégénérer. C'était la dernière fois qu'il passait le flambeau à Peter, même si le malheureux avait fait tout ce qu'il avait pu.
Comme Sirius ne tenait plus en place tant il trépignait d'essayer son balai, James n'eut d'autre choix que de le suivre tout en déplorant de n'avoir pas le force de persuasion nécessaire pour canaliser son ami plus têtu qu'une mule. Pourquoi fallait-il toujours qu'il se mette dans une situation infernale ? Etait-ce trop lui demander de rester tranquille seulement quelques jours ?
En outre, le fait d'utiliser un corps et une identité qui ne lui appartenaient pas ne le calmait en rien. Au contraire, Sirius semblait se sentir intouchable sous le masque de son ami Remus. Ce dernier allait avoir une attaque lorsqu'il verrait son corps voler sur un balai aux couleurs des rouges et or.
Et cette crise survint plus tôt que James ne l'avait espéré. Alors que Sirius faisait merveille sur la vieille étoile filante de la réserve et s'attirait tous les éloges de ses nouveaux équipiers, Peter et Remus revinrent à leur tour de la bibliothèque. Ils s'étaient inquiétés de ne pas voir Sirius les rejoindre et s'étaient mis à sa recherche, d'abord dans le dortoir puis finalement sur le terrain de quidditch.
Comme on pouvait s'y attendre, Remus n'apprécia pas du tout l'initiative de Sirius de postuler à sa place dans l'équipe de quidditch. Lorsque celui-ci consentit à redescendre sur la terre ferme pour essuyer les foudres qui lui revenaient de droit, Remus lui fit remarquer en s'efforçant de rester calme combien son comportement était irresponsable et frôlait la trahison.
- Tu n'aurais jamais dû prendre une décision pareille sans m'en parler, lui dit Remus en aparté après la séance d'entraînement. Tu ne peux pas m'exposer comme ça. Le sport, c'est carrément un domaine proscrit pour quelqu'un comme moi.
- Pourquoi ? se défendit Sirius qui ne regrettait pas son choix le moins du monde, trop enhardi par son succès auprès de ses nouveaux équipiers. Parce que tu risquerais d'être le meilleur ? Je comprends, ce serait fâcheux.
- Ce serait inégal pour les autres joueurs qui n'ont pas… mes capacités, répondit Remus avec sérieux.
- Tant pis pour eux, tu es comme tu es, riposta Sirius avec indifférence. Tu es un élève comme les autres alors tu as le droit de faire les mêmes choses que les autres. Jouer dans l'équipe de quidditch, c'est l'un des bonheurs de la vie estudiantine, je ne vois pas pourquoi tu devrais t'en priver pour faire plaisir aux autres. Pense un peu à toi !
- Mais j'y pense, répliqua Remus d'une voix douloureuse, et je ne veux pas prendre le risque de voir mon secret dévoilé aux yeux de tous pour le simple plaisir de fanfaronner sur un balai.
- Ce n'est qu'un match de quidditch, Remus, soupira Sirius qui sentait déjà revenir son agacement du matin. Ce n'est pas parce que tu te révèles être un bon joueur que tout le monde va crier « au loup ! ». Il faut arrêter la paranoïa deux minutes.
- Si tu t'appliquais à cacher la vérité pendant des années, toi aussi tu finirais par être parano, rétorqua Remus.
- Justement c'est peut-être le moment de lever le pied et de voir les choses sous un nouvel angle.
Remus eut un mouvement de recul.
- Qu'est-ce que tu veux dire ? glapit-il soudain pris de panique. Tu as l'intention d'en parler à quelqu'un ?
Sirius regretta cet emportement et expira longuement en passant une main sur son visage pour essayer de remettre en ordre ses idées.
- Non bien sûr que non, se racheta-t-il finalement, je suis désolé. Je ne voulais pas sous-entendre une chose pareille. C'est ton secret, il n'appartient qu'à toi.
- Merci Sirius, murmura son ami immensément soulagé.
- Remus, corrigea-t-il avec un sourire en coin.
Le véritable Remus lui rendit son sourire.
- Ecoute, ajouta Sirius d'une voix beaucoup plus douce, je comprends que tu préfères te fondre dans la masse, c'est ton droit mais s'il te plaît laisse-moi le plaisir de jouer… rien que pour ce match ! Je te promets de ne pas jouer les super lycans en folie.
- Je…
Remus aurait donné tout l'or de Gringotts pour que son ami ne lui demande pas cela mais il y avait tant de supplication dans le regard de Sirius, dans son regard en fait. Cela aurait dû le laisser insensible mais Remus ne pouvait rester stoïque face à aucune détresse, pas même la sienne.
- Quand tu récupèreras ton corps, tu n'auras qu'à démissionner de l'équipe, continua Sirius en joignant ses mains en signe de prière. De toute façon, ça devrait vite arriver.
Ou pas. Peter et Remus avaient passé la matinée à chercher dans les bouquins en vain. Réparer le maléfice d'échange des corps s'annonçait une tâche plus compliquée que prévu. Voyant que Remus ne paraissait toujours pas d'accord, Sirius se décida à sortir l'argument ultime, celui qu'il n'avait pas voulu avoir à utiliser mais qui s'imposait désormais.
- On n'a qu'à dire que c'est une compensation au fait que je sois obligé de supporter ta lycanthropie pendant quelques jours, lança-t-il en prenant volontairement un ton très détaché, presque celui de la plaisanterie pour ne pas trop froisser son ami. Tu me dois bien ça, non ?
C'était gagné. Le visage de Remus, du moins le sien, se décomposa comme jamais devant cet argument imparable. Même si Remus ne désirait pas céder le moins du monde, il savait que ce serait monstrueusement égoïste de priver Sirius de son petit plaisir alors qu'il portait avec courage son fardeau sans rechigner. Sa gorge étant trop nouée pour dire un mot cependant, Remus se contenta d'acquiescer d'un signe de tête pour donner son consentement. Sirius le serra alors dans ses bras dans une étreinte à lui broyer les os.
- Merci Rem-sirius ! lança-t-il avec effusion.
- Lâche-moi tu m'étouffes !
- Plus un mot ! lança tout à coup Sirius en le lâchant. Les autres viennent.
Remus ouvrit des yeux ronds car il n'entendit, ni ne vit personne. Pourtant l'équipe de quidditch et Peter sortirent des vestiaires peu de temps après. Sirius avait anticipé leur arrivée grâce à ses sens plus développés. Cette constatation fit naître un étrange sentiment au creux de l'estomac de Remus, quelque chose qu'il n'aurait su expliquer mais qui était très désagréable.
Après avoir reçu la confirmation évidente qu'il était engagé dans l'équipe de quidditch avec les félicitations du capitaine Dwayne, Sirius déclara qu'il fallait fêter ça, ce qui tombait très bien car l'heure du déjeuner avait sonné.
- Vous venez ? lança-t-il à ses amis. Je meurs de faim.
Peter ne se fit pas prier pour le suivre mais ne put s'empêcher, tout comme James, de vérifier dans quel état se trouvait Remus après cet inévitable règlement de compte auxquels ils avaient mieux aimé ne pas assister.
- Tu lui as donné ton feu vert ? s'étrangla Peter interloqué.
- Oui, répondit Remus d'une voix d'outre-tombe, je lui dois bien ça.
Roh quel vicieux ce Sirius quand il s'y met ! Je suis sûre qu'il est tout à fait capable d'avoir recours à la manipulation dans ce genre-là pour obtenir ce qu'il veut, surtout dans sa jeunesse.
Un mot sur le professeur Doherty: pour rendre à César ce qui est à César, j'avoue qu'il m'a été inspiré par un OC d'une autre fanfic, Loupgaroutisme de Fred et George. C'est une vieille fanfic à présent mais je l'ai découverte récemment et elle m'a particulièrement marquée. Doherty a quelques airs du professeur Spite. Mais avant même d'avoir lu la fanfic, j'avais toujorus imaginé au moins une année où Remus se retrouveait confronté à un professeur qui rejetterait sa nature de loup-garou, c'est presque incontournable.
Voilà, ceci étant dit, j'espère que ça vous a plu! Dans le prochain chapitre, les irréductibles du couple SB/RL qui peut-être espéraient encore secrètement que cette fic serait un slash sur eux se heurteront à la triste vérité: les premières histoires de couple vont commencer.
Qu'avez-vous pensé de ce chapitre? N'hésitez pas à me donner votre avis!
A bientôt, portez-vous bien!
