Lundi 8 septembre 2014
John arriva à la clinique où il travaillait. Il était encore tôt mais il était sûr d'y retrouver Sarah, comme quasiment chaque jour. La seule personne qu'il acceptait encore parmi ses relations était Sarah. Pourquoi, il n'en servait rien, mais sa présence l'apaisait. Ils étaient restés de très bons amis quand ils s'était séparés, et après la mort de Sherlock, elle était la seule dont il acceptait la présence.
Sarah lui avait dit un jour que depuis la disparition de Sherlock, elle avait l'impression que John faisait tout pour lui ressembler. Il était devenu irascible, ne parlant que peu, ne voyait plus personne, ne supportait plus personne. Et que c'était d'ailleurs pour çà qu'elle lui avait proposé de rejoindre une équipe de recherche qui travaillait à la clinique. John se doutait bien qu'après la fois où il avait quasiment insulté un client qui ne comprenait pas le diagnostic qu'avait fait le médecin, elle n'allait pas le laisser continuer à prendre en charge des patients. John avait accepté avec plaisir, il n'en pouvait plus des patients, depuis qu'il ne pouvait plus avoir Sherlock près de lui. Depuis, il travaillait dans un laboratoire toute la journée, faisait des expériences pour trouver des remèdes à des maladies, et limitait ses rapports avec les autres laborantins au minimum. En fait, plus que des expériences, il analysait en tant que médecin le résultat des expériences faites par ses confrères, car bien évidemment, il ne possédait pas vraiment le savoir nécessaire à ce genre d'expérimentation. Mais il comptait bien l'acquérir, et travaillait pour cela.
Encore une fois, cela lui allait très bien, même s'il sentait qu'il ressemblait de plus en plus à Sherlock, et que çà, çà ne l'aiderait pas à l'oublier.
John poussa la porte d'entrée de la clinique, et se dirigea directement vers le bureau de Sarah. Il poussa la porte et passa la tête par l'entrebaillement. Il esquissa un sourire en la voyant déjà plongée dans des dossiers.
- "Bonjour Sarah, comment vas-tu?
- Bonjour John, je vais très bien. Et toi? Comment te sens-tu aujourd'hui?
- Çà va. Comme tous les jours, je fais aller.
- Bien, tu veux que je passe chez toi ce soir? On pourrait se faire un plateau-télé.
- Je ne suis pas d'humeur...
- Tut tut, tu n'es jamais d'humeur, alors ce n'est pas une excuse valable. Si tu n'as rien d'autre de prévu, je viens chez toi ce soir et j'amène à manger, que tu le veuille ou non.
- Bien, de toute façon, avec toi, je n'ai jamais le dernier mot.
- Exactement, c'est pour ton bien de toute façon, alors tu n'as pas le choix.
- Bon, je file au labo, ok? Si tu as besoin de moi...
- Pas de soucis, je t'appelle. Mais essaye de sourire aux autres laborantins pour une fois. Hier, Helena est venue me voir pour me dire que tu avais envoyé Mike sur les roses.
- Elle ne peut pas tenir sa langue celle-là.
- C'est moi qui lui avait demandé de te surveiller, et de me dire ce que tu fais de tes journées. C'est quelqu'un de confiance et elle t'as évité pas mal de problème depuis que tu travaille au labo.
- Ah bon? Comme quoi par exemple?
- Et bien, elle a parlé à Jack pour qu'il évite de te tuer quand tu as cassé tout un coffret d'éprouvettes dans un moment de colère. Plus de cinq cents éprouvettes, John. Tu sais bien que c'est cher le matériel de recherche, et lui se charge des financements. Elle a aussi évité la dépression de Connie quand, pendant une semaine, tu l'as soumise à un traitement d'enfer, sûrement dù au fait que c'était la semaine d'anniversaire de la mort de Sherlock. Elle a faillit porter plainte pour harcèlement. Et tout çà, entre autre chose bien sûr. Tu peux être content qu'elle soit là.
- Je ne me rendais pas compte, Sarah, je te le promet.
- Je sais John, je sais. C'est d'ailleurs pour çà que j'en ais parlé au reste de l'équipe. Maintenant qu'ils savent ce qui est arrivé, je crois qu'ils sont tous plus enclins à être indulgent envers toi.
- Je n'ais pas besoin que l'on me protège.
- Si, contre toi-même. Mais assez bavardé, j'ai du boulot et toi aussi, alors vas-y.
- Bien, à ce soir alors.
- A ce soir."
John, après cet arrêt, poursuivi sa route vers le laboratoire d'analyse. En tant que médecin, il connaissait les effets qu'avaient les virus et bactéries sur le corps humain. Sa connaissance des symptômes de maladies parfois incurables aidaient ses confrères à mieux diagnostiquer des maladies, à en contrer les effets et également à simuler leur présences pour des expériences. Malgré ses rapports difficiles avec ses collègues, ceux-ci convenaient tous du réel soutien qu'il leur apportait dans leurs recherches.
En arrivant dans le labo, il eut la surprise d'y trouver Helena, la jeune chercheuse tout juste diplômée, mais qui avait la pleine confiance de Sarah. Cela ne faisait pourtant que près d'un an qu'Helena avait intégré la clinique. John reconnaissait cependant qu'elle était très douée. Elle avait de bonnes intuitions et son travail, sa méthode méritait le respect.
"Bonjour Helena.
Helena sursauta et releva la tête. Son visage inquiet se mua en sourire lorsqu'elle reconnut le médecin.
- Oh, bonjour John, excusez-moi je ne vous avais pas entendu arriver.
- Vous deviez être concentrée, c'est normal.
- Oui, je l'étais, mais quand même, n'auriez-vous pas des ascendances elfes par hasard? Dit-elle en rigolant.
John s'esclaffa.
- Oh non, je ne pense pas, c'est peut-être juste l'armée qui m'a appris à être silencieux.
- Oui, je vois ce que vous voulez dire. J'ai lu le rapport que vous avez fait hier soir sur le symptôme de paralysie musculaire provoquée par la bactérie contenue dans le tube n°40. Vous dites que la bactérie concoure à amener le muscle à se tendre et a rester en position. Vous pouvez préciser?
- D'après ce que j'ai vu, en observant la bactérie et des vidéos des patients, la bactérie relâche une toxine en se multpliant. Ne m'en demandez pas plus à ce sujet, je ne suis pas assez calé. Mais en ce qui concerne les patients, cette toxine amène le muscle à se contracter et à le rester. Ils parlent de paralysie mais ce n'en est pas vraiment une. Il faut trouver un moyen d'éliminer les toxines et les bactéries.
- Bien, parfais, merci pour cette observation. C'est une chance que nous vous soyez là John, vous amenez une dimension humaine dans ce labo.
- Merci Helena.
John s'apprêtait à rejoindre sa place quand il parut prendre soudainement une décision.
- Au fait Helena, depuis que vous êtes arrivée, nous n'avons pas eu souvent l'occasion de parler autre chose que boulot, alors je voudrais vous dire merci.
- Merci John? Mais pourquoi?
- Pour reprendre mes bêtises avec les collègues.
- Oh çà... Ne vous en faites pas John, je sais ce que vous traversez, il est normal que des gens soient là pour vous soutenir. C'est vrai que vous faites un peu peur aux personnnes qui travaillent dans ce labo, mais je suis sûre que vous finirez par redevenir vous-même, quand votre chagrin sera passé. En attendant, si vous avez besoin de quoi que ce soit, vous pouvez me le demander.
- Merci Helena, je ne sais pas en quel honneur vous faites cela, mais çà me touche.
- Et bien, je ne voudrais pas que Sarah soit obligée de vous virer à cause de vos crises d'humeur, parce que je vous aime bien, alors disons que je fais tout pour que vous puissiez rester.
John rigola, un vrai rire comme cela faisait longtemps qu'il n'en avait pas eu.
- Je comprend maintenant. Et bien, je vais m'enfermer dans mon monde, a tout à l'heure.
- A tout à l'heure John."
Sur un signe de la main, il se dirigea vers ce qu'il appelait "sa bulle". Un petit bureau entouré de verre, presque au centre de la pièce. Les autres laborantins gravitaient autour et John pouvait aisément se concentrer sur ses analyses sans déranger personne.
Helena, quant à elle, le regardait partir en soupirant. Quelle guigne de devoir sans cesse lui mentir...mentir par ommission certes, mais mentir quand même.
Le reste de la journée se passa bien. Pour une fois, John n'avait rembarré personne, et avait même poussé l'effort à manger dans le réfectoire avec ses collègues, ce qui sembla ravir Helena et Sarah.
Une fois de retour chez lui, il se débarassa de son manteau, de son écharpe et de ses gants, et se dirigea vers la cuisine où il se servit un thé. Il savait Sarah encore à la clinique et qu'il avait du temps avant qu'elle n'arrive. Il finit son thé devant la télé puis se dirigea vers la salle de bain. Sous la douche, il repensa à sa journée. Pour la première fois depuis longtemps, il avait réussi à repousser ses émotions loin au fond de lui et à se mêler aux autres gens. Et çà lui avait fait du bien. Il n'avait bien évidemment pas retrouvé la complicité et le style de conversation qu'il avait avec Sherlock, mais quand même, ces efforts avaient un peu égayé sa journée.
Il sortit de la salle de bain, de bien humeur qu'il ne l'avait été depuis longtemps. La pensée d'une petite soirée tranquille avait fait son chemin dans son esprit pendant la journée, et il était à présent content que Sarah ait décidé de s'incruster avec à manger.
Sarah arriva vingt minutes après que John soit sorti de la salle de bain. Elle trouva John devant la télé, regardant une émission de télé-réalité sans vraiment y faire attention. Elle sourit. John avait vraiment pris les habitudes de Sherlock. Il ne mangait quasiment plus, regardait la télé d'un oeil très critique, et limitait ses relations sociales au strict minimum. Mais elle savait que ce n'était que passager, et qu'une fois qu'il aurait fait le deuil de Sherlock, il redeviendrait plus comme avant. Aujourd'hui déjà, il avait fait des efforts.
Elle s'approcha de John et posa une main sur son épaule. Celui-ci se tourna vers elle et lui sourit.
- Bonsoir Sarah.
- Bonsoir John. J'ai ramené de quoi grignoter, j'installe çà où?
- Va voir dans la cuisine, j'ai préparé un plateau avec assiettes, verres et couverts. Peux-tu ramener une bouteille d'eau aussi s'il-te-plaît?
- Ok, je reviens tout de suite.
Sarah disparut dans la cuisine, pour en revenir dix minutes plus tard avec le plateau que John avait acheté récemment. Elle avait disposé de petites assiettes avec des gâteaux apéritifs, avait versé deux verres de vin, posé une bouteille d'eau, et complété par deux plats préparé, du poulet au curry. Un des plats préférés de John. Sarah avait bien choisi, comme d'habitude. Elle posa le plateau (plutôt grand pour contenir tout çà), sur la petite table basse, elle-même placée entre le canapé et la télévision.
John regarda le plateau, puis tourna son regard vers Sarah, qui s'était assise près de lui.
- Sarah, encore une fois, tu as fait des merveilles.
- Je sais, dit-elle en riant. Je me suis dit que pour fêter ta bonne journée, je pouvais faire un effort de cuisine. Et je sais que tu aimes le poulet au curry.
- Merci Sarah. Ce matin je ne voulais pas que tu viennes, mais pendant la journée, j'ai changé d'avis, et ce soir je suis content que tu sois là, çà va me changer.
- Et si nous regardions les infos pour une fois, çà va changer des films et émissions que tu imposes à chaque fois.
- Tu sais que je n'aime pas regarder les infos. A chaque fois je me demande ce que Sherlock en aurais pensé.
Il avait finit sa phrase dans un murmure à peine audible. D'un coup, une image de Sherlock critiquant les infos et le regard des journalistes lui revint à l'esprit. Les larmes lui montèrent aux yeux et il leva une main pour les cacher. Mais il faut stoppé dans son geste. C'était Sarah.
- John, je suis sûre qu'un jour, tu arriveras à penser à lui sans te sentir triste. Tu finiras par te souvenir des bons moments que vous avez passé tous les deux. Quand je t'ais quitté, je pensais vraiment que c'était parce que Sherlock prenait une place trop importante dans ta vie, et que ce n'était pas réciproque, mais je me rend compte maintenant que sous ses grands airs et ses piques incessantes, il devait vraiment tenir à toi pour que tu t'attaches autant à lui.
- Je ne sais pas si j'étais aussi important pour lui qu'il ne l'était pour moi, mais ce que je sais, c'est que je ne croierais jamais à ce qu'il m'a dit juste avant de mourir.
- Qu'as-t-il dit?
- Qu'il avait inventé toutes ces histoires pour se faire briller. Tu n'en as pas entendu parlé? Le Sergent Donovan et le médecin légiste Anderson s'en sont pourtant donné à coeur joie dans la presse. Même tellement que je pense que çà en devenait indécent.
- Ah, il t'as a parlé de çà? J'ai lu des trucs dans les journaux, effectivement. Ils semblent pleins de rancoeurs envers Sherlock Holmes.
- Je pense qu'ils étaient jaloux, Sherlock leur faisait de l'ombre, ils ne le supportait pas.
- Pourquoi ne m'en as-tu jamais parlé?
- Je ne sais pas. Tu l'aurais entendu Sarah, à ce moment là. Il était tellement loin de son attitude habituelle. Sa voie tremblait, et je suis sûr qu'il pleurait.
- Pleurer, Sherlock? Tu es sûr?
- Sûr, non, mais j'en ais l'intime conviction. Je le sentais.
- Bon, ce n'est pas que cette conversation me déplaît, mais je pense qu'il faudrait éviter le sujet. On en parlera une autre fois. Ce soir, on passe une bonne soirée.
- Oui, c'est vrai, tu as raison, on ne parle plus de Sherlock.
John essuya ses yeux d'un geste rapide, se pencha et pris une petite poignée de gâteaux apéritifs. Il ne voulait pas gâcher cette soirée avec Sarah en parlant de Sherlock, il fallait qu'il profite de l'instant présent.
- Bon, tu as gagné, on regarde les inf...
Il s'interrompit brusquement.
Tous deux tournèrent brusquement la tête vers la porte d'entrée. Des coups secs venaient de retentir.
- Tu attendais quelqu'un d'autre que moi? Demanda Sarah.
- Non, pas du tout, je n'ais jamais amené personne ici sauf toi, répondit John en se levant. Attends, je vais voir qui c'est.
John se dirigea vers la porte et l'ouvrit. Et là, ses yeux s'agrandirent de stupeur.
A suivre
Des petites reviews svp, pour me dire ce que vous en pensez. Si çà part bien, ou s'il faut que je m'arrête maintenant, des commentaires, bref, tout ce qui me fera avancer dans la bonne direction.
