Eh bien le chapitre précédent n'a pas reçu beaucoup de reviews. Merci à Holmes11 pour sa fidélité.
Pour répondre à ta review, je suis contente que tu aies apprécié la réaction de Sirius, je n'avais pas envie d'écrire un énième échange de piques entre Remus et Sirius, ça serait devenu un peu répétitif à la longue. J'ai bien aimé donné à Peter un peu de jugeote. En tant que Maraudeur, il faut bien qu'il soit un peu digne de son titre, même si on sait tous ce qu'il est amené à devenir par la suite.
J'ai attendu ce chapitre 12 avec impatience. J'avais bien envie d'écrire un cours du redoutable professeur Doherty. Comment Sirius et Remus vont-ils se comporter face à lui ? J'espère que ce chapitre vous plaira.
Bonne lecture et merci encore à ceux qui continuent cette fic !
Chapitre 12 : La défense contre les forces du mal
Remus redoutait la Défense contre les forces du mal depuis qu'il avait compris qu'il lui serait impossible de réintégrer son corps avant la reprise des cours. Il avait mis un certain temps d'adaptation avant de réussir à garder son calme face aux perfidies de Doherty et encore, c'était parce qu'il était un garçon particulièrement patient et raisonnable.
Sirius était aux antipodes. Si Doherty ne faisait que le regarder de travers, il partirait à n'en point douter au quart de tour, or c'était précisément ce qu'attendait l'affreux professeur : un prétexte pour accabler de misères l'élève qu'il haïssait par-dessus tout.
Quoiqu'il eût déjà essayé de préparer Sirius à cette épreuve de self-control, Remus se sentit obligé de lui faire encore mille recommandations sur le chemin de la salle de DCFM. Il était impératif de faire comprendre à cette tête de mule combien il allait devoir prendre sur lui-même pour fermer son clapet quand le couperet tranchant tomberait sur sa nuque.
Sirius n'avait pas l'air de mesurer l'ampleur de la situation. A l'en croire, Remus exagérait. Cela se voyait dans son regard. Il le regardait de cet air affable qu'il ne connaissait que trop bien pour l'adopter lui-même en toutes circonstances. C'était un regard qui disait : « Ne t'inquiètes pas, je gère ! » alors qu'en réalité, rien n'était moins sûr. Il s'agissait juste de donner le change.
Le professeur Doherty fit entrer ses élèves un à un dans la salle de classe tout en s'appliquant à lancer un regard noir à Sirius au passage. Celui-ci aurait volontiers riposté par un sourire narquois mais il se souvint à temps que Remus n'aurait jamais fait cela et baissa la tête comme s'il se trouvait face à un hippogriffe. Le vrai Remus lui tapota brièvement l'épaule en signe de remerciement avant d'aller prendre place au fond de la classe, tiré par James.
James et Sirius s'asseyaient toujours au fond de la classe pour discuter à leur aise pendant que les autres travaillaient. Remus en revanche n'avait pas les mêmes facilités qu'eux et veillait à être toujours attentif. Doherty tenait à l'avoir sous les yeux à chacun de ses cours pour le toiser avec mépris et lui chuchoter des commentaires peu flatteurs à l'insu de tous. Remus bénéficiait donc de la place juste en face de son bureau. C'était la première fois que Sirius se retrouvait assis là et il trouva l'expérience très désagréable. Il ne voyait plus les autres élèves de la classe et avait le sentiment d'être la cible de tous les regards sans pouvoir épier quiconque.
- Bonjour tout le monde, commença Doherty en se réfugiant derrière son bureau sur lequel il prit appui comme un prédateur aux aguets. J'espère que vous avez tous passé un excellent week-end. Je vais répondre tout de suite à la question qui vous brûle les lèvres : non je n'ai pas terminé de corriger vos devoirs. Je vous les rendrai probablement mercredi. Mais de ce que j'ai déjà regardé, ce n'était pas mal du tout.
Il y eut immédiatement une foule de questions qui firent sourire Doherty d'amusement. Ce n'était pas un mauvais homme, loin de là, il avait seulement un petit problème avec les loups-garous. Ce n'était pas vraiment sa faute, il avait eu une triste expérience avec l'un d'entre eux. Il ne pouvait se défaire de son animosité envers Remus et son envie de se venger de tous les loups-garous qu'il croisait. C'était bien dommage qu'il eût ce blocage et qu'il refusât de le surmonter car s'il se débarrassait de ce problème, il aurait pu être le meilleur professeur de l'école.
Après avoir dissipé quelques doutes et inquiétudes à propos des devoirs qu'ils avaient fait la semaine précédente, Doherty devint soudain anormalement grave.
- Avez-vous lu la Gazette du sorcier ce matin ? s'enquit-il dans un souffle. Est-ce que le nom de Gondemar Williams vous dit quelque chose ?
Quelques élèves, qui avaient effectivement lu le journal, levèrent la main. Doherty lança un sourire goguenard à Sirius comme pour lui dire « Et toi évidemment tu ne l'as pas lu ! Rien ne t'intéresse » puis donna la parole au garçon assis juste à côté de lui.
- C'est celui qui a été attaqué par un détraqueur, non ? hasarda-t-il.
- En effet, approuva Doherty d'une voix sentencieuse, Williams a été embrassé cette nuit par un détraqueur.
Un frisson de terreur emplit toute la classe. Le baiser du détraqueur inspirait une crainte par-dessus tout dans la communauté des sorciers. Personne n'osa poser la moindre question sur le sujet mais Doherty semblait avoir envie d'en discuter.
- C'était un accident, ce malheureux n'avait rien d'un détenu. Le détraqueur qui l'a attaqué a dû échapper au contrôle du ministère et s'est jeté sur la première proie innocente. Mes enfants, nous vivons une période bien sombre. Les forces du mal grandissent de jour en jour. Les ténèbres nous envahissent peu à peu. Il faut que vous soyez sur vos gardes, on ne peut se fier à personne.
Emporté par son discours, il se mit à circuler dans la classe. Les élèves étaient fascinés.
- Le moindre sourire peut dissimuler une intention de meurtre, lança Doherty d'une voix terrible qui fit tressaillir la fille sur laquelle il se pencha en disant ces mots.
Il remonta l'allée d'un pas déterminé.
- Le visage le plus angélique…
Il se plaça juste devant Sirius qui commit l'erreur de croiser son regard.
- … peut cacher un monstre sanguinaire.
Sirius et Doherty se toisèrent pendant de longues secondes sans dire un mot dans un climat de tension presque palpable. A l'autre bout de la salle, Remus s'essuyait le front perlé de sueur avec la manche de sa robe de sorcier. Il était si pâle qu'il aurait brillé dans le noir.
- Ne commets pas d'erreur Sirius par pitié, gémit Remus vautré sur la table.
Lorsque les yeux commencèrent à le picoter, Sirius mit un terme à l'échange en esquissant un grand sourire amical puis laissa échapper dans un souffle.
- Wouah ! C'est effrayant !
Doherty plissa les yeux mais n'ajouta rien et retourna se planquer derrière son bureau.
- Après avoir lu ça, dit-il, j'ai décidé d'apporter quelques modifications à mon cours. L'année dernière, vous avez étudié le sortilège du Patronus mais c'était surtout de la théorie. Cette semaine, j'aimerais qu'on apprenne à le maîtriser. Ca vous dit ?
Il y eut un concert d'exclamations ravies dans la classe. Doherty esquissa un sourire rayonnant puis leva une main pour ramener le silence.
- Monsieur ? intervint Lily en levant la main. Le Patronus est un sortilège qui repousse les détraqueurs. Est-ce que nous allons nous exercer sur un véritable détraqueur ?
Cette question provoqua force de réactions de panique que Doherty s'empressa de contenir.
- Bien sûr que non, répondit-il d'une voix rassurante, aucun détraqueur n'entrera jamais dans l'enceinte de Poudlard. D'abord, nous nous exercerons sans l'aide de cible et lorsque vous y arriverez, je me débrouillerai pour trouver quelque chose qui remplacera un détraqueur tout en étant aussi efficace ! Occupez-vous de votre sortilège pour l'instant. Sortez vos baguettes ! Je vais vous rappeler comment procéder. Lupin, vous me servirez de partenaire !
En temps normal, Sirius aurait accueilli cette invitation avec grand plaisir. Il était toujours volontaire pour montrer à toute la classe combien il était le plus doué. Le ton de Doherty avait été tellement cassant cependant qu'il avait eu le sentiment de recevoir une gifle. Il jeta un regard en direction de ses amis, qui lui conseillèrent muettement de se tenir sur ses gardes, surtout Remus qui cachait son visage entre ses mains et observait tout à travers l'écartement de ses doigts.
Lorsque tout le monde fut debout, Doherty agita sa baguette et repoussa toutes les tables contre le mur pour libérer un grand espace au centre de la salle. Ensuite il se plaça au beau milieu de la pièce, face à Sirius, tandis que les élèves firent cercle autour d'eux. Le professeur s'éclaircit la gorge et expliqua d'une voix forte.
- Le sortilège en lui-même est assez facile à créer. Comme vous le savez, le Patronus représente l'alter ego du détraqueur. C'est une entité pleine d'espoir et de pensées positives. Pour le faire apparaître, vous devez vous concentrer sur une pensée agréable. Je vais donc vous demander à tous de vous choisir un souvenir heureux.
Remus, James et Peter échangèrent un regard perplexe tandis que les autres autour d'eux se plongèrent dans leurs pensées. Certains se chuchotaient à l'oreille leurs idées. James crut entendre Lily confier discrètement à Mary qu'elle hésitait entre le jour où Rogue l'avait convaincue qu'elle était une sorcière et son arrivée à Poudlard. A la simple idée que Rogue pût apparaître dans la pensée agréable qui constituerait le Patronus de Lily, James se sentit soudain pris de nausée.
- Qu'est-ce que tu vas choisir, toi ? lui demanda Peter avec curiosité.
James hésita un instant entre le jour où son père lui avait acheté son premier balai sur le chemin de Traverse et celui où il avait gagné son premier match de quidditch, finalement il opta pour ce dernier.
- Et toi tu as trouvé ? questionna alors Peter à Remus.
Remus eut un sourire rêveur. Sans la moindre hésitation, il avait choisi le jour où ses amis étaient venus lui dire qu'ils connaissaient son secret et qu'ils l'aimaient malgré tout. Remus ne se souvenait pas avoir ressenti de plus grande joie que ce jour-là… sauf peut-être le jour où Dumbledore était venu en personne expliquer à ses parents qu'il était prêt à l'accueillir à Poudlard mais cette fois-là la peur de l'inconnu avait empêché Remus de savourer pleinement ce bonheur. Quand il avait avoué la vérité à ses trois amis en revanche, sa joie avait été sans pareil, sans aucune peur, ni autre sentiment parasite. Rien que de la joie.
- Oui je crois, répondit-il à Peter avec un peu de retard.
- Est-ce que tout le monde a son souvenir ? s'enquit Doherty à la cantonade.
Il y eut une vague de « oui » enthousiastes. Le professeur pointa alors sa baguette sur Sirius, qui fronça les sourcils. Qu'avait-il l'intention de lui faire ? Le Patronus n'était pas un sortilège offensif… hormis sur les détraqueurs mais aux dernières nouvelles, il n'avait rien d'un détraqueur. S'imaginait-il que son Patronus allait l'attaquer parce qu'il était un loup-garou ? Curieux de voir ça, Sirius se dressa fièrement face à la baguette de Doherty.
- Une fois que vous avez votre pensée heureuse en tête, expliqua-t-il, vous prononcez distinctement la formule magique. Vous la connaissez : Spero Patronum !
A cet instant, un éclair d'argent jaillit de la baguette du professeur et déferla comme une tornade sur Sirius en prenant soudain la forme d'un grand cheval qui chargea l'adolescent comme un taureau à la corrida. Avant d'avoir pu faire le moindre geste, Sirius se retrouva projeté en arrière et exécuta un vol plané à travers la salle sous les cris des élèves.
Grâce à son habileté, il parvint toutefois à atterrir sur ses pieds mais percuta brutalement le bureau du professeur, dont les yeux flamboyaient de haine. Tandis que Remus vacillait sur ses jambes et avait besoin de l'aide de James et Peter pour ne pas tourner de l'œil, Sirius se redressa vivement en réprimant un grognement de colère. Doherty le regarda avec une satisfaction malsaine, quoiqu'il semblât déçu de n'être pas parvenu à l'expédier à l'infirmerie.
- Voilà ! lança-t-il triomphalement à ses élèves, qui semblaient choqués. Je vous ai montrés cela pour que vous constatiez la puissance d'un Patronus même sans la présence d'un détraqueur. Si votre souvenir est assez fort, il pourra vous sauver la vie dans plus d'une circonstance. Rien de cassé Lupin ? ajouta-t-il d'un ton joyeux pour faire passer la pilule au reste de la classe.
Sirius ouvrit la bouche pour l'insulter mais il croisa au même moment le regard de James qui secoua vivement la tête pour l'inciter à se contenir. Il se contenta alors de hocher la tête en signe de dénégation.
- Magnifique ! commenta Doherty de cette voix insupportablement chaleureuse. Je savais que vous étiez un costaud… bien plus que vous n'en avez l'air. C'est pour ça que c'est vous que j'ai choisi.
- Je vais faire une syncope, gémit Remus d'une petite voix, je sens qu'une catastrophe va se produire.
- Tu dis ça à chaque fois, murmura Peter d'une voix rassurante, ça va aller.
- Monsieur, demanda un élève plein de curiosité, qu'est-ce que vous avez choisi comme souvenir ?
Doherty éclata de rire avant de faire remarquer l'air de rien que c'était une question d'ordre privé. Il se fit néanmoins un plaisir de rappeler à ses élèves qu'il avait sauvé une femme de l'attaque d'un loup-garou sans pitié, qui terrorisait son village.
- Le sourire de reconnaissance de cette femme que j'ai arrachée aux griffes sanglantes de la mort est un souvenir impérissable, acheva-t-il d'une voix rêveuse.
James et Peter levèrent les yeux au ciel tandis que Sirius grimaça comme s'il se retenait pour ne pas vomir. Remus en revanche était trop mal à l'aise pour réagir.
- A vous maintenant, lança tout à coup Doherty d'une voix éclatante.
Sirius ne se le fit pas dire deux fois et leva sa baguette. C'était l'occasion ou jamais de remettre ce sale type à sa place. James et lui maîtrisaient déjà le sortilège du Patronus. Il allait en mettre plein la vue à Doherty, qui serait obligé de lui accorder des points à Gryffondor devant tout le monde.
- Spero Patronum !
Un filet d'argent sortit de sa baguette et prit une vague forme d'animal mais celle-ci s'estompa avant même d'avoir touché le sol. Sirius regarda sa baguette incrédule comme si elle était responsable de cet échec. Doherty en revanche parut ravi.
- Eh bien, lança-t-il d'une voix doucereuse, on dirait que vos souvenirs heureux ne sont pas assez forts monsieur Lupin. Peut-être sont-ils entachés par certaines… choses.
Sirius comprit aussitôt ce qu'il voulait dire et lui lança un regard de haine. Comment Remus pouvait-il rester si calme en temps normal alors qu'il subissait ce traitement tous les jours ? Sirius, lui, avait déjà envie de tout casser. C'était tellement injuste, tellement mesquin.
Et dire qu'il avait toujours éprouvé un certain respect pour le professeur Doherty. Tant que ce n'était pas directement à lui que s'adressaient les vexations et que Remus semblait bien les prendre, il n'en avait pas mesuré l'ampleur. A présent qu'elles pleuvaient sur lui, il comprenait pourquoi Remus se sentait toujours si mal à l'approche des cours de DCFM. C'était tout simplement invivable.
- Dispersez-vous dans toute la salle ! lança Doherty au reste de la classe. N'essayez pas d'envoyer votre Patronus sur votre voisin, ce n'était qu'une démonstration. Contentez-vous de le faire apparaître… ce qui, je pense, ne se produira pas aujourd'hui.
- Sirius, chuchota James à son oreille.
Sirius tremblait d'une telle rage que l'extrémité de sa baguette crépitait dangereusement.
- Calme-toi s'il te plaît ! lança James en le secouant légèrement par les épaules pour le ramener sur terre. Souviens-toi de qui tu es… du moins qui tu es censé être.
- Je connais le sortilège du Patronus, siffla-t-il en se tournant vers ses amis, pourquoi est-ce que ça n'a pas marché ?
- Peut-être que ton souvenir n'était pas assez fort, suggéra Peter.
- Ou que tu t'es laissé submerger par la colère, supposa Remus à juste titre. Si tu avais envoyé Doherty dans le décor comme il vient de le faire avec toi, tu aurais encore plus d'ennuis. De toute façon, ça me ressemble plus de ne pas y arriver du premier coup.
Il esquissa un sourire mais Sirius vit bien que ses yeux brillaient de larmes. Il avait eu sincèrement peur pendant toute la durée de la démonstration, sans compter qu'il avait dû à nouveau encaisser pour lui les perfidies sur les loups-garous.
- Comment ? murmura Sirius en respirant à fond pour retrouver son calme. Comment peux-tu supporter ça tous les jours ? C'est intolérable.
- Il m'a fallu du temps, confessa Remus d'une voix blanche, mais je sais que si je m'opposais à lui, il ferait de ma vie un enfer.
- Parce que tu trouves que ce n'est pas déjà le cas ? s'étrangla Sirius.
- Oh je pense… qu'il est capable de bien pire, dit Remus d'une voix rauque.
Comme s'il l'avait entendu de loin, Doherty, qui corrigeait Lily et Mary en plein essai, se tourna soudain vers les deux garçons et leur adressa un sourire à faire froid dans le dos.
oOoOoOo
A l'exception des Maraudeurs, toute la classe sembla d'accord pour affirmer que ce cours sur les Patronus était l'un des meilleurs qu'ils avaient eu depuis le début de l'année. Le sujet passionnait tout le monde. Rares étaient ceux qui étaient parvenus à créer un Patronus corporel… seul James à vrai dire qui avait émerveillé tout le monde en matérialisant un grand cerf lumineux qui gambada dans toute la classe. Doherty en avait été tellement enchanté qu'il avait accordé dix points à Gryffondor avant d'encourager vivement le reste de la classe à prendre exemple sur lui.
Le fait que James Potter fût ami avec l'élève qu'il abhorrait pas dessus tout ne l'empêchait pas de beaucoup l'apprécier. Doherty avait toujours considéré James et Sirius comme ses deux préférés et déplorait de les voir si entichés d'un loup-garou. Il aurait mieux aimé que ses deux plus brillants élèves prennent conscience que Lupin n'était qu'un animal, indigne de leur attention, et le laissent déprimer dans son coin.
- C'est le sortilège le plus difficile qu'on nous a jamais appris, commenta Peter à la sortie du cours, il va me falloir bien plus qu'une semaine pour le maîtriser.
- Trouve-toi peut-être un souvenir plus efficace, conseilla Sirius qui avait un peu décoléré une fois que Doherty ne s'était plus occupé de lui.
- Je ne pense pas pouvoir en trouver de meilleur, marmonna Peter en rougissant tout à coup. J'ai choisi le jour où on a dit à Remus qu'on savait pour lui… ce jour-là on s'est tous promis d'être amis pour la vie.
James plaqua ses mains l'une contre l'autre en battant des cils pour faire mine d'être ému aux larmes avant d'éclater de rire mais Remus, lui, parut excessivement touché.
- Tu sais quoi, avoua-t-il à Peter, toi et moi on a choisi le même souvenir.
Le visage de Peter s'éclaira en un large sourire et tous les deux cognèrent leur poing l'un contre l'autre en signe de complicité. James cessa alors de ricaner.
- Tout cela est très touchant, commenta Sirius d'un ton pressé, mais il faut que je vous laisse. J'ai ma retenue avec Doherty qui m'attend et je préfère ne pas arriver en retard si je ne veux pas qu'il m'enlève les points que James nous a glorieusement gagnés.
James eut un sourire radieux puis lui adressa un signe de la main avant de se diriger vers le terrain de quidditch pour l'entraînement.
- Je vous rejoins dès que j'aurais terminé de faire briller la salle des trophées, promit Sirius avec détermination.
Remus partit alors de son côté. N'ayant pas oublié qu'il voulait réviser avec Lily les sortilèges d'allégresse, il décida d'aller voir si elle ne travaillait pas à la bibliothèque. En temps normal, Peter l'aurait accompagné mais ce soir-là, il n'oubliait pas qu'il avait une autre tâche à accomplir. Il salua tout le monde à son tour et prit le chemin du parc de Poudlard d'un pas décidé.
Il n'eut aucun mal à trouver les premières années de Poufsouffle et Serdaigle qui se livraient tous ensemble à un ballet aérien plus ou moins gracieux, sous l'œil de faucon de Madame Bibine. En revanche il serait plus délicat de repérer Viviane Wood. Peter ne savait pas du tout à quoi elle pouvait bien ressembler. Il se tint donc à proximité des élèves et tendit l'oreille pour essayer d'entendre si quelqu'un n'allait pas l'appeler par son nom. Par bonheur, quelques instants avant de mettre fin à la séance, madame Bibine conseilla à une certaine Wood de faire attention à sa posture si elle ne voulait pas glisser de son balai. Peter vit alors une petite blonde se redresser autant que possible et manquer de peu de tomber au passage.
Quelques minutes plus tard, Madame Bibine libéra tout le monde et la petite blonde s'empressa de redescendre sur la terre ferme et de récupérer son sac avant de s'éloigner avec une bande de copines. Saisi d'un coup de trac car il ne savait toujours pas comment l'aborder, Peter prit une profonde inspiration et partit à l'assaut.
- Viviane Wood ? lança-t-il aussitôt en se dressant devant les filles qu'il dépassait à peine à cause de sa petite taille.
Les quatre filles s'immobilisèrent et trois têtes se tournèrent vers la fameuse blondinette qui parut très surprise.
- Oui ?
- Bonjour, répondit Peter en essayant de paraître sûr de lui, je m'appelle Peter Pettigrow, je suis un élève de Gryffondor.
- Peter Pettigrow ? répéta Viviane en écarquillant les yeux. L'ami de James Potter et Sirius Black ?
Peter était habitué à entendre cela mais de la part d'une première année d'une autre maison que la sienne, c'était toujours un peu déboussolant. Le jeune homme se contenta d'acquiescer avec un sourire un peu gêné.
- Oui c'est ça, dit-il précipitamment, certains élèves se sont portés volontaires pour chaperonner les premières années à l'approche des examens et… on m'a désigné pour m'occuper de toi.
Viviane échangea un regard dubitatif avec ses camarades, qui haussèrent les épaules pour montrer que cette mesure ne leur disait rien.
- Je n'ai pas besoin d'aide, dit-elle en fronçant légèrement les sourcils.
- Certainement, lança Peter, ce n'est pas forcément pour les élèves en difficulté. Les professeurs pensent que c'est bénéfique pour les premières années d'avoir un élève plus âgé pour les aider à faire leurs devoirs ou réviser leurs leçons. Si tu ne veux pas, ce n'est pas grave, je comprendrais.
- Oh après tout pourquoi pas ? fit Viviane en haussant les épaules. Mais tu es à Gryffondor, non ?
- Et alors ? C'est une bonne chose de mélanger un peu les maisons, tu ne crois pas ?
Viviane acquiesça d'un signe de tête.
- D'accord, fit-elle, alors on peut commencer tout de suite. Tu es fort en sortilèges ?
Peter déglutit avec difficulté. Il n'avait pas songé à cela en sortant son stratagème mais s'il voulait chaperonner cette fille, il avait intérêt à être à la hauteur.
- Euh oui bien sûr, répondit-il en priant pour avoir l'air convaincant.
- Tant mieux ! s'exclama vivement la jeune fille. Parce que je dois apprendre à maîtriser les sortilèges de lévitation pour jeudi et j'ai un peu de mal.
Les sortilèges de lévitation, ce n'était pas sa spécialité. Remus avait passé des heures à l'aider à s'exercer en première année mais au final, il y était parvenu. L'enseigner à quelqu'un d'autre ne devait pas être impossible.
- Aucun souci, je vais te montrer, dit-il en l'entraînant à l'écart, où est-ce qu'on peut s'installer ? Les salles communes sont exclues puisqu'on ne fait pas partie de la même maison mais vu qu'il fait beau, on peut rester dehors.
Viviane trouva l'idée excellente et se hâta de saluer ses copines pour suivre Peter sous le grand chêne où il venait souvent traîner avec ses amis en dehors des cours. Peter n'en croyait pas sa chance. Il s'en était bien sorti. En quelques mots, il avait réussi à prendre le plus important témoin à part pour l'interroger en douce. James et Sirius seraient fiers de lui.
Ainsi pendant que Peter cuisinait le témoin tout en révisant ses sortilèges de lévitation, que James volait après le vif d'or et que Sirius astiquait des trophées en argent sous l'œil attentif de Rusard, Remus cherchait Lily à la bibliothèque. La jeune fille n'y était pas, ni Mary, ni Jane d'ailleurs.
Il supposa que la jolie rousse avait dû plutôt aller travailler dans la salle commune quoi qu'il ne fût pas toujours évident de s'y concentrer. L'espace d'une seconde il songea à aller la rejoindre mais la paresse l'en dissuada. A présent qu'il était à la bibliothèque, il n'avait pas envie d'en bouger. A la place, il décida d'en profiter pour mettre de côté les sortilèges d'allégresse et reprendre plutôt les recherches afin de retrouver son corps et rendre le sien à Sirius.
Il décida de changer d'angle d'attaque. Depuis le début il avait réfléchi à une solution qui nécessiterait la manipulation de l'âme mais n'était-ce pas une forme de magie beaucoup trop complexe voire même maléfique comme l'avait prouvé le rituel qu'ils avaient tenté la veille sans succès ?
Remus tenta alors d'aborder le problème sous un angle plus simple. Le phénomène s'était produit à la suite d'une erreur dans la préparation du Polynectar, peut-être fallait-il donc éplucher tous les documents concernant le Polynectar pour voir s'il n'existait pas un remède en cas de défaut dans la potion.
Remus parcourut alors les étagères de potion à la recherche de tous les livres possibles sur le sujet. Cette quête l'absorba tellement qu'il ne prit pas garde aux élèves qui l'épiaient. Du reste, il avait perdu son instinct de loup. Il ne sentit donc pas le danger arriver. Lorsqu'il sentit l'extrémité d'une baguette s'enfoncer brusquement entre ses omoplates, il en fut si surpris qu'il faillit pousser un cri de terreur. Il se retint juste à temps cependant. Une voix féminine lui susurra à l'oreille.
- Il faut qu'on parle. Suis-nous sans faire d'histoires sinon ça va mal aller !
Remus ne reconnut pas la voix mais lorsque la fille abaissa lentement sa baguette et qu'il fit volte-face, il vit Narcissa Black, l'une des cousines de Sirius. Sa sœur Bellatrix attendait un peu plus loin en faisant mine de s'intéresser à un livre sur les enchantements. Dès qu'elle vit celui qu'elle prenait pour son cousin s'avancer vers elle, elle referma l'ouvrage d'un claquement sec et l'abandonna sur la table la plus proche, un sourire très inquiétant sur les lèvres.
Tout en essayant de réprimer les frissons qui lui parcouraient l'échine du dos, Remus comprit qu'il ne servait à rien d'essayer de fuir et saisit son sac pour quitter la bibliothèque en compagnie des deux filles d'un pas digne. Sirius en aurait fait autant.
- Où est-ce que vous m'emmenez ? demanda-t-il d'une voix faussement dégagée.
- Dans un endroit tranquille où on pourra discuter, répondit Bellatrix avec une simagrée malicieuse qui n'augurait rien de bon.
Remus frissonna de plus belle, convaincu qu'il se jetait dans un beau guêpier. Une intuition lui suggéra de s'enfuir en courant. Lorsque les filles le firent tourner à un croisement, il amorça un geste pour prendre l'autre direction mais elles sortirent toutes deux leurs baguettes avec une rapidité alarmante et la braquèrent sur lui d'un même mouvement.
- Tu viens avec nous mon mignon, ordonna Bellatrix d'un ton ferme.
Remus n'avait pas le choix. Impuissant, il se laissa escorter en essayant de ne pas songer à ce qui l'attendait.
Au même moment, dans une toute autre partie du château, Lucius Malefoy parcourut la salle commune des Serpentards d'un pas de conquérant et s'arrêta à la table où Rogue faisait ses devoirs, dans le coin le plus isolé, sans rien demander à personne.
Celui-ci l'avait senti venir. Il l'avait vu de loin entrer dans la salle avec l'impression de chercher quelque chose. Il ne leva pas la tête du parchemin, qu'il avait abondamment noirci de son écriture petite et serrée, lorsque Malefoy s'arrêta juste à côté de lui. Ce dernier ne se racla pas la gorge pour attirer son attention, ne lui posa pas de main sur l'épaule pour le secouer, ne le força en aucune façon à lever la tête vers lui. Sachant qu'il avait déjà l'attention de Rogue, il se contenta de laisser tomber ces mots.
- Ca te dirait de prendre ta revanche sur Sirius Black ?
Rogue cessa aussitôt de gratter le parchemin avec sa plume et leva lentement la tête pour poser ses yeux noirs insondables sur Lucius Malefoy, qui souriait de toutes ses dents. L'ombre d'un sourire passa également sur le visage de Rogue.
Et voilà un chapitre qui s'achève sur plusieurs questions : que va donner l'enquête de Peter auprès de la Poufsouffle ? Et surtout que va-t-il arriver à ce pauvre Remus ? Le prochain chapitre sera placé sous le signe de l'action.
J'espère que celui-ci vous a plu, n'hésitez pas à me laisser une review ! Merci d'avoir lu
