Salut à tous, désolée pour ce léger retard mais pas de panique, voici la suite de cette palpitante (mdrr) aventure.
Merci à vampirefell et Holmes11 pour leurs reviews.
Je vais vous faire une confidence : je suis extrêmement superstitieuse vis-à-vis du chiffre 13, j'ai tendance à avoir peur qu'il se passe quelque chose de terrible quand je suis confrontée à ce chiffre. Etant donné que c'est le 13ème chapitre, j'espère que ce sera plutôt une bonne chose.
Pour répondre à la review de Holmes11 : effectivement depuis quelques chapitres j'ai mis tous les persos au yoga, ce doit être à force de réviser les sortilèges d'allégresse. Cependant après un chapitre comme celui qui arrive, je doute qu'ils soient encore aussi zen lol mais je n'en dis pas plus. Eh oui Remus a le chic pour s'attirer des ennuis, le pauvre. En plus, c'est Sirius qui devrait être à sa place. Mais bon, l'avantage c'est que ça donne un chapitre essentiellement centré sur Remus ^^.
Bonne lecture, en espérant que cette fic vous plaise toujours !
Chapitre 13 : La riposte de Serpentard
On emmena Remus dans une salle de classe vide où se trouvaient déjà quelques mauvaises graines de Serpentard tels que Lestrange, Avery et Rosier pour ne citer qu'eux. Sans aucun cérémonial, Remus fut poussé contre une chaise et ligoté solidement au moyen d'un sortilège.
Cela faisait très film d'espionnage, songea Remus, notamment pendant la scène classique de la séance de torture. A sa grande horreur, s'il ne se trompait pas, il se trouvait à la mauvaise place. Qu'est-ce que cette brochette de psychopathes en puissance pouvaient bien lui vouloir ? Cela ne pouvait que concerner l'escapade nocturne de Sirius le samedi soir précédent. Les Serpentards redoutaient-ils qu'il eût appris quelque chose de compromettant ? Avaient-ils compris qu'il s'était mis à mener l'enquête ? Allaient-ils chercher à l'en dissuader ou à savoir s'il avait déjà découvert quelque chose ?
Une chose était sûre : ils ne l'avaient pas attaché là pour lui demander un renseignement à propos des cours. Misère, c'était bien sa veine d'être dans le corps de Sirius ! C'était son ami qui jouait les super héros mais c'était lui qui payait les pots cassés. Quelle injustice !
Lorsque Lucius Malefoy entra suivi de Rogue, Remus comprit que les choses n'allaient vraiment pas bien pour lui. Peut-être aurait-il dû faire comme dans ce livre dont il avait oublié le titre mais dont il se souvenait des espions qui s'empoisonnaient juste avant d'être capturés pour échapper à la torture. Piégé pour piégé, il n'était plus tenu à rien. Aussi interpela-t-il Rogue sitôt qu'il le vit.
- Tu t'es laissé convaincre de les aider alors ? Très mauvais calcul, Rogue. Tu ne peux pas faire confiance à ces gens.
Rogue s'immobilisa de stupeur en entendant ce langage et leva un regard surpris vers Malefoy. Celui-ci haussa les épaules d'un air dégagé.
- Ne l'écoute pas ! Il essaie de t'influencer.
Rogue parut toujours un peu méfiant mais ne dit rien et s'assit sur une table un peu en retrait. Malefoy sortit sa baguette et s'en servit pour repousser les mèches qui tombaient négligemment devant les yeux de Remus.
- Tu fais moins ton fier, Black, railla-t-il. Ce n'est plus aussi évident de crâner quand on est dans cette position.
- Au contraire, c'est très facile, regarde !
D'un geste expert, comme il avait souvent vu Sirius le faire autrefois, il exécuta un mouvement de tête pour rejeter ses mèches en arrière sans l'aide de ses mains comme s'il tournait une publicité pour du shampooing. La plaisanterie n'amusa personne.
- C'est plus fort que toi, gronda Malefoy, même dans les pires situations il faut toujours que tu fasses ton intéressant.
- Je préfère prendre ça avec le sourire, répondit Remus quoiqu'il se retînt à grand peine pour ne pas crier de panique, vous me séquestrez et vous m'encerclez à cinq contre un.
- Maintenant tu sais ce que ça fait, ne put s'empêcher de lancer Rogue qui était très habitué à voir tomber sur lui quatre personnes alors qu'il était seul.
- Qu'est-ce que vous me voulez ? s'enquit Remus en ignorant Rogue.
Malefoy s'approcha de lui un peu plus près.
- Tu traînais autour de nous samedi dernier, déclara-t-il d'un ton menaçant, tu m'as attaqué dans le dos avant de me mettre sur le chemin de Rusard pour que je me fasse prendre.
Il y eut un murmure mécontent dans la petite assemblée. Remus garda une mine neutre, après tout lui n'avait rien à se reprocher.
- Et pour finir, tu as eu le culot de me voler ma carte, conclut Malefoy d'un ton accusateur.
- Pardon ? fit Remus incrédule. C'est quoi cette histoire ?
- Ne fais pas l'innocent ! gronda Malefoy en abandonnant son ton sarcastique au profit d'une voix beaucoup plus impatiente. Je te parle de la carte qui m'a permis de repérer ta présence. J'ai interrogé Regulus et il m'a dit que c'était toi qui me l'avais volée. J'aimerais bien la récupérer maintenant.
- Regulus t'a peut-être dit n'importe quoi sous la menace, objecta Remus.
- Je n'ai pas eu besoin d'y avoir recours avec lui, rétorqua Malefoy, il s'est mis à table sans faire d'histoires.
- Oui lui c'est un gentil cousin contrairement à toi, lança Bellatrix avec un sourire terrifiant.
Il y eut un silence très éphémère mais d'une lourdeur atroce. On eût dit que les murs allaient se replier sur les occupants de la salle comme les pétales d'une fleur. Malefoy prit une profonde inspiration et reprit la parole d'une voix parfaitement calme.
- Qu'as-tu fait de ma carte, Black ? demanda-t-il paisiblement.
- Je ne vois pas de quoi tu veux parler, répondit Remus d'un ton égal.
Malefoy échangea un regard éloquent avec ses complices. Tous esquissèrent un sourire de très mauvais augure. Malefoy se tourna alors vers Rogue pour l'inviter à faire ce pourquoi il avait été convié à cet entretien privé. Rogue ne se le fit pas dire deux fois et leva sa baguette magique pour prononcer cette formule terrible.
- Endoloris.
Remus eut l'impression que l'éclair qui jaillit de la baguette de Rogue mit une éternité à le percuter, un laps de temps pendant lequel il se remémora vaguement la sensation du sortilège Doloris. On le lui avait jeté une fois dans sa vie, une seule et unique fois lorsqu'il était petit. C'était au cours d'une pleine lune. Il n'avait pas toute sa raison pourtant la douleur avait été si atroce qu'elle l'avait marqué et qu'il se l'était rappelée même lorsqu'il avait retrouvé sa forme humaine le lendemain matin.
C'était peut-être la pleine lune dont il se rappelait le mieux d'ailleurs, l'une des seules où il y avait quelque chose à retenir : la cage qui avait cédé malgré les sortilèges de protection, la panique de son père. Ce dernier avait essayé tous les sortilèges possibles pour l'arrêter mais rien ne semblait pouvoir maîtriser un loup-garou déchaîné. En désespoir de cause, il avait eu recours au sortilège impardonnable. Celui-là avait fait effet. Son père avait sauvé le village ce soir-là grâce à cet horrible maléfice mais il s'en était terriblement voulu d'infliger un tel traitement à son fils.
Cela s'était produit des années auparavant. Le temps avait atténué les effets de la douleur dans son esprit. Lorsque le sortilège Doloris de Rogue l'atteignit, Remus réalisa alors que c'était mille fois pire que dans ses cauchemars. Aucune partie de son corps n'était épargnée. Pendant la durée interminable de ce supplice, Remus ne se souvint plus de l'endroit dans lequel il se trouvait, ni même de son nom, encore moins de ce qu'on attendait de lui. Il n'était plus capable de songer clairement. Il ne put que hurler de toute la force de ses poumons, hurler comme il n'avait jamais hurlé de sa vie, pas même un soir de pleine lune.
Dans son malheur, Remus eut la chance de voir le supplice s'achever rapidement. Au bout de quelques secondes, qui parurent tout de même des heures, Rogue leva le sort.
- Où est ma carte ? interrogea Malefoy d'un ton impérieux.
La douleur chassa en une fraction de seconde l'éternelle patience de Remus pour ne laisser en lui qu'une rage incommensurable. Il s'entendit faire une réponse d'une vulgarité qui ne lui ressemblait absolument pas, incapable de se contrôler. Les oreilles de Malefoy en furent si choquées qu'il fit un pas de recul avant de riposter aussitôt par le maléfice de souffrance. Remus recommença à se tordre de douleur en s'agitant comme un dément, retenu par les cordes qui semblaient prêtes à céder sous la violence de ses mouvements.
- Je ne te le dirai encore qu'une fois, Black, siffla Malefoy à bout de patience, je veux ma carte.
- Je ne l'ai pas ! s'époumona Remus le visage inondé de larmes de douleur.
- Alors dis-moi où tu l'as cachée ! exigea Malefoy tandis que les sœurs Black lui lançaient le sortilège Doloris par à-coup à chaque mot que le grand blond prononçait.
Remus ne parla pas. Il était trop accoutumé à souffrir pour céder si facilement. Sirius avait insisté sur l'importance de conserver la carte, de ne la restituer aux Serpentards sous aucun prétexte. Il n'allait pas lâchement la leur rendre.
Par ailleurs, si Rogue s'amusait beaucoup à malmener Sirius de la sorte, il ne comprenait pas très bien l'enjeu de ce qui se tramait.
- Quelle est cette histoire de carte ? s'enquit-il les sourcils légèrement froncés.
- C'est un objet d'une grande puissance magique que l'on m'a confié, lui expliqua Malefoy gravement, je dois la rendre à son propriétaire après… bref j'en ai besoin.
Soudain il vint à Remus l'envie de lui répondre insolemment qu'il n'avait qu'à faire un peu plus attention à ses affaires mais il savait très bien ce que lui coûterait cette remarque et préféra garder le silence. Bellatrix s'avança vers lui d'un pas menaçant et plaqua l'extrémité de sa baguette sur son front pour l'obliger à relever la tête comme s'il s'agissait d'une flèche avec laquelle elle aurait voulu lui transpercer le crâne.
- Il ne dira rien, cracha-t-elle avec une pointe de dégoût, je le connais.
- Ah on joue les durs à cuire, Black ! gronda Malefoy. Ca ne m'étonne pas de toi. Ce n'est pas grave, j'ai tout mon temps. Tu finiras par cracher le morceau.
- Doucement quand même avec le sortilège Doloris ! prévint Narcissa. Il paraît que ça grille les neurones à la longue.
- Ah oui ? fit Bellatrix très intriguée. Excellent !
- De toute façon, il n'y a aucun risque avec Black, rétorqua Rogue en lui lançant un sourire goguenard. Il n'a aucun neurone à griller.
Remus ressentit pour Rogue une haine comme il n'en avait jamais éprouvée pour quiconque auparavant. S'il avait eu l'usage de ses membres, il se serait jeté sur lui pour l'étrangler sauvagement. Malefoy avait écouté avec attention les paroles de Narcissa et semblait sceptique à présent sur le traitement à lui infliger. Le sortilège Doloris ne fonctionnait pas aussi bien qu'il l'avait espéré.
- Assez rigolé Black ! lança-t-il en crispant sa main sur sa baguette. J'ai été trop indulgent avec toi. Soit tu me donnes ma carte, soit tu recevras un sort qui t'offriras un aller simple pour Saint Mangouste.
Remus garda le silence et le toisa d'un air de défi persuadé qu'il bluffait. Si le sortilège Doloris n'avait pas porté ses fruits, que pouvait-il faire de plus sinon l'Avada Kedavra ? Il était impensable qu'il le tue évidemment, même si ce n'était peut-être pas l'envie qui lui manquait. Il essayait simplement de l'intimider. Cela ne prenait pas.
- Je demande à voir, lança Remus en s'autorisant un sourire narquois.
- Espèce de…
- Tu peux dire adieu à ta précieuse carte, ajouta Remus en réprimant un rire nerveux.
- Stop ! s'écria tout à coup Rogue en voyant Malefoy lever sa baguette d'un air menaçant. Je vais le faire parler.
Malefoy abaissa aussitôt sa baguette et lança à Rogue un regard interrogatif. Celui-ci chercha dans son sac de cours et en tira à la stupéfaction générale un petit flacon contenant un liquide clair comme de l'eau.
- C'est quoi ça ? interrogea Bellatrix d'un ton méprisant comme si elle trouvait l'usage des potions passablement ringard.
- C'est du Véritasérum, répondit tranquillement Rogue en prenant place face à Remus qui devint blême. Quelques gouttes devraient suffire à lui délier la langue.
- Où as-tu eu ça ? s'étrangla Malefoy.
- Je l'ai fabriqué, répliqua Rogue d'un ton égal, ce n'est pas très compliqué.
C'était bien sûr d'une complexité sans nom mais Rogue ne pouvait résister à l'envie de se mettre en avant pour une fois qu'il avait toutes les cartes en main.
- Comment ? s'énerva Malefoy. Tu as ça sur toi depuis le début et tu nous laisses perdre notre temps ? Pourquoi tu ne l'as pas dit tout de suite ?
- Je ne voulais pas me priver du plaisir de lancer un sort à Black, trancha Rogue avec un sourire mauvais.
Remus lui aurait balancé un flot d'injures s'il n'avait pas été tout à coup terrifié. Il pouvait jouer les durs face au sortilège le plus douloureux du monde mais il ne savait que trop bien que toute la meilleur volonté du monde ne pourrait l'emporter sur le Véritasérum. Ce n'était plus la protection de la carte qui l'importait à présent. Sous l'influence de cette potion du diable, il pouvait révéler qu'il n'était pas Sirius Black, qu'il était en réalité Remus Lupin, le loup-garou caché de Poudlard. Son cœur faillit s'arrêter de battre à cette pensée. Non, il ne devait sous aucun prétexte boire cela.
- Arrête ! glapit-il en voyant Rogue approcher la fiole de son visage pour lui faire tomber quelques gouttes dans la bouche. Ca suffit, tu as gagné !
Jamais Rogue n'avait eu d'expression plus triomphale. Il se tourna vers ses condisciples de Serpentard en quête d'éloges. Tous semblaient en effet suffoqués par cette efficacité soudaine.
- Tu vas me dire où est ma carte maintenant ? s'enquit Malefoy sans y croire.
- Elle est dans la tour de Gryffondor, grommela Remus en baissant la tête, vaincu.
- Je m'en doutais, siffla Malefoy, rends-la moi !
- Je vais te la chercher.
- On t'accompagne, déclara Malefoy décidé. Prenez-lui sa baguette !
Rogue se fit un plaisir de fouiller dans les poches de son vieil ennemi et de la lui confisquer. Après de nouvelles menaces, Malefoy lui défit ses liens et les Serpentards le suivirent jusqu'à la tour de Gryffondor. Arrivés devant le portrait de la grosse dame, qui observa tout ce monde inconnu d'un œil perplexe, les Serpentards n'eurent d'autre choix que celui de laisser Remus monter seul.
- Tu as intérêt à revenir, prévint Bellatrix en le menaçant avec sa baguette, sinon on fera un feu de joie avec ta baguette magique.
- Tu vas devoir me la rendre, riposta Remus en tentant un coup de poker, j'en ai besoin si je veux récupérer la carte.
- Tu te fiches de nous ou quoi ?
- On l'a planquée dans une malle qu'on a verrouillée avec une formule magique, précisa Remus en essayant de paraître convaincant.
C'était tellement plausible que Malefoy se laissa prendre.
- Rends-lui sa baguette, Bellatrix !
- Il va essayer de nous doubler, maugréa celle-ci qui ne pouvait se résoudre à obéir.
- S'il fait ça, il en cuira à ses amis, rétorqua Malefoy du tac au tac. On commencera sûrement par Pettigrow… ou Lupin. Il serait tellement facile de les prendre par surprise… exactement comme toi, Black.
Remus lui lança un regard assassin, que l'autre soutint sans une once d'hésitation.
- Si je vous ramène cette fichue carte, vous nous laisserez tranquille ?
- Mais certainement, répondit Malefoy d'une voix paisible.
Remus n'avait pas le choix, Bellatrix non plus. A contrecœur elle lui rendit la baguette.
- Je vais chercher la carte, dit Remus au prix d'un effort méritoire. Eloignez-vous que je dise le mot de passe pour entrer.
- On reste dans le coin, lança Malefoy, on t'attend.
Une fois de l'autre côté du portrait, Remus se précipita dans son dortoir et sortit la carte cachée dans la valise de Sirius en même temps qu'il réfléchissait à toute vitesse à une parade. Que pouvait-il faire à présent ? La redonner ? Sirius n'approuverait jamais.
D'un autre côté, il n'allait pas pouvoir rester cloîtré dans la tour indéfiniment. Les Serpentards semblaient fichtrement motivés à récupérer cette maudite carte. Ils ne reculeraient devant rien, surtout pas si près du but. S'il tardait à revenir avec ce qu'ils demandaient, Remus ne doutait pas que Malefoy et Bellatrix s'attaqueraient sans pitié à d'innocents Gryffondor pour l'exemple.
Cependant dès qu'ils seraient en possession de cet objet compromettant, les Serpentards verraient tout de suite qu'il n'était pas Sirius. Leur redonner la carte était trop risqué, la garder l'était tout autant. Il fallait trouver un compromis, une idée qui réduirait cette menace à néant.
Frappé par une idée complètement folle mais qui pouvait marcher, Remus redescendit avec la carte et ressortit de la tour pour retrouver les Serpentards. Fidèles à leur parole, les serpents n'avaient pas bougé du couloir. Ils attendaient sagement comme des fauves aux aguets et se mirent aussitôt sur le qui-vive, baguettes en main, dès qu'ils aperçurent leur proie.
- Donne ! ordonna impérieusement Malefoy en tendant la main.
Remus commit alors ce qui était peut-être l'acte le plus téméraire et le plus stupide de sa vie. Il tendit la main à son tour pour rendre le parchemin mais le lança en l'air au dernier moment. Celui-ci décrivit une courbe dans les airs, comme une feuille d'automne portée par une légère brise.
- Imbécile ! invectiva Malefoy en levant sa baguette magique.
Il voulut lancer un sortilège d'attraction pour faire venir la carte à lui mais Remus, qui avait préparé son coup, fut plus rapide :
- Incendio !
Le parchemin partit en fumée dans un crépitement de flammes.
- Non ! tonna Malefoy épouvanté.
Il foudroya Remus d'un regard de dément. Si celui-ci échappait à la colère des Serpentards, ce qui n'était pas encore sûr, il essuierait probablement celle de Sirius de surcroît. Pour l'heure, il fallait au moins échapper aux Serpentards. Ces derniers réagirent tous tels un seul homme. Les sortilèges divers fusèrent de toutes parts et transformèrent le couloir en un véritable feu d'artifice. Remus ne chercha pas à contre-attaquer. Tout en essayant de dresser un bouclier autour de lui, il se mit à courir vers la fenêtre la plus proche.
C'était une folie, il le savait mais il n'eut pas le temps d'y songer sur le moment. L'instinct de survie avait pris le dessus. D'un sortilège, il fit voler la vitre en éclat avant de se jeter dans le vide comme s'il sautait d'un plongeoir pour atterrir dans une piscine. A ceci près que ce n'était pas un bassin d'eau, qui l'attendait en bas mais le vide. Remus eut juste le temps d'entendre quelqu'un, Narcissa ou Bellatrix, une voix de fille en tout cas, s'écrier d'une voix étranglée : « Mais il est cinglé ! » puis ce fut la chute.
Contrairement à ce que laissait croire son acte d'une audace frôlant la folie, Remus n'avait pas cherché à mettre fin à ses jours. Tout en priant pour maîtriser la situation aussi bien qu'il l'espérait, il brandit sa baguette sitôt que ses pieds ne touchèrent plus terre et hurla aussi fort que possible.
- Accio Astiqueur 3 !
La fenêtre de son dortoir n'était pas éloignée de celle qu'il venait de franchir et effectivement, quelques secondes plus tard, Remus vit une seconde fenêtre se briser au dessus de sa tête et l'Astiqueur 3 qu'il avait acheté à Pré-au-Lard fonça vers lui comme un javelot. Partagé entre la peur de la chute qu'il se payait, l'allégresse d'avoir réussi son sortilège et l'adrénaline, Remus attrapa le balai au vol et l'enfourcha en pleine course verticale. Il parvint à rétablir son équilibre et sa situation à une quinzaine de mètres du sol. Quelques élèves, qui se promenaient dans le parc de Poudlard, avaient assisté à la scène et le regardèrent atterrir, incapables d'en croire leurs yeux.
Remus avait été tellement bouleversé par la mésaventure qu'il venait de vivre depuis son enlèvement à la bibliothèque jusqu'à cette évasion extraordinaire, qu'il ne parvint pas à atterrir avec élégance. Sitôt que ses pieds rencontrèrent à nouveau la terre ferme, ses jambes se dérobèrent sous leur poids et il s'effondra la tête la première sur la pelouse du parc. Il s'en était fallu d'un cheveu pour qu'il finisse sa course dans le Saule Cogneur. C'eût été le bouquet.
Remus resta quelques secondes étalé dans l'herbe, son balai dans une main, sa baguette dans l'autre, le teint d'une pâleur maladive, le cœur jouant du tambourin et la respiration sifflante. Avec beaucoup de mal, il essaya de rassembler ses esprits et de faire le point. La carte magique de Malefoy était en cendres, les Serpentards allaient donc le réduire en bouillie à la première occasion, ainsi que ses amis, cela va sans dire. Rogue les avait rejoints apparemment. Cela signifiait que leur plan allait certainement aboutir. Il fallait prévenir James et les autres.
Au prix d'un effort exceptionnel, le brave Remus parvint à se remettre sur ses jambes et se dirigea le plus vite possible vers le terrain de quidditch dans l'espoir d'y trouver James.
Et voilà nous arrivons au bout de ce chapitre épique (pour Remus du moins). Qui a dit que le fait de ne plus être un loup-garou l'avait rendu impotent ? On a bien de la graine d'auror là.
J'ai prévu beaucoup de choses pour le prochain chapitre. Entre les investigations de Peter et les mésaventures de Remus, les Maraudeurs ont besoin d'une petite réunion pour faire le point. L'enquête avance donc.
Merci beaucoup d'avoir lu, j'espère que ça vous a plu, n'hésitez pas à commenter !
