Bonsoir à tous, désolée pour ce retard mais avec les fêtes et tout, j'ai mis un peu plus de temps que d'habitude à terminer de peaufiner le chapitre. Le voilà tout prêt à présent ^^
Je suis agréablement surprise par le nombre de reviews obtenues sur ce chapitre. Merci beaucoup à vampirefell et Holmes11 pour leur fidélité ainsi qu'à Haruka-Akatsuki et Cassiopée008 pour leurs reviews.
Pour répondre à la reviews de Holmes11, effectivement il n'y a pas de catastrophes dans ce chapitre, c'est étonnant. Après le chapitre mouvementé d'avant, il fallait laisser les héros récupérer un peu. Pour ce qui est de la piste du Polynectar, tu sauras si elle est bonne au chapitre suivant sans doute. Le mystère sur les Serpentards sera également bientôt résolu, du moins en partie.
Sur ce, j'espère que vous avez passé de bonnes fêtes. Voici la suite !
Bonne lecture à tous !
Chapitre 15 : La communion sélène
Le club de Slug. Ce simple nom sonnait comme quelque chose de profondément grotesque ou pathétique. Sirius s'était moqué de James pendant des semaines lorsque ce dernier avait avoué à ses amis que le professeur Slughorn l'avait invité à une de ses petites soirées privées dans son bureau.
Les réceptions dans le bureau de Slughorn nourrissaient tous les fantasmes. Tous les élèves rêvaient d'être conviés à participer au moins une fois à ce cercle très restreint d'invités triés sur le volet mais personne n'aurait osé l'avouer. Les quolibets dont Sirius avait accablé James à la suite de son « privilège » traduisaient bien une certaine forme de jalousie vis-à-vis de la distinction dont avait été doté son ami alors que lui-même en était injustement privé. Personne ne savait exactement pourquoi James intriguait tant le professeur Slughorn même s'il semblait évident que son talent exceptionnel pour le quidditch y était pour beaucoup.
A son grand désarroi, ses amis n'avaient pas bénéficié des mêmes faveurs. Slughorn s'était méfié d'emblée de Sirius, dont la famille était tristement associée à la magie noire surtout en ces temps de troubles où Lord Voldemort recrutait des partisans en masse et trouvait chez les Black des sympathisants non négligeables. De la même façon, Slughorn avait ignoré Remus. Peut-être sa lycanthropie l'avait-elle intrigué mais pas au point de faire de lui un membre du club de Slug. Quant à Peter, le maître des potions ne lui avait sans doute trouvé aucune qualité notable.
James avait donc dû se résoudre à aller aux soirées du club en solitaire et se mêler au cercle de lèches-bottes du directeur de la maison des Serpentards. De ce fait, il s'était établi un réseau de personnes qui pouvaient se révéler utiles.
A l'heure du petit-déjeuner, James alla aborder un camarade de Gryffondor, un certain Weatherly, fils de parents illustres, en qui Slughorn misait de nombreux espoirs. Le garçon, d'un an plus jeune que James, l'admirait beaucoup et ne perdait jamais une occasion de lui parler à tel point que la star du quidditch s'appliquait toujours soigneusement à l'éviter.
Ainsi lorsqu'il vit James venir l'aborder de lui-même ce matin-là, le jeune garçon n'en crut pas sa chance. Tout en sachant qu'il allait avoir du mal à se débarrasser de ce pot de colle dans l'heure qui suivrait, James se résolut pour la bonne cause à bavarder un peu avec lui tout en amenant en douceur le sujet qui l'intéressait.
- Ca faisait longtemps que nous n'avions plus eu l'occasion de discuter comme ça, remarqua James l'air de rien.
- Non, confirma Weatherly désappointé, chaque fois que je viens te parler tu es toujours très occupé.
James esquissa un sourire un peu crispé comme s'il avait quelque chose de coincé dans la gorge.
- En effet, admit-il, c'est le quidditch… très prenant. Mais aussi, c'est la faute du professeur Slughorn. Pourquoi ne donne-t-il plus ces merveilleuses petites fêtes dans son bureau ? Nous nous amusions tant.
- Je croyais que tu trouvais ça profondément débile, s'étonna Weatherly.
James lui lança un regard perçant, qui fit rougir le jeune garçon.
- Tu es l'un des préférés de Slughorn, poursuivit James en faisant mine de n'avoir rien entendu, il ne t'a rien dit à propos d'une prochaine réunion du club ?
- Non, répondit Weatherly, je crois qu'il est lui aussi très occupé à cause des examens qui approchent.
- Dommage, dit James en prenant sa mine la plus déçue, ça commence à me manquer nos longues soirées de discussion entre gens ayant… les mêmes centres d'intérêt.
Weatherly approuva d'un signe de tête si vigoureux qu'il s'en serait rompu les cervicales. James marqua une pause, ne sachant s'il devait oser aller jusqu'au bout de sa pensée ou si ce serait au-delà des limites qu'il s'était imposé.
- On devrait lui suggérer l'idée d'organiser une nouvelle soirée cette semaine, suggéra-t-il à l'oreille de Weatherly dont le visage s'illumina, en plus je crois savoir que c'est prochainement son anniversaire. Nous pourrions lui faire une belle surprise à cette occasion.
- C'est une excellente idée ! s'exclama Weatherly en sautillant de joie comme une puce. Je vais parler à Slughorn tout de suite. James, tu es vraiment un génie.
- Je sais, commenta sombrement celui-ci en regardant le naïf Weatherly sautiller en direction de la table des professeurs.
James tourna les talons et rejoignit ses amis, qui prenaient le petit-déjeuner non loin de là et qui avaient observé la scène avec curiosité.
- Alors il a marché ? s'enquit Sirius qui n'en était qu'à son deuxième plateau de muffins seulement.
- S'il a marché ? Il a couru, oui ! renchérit James avec mépris.
- Parfait, commenta Remus en rayant avec sa plume la première ligne de sa liste sur un parchemin, alors ça c'est fait ! Qu'avons-nous ensuite ? Voler le Véritasérum à Rogue.
Pour minimiser les risques et maximiser les chances de réussite, James attendit ce qui lui sembla le meilleur moment pour agir. A cause de sa retenue de la veille, Dwayne, le capitaine de l'équipe de quidditch, convoqua Sirius une heure avant ses autres joueurs pour lui faire rattraper la séance qu'il avait manqué. James choisit ce moment pour attaquer Rogue. Il valait mieux que Sirius ne soit pas dans les parages. James n'était pas sûr qu'il réussisse à se maîtriser en présence de leur vieil ennemi de Serpentard.
- Tu es sûr de vouloir le faire ? questionna James à Remus.
Il savait que son ami n'était pas du tout d'un naturel violent. Les traits du visage de Remus se durcirent. Il ne pardonnait toujours pas à Rogue son comportement de la veille.
- Oui, répondit sombrement Remus en tirant sa baguette de sa poche.
Rogue sortait de la bibliothèque lorsque les Maraudeurs se décidèrent à frapper. Les trois garçons attendirent que Lily et lui se séparent à un croisement puis tendirent à leur proie une embuscade au détour d'un couloir. Rogue parut à peine surpris de voir le trio lui tomber dessus sans crier gare.
- Ca m'aurait étonné que je passe une journée tranquille, grommela-t-il plus pour lui-même lorsqu'il vit James fondre sur lui comme un oiseau de proie.
- Petrificus totalus ! clama-t-il magistralement.
Rogue eut à peine le temps de sortir sa propre baguette pour parer le maléfice. Remus surgit alors derrière lui et lui lança un autre sortilège dans le dos.
- Locomor mortis !
Frappé de plein fouet entre les omoplates par le maléfice de Jambencoton, Rogue perdit l'usage de ses membres inférieurs et s'étala à plat ventre au sol, son sac coula de son épaule et tomba un peu plus loin, ce qui attira aussitôt l'attention de Peter, qui se tenait volontairement en retrait pour observer la scène en attendant le moment opportun pour agir.
- Espèce de sale…, invectiva Rogue en lançant à Remus un regard venimeux.
Pour toute réponse, celui-ci fondit sur son le sac de Rogue, l'attrapa par l'anse et le lança comme une balle à Peter qui le réceptionna au vol avec un grand rire.
- Rendez-moi ça ! ordonna Rogue en essayant de se remettre debout, ce qui lui fut impossible tant que ses jambes restaient paralysées.
Il ne put que regarder ses ennemis se passer son sac comme un souafle en lui lançant des moqueries pendant que James s'amusait à le faire sauter comme une crêpe dans une poêle au moyen d'un maléfice.
L'un d'entre eux, plus violent que les autres, projeta le Serpentard à l'autre bout du couloir, ce qui l'éloigna suffisamment pour que Remus ouvre son sac furtivement et y plonge la main à la recherche d'une fiole contenant une petite potion claire comme de l'eau. Il finit par mettre la main dessus, juste au moment où Rogue parvint à se libérer du maléfice et à contre-attaquer. James fut à son tour envoyé au tapis mais cette chute ne l'encouragea qu'à mieux se relever.
- Ca suffit, gronda Rogue en voyant James lever à nouveau sa baguette pour reprendre le combat, vous vous êtes amusés mais j'ai d'autres choses à faire.
Il se tourna vers Remus et Peter, qui tenaient toujours son sac et tendit la main.
- Mes effets personnels, je vous prie, réclama-t-il d'un ton sec.
Ayant obtenu ce qu'ils désiraient, Peter et Remus le lui rendirent sans faire d'histoires. Rogue le balança sur son épaule et s'en alla d'un pas furieux.
- C'était facile, commenta Peter en jouant avec la fiole, oups !
En voulant faire son malin de la sorte, la fiole lui échappa des mains et faillit s'écraser au sol mais James, qui avait de bons réflexes grâce au quidditch, la rattrapa au vol avant de lancer à Peter un regard sévère, signifiant très clairement : « Fais attention imbécile ! ». Le maladroit devint rouge comme une écrevisse.
- Le plus dur reste à faire, fit remarquer gravement Remus, on ne peut pas soumettre quelqu'un au Véritasérum comme ça.
- On verra ça ce soir, décida James après une brève seconde d'hésitation, allez cacher ça dans le dortoir ! Je vais aller voir sur le terrain de quidditch ce que fabrique Sirius. J'aime mieux ne pas le laisser trop longtemps sans surveillance.
Il tendit la fiole à Remus mais celui-ci secoua la tête en signe de dénégation puis poussa un soupir à fendre l'âme.
- J'ai une autre répétition avec le groupe de Sirius, dit-il, ça va encore être un calvaire mais je ne peux pas m'esquiver.
James dut donc se résoudre à confier la fiole à Peter après lui avoir fait mille recommandations. Celui-ci promit d'en prendre soin comme de la prunelle de ses yeux puis la rangea très précautionneusement dans son sac. Moyennement rassuré, James les laissa là pour prendre la direction du terrain de quidditch tandis que Remus descendit vers les cachots pour la répétition.
Pendant quelques secondes, Peter resta planté au milieu du couloir sans bouger et regarda chacun de ses deux amis partir vers leurs activités. Une star du rock et une star du quidditch… ce qu'ils étaient cools quand même !
L'adolescent sentit son cœur se serrer douloureusement sans pouvoir en expliquer la raison. Cette sensation ne dura cependant qu'une fraction de seconde.
oOoOoOo
L'entraînement de quidditch avait rendu Sirius insupportable.
Le capitaine Dwayne l'aimait tellement qu'il n'en finissait plus de chanter ses louanges à longueur de séance. Rien ne pouvait mieux faire enfler la tête de Sirius, qui ne touchait plus terre. D'ailleurs, quand Remus entra en titubant dans le dortoir, encore sous le choc de sa répétition avec GCF, il trouva son corps en train de faire la roue sur l'une des poutres du plafond. Cette vision manqua de peu de l'achever.
Sans aller jusqu'à tourner de l'œil, il se laissa tomber sur le lit le plus proche, déjà occupé par un James, qui se cachait derrière un livre de quidditch, le visage fermé. Peter, quant à lui, admirait les acrobaties de Sirius avec beaucoup d'amusement.
- Coucou Lunard ! s'écria-t-il d'un ton éclatant en adressant de grands signes de la main à son ami depuis son perchoir comme un papillon cherchant à prendre son envol. Comment s'est passé la répétition ?
Pour toute réponse, Remus darda sur lui un regard noir. Sirius cessa un instant de danser sur sa poutre et perdit légèrement son sourire.
- Si mal que ça ? s'inquiéta-t-il en fronçant les sourcils.
- Je suis une calamité, Sirius, pesta Remus qui semblait avoir frôlé la crise de nerf.
- Enfin ce n'est pas si compliqué de chanter, riposta Sirius en haussant les épaules, en plus tu as ma voix. Tu es parfaitement capable de m'imiter.
- Tes copains du groupe n'ont pas l'air du même avis, maugréa Remus en retirant son tee-shirt qui lui tenait trop chaud à son goût.
Cette fois, Sirius ne souriait plus du tout. Pendant un instant, Peter craignit même que les paroles de Remus ne le déséquilibrent.
- Comment ça ? fit Sirius soudain sur la défensive. Ils t'ont dit quelque chose ? Ils n'ont pas parlé de t'écarter du groupe quand même ?
- Non, le rassura Remus en passant une main lasse sur son visage, ils m'ont plutôt encouragé…
- Ah tant mieux ! s'exclama Peter.
- Même chaudement encouragé, ajouta Remus en lançant à Sirius un regard très explicite.
Celui-ci parut un instant ne pas comprendre mais le regard de Remus fut tellement éloquent que la lumière finit par se faire. Le jeune homme resta alors un instant bouche bée, ce qui intrigua aussitôt Peter.
- Quoi ? lança-t-il perdu. Qu'est-ce qui se passe ?
Mais Sirius avait finalement compris.
- C'est Matthew c'est ça ? devina-t-il la mine soudain grave.
Remus formula sur ses lèvres le mot « oui » avec un sourire crispé comme s'il ne savait pas quelle réaction adopter. James leva les yeux de son livre, intrigué à son tour. Quant à Peter, il n'avait toujours rien compris.
- C'est quoi le problème avec Matthew ? questionna-t-il en regardant successivement Remus et Sirius, qui s'observaient intensément comme s'ils communiquaient par la pensée. Il a fait quelque chose de mal.
- Oh non, répondit Remus avec un sourire ironique qui allait très bien au visage de Sirius mais qui ne lui aurait sûrement pas aussi bien correspondu s'il s'était trouvé dans son propre corps, au contraire…
- Remus, bredouilla Sirius un peu mal à l'aise.
- Je ne porte pas de jugement, coupa aussitôt Remus en levant les mains en signe de disculpation, ça ne me fait rien… mais tu aurais au moins pu me prévenir.
- Mais de quoi ? s'écria Peter exaspéré.
James en revanche avait fini par saisir ce qui se passait. Il ferma son bouquin et se pencha par-dessus son lit pour regarder Sirius, toujours perché sur sa poutre, avec un grand sourire goguenard.
- Toi et Matthew ? railla-t-il.
Peter regarda James sans comprendre.
- Comment ça lui et Matthew ?
Ce ne fut qu'en prononçant ces mots que les rouages se mirent en place dans son cerveau. Il se figea subitement comme s'il avait pris le maléfice du saucisson puis écarquilla les yeux à les faire sauter de ses orbites.
- Tu sors avec Matthew ? s'écria Peter de toute la force de ses poumons.
- Pas du tout, répliqua Sirius dont les joues se coloraient dangereusement, on est juste… des amis proches.
- Ah oui, grinça Remus en croisant les bras d'un air impatient, c'est vrai que tout à l'heure il voulait être mon ami très proche.
- Je ne sais pas ce qui lui a pris, grommela Sirius en recommençant à exécuter ses pirouettes pour éviter de le regarder, j'ai pourtant été très clair avec lui la dernière fois.
- Attends, releva James soudain scandalisé, tu sortais avec lui et tu ne nous as rien dit ?
- Mais non, répondit Sirius un peu agacé à présent, il n'y a rien eu… c'était… juste comme ça… un petit dérapage. Ca arrive à tout le monde.
- Et particulièrement à toi, commenta Peter l'air de rien.
Sirius se figea subitement et lui lança un regard sceptique que Peter esquiva superbement.
- D'accord, admit-il à contrecœur, il y a toujours eu un truc entre Matt et moi… je l'aime bien mais c'est juste un flirt, ça n'ira pas plus loin. On ne sort pas entre membres du groupe après ça risque de générer des conflits. On a mis les choses au clair, lui et moi. J'imagine que depuis quelques temps, il ne me voit pas dans mon état normal alors il se fait du souci. Il a sans doute voulu me soutenir… à sa manière. C'est un gentil garçon.
- Je n'en doute pas une seconde, marmonna Remus.
- Mais qu'est-ce qu'il t'a fait au juste ? s'enquit Peter soudain curieux.
Remus refusa de lui répondre. Sirius parut soudain un peu plus joyeux d'avoir éclairci la situation.
- J'espère que tu n'as pas été trop méchant avec lui, lança-t-il en exécutant une nouvelle roue avec une souplesse de gymnaste, il ne le mérite vraiment pas.
- J'ai été spontané, rétorqua Remus en haussant les sourcils, et tu peux me dire ce que tu fabriques sur cette poutre depuis tout à l'heure ? On t'a jeté un sort ou quoi ?
- Monsieur a la bougeotte, expliqua James qui s'était replongé dans son livre entre temps, il ne tient plus en place parce que Dwayne lui a dit qu'il était sans doute le meilleur joueur de quidditch qu'il ait jamais vu.
Remus perçut la note d'aigreur dans sa voix mais préféra ne pas faire de commentaire. Il savait combien James était sensible sur le sujet quidditch. Sirius, quant à lui, ne maîtrisait plus son euphorie.
- Quand je repense au regard hautain que Dwayne m'a lancé en début d'année quand j'ai passé les sélections, exulta-t-il, qui aurait cru qu'aujourd'hui il me lècherait les bottes ?
- Pas moi, grommela James à voix tellement basse que seul Remus entendit.
- Tu ne devrais pas fanfaronner comme ça, dit-il d'un ton grave, la lycanthropie n'est pas un jouet.
- Oh Lunard ! soupira Sirius exaspéré. Tu es tellement… pas marrant.
- Et toi tu es tellement désinvolte, soupira Remus plus pour lui-même que pour l'acrobate qui de toute façon l'écoutait à peine.
- Vraiment Remus je ne te comprends pas, lança Sirius qui réalisait à présent des entrechats sur son perchoir, comment peux-tu détester à ce point tes pouvoirs ? Alors que moi je les adoooore !
Sur ce dernier mot, il se laissa tomber de la poutre dans un vrai saut de l'ange et atterrit sur ses pieds au milieu de la pièce en se réceptionnant parfaitement sous les applaudissements de Peter. Les yeux de James lancèrent des éclairs menaçants. Remus secoua la tête avec lassitude.
- Tu les adoreras beaucoup moins quand ils te transformeront en bête féroce, rétorqua-t-il d'un ton léger.
- Alors là t'as tout faux, trancha Sirius sans se départir de son large sourire, je ne suis pas comme toi. Moi j'aime ce pouvoir. Je vais même te dire mieux : je suis pressé d'être à la pleine lune. Je l'attends avec impatience.
- Quoi ? s'étrangla Remus effaré.
Il jeta un regard horrifié à son ami et lui trouva soudain un air de dément. Malgré lui, Remus esquissa un pas de recul avant d'échanger un regard mal assuré avec ses autres compagnons pour s'assurer qu'ils avaient remarqué aussi son air étrange.
- Tu es fou, balbutia Remus. Tu as envie de te transformer ?
- Oui, répondit Sirius soudain très sérieux, j'ai envie de connaître ça… de savoir ce que ça fait, je n'aurais pas deux fois cette occasion et puis ça te fera des vacances.
- Je ne peux pas laisser faire ça, riposta Remus d'un ton catégorique, ça a l'air cool comme ça mais la métamorphose est une expérience épouvantable, traumatisante… je ne souhaiterais ça à personne, pas même à mon pire ennemi.
- Parce que tu rejettes ce que tu es, répliqua Sirius avec désinvolture, moi je ne rejette pas le loup. J'ai l'impression de le comprendre… de ne faire qu'un avec lui.
Remus, James et Peter sursautèrent d'un bon mètre : les yeux de Sirius avaient changé pour virer du miel habituel au jaune vif. Un regard de loup.
- Mon Dieu Sirius tes yeux !
Sirius se figea de stupeur puis courut regarder son reflet dans le miroir. A la vue de l'éclat effrayant dans ses yeux, il poussa un cri de panique.
- Qu'est-ce qui m'arrive ? glapit-il avec horreur en portant ses mains à son visage.
- Ah la vache ! s'écria Peter soudain tremblant. Il va se transformer avant la pleine lune à ce train-là.
- C'est possible ? bredouilla Sirius soudain beaucoup moins confiant.
- Je n'ai jamais vu ça, murmura Remus intrigué en s'approchant de Sirius la main tendue comme s'il voulait lui toucher les yeux. Mais à priori je dirais que non. La métamorphose ne peut s'opérer complètement qu'à la pleine lune.
Sirius lui tapa sur les doigts pour l'empêcher d'approcher sa main davantage.
- C'est incroyable, continua Remus qui était de loin le plus béat des quatre, ce doit être le loup… cette acceptation que tu as… vos esprits doivent être en communion. L'approche de la pleine lune n'arrange rien.
James saisit Remus par l'épaule et le força à se tourner vers lui pour lui faire face.
- Une minute, je veux être sûr d'avoir bien compris. Tu dis que le loup pourrait contrôler Sirius ?
Remus haussa les épaules.
- C'est une possibilité que nous ne devons pas exclure.
- Ouh là, balbutia Peter en pâlissant.
- Ca ne me plaît pas du tout, gronda James en se tournant vers le tableau de notes comme s'il espérait lire la formule magique qui règlerait tous les problèmes. Il faut mettre un terme à cette comédie maintenant.
- Je suis on-ne-peut-plus d'accord, lança Remus avec impatience, mais comment ? Notre nouveau plan pour l'instant, c'est de voler la fiole de Polynectar qui se trouve dans les appartements de Slughorn.
James eut un raclement de gorge mécontent.
- J'ai croisé Weatherly dans le couloir tout à l'heure, confessa-t-il, il m'a dit que Slughorn n'envisageait plus d'organiser ses petites soirées avant au moins un mois. Il attend la fin des examens.
- Evidemment ! lança Sirius dont les yeux avaient finalement retrouvé leur couleur ordinaire ce qui l'avait sensiblement apaisé. Il ne veut pas être accusé de favoritisme.
- Je n'attendrai pas si longtemps, protesta Remus d'un ton ferme, la pleine lune est dans cinq jours. Ce cauchemar a assez duré.
- Pourquoi se reposer uniquement sur ces fêtes débiles ? intervint Sirius en haussant les sourcils. Il y a d'autres occasions. James, le vieux Slug t'a à la bonne. Tu n'as qu'à aller le voir dans ses appartements et lui tenir la jambe à propos d'un sujet quelconque, ça attirera son attention pendant que je m'introduirai en douce dans la place, caché sous la cape d'invisibilité et que je piquerai en douce la fiole dans son armoire.
Cette idée suscita diverses réactions.
- Tu es cinglé, lança Peter, si tu te fais prendre votre compte est bon à tous les deux.
- Moi j'approuve, trancha Remus dans un élan d'intrépidité, je jouerai même le rôle du voleur s'il le faut.
Sirius éclata de rire et s'avança vers son ami pour enrouler affectueusement un bras autour de ses épaules.
- Ah Lunard finalement tu es tordant quand tu t'y mets ! s'esclaffa-t-il. Voilà que tu joues les rebelles à présent. Tu es déterminé à lever ce sort, pas vrai ?
- Il faut bien que l'un de nous deux le soit, répliqua Remus dans un souffle.
En entendant ces mots, Sirius rit davantage. Ni James, ni Peter ne partagèrent cependant cette hilarité.
- D'accord on peut tenter le coup, acquiesça James après une légère hésitation, ce ne sera pas la chose la plus folle qu'on ait faite ces derniers temps.
- Ce sera moi le pickpocket, déclara Sirius en levant la main volontairement avant de se tourner vers Remus avec un sourire caustique, je pense avoir plus d'aptitudes que toi pour cette mission.
Remus préféra ne pas répondre et se contenta d'un haussement d'épaules le plus indifférent possible.
- Puisqu'on parle de folies, lança tout à coup Peter frappé d'une pensée soudaine, que fait-on pour le véritasérum ?
- On ne peut pas l'administrer à n'importe qui, dit James avec le plus grand sérieux. Rogue ne pourra sans doute pas nous renseigner et ce serait dangereux de s'en prendre à l'un des membres du carré d'as… j'entends par là Malefoy, les sœurs Black… et un autre dans la même veine, enfin vous avez compris l'idée. L'idéal aurait été Viviane Wood.
- Je pense sincèrement qu'elle m'a dit tout ce qu'elle savait, répliqua Peter navré.
- Oui, soupira James qui s'en était douté, c'est ce que je redoutais.
- Les Serpentards se couvrent et se surveillent tous. Il n'y en a pas un seul à qui l'on puisse délier la langue sans risquer de représailles, fit remarquer Remus avec logique.
- Si, il y en a peut-être un.
C'était Sirius qui venait de prononcer ces mots d'un ton très étrange, lointain, comme si son esprit était totalement déconnecté. Voyant que les regards se posaient sur lui, il revint brusquement à lui et retrouva son sourire avant de clamer d'un ton triomphal :
- Regulus Black.
Ah le petit Regulus est à nouveau dans la ligne de mire. Va-t-il cracher le morceau à propos des Serpentards ?
Le titre de ce chapitre était un peu nébuleux je l'avoue mais la fin a dû vous aider à mieux le comprendre.
J'espère que ça vous a plu. N'hésitez pas à me laisser votre avis !
Suite de la mission commando des Maraudeurs au prochain chapitre. A bientôt
