Bonjour

Voilà un nouveau chapitre.

C'est dommage que je ne reçoive pas beaucoup de review (voire pas du tout pour le dernier chapitre). Çà ne va pas m'empêchera de continuer l'histoire, car elle me tient à coeur, mais si je n'en reçois pas, je ne peux pas savoir si çà vous plait ou pas, s'il y a des choses qui ne vont pas ou non, bref, j'avance à l'aveuglette. Pas facile pour moi.

En tout cas, j'espère que ce chapitre vous plaira.

Bonne lecture!


Durant les deux semaines qui suivirent, Mycroft s'arrangea pour recruter toutes les personnes qu'il souhaitait protéger.

Le plan pour la "mort" des trois agents de Scotland Yard avait très bien marché. Il faut dire que Mycroft n'avait rien laissé au hasard. Lestrade, Donovan et Anderson avaient merveilleusement bien joué leur rôle. Mycroft avait pris parti d'un démantèlement de traffic de drogue pour mettre en place son action. Les trois agents, ainsi que plusieurs autres policiers, avaient été pris dans une fusillade. Bien sûr, tous les hommes qui tiraient sur les policiers étaient des hommes de main de Mycroft, et de très bon tireurs. Ils avaient ordre de blesser les autres policiers mais pas les trois concernés. Puis, ils devaient simuler leur enlèvement. Deux jours plus tard, Scotland Yard recevait une vidéo qui montrait l'exécution de Lestrade, Donovan et Anderson, après qu'ils aient été torturés. Tout le monde ne chercha pas plus loin que la raison qui était donnée dans la vidéo. Dans celle-ci, il était dit que Moriarty avait mis en place leur enlèvement en représaille à la capture récente d'un de ses agents. Lestrade, Donovan et Anderson avaient été sur les lieux de l'interpellation, ils devaient payer pour cela.

Mycroft, pour une fois, félicita la bêtise du genre humain. Il ne leur fallait pas grand chose pour les duper.

Comme l'homme du gouvernement l'avait prédit, l'arrivée au manoir Holmes des trois agents n'avait pas été de tout repos.

John, malgré qu'il sache qu'ils allaient arriver, refusa obstinément d'adresser la parole à Donovan et Anderson pendant plusieurs jours. Seul Lestrade arrivait à le décrisper un peu. D'ailleurs, celui-ci, sans l'avouer directement, était heureux de revoir John. Il lui avait manqué pendant tout ce temps. Ne plus le voir en compagnie de Sherlock sur les scènes de crime tordus l'ennuyait plus que de raison. Et d'ailleurs, même s'il essayait de ne jamais le montrer, il en gardait toujours un peu rancune envers son second.

En tout cas, au bout de quatre jours à essayer de se contenir, John lâcha enfin prise au cours d'un dîner où tout le monde était présent, y compris Mycroft. Sally avait laissé échappé un énième "taré" à propos de Sherlock alors qu'elle faisait allusion à une de leurs enquêtes passées, ce qui lui valut un regard inquisiteur de la part de Mycroft, noir de la part de Lestrade et Molly, et à une gifle de la part de John. Rouge de colère, celui-ci avait quitté précipitemment la table, d'un pas vif, et avait fait claqué la porte en la fermant. Ils ne l'avaient plus revu jusqu'au lendemain soir. Il avait fallu que Mycroft aille lui parler dans sa chambre pour qu'il consente à en ressortir.

Depuis ce dîner, personne n'avait fait mention de l'incident, et personne n'avait reparlé de Sherlock en présence de Donovan et Anderson. John et Molly passaient leurs journées dans le labo, où ils échangeaient leurs connaissances. John, dans ces moments là, apprenait à connaître Molly, qui, n'étant plus constamment sous le charme de Sherlock, laissait entrevoir une personnalité tout à fait intéressante.

Lestrade, Donovan et Anderson contiuaient à enquêter. Ils découvrirent une autre méthode d'enquête, la méthode Mycroft. En effet, Mycroft leur avait mis à disposition tout un arsenal de surveillance qu'ils se faisaient une joie d'utiliser. Ils ne quittaient que rarement l'enceinte de la propriété de Mycroft, mais ils pouvaient accéder à toutes les archives, tous les dossiers, toutes les enquêtes possibles et imaginables pour qu'ils trouvent des preuves contre des gens, des traces pour des traffics, des indices d'implications de certaines personnes haut placées dans l'organisation de Moriarty. Leur boulot premier était de repérer toutes les personnes ayant un lien avec Moriarty. Et ils se mirent donc à enquêter sur leurs propres supérieurs, et aussi sur le gouvernement, les services secrets, et d'autres encore.

Mycroft était content que tout son petit monde mette autant d'entrain à faire son travail. Pour lui, la situation n'était pas des plus simples. Les recherches des trois agents avait mis en lumière certains de ces collaborateurs comme étant des proches de Moriarty. Heureusement que son suprême détachement en toute circonstance l'aidait à passer outre ses faits quand il leur parlait.

Et en dehors de çà, il devait continuer à travailler comme si de rien n'était. Il s'occupait des affaires étrangères de l'Angleterre principalement, recevant des ambassadeurs, des membres de gouvernement et autres.

Mme Hudson arriva au manoir Holmes le mardi 30 septembre. Ce fut un coup de chance que la vieille dame ne soit pas morte ce jour là. En effet, Mycroft pensait que Moriarty prendrait son temps pour elle, vu qu'elle n'était que la logeuse de Sherlock. Mais apparemment, il s'était trompé. Heureusement que ses agents de surveillance l'avaient prévenu. Deux agents de Moriarty avaient débarqués en plein marché, profitant d'une sortie de la vieille dame. Les hommes de Mycroft avaient protégé Mme Hudson, mais ce faisant, ont provoqué une fusillade entre les étals. Bilan : cinq personnes tuées, sept blessées, un vrai carnage. Mais au moins, Mme Hudson était saine et sauve, emportée pendant la fusillade dans une berline aux vitres fumées.

Quand Mme Hudson était arrivée au manoir, elle asséna à Mycroft une des plus belles engueulades que celui-ci ce soit jamais pris. Cela faisait longtemps que plus personne n'osait lui parler sur un ton pareil. Mais il faut dire que venant de la part d'une personne qui côtoyait Sherlock tous les jours, ce n'était pas étonnant. Elle lui reprochait notamment d'avoir sacrifié la vie de plusieurs personnes pour sauver la sienne, ce qui n'allait pas dans l'ordres des choses étant donné son grand âge. Ce à quoi Mycroft répondit qu'il devait respecter la parole qu'il avait donné à son petit frère avant que celui-ci ne meurt. Mme Hudson finit par se calmer, fut ravie de revoir Lestrade, John et Molly, et se mit à materner tout ce joli monde.

Ainsi, l'équipe de Mycroft était au complet.


Ce même jour, le mardi 30 septembre, au 221b BakerStreet

Elisa, depuis qu'elle était revenue du domaine, avait eu le temps de commettre trois autres meurtres. Et elle commençait à se demander sérieusement si le fait d'avoir côtoyé les Holmes pendant son enfance n'avait pas fini par endommager son cerveau. En effet, elle n'avait aucun regret à commettre ces meurtres. Elle prenait sa mission avec un détachement qui la surprenait elle-même. Elle se savait distante de tout, enfin presque tout, mais pas à ce point. Si Sherlock était là, il lui dirait qu'elle commence à penser comme lui et Mycroft, que toute vie est appelée à finir, et qu'il ne faut pas avoir peur de çà. Mais enfin, quand même.

Ces derniers jours avaient été mouvementés pour elle. Tom et Helena n'avait pour l'instant plus d'utilité, car leur mission étant de protéger et de surveiller John, Lestrade, Donovan et Anderson, maintenant qu'ils étaient chez Mycroft, ils ne pouvaient plus rien faire. Tom avait suggéré qu'ils rejoignent eux aussi l'organisation de Moriarty, mais Elisa n'était pas d'accord. Tom çà allait, mais Helena n'avait pas les épaules pour çà. Elle décida que Tom devait rester à Scotland Yard, car elle pourrait toujours avoir besoin de lui. Quant à Helena, elle l'éloigna de Londres volontairement, l'envoyant directement chez sa famille pour prendre un peu de vacances.

Helena, depuis quelques temps, ce montrait de plus en plus explicite avec Elisa, lui faisant clairement des avances, auxquelles Elisa ne répondait jamais. Celle-ci avait finalement compris que la raison pour laquelle Helena avait intégré ce groupe, ce n'était pas pour faire tomber Moriarty, mais simplement pour pouvoir se rapprocher d'elle. Et même si Elisa n'était pas complètement insensible à son charme, elle lui avait finalement avoué durant une longue conversation que son coeur était définitivement et irrémédiablement pris, et depuis longtemps. Que même si cela faisait plusieurs années qu'elle ne l'avait pas vu, elle n'arrivait pas, ou plutôt ne voulait pas, se détacher de cette personne.

Helena avait été débousolée à cette déclaration, et elle partit sans plus rechigner dans le petit village dans lequel habitait ses parents. Elisa lui promit de garder contact avec elle, de l'informer de l'avancée vers leur but, et de faire appel à elle en cas de besoin, et lui fit promettre en retour de garder le secret sur Sherlock.

Cette conversation s'était passée il y a deux jours. Depuis, Elisa avait décidé qu'il était temps pour elle de se faire reconnaître par Mycroft. Enfin, de faire semblant de se faire reconnaître, vu que Mycroft savait déjà que c'était elle. Sherlock ne savait pas qu'elle comptait se faire découvrir volontairement par Mycroft. Elle avait d'excellentes raison de faire cela, mais elle ne lui en avait pas parlé. Tout comme, à la demande de Sherlock lui-même, elle n'avait pas prévenu Mycroft que Sherlock était vivant.

En ce moment, installée dans le canapé de Sherlock, elle en venait à faire cette triste constatation. "Tout le monde ment à tout le monde, c'est effarant!", se disait-elle durant ce moment de profonde introspection. "Je mens à Mycroft et Sherlock, Mycroft et moi mentons à Sherlock, Sherlock et moi mentons à Mycroft, c'est tordu". Riant, elle continua ses constatations. "Je mens à mon équipe, Mycroft ment à la sienne, et je sens qu'une fois que Sherlock sera au courant, il mentira aussi. John, rien que pour Sherlock, je suis sûre qu'il mentira aussi." Décidément, elle aimait ces petits jeux de cache-cache, où toute la vérité n'est pas dite, où il est aisé de manipuler les gens quand ils ont confiance en vous. Bien sûr, ils pouvaient avoir confiance, elle ne les avaient pas engagé pour servir de pantins, elle voulait vraiment faire tomber Moriarty, mais disons qu'elle avait omis de leur dire toute la vérité. Et elle était sûre que Mycroft en avait fait de même, ce n'était pas dans ses habitudes de jouer franc jeu. D'autant plus qu'il était probable que s'ils avaient su toute la vérité, ils n'auraient pas accepté de servir Mycroft.

Elisa sortit de ses pensées, et regarda son ordinateur sur la table basse. Cinq clef usb étaient posées à côté de l'ordinateur. Résolument, Elisa en pris une, la connecta, et se mit à transférer des fichiers dessus. Le petit jeu de dupe allait enfin pouvoir vraiment commencer.


Jeudi 2 octobre 2014, Manoir Holmes.

Il était trois heures du matin, et Lestrade maudissait intérieurement ce tueur en série qui, bien qu'il les débarassait de vermines à la solde de Moriarty, le faisait toujours dans des moments inopportun, comme en plein milieu de la nuit par exemple.

Il se devait d'aller réveiller Mycroft Holmes, et l'idée ne lui plaisait pas vraiment. Bien que depuis qu'ils étaient arrivés, il avait été toujours très courtois, il n'en restait pas moins Mycroft Holmes, un membre du gouvernement, voire le gouvernement en personne, et un Holmes.

Lestrade toqua à la porte de la chambre. Rien. Il toqua une seconde fois. Cette fois, il entendit une voix étouffée lui demander de patienter quelques minutes dans la salon d'à côté.

Quelques minutes plus tard, Mycroft entra à son tour dans le salon, et Lestrade songea que c'était la première fois qu'il voyait Mycroft Holmes habillé ainsi. Il était en robe de chambre, faite dans un tissu précieux.

L : "Monsieur Holmes?"

M : "Que voulez-vous à cette heure Inspecteur Lestrade?"

L : "Je suis navréde vous déranger en plein milieu de la nuit, mais vos agents viennent de me prévenir qu'il vient d'y avoir un autre meurtre."

M : "Et çà n'aurait pas pu attendre demain matin?"

L : "Et bien, ils ont eu la bonne idée d'aller inspecter les lieux avant que la police n'investisse les lieux. Ils ont trouvé quelque chose d'intéressant."

Mycroft releva la tête. Enfin, pensait-il, les choses sérieuses pouvaient commencer.

M : "Qu'ont-ils trouvé?"

L : "Une clef usb monsieur."

M : "C'est tout?"

L : "Non... enfin si, il n'y avait que la clef, mais dessus, il y a des lettres gravées."

M : "Lesquelles?" Bien qu'il se doutait déjà de la réponse.

A ce moment, un agent entra dans le salon où ils se trouvaient.

A : "Monsieur Holmes, je suppose que le Lieutenant Lestrade vous a déjà prévenu. Nous avons récupéré ceci sur le corps de la victime."

Disant cela, il tendait un clef usb dont Mycroft s'empara. Il la leva presque au niveau de ses yeux, et distingua trois lettres gravées dans le corps de la clef : H S M. Mycroft regarda longuement les lettres, un air de surprise passant furtivement sur son visage. Pendant un moment, il sembla perdre contact avec la réalité, complètement plongé dans ses réflexions, puis il sembla se réveiller.

M : "Merci de m'avoir réveillé, Lieutenant Lestrade. Vous, vous pouvez repartir maintenant."

L'agent se retira de la pièce, laissant Mycroft et Lestrade seuls.

L : "Que veulent dire ces lettres?"

M : "Vous n'avez donc pas trouvé? Rien de plus simple pourtant."

Lestrade se revit soudainement quelques années en arrière, quand Sherlock lui disait qu'il était un idiot devant un indice qui était pourtant très clair selon le détective. Cela le fit sourire. Il ne répondit pas à Mycroft, attendant simplement de savoir si celui-ci consentirait à lui répondre.

Mycroft le regarda, et soupira.

M : "H pour Holmes, S pour Sherlock et M pour Mycroft."

L : "Sherlock?"

M : "Il faut croire que le tueur aime se jouer de nous. Il aime remuer le couteau dans la plaie."

L : "Clairement, cette clef vous est destinée. Mais c'est malsain d'avoir rajouté Sherlock."

Mycroft resta silencieux. Malsain, peut-être, pensait-il, ou il y avait quelque chose de plus là-dessous. Difficile de savoir pour le moment, surtout avec... non, il ne valait mieux pas y penser maintenant. Lestrade dévisageait Mycroft avec insistance, ce que celui-ci remarqua.

M : "Pourquoi me regardez-vous de la sorte?"

L : "Vous saviez que vous avez exactement la même expression que Sherlock quand vous réfléchissez?"

M : "Sherlock et moi avions beaucoup de choses en commun, notamment cette grande capacité de déduction, bien qu'il l'ait toujours utilisé d'une façon très différente de la mienne. Allez vous recoucher, inspecteur, nous reparlerons de tout ceci demain."

Lestrade n'aima pas trop être éconduit de la sorte, mais il tourna néanmoins les talons et sortit du salon. Resté seul, Mycroft resta pensif pendant un moment, puis se dirigea vers son bureau. Il l'alluma, brancha la clef dans un des ports, et ouvrit les fichiers. Il n'y avait pas grand chose, mais ce qu'il y avait était on ne peut plus intéressant. De quoi connaître toute l'intimité de certains gouvernements. Il transféra ces fichiers sur son ordinateur. "La partie commençait pour de bon", murmura-t-il pour lui même. Puis il ajouta "Je te fais confiance". Il tomba alors sur un dernier fichier, l'ouvrit et resta interdit devant ce qu'il y trouva. Une petite musique d'enfant résonna alors dans la pièce silencieuse. Elle fit doucement retomber Mycroft dans de lointains souvenirs.

A suivre


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