Bonne année et meilleurs vœux à tous pour 2012 ! J'espère que vous avez passé de bonnes fêtes de fin d'année, que vous vous êtes gavés de galette des rois et que vous avez eu la fève ^^
Merci une fois encore à ceux qui ont lu et laissé des commentaires au précédent chapitre, c'est un plaisir de lire vos reviews et de récolter vos impressions sur cette fic. Je sais que parmi toutes les questions que suscite l'intrigue, il y a : « Mais que devient Jane Hathaway ? » (comment ça non vous vous en foutez ? XD). J'admets qu'elle se fait un peu oublier ces derniers temps mais rassurez-vous elle est toujours là et on va reparler d'elle à la fin de ce chapitre.
J'ai une grande nouvelle, qui vous mettra peut-être l'eau à la bouche : dans ce chapitre vous allez enfin connaître la solution de l'énigme qui plane autour des Serpentards et croyez-moi c'est du lourd ). J'espère donc que ce chapitre vous plaira.
Réponse à Holmes11 : effectivement les derniers chapitres suivent un schéma alternatif : action/réaction. Et d'ailleurs pour continuer dans cette veine, je peux t'assurer que le prochain chapitre se placera plus du côté de l'action.
Voilà, merci encore de votre fidélité et bonne lecture de ce premier chapitre de l'année !
Chapitre 16 : Les voleurs
Il fut décidé après un vote démocratique que l'opération « Polynectar » serait lancée après le dîner.
James avait pris soin d'emporter la cape avec lui avant de descendre dans la Grande Salle. Sirius et lui n'auraient qu'à attendre de voir Slughorn se lever de table pour regagner ses appartements. Ils iraient ensuite l'y trouver quelques temps après pendant que Remus et Peter se chargeraient d'intercepter Regulus afin de le soumettre au véritasérum.
Forts de leurs plans si bien préparés, les quatre garçons trinquèrent à table à la bonne fortune et à la réussite de leurs entreprises simultanées.
La mission de Peter et Remus fut la première à démarrer. Regulus se trouvait déjà dans la Grande Salle, assis à la table des Serpentards dans le coin le plus éloigné possible du groupe de Malefoy. Ces derniers ne semblaient même pas avoir remarqué sa présence. Remus et Peter le guettèrent du coin de l'œil jusqu'à ce qu'il se lève et se dirige vers la sortie.
- A nous de jouer, Pete ! lança alors Remus en se levant à son tour.
- Déjà ? se lamenta son ami en regardant avec désolation ses pommes de terre, qui le suppliaient de ne pas les abandonner. On n'a même pas eu de dessert.
- Si tu ne viens pas, ce sont les enfants de moldus, dont je fais partie, qui risquent de servir de dessert au monstre des Serpentards, argumenta Remus d'un ton solennel.
Il n'en fallut pas plus à Peter pour se lever d'un bond. Sirius laissa échapper un rire.
- Magnifique ! commenta-t-il en applaudissant Remus. Je n'aurais pas mieux dit.
- Soyez prudents ! conseilla gravement James que cette expédition sans lui ne rassurait guère. Ne vous faîtes pas surprendre !
- Et surtout Sirius, n'oublie pas qu'il s'agit de ton petit frère ! lança le véritable Sirius avec un sourire narquois. Comporte-toi en tant que tel !
- Rassure-toi ! répondit Remus en lui rendant son sourire. Je n'ai pas l'intention de malmener ce pauvre Regulus.
- J'espère que si au contraire, trancha Sirius du tac au tac, rappelle-toi : tu es un frère aîné ! Sois autoritaire et inflexible surtout !
Remus roula des yeux puis emprunta avec Peter la grande porte pour se lancer sur les talons de Regulus. James et Sirius les regardèrent disparaître sans dire un mot, le visage stoïque puis poussèrent tous les deux un léger soupir.
Non décidément, l'un comme l'autre, ils n'étaient pas rassurés d'avoir confié cette lourde tâche à leurs deux amis. C'étaient eux les têtes pensantes et les aventuriers d'ordinaire. Peter était maladroit et Remus sous pression. Leur réussite n'était pas assurée.
James et Sirius n'eurent pas à attendre très longtemps après le départ de leurs amis. Les professeurs Flitwick, McGonagall et Slughorn s'en allèrent ensemble et les deux garçons les regardèrent quitter la pièce avant de se lever à leur tour.
- Cette fois c'est parti ! lança James en sortant la cape d'invisibilité de sa large poche pour permettre aux deux garçons de se planquer dessous.
Ils suivirent Slughorn jusqu'à son bureau, le regardèrent entrer, attendirent quelques instants puis James sortit de sous la cape et frappa à la porte. Le professeur Slughorn ouvrit et son visage s'éclaira lorsqu'il reconnut son visiteur.
- Oh c'est vous monsieur Potter ! s'exclama-t-il d'un ton jovial.
- Bonsoir professeur, répondit James de sa voix la plus obséquieuse, je suis vraiment désolé de vous déranger à une heure aussi tardive mais je souhaiterais m'entretenir avec vous à propos… d'un sujet qui me tient à cœur.
- De quoi s'agit-il mon garçon ?
James passa rapidement en revue les idées qu'il avait préparées et piocha dans la première qui se présenta à son esprit.
- C'est l'examen de potion, dit-il d'un ton badin, j'ai de gros doutes quant à mes chances de réussite.
- Voyons ! répliqua Slughorn en esquissant un sourire affable. C'est parfaitement inutile. Vous êtes un excellent élève.
- Oui mais je ne suis pas sûr d'avoir tout saisi concernant le… le…
Il voulut dire « Polynectar » mais se rattrapa au dernier moment.
- Le philtre d'oubli, dit-il à la place. Il est vraiment difficile et je crains qu'il ne tombe comme sujet à l'examen.
- Ah la potion d'amnésie, lança Slughorn d'une voix douce, je me demande pourquoi cette potion fait toujours peur aux élèves.
- Je sais que je ne devrais pas vous demander ça mais si vous pouviez m'expliquer encore une fois, ce serait…
Il laissa sa phrase en suspens et adressa au professeur son regard le plus innocent derrière ses lunettes. On aurait donné à ce pauvre diable le Bon Dieu sans confession. L'enseignant, qui avait beaucoup d'affection pour lui, finit par se laisser attendrir.
- Bon très bien, soupira-t-il vaincu, entrez deux minutes !
Il ouvrit la porte en grand. Tout en dissimulant un sourire de triomphe, James entra d'un pas lent pour permettre à Sirius de se faufiler en même temps que lui. Slughorn jeta un coup d'œil dans le couloir pour s'assurer que personne n'avait vu son élève entrer puis ferma soigneusement la porte derrière lui.
Dès qu'ils furent à l'intérieur de l'appartement cossu, abondamment chauffé et éclairé par un feu ronflant dans la cheminée, James et Sirius avisèrent la vitrine de Slughorn derrière laquelle étincelaient quantité de fioles en tout genre aux liquides colorés formant un véritable arc-en-ciel.
Le Polynectar, cet épais liquide blanc comme du nacre fondu, se repérait facilement au centre de l'étagère comme le point de fuite d'un tableau. Sirius voulut échanger un regard complice avec son ami avant de se rappeler que celui-ci ne pouvait pas le voir puisqu'il était sous la cape.
- Alors mon garçon, attaqua tout de go Slughorn, que puis-je pour vous ?
James jeta un regard intrigué à la bouteille de bon vin, qui trônait fièrement sur la table mais reporta vite son attention sur l'enseignant.
- Eh bien c'est cette étape avec les tritons, balbutia James en improvisant totalement, à chaque fois je me plante.
Mais que racontait-il donc ? Slughorn sembla y trouver du sens car il se massa quelques instants les paupières pour rassembler ses idées et commença à lui exposer les étapes précédant celle des tritons avec un grand luxe de détails. James fit semblant d'être passionné ce qui ne fut pas évident car il savait déjà très bien tout ce que lui racontait le professeur. Il dut se pincer pour ne pas tourner la tête vers l'armoire de Slughorn. Il avait envie de voir ce que fabriquait Sirius mais il ne devait rien faire qui pût trahir sa présence.
Sirius attendit également que l'enseignant eût commencé son cours de soutien pour s'approcher de l'armoire. Un détail le dérangeait pour agir : Slughorn se tenait appuyé contre son bureau ce qui signifiait que même si ses yeux étaient posés sur James, il avait une vue plongeante sur son armoire. Si la porte s'ouvrait, même le plus discrètement du monde, cela ne lui échapperait pas. Pour régler le problème, Sirius s'approcha de son ami à pas de loup et pinça doucement James, qui ne put hélas ravaler son sursaut.
- Tout va bien jeune homme ? s'inquiéta Slughorn en fronçant les sourcils d'un air soudain soupçonneux.
- Oui, répondit brusquement James, ce n'était… qu'un hoquet.
Le professeur passa outre et revint immédiatement à ses explications. James finit par comprendre la raison pour laquelle Sirius lui avait envoyé ce signe à l'impromptue et se mit à marcher dans la pièce tout en hochant la tête pour montrer qu'il buvait les paroles de l'enseignant. Slughorn suivit son élève des yeux et finit enfin par faire volte-face lorsque James s'adossa près de l'âtre de la cheminée.
Sirius leva inutilement le pouce pour remercier son ami, qui n'en vit rien, et retourna précipitamment vers l'armoire pour l'ouvrir. Cependant à peine mit-il la main sur la poignée qu'il la retira en poussant malgré lui un cri de douleur. Le sang de James ne fit qu'un tour.
- Qu'est-ce que c'est ? s'écria Slughorn en faisant subitement volte-face.
Naturellement il ne vit rien mais il ne douta pas qu'un intrus se trouvât dans la pièce.
- Avez-vous entendu monsieur Potter ? lança Slughorn en tendant l'oreille, les yeux rivés sur le coin où se trouvait son armoire.
- N-non, bredouilla James en s'efforçant de rester parfaitement serein, vous disiez à propos de l'œil de triton… ?
Il était impossible de concentrer à nouveau l'enseignant sur la potion d'amnésie. Celui-ci devait être trop habitué à être pillé pour laisser passer le cri qu'il venait d'entendre.
- Il y a quelqu'un ? demanda-t-il en s'approchant dangereusement de son armoire.
Sirius alla se planquer près de la fenêtre pour ne pas se faire surprendre mais Slughorn n'avait pas dit son dernier mot.
- Sans doute cet esprit frappeur, Peeves, grommela le maître des potions de plus en plus suspicieux.
- Professeur, intervint James de sa voix la plus assurée, je vous assure que je n'ai rien entendu. Ca vient peut-être de l'extérieur.
Le professeur ne parut pas convaincu mais comme il ne trouva personne dans le coin d'où provenait le cri, il finit par renoncer et alla prendre la bouteille de vin sur son bureau avant de faire signe à son élève de le suivre. Non sans horreur, James le vit rouvrir la porte de son bureau.
- Je suis désolé Potter mais je dois mettre un terme à notre entretien, dit-il sincèrement navré, Filius m'attend pour notre partie de cartes hebdomadaire et je suis déjà en retard. N'ayez aucune crainte concernant votre examen ! Je suis sûr que tout se passera bien. Après tout, vous êtes l'un des meilleurs élèves de ma classe… enfin si on exclut…
Il se rattrapa au dernier moment mais James fut presque certain qu'il avait voulu terminer par « Severus Rogue » et ses cheveux faillirent se dresser davantage sur sa tête sous l'effet de la colère. Au lieu de ça, il esquissa un effroyable rictus.
- Merci monsieur, grommela-t-il les dents serrées.
Slughorn fit sortir James puis s'empressa de sortir à son tour et de fermer la porte de son bureau avant que Sirius n'eût le temps de les suivre. James écarquilla les yeux d'incrédulité en voyant l'enseignant sortir sa baguette magique pour barder sa porte de sortilèges de protection.
- Qu'est-ce que vous faîtes ? bredouilla-t-il d'une voix blanche.
- Je préfère prendre mes précautions, répondit Slughorn très concentré sur sa tâche, ma porte a déjà été forcée à plusieurs reprises. Au moins avec ces sortilèges, personne ne peut entrer, pas même un fantôme.
Ni sortir, songea James dont la gorge se noua brusquement. Sirius était pris au piège.
- Je suis désolé de vous congédier si cavalièrement monsieur Potter, lança soudain le professeur en rangeant sa baguette magique dans la poche de sa robe de sorcier. J'espère que ça va aller pour réviser votre potion d'amnésie. Si vraiment vous avez encore des problèmes, repassez me voir demain mais normalement vous ne devriez pas avoir de souci. Je vous fais entièrement confiance.
Et sur ces mots dits d'une voix très douce, le professeur entraîna James puis le quitta à une intersection. Sachant que le professeur le guettait du coin de l'œil, l'adolescent n'eut d'autre choix que celui de prendre le chemin de la tour de Gryffondor tout en réfléchissant à un moyen de délivrer son ami.
Sirius pouvait parfaitement se débrouiller seul cependant. Dès qu'il entendit la porte se verrouiller derrière Slughorn et ce dernier expliquer à James qu'il bombardait sa porte de sortilèges, l'adolescent craignit pendant un moment d'être fait comme un rat.
Sitôt qu'il entendit son ami et l'enseignant s'éloigner, il s'empressa de se jeter sur la porte pour essayer de l'ouvrir mais bien évidemment il n'y parvint pas. Il donna alors un coup de poing rageur contre le battant de bois en poussant un juron. Toutefois il reprit très vite ses esprits. Pendant une fraction de seconde, il fut tenté de faire voler la porte en éclats grâce à sa force de lycan mais un coup d'œil vers la fenêtre le fit changer d'avis. Il y avait mieux à faire.
Sirius se débarrassa de la cape d'invisibilité et balaya la pièce d'un regard circulaire. Ses yeux se posèrent naturellement sur la fiole de Polynectar dans la vitrine et un léger sourire éclaira son visage. C'était le sourire malicieux que le visage de Sirius affichait bien souvent mais à force d'être dans le corps de Remus, il commençait à lui aller tout aussi bien.
- Puisque je suis coincé là, inutile de stresser !
Il avança doucement vers l'armoire et lança un regard flamboyant à la poignée qui avait laissé une légère trace de brûlure sur la paume de sa main. De l'argent ! Comment avait-il pu ne pas s'en rendre compte avant de commettre la faute ? Il s'était laissé surprendre et la situation avait failli mal tourner. Heureusement qu'il avait la cape !
Bien décidé à ne pas se laisser avoir une seconde fois, Sirius sortit sa baguette magique et la pointa sur la poignée tout en la toisant d'un air narquois comme s'il s'agissait d'une personne vivante.
- Alohomora !
Il eut un bruit de clef tournant dans une serrure puis la poignée exécuta un tour sur elle-même et la porte s'entrouvrit légèrement. Avec un sourire victorieux, Sirius glissa sa baguette dans l'interstice et l'ouvrit en grand. Les fioles étaient à lui.
- Viens là ma jolie ! s'exclama-t-il jovialement en attrapant la fiole de Polynectar pour la glisser dans sa poche.
Il s'apprêta à refermer la porte mais alors qu'il passa rapidement en revue du regard les potions dans la vitrine, il avisa une minuscule fiole emplie d'une potion épaisse et dorée semblable à de l'or liquide. Sirius aurait reconnu cette potion entre mille, il n'en existait pas deux de la sorte. Du Felix Felicis.
- Oh Sirius ! se querella-t-il tout seul. Quelle odieuse tentation !
Néanmoins il ne put la combattre. Un sourire malicieux étira ses lèvres au moment où il tendit la main pour attraper la petite fiole du bout des doigts et la glisser dans une autre poche non sans jeter un bref regard autour de lui comme s'il redoutait que les murs pussent assister à cet horrible larcin. Bah, se dit-il avec désinvolture, quel mal y a-t-il à vouloir s'attirer un peu de chance ?
Ceci fait, il referma soigneusement la vitrine puis s'approcha de la fenêtre. Ce n'était pas parce qu'il ne pouvait pas emprunter la porte, qu'il ne pouvait pas sortir. Sans le vouloir, Remus lui avait soufflé l'idée qui lui permettrait de s'évader. L'adolescent ouvrit la fenêtre et se percha sur le bord pour évaluer la hauteur.
Bigre, Slughorn ne logeait pas au rez-de-chaussée !
Remus devait s'être payé une chute à peu près de la même hauteur le jour précédent. L'adolescent scruta le parc plongé dans l'obscurité et finit par apercevoir un arbre pas très éloigné.
Avec un nouveau sourire en coin, il sortit sa baguette magique et la pointa sur le tronc tout en marmonnant quelques mots en latin de cuisine. Aussitôt une longue corde jaillit de l'extrémité de sa baguette et fonça comme un grappin vers la cible avant de s'enrouler tel un serpent autour du tronc visé.
Satisfait, Sirius tira sur sa baguette pour attirer l'autre bout de la corde et la nouer à la poignée de la fenêtre de manière à s'improviser une tyrolienne. Après quoi, il jeta un nouveau regard scrutateur dans la pièce jusqu'à trouver ce qui l'intéressait. Il fondit sur le manteau de la cheminée et attrapa un long tisonnier qu'il examina brièvement avant de retourner se percher sur le bord de la fenêtre.
- Merci pour tout, Slug ! lança-t-il à un maître des potions imaginaire.
Sur ses mots, il se servit du tisonnier pour se laisser glisser le long de la corde sans se brûler les mains et apprécia la descente en poussant un cri de joie comme s'il profitait d'une attraction dans un parc prévu à cet effet. Lorsqu'il ne fut plus très loin du sol, il lâcha le tisonnier d'une main et atterrit souplement dans l'herbe accroupi.
- Finite incantatem.
La corde s'évapora dans une traînée fuligineuse. Tout joyeux d'avoir rempli sa mission avec succès, Sirius lança un regard triomphal à la fenêtre de l'appartement de Slughorn tout en faisant tourner le tisonnier dans sa main comme un bâton de majorette. Réalisant tout à coup son geste, il balança le tisonnier au loin et l'entendit tomber dans le lac. Après quoi, il remit la cape d'invisibilité sur ses épaules et reprit le chemin de la tour de Gryffondor d'un pas sautillant tout en chantonnant pour lui-même : « Je suis le meilleur. »
oOoOoOo
James faillit s'évanouir de soulagement en voyant Sirius entrer en trombe dans le dortoir, un large sourire aux lèvres.
- Oh tu es là ! s'écria James en lui sautant dans les bras. Comment es-tu sorti ?
- J'ai chanté par la fenêtre et un phénix est venu m'emporter.
- Tout à fait dans tes cordes, commenta James amusé, je suis désolé je n'ai rien pu faire pour empêcher Slughorn de t'enfermer.
- Ce n'est pas grave, répliqua Sirius d'un ton dégagé, au fond c'est mieux comme ça. Une fois seul, j'ai eu tout le loisir de piller son étagère. Il ne pourra pas te soupçonner.
- Tu as la potion ?
Pour toute réponse, Sirius tira la fiole au liquide nacré de sa poche et l'exhiba fièrement. James leva les pouces pour le féliciter.
- Que s'est-il passé ? questionna soudain James suspicieux. Pourquoi as-tu crié ?
- La poignée était en argent, grommela Sirius en montrant le stigmate laissé sur sa main. Je ne l'avais pas vu venir. Merci la cape ! Les autres ne sont pas rentrés ?
James secoua négativement la tête et sa bonne humeur laissa place à une vive inquiétude. Les deux garçons échangèrent un long regard.
- Tu crois qu'il leur est arrivé quelque chose ?
- Je le crains en tout cas, répondit James d'une voix grave, on les a jetés dans la fosse aux serpents sans faire de mauvais jeu de mots.
- Regulus leur aurait donné du fil à retordre ? s'étonna Sirius.
- Ce n'est pas de ton frère que je me méfie mais des autres, répliqua James, n'oublie pas que les Serpentards veillent toujours. Remus et Peter auraient pu tomber sur Lucius Malefoy ou Bellatrix. On devrait partir à leur recherche.
- Bonne idée, acquiesça Sirius en rendant la cape à son propriétaire, dommage qu'on n'ait plus la carte de Malefoy ! Elle aurait été bien pratique pour les localiser. On devrait en fabriquer une autre, tu crois qu'on pourrait ?
- C'est pas le moment Sirius, répliqua James en faisant signe à son ami de le suivre.
Au moment où ils ouvrirent la porte du dortoir pour sortir, ils tombèrent nez à nez avec Remus et Peter, qui s'apprêtaient justement à entrer. Tous les quatre poussèrent le même cri de surprise.
- Eh là ! s'écria Remus. Vous allez où comme ça ?
- On partait à votre recherche, répondit James en s'empressant de retourner à l'intérieur du dortoir. Vous allez bien ?
- On a l'air d'aller mal ? lança Peter qui paraissait plus sain qu'une pomme.
- Ca dépend de l'angle sous lequel on vous regarde, rétorqua Sirius d'un ton détaché.
Remus et Peter lui lancèrent un regard blasé signifiant approximativement : « Ha ! Ha ! très drôle » avec ironie puis examinèrent Sirius des pieds à la tête, frappés par un détail.
- C'est quoi cette terre que tu as aux genoux ? interrogea tout à coup Remus en lançant à son ami un regard soupçonneux.
Sirius afficha son sourire le plus innocent mais Remus ne se laissa pas prendre.
- Qu'est-ce que t'as encore fait Sirius ?
- Peu importe, coupa James précipitamment, nous avons récupéré le Polynectar comme prévu. Et vous, ça a donné quoi cet interrogatoire ? Vous avez réussi à faire parler Regulus ? Vous savez ce qui se trame à Serpentard ?
Remus et Peter se passèrent la parole du regard comme une balle, un léger sourire aux lèvres, un sourire qui plut aussitôt à leurs eux compagnons. C'était bon signe. Si la situation ne s'était pas déroulée à leur avantage, sans doute auraient-ils affiché une mine moins radieuse. Peter se désigna finalement pour rendre compte de leur mésaventure.
- Regulus a essayé de nous fuir mais on a fini par le coincer dans l'un des cachots. Remus a suivi le conseil de Sirius au pied de la lettre. Il a été très convaincant en grand frère tyrannique. J'ai cru qu'il allait lui tirer les vers du nez et qu'on n'aurait même pas besoin de véritasérum. Mais il a la tête dure, ce petit, c'est bien un Black.
Sirius eut un léger sourire.
- Comment lui avez-vous donné le véritasérum sans éveiller ses soupçons ? questionna James avec curiosité.
Remus et Peter échangèrent un grand sourire.
- Remus a été génial, commenta Peter avec admiration, il a trempé ses doigts dans la potion et il s'est approché de Regulus pour lui pulvériser les gouttes au visage en lui disant quelque chose comme…
- Mets-toi à table, petite tête ! compléta Remus, les joues rouges, en voyant que Peter avait un trou de mémoire.
- Voilà c'est ça ! approuva Peter en remerciant son ami d'un signe de tête. Une idée de génie. La potion lui est entré par les yeux et a très bien agi.
- Wouah Remus c'était brillant ! s'exclama Sirius en échangeant avec James un regard impressionné.
- Du coup qu'avez-vous appris ? demanda celui-ci avide de savoir. Regulus a pu vous dire ce que préparaient les Serpentards ?
- Il n'était sûr de rien, prévint d'emblée Peter, mais accrochez-vous ce que cherchent à invoquer les Serpentards… c'est le croquemitaine.
Sirius et James, qui s'étaient attendus à tout sauf à cela, eurent un instant de flottement durant lequel leurs visages demeurèrent parfaitement impassibles.
- Le quoi ?
- Le croquemitaine, répéta Peter imperturbable.
- J'ai eu la même réaction que vous en entendant ça, avoua Remus, je vous avoue que je ne sais pas ce que c'est. Regulus n'a pas su nous le dire.
- Apparemment c'est une sorte de monstre légendaire, qui subsiste depuis des siècles sous forme latente et qui ne peut être réveillé que par un rituel complexe, dit Peter.
- J'en ai entendu parler, murmura James plongé dans ses pensées, ainsi les Serpentards ont rassemblé tous les éléments pour le rituel. Il leur faudra quand même la créature… du moins l'entité démoniaque en sommeil.
- Et que crois-tu qu'il y avait dans la caisse qu'ils ont fait passer par le tunnel de la sorcière borgne ? lança Remus d'une voix caverneuse.
Il y eut un silence tendu.
- Enfin comment l'ont-ils trouvé ? s'écria Sirius incrédule. Ils n'ont quand même pas commandé cette bestiole dans un catalogue.
- En fait si, riposta Peter avec une simagrée, approximativement.
James et Sirius lui lancèrent un regard en point d'interrogation. Peter s'expliqua :
- Abraxas Malefoy, le père de Lucius, a des contacts avec le propriétaire d'une boutique dans l'Allée des Embrumes, Barjow et Beurk ça s'appelle. C'est l'un des plus gros trafiquants de matériel de magie noire du pays. Apparemment c'est lui qui gardait la créature dans sa cave et qui en a touché deux mots à Malefoy père au détour d'une conversation. Lucius a forcé Regulus a passé la commande chez Barjow et Beurk comme ça si le hibou était intercepté par les autorités…
- C'est Regulus qui aurait eu des ennuis, termina Sirius les dents serrés.
Il employa un terme très injurieux pour désigner Malefoy, vivement approuvé par James et Remus.
- Ils se sont faits livrer la créature au relais de poste de Pré-au-Lard, poursuivit Peter d'une voix monocorde comme s'il était lui aussi sous véritasérum. Ensuite il ne leur restait plus qu'à faire entrer le colis dans Poudlard pendant la nuit via le passage secret que leur a indiqué Regulus.
- Ils ont vraiment tout prévu, pesta James.
- Tout sauf un détail, répliqua Peter en esquissant soudain un sourire joyeux.
- Ils ne sont pas capables d'exécuter le rituel, précisa Remus d'un ton tout aussi satisfait. Il leur faut préparer une potion d'une grande complexité et aucun d'entre eux n'y est parvenu.
- Ce qui explique qu'ils tournent autour de Rogue, acheva James en hochant la tête, le fait que cette créature des ténèbres n'ait pas encore envahi l'école signifie que ce brave Servilus n'a pas cédé à leurs avances finalement.
- Non mais ça ne saurait tarder, soupira Remus, les Serpentards n'ont plus beaucoup de temps. La chose doit absolument être appelée avant la prochaine pleine lune sinon le cycle sera passé. Apparemment il y a une histoire d'astronomie mais Regulus n'a pas su bien nous expliquer. Je crois que c'est lié au passage d'une comète qui survient une fois tous les trente-six du mois. C'est la seule période où le croquemitaine peut être invoqué…
- Et c'est en ce moment, comprit James.
- Après la pleine lune, ce sera trop tard, affirma Remus.
- Les Serpentards vont renforcer la pression sur Rogue, dit Sirius avec gravité.
- Malheureusement on ne peut pas faire grand-chose, marmonna James abattu. Si on va voir Rogue pour lui dire de rester loin des Serpentards, il va s'empresser se jeter dans leurs bras pour nous contrarier.
- Mais si on ne fait rien, on prend le risque de le voir quand même tomber entre leurs griffes, renchérit Remus en poussant à son tour le même soupir désappointé.
- Il faut qu'on aille à la bibliothèque dès demain matin à la première heure pour essayer de récolter un maximum d'informations sur la créature, décida James, et surtout sur la façon de nous en débarrasser. Mieux vaut se préparer à l'affronter.
- On peut aussi éviter d'en arriver là, murmura Sirius songeur. Lily a une grande influence sur Rogue. Elle peut l'empêcher de céder aux Serpentards.
- Oui mais elle ne nous écoutera pas, fit remarquer James à son grand désarroi, elle ne nous aime pas plus que Rogue.
- Parce que tu te comportes toujours comme un idiot quand elle est dans les parages, répliqua Sirius en haussant les épaules.
- Moi elle m'écoutera peut-être, fit remarquer Remus avec calme, elle me considère comme moins arrogant que vous.
- Sauf qu'en ce moment tu es Sirius, rappela James, donc elle est persuadée que tu es le roi des poseurs.
Le véritable Sirius esquissa son sourire le plus éclatant.
- Yes ! s'exclama-t-il en levant les bras en signe de triomphe. C'est encore pour moi ! Lily m'a d'autant plus à la bonne que je sors avec une de ses amies.
- Pardon ? lança Remus d'un ton enflammé. Je croyais que tu ne sortais pas avec Jane Hathaway.
Sirius regretta aussitôt ses paroles et se mordit la lèvre.
- Non je ne sors pas avec elle, rectifia-t-il aussitôt, désolé je dis n'importe quoi.
Remus, Peter et James échangèrent des regards suspicieux.
- Quoi c'est vrai ! insista Sirius, qui n'aimait pas être acculé de la sorte. J'ai dit une bêtise. Je ne vois même plus Jane en ce moment. Je ne lui ai plus parlé depuis… la sortie à Pré-au-Lard.
Ce n'était pas tout à fait vrai mais effectivement, il ne lui avait plus parlé après s'en être fait la promesse en sortant du dortoir des filles de Serdaigle. Il l'avait superbement esquivée en cours de botanique et s'appliquait toujours à lui tourner le dos dans la Grande Salle pour éviter d'avoir la tentation de la regarder. A dire vrai, cette tentation lui était de moins en moins insoutenable. Loin des yeux, loin du cœur. Les garçons préférèrent laisser de côté cette affaire et en revenir au sujet principal.
- Okay Sirius, tu pourras essayer de parler à Lily, dit James avec prudence, mais attention : tout en subtilité ! N'oublie pas que tu es Remus !
- Si je ne l'ai pas compris depuis le temps, maugréa Sirius agacé, je vais finir par y croire vraiment.
- Ce serait trop beau, railla Remus en croisant les bras.
- Tu ne dois surtout rien dire à Lily au sujet du croquemitaine, dit James d'un ton ferme. Il vaut mieux ne pas ébruiter cette histoire.
- Tu me prends pour un idiot ou quoi ?
- Si ça se sait, ça va générer un mouvement de panique, insista James.
- C'est peut-être ce qu'il faut, fit remarquer Sirius. Ca m'a l'air vraiment dangereux cette histoire. Imagine qu'il y ait des victimes !
- On va tout faire pour empêcher ça, assura James, ce ne serait pas la première fois qu'on évite un drame à l'école.
Personne ne trouva rien à lui répondre. N'ayant plus rien à ajouter, la conversation bascula sur l'autre sujet important de la soirée. Tandis que Peter s'amusait à noircir le tableau avec les nouveaux éléments rapportés, James lui résuma ainsi qu'à Remus l'opération « Polynectar ». Remus fut ravi de constater que pour une fois, tout s'était bien passé autant pour le binôme de voleurs d'aveux que pour celui de voleurs de potions.
- Vous êtes prêts à essayer le Polynectar ? lança James en regardant successivement ses deux amis.
Remus et Sirius pâlirent soudain et échangèrent un regard mal assuré mais cette inquiétude laissa très vite place à la détermination. Sirius n'avait aucune envie de passer pour un pleutre et Remus était prêt à vendre son âme au diable pour mettre un terme à cette folie.
- Oui, répondirent-ils donc en chœur et avec certitude.
Sans attendre, James prit deux verres et partagea le contenu de la fiole volée à Slughorn. Remus et Sirius s'approchèrent en s'efforçant de paraître sûr d'eux et laissèrent chacun tomber un cheveu dans un verre. Les deux potions prirent chacun une teinte différente bien plus ragoûtante que celle de leur première tentative pourtant ils eurent tous deux une grimace horrifiée comme si elle avait pris l'apparence de goudron.
Ils échangèrent un bref regard empli de compréhension mutuelle et lurent chacun dans les yeux de l'autre qu'ils avaient la même envie de s'enfuir en courant. Le traumatisme de l'accident était encore présent dans leurs esprits. Pourtant ils restèrent fermement plantés face à face et s'échangèrent leurs verres avec un signe d'encouragement mutuel.
- Tous mes vœux vous accompagnent, lança James avant de reculer à l'autre bout du dortoir avec Peter.
Cette précaution ne rassura guère Remus et Sirius qui restèrent quelques secondes à se regarder d'un air indécis, leur verre à la main.
- Bon, dit finalement Sirius avec nervosité, santé !
Remus hocha la tête en signe d'approbation puis leva son verre. Les deux amis trinquèrent puis vidèrent chacun leur potion d'un trait. Un silence de mort tomba dans la pièce.
Et là suspense : est-ce la bonne cette fois ? A votre avis ? Un détail dans ce chapitre devrait vous aider, je m'en suis rendue compte à la relecture.
A présent, vous savez en partie ce que manigancent les Serpentards, j'espère que l'attente valait le coup. Maintenant que j'y pense, j'aurais dû vous demander vos idées avant ce chapitre, je suis sûre que vous aviez votre propre hypothèse.
Merci beaucoup d'avoir lu. Alors qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? A nouveau, il y avait beaucoup de choses. La semaine prochaine, vous connaîtrez le résultat de cette nouvelle tentative avec le polynectar. D'ici là, prenez soin de vous et n'hésitez pas à me laisser votre avis.
