Bonjour à tous, c'est une chance que ce chapitre arrive à temps ! Merci beaucoup comme toujours à ceux qui ont lu et commenté le précédent chapitre !
Vous savez à présent ce que complotent les Serpentards, du moins en surface. Maintenant, je vous laisse découvrir comment nos chers Maraudeurs vont tenter de leur mettre des bâtons dans les roues.
J'avoue que le précédent chapitre s'est brutalement interrompu à un moment clef. Sans plus attendre, je vous laisse donc découvrir ce qu'a donné cette fameuse tentative de Polynectar.
Réponse à Holmes11 : je suis contente que tu aies été surprise par l'idée du croquemitaine, c'était le but recherché. Mais je n'ai pas encore donné beaucoup d'indications à ce sujet, tu en sauras plus dans la suite de la fic. Ah tu as trouvé l'indice ? J'aurais bien aimé avoir ton hypothèse ^^. Je lèverai le voile sur le mystère à la fin de ce chapitre. Merci encore de ta fidélité.
Voilà, sur ce bonne lecture !
Chapitre 17 : Sport d'équipe
L'effet du Polynectar fut instantané : les deux garçons se métamorphosèrent en même temps en se tordant de douleur. Par bonheur, le supplice fut de courte durée. Lorsque tout cessa, Remus et Sirius rouvrirent les yeux et découvrirent... qu'ils avaient chacun retrouvé leur apparence originelle.
La stupeur d'une réussite si évidente et si brusque les laissa quelques instants hébétés. Ils semblaient incapables d'y croire. C'était vraiment fini. Songeant qu'il n'y aurait pas d'explosion cette fois, James et Peter s'approchèrent lentement, n'osant pas plus croire que leurs amis que les problèmes touchaient à leur fin.
- C'est bon, c'est gagné ? questionna James d'une voix presque intimidée.
- J'en ai bien l'impression, lança Remus extatique.
- Non, dit soudain Sirius dans un souffle en examinant ses mains.
D'un pas décidé, il marcha vers son lourd lit baldaquin et le souleva à bout de bras comme s'il ne pesait rien avant de le laisser retomber sur le sol avec fracas. Cette démonstration fut édifiante.
- Je suis toujours un loup-garou, déclara-t-il au cas où quelqu'un ne l'aurait pas compris, ce n'est qu'un succès de façade. Dans une heure, on sera de retour à la case départ.
Les garçons laissèrent échapper un juron, abattus.
- Encore raté, pesta James en passant une main lasse dans ses cheveux.
- Je vais finir par penser qu'il n'y a aucun espoir, soupira Peter.
- On n'a pas été malins, remarqua Remus en désignant son verre vide, on aurait dû boire seulement une petite gorgée de Polynectar pour tester et économiser le reste en cas d'urgence. Il y a des moments où on a absolument besoin d'être nous… même pour une simple petite heure.
Il pensait sans doute aux répétitions avec Goblins Catch Fire, voire même au concert auquel il n'allait pas pouvoir échapper si les échecs continuaient à s'amonceler.
- Je n'ai pas dit mon dernier mot, s'écria soudain James en tapant du poing sur la première chose qui se présenta, c'est-à-dire l'épaule de Peter. Je vous libèrerai, je trouverai la solution. Il existe un remède j'en suis sûr.
A nouveau, les quatre garçons allèrent se coucher de mauvaise humeur. Cette nouvelle tentative inutile était celle de trop. Les compagnons commençaient à perdre patience. Ils n'étaient pas accoutumés à voir un problème leur résister. James notamment n'admettait pas qu'une stupide erreur de potion puisse narguer de la sorte son brillant cerveau. A force de jouer au quidditch, il avait fini par considérer que la vie était la répétition d'un grand match il n'encaissait pas la défaite. Cela ne lui correspondait pas.
- Il y a un moyen, murmura-t-il pour lui-même lorsqu'il fut planqué dans son lit.
Il le trouverait.
oOoOoOo
Le lendemain, la nuit chassant leurs sombres pensées, ils se réveillèrent bien plus sereins qu'ils ne s'étaient couchés comme si le sommeil leur avait permis de digérer l'échec du Polynectar. Remus et Sirius étaient donc à nouveau piégés chacun dans le corps de l'autre mais ils commençaient presque à s'y accoutumer à présent. Même Remus paraissait moins nerveux et plus blasé comme s'il se convainquait petit à petit qu'il n'allait jamais redevenir lui-même et que de ce fait, la lycanthropie dont il n'était plus frappé, ne le concernait plus. Ce sentiment de légèreté se révéla bien superficiel cependant.
En effet, les quatre garçons aperçurent Lily Evans devant la porte de la Grande Salle alors qu'ils descendaient prendre le petit-déjeuner et se souvinrent aussitôt qu'ils voulaient la mettre à contribution pour empêcher les Serpentards de lâcher un monstre légendaire sur l'école. Sirius étant toujours dans le corps de Remus, ce fut à lui qu'échoua la mission de diplomate. Remus sentit alors sa nervosité coutumière revenir en flèche.
- N'oublie pas que tu es moi, lui rappela-t-il pour la millième fois environ. Ne te comporte pas comme un butor !
Sirius voulut lui répondre vertement mais se ravisa et partit plutôt remplir sa mission. Lily était vraiment jolie ce jour-là. Elle avait noué ses cheveux flamboyants en une natte un peu lâche qui coulait élégamment sur son épaule et venait côtoyer son décolleté discret d'un air mutin. Le teint déjà frais et vif malgré l'heure matinale, elle était occupée avec son amie Mary à coller sur le panneau d'affichage à côté des sabliers de points une annonce quelconque à laquelle Sirius ne daigna pas même jeter un coup d'œil.
- Salut Lily, lança Sirius d'un ton dégagé dès qu'il fut auprès d'elle.
Celle-ci tourna la tête vers lui mais ses yeux verts n'indiquèrent aucune amabilité. Avant même qu'elle ne répondît, Mary la contourna et toisa Sirius d'un air goguenard.
- Tiens mais regardez qui voilà ! caqueta-t-elle. C'est Lupin, le roi des goujats !
- Pardon ? fit Sirius interloqué.
- Tu peux t'en aller, renchérit Lily d'une voix sèche. Je n'ai pas envie de te parler. Je ne vois pas ce que je pourrais avoir à te dire.
- Je peux savoir ce qui vous prend ? s'enquit Sirius avec un peu d'humeur.
Les deux filles échangèrent un regard appuyé.
- Je me doutais que tu ne comprendrais pas, fit Lily avec un soupir las comme si elle se trouvait face à un enfant stupide.
- Le nom de Jane Hathaway te dit quelque chose ? lança Mary avec ironie. Je suppose que non. La façon dont tu te comportes avec elle laisse vraiment entendre que tu as oublié jusqu'à son existence.
Sirius se mordit la lèvre soudain ennuyé. Effectivement, il ne s'était pas bien conduit vis-à-vis d'elle. Il l'évitait comme si elle avait la Dragoncelle.
- Tu lui as fait beaucoup de peine, Remus, reprit Lily d'un ton franchement réprobateur, je ne te pensais pas comme ça.
- Je ne voulais pas que ça se passe ainsi, assura Sirius qui ne savait plus où se mettre, c'est… c'est assez compliqué en ce moment.
- Avec vous les garçons, c'est toujours compliqué, riposta Mary en roulant des yeux. Tu pourrais au moins aller lui parler.
- Je vais sans doute suivre ce conseil, répondit patiemment Sirius en reprenant ses esprits, mais avant j'aimerais moi-même vous en donner un…
- Qu'est-ce qui faut pas entendre ! s'indigna Mary en écarquillant les yeux.
- C'est à toi que je m'adresse, Lily, dit Sirius en lançant à Mary un regard noir.
Celle-ci comprit le message et s'éloigna non sans lui rendre son regard venimeux.
- C'est à propos de Severus Rogue, reprit Sirius avec le plus grand sérieux.
Lily se mit davantage sur la défensive, jusqu'à ressembler à un chat sauvage prêt à se hérisser au moindre mot déplaisant.
- Qu'est-ce que vous lui voulez encore à Severus ? grommela-t-elle en crispant sa main sur la lanière de son sac comme si elle se mettait en position pour le lui envoyer à la tête. Vous ne pouvez pas le laisser un peu tranquille ?
- Je suis venu te voir parce que je m'inquiète pour lui justement, répliqua Sirius en mâchant soigneusement ces mots qui lui coûtaient un si grand effort.
Lily et Mary échangèrent un regard estomaqué.
- Tu t'inquiètes ? s'exclama Lily sans savoir si elle devait éclater de rire ou s'énerver. Alors celle-là c'est la meilleure !
- Bon d'accord dire que je m'inquiète, c'est un peu fort, admit Sirius plus raisonnablement, mais je sais qu'il a des ennuis.
- Dont tes copains Potter et Black sont à l'origine, j'imagine ?
- Non pas cette fois, assura Sirius, pas de cette ampleur-là. Je te parle de vrais ennuis. Je pense qu'il est en danger.
Lily abandonna tout à coup son air suffisant, gagnée par la perplexité.
- En danger ? répéta-t-elle en essayant de masquer son inquiétude. Comment ça ?
- C'est Lucius Malefoy, expliqua Sirius à voix basse, je ne peux pas tout t'expliquer… en fait je ne suis sûr de rien. Mais j'ai l'impression qu'il veut se servir de Rogue pour faire quelque chose… de très mal. Il ne faut pas que Rogue accepte de l'aider.
Lily poussa soudain un soupir à fendre l'âme.
- Tu ne connais pas Severus. Il admire beaucoup Lucius Malefoy. Si cet aristo de pacotille lui demande un service, Severus sera trop heureux de lui rendre.
- Oui enfin il y a service et service, nuança Sirius en haussant les sourcils. Là on parle de quelque chose de vraiment mauvais augure. C'est pour ça que je viens t'en parler : parce que ça nous concerne tous.
- Et que veux-tu que je fasse ? lança Lily. J'ai déjà dit à Severus ce que je pensais de Malefoy. Ca ne l'empêche pas de le suivre partout et d'être prêt à tout pour rejoindre son cercle d'amis.
- Justement non, rétorqua Sirius avec gravité, il n'est pas encore prêt à tout. Je sais que Malefoy lui tourne autour depuis un moment et qu'il n'arrive pas à le convaincre d'adhérer à son projet. Si Rogue continue à l'envoyer promener, Malefoy pourrait perdre patience.
Le teint de Lily devint blême. Elle savait ce que Sirius sous-entendait. Elle avait eu vent d'histoires sordides à propos de ces Serpentards proches du pouvoir maléfique, impatients de rejoindre Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom à ce qu'on disait. Lily tremblait en secret de savoir son meilleur ami entre les griffes de ces gens si peu recommandables et déplorait de n'être pas capable de le soustraire à leur influence. Savoir que Severus refusait de participer à un noir dessein de Malefoy lui instilla dans le cœur une douce chaleur. Ainsi le Mal n'avait pas encore tout à fait pris possession de son comparse.
Souriant toute seule, elle se tira soudain de sa rêverie et s'aperçut qu'elle était face à Remus Lupin, l'un des meilleurs amis de James Potter, le premier bourreau de Severus. Même si Remus était moins cruel, voire même très différent de ses amis idiots, il n'en restait pas moins un ennemi déclaré de Severus. Il ne s'était pas privé pour lui jeter un sortilège ou deux à l'occasion. Etait-il vraiment digne de confiance ? Peut-être qu'au fond, tout cela n'était qu'une grosse mascarade de Potter et ses amis pour se moquer d'elle.
- Pourquoi tu viens me dire tout ça ? lança-t-elle avec plus d'agressivité qu'elle ne l'aurait voulu. Tu devrais te réjouir de savoir que Severus a des ennuis. Tant de compassion pour lui, cela ne vous ressemble pas, les Gryffondors.
Par les Gryffondors, elle entendait les quatre représentants officiels de la maison. Comprenant qu'il ne réussirait pas à la mettre en confiance, Sirius poussa un soupir de découragement et jeta l'éponge.
- Okay crois ce que tu veux ! lança-t-il exaspéré en amorçant un geste pour s'en aller. Laisse ton ami dans la galère et ne viens pas pleurnicher quand ça nous retombera dessus !
Lily parut scandalisée par ce langage.
- Oh Lupin ! s'offusqua-t-elle. Tu es vraiment aussi hautain et désagréable que Potter et Black quand tu t'y mets. Tes amis ont une mauvaise influence sur toi.
Sirius, qui en avait assez entendu, tourna les talons et s'en alla de son pas effectivement hautain en haussant les épaules d'un air dédaigneux comme pour lui dire « Cause toujours tu m'intéresses ! ».
Non mais franchement ! Qu'est-ce que James pouvait lui trouver à cette fille ? C'était une vraie bêcheuse, depuis la première année. James était bien d'accord avec lui lorsqu'ils l'avaient vue monter sur ses grands chevaux lors de leur premier voyage dans le Poudlard Express cependant la puberté et les hormones étant intervenus en cours de route, James regardait à présent la jeune fille sous un angle nouveau… au grand dam de Sirius, qui, lui, la voyait toujours aussi ennuyeuse et moralisatrice.
Lorsque Remus vit son ami revenir avec la mine contrariée, il redouta le pire.
- Alors comment ça s'est passé ? demanda-t-il très inquiet.
- Merveilleusement bien, ironisa Sirius en montrant les dents, je crois que tu as un ticket avec Miss Sainte-Nitouche !
- Oh Sirius ! soupira Remus dépité. Qu'est-ce que t'as…
- Oui je sais, termina Sirius qui en avait assez de ce refrain, qu'est-ce que j'ai encore fait ? Je me suis rappelé pourquoi je ne me limitais pas qu'aux filles.
Et sur ces mots, il voulut prendre le chemin de la Grande Salle pour aller se défouler sur une pile de pancakes à la marmelade mais il s'immobilisa au dernier moment et regarda autour de lui les sourcils froncés.
- Où est passé James ? demanda-t-il tout à coup, ne voyant son ami nulle part.
- Dwayne est passé pendant que tu discutais avec les filles, expliqua Peter, il a voulu lui dire deux mots en privé.
oOoOoOo
Le capitaine de l'équipe de quidditch emmena son attrapeur un peu à l'écart. Il semblait embarrassé. James craignit alors, à juste titre, qu'il n'y eût un souci avec le match prévu le samedi arrivant.
- Ce que j'ai à te dire est assez délicat, commença Dwayne dans ses petits souliers.
Jamais James ne l'avait vu ainsi. Gareth Dwayne était un colosse, imposant et impassible, d'une autorité sans faille. A cet instant pourtant, on eut dit qu'il allait s'effriter sous une pichenette. Cela faisait plus peur à voir que ses accès de colère sur le terrain de quidditch lorsqu'il n'était pas satisfait par les performances de ses joueurs.
- J'ai peur que tu le prennes mal, poursuivit Dwayne dont les joues rosissaient à présent.
L'inquiétude de James vira à la panique.
- Qu'est-ce qui se passe ? l'encouragea-t-il vivement. Parle !
Dwayne prit une profonde inspiration pour se donner du courage.
- D'accord je vais être direct, lâcha-t-il d'une traite, Dans l'état actuel des choses je ne pense pas que l'équipe ainsi constituée puisse remporter le match de samedi.
James eut l'impression de recevoir un coup de poing dans le ventre. Il en eut le souffle coupé et manqua de se retrouver plié en deux. Naturellement Dwayne s'empressa de clarifier ses propos.
- Je pense par là à ton ami Remus, continua le capitaine, je ne le vois pas continuer à son poste de poursuiveur.
Si la seconde suivante, James avait eu le sentiment de recevoir un coup violent, à présent il se sentait tout à coup léger et guilleret comme si des petits papillons battaient des ailes dans son ventre, là où un instant plus tôt il avait pris l'uppercut imaginaire. Etait-ce possible ? Le jeune homme n'en crut pas ses oreilles.
- Qu'est-ce que…, bredouilla-t-il le souffle encore manquant.
- Bien sûr c'est un poursuiveur terrible, reconnut Dwayne précipitamment en voyant James ouvrit la bouche sans doute pour défendre son ami, mais tu en conviendras avec moi qu'il n'est pas à sa place.
James crut que sa mâchoire allait s'étirer et tomber jusque par terre. Ce ne pouvait pas être la réalité. Dwayne allait virer Sirius à quelques jours du match ? Damon était peut-être finalement sorti de l'infirmerie. Reprenant un peu contenance et parce que Dwayne semblait attendre une réaction, il s'éclaircit la gorge et murmura.
- Oui tu as… raison.
- N'est-ce pas ? renchérit Dwayne satisfait d'être soutenu. Tu seras donc sûrement d'accord avec ma décision.
- C'est la meilleure chose à faire, dit précipitamment James que cette conversation commençait aussi à embarrasser même si le résultat était loin de lui déplaire, et si ça te met mal à l'aise je peux moi-même en parler à Remus. Je le connais mieux que toi et je sais combien c'est difficile d'annoncer à un joueur qu'il est viré de l'équipe.
- Viré ?
Dwayne exécuta un bond de recul, soudain horrifié.
- Je n'ai pas du tout l'intention de le virer.
Ce fut au tour de James de prendre une mine horrifiée, incapable de se retenir.
- C'est le meilleur joueur que j'ai jamais vu, poursuivit Dwayne des étoiles dans les yeux, je serais vraiment stupide de me passer de lui.
- Mais alors qu'est-ce que tu as l'intention de…
- Je pensais… le faire jouer à ton poste… comme Attrapeur.
James eut à nouveau le sentiment de prendre un taquet mais en pleine figure cette fois. Il s'étonna presque de ne pas saigner du nez ou perdre une partie de sa mâchoire. Cela aurait concentré sa douleur sur quelque chose. Au lieu de ça, il était abasourdi, sous le choc.
- Quoi ?
- C'est pas contre toi, s'empressa d'ajouter Dwayne en voyant que quelque chose dans le cerveau de James était sur le point de se rompre. Tu es un Attrapeur génial… mais ton ami Remus, il est carrément hors-norme. Tu l'as vu comme moi à l'entraînement, il repère le vif d'or à un kilomètre. On dirait qu'il a un détecteur dans la tête. Quand je lui ai demandé comment il faisait, il m'a dit qu'il suivait le vif d'or à l'oreille parce qu'il avait une très bonne audition. C'est incroyable. Moi je pense que des oreilles pareilles ne sont pas humaines, il doit avoir des oreilles de…
- Chacal, murmura James dans un souffle, les yeux flamboyants d'un air de dément.
Dwayne entendit ce mot et regarda son équipier un peu surpris.
- Euh oui pourquoi pas ? fit-il dubitatif. Ca entend bien un chacal ?
- En tout cas celui-ci va très bien m'entendre, je peux te l'assurer.
- J'espère que tu n'es pas fâché, marmonna Dwayne qui devait volontairement ignorer la lueur assassine dans les yeux de James. Je ne voudrais pas créer de tensions entre ton ami et toi mais je pense au classement. Notre équipe a trop de retard. Avec Remus, on a les moyens de remonter en flèche. En plus il a un meilleur balai que toi, son Astiqueur 3 est une vraie fusée, ce sera un avantage à son poste. En tant que capitaine, c'est mon rôle de mettre toutes les chances de notre côté. Tu comprends ?
- Je comprends, acquiesça James d'un air absent.
La rage dont il bouillonnait semblait avoir laissé place à la plus grande atonie. Cette transformation brutale sans transition avait de quoi déconcerter mais Dwayne fut soulagé que James ne piquât pas de scandale. Il savait que son joueur vedette avait son caractère, surtout quand il s'agissait du quidditch.
- Et moi qu'est-ce que je deviens ? interrogea-t-il tout de même d'un ton brusque.
- Tu peux reprendre ta place de poursuiveur, répondit Dwayne, c'était ton ancien poste, tu le connais bien et tu étais très bon.
James fit la grimace, incapable de se retenir. Certes il avait aimé joué au poste de poursuiveur l'an passé mais ce n'était pas comme être un Attrapeur. Les poursuiveurs étaient trois et passaient le match à faire la même chose : survoler le terrain pour marquer des buts. Le poste d'Attrapeur était différent, spécial. Il était seul face à un autre adversaire, c'était un duel sans merci dans lequel il fallait se montrer rusé, habile, rapide. C'était à la fois angoissant et galvanisant et c'était la raison pour laquelle il s'était battu avec acharnement pour que ce poste si convoité lui fût confié.
Retourner au poste de poursuiveur si monotone après avoir goûté aux joies d'être Attrapeur lui sembla une punition odieuse qu'il ne méritait pas. Il se sentait rétrogradé, humilié pourtant il fut incapable de dire quoi que ce soit pour se défendre. Il aurait pu s'opposer à cette décision, exiger de laisser Sirius à sa place, non mieux encore, exiger le renvoi de cet imposteur doublé d'un tricheur. Quand il était question de quidditch, James n'avait plus d'amis.
Trop sonné par le coup que le capitaine lui portait cependant, il ne trouva rien à dire. Aucun son ne franchit ses lèvres. Il se contenta de secouer imperceptiblement la tête en signe d'approbation puis s'éloigna sans même saluer son capitaine et prit le chemin de la Grande Salle. Du moins, il crut prendre le chemin de la Grande Salle mais il ne devait plus très bien savoir où il en était car il se retrouva en fait dans la direction totalement opposée. Prenant conscience de son étourderie, James se sentit un peu idiot et se hâta de revenir sur le bon chemin.
Dès qu'il arriva dans la Grande Salle, il avisa ses amis à la table des Gryffondors, qui discutaient avec animation tout en prenant le petit-déjeuner. Peter essayait de métamorphoser sa tasse en on-ne-savait-trop-quoi sans doute en prévention du cours de métamorphose qui aurait lieu dans la matinée, guidé par les conseils de Sirius, qui n'arrêtait pas de jeter des coups d'œil vers la table des Serdaigle d'un air qui se voulait discret. Remus devait bien avoir repéré l'insistance avec laquelle son propre corps regardait Jane Hathaway mais il fit mine de ne pas s'en rendre compte, plongé dans son manuel de Défense contre les Forces du Mal.
On avait peine à croire en les regardant de loin que de terribles secrets les unissaient tant ils semblaient insouciants. James resta quelques instants sur le pas de la porte, partagé entre l'attendrissement et le reste de la colère qu'il avait accumulée contre Sirius à cause de cette histoire de quidditch. Il finit par aller prendre place avec eux et fut accueilli avec chaleur, ce qui effaça davantage sa mauvaise humeur.
- Alors qu'est-ce qu'il te voulait le capitaine ? s'enquit Peter avec curiosité.
James balaya le groupe des yeux puis s'arrêta sur Sirius, qui était suspendu à ses lèvres. Pendant une fraction de seconde l'attrapeur en titre fut tenté de ne rien lui divulguer mais il vit dans le regard de son ami que celui-ci n'était animé d'aucune mauvaise intention à son égard et se sentit perfide de vouloir ainsi lui mettre des bâtons dans les roues.
- Il veut que tu changes de poste, répondit-il alors de sa voix la plus velouteuse en espérant ne laisser entrevoir aucun signe de contrariété. Tu vas jouer samedi à mon poste et moi au tien.
Sirius laissa tomber bruyamment ses couverts dans son assiette sous le coup de la stupeur. Il observa son ami bouche bée.
- Je vais jouer… au poste d'Attrapeur ? bredouilla-t-il sans y croire.
- Oui, acquiesça James toujours de cette voix cordiale qui sonnait faux, Dwayne a trouvé que tu avais… toutes les capacités pour faire un meilleur Attrapeur. Il compte sur toi. Toute l'équipe compte sur toi.
- Et toi ? s'enquit Sirius sur la défensive.
Pour la première fois il ne parut plus très sûr d'avoir bien agi en intégrant l'équipe de quidditch. S'il avait toujours rêvé de goûter au succès des sportifs, il n'avait cependant jamais eu l'intention de faire de l'ombre à son meilleur ami pour qui le quidditch semblait être la seule priorité. James haussa les épaules pour montrer qu'il s'en fichait même si derrière ses lunettes, ses yeux brillaient d'une colère contenue.
- Je suis content pour toi, dit-il d'une voix absente.
A qui espérait-il faire croire ça ? Sirius échangea un regard mal à l'aise avec Peter et Remus, qui semblaient hésiter à se lever pour fuir et les laisser régler leurs comptes tranquillement. Néanmoins, même si Sirius sentit clairement le malaise s'installer entre son comparse et lui, il préféra faire semblant de le croire sur parole et haussa à son tour les épaules pour mettre un terme à cette discussion.
- Tant mieux, conclut-il en engloutissant le reste de son petit-déjeuner. Je ne voudrais surtout pas qu'il y ait de rivalités entre nous.
James posa un regard sur Sirius, que ce dernier ne vit pas, trop concentré sur son assiette. Ce fut peut-être une chance d'ailleurs, songea Remus, car si c'était à lui qu'un tel regard avait été adressé, il se serait enfui en courant. Les ennuis étaient visiblement loin d'être terminés.
Tadaa, vous en conviendrez que j'ai été moins cruelle sur cette fin que pour le chapitre précédent ! Ce chapitre était un peu plus soft, ça faisait un moment qu'il n'était plus question de quidditch, ça me manquait un peu. J'espère que ça vous a plu.
Oui bien entendu, le Polynectar était une mauvaise idée. Comme vous l'aviez compris, l'histoire n'est pas assez proche de la fin pour inverser le sort maintenant. Le petit indice qui permettait de le savoir n'était pas vraiment un indice mais plutôt une erreur de ma part que je confesse : dans le chapitre précédent, les Maraudeurs se mettent d'accord pour savoir qui ira parler à Lily AVANT de tester le Polynectar, ce qui voulait dire clairement que le Polynectar n'allait pas fonctionner. Pour être plus logique, j'aurais dû leur faire d'abord tester la potion puis, voyant que ça ne fonctionnait pas, ils se seraient mis d'accord pour savoir qui parlerait de Severus à Lily. Je m'en suis rendue compte à la relecture du chapitre mais si j'avais changé, je n'aurais pas pu terminer en plein suspense. Vous aviez tous remarqué ça, pas vrai ? XD
La prochain chapitre sera un peu plus intéressant : retour de Severus et de Doherty, autrement dit, ça va barder !
J'espère que cette fic vous plaît toujours autant. merci beaucoup d'avoir lu. J'attends vos avis ! A la semaine prochaine !
