Me revoilà avec un nouveau chapitre ! Merci à tous ceux qui ont laissé une review, j'espère que cette fic vous plaît toujours autant.

Le précédent chapitre s'achevait sur un Sirius très remonté contre Doherty et plus tout à fait maître de lui-même. Comment va-t-il gérer sa lycanthropie maintenant ? Je vous laisse le découvrir. Je vous ai également préparé une petite surprise, un personnage de l'univers d'HP auquel vous ne vous attendez sans doute pas.

Pour répondre à Holmes11 : merci pour ta review, je suis contente que tu aies apprécié le passage entre Severus et Lily, j'adore leur tandem, ils sont si différents que c'est un vrai bonheur de rechercher tout ce qui peut faire leur complicité. Quant à la confrontation entre Sirius et Doherty, elle était inéluctable, ce personnage avait bien besoin d'être remis à sa place, sans compter que ça a permis de mettre en lumière un nouveau problème : Sirius cèderait-il au « côté obscur de la force » ? Ravie que ça t'ait plu, j'espère que tu aimeras la suite.

Bonne lecture à tous !


Chapitre 19 : Combat de coqs

Même après une soirée de quidditch, Sirius était infatigable. Au terme de la séance où Dwayne n'avait cessé de répéter qu'il était un miracle pour son équipe, Sirius semblait avoir oublié l'altercation qui l'avait opposé à Doherty. A présent, il avait retrouvé toute sa bonne humeur. A tel point qu'après dîner, sitôt qu'il fut remonté dans la tour de Gryffondor avec ses amis, il demanda à Peter de l'aider à continuer son entraînement. Ne pouvant lâcher un vif d'or dans le dortoir, ils adoptèrent une autre tactique. Peter devait ensorceler des petits objets et les faire voler dans la pièce tandis que Sirius les attrapait au vol. Cela permettait à Sirius de travailler ses réflexes et à Peter de réviser ses sortilèges.

- On va corser un peu les choses, décréta Sirius après une demi-heure de ce jeu.

Il noua sa cravate aux couleurs de Gryffondor autour de ses yeux pour cacher sa vue et développer ainsi ses autres sens. Peter réitéra alors son sortilège et fit voler une dizaine d'objets à une vitesse vertigineuse. Il commençait à bien maîtriser l'enchantement à présent. En quelques bonds de cabri, Sirius intercepta tous les objets avec une dextérité remarquable. Peter se confondit en applaudissements.

- Tu es incroyable ! commenta-t-il émerveillé. Avec toi, le match contre les Poufsouffle va durer trente secondes.

Sirius retira son bandeau et joua avec fièrement. Lui non plus ne doutait pas de pouvoir clôturer le match en quelques secondes.

Pendant ce temps, James avait préféré travailler dans la salle commune, incapable de s'infliger le spectacle de Sirius en train de crâner à son poste d'attrapeur. Remus avait saisi ce prétexte pour descendre travailler avec lui et pouvoir lui parler en privé. Il lui raconta la discussion houleuse entre Sirius et Doherty sans entrer dans les détails.

- Sirius m'inquiète vraiment, confessa-t-il à voix basse entre deux questions pour le cours d'Histoire de la magie, j'ai l'impression que le loup en lui est en train de prendre le contrôle, qu'il influence son comportement. Ce n'est plus tout à fait Sirius, c'est un Sirius…

- En pire ? suggéra James qui n'en pensait pas moins.

- Ouais… exacerbé dirons-nous, tempéra Remus. C'est comme si le loup faisait ressortir ses traits de caractère : son tempérament de feu, son côté m'as-tu-vu. Plus la pleine lune approche et pire c'est.

- Alors vivement que cette pleine lune passe ! maugréa James en jetant brutalement sa plume dans son encrier.

- Rien ne prouve que ça s'arrangera après, soupira Remus en s'affalant sur son siège d'un air abattu. James, j'ai peur que Sirius ne devienne… incontrôlable.

- Il est déjà incontrôlable, fit remarquer James.

- Oui mais il pourrait finir par être… dangereux, marmonna Remus mal à l'aise.

- Tu crois ? fit James soudain mal assuré. Il est insupportable c'est vrai mais pour l'instant, il ne fait rien de mal. Il drague, il frime et il remballe ceux qui lui prennent la tête. C'est Sirius ma foi ! Pas de quoi s'alarmer.

- C'est Sirius okay… mais c'est aussi un loup-garou, rappela Remus à voix très basse pour que personne n'entende. Je déteste dire ça mais quoiqu'on en pense, un loup-garou reste une créature dangereuse. Sirius est comme un novice, il ne maîtrise pas sa nature, ni ses pouvoirs contrairement à ce qu'il croit. J'ai peur qu'il finisse sous l'emprise du loup.

- Enfin on dirait que tu parles de schizophrénie, riposta James en écarquillant les yeux. Ton côté loup-garou n'a pas de conscience propre. Même si tu perds ton self-control quand tu es transformé, ça reste toi… ce n'est pas quelqu'un d'autre qui prend ta place. A moins que tu aies omis de me dire que tu n'étais pas tout seul dans ta tête ?

Malgré lui, Remus eut un petit rire mais celui-ci fut de courte durée.

- Honnêtement je n'en sais rien, avoua-t-il. Tout ce que je peux dire, c'est que Sirius n'est plus le même et que le fait qu'il soit un loup-garou n'y est pas étranger. Je suis inquiet.

- Je sais, répondit James d'une voix douce, mais ne t'en fais pas : on l'a à l'œil. On continue à le surveiller.

oOoOoOo

Conscient que le temps commençait cruellement à manquer, James et Remus prirent le risque de sécher les cours de la matinée pour aller consulter à la bibliothèque les ouvrages consacrés au croquemitaine. S'il existait encore une petite chance d'empêcher les Serpentards de détruire l'école avant la pleine lune, il ne fallait pas la laisser passer.

C'était la première fois que Remus séchait sciemment les cours et cela le déstabilisait beaucoup. Heureusement qu'il pouvait profiter du corps de Sirius, qui lui n'avait aucun état d'âme à se passer des cours de temps à autre, persuadé qu'ils ne lui étaient que d'une utilité limitée. C'était d'ailleurs Sirius qui avait suggéré à son ami d'accompagner James à la bibliothèque pour le seconder dans ses recherches.

- Tant pis si McGonagall me file une retenue, dit-il d'un ton dégagé juste avant qu'ils ne se séparent dans le hall de Poudlard, ce ne sera qu'une de plus. Et puis on sera quittes pour la retenue que tu as eu à cause de moi dans la salle des trophées avec Rusard.

Remus avait complètement oublié ce détail mais sitôt que son ami le lui rappela, il n'eut plus aucun scrupule à sécher le cours. D'ailleurs, ce fut un choix judicieux car il fut le premier à trouver un livre consacré au croquemitaine. Il ne fournissait malheureusement guère de renseignements intéressants.

- La légende du croquemitaine ou draugen pour les pays Scandinaves est assez nébuleuse, lut-il à haute voix même si James était passé derrière lui pour lire par-dessus son épaule. Personne ne peut dire exactement à quoi il ressemble. C'est un monstre qui voyage de contrée en contrée pour terrifier tous ceux qui croisent son chemin, attiré par la joie des humains dont il se nourrit pour ne laisser en eux que la peur … eh bien c'est joyeux !

- Mais ce n'est pas qu'une légende, répliqua James en se rasseyant à sa place les sourcils froncés en signe de scepticisme, il faut bien qu'il existe puisque les Serpentards essaient de le ramener.

- Attends, ce n'est pas fini, répliqua Remus avant de reprendre sa lecture. La dernière manifestation du Draugen a eu lieu sous la forme d'un monstre marin il y a mille ans au Danemark où il a sévi pendant un siècle avant d'être vaincu par…

Il s'interrompit en écarquillant les yeux sur le nom comme s'il n'arrivait pas à y croire.

- Quoi ? l'encouragea James, plein de curiosité. Qui l'a vaincu ?

- Alors ça c'est incroyable ! s'exclama Remus éberlué.

- T'accouches oui !

- Ce bouquin dit que le Draugen a été vaincu par… Godric Gryffondor.

- L'un des fondateurs de Poudlard ? s'écria James stupéfait à son tour. Celui qui a donné son nom à notre maison ?

- En personne, acquiesça Remus en hochant la tête, apparemment il aurait embroché la créature avec son épée et anéanti la menace qu'il représentait.

- Ouah c'est l'un des fondateurs de notre école qui a détruit le croquemitaine, résuma James pas peu fier, le nôtre en plus. C'est cool !

- Ca alors ! lança Remus qui avait poursuivi la lecture dans sa tête pendant que son ami s'extasiait. Il est écrit dans ce livre que Godric Gryffondor aurait d'abord essayé de lui trancher la gorge et que de l'entaille qu'il lui a faite sont sortis les Détraqueurs.

- Tu crois que c'est vrai ? s'enquit James dubitatif.

- Evidemment que c'est vrai !

James sursauta en entendant cette voix claire et inconnue dans son dos avant de faire volte-face pour voir à quoi ressemblait cet intervenant inopiné. A sa grande surprise, il vit avancer vers lui une créature non identifiée, une espèce d'échalas aux cheveux couleur paille mal coiffés, qui semblait ailleurs voire sous l'emprise d'une substance illicite et qui devait assurément débarquer d'une autre dimension car son style vestimentaire était de la dernière excentricité.

De mémoire, James n'avait jamais vu personne s'habiller ainsi, pas même Dumbledore, ce qui était peu dire. Il resta quelques instants figé de stupeur, le regard braqué sur cet arrivant inattendu avant de se tourner vers Remus pour voir ce que ce dernier en pensait. Remus ne semblait pas moins abasourdi.

- Excusez-moi, murmura le nouveau venu de sa voix claire comme de l'eau, je ne voulais pas vous écouter. J'ai entendu sans le vouloir.

Sans attendre d'y être invité, il prit place à côté de James, face à Remus et observa les deux garçons d'un air un peu atone.

- Vous parliez du croquemitaine, dit-il, je connais bien la légende.

- Excuse-moi mais… qui es-tu ? interrogea James d'un ton inquisiteur.

- Pardon, fit le jeune homme, je m'appelle Xenophilius Lovegood.

- Lovegood ? répéta James comme si ce nom lui évoquait quelque chose. A tout hasard, tu ne ferais pas partie du journal de l'école ?

Le garçon hocha la tête en guise d'approbation. James et Remus échangèrent un regard empli de compréhension mutuelle. Xenophilius Lovegood était très connu à Poudlard pour ses articles complètement loufoques. Sirius achetait L'Echo de Poudlard à chacune de ses parutions aléatoires pour le plaisir de lire les « Chroniques de Xenophilius Lovegood » qui le faisaient à chaque fois pleurer de rire.

C'était la première fois que les garçons avaient le bonheur de rencontrer l'artiste mais à présent qu'il voyait à quoi il ressemblait, ils comprenaient mieux la teneur de ses articles. A l'évidence, ce n'était pas un écrivaillon débordant d'imagination qui rédigeait ces articles pour s'amuser mais un illuminé qui croyait réellement à ce qu'il disait. Sirius aurait sûrement adoré être là pour s'entretenir avec lui.

- J'ai entendu parler de toi, dit alors James en retrouvant sa bonne humeur. Enchanté de te rencontrer ! Je suis James Potter.

- Oui bien sûr, commenta Xenophilius en serrant la main qu'il lui tendait, le grand joueur de quidditch. Et toi tu es Sirius Black, c'est ça ? ajouta-t-il en se tournant vers Remus.

- Oui, confirma Remus avec un sourire, j'adore tes chroniques ! Je les lis tout le temps. D'ailleurs quand sort le prochain numéro ?

- Oh bientôt, assura Xenophilius en lui rendant son sourire, on devait le sortir la semaine dernière mais certains rédacteurs ont perdu leur papier.

Il jeta un coup d'œil aux alentours pour s'assurer que personne ne les écoutait puis se pencha vers James et Remus avant de reprendre à voix basse.

- A mon avis, c'est un coup des lutins des Highlands. Ils aiment bien venir voler des objets quand les humains ont le dos tourné.

- Des lutins des Highlands ?

- Oui, renchérit Lovegood, c'est comme les lutins de Cornouailles sauf qu'ils sont verts et qu'ils viennent des Highlands.

- Je te crois sur parole, murmura James en échangeant un coup d'œil avec Remus pour s'assurer que lui aussi prenait ce nouveau venu pour un malade mental, ce qui semblait le cas. Alors tu voulais nous dire quelque chose à propos du croquemitaine ?

- Je suis content de rencontrer des gens qui croient à son existence, lança Lovegood très sérieusement. Ca fait quelques temps qu'on essaie de convaincre ceux du journal mais personne ne veut y croire. Pourtant Sybille est formelle. Elle a senti le danger.

- Sybille ? releva James en jetant à Lovegood un regard interrogateur.

- Oui Sybille Trelawney, c'est une amie, expliqua le journaliste en herbe, elle a pour parente la voyante Cassandra Trelawney et elle a hérité de ce don. Sybille fait des cauchemars en ce moment. Elle est persuadée que le croquemitaine va venir à Poudlard… sûrement pour dévorer les doigts de pieds des élèves qui ne veulent pas se laver, ça s'est déjà vu à Durmstrang il y a quelques siècles.

James et Remus échangèrent un regard incrédule, incapables d'en croire leurs oreilles. Lorsque Remus eut bien imprimé ce que cet excentrique venait de dire, il éclata de rire et commença à comprendre pourquoi Sirius était un fervent lecteur de ses articles. Lovegood apprécia fort peu cette montée d'hilarité pour un sujet d'une si extrême gravité.

- Tu peux rigoler mais c'est très difficile de marcher sans orteils, argumenta Lovegood croyant par mégarde faire cesser l'hilarité de Remus qui en fait redoubla d'intensité.

- Je n'en doute pas, s'esclaffa celui-ci en pleurant de rire.

- Cette Sybille Trelawney, murmura James qui réfléchissait depuis quelques minutes pendant que Remus tentait de maîtriser son fou rire, où peut-on la rencontrer ?

- Elle est à Serdaigle avec moi, répondit Lovegood, si elle n'est pas en cours, elle est peut-être au journal. Vous voulez qu'on aille vérifier ?

Les deux garçons acceptèrent volontiers et se levèrent pour suivre leur nouveau camarade hors de la bibliothèque. Sur le chemin, Remus traîna volontairement les pieds pour parler à James en aparté.

- Qu'est-ce que tu lui veux à cette fille ? questionna-t-il peu rassuré. Tu ne crois tout de même pas à cette histoire de voyante. Ce type est complètement cinglé.

- Elle fait des cauchemars dans lesquels elle voit le croquemitaine attaquer Poudlard, marmonna James entre ses dents. En temps normal, j'aurais trouvé ça délirant mais en l'occurrence, c'est un peu gros comme coïncidence. J'ai bien envie d'écouter ce qu'elle a à dire. A mon avis, elle sait quelque chose, voyante ou pas.

- Pardon ? fit Remus en comprenant où son ami voulait en venir. Tu penses qu'elle est complice des Serpentards ?

James haussa les épaules.

- Je pense que ce n'est pas impossible, répondit-il simplement, j'aime mieux n'écarter aucune piste.

Remus faillit ajouter quelque chose mais il n'en eut pas l'occasion car au même moment, Peter se précipita sur eux comme un oiseau de proie, essoufflé comme s'il avait couru un marathon.

- Ah… vous êtes… là, haleta-t-il plié en deux par ses côtes criblées de points douloureux, venez vite… Sirius est… devenu… incontrôlable !

Remus et James échangèrent le même regard paniqué.

oOoOoOo

Personne n'aurait pu prévoir le moindre débordement. Sirius s'était montré aussi sage que pouvait l'être Remus pendant les deux heures de cours où il avait studieusement pris ses notes, assis au premier rang tout en levant la main de temps à autre pour répondre aux questions des professeurs. Sa concentration et son assiduité lui avaient même permis de faire gagner deux points à sa maison, maigre butin qui suffit à faire rayonner le jeune homme de bonne heure à la sortie des cours.

- Je te félicite, lui dit Peter alors qu'ils quittaient la salle d'histoire de la magie, tu as vraiment fait honneur au corps de Remus pour changer.

- Je peux être très sage quand je le veux, riposta Sirius avec un sourire.

- Tu devrais le vouloir plus souvent, conseilla Peter d'un ton taquin.

- Pettigrow est-ce que je peux vous voir un moment ?

C'était le professeur McGonagall qui se trouvait sur le pas de la porte de sa salle au moment où les deux garçons passaient justement devant par hasard. Peter se figea soudain blême. Généralement, quand le professeur McGonagall souhaitait s'entretenir en privé avec un élève, ce n'était pas pour lui annoncer une bonne nouvelle. Cette femme avait un don pour inspirer la crainte et la culpabilité sans raison. Après avoir dégluti avec difficulté en signe d'inquiétude, Peter consentit à la suivre.

- Ce ne sera pas long, assura l'enseignante.

- Rejoins-moi aux casiers ! lança alors Sirius en prenant seul le chemin opposé.

Tandis qu'il alla déposer ses livres de la matinée dans le casier de Remus pour prendre ceux qui lui seraient utiles pour les cours à venir, Sirius vit soudain Holly s'avancer dans le couloir et faire escale devant son propre casier. Elle était particulièrement jolie ce matin-là. Sirius se figea un instant pour l'observer, en proie à une pulsion irrépressible. Dans un élan d'audace, l'adolescent céda à la tentation et marcha vers elle pour aller lui parler.

- Salut Holly !

- Oh salut Remus ! s'écria celle-ci dont le visage rayonna lorsqu'elle le reconnut.

- Tu es… très en beauté aujourd'hui, complimenta le jeune homme avec un sourire en coin qui faisait toujours un malheur lorsqu'il était dans son propre corps.

- Quel flatteur ! lança Holly en roulant des yeux même si ses joues se colorèrent subitement. Les séances d'entraînement ne te suffisent plus. Il faut aussi que tu joues les jolis cœurs dans les couloirs.

- La vie est courte, répliqua Sirius d'un ton léger en s'approchant d'elle lentement presque imperceptiblement, on ne devrait pas perdre la moindre occasion de faire remarquer à une fille qu'elle est jolie.

Holly éclata de rire mais rougit de plus belle.

- Tu es redoutable, confessa-t-elle mi-gênée, mi-conquise.

- Ca m'a l'air d'être un compliment, remarqua Sirius ravi en levant une main pour lisser une des mèches blondes de la jeune fille.

Celle-ci repéra son intention et rabattit la mèche en question derrière son oreille, soudain sincèrement embarrassée.

- Arrête Remus, dit-elle tout à coup d'une voix presque désolée, Timothy va arriver.

- Tu es toujours avec ce naze ? s'étonna Sirius sans cacher son mépris. Qu'est-ce que tu attends pour le larguer ?

- Je suis très bien avec lui, rétorqua l'adolescente.

- Mais il est mortellement ennuyeux.

- Tu n'es pas réputé pour être un clown toi non plus.

- Je pourrais te surprendre, se défendit Sirius en souriant de plus belle.

- Oh plus rien ne m'étonne de ta part ! trancha Holly d'un ton dégagé. D'ailleurs il me semble que toi aussi tu as quelqu'un en ce moment ?

- Pardon ? fit Sirius qui parut pour la première fois décontenancé.

Un voile passa sur le visage de la joueuse de quidditch.

- Oui j'ai entendu dire que tu sortais avec la sœur d'un des joueurs de l'équipe de Poufsouffle, dit Holly en fouillant dans sa mémoire pour ne pas commettre de bévue, Hathaway je crois…

Jane. Une émotion étrange parcourut le corps de Sirius mais s'estompa bien vite. Le jeune homme esquissa un sourire caustique.

- Oublie ça ! répliqua-t-il en faisant un geste de la main pour montrer combien il trouvait cette histoire insignifiante. Ce n'était qu'une manœuvre pour approcher l'équipe des Poufsouffle et les déstabiliser avant le match de samedi.

- Oh ! s'écria Holly en prenant un ton scandalisée alors qu'elle ne pouvait contenir son admiration. C'est déloyal de faire ça.

Le sourire de Sirius s'élargit davantage.

- Mais j'ai l'impression que ça ne te déplaît pas, rétorqua-t-il d'un ton taquin, aurais-tu un faible pour les mauvais garçons ? Tu dois vraiment t'ennuyer avec Timothy Jones.

Il tendit à nouveau une main pour lui toucher les cheveux. Cette fois, Holly se laissa faire les joues en feu, complètement sous l'emprise du charme que Sirius dégageait même dans le corps du timide et miteux Remus Lupin. Cela tenait du prodige. Le sourire béat de la jeune fille céda soudain la place à une mine horrifiée.

- Timothy ! s'exclama-t-elle prise de panique.

Sirius sentit soudain un danger fondre sur lui mais il n'eut pas le temps de se retourner qu'une main le saisit brusquement par l'épaule et le força à faire volte-face avant de le pousser brutalement contre la rangée de casiers.

- Eh toi ! aboya un garçon étonnamment costaud pour un féru d'échecs. C'est ma copine que tu dragues.

- Tu es vachement observateur dis donc ! rétorqua Sirius d'un ton narquois sans s'effrayer le moins du monde alors que son adversaire le dominait en taille.

Timothy Jones ne fit ni une, ni deux et laissa tomber son sac pour se ruer sur son rival afin de le rouer de coups, indifférent aux cris de ses amis qui lui conseillaient vivement de renoncer à cette rixe.

- Tim arrête ! glapit Holly apeurée.

Mais rien n'aurait pu empêcher ce fou furieux de vouloir casser la figure de Sirius. Celui-ci le regarda charger comme un taureau enragé et ne put retenir un sourire de dédain. Ce misérable ne croyait pas véritablement pouvoir le battre. Quelle plaisanterie ! Lorsque le garçon se rua, Sirius n'eut aucun mal à sortir de sa ligne d'attaque grâce à sa rapidité et son agilité surhumaine.

Il sous-estimait son adversaire pourtant. Timothy parvint dans une volte-face à envoyer violemment son coude dans le menton de Sirius qui réprima un cri de douleur. Sa mâchoire se mit à saigner légèrement et le goût du sang sembla lui faire perdre un instant le sens des réalités. Une rage incommensurable s'empara de son être.

- Alors comme ça tu veux te battre, grogna-t-il dans un souffle comparable à un feulement de tigre tout en fusillant son ennemi des yeux. Très bien.

Sans laisser le temps à Timothy de faire quoi que ce soit, Sirius le saisit à la gorge sous les cris des autres élèves et le souleva de terre d'une seule main avant de le plaquer violemment contre les casiers à son tour.

- Remus ! couina Holly qui semblait terrifiée à présent.

Mais Sirius ne l'écoutait plus. Il ne semblait même plus l'entendre. Il n'y avait plus que lui… et sa proie, qui commençait à prendre peur d'ailleurs.

- Qu'est-ce que tu peux faire maintenant ? lança Sirius d'un ton cynique.

Timothy battit des pieds et des poings pour essayer de se libérer mais rien ne put faire lâcher prise à Sirius. Un sourire cruel éclaira son visage.

- Qu'est-ce que tu peux faire ? répéta-t-il d'un air de dément.

Il l'envoya contre la rangée de casier de l'autre côté du couloir avec plus de facilité que si son projectile humain ne pesait rien. Les cris autour de lui redoublèrent d'intensité. Peter, qui venait d'assister à ce vol plané depuis le haut des escaliers, fit aussitôt demi-tour et se précipita à toutes jambes vers la bibliothèque pour aller chercher James et Remus. Pendant ce temps, Sirius avança vers son adversaire, le poing serré et la mine menaçante.

- Tu as vraiment cru que tu pouvais me battre, ricana Sirius avec le plus profond mépris, un misérable tas de viande tel que toi ne peut rien contre moi.

- Remus je t'en prie ! s'écria Holly de sa voix la plus stridente. Ne lui fais pas de mal !

- C'est lui qui a commencé, riposta Sirius sans état d'âme.

Il leva son poing, prêt à abattre le coup final sur Timothy, qui se recroquevilla, le teint livide, mais fut stoppé en pleine élan par une seconde voix féminine.

- Arrête ça Lupin !

A sa grande stupeur, Sirius sentit deux mains lui agripper le bras pour l'empêcher de porter son attaque. Il tourna la tête et aperçut Lily, dont le teint écarlate jurait avec la couleur de ses cheveux.

Pendant une fraction de seconde, Sirius resta complètement pétrifié par cette apparition inattendue. Lily Evans, que faisait-elle là ? Elle n'était sûrement pas seule. Sirius jeta un coup d'œil par-dessus l'épaule de la jeune fille et ne tarda pas à apercevoir Jane au milieu de la foule d'élèves qui l'observaient à la fois terrifiés et interloqués.

Jane. Elle semblait sur le point de fondre en larmes. Depuis combien de temps était-elle là ? L'avait-elle vu parler avec Holly ? Quelle importance au fond, elle était en train de le voir rouer de coups un garçon, sa conversation précédente avec Holly devait être le cadet de ses soucis. Sirius resta quelques instants paralysé, le regard rivé sur Jane, qui, même si elle observait la scène avec attention, évitait soigneusement de croiser ses yeux. Mon Dieu mais qu'est-ce que je suis en train de faire ? songea-t-il tout à coup avec horreur.

- Remus, murmura Lily d'un ton raisonneur.

Sitôt qu'il entendit le son de sa voix, Sirius retrouva toute sa colère bestiale.

- Mêle-toi de ce qui te regarde ! aboya-t-il en se dégageant brutalement de l'emprise de Lily. Tu me fatigues avec tes leçons de morale.

En exécutant un geste brusque pour se libérer, il asséna malencontreusement une claque du revers de la main sur la joue de Lily, qui tituba une fraction de seconde sous la violence du choc. Ce fut l'étincelle qui mit le feu aux poudres. On entendit tout à coup dans la foule un rugissement de rage.

- NE TOUCHE PAS A LILY !

Rogue se fraya un chemin dans l'assemblée et surgit tel un démon de sa boîte, baguette levée. Sirius n'eut pas le temps d'esquiver et reçut de plein fouet un sort qui l'envoya valser à son tour contre la rangée de casiers, à quelques pas de Timothy, qu'Holly aidait tant bien que mal à se remettre debout. Sirius se releva, le visage déformé par la haine, et foudroya Rogue des yeux. En une seconde, il se désintéressa aussitôt d'Holly et Timothy. S'en prendre à son vieil ennemi lui suffirait largement.

- C'est toi que je vais mettre en pièces Rogue ? cracha-t-il avec malice. Oh ça ne me pose aucun problème.

- Attention Severus ! gémit Lily prise de peur tandis que Mary et Jane tentait de l'éloigner des deux garçons.

- Amène-toi Lupin ! lança Rogue d'un ton provocateur. Un contre un pour changer ! Pour une fois, tes petits amis Black et Potter ne sont pas là pour te protéger.

- Comme si j'avais…

- Combien tu paries ? renchérit la voix de James au même moment.

A son tour, il fendit la foule et s'avança vers l'arène où se déroulait le combat pour s'en mêler. Sa propre baguette à la main, James la pointa sans détour sur Rogue pour lui jeter un maléfice. Les deux ennemis jurés commencèrent à s'affronter comme à leur habitude, dispersant la foule qui craignait de recevoir un sortilège par inadvertance.

- Ne te mêle pas de ça Potter ! tonna Rogue furieux. C'est entre Lupin et moi !

- Si tu fais du mal à mon ami, ça me regarde, trancha James.

- C'est lui qui s'en est pris à Lily, protesta Rogue le teint violacé.

James se figea alors, éberlué et Rogue en profita pour lui lancer un maléfice cuisant. Peter se hâta alors d'intervenir pour aider son ami mais il était si mauvais en duel que Rogue eut rapidement raison de lui. Il voulut alors revenir à Lupin mais il réalisa à cet instant que celui-ci avait disparu.

Profitant de la diversion créée par James, Remus s'empressa d'attraper Sirius par les épaules et de le tirer le plus loin possible du lieu du combat. Sirius bouillonnait d'une rage comme Remus ne lui en avait jamais connue. Ce n'était plus lui, c'était un autre. Remus non plus n'était plus tout à fait maître de lui-même à vrai dire. Il était très en colère après le spectacle qu'avait donné Sirius mais en même temps terrifié. Il commençait à s'habituer à se voir de l'extérieur à travers Sirius.

Certes en quelques jours, Sirius l'avait relooké et lui avait donné plus d'assurance, mais jamais il n'avait laissé transparaître le loup qu'il y avait en lui. Or à cette seconde précise, le Remus que montrait Sirius paraissait vraiment terrifiant, vraiment… inhumain. Même à moi, il me fait peur, songea Remus que ce constat mettait en miettes, il a vraiment l'air d'un monstre. Je n'aurais jamais pensé que je pouvais ressembler à ça.

- Sirius, bredouilla-t-il très mal assuré.

- C'est bon ne dis rien ! coupa sèchement celui-ci.

Il se dégagea brusquement de Remus qui le tenait toujours par les épaules.

- Je n'ai pas envie de t'entendre me faire la leçon, gronda-t-il.

- Mais Sirius, ce que tu as fait est très grave, balbutia Remus exténué, tu aurais pu tuer ce garçon si Rogue n'était pas intervenu.

- Rogue ! pesta Sirius dont les yeux lancèrent soudain des éclairs à l'évocation de ce nom. Il ne perd rien pour attendre. J'aimerais bien le croiser à la pleine lune un de ces quatre. Pourquoi on ne l'inviterait pas à la cabane hurlante un soir de…

- Ca suffit ! explosa Remus en plaquant ses mains sur ses oreilles et en fermant les yeux. Sirius, c'en est trop ! Tu dérailles complètement.

- Quoi ?

- Il faut que tu te reprennes. Tu ne te contrôles plus. Tu dois réfréner tes instincts de lycan avant que quelqu'un…

- Et pourquoi je ferais ça ? coupa Sirius d'un ton enflammé en amorçant un geste pour s'en aller. Ras-le-bol de me cacher ! Tu aurais préféré que je m'aplatisse devant ce mec comme devant Doherty ? Que je me laisse casser la figure par un misérable humain ?

- Depuis quand tu méprises les humains ? fit Remus d'une voix aiguë.

- Depuis que j'ai réalisé qu'ils ne m'arrivaient pas à la cheville, répondit Sirius du tac au tac. Remus, je ne te comprends pas. Comment as-tu pu ramper toutes ces années devant tous ces gens alors que tu leur es mille fois supérieur ?

- Tu ne sais pas ce que tu dis, bredouilla Remus en esquissant un pas de recul.

- Oh si, répliqua Sirius avec le plus grand sérieux, et je vais même te dire mieux : si c'était moi qui étais un loup-garou, un vrai, pas seulement ton remplaçant, je te garantis que les loups-garous auraient déjà pris le contrôle de l'école.

- Sirius, tu es…

- Moi au moins, je n'ai pas honte de ce que je suis ! s'écria Sirius en reculant sensiblement pour s'en aller. Au contraire, je suis fier… je suis au-dessus de tous ces humains stupides.

Remus sentit quelque chose se briser en lui. Chaque mot de Sirius était une flèche qui l'atteignait en plein cœur. Un coup supplémentaire et il risquait de s'effondrer. Hélas sans une once de pitié, Sirius porta le coup de grâce.

- Tu sais, fit-il de sa voix chargée de colère contenue, depuis que je sais que tu es un loup-garou, tu n'arrêtes pas de te lamenter sur ton sort et de répéter « Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ? » eh bien aujourd'hui j'ai la réponse à cette question. Tu veux savoir ce que tu as fait pour mériter d'être un loup-garou ?

Remus, qui avait la gorge trop nouée pour parler, se contenta d'hocher la tête.

- Rien du tout, répondit alors Sirius d'un ton féroce, tu n'as absolument rien fait pour mériter le don qui t'a été donné mais tu l'as reçu quand même et tu n'en profites même pas. Tu me fais vraiment pitié.

Et sur ces mots assassins, Sirius tourna les talons et disparut au détour du couloir. Alors Remus se retrouva seul et tomba à genoux au sol, vidé de ses forces.


Quelle fin mélodramatique, oui je sais XD mais là pour Remus, c'est vraiment trop.

Merci beaucoup d'avoir lu !