Et voilà qu'on arrive au vingtième chapitre et cette fic suit son cours. Merci à ceux qui continuent de la lire et de la commenter ainsi qu'à ceux qui l'ont prise en cours de route !
Eh oui le personnage surprise c'était bien Xenophilius Lovegood, je trouvais que cette fic manquait d'un personnage frappadingue (enfin autre que les Maraudeurs), c'est pourquoi il interviendra à nouveau dans la suite de la fic (précisément dans ce nouveau chapitre XD)
Le dernier chapitre montrait un Sirius en pleine crise. Sans plus attendre, je vous laisse découvrir s'il s'est finalement apaisé.
Bonne lecture !
Chapitre 20 : Faire face aux conséquences de ses actes
Ce fut Slughorn qui dut séparer James et Rogue avant que les deux sorciers ne s'entretuent. James avait catégoriquement refusé de croire que Sirius eût pu gifler Lily même involontairement, préférant traiter Rogue de menteur, ce qui mit celui-ci dans une colère noire. Alerté par les préfets, Slughorn fit cesser les hostilités d'une formule magique.
Après avoir délesté Gryffondor et Serpentard d'autant de points qu'il le jugea nécessaire, le maître des potions annonça à James, Rogue et Peter (car il se trouvait aussi sur le champ de bataille) qu'ils avaient tous les trois gagné une retenue. Ils étaient « conviés » à nettoyer tous les chaudrons après les cours. Tout ça pour Sirius ! Et dire que ce dernier s'en tirait sans encombre. Timothy Jones, qui avait déclenché tout cela, s'en sortit également sans être inquiété. Cette injustice contraria fortement Peter. D'ordinaire c'était toujours lui qui gardait les mains propres dans ce genre de situation.
Les deux garçons finirent par se retirer, tout en se plaignant de leur sort, et partirent à la recherche de Sirius et Remus. Ils tombèrent très vite sur Remus, qui n'avait pas bougé du couloir au milieu duquel il était agenouillé, l'air à bout de forces. Peter se précipita aussitôt vers lui la mine inquiète tandis que James scruta les alentours pour voir s'il n'y avait nulle trace de Sirius mais ce dernier avait bel et bien disparu.
- Il commence doucement à me les casser celui-là ! laissa échapper James dans un mouvement d'humeur.
- Il n'est pas vraiment responsable de ses actes, balbutia Remus en saisissant la main que Peter lui tendit pour l'aider à se relever.
- Mais il nous gonfle ! s'emporta James. A cause de ses bêtises, on a perdu Xenophilius.
- Qui ? fit Peter incrédule.
- Je suis là, lança alors une petite voix rêveuse qui fit sursauter tout le monde.
Xenophilius se trouvait effectivement derrière James, la mine tout à fait tranquille comme s'il participait depuis le début alors que Peter et James étaient certains qu'ils n'étaient pas avec eux quelques secondes auparavant et qu'il avait jailli de nulle part. Si James n'avait pas su grâce à l'Histoire de Poudlard qu'il était impossible de transplaner dans l'enceinte du château, il aurait juré que ce drôle de bonhomme avait utilisé ce moyen de transport pour apparaître auprès d'eux.
- Votre ami a l'air souffrant, constata Xenophilius en faisant un pas vers Remus. Il a peut-être attrapé un Joncheruine, c'est très courant.
- Un quoi ? questionna James après une légère absence.
- Un Joncheruine, répéta Xenophilius surpris que James ne connaisse pas ce terme, ces petites créatures qui entrent dans la tête par les oreilles pour embrouiller le cerveau. Ils sont invisibles mais j'ai un lorgnospectre dans mon sac. Attendez…
Tandis que l'étrange personnage se mit à fouiller avidement dans son sac aux couleurs tellement voyantes qu'elles en étaient indécentes, Peter lança à James un regard incrédule.
- C'est qui ça ? demanda-t-il éberlué.
- Xenophilius Lovegood, expliqua James avec un léger sourire, il écrit dans le journal de l'école. Tu sais « Les chroniques de Xenophilius Lovegood », Sirius les lit tout le temps.
- Quoi, ces histoires à dormir debout ?
- Chut !
Ils se tournèrent tous les deux vers Xenophilius qui arborait à présent sur l'œil un gros monocle psychédélique en forme de fleur ou de soleil, au choix. Cette vision loufoque laissa les deux Gryffondor bouche bée.
- D'accord, marmonna Peter plus pour lui-même que pour les autres, ceci explique cela.
Il s'avança malgré sa réticence vers l'excentrique au monocle pour se présenter pendant que James s'approcha de Remus qui ne se remettait pas de ses émotions.
- C'est une catastrophe James, gémit-il au bord des larmes, on est en train de perdre… Remus. Il devient complètement fou.
- On trouvera une solution, promit James en lui posant une main sur l'épaule.
Pendant ce temps, Xenophilius examinait le visage de Peter avec attention.
- Oh toi aussi tu as des vampiflores dans ton jardin ? s'enquit-il tout à coup.
- Plaît-il ? fit Peter en écarquillant des yeux comme des soucoupes.
- Ces marques rouges que tu as sur la figure sont des morsures de vampiflores, expliqua le drôle de garçon d'un ton docte. Ce sont des jolies fleurs rouges avec des pétales en forme de bouche. Elles sentent bon mais il faut se méfier : la nuit, elles sortent de terre et s'infiltrent dans les maisons pour sucer le sang des humains.
- Ces marques rouges comme tu dis, ce sont des boutons d'acné, répliqua Peter.
- Oui c'est vrai qu'il est facile de confondre mais ne te laisse pas prendre, assura Xenophilius. Mes parents en avaient dans leur jardin mais on a dû les détruire avant qu'elles ne vident mon père de leur sang.
- J'ai l'impression qu'elles attaquent aussi le cerveau, marmonna Peter en regardant Xenophilius de travers.
- Tu devrais laisser de la peau de strangulot macérer dans du jus de mandragore et te l'appliquer sur le visage, conseilla Xenophilius d'une voix douce, ça fera partir les marques. Tu peux me faire confiance : ma mère est médicomage à Saint-Mangouste.
- Dans quel service ? Psychiatrie ?
- Peter !
Mais Xenophilius ne se sentit pas offensé outre mesure. Il ne semblait même pas avoir compris le sous-entendu. Remus, de son côté, était incapable de se détendre.
- Il faut neutraliser Remus avant qu'il ne devienne dangereux, insista-t-il, j'ai cru qu'il allait blesser quelqu'un.
- C'est vrai qu'il était dans une colère noire, commenta Xenophilius d'une voix rêveuse, on aurait dit un troll. C'est sûrement l'influence de la lune.
James, Remus et Peter faillirent s'étrangler avec leur salive en entendant cela. Ils braquèrent tous sur Xenophilius un regard éberlué.
- Qu'est-ce que tu dis ?
- C'est bientôt la pleine lune, fit remarquer le garçon en haussant les épaules avec indifférence, et on sait qu'elle a un pouvoir sur l'humeur des gens. Venez… suivez-moi si vous voulez toujours voir Sybille !
Sur ces mots, il se mit en chemin mais ne fut pas suivi tout de suite. James, Peter et Remus étaient encore trop bouleversés par la frayeur que cet olibrius venait de leur faire sans le vouloir.
- C'est vraiment un drôle de bonhomme, murmura Remus le teint fort pâle.
- Il nous emmène voir qui ? questionna Peter en pleine incompréhension.
James lui fit signe de suivre sans poser de questions auxquelles il ne tarderait guère à avoir la réponse. Xenophilius emmena ses nouveaux amis dans le local du journal L'Echo de Poudlard, une salle gracieusement prêtée par le professeur Flitwick, qui supervisait de loin cette association. Hélas Sybille ne se trouvait pas au journal lorsqu'ils arrivèrent. Navré, le brave Xenophilius proposa d'envoyer le hibou du journal pour l'appeler, une créature tellement laide et déplumée qu'elle ressemblait à un gros poulet prêt à passer à la casserole. Craignant que le seul voyage de la fenêtre du local jusqu'à la tour de Serdaigle n'achève la pauvre bête, James préféra remettre à plus tard la rencontre avec Sybille.
- Dès que je la vois, je vous l'envoie, promit Xenophilius.
- Merci bien, répondit James, Peter tu viens !
Celui-ci s'était perdu dans la contemplation d'un étrange appareil au beau milieu de la pièce, qui montait en spirale vers le plafond. Appréciant sa curiosité, Xenophilius lui expliqua qu'il s'agissait du presse-papier et voulut lui en montrer le fonctionnement. Cependant James sentit que cette leçon allait durer trois heures et, comme il n'avait pas de temps à perdre, il tira son ami de force tout en continuant à remercier leur nouveau compère pour sa bonne volonté.
oOoOoOo
Jane avait passé la plus grande partie de sa soirée à pleurer dans la salle de bain. La cause de son chagrin était bien évidemment Sirius, du moins Remus. Elle n'arrivait pas à accepter l'effroyable spectacle auquel elle avait assisté. C'était un vrai cauchemar. Ce séducteur d'une violence inouïe ne pouvait être le doux Remus Lupin. Que lui arrivait-il ? Jane ne le reconnaissait plus et commençait à craindre de s'être complètement trompée sur le compte du garçon qui lui plaisait tant. Elle avait toujours pris Remus pour un garçon réservé, la figure de sagesse de son groupe. A l'évidence, elle s'était fourvoyée. Remus n'était pas moins méprisable que ses camarades. Elle aurait dû écouter Lily. Cette dernière l'avait mise en garde contre les maraudeurs mais les belles paroles de Remus l'avaient aveuglée.
Oh elle se sentait si naïve désormais ! Remus l'ignorait superbement depuis des jours après le merveilleux rendez-vous qu'ils avaient eu à Pré-au-Lard. Et pour couronner le tout, après avoir joué les jolis cœurs, Jane le surprenait au beau milieu des couloirs de l'école en train de flirter avec une fille de son équipe de quidditch, qui n'était même pas libre. Ah elle passait vraiment pour une idiote à présent ! Sa colère augmentait son chagrin. Car au fond ce n'était pas l'agressivité dont Remus avait fait preuve envers Timothy Jones qui l'avait épouvanté mais bien son comportement vis-à-vis d'Holly Bishop. Ce n'était qu'un goujat comme les autres mâles de son espèce.
Jane en était là dans ses lamentations lorsque s'ouvrit la porte de la salle de bain. La jeune fille, qui se tenait prostrée près de la douche, eut un sursaut en reconnaissant Sybille. Celle-ci s'avança vers elle, ses grands yeux de chouette la considérant d'un air atone.
- Ah tu es là, dit-elle d'une voix aussi neutre que sa mine, je te cherchais.
D'un geste fébrile, Jane tenta d'essuyer ses larmes. Elle n'avait aucune envie d'être aperçue par qui que ce soit en train de pleurer et surtout pas par cette fille bizarre. Sybille parut cependant n'éprouver aucune émotion à la vue de sa camarade de dortoir en pleine détresse et lui parla le plus normalement du monde.
- Tu as de la visite, expliqua-t-elle, le garçon qui est venu dans le dortoir la nuit du dimanche veut te parler. Il attend devant la porte de la salle commune. Il a essayé d'entrer mais il n'a pas réussi à trouver la bonne réponse. Ce n'était pourtant pas difficile.
- Remus attend devant la salle commune ? s'étonna Jane en se levant d'un bond. Tu l'as vu ?
Sybille acquiesça d'un signe de tête.
- Tu devrais aller le voir, conseilla-t-elle de sa voix blanche, il a l'air déterminé à passer toute la nuit là. Même si tu es en colère, laisse-lui une chance ! Il a une très belle âme.
Une très belle âme ? Cette fille avait vraiment besoin de soins. Pendant un instant, Jane fut si décontenancée qu'elle ne pensa plus à pleurer. Ayant délivré son message, Sybille amorça un geste pour quitter la salle de bain.
- Bon je te laisse continuer à pleurer tranquillement, dit-elle d'une voix douce en tournant les talons, je ne voudrais surtout pas te déranger.
Sur ces mots, elle s'en alla sans chercher à la réconforter le moins du monde. Jane ne sut si elle devait se montrer déçue d'inspirer une telle indifférence ou reconnaissante envers Sybille de ne pas lui prendre la tête en essayant de compatir à ses problèmes. En tout cas, cette attitude eut le mérite de tirer la jeune fille de la salle de bain.
Poussée par une force indescriptible, elle descendit à la salle commune, franchit la porte de Serdaigle et y trouva Sirius, qu'elle prit évidemment pour Remus. Celui-ci avait vraiment mauvaise mine, preuve qu'il avait passé un moment pénible depuis l'altercation publique avec Timothy Jones. Bien qu'il fît un peu peine à voir, Jane fut bien déterminée à ne pas le ménager et l'accueillit d'un regard glacial.
- Tu es venue, constata le jeune homme avec soulagement en se précipitant vers elle.
Jane fit un pas de recul en lui intimant de ne pas approcher.
- Qu'est-ce que tu me veux ? questionna-t-elle sèchement.
- Je veux te parler, dit Sirius en se figeant, mais tu me repousses ?
- A quoi t'attendais-tu ? maugréa Jane le regard flamboyant. Après ton comportement de ces derniers jours et surtout d'aujourd'hui. Depuis quand as-tu envie de me parler ? Tu ne m'as pas dit un mot depuis dimanche dernier.
Sirius baissa la tête penaud. C'était précisément pour éviter ce genre d'échange houleux qu'il avait soigneusement évité Jane Hathaway toute la semaine. A présent qu'il avait pris son courage à deux mains et qu'il se retrouvait au milieu de l'épreuve, il réalisait combien elle était difficile. Même si elle tentait de restait digne, Jane ne parvenait pas à cacher combien ce silence l'avait faite souffrir. Pendant un instant, Sirius avait songé à se montrer ferme envers elle pour ne plus avoir à se prendre la tête mais à présent qu'il la voyait dans cet état, il ne pouvait se résoudre à lui faire davantage de mal.
- Je sais, dit-il alors d'une voix d'outre-tombe. Je t'en demande pardon. J'ai vraiment mal agi. Mais je n'ai jamais eu l'intention de te faire de mal.
- Très réussi, fit Jane d'une voix grinçante comme si elle avait avalé un citron entier.
- Je comprends ta colère, murmura Sirius avec calme, et je te remercie d'être venue pour m'écouter.
- Tu te trompes, rétorqua Jane d'un ton égal, je ne suis pas venue pour t'écouter. Je suis seulement descendue te dire que tu perdais ton temps. Je ne veux pas entendre ce que tu as à me dire. J'ai compris quel genre de personne tu étais, j'en ai suffisamment vu pour savoir que nous n'avons rien en commun. Retourne dans la tour de Gryffondor et laisse-moi maintenant !
- Tu te trompes à mon sujet, insista Sirius en essayant de la retenir. Ce n'est pas moi ces derniers temps. Je suis à cran à cause du quidditch. Il y a le match après-demain et ça me stresse.
- Et cette excuse te donne tous les droits ? s'insurgea Jane en croisant les bras.
- Non bien sûr que non ! s'écria Sirius en se prenant la tête entre ses mains. Jane, laisse-moi une autre chance ! Je vais me rattraper, je te le promets.
- Je ne veux pas de tes promesses, trancha Jane d'un ton catégorique. Je ne laisse pas de chance supplémentaire à un garçon comme toi. Je n'ai pas envie de souffrir. Maintenant va-t-en s'il te plaît !
Et sur ces mots, elle tourna les talons prête à partir mais Sirius ne put se résoudre à se laisser vaincre si aisément. Usant de sa vitesse plus développée que la moyenne, il se plaça entre la porte et la jeune fille avant que cette dernière n'eût fini sa volte-face. Elle écarquilla les yeux de stupeur mais n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit.
- Tu dois m'écouter, dit-il d'un ton abrupt en lui lançant son regard le plus grave. Ce ne sont pas des paroles en l'air. Cette bagarre tout à l'heure, le match de samedi, mon nouveau look… ce n'est pas moi tout ça. Je crois que le quidditch me monte à la tête, il fait de moi une autre personne… et pas forcément bonne.
- Comment puis-je être sûre que ce n'est que le quidditch ? lança-t-elle avec méfiance. Je ne te connais pas au fond. Tu es peut-être vraiment ce type imbuvable, coureur et arrogant… comme tes amis.
- Laisse mes amis en dehors de ça ! gronda Sirius soudain furieux.
Blessée, Jane esquissa un pas de côté pour contourner le jeune homme et forcer le passage mais Sirius la retint en se mordant la lèvre pour s'inciter au calme, regrettant d'avoir élevé la voix. Il venait pour arranger les choses entre Jane et lui, non pour l'affoler.
- Attends je n'ai pas fini, marmonna-t-il la gorge nouée.
- Laisse-moi partir ! s'écria Jane d'une voix plus aiguë que d'ordinaire. Toi ou tes amis, je m'en moque. Je ne veux plus entendre parler d'aucun d'entre vous. Ne me fais pas croire que je serai une grosse perte ! D'après ce que j'ai vu, quelqu'un m'a déjà remplacée.
- Jane je t'en prie, soupira Sirius en comprenant ce qui la tourmentait vraiment. Si tu fais référence à Holly Bishop…
- Je ne veux pas entendre parler de ça !
- Laisse-moi t'expliquer, s'entêta Sirius en lui enserrant le poignet de plus belle. Je ne sais pas ce qui m'a pris. J'ai été idiot.
- Tu es un idiot, corrigea Jane en essayant de dégager son poignet de force.
- Tu sais ce qui me fait le plus mal dans cette histoire ? lança Sirius d'une voix tellement grave qu'elle en devenait caverneuse. Ce n'est pas cette bagarre contre ce débile de Jones, ni même d'avoir effrayé tout le monde ou fait perdre encore plus de points à ma maison. Non, le pire pour moi c'est de t'avoir blessée. Je me moque bien d'Holly, elle n'est rien pour moi… mais toi…
- Moi, c'est exactement pareil ! trancha Jane en libérant son poignet d'un geste vif.
- Non, rétorqua Sirius avec feu, c'est complètement différent. Holly n'est rien pour moi alors que j'éprouve de vrais sentiments pour toi.
Ce n'était pas du tout la chose à dire apparemment. Les yeux de Jane se remplirent de larmes mais elle chercha à les cacher en prenant la fuite. Avant même que Sirius eût pu réagir, elle s'était ruée sur la porte. Elle la franchit et la claqua fortement derrière elle avant de s'y adosser et de se laisser couler jusqu'au sol en étouffant ses sanglots entre ses mains. Malgré l'épaisseur des murs et de la porte, l'ouïe de lycan de Sirius lui permit d'entendre les pleurs que la jeune fille dissimulait et ce chagrin lui retourna le cœur. Il ne mentait pas lorsqu'il disait qu'il n'avait jamais eu l'intention de la blesser. Comment avait-il pu en arriver là ? Si seulement il s'était montré un peu plus empathique. Il avait fait n'importe quoi. N'importe quoi !
Poussant un soupir à fendre l'âme, Sirius s'assit à son tour par terre, le dos calé contre la porte de telle sorte qu'il n'était séparé de la jeune fille que par le panneau de bois. Même si elle restait silencieuse, Sirius perçut sa présence. Il sut alors qu'elle entendrait sa voix à travers la porte.
- Tu as raison d'être en colère, dit-il d'une voix brisée, et tu as raison aussi dans tout ce que tu as dit sur moi. Je suis un idiot… comme mes amis. Ils m'influencent… Avant j'étais un garçon doux, réservé, compréhensif… pas cette tête-à-claques qui se croit meilleure que tout le monde. Je voudrais pouvoir redevenir cette personne-là.
Pour une fois, il ne parlait pas à la légère. Il commençait à avoir envie de retrouver son corps et d'oublier cette histoire, qui devenait ridiculement compliquée. C'était la première fois que cette pensée lui traversait l'esprit avec tant de vigueur, à tel point que cela le troublait.
Jane aussi était troublée de l'autre côté de la porte. Une part d'elle avait envie de retourner dans le couloir pour prendre le jeune homme dans ses bras mais elle ne voulait pas le laisser gagner si facilement. Il s'était montré bien trop odieux envers elle et devait en subir les conséquences. Ainsi même si cela lui coûta un effort considérable, elle amorça un geste pour se relever et regagner son dortoir.
Derrière la porte, Sirius entendit son mouvement et ressentit un élan de panique. Non, elle ne pouvait pas s'enfuir comme ça alors qu'il lui ouvrait son cœur comme il ne l'avait plus fait depuis longtemps. Avec l'énergie du désespoir, il eut une dernière idée. Il plongea la main dans sa poche pour en tirer quelques entrées pour le concert de GCF et les glissa sous la porte. A sa grande surprise, les billets passèrent sans qu'aucun sortilège ne les repoussent.
- Tu es libre de ne pas me croire, dit-il d'une voix douce, mais réfléchis ! J'ai sincèrement envie de me rattraper. Je suis sûr qu'on a un bout de chemin à faire ensemble. Si le cœur t'en dit, voilà des billets pour le concert de Sirius aux Trois-Balais demain. Tu n'as qu'à proposer aussi à tes copines de venir. J'espère t'y voir.
Et sur ces mots, il préféra s'en aller à son tour. De toute façon, Jane ne reviendrait pas. Même si elle était restée quelques instants derrière la porte pour écouter ce qu'il avait à dire et même si elle avait ramassé les billets qu'il avait glissés à son intention, elle avait néanmoins sa fierté. C'était peut-être mieux ainsi. Jane allait avoir toute la nuit pour cogiter tout ce qu'il venait de lui dire. Peut-être serait-elle plus disposée à lui accorder une chance le lendemain au réveil.
Oui je sais, un chapitre presque entièrement sur Jane, il y a de quoi être étonné. Comme vous le voyez, je ne l'avais pas oubliée… ça ne veut pas dire qu'elle va être plus importante pour autant.
J'espère que ce chapitre vous a plu ! Merci d'avoir lu. A la semaine prochaine !
Si jamais vous vous posez la question : le prochain chapitre, ce sera le fameux concert de Goblins Catch Fire.
