Merci encore et toujours à ceux qui lisent et commentent cette fic ! Le précédent chapitre s'est achevé de façon un peu abrupte, je le reconnais donc je ne vais pas faire durer le suspense plus longtemps.
Réponse à Holmes11 : Sirius est toujours au bord de la catastrophe, c'est une vraie bombe à retardement. Ce serait beaucoup moins amusant s'il se tenait tranquille. Mais ne t'en fais pas les conséquences de son comportement sont sur le point de lui exploser à la figure. Je suis contente que tu apprécies mon Severus. J'adore ce personnage, étant donné son rôle vis-à-vis des Maraudeurs, c'est assez difficile de le mettre en valeur mais je fais tout mon possible pour qu'il ne soit pas cantonné au rôle du méchant banal. Et oui Xenophilius toujours là au bon moment ^^. Merci beaucoup d'avoir lu.
Je vous laisse découvrir la suite. Bonne lecture (et bonnes vacances à ceux qui le sont encore… c'est-à-dire pas moi XD) !
Chapitre 23 : Le patronus de Shelley
On eut dit que Peter et Remus allaient sauter au cou du malheureux Xenophilius.
- Tu sais comment vaincre le Draugen ? répéta Remus incrédule. Vraiment ?
- J'ai une supposition, avoua l'adolescent aux vêtements excentriques. D'après la légende, c'est une créature qui se nourrit de toute forme d'énergie positive pour ne laisser que le malheur, c'est même de lui que seraient nés les détraqueurs…
- Sous la lame de Godric Gryffondor, compléta Remus avec une légère pointe d'impatience dans la voix, on sait déjà tout ça, Xenophilius. Ca ne nous aide pas beaucoup.
- Au contraire, répliqua le jeune Serdaigle, le croquemitaine est une sorte de super-détraqueur. Qu'est-ce qui peut vaincre un détraqueur ?
Peter et Remus échangèrent un regard empli de compréhension mutuelle.
- Un patronus, lancèrent-ils en chœur.
Xenophilius esquissa un grand sourire appréciateur comme un professeur récoltant de bonnes réponses de la part de ses élèves.
- Il suffit d'un patronus pour nous débarrasser du légendaire croquemitaine ? s'étonna Peter en écarquillant les yeux.
Remus lança à son ami un regard en coin.
- Euh… il « suffit », vas-y déjà à en faire apparaître un !
- J'en suis incapable tu le sais bien, rétorqua Peter, mais ce que je veux dire c'est que ça me paraît un peu facile. Je m'attendais à quelque chose de plus compliqué.
- Rassure-toi j'ai bien compris ce que tu voulais dire et je suis d'accord avec toi, répondit Remus d'une voix douce. Un patronus ordinaire peut faire fuir un détraqueur ordinaire mais risque d'être insuffisant face à un détraqueur surpuissant.
- Dans ce cas, il nous faudrait un super patronus, suggéra Peter en toute logique.
- Un patronus de Shelley en somme, résuma tranquillement Xenophilius.
- Un patronus de quoi ? s'écria Remus incrédule. Qu'est-ce que c'est que ça ?
- C'est expliqué là-dedans.
Tout en parlant, Xenophilius sortit de son sac bariolé un petit grimoire intitulé Le Patronus pour les Nuls et le fit passer à ses camarades. Remus le feuilleta rapidement et tomba sur le chapitre consacré au patronus de Shelley.
- Le patronus de Shelley a été inventé par Capella Shelley, lut rapidement Remus à haute voix. Cette sorcière de génie faisait partie de l'Expédition des Huit, un octet de sorciers très puissants envoyés pour détruire le croquemitaine lors de son apparition à Tjeldbergodden il y a…
- Pas la peine de nous donner tant de détails ! l'interrompit Peter avec impatience. On n'est pas en cours de Défense contre les forces du mal.
Remus grimaça d'un air offensé.
- C'était pour situer un peu le contexte, marmonna-t-il, et un peu de culture, ça ne fait de mal à personne. Les Huit, qui ont combattu le Draugen, ont aussi essayé de le vaincre grâce au sortilège du Patronus. Ils l'ont tous lancé mais comme ça ne suffisait pas, Capella Shelley est parvenu à trouver une formule qui a fait fusionner tous les patronus en un seul super Patronus, qui porte aujourd'hui son nom.
- Et ça a marché, ça ?
- Il faut croire, répondit Remus avec une moue dubitative. Quoiqu'il en soit, ça ne coûte rien d'essayer.
- Je vais faire passer un article dans le journal pour demander à tous les élèves de nous aider, déclara Xenophilius. Il va falloir beaucoup de patronus pour vaincre le monstre.
- Pourquoi ? fit Peter en haussant les sourcils. Dans le bouquin, ils étaient à peine huit.
- En réalité, ils étaient un peu plus nombreux, corrigea Remus qui avait toujours le nez plongé dans sa lecture. De courageux bénévoles leur ont prêté main forte. En tout, il devait y avoir une centaine de patronus reliés.
Peter fut soudain pris de vertige.
- Ah, ça change un peu la donne, balbutia-t-il. Je parie qu'il n'y a même pas cent élèves dans l'école qui sont capables de faire apparaître un patronus.
- Et encore moins de les lier grâce à la formule de Shelley, ajouta Remus désemparé.
- James pourrait peut-être, suggéra Peter. C'est le plus doué d'entre nous en DCFM et il arrive déjà à faire apparaître un patronus corporel. Il s'en vante assez.
- Encore faudrait-il qu'il ait plus d'un patronus à lier, dit Remus en parcourant des yeux l'article du livre. On doit absolument maîtriser le sortilège, nous aussi.
- Maintenant ? s'inquiéta Peter.
- Tu as mieux à faire ? Gare à toi si tu réponds « Aller voir James et Remus jouer. ».
Peter prit alors le parti judicieux de garder le silence.
- Il y a un autre problème, souleva ensuite Remus. Le livre n'explique pas comment faire apparaître le Patronus de Shelley.
- En même temps, vu le titre du bouquin…
- Il vaudrait mieux demander à un expert alors, lança Xenophilius de sa voix traînante.
- Tu penses à qui en particulier ? interrogea Peter en lui jetant un regard étonné.
Mais Remus avait déjà compris à quel expert en question il faisait référence et cette perspective le décolora superbement. A l'instant même où il avait été question de patronus, Remus avait pressenti et redouté que ce nom viendrait sur le tapis. En voyant l'expression épouvantée de son ami, Peter comprit tout à coup.
- Vous voulez parler de Doherty ? lança-t-il en regardant successivement le sourire absent de Xenophilius et la mine horrifiée que Remus donnait au visage de Sirius.
- C'est un expert en la matière, répondit simplement le petit Serdaigle en haussant les épaules.
- Il est hors de question que je demande quoi que ce soit à Doherty, trancha Remus avec humeur. Je préfère encore aller affronter le Draugen à mains nues.
- Mais Re… Sirius, protesta Peter avec patience, c'est peut-être notre seule chance. Il y a deux secondes, tu étais prêt à prendre tous les risques pour sauver l'école.
- Je ne suis pas prêt à endurer n'importe quoi pour autant, grommela l'ex-lycan.
Il finit cependant par se laisser convaincre.
- Je vais chercher le professeur Doherty, lança alors Xenophilius d'un ton joyeux.
- Non, riposta Remus en le retenant par l'épaule, merci mais tu en as assez fait. Va plutôt profiter du match, on s'occupe du Draugen !
- Mais je peux vous aider, répliqua Xenophilius dont les grands yeux se firent suppliants.
- C'est trop dangereux pour toi, argumenta Remus d'un ton presque paternel.
- Je n'ai pas peur.
- T'as bien de la chance, grommela Peter qui devenait de plus en plus pâle au fur et à mesure que la conversation avançait.
- J'ai une mission spéciale pour toi, dit alors Remus en changeant brusquement de stratégie, une double mission même. Il n'y a que toi qui sois assez futé pour la mener à bien.
« On ne réussit point sans un peu d'art flatteur. » Le moldu qui avait dit cela avait tout compris. Xenophilius troqua sa moue capricieuse contre une oreille attentive.
- Je veux que tu restes dans les gradins et que tu guettes l'issue du match. Dès que James et Sirius sortent, dis-leur de nous rejoindre… dans le bureau du professeur Doherty.
Ces derniers mots lui coûtèrent un effort considérable mais il parvint à les prononcer. Xenophilius n'avait cependant pas très bien écouté. Il avait décroché à la moitié de la phrase.
- Dès que James et Sirius sortent ? releva-t-il perplexe.
Peter eut une expression alarmée mais Remus se rattrapa aussitôt.
- Que Remus, je voulais dire, rectifia-t-il. Désolé, il m'arrive de parler de moi à la troisième personne alors je finis par faire des confusions.
- Ah, fit Xenophilius qui ne paraissait pas vraiment surpris, moi aussi ça m'arrive tout le temps.
Peter profita que le Serdaigle lui tournait le dos pour tapoter sa tempe d'un air de dire : « Il est zinzin. ». Remus acquiesça d'un léger sourire par-dessus le blondinet.
- Alors tu peux faire ça pour nous ? s'enquit-il ensuite.
- Bien sûr, répondit Xenophilius, mais c'est tout ?
- Non, répondit Remus avec un large sourire, il faudrait aussi que tu guettes Severus Rogue sans qu'il s'en aperçoive. Tu vois qui c'est ?
- Ah oui, fit Xenophilius en esquissant un si large sourire que Peter et Remus doutèrent grandement qu'il vît bien de qui il s'agissait. Le vampire.
- Le quoi ? répétèrent Peter et Remus d'une même voix interloquée.
- Vous parlez bien du garçon bizarre avec lequel vous vous bagarrez tout le temps ? s'assura Xenophilius.
Les visages de Remus et Peter valurent toutes les affirmations du monde, même si quelque part dans leur cerveau, il leur vint la pensée qu'il y avait quelque chose d'incongru à entendre Xenophilius qualifier quelqu'un de « bizarre » étant donné l'accoutrement qu'il portait.
- Je pense que c'est un vampire, dit très sérieusement ce dernier. Sybille est d'accord avec moi. On est en train de mener l'enquête à ce sujet.
La stupéfaction de Peter laissa place à un sourire en même temps qu'il se mit à pouffer de soulagement. Pendant une seconde il y aurait presque cru mais quelle idée ? C'était une théorie complètement délirante des deux élèves les plus givrés de Poudlard, rien de plus.
Remus en revanche eut beaucoup plus de mal à retrouver une mine normale. La mention d'un vampire dans l'école d'un ton si naturel l'avait secoué bien plus qu'il ne voulait l'admettre. Entre les vampires et les loups-garous, il n'y avait qu'un pas. Si Xenophilius Lovegood venait à soupçonner l'existence d'un loup-garou dans l'école, cela pouvait lui porter préjudice, même si ses soupçons se portaient sur un élève bien humain qui ne le connaissait ni d'Adam, ni d'Eve. La situation ne permettait malheureusement pas de s'attarder sur ce détail.
- Génial ! commenta-t-il alors d'un ton abrupt. Bonne chance pour ton enquête ! Oui c'est bien de lui qu'on parle. Tu vas être content, on voudrait que tu le surveilles étroitement. Si jamais, tu le vois partir avec Regulus Black ou d'autres gens louches…
- Regulus Black n'est pas louche, corrigea Xenophilius.
- … Tu viens nous en informer immédiatement, compris ?
Xenophilius acquiesça docilement et se hâta de monter dans les gradins s'acquitter de sa tâche, tout fier de pouvoir jouer les espions pour la bonne cause.
- Tu es sûr que c'est une bonne idée de lui faire confiance ? s'enquit Peter sceptique.
- Aucune idée, avoua Remus en haussant les épaules, il nous a bien aidés jusqu'à maintenant Et je suis sûr que c'est un brave petit.
Peter eut un léger sourire.
- A nous maintenant.
- Ouais, grommela Remus dont le visage se rembrunit brusquement, on va se fader le vieux Toto !
Tandis que Remus prit le chemin de l'escalier menant à la tribune des professeurs, Peter resta quelques secondes en arrière pour rire tout son saoul.
- Plus le temps passe et plus tu parles comme Sirius, lui confia-t-il lorsque Remus lui demanda la cause de cette hilarité soudaine.
- C'est malin, maugréa le Sirius nouveau d'un ton renfrogné qui convenait parfaitement au Sirius d'origine.
Il était vraiment temps que ce fichu sortilège fût inversé et que tout rentrât enfin dans l'ordre ! Pour l'heure, il pouvait conférer un avantage. Avec le corps de Sirius à disposition, les deux Maraudeurs n'auraient aucun problème à obtenir l'attention du professeur Doherty. Ce dernier adorait Sirius Black.
Remus eut beau s'accrocher à cette pensée, cela ne lui empêcha pas de sentir ses jambes se dérober un peu plus à chaque marche qui le rapprochait de la tribune des professeurs. Bientôt il eut l'impression d'avoir reçu le maléfice de Jambencoton et se demanda comment il pouvait encore marcher.
- Courage mon vieux ! lui chuchota Peter en voyant son ami perdre des couleurs à chaque seconde. N'oublie pas que tu es Sirius, le chouchou du prof ! Tu n'es pas Remus. Il ne peut rien te dire.
- Je suis Sirius, se répéta-t-il à mi-voix pour se donner du courage.
Arrivé à la dernière marche, il faillit se lancer dans le gradin privé comme un nageur professionnel sauterait du plongeoir mais renonça à la dernière seconde et revint sur ses pas, le teint verdâtre. C'était terrible tout de même d'avoir si peur d'un professeur, qui avait lui-même terriblement peur de son élève. La situation aurait presque pu paraître comique si elle n'avait pas été en réalité si affligeante.
- Il faut vraiment que ce soit moi qui y aille ? gémit Remus d'une voix si aiguë que Sirius ne devait pas soupçonner la posséder.
- Tu auras plus de chance que moi à mon avis, répondit très sérieusement Peter. Doherty me prend pour un idiot. Il va m'envoyer promener alors que toi non.
- Qu'est-ce qui faut pas entendre !
Remus se résolut alors à y aller d'une démarche comparable à celle d'un condamné à mort se rendant sur l'échafaud. Il franchit une petite ouverture et se retrouva au sommet des gradins. La tribune était fichtrement bien aménagée d'ailleurs, les bancs étaient suffisamment espacés pour permettre à chacun d'avoir une meilleure vue et les professeurs avaient toute la place qu'il leur fallait pour s'étendre à leur aise. Assurément, le statut de professeur conférait certains privilèges.
Remus avisa immédiatement Doherty, assis entre les professeurs Slughorn et Flitwick, absorbé par le match. Remus n'aurait su dire quelle était l'expression de son visage étant donné qu'il lui tournait le dos mais elle ne devait sans doute pas être très réjouie. L'enseignant était contraint de regarder l'élève qu'il détestait le plus jouer et briller sous son nez, comme s'il le provoquait.
Tout en essayant de ne pas prêter attention à ce qui se passait sur le terrain, Remus s'éclaircit timidement la gorge pour manifester sa présence. Ce n'était certes pas de cette façon-là que Sirius se serait annoncé mais c'était ce que Remus pouvait faire de mieux en pareille circonstance. Il était déjà suffisamment pétrifié à l'idée d'affronter Doherty après ce qui s'était passé lors de son dernier cours. Il ne fallait pas trop lui en demander.
Hélas au moment où il voulut laisser échapper sa fausse quinte de toux, il entendit la voix de la commentatrice hurler d'une voix surexcitée :
-LUPIN A ATTRAPE LE VIF D'OR ! GRYFFONDOR A GAGNE !
Et Remus faillit s'étrangler véritablement avec sa salive. Le raclement rauque qu'il laissa échapper se perdit cependant dans les cris de joie qui retentirent de part et d'autre du stade dans une clameur immense.
Pendant quelques secondes, Sirius fit quelques tours de piste sur son balai en agitant triomphalement son poing serré sur la petite boule d'or ailée. Jamais Remus n'avait vu une telle expression de joie sur son propre visage. Il avait l'impression de contempler un étranger.
Et ce sentiment s'accentua lorsque Sirius atterrit souplement dans l'herbe et fut rejoint par ses équipiers qui le portèrent en triomphe pendant que tout le monde hurlait son nom dans un tonnerre d'applaudissements.
Ces acclamations résonnèrent comme un gong dans l'esprit de Remus, qui se sentit progressivement vidé de toutes ses forces. Il n'arrivait pas à croire à ce qu'il voyait. C'était un rêve… ou un cauchemar. En tous les cas, ce ne pouvait être réel. C'était lui là-bas, que tout le monde admirait, lui. Après tout ce qu'il avait vécu, cela ne pouvait être vrai.
Ce n'est pas vrai, lui chuchota une petite voix dans sa tête. Ce n'est pas toi, c'est Sirius. Toujours Sirius. Peut-être que c'était Sirius mais c'était son corps et son nom, sans compter que ça restait sa malédiction. Même un loup-garou pouvait vivre un moment pareil. Cette pensée fit monter à Remus les larmes aux yeux sans qu'il s'en rendît compte.
- C'est tout à fait inadmissible ! explosa soudain une voix.
Remus sursauta. Pendant une fraction de seconde, il avait oublié où il se trouvait mais la douce voix de Doherty le ramena sur Terre. Le professeur de défense contre les forces du mal semblait furieux de l'issue du match, ce qui n'avait rien d'étonnant de sa part.
- Pourquoi personne ne dit rien ? s'insurgea Doherty en lançant à ses collègues des regards mécontents. Est-ce que je suis le seul à trouver cette situation scandaleuse ?
- Qu'est-ce qui vous contrarie, Antonius ? demanda Dumbledore d'une voix parfaitement calme, voire presque amusée. Auriez-vous parié sur l'équipe des Poufsouffle ?
- Comment pouvez-vous laisser ce… garçon jouer au quidditch ? éructa Doherty en pointant son index en direction de Sirius.
Remus déglutit avec difficulté. Ce professeur n'en ratait décidément pas une. Qu'y avait-il à attendre d'autre de lui de toute façon ?
- Vous avez vu comment il a attrapé le vif d'or ? poursuivit Doherty, imperturbable. Un humain normal n'aurait jamais pu le repérer de si loin. On ne devrait pas permettre à quelqu'un comme lui de jouer, c'est déloyal pour les autres. C'est de la triche.
- Pour l'amour du ciel Antonius, maîtrisez-vous ! intervint McGonagall indignée. Ce garçon ne s'est pas transformé en bête sauvage pour attaquer ses adversaires à coup de griffes. Il a joué tout à fait normalement.
- Oh bien sûr ! répliqua Doherty avec suffisance. Vous ne pouvez que cautionner cela. Après tout, c'est à votre maison que profite ce méchant stratagème. Dommage que les autres maisons n'aient pas droit également à leur loup-garou ou autre monstre du même genre dans leur équipe. Les choses seraient plus équitables.
- Antonius !
C'était Dumbledore qui venait de parler. D'une voix terrifiante, que Remus ne lui avait jamais connue mais qui le pétrifia plus efficacement que le regard de la Méduse. Il y eut un silence implacable. Doherty se ratatina sur son siège comme si le directeur l'avait menacé de sa baguette magique.
- Contrôlez vos paroles Antonius, reprit Dumbledore d'une voix plus douce.
- Je suis désolé monsieur le directeur, s'empressa de dire Doherty en baissant la tête d'un air coupable.
Remus fut certain qu'il mentait. Il n'y avait aucune trace de culpabilité dans le son de sa voix, malgré ses efforts pour tenter de se jouer du plus grand sorcier du monde. Dumbledore se satisfit tout de même de son essai et se calma tout à fait. Il retrouva même son habituel sourire pétillant.
- Je ne voulais pas manquer de respect à Lupin, assura l'expert en Défense contre les forces du mal, mais reconnaissez qu'un loup-garou ne peut pas être mis sur un même pied d'égalité que les autres élèves… en ce qui concerne le sport, je veux dire. Il est plus rapide, plus agile, ses sens sont exacerbés. Personne ne peut lui tenir tête… et puis n'est-ce pas un peu trop l'exposer que de le laisser se donner en spectacle ? Je croyais qu'il fallait que sa condition reste secrète.
- Vous avez raison, Antonius, murmura soudain Dumbledore.
Tous les professeurs se tournèrent vers lui, surpris, Doherty en tête. Le sourire du directeur s'accentua légèrement.
- Remus Lupin n'est pas un garçon ordinaire, nous le savons tous.
Remus tressaillit. Cela lui faisait bizarre d'entendre le directeur parler de lui ainsi à son insu. Peut-être n'avait-il pas vraiment envie de connaître davantage l'avis de Dumbledore sur son compte. Il redoutait plus que tout de découvrir que cet homme qu'il estimait tant ne le considérât pas aussi bien qu'il le prétendait. Néanmoins il lui fut incapable de bouger. Il était toujours pétrifié, comme sous l'emprise d'un sortilège.
- Et il le sait aussi, poursuivit Dumbledore en regardant Sirius d'un air rêveur. Toute sa vie, on a pris soin de lui rappeler qu'il n'était pas un garçon ordinaire… même ici à Poudlard.
Remus écarquilla les yeux et regarda Doherty dont le teint avait rosi en entendant ces mots, preuve qu'il avait compris que c'était à lui que s'adressait implicitement cette réflexion. Bien fait ! pensa Remus qui ne put s'empêcher d'en éprouver de la satisfaction.
- Mais regardez-le aujourd'hui Antonius ! Regardez comme il est heureux ! Est-ce que vous ne voyez vraiment qu'un loup-garou au milieu de tous ces jeunes gens ordinaires ? Ne trouvez-vous pas au contraire qu'il ressemble parfaitement à chacun d'entre eux ? Il partage les mêmes joies, les mêmes préoccupations d'adolescent pour le quidditch. Après tout ce qu'il a vécu, ne pensez-vous pas qu'il mérite de vivre ça au moins une fois dans sa vie ?
Doherty ouvrit la bouche mais aucun son ne franchit ses lèvres. Il se contenta de regarder Sirius, qui nageait dans la plus totale des félicités. C'était vrai que son bonheur faisait chaud au cœur. Même Doherty sembla un instant se laisser attendrir. Remus Lupin paraissait si insouciant à cet instant, si humain.
Pour le véritable Remus Lupin cependant, ces paroles furent un véritable choc. Il ne sut ce qu'il devait en penser. Une part de lui était reconnaissante envers Dumbledore de sa sollicitude mais ce sentiment était dérisoire à côté du profond désarroi qui s'emparait de lui.
Remus était au plus mal : c'était peut-être le plus beau moment de sa vie, le moment où pour la première fois, un loup-garou avait été considéré comme un humain ordinaire et pourtant ce n'était pas lui qui en profitait. Remus sentit les larmes lui monter aux yeux.
C'était le loup-garou en lui qui avait propulsé Sirius au sommet. Il l'avait apprivoisé en une petite semaine alors que Remus le rejetait depuis des années. Et aujourd'hui le résultat était là : Sirius avait accepté son sort, il en avait même tiré profit et à présent tout le monde l'adorait. Depuis qu'ils avaient échangé leurs corps, Remus passait son temps à répéter à Sirius qu'être un loup-garou était quelque chose d'horrible mais s'il avait tort ? S'il n'avait pas su voir l'aspect positif de son pouvoir.
Non seulement Sirius a toujours été un meilleur sorcier que moi, songea Remus de plus en plus dépité, mais il est aussi un meilleur loup-garou ! Les paroles de son ami lui revinrent alors en mémoire avec la violence d'une gifle en pleine figure : « Tu n'as rien fait pour mériter ça… tu n'es pas digne de ce don. » Bien sûr Remus avait toujours rejeté cette part monstrueuse en lui, mais alors pourquoi se sentait-il si démuni à présent ? Quelle était cette drôle de sensation qui s'emparait de lui chaque fois que Sirius faisait son malin avec ses pouvoirs de lycan ?
- Monsieur Black ? s'écria soudain la petite voix flûtée de professeur Flitwick. Vous voulez quelque chose ?
Remus mit beaucoup de temps avant de comprendre que c'était à lui que cette question s'adressait.
Est-ce que ça commencerait à me manquer… de ne plus être un loup-garou ?
- Monsieur Black ? répéta la voix un peu plus sèche du professeur McGonagall.
Non c'est impossible.
Remus émergea lentement de sa torpeur et vit les regards interrogatifs des professeurs de la tribune braqués sur lui. Alors, sans même réfléchir à ce qu'il faisait, l'adolescent tourna les talons et prit la fuite.
Le Patronus de Shelley lui parut soudain à des années lumières.
Ah quel suspense mdr ! Remus décroche, qui va s'occuper du croquemitaine maintenant ?
Comme vous le voyez, cette fic approche lentement mais sûrement du grand final, j'espère que vous ne serez pas déçus.
Prochain chapitre : vous allez voir un Sirius plus en forme que jamais mais je n'en dis pas plus.
Merci beaucoup d'avoir lu. A la semaine prochaine, n'hésitez pas à donner votre avis !
