Merci à ceux qui me suivent toujours, j'apprécie votre fidélité et vos reviews ^^.

On peut dire que ce chapitre est l'un des plus importants de toute la fic. Vous allez comprendre pourquoi.

En outre, il amorce la fin de cette histoire mais rassurez-vous il me reste encore plein de choses à mettre dans mes chapitres, j'espère que ça vous plaira.

Bonne lecture à tous !


Chapitre 24 : L'éveil du loup

Au match de Quidditch mémorable succéda une fête non moins mémorable le soir venu dans la tour de Gryffondor. Remus Lupin alias Sirius en fut bien évidemment l'attraction principale.

Sirius savoura si bien son triomphe que ses amis ne le virent guère de la soirée. Il fut très occupé à danser avec les filles, à boire de la bieraubeurre ou à se mêler aux petits groupes d'admirateurs avides d'entendre son récit du match. Tous se demandaient comment il avait pu si aisément repérer et attraper le vif d'or qui se trouvait alors à l'autre bout du terrain.

Pendant qu'il se donnait ainsi en spectacle, James, Peter et Remus avaient beaucoup moins le cœur à la fête. Remus était toujours plongé dans ses pensées concernant le manque considération qu'il avait accordé toute sa vie à sa nature de loup-garou. Voir Sirius si heureux et si à l'aise au milieu des gens qu'il narguait pourtant en leur exhibant ses capacités secrètes à leur insu le mettait au supplice. Il ne savait plus que penser.

James, lui, était beaucoup moins pensif que triste. Il se repassait en boucle le match dans sa tête. Certes il avait bien joué comme toujours mais ses performances de poursuiveur n'avaient pas intéressé grand monde ou plutôt, elles étaient passées complètement inaperçues à côté du nouvel attrapeur. Cette fois c'était définitif, Sirius lui avait dérobé la chose la plus précieuse à ses yeux. James n'arrivait même pas à en éprouver de la colère, il était seulement accablé de chagrin à l'idée de devenir un simple faire-valoir.

Quant à Peter, il avait pris en main l'affaire des Serpentards. Il ne pensait qu'au Patronus de Shelley et au moyen de le faire apparaître. Misant tous ses espoirs sur les talents de James, il avait essayé de lui en toucher deux mots au cours de la fête mais la star déchue ne lui avait prêté aucune attention.

Peter tentait alors de résoudre le problème par ses propres moyens. Il était allé trouver le professeur Doherty après le match de Quidditch pour lui demander ce que Remus n'avait pas été capable de faire malheureusement comme il l'avait redouté, l'expert en forces occultes n'avait pas trouvé de temps à lui accorder.

La seule solution à présent était de maîtriser le sortilège du Patronus. Peter renonça donc à profiter de la fête à la louange de Sirius et alla s'enfermer dans le dortoir pour essayer d'apprendre à maîtriser le sortilège. Remus vint très vite le rejoindre. Déjouer les pièges d'apprentis mages noirs lui changerait sûrement les idées.

James songea aussi à monter avec eux dans un premier temps. Il était prêt à aller n'importe où pourvu que ce ne fût pas dans la salle commune où Sirius jouait les m'as-tu-vu. Mais au moment où il se dirigea vers l'escalier, il songea alors qu'il aimait mieux être seul et quitta la tour de Gryffondor pour aller errer au hasard dans les couloirs.

Pendant ce temps, dans le dortoir, Remus et Peter s'exerçaient à lancer le sortilège du Patronus mais jusqu'à présent, tous leurs efforts se révélèrent infructueux.

- Spero Patronum ! scanda Peter pour la millième fois mais tout ce qui jaillit de sa baguette, ce fut un mince filet de fumée argentée.

- Il faut que tu te concentres davantage sur un souvenir heureux, suggéra Remus en consultant l'un des ouvrages que Peter avait emprunté à la bibliothèque sur le sujet. N'oublie pas que c'est la survie de l'école qui est en jeu !

- Tu n'as qu'à le faire si tu es si malin, riposta Peter que ses nombreux échecs avaient mis de mauvaise humeur.

Remus ne lui tint pas rigueur de son ton et essaya à son tour mais son nuage argenté fut moins consistant encore que celui de Peter, ce qui en disait long sur son échec. Il eut la même moue désespérée que son ami.

- Alors c'est moi qui suis nul maintenant ?

- Désolé, grommela Remus en agitant sa baguette avec nervosité, mais c'est difficile pour moi d'avoir des pensées positives avec tout ce qui se passe en ce moment.

- Celui qui serait en bonne posture pour faire apparaître un Patronus, ce serait plutôt Sirius, marmonna Peter en se laissant tomber sur son lit. Il nage dans le bonheur en ce moment.

Peter ne croyait pas si bien dire. Pendant qu'il suait avec Remus sur le maléfice du Patronus et que James errait comme une âme en peine dans les couloirs, Sirius se déhanchait sur une piste de danse improvisée.

Comment les autres élèves avaient-ils pu ne pas se poser de questions ? Comment pouvaient-ils encore penser qu'il s'agissait de Remus Lupin ? Cela demeurait une véritable énigme. Peut-être avaient-ils tous fini par s'accoutumer à sa nouvelle personnalité.

En tous les cas, personne ne se formalisa de le voir draguer ouvertement la jolie Holly Bishop. Cette dernière semblait avoir tiré un trait sur son petit ami Timothy Jones après la bagarre qui avait opposé ce dernier à Sirius. Elle semblait même plutôt ravie que le garçon à présent le plus en vogue de l'école s'intéresse encore à elle.

Et pour l'intéresser, elle l'intéressait ce soir-là. Sirius était complètement obnubilé par la robe d'une décence discutable qu'elle avait mise pour la circonstance, par son parfum enivrant et la souplesse avec laquelle elle dansait. Il y avait beaucoup de jolies filles qui cherchaient à capter son attention mais Sirius ne les voyait pas. Il n'avait d'yeux que pour Holly. Il avait décidé ce soir-là de se concentrer pleinement sur elle. Elle était la fille à conquérir, la cible… la proie.

Quand il fut certain que la jolie blonde était totalement sous son charme, Sirius songea que se contenter de danser avec elle au beau milieu de la foule ne l'amusait plus. Peut-être était-ce la bieraubeurre qui l'encourageait à toutes les folies ou l'euphorie de la fête, en tous les cas, lorsque danser commença tout à fait à l'ennuyer, il chuchota à l'oreille de sa belle :

- Viens avec moi !

Et il l'entraîna dans un couloir tranquille. La jeune fille se laissa guider, complètement grisée par cet enchaînement d'événements inattendus mais très excitants.

oOoOoOo

Un peu plus loin, James avait fini par retrouver ses esprits.

Il réalisa subitement que marcher au hasard dans les couloirs ne l'aiderait nullement à retrouver son poste d'attrapeur dans l'équipe de quidditch mais ne réussirait au contraire qu'à lui faire perdre des points, surtout si Rusard le surprenait hors de son dortoir après le couvre-feu.

Il décida alors de revenir sur ses pas et de remonter à la tour. Peter avait essayé de lui dire quelque chose à propos de ce que mijotaient les Serpentards. Sur le coup, il n'y avait pas fait très attention. L'image de Sirius brandissant le vif d'or sous les acclamations de la foule envahissait encore son cerveau. Au bout d'une bonne heure de marche silencieuse cependant, il avait à nouveau les idées claires.

Il devait laisser sa fierté de côté pour le moment. La pleine lune approchait et les Serpentards allaient sans doute tenter le tout pour le tout s'ils voulaient vraiment invoquer le Draugen. Fort de cette pensée, le jeune homme se précipita vers la tour de Gryffondor mais il fit hélas une mauvaise rencontre en chemin.

- Tiens Potter, quelle surprise !

C'était Rogue. James se figea de stupeur et plongea une main dans sa robe de sorcier pour en tirer sa baguette. Toutefois il n'eut pas le temps de la sortir car Rogue tenait déjà la sienne en main et la pointa sur lui d'un geste menaçant.

- Qu'est-ce que tu fiches ici ?

James fut tenté de lui retourner la question même si plusieurs explications sautaient aux yeux : soit il allait rejoindre ses camarades de Serpentards dans la Salle sur Demande pour réaliser le rituel, soit il essayait toujours de les fuir. Dans les deux cas, James songea qu'être tombé sur lui n'était peut-être pas un si mauvais coup du sort finalement… même s'il devait pour cela endurer les inévitables sarcasmes de son ennemi.

- Un champion de Quidditch comme toi ne devrait pas fêter la victoire de Gryffondor avec ses amis dans son dortoir ? ajouta Rogue qui tenait là une trop belle occasion d'humilier son rival. D'ailleurs où sont tes amis ? Je ne les vois pas Peut-être t'ont-ils exclu de leur groupe maintenant que tu n'en es plus le chef.

- Ferme-la Servilus ! siffla James entre ses dents.

Mais Rogue esquissa un rictus méprisant.

- Ouh j'ai touché la corde sensible, on dirait, railla Rogue qui jubilait comme si c'était son anniversaire. Le grand James Potter ne supporte pas d'être relégué au second plan. J'imagine que ça doit être difficile de voir tout le monde vouer un culte à cette grande nouille de Lupin. C'est étonnant d'ailleurs toute cette assurance qu'il a prise en si peu de temps. Il y a une semaine, il s'excusait encore lorsqu'il éternuait un peu trop fort et aujourd'hui, il marche sur les pieds de tout le monde. Il est devenu toi en fait… voire même Sirius Black.

James se raidit comme si on lui avait lancé le maléfice du saucisson. Rogue avait-il fini par tout comprendre ? C'eût été le pompon.

- C'est fou les ravages qui peuvent survenir quand quelqu'un prend la grosse tête, poursuivit Rogue d'une voix velouteuse. Remarque, ça te permet de voir ce que tu fais vivre à tout le monde au quotidien depuis que tu es arrivé dans cette école…

- Tu vas la fermer oui ! explosa James en sortant à son tour sa baguette malgré celle de Rogue qui le menaçait. Et toi qu'est-ce que tu fais là, d'abord ? Tu manigances encore un mauvais coup ?

Le sourire de Rogue s'effaça lentement à la vue de la baguette que James pointait à présent sur lui. Il ne se décida pas à se taire pour autant.

- C'est toi qui me dis ça ? maugréa-t-il ses yeux noirs flamboyant de haine. Qui est le roi des mauvais coups ? C'est toi qui te vantes de tendre des pièges à tout le monde.

- Mes farces ne sont jamais méchantes, rétorqua James, toi en revanche quand tu projettes de faire quelque chose…

- Jamais méchantes ? coupa Rogue scandalisé. Ca se voit que ce n'est pas toi qui encaisses. Tu ne t'en rends pas compte.

- Je n'ai pas le temps de discuter de ça ici avec toi, répliqua brusquement James en amorçant un geste pour s'en aller. Je ne sais pas ce que tu fabriques ici mais tu ferais mieux de ne pas traîner dans le coin. Tu pourrais y faire de mauvaises rencontres.

- Aucune rencontre ne pourra être pire que celle que je viens de faire.

James poussa un soupir à fendre l'âme. Il n'était vraiment pas d'humeur à se battre contre son vieil adversaire.

- Crois-moi, assura-t-il d'une voix grave, il y a des gens beaucoup moins bien intentionnés que moi qui rôdent dans les couloirs… et je ne fais pas spécialement référence à toi, au risque de te surprendre.

Pour une surprise, c'en était une. Rogue écarquilla les yeux et laissa son ennemi s'éloigner, trop suffoqué par ce qu'il venait de lui dire. Se pouvait-il que pour une fois, James n'eût rien contre lui ? Cela paraissait impensable. Il ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais au même instant, la chatte Miss Teigne surgit et les deux ennemis prirent la fuite chacun de leur côté.

James courut alors à la tour de Gryffondor aussi vite que possible. Il aurait aimé savoir où se rendait Rogue mais il avait l'intuition que ce dernier n'avait pas encore cédé aux Serpentards, peut-être serait-il assez fort pour empêcher le drame finalement ? Peut-être James l'avait-il mal jugé.

oOoOoOo

Dans la tour de Gryffondor, la situation devenait critique. Sirius avait entraîné Holly à l'écart et se montrait de plus en plus entreprenant avec elle, ce qui n'était pas pour déplaire à cette dernière. Toutefois si elle avait su quelles pensées traversaient l'esprit de Sirius au même instant, sans doute ne serait-elle pas restée si imprudemment entre ses bras.

En réalité l'esprit de Sirius s'évadait progressivement. Au début il s'était laissé charmer par son corps, son parfum, la sensualité qu'elle dégageait mais peu à peu sa perception des choses s'étaient transformée sans même qu'il n'en eût conscience.

Alors qu'il l'embrassait, il songea qu'elle n'était plus seulement belle ou désirable. Elle était appétissante. Ce fut la pensée qui lui vint alors qu'il l'embrassait dans le cou. Appétissante oui. C'était le mot, d'ailleurs pourquoi ne pas y goûter puisqu'elle s'offrait à lui ?

Il aurait probablement commis l'irréparable si au même moment quelque chose n'avait pas résonné en lui. Peut-être fut-ce une voix aux tréfonds de son âme ou bien un coup d'œil à son reflet dans une glace derrière Holly, en tous les cas, Sirius eut à l'instant fatidique un éclair de lucidité qui le fit réagir vivement.

Tout se passa en une fraction de seconde. Sirius recula contre le mur avec une telle violence qu'il faillit s'assommer en le percutant. Holly eut un mouvement de frayeur. Elle crut que le jeune homme se trouvait mal.

- Remus, est-ce que…

Celui-ci ne prit pas la peine d'attendre la fin de la question, ni même de répondre et se sauva à toutes jambes, le teint plus pâle que la mort. Il traversa la salle commune de Gryffondor comme un coup de vent, ascensionna les marches menant à son dortoir quatre à quatre et ne s'arrêta que lorsqu'il se fût enfermé dans la salle de bain.

Remus et Peter eurent un sursaut de terreur en voyant leur ami surgir comme un diable et foncer jusqu'à la salle de bain. Ils restèrent pétrifiés même quelques secondes après que Sirius eût claqué la porte derrière lui.

- C'était pas Sirius, là ? chuchota Peter sans détacher ses yeux de la porte de la salle de bain.

Remus ne répondit rien mais se leva et s'approcha de la porte en question pour écouter ce qui se passait de l'autre côté.

- Sirius ? appela-t-il à mi-voix.

Ce dernier était totalement paniqué, animé d'une terreur comme il n'en avait jamais ressentie de sa vie. Il avait cru éprouver la peur de sa vie le jour où sa mère l'avait surpris en train d'obliger Regulus à fumer dans les toilettes au mariage d'une tante quelconque mais l'effroi que lui avait inspiré le regard de sa mère ce jour-là n'était rien comparé à celui qu'il ressentit lorsqu'il vit son reflet dans le miroir de la salle de bain.

Il ne se reconnaissait plus. Certes c'était logique puisqu'il n'était plus dans son corps mais même dans le corps de Remus, il s'était toujours reconnu. Il y avait quelque chose d'indicible qui lui rappelait que c'était bien lui qui contrôlait ce corps comme un marionnettiste.

A présent, ce quelque chose avait disparu, il s'effaçait au profit d'un autre, inconnu et menaçant. Le marionnettiste avait changé. Il n'était plus le seul à contrôler le corps de Remus, un autre prenait sa place… et tentait même à présent de dominer son esprit.

C'était le loup, la bête enfouie en Remus. Elle profitait de la vulnérabilité de ce nouvel esprit pour tenter de s'imposer. Depuis le début, elle était là, tapie dans l'ombre, attendant son heure en grappillant petit à petit des parcelles de terrain. Elle avait toujours été là, comme une voix lui murmurant à l'oreille de se laisser guider par son instinct. Elle tirait les ficelles depuis le début. Et à présent, elle se révélait… parce qu'elle était persuadée d'avoir gagné la partie.

J'ai failli mordre cette fille, pensa Sirius horrifié en se recroquevillant dans un coin de la pièce comme si cela pouvait le protéger contre lui-même, alors que ce n'est même pas encore la pleine lune. Il se sentait possédé. Tous ses instincts, toutes ses pensées ne semblaient plus lui appartenir. Était-ce donc cela la fameuse malédiction contre laquelle Remus n'avait cessé de le mettre en garde ? J'aurais dû l'écouter.

- Sirius ? répéta la voix de Remus en toquant doucement contre la porte.

Remus était le seul à pouvoir l'aider. Il avait été un loup-garou pendant des années. Sans doute avait-il déjà traversé ce que Sirius était en train de vivre. Il était le seul à savoir quoi faire en pareille circonstance. Sirius se traîna alors sur les genoux jusqu'au panneau de bois en s'efforçant de ne pas jeter un coup d'œil au passage à son reflet dans la glace et entrebâilla la porte.

Malgré lui, Remus ne put s'empêcher d'exécuter un pas de recul en voyant le visage de son ami, son visage, si méconnaissable. Ses yeux miels étaient plus jaunes, plus menaçants et n'avaient plus rien d'humain. C'était comme si l'image du loup était gravée sur sa face en filigrane. La vision était terrifiante.

- Aide-moi, balbutia Sirius d'un air apeuré.

oOoOoOo

Conscient à présent que son humanité lui échappait, Sirius n'était plus du tout d'humeur à se pavaner dans le corps de Remus. Il ne voulut plus quitter le dortoir de la soirée, ni même le matin suivant. Il restait replié sur lui-même en proie à des crises de tremblements impossibles à arrêter. Peter et Remus tentèrent toutes sortes de potions ou sortilèges mais rien ne sembla pouvoir l'apaiser.

Sirius était dévoré de l'intérieur par une bête sauvage sur laquelle il n'avait aucun contrôle et devant laquelle il s'était déjà soumis involontairement. Désormais, il ne pouvait plus que rester recroquevillé à tenter de se maîtriser en se répétant inlassablement : « Je suis Sirius Black, je ne suis pas un loup-garou. » Son revirement préoccupa ses amis davantage que son comportement précédent de m'as-tu-vu.

- C'est normal qu'il ait peur, expliqua Remus à James et Peter, il sait de quoi il est capable et les dégâts qu'il pourrait provoquer s'il ne se contrôlait plus. J'ai essayé de le mettre en garde mais il n'a pas voulu me croire. Je lui ai dit que la lycanthropie n'avait rien d'un jeu.

- Je ne veux pas être un monstre, gémit Sirius entre ses dents sans même remarquer qu'il était la cible de tous les regards.

Remus sentit son cœur se serrer. Le calvaire de son ami lui rappelait de bien mauvais souvenirs. Lui aussi était passé par cette lutte particulièrement féroce pour prendre le dessus sur le loup qui était en lui. Ce combat ne cessait jamais vraiment mais il était plus vivace que jamais à l'approche de la première pleine lune.

- Ce soir c'est la pleine lune, rappela Remus, l'influence du loup est plus forte que jamais.

- Cette voix dans ma tête, glapit Sirius en se massant les tempes comme s'il était frappé d'une migraine intense. Et cette faim ! Je n'en peux plus d'avoir faim en permanence.

- Tu n'as pas faim, rétorqua gravement Remus.

Devant les regards étonnés de James et Peter, il précisa :

- Ce n'est pas une envie de manger qui le tiraille mais plutôt une envie de…

Sa gorge se noua comme si prononcer les derniers mots lui coûtaient un effort considérable.

- Une envie de tuer, lâcha-t-il finalement avec un dégoût audible dans la voix.

Il y eut un grand silence pesant dans le dortoir. Remus comprit alors que même lorsqu'il aurait retrouvé son corps, le regard de ses amis sur sa maladie ne serait plus tout à fait le même.

Il leur avait fait croire qu'en dehors de la pleine lune, il était un humain ordinaire mais c'était un mensonge. Comme Doherty l'avait toujours dit, le loup ne quittait jamais vraiment le sujet contaminé, c'était une part de lui. Et Sirius pouvait à présent comprendre à quel point. Le combat auquel il se livrait lui donnait les larmes aux yeux.

- Je ne veux pas tuer, gémit-il même si une petite voix nasillarde dans sa tête lui chuchotait le contraire.

- C'est incroyable, commenta James qui n'avait plus dit grand-chose depuis qu'il avait regagné le dortoir et trouvé Sirius dans un tel état de détresse. On dirait vraiment qu'il se bat contre lui-même pour ne pas nous attaquer.

- Il ne peut pas nous faire de mal tant que ce n'est pas la pleine lune, rétorqua Peter d'une voix faible. Toi tu n'as jamais essayé de t'en prendre à nous, Remus.

- Quand je suis arrivé à Poudlard, j'étais déjà un loup-garou depuis plusieurs années, rappela Remus d'une voix d'outre-tombe, mais au début j'étais exactement pareil. J'essayais d'attaquer mes parents. Heureusement à l'époque, j'étais encore un petit garçon, facile à maîtriser.

- Alors que là, Sirius…

Celui-ci cessa aussitôt de trembler ou de gémir et se tourna vers Peter avec un horrible sourire sur le visage.

- Tu as tout compris, le gros ! railla-t-il d'une voix qui ne ressemblait plus du tout à celle de Remus. Tu as intérêt à faire gaffe à toi !

Peter exécuta un bond de recul en poussant un cri aigu. Il lança un regard terrifié en direction de James et Remus, qui ne paraissaient pas moins alarmés, et prit la fuite sans demander son reste. Visiblement, il ne pouvait en supporter davantage.

- Peter ! le rappela Remus en amorçant un geste pour le suivre.

- C'est ça casse-toi ! railla Sirius en sautant sur ses pieds, l'air dément. De toute façon, on n'a jamais été amis ! Tu n'es qu'un gros lard qui a toujours eu peur de moi…

- Ca suffit ! rugit Remus.

Il sortit sa baguette et la pointa sur son propre corps, la main tremblante mais le visage résolu. Sirius l'observa un instant incrédule puis éclata de rire.

- Regardez-moi ça le héros qui protège ses amis du grand méchant loup ! lança-t-il d'un ton goguenard. Tu es pathétique.

- Remus calme-toi ! l'intima James à voix basse. Ce n'est plus vraiment Sirius.

- Non, dit Remus dans un souffle et les tremblements dans sa main tenant la baguette redoublèrent d'intensité. C'est bien pire.

Sirius, complètement dominé par la bête, se leva d'un bond et s'avança vers son ami d'un pas menaçant, sans se départir de son sourire de mauvais augure. James fit alors à son tour un geste pour sortir sa baguette mais Remus fut plus rapide.

- Waddiwasi ! s'écria-t-il tout à coup.

Il n'y eut pas d'éclair mais Sirius fut projeté en arrière comme s'il avait pris un violent coup de massue sur la tête et tomba à terre sur les fesses. Sa tête roula sur son épaule et il s'évanouit. James jeta un regard effaré à son ami sonné, regard qu'il reporta ensuite sur l'auteur du maléfice.

- Remus ?

- Je me suis lancé un sortilège, réalisa subitement celui-ci, ça ne va pas du tout.

- C'était quoi ça ? s'informa James en désignant Sirius inconscient d'un signe de tête.

- Ben, je ne sais pas, balbutia Remus hésitant, j'ai pensé qu'un bon coup sur la tête… il vaut mieux le faire dormir tant qu'on n'a pas trouvé le moyen d'inverser le sort.

James songea que son ami avait raison mais même avec un Sirius potentiellement neutralisé, la situation restait critique. La pleine lune était imminente, le mauvais coup des Serpentards aussi. La défection de Peter tombait bien mal.

Cela faisait une semaine qu'ils cherchaient à inverser le sort sans succès. Avaient-ils une chance d'y parvenir en quelques heures ? Assurément non. Cela signifiait qu'il ne restait plus qu'une solution : demander le secours d'une aide extérieure. Mais à qui étaient-ils susceptibles de confier leur bêtise sans risquer d'être renvoyés de l'école ? Qui pouvait vraiment les aider à présent ?


Oui qui ? Alors à votre avis ?

Plus que quelques heures avant la pleine lune, on amorce la fin, j'espère que vous êtes prêts ^^.

Prochain chapitre : Severus affronte son destin. Il y aura aussi le petit Xenophilius, toujours plein de bonne volonté. A la semaine prochaine !

Merci d'avoir lu ! Laissez-moi votre avis !