Bonjour, merci à tous ceux qui continuent de lire cette fic et de la commenter.
Comme vous l'avez vu, le précédent chapitre s'est achevé en beauté au terme de la grande bataille contre le Draugen et les Serpentards. Un peu comme après une grosse soirée de fête, les lendemains sont difficiles lol. Je vous laisse découvrir comment les héros vont gérer le trauma post-aventure ^^.
Bonne lecture et merci encore de votre fidélité !
Chapitre 30 : Le héros de l'ombre
Par bonheur, James fut le premier à reprendre connaissance. Il lui fallut quelques secondes pour remettre ses idées en place mais la mémoire lui revint très vite : les Serpentards, la Salle sur Demande, le Draugen, le Patronus de Shelley… L'esprit à nouveau clair, il se redressa péniblement et examina le décor, plongé dans ce silence absolu qui succède aux batailles épiques.
C'est terminé, pensa-t-il avec un mélange de stupeur et de soulagement. On a réussi. On a vaincu le Draugen. Sous l'effet de l'émotion, il faillit s'étendre à nouveau sur le sol mais sa surface de pierre affreusement dure le dissuada de se laisser aller de la sorte. La Salle sur Demande avait bel et bien pris des airs de champ de bataille : la table de bois sur laquelle avait été disposés les ingrédients de Severus était en feu et répandait une épaisse fumée noire qui montait vers le plafond. Quant aux Serpentards, ils étaient étendus un peu partout dans la pièce, tous encore inconscients.
L'occasion était trop belle. James se remit sur ses jambes non sans difficulté. Aucun os ne semblait cassé mais il avait mal partout et particulièrement à l'épaule où le sortilège de feu de Malefoy n'avait pas fait que l'effleurer. Il n'échapperait pas à un voyage à l'infirmerie et le plus tôt serait le mieux.
Sans perdre un instant, il récupéra sa cape et sa baguette avant d'aller délicatement secouer Lily. Celle-ci s'éveilla aussitôt et prit à son tour quelques secondes pour retrouver ses esprits. Sitôt fait, James la pressa de le suivre.
- Il faut qu'on bouge avant que les autres se réveillent, lui chuchota-t-il à l'oreille.
Malheureusement elle eut le mauvais goût de tirer Rogue du pays des songes. James, qui avait plutôt espéré le laisser sur place avec ses compagnons de chambrée, s'efforça de masquer sa contrariété. D'ailleurs Rogue ne parut pas plus ravi de voir son éternel ennemi dès qu'il ouvrit les yeux.
- C'est pas vrai, soupira-t-il, tu es encore là !
Lily ne prit pas garde à ce qu'il dit, ni au regard flamboyant de James et aida le Serpentard à se redresser. L'étrange trio s'empressa alors de quitter la salle magique. Aucun d'eux n'aurait su dire combien de temps avait duré cette mésaventure mais ils avaient le sentiment d'y avoir passé la nuit. Pourtant l'aurore n'était pas encore là.
- Il vaudrait mieux qu'on regagne nos dortoirs, murmura Severus à Lily dès que les trois adolescents se furent bien éloignés de la Salle sur Demande. Tu n'es pas blessée ?
La jeune fille ne portait aucune trace de plaie quelconque mais elle était encore très pâle. Elle secoua toutefois la tête d'un geste vif en signe de dénégation.
- J'ai été plus rapide que les filles Black, expliqua-t-elle avec un léger sourire.
- Tu as été extraordinaire, commenta James encore sous le choc de son exploit salutaire dans la pièce Va-et-Vient. C'est toi qui nous as tous sauvés. Comment as-tu réussi le patronus de Shelley ?
- Le quoi ? fit Lily sans comprendre.
- Tout à l'heure, tu as lancé un sortilège qui a lié les deux patronus, expliqua James. C'est un acte de magie très avancé. Comment as-tu fait ?
- Je…
Lily chercha du secours auprès de Severus mais celui-ci guettait sa réponse avec la même avidité que son rival.
- Je ne sais pas, confessa-t-elle alors. Je vous ai vus tous les deux en danger… j'ai seulement levé ma baguette… je ne savais même pas ce que je voulais faire. Je voulais juste qu'il se passe quelque chose… J'ai bien peur de ne pas pouvoir l'expliquer.
Elle se tut, soudain très gênée. James parut déçu, Rogue également. Un silence de mort tomba sur le couloir obscur dans lequel ils s'étaient arrêtés, au beau milieu d'une intersection.
- Je vois, dit finalement James. En tout cas, je suis bien content que cette histoire soit terminée.
- Moi aussi, renchérit Rogue du tac au tac, on peut dire que la trêve est officiellement rompue maintenant.
Les deux ennemis de toujours échangèrent un regard empli de compréhension mutuelle, par-dessus Lily qui se trouvait entre eux. Les grands yeux verts de celle-ci passèrent de l'un à l'autre dans un mouvement versatile, la bouche arquée en une moue perplexe. Elle n'était pas sûre d'avoir bien saisi tout ce qui venait de se passer ce soir-là mais elle avait au moins une certitude : James et Severus avaient fait front ensemble contre un ennemi commun et elle avait d'une certaine manière contribué à sceller leur improbable alliance.
Personne n'entendrait jamais plus parler de cette histoire.
Sans un mot de plus, ni une poignée de main, ni un quelconque signe de complicité, le trio se dispersa : Lily et Rogue prirent le chemin de leurs maisons respectives tandis que James partit en direction de l'infirmerie comme il était le seul des trois qui semblait en avoir réellement besoin.
oOoOoOo
- James !
Peter lui sauta au cou sitôt qu'il franchit le seuil de l'infirmerie.
- Tu es en vie ! s'écria Peter qui en pleurait de joie. Tu ne peux pas savoir comme je me suis inquiété.
- Ca va, marmonna James à moitié étranglé, fais juste attention à mon épaule !
Peter s'écarta aussitôt de lui en se confondant en excuses. James en profita alors pour l'examiner et constata que malgré le lieu dans lequel il se trouvait, Peter paraissait parfaitement indemne.
- Toi, tu vas bien ? demanda-t-il quand même pour en être sûr.
- Je n'ai rien, le rassura immédiatement Peter. Je viens d'amener Sirius parce que lui par contre, il en a pris plein sa tronche.
James tendit le cou par-dessus l'épaule de Peter pour essayer d'apercevoir Sirius. Il crut le reconnaître étendu sur un lit et constata avec soulagement qu'il s'agissait bien de son meilleur ami, dans son corps. Le remède de Rogue avait visiblement fonctionné. Il ne put s'empêcher malgré tout de demander confirmation à Peter.
- Oui c'est bien lui. Ils ont retrouvé leurs corps juste avant que Remus ne se transforme. Heureusement il ne l'a pas mordu.
- C'est déjà ça, marmonna James. Et Remus alors ? Qu'est-ce que vous en avez fait ?
- En ce qui concerne Remus, je ne suis sûr de rien, confessa Peter un peu embarrassé. J'ai laissé faire Hagrid et je me suis surtout occupé de Sirius.
- Hagrid ?
Peter lui expliqua brièvement que le garde-chasse était allé avec lui dans la forêt interdite pour l'aider à sauver ses amis.
- J'espère qu'il est de taille à affronter un loup-garou, conclut Peter à mi-voix, sans mauvais jeu de mots, s'empressa-t-il d'ajouter en remarquant le regard circonspect de James. Et toi alors avec le Draugen ? Etant donné que l'école n'est pas plongée dans les ténèbres, j'en conclus que tu as réussi. Qu'est-ce qui s'est passé ?
James savait qu'il n'échapperait pas au récit détaillé de sa mésaventure dans la Salle sur Demande, récit qu'il ne répugnait pas à livrer mais qu'il ne se sentait pas d'humeur à répéter trois fois. Il répondit alors à Peter qu'il raconterait tout sans en omettre une miette lorsque Sirius et Remus serait de retour et en état de l'écouter.
- Madame Pomfresh n'est pas là ? s'étonna James en balayant l'infirmerie des yeux à la recherche de la guérisseuse. Mon épaule me fait souffrir le martyr.
- Elle ne va pas tarder à revenir, répondit tranquillement Peter, elle est allée voir le directeur.
- Elle est allée voir Dumbledore ? En pleine nuit ? Pourquoi faire ?
James redouta aussitôt que des informations confidentielles et compromettantes n'aient filtré en son absence et la mine soudain gênée de Peter ne le rassura pas davantage.
- Peter ? l'encouragea James dont le regard se fit de plus en plus perçant derrière ses lunettes.
Le teint de Peter vira au rouge soutenu. James comprit alors qu'il avait toutes les raisons du monde de s'inquiéter.
- Quand j'ai amené Sirius, l'infirmière m'a posé tout un tas de questions…
Le regard de James était tellement inquisiteur que Peter semblait se ratatiner au fur et à mesure qu'il parlait.
- Et je lui ai tout dit, acheva-t-il d'une voix à peine audible.
James suffoqua comme s'il avait pris un coup de poing en pleine poitrine.
- Tu as fait quoi ?
- Je savais que tu ne serais pas content, bredouilla Peter en reculant avec prudence au cas où James aurait envie de le punir de sa stupidité en un tour de main. Mais avant de crier, pense que c'est mieux ainsi ! Je n'ai rien dit à propos de l'échange des corps. J'ai seulement parlé du croquemitaine et des Serpentards qui essayaient de l'invoquer.
- Tu es complètement fou, glapit James qui faillit perdre ses lunettes sous l'effet de la stupeur. Tu as donné des noms ?
Peter avait dénoncé tous les Serpentards qu'il savait impliqués dans l'affaire. Cette confidence le fit rougir de plus belle, preuve qu'il n'était pas très fier d'avoir joué les sycophantes. Son visage était tellement cramoisi à présent qu'il ressemblait à une prune trop mûre.
- Au moins ils ne s'en sortiront pas les mains propres, plaida Peter piteusement. Si je n'avais rien dit, leur mauvais coup serait passé inaperçu alors que ce qu'ils ont fait est très grave. Il aurait pu y avoir des victimes. Ils doivent être punis.
Bien qu'une part de lui approuvât les paroles de Peter, James était très ennuyé par cette situation. Eux aussi s'en étaient mêlés et risquaient d'avoir des problèmes si une enquête était ouverte par les professeurs pour essayer de savoir tout ce qui s'était passé. Et puis des innocents risquaient de se retrouver dans l'embarras comme par exemple Lily, qui n'avait été qu'une victime, ou même…
- Eh James où vas-tu ?
Ignorant royalement la question de Peter, James quitta l'infirmerie d'un pas précipité la main sur son épaule douloureuse. Par bonheur, il avait été suffisamment convoqué dans le bureau du directeur depuis la première année pour savoir où il était situé.
oOoOoOo
Le lendemain matin fut difficile dans la maison des Serpentards. Lucius Malefoy et sa bande avaient repris leurs esprits peu de temps après James, Lily et Severus. Comme eux, ils avaient préféré ne pas s'attarder dans la Salle sur Demande. Ayant bien pris conscience de leur cuisant échec, ils s'en étaient retournés dans leur salle commune pour faire le bilan et préparer la riposte. Ils étaient d'ores et déjà certains de faire payer à James son acte d'héroïsme ainsi qu'à Lily, qui s'était attaquée aux sœurs Black.
La question de Rogue était la plus épineuse. Certes il avait fait apparaître le Draugen, de mauvaise grâce, mais il avait surtout contribué à le détruire avec ces satanés Gryffondors. Fallait-il y voir là une trahison et le châtier avec les autres pour lui apprendre à être si entichée d'une Sang-de-Bourbe ? Les avis étaient partagés et la fin de la nuit ne suffit pas à mettre le groupe d'accord.
Severus, pour sa part, avait déjà son idée sur le verdict qui l'attendait et c'était la raison pour laquelle en regagnant son dortoir en douce la veille, il avait entouré son lit à baldaquin de sortilèges de protection, au cas où Malefoy serait venu l'attaquer avant le lever du soleil.
Aussi ne fut-il qu'à moitié surpris d'être réveillé le matin suivant par un cri de douleur de l'autre côté du rideau. A l'évidence, quelqu'un avait envisagé de le tirer du lit un peu brusquement mais s'était frotté à l'un de ses sorts de protection.
- Mais c'est un malade ! rugit une grosse voix qui acheva tout à fait d'arracher Severus des bras de Morphée.
Celui-ci réalisa alors qu'il avait dormi tout habillé. A dire vrai, il était surtout étonné d'avoir réussi à s'endormir étant donné l'état dans lequel il avait regagné son dortoir. Les sens en alerte, l'adolescent se redressa et tira sur le rideau de son lit d'un coup sec pour voir ce qui se passait à l'extérieur de sa forteresse.
Goyle se roulait par terre en se frottant le visage à l'endroit où il avait reçu un maléfice cuisant, qui le rendait plus hideux qu'au naturel. A côté de lui, Crabbe s'agitait d'un air hébété sans trop savoir que faire pour aider son camarade. Lorsqu'il aperçut Rogue, il prit aussitôt une allure intimidante.
- Amène-toi ! lança-t-il en bombant le torse pour faire voir ses muscles. Lucius veut te parler.
Severus ouvrit la bouche pour répliquer mais Crabbe ne lui en laissa pas le temps et le saisit brutalement par le bras tandis que son camarade se relevait péniblement toujours en se tapotant le visage.
- Lâche-moi espèce de brute ! cracha vertement Severus en essayant de se dégager.
Mais c'était comme s'il s'adressait à un mur. Le gorille, aussi large que haut, le traîna comme s'il ne pesait rien hors de son dortoir, sous les regards de quelques élèves, encore dans leur lit, qui ne savaient s'ils devaient intervenir ou non dans ce kidnapping. Finalement personne ne bougea ni ne prononça un mot. Au fond, il n'y avait rien de très inhabituel ce matin-là, juste ce sang-mêlé bizarre de Severus Rogue qui s'était encore fourré dans les ennuis !
Privé de sa baguette magique et escorté par deux armoires à glace, Severus se laissa emmener dans la salle commune de Serpentard sans opposer de résistance. Il songea, un peu stupidement peut-être, que dans son malheur il avait bien fait de s'endormir vêtu sinon les deux molosses de Malefoy l'auraient conduit en pyjama devant les élèves les plus importants de Serpentard, ce qui assurément n'aurait pas été du meilleur effet.
- Le voilà !
Comme il s'y attendait, Severus trouva tous les Serpentards impliqués dans l'affaire du Draugen qui l'attendaient dans la salle commune pour faire son procès. Il devina aussitôt à leurs regards que la situation allait très mal pour lui. C'était le problème avec Malefoy et sa bande. Ils étaient de bonne compagnie tant qu'on se montrait loyal envers eux. Au moindre petit écart de conduite, c'était sanction exemplaire, sortilèges etc.
- Alors Severus, tu as bien dormi ? s'enquit Lucius d'une voix étonnamment douce.
Severus ne répondit pas. Il savait qu'à l'instant où il ferait entendre le son de sa voix, toute la bande lui tomberait dessus, inutile de tendre le bâton pour se faire battre. Afin d'éviter les regards noirs braqués sur lui, il fit mine d'être fasciné par la porte d'entrée face à lui… jusqu'à ce que cette dernière s'ouvre pour laisser passer le professeur Slughorn. A cet instant, le cœur de Severus manqua un battement.
- Oh bonjour professeur ! lança Narcissa d'une voix faussement joviale accompagnée du signe de main assorti.
Silence sur tout le groupe. Un à un, les Serpentards se tournèrent vers leur directeur de maison en essayant de prendre une mine assurée. C'était la deuxième fois en une semaine qu'il faisait irruption dans la salle commune, ce qui en faisait un record. Lorsqu'un directeur de maison en venait à intervenir au sein de sa maison en question, cela signifiait que la situation était extrêmement grave.
Cela n'empêcha guère Slughorn de s'avancer vers le groupe en leur adressant son plus aimable sourire.
- Bonjour, répondit-il d'une voix douce. Quelle excellente idée vous avez eue de vous rassembler ! C'est justement à vous tous que j'étais venu parler. Vous êtes attendus dans le bureau du professeur Dumbledore.
La mention de ce nom provoqua un frisson à peine perceptible dans l'assemblée d'élèves. A l'évidence, l'affaire du Draugen était connue du directeur. Les ennuis, qui les attendaient, allaient être sans commune mesure. Tous étaient certains d'être exclus de l'école. Face à une telle situation, Bellatrix ne se sentit plus obligée de faire preuve de politesse face à un professeur et lança non sans insolence :
- Pour quelle raison ?
Slughorn ne se départit pas de son sourire.
- Je parie que vous avez déjà une petite idée sur la réponse à cette question, mademoiselle Black.
Bellatrix apprécia peu cette réponse et échangea un regard avec la personne la plus proche avant de formuler sur ses lèvres les noms : « Evans et Potter ». L'assemblage de ces deux noms faillit hérisser les cheveux sur la tête de Rogue. Ses yeux noirs se mirent à flamboyer dangereusement.
- Eh bien jeunes gens, nous n'allons pas y passer la journée, poursuivit Slughorn avec une pointe d'impatience. Venez !
Il s'écarta pour les laisser sortir à la file indienne. Malefoy parut très contrarié de voir sa réunion ainsi perturbée mais préféra ne rien dire et amorça un geste pour suivre le mouvement. Il laissa alors apercevoir Severus, qui lui emboîta le pas. Sitôt qu'il le vit, Slughorn fit un geste du bras pour lui barrer le chemin.
- Pas vous, monsieur Rogue, dit alors le maître des potions. Le directeur n'a pas mentionné votre nom. Cette histoire ne vous concerne pas.
Severus faillit s'étrangler avec sa salive en entendant ces mots. Était-ce une plaisanterie ? Avait-il enfin une bonne étoile ? Il ne pouvait pas croire qu'il allait réussir à s'en tirer les mains propres après le rôle qu'il avait joué. Et ses camarades de Serpentards n'étaient pas loin de penser la même chose à en juger les regards suffoqués qu'ils envoyaient dans sa direction. Face à cette stupeur collective, Slughorn fut soudain saisi d'un doute.
- A moins bien sûr… que vous ayez quelque chose à voir avec…, murmura l'enseignant en fronçant les sourcils d'un air soupçonneux.
Severus soutint son regard, la mine plus impassible qu'une statue.
- Si vous avez quelque chose à dire mon garçon, c'est le moment, l'encouragea Slughorn d'un ton sentencieux.
Le cœur de Severus s'emballa tout à coup. Que devait-il faire ? S'il essayait d'échapper aux conséquences de ses actes, ses camarades de Serpentards se hâteraient probablement de réparer cette injustice. D'un autre côté, il aurait été idiot de se dénoncer s'il existait un espoir, même infime, pour se faire innocenter. Devant l'absence de réponse, Slughorn sembla se faire sa propre opinion sur le fin mot de l'histoire. Severus s'apprêta alors à suivre le reste du groupe à l'échafaud mais contre toute attente, Malefoy prit la parole.
- Laissez-le ! dit-il à Slughorn en désignant Rogue d'un signe de tête. Il n'était pas avec nous. Il n'a rien à voir là-dedans.
Severus dut fournir un effort méritoire pour ne pas fixer Lucius avec des yeux ronds. Était-il encore endormi et en train de rêver ? Malefoy essayait-il réellement de lui sauver la mise ? A quoi devait-il un tel miracle ? Visiblement, le reste des Serpentards nageaient dans la même incompréhension mais personne ne put interroger Malefoy en présence de Slughorn. Ce dernier, malgré le regain de stupeur dans l'assemblée, parut soulagé de cette affirmation et classa l'affaire.
- Il vous suffisait de me le dire tout simplement, monsieur Rogue, fit-il remarquer avec un haussement de sourcils.
Sur ces mots, il sortit à la suite de ses élèves de Serpentard, laissant Severus complètement seul au milieu de la salle commune. Celui-ci n'eut même pas le temps de formuler sur ses lèvres un mot de remerciement à l'attention de Malefoy que ce dernier avait déjà disparu.
Et voilà ! pensa-t-il effaré en se laissant tomber dans le fauteuil le plus proche. Cette fois, c'est vraiment terminé et il ne va rien m'arriver. Le jeune homme ne pouvait y croire. Malefoy l'avait disculpé. Est-ce que cela voulait dire qu'il lui pardonnait d'avoir saboté le plan du Draugen ? Cela paraissait improbable et pourtant les faits étaient là.
Quand il en eut assez de tergiverser à propos de cette histoire délirante et de sa fin non moins délirante, Severus se résolut à quitter la salle commune. Tandis qu'il errait dans les couloirs sans but précis, il aperçut de loin James Potter et leurs regards se croisèrent un instant. Severus se figea alors quelques instants, surpris. Il aurait juré que James lui avait presque souri. Mais sans doute était-ce un effet de son imagination.
Et voilà, les choses se décantent petit à petit pour les héros. Severus est sauvé !
Je laisse à votre interprétation le titre du chapitre « Le héros de l'ombre » ^^
Alors ça vous a plu ? Donnez-moi votre avis s'il vous plaît !
Prochain chapitre : retour triomphal de Remus et Sirius !
