Désolée pour ce retard, j'étais privée d'ordi... Mais me revoilà avec le premier chapitre des Moissons !
Merci pour ces reviews ! Ca fait toujours plaisir.
Kentwell7: Oui, je l'ai imaginé comme le père de Senecca Crane.
Tu verras bien !
Ravie que cela te plaise !
Eclipse on Panem: Ce serait le père de ce cher Senecca !
J'espère que je serai à la hauteur de vos attentes.
Quand à l'affiche, j'ai essayé de faire pour qu'elle ressemble à une affiche un peu décrépie, genre qui sort des archives.
Chambre 313: Tu verras bien, à la fin de cette fic !
Chapitre 1
The District One Reapings
Trea Wonder, 15 ans
- Debout ! Tu ne veux quand même pas être en retard pour la Moisson ? grogne ma mère en entrant dans ma chambre. Ta soeur est prête depuis une heure !
Je grommelle une vague réponse. Ma mère sort et je me traîne sous la douche.
C'est toujours ma soeur, Lucia-ceci, Lucia-cela.
Elle a 18 ans, j'en ai 15. Elle a toujours été la favorite, mais depuis qu'elle a gagné ses Jeux, i ans, c'est encore pire. " C'est grâce à elle qu'on vit au Village des Vainqueurs ", " elle est tellement douée, à 16 ça reste difficile de gagner ", etc.
Je suis une Carrière, moi aussi ! Et si on comparait ses anciens bulletins au miens, je suis sûre que je la dépasserai sur certaines disciplines !
Je sors de la douche et enfile ma tenue. Je m'inspecte dans le miroir: je suis plutôt jolie avec mes longs cheveux châtains, mes yeux gris-bleu et mon teint de pêche. Ma robe est plutôt courte, d'un blanc éclatant. Elle est si simple, comparée aux tenues de Lucia ou de Mère. La seule touche de fantaisie est la ceinture de cuir, noire, aux boucles d'argent qui scinde la taille.
Je descends dans la cuisine. Mon père lit le journal, une tasse de café à la main. Lucia et ma mère bavardent tranquillement.
Je m'assois et prend un croissant. Il est tout chaud, c'est délicieux.
- J'ai entendu dire que les mentors de cette année étaient Romain et Flame, dit Lucia à Mère.
- Je n'aime pas cette Flame, grince celle-ci.
- Pourquoi ? je demande.
Lucia me fusille du regard, me faisant clairement comprendre que je n'étais pas sensée me mêler de la conversation. Mère me regarde d'un air méprisant.
- C'est une faible, assène-t-elle enfin.
Je sens le " comme toi " non dit, mais fortement pensé. Mère se retourne vers Lucia.
- Tu ferais un bien meilleure mentor qu'elle, ma puce.
Je serre les poings. J'en ai assez.
Sans un mot, je me lève. Mère vocifère:
- Reste ici !
Mon père lève enfin la tête de son journal:
- Obéis à ta mère, Trea !
Pour toute réponse, je sors et claque la porte derrière moi. Je ne suis pas faible. Ils vont voir. Je vaux autant que Lucia.
Je gagne la Grand-Place en 5 minutes. Elle est déjà à moitié remplie. Je me vais me faire enregistrer. Un Pacificateur me pique le doigt et je rejoins ma section.
Je vais leur montrer.
Je n'ai pas vraiment d'amies. Non que je sois solitaire de caractère, mais ma mère a toujours fait tout pour que je n'en ais pas. Elle me rabaissait constamment devant tout le monde. Ca a fini par éloigner les autres.
Alors je me tiens seule, au milieu de ma section qui ne cesse de se remplir. Ici les murmures sont excités. Fébriles, même. Chacun y va de son commentaire sur qui va se porter volontaire. Personne n'a vraiment peur. Nous, les Carrières, sommes là pour éviter que des innocents soient choisis.
C'est bientôt l'heure. Les anciens vainqueurs sortent de l'hôtel de Justice et s'assoient en arc de cercle sur les chaises au bout de l'estrade. Romain et Flame sont au centre. J'aperçois Lucia entre une trentenaire aux traits hautains et Romain.
Le maire apparaît à son tour, suivi de l'hôte. Il entame son discours, qui est le même à la virgule près que celui de l'année dernière.
L'hôte est à ce poste depuis 3 ans déjà. Chacun de ses gestes est empli de suffisance. Il a les cheveux pourpres, et les yeux violets bordés d'immenses cils d'une dizaine de centimètres.
Il bondit quasiment dès que le maire a fini de parler. Il est ridicule.
- Bien le bonjour, chers habitants du district Un ! Le moment est venu de découvrir quel admirable garçon, quelle remarquable jeune fille représenteront ce merveilleux district. Et, galanterie oblige, les dames d'abord !
Ma décision est prise. Mon coeur bat la chamade. Je me compose un sourire assuré, et crie:
- Je suis volontaire !
Je fends la foule et grimpe sur l'estrade. Lucia est bouche-bée. Je lui adresse un petit sourire mauvais.
- Comment t'appelles-tu et quel âge as-tu ? demande l'hôte, Camillus il me semble.
- Je suis Trea Wonder et j'ai 15 ans.
- Oh oh oh ! Ne serais-tu pas la soeur de Lucia Wonder, notre dernière gagnante en date ?
J'ai un petit rire:
- Oui. Mais personnellement je pense être capable de faire beaucoup mieux qu'elle. Inutile de rappeler qu'elle a gagné ses Jeux sur un coup de chance, son dernier adversaire, le tribut masculin du Quatre, ayant été quasiment décapité par un rat géant, et encore, elle ne les a fait qu'à 16 ans...
La foule bruisse de murmures. Je souris. C'est mon moment de gloire.
Enfin.
Ni Père, ni Mère ne viennent me dire au revoir, mais je m'en doutais. J'ai attaqué l'image de leur précieuse petite chérie...
En parlant d'elle, elle entre comme une furie:
- Espèce de sale petite...
Il y avait un temps où j'étais intimidée par elle. Mais c'est fini. Je me sens forte.
- Si j'avais été mentor, je t'aurais laissé crever dans l'arène !
Je lui offre mon plus beau sourire narquois.
- Tu ne supportes pas que je gagne mes Jeux en étant plus jeune que toi ?
- Tu n'es pas capable de les gagner !T'auras de la chance si t'es dans les 12 premiers !
- Je suis plus forte que tu ne le crois, je rétorque.
- Tu n'es qu'une idiote écervelée et incapable !
- Et toi, tu n'es qu'une imbécile qui se donne de grands airs parce qu'elle a tué un garçon à terre, je réplique froidement.
Elle part, excédée, en claquant la porte. Je pouffe doucement. Enfin est venu le moment que j'attendais.
Je me sens pleinement heureuse ,pour la première fois depuis longtemps.
Hamish Jewel, 17 ans
J'ouvre les yeux à regret. Quel merveilleux songe ! Pensée, la fille de mes rêves, m'embrassait. Encore une chose qui ne risque pas de m'arriver dans la réalité... Elle fait à peine attention à moi, et pourtant je suis l'un des meilleurs Carrières du district ! Mais elle, elle n'est pas Carrière, tout comme son frère de 12 ans.
Au pire, je suis tout de même un beau garçon, avec ma carrure musclée, mes ensorcelants yeux verts et mes cheveux bruns. Mais, rien à faire, elle ne s'intéresse pas à moi.
Je soupire et me lève. Cette année, on est dans le flou total concernant les volontaires, chez les garçons comme chez les filles. Personnellement, je ne connais personne qui en ait vraiment envie, moi y compris. Mais, s'il le faut, je sais que quelqu'un le fera. On ne peut pas laisser le district se couvrir de déshonneur en laissant un garçon non entraîné aller aux Jeux.
J'enfile un pantalon sombre et une chemise blanche, m'asperge le visage d'eau, fait un semblant de coiffure et descend à la cuisine.
- Bonjour, mon chéri, fait ma mère en me prenant dans ses bras. Je me laisse aller à cette étreinte.
Elle me relâche et tapote maladroitement l'épaule, les yeux curieusement humides.
- Assieds-toi, j'ai préparé des pancakes.
Mon père entre, rasé et vêtu de son plus beau costume.
- Mmmm, j'ai entendu parler de pancakes par ici.
Il embrasse ma mère, et me donne une accolade.
- Comment va mon fils chéri, fait-il en s'asseyant.
- Super, je réponds en avalant une première bouchée ( délicieuse, cela va sans dire ).
Mon père est le propriétaire d'une mine d'or d'où on extrait 45% de l'or qu'il faut au district pour fabriquer des objets de luxe, le plus grand filon. Ma mère, quant à elle, travaille dans une bijouterie à mi-temps. Le reste du temps elle s'occupe de la maison.
- Alors, fiston, tu vas te porter volontaire ?
C'est moi qui ai voulu devenir Carrière. Mes parents ne m'ont jamais mis la pression au sujet des Jeux. Je crois même qu'ils préféreraient que je ne porte jamais volontaire. Pour moi, tenter l'aventure l'année prochaine me paraît raisonnable.
- Je ne pense pas, pas cette année.
Ma mère laisse échapper un petit sourire soulagé.
- Tu sais, mon loulou, être Carrière ne signifie pas forcément se porter volontaire.
- Je sais Maman. Tu me le dis tous les ans. Bon, Sam doit m'attendre. J'y vais, à toute à l'heure !
Sam est sur le point de cogner à la porte quand je sors.
- T'en as mis, du temps !
La principale qualité de Sam n'est pas la patience.
- Je sais, tu as hâte de voir qui va se porter volontaire, je soupire.
Sam est un Carrière et mon meilleur ami depuis qu'on est entré au Centre, vers 6-7 ans, je ne sais plus. J'ai entendu dire que, dans le Deux, c'est bien plus tôt, 3-4 ans. Bref...
- Exactement ! Et j'ai aussi l'intention de jeter un coup d'oeil aux filles...
- Laisse-moi deviner, je dis tandis que nous nous mettons en route. Tu es encore tombé amoureux ?
- Mais elle est si jolie... Elle a 18 ans, de beaux cheveux blond cendré et d'inimitables yeux bleu-gris...
- Comment elle s'appelle ?
- Lucia Wonder...
- Attends... c'est la gagnante d'i ans ?!
Il soupire.
- Je sais.
Il se trémousse, mal à l'aise, et change finalement de sujet.
- Et toi, toujours le Grand Amour même pas réciproque ?
Je hausse les épaules.
Nous arrivons sur la Grand-Place. Elle est déjà noire de monde.
Nous nous faisons enregistrer.
En rejoignant notre section, je l'aperçois au milieu de la foule.
Pensée.
Elle est seule, contrairement à d'habitude où elle est toujours entourée de sa bande d'amies. Elle serre un garçon de 12 ans dans ses bras et lui murmure à l'oreille. Ses yeux sont humides.
Le petit lui ressemble, ça doit être son frère.
- Tu viens ? s'impatiente Sam qui ne les a pas vu.
Je secoue la tête et le rejoins.
- Elle est pas trop canon ? me chuchote Sam en pointant la jeune femme de ses rêves.
- Pas mon style, je marmonne.
C'est l'heure du tirage au sort des filles.
Il y a une volontaire, c'est la soeur de 15 ans de Lucia Wonder. Elle est arrogante et sûre d'elle. Je vois le triomphe et le plaisir dans ses yeux. Elle adresse un sourire narquois à sa soeur.
- Maintenant, aux garçons !
Camillus, l'hôte, choisit un nom:
- Lierre Flow !
Flow, ne serait-ce pas le nom de famille de Pensée ?
Le garçon que j'ai vu dans ses bras s'avance, tout tremblant.
Je ne peux pas le laisser comme ça. Mon coeur bat plus fort. Je vais sauver le frère de Pensée.
- Je suis volontaire !
J'ai sauvé le frère de Pensée.
J'attends dans le petit salon à disposition des tributs. Mes parents entrent. Ma mère s'affale dans un fauteuil, secouée de sanglots. Mon père s'assoit à côté d'elle et me dévisage longtemps.
- Tu le connaissais ? demande-t-il enfin.
- Pas vraiment.
Il soupire et me sert dans ses bras.
- Quoique tu fasses, sache qu'on t'aimera toujours, Hamish.
J'acquiese et les sert tous les deux dans mes bras, la gorge soudain nouée.
Puis Sam vient me souhaiter bon courage. Je vois bien qu'il retient des larmes.
J'attends, quand la porte s'ouvre à nouveau.
C'est Pensée.
- Merci d'avoir sauvé mon frère.
- Pas de quoi.
Elle soupire.
- Je te serai éternellement redevable.
Mon coeur bat la chamade.
- Quand je reviendrai... on pourra se revoir ?
Elle sourit tristement.
- Peut-être.
Dites-moi qui vous préférez, de Hamish ou Trea ! ( mon frère préfère déjà Trea ^^ )
