Base : Bleach
Genre : romance, angst
Statut : sans vouloir être décevant, il n'y aura pas quarante chapitres
Rating : pas pour les enfants (y'a des gros mots) walller... on va dire M.
Pairing : Byakuya/Renji (et l'inverse)
Disclaimer : naaaooonnn ! ils sont pas (pleure) mais alors pas du tout (snirfle) pas du tout à nous (ooouuuiiinnn) mais à Tite Kubo et lui seul (va mettre fin à ses jours).
NA : voici la suite (chose promis, chose due) de Sept jours pour guérir... avec de belles références et (on espère) toujours autant d'humour.
QUARANTE JOURS ET UNE RECHUTE !
Le déni III
« Tout ce que l'impur a touché sera impur »
Nb. XIX, 22
Byakuya avait coincé Rukia la veille au soir, entre le fromage et le dessert, dans la morne désolation du manoir familial. Que nul ne s'y trompe : tous ceux qui ont pensé à un truc salingue à la lecture de la dernière phrase n'ont malheureusement pas une âme pure. Qu'ils se rassurent, la pureté de l'âme n'a jamais permis de payer moins d'impôt. Bref, ceci dit, il avait obtenu une explication de la part de sa sœur qui lui donnait des envies de meurtre. Mais pour une fois, ce n'était pas son vice-capitaine qui en était la cible, ni même un certain shinigami intérimaire et rouquin, pas plus que la petite sœur en question, mais tout bonnement et de nouveau, son estimé collègue capitaine de la treizième division. Avec tout ça, il avait finit par l'oublier celui-là, il faudrait que ça change, nul ne peut croire pouvoir laisser un tel méfait impuni. Malade ou pas malade, il ne voulait pas savoir, quand on est assez lucide pour faire des crasses à un collègue on l'est aussi pour se prendre la branlée qui va avec.
Cela c'était peu ou prou passé de cette manière, admirez !
Imaginez, le soir qui tombe sur la grande demeure des Kuchiki, il fait encore bon, mais la brise nocturne se faufile déjà par tout les interstices (oui, les murs traditionnels japonais c'est bien joli mais question isolation, ça vaut pas la laine de verre). Imaginez le tête à tête de l'angoisse : seule face à Byaluya Kuchiki qui, pour une raison inconnue, a l'air encore plus ronchon que d'habitude (ce qui n'est pas peu dire). Et puis imaginez l'état d'esprit de la pauvre Rukia qui n'a aucune échappatoire et qui le sait.
- Rukia.
- Oui mon frère.
- J'ai à te parler.
- Oui ?
- C'est très sérieux.
Ça, elle l'aurait deviné toute seule, parce que Kuchiki qui sort « j'ai à te parler et tu vas bien te marrer », c'est juste pas concevable, pas dans une fic IC en tout cas.
- Qu'y a-t-il ?
- Vois-tu, il est de ton devoir, en tant que shinigami de ne rien dissimuler à tes supérieurs, quoique ce soit, toute information tue peut avoir des conséquences graves. De même, en tant que membre de notre famille, tu as un rang à tenir et on doit pouvoir te faire confiance. En mentant délibérément à un autre shinigami, c'est le nom tout entier des Kuchiki que tu déshonores.
- J'en suis consciente mon frère.
Complètement consciente, vu que c'était le genre de couplet déprimant à souhait qu'on lui rabâchait depuis son adoption. Surtout que le noble nom des Kuchiki, elle s'en foutait comme de sa première culotte. De même, l'honneur des shinigami, vu les crimes divers et variés dont certains capitaines s'étaient rendus coupables, on pouvait s'assoir dessus sans craindre de l'abimer.
- Le vice-capitaine Abarai est... disons, un proche pour toi ? N'est-ce pas ? Avait-il demandé sur le ton compassé qu'on prend pour signaler à quelqu'un qu'il a un énorme bouton sur le nez.
- Oui, reconnu la jeune femme comme on avoue un vice particulièrement honteux.
Arrivé à ce point-là, Byakuya se surprit à hésiter : devait-il l'interroger sur les mœurs contre-nature du shinigami ou sur ses manquements à son devoir ? Le dilemme fut bref et sans surprise. Le sacro-saint devoir reprit le dessus.
- De même, ce gamin est aussi ton ami ? Continua-t-il, cette fois avec l'expression écœurée qui accompagne la découverte d'un furoncle purulent sur quelque partie de l'anatomie que ce soit.
- Heuu... oui, aussi, murmura Rukia, qui commençait vaguement à voir où il allait en venir et ne s'en réjouissait pas le moins du monde.
- Il semble que Renji ait été amené à jouer le rôle de messager entre Kurosaki et un habitant du Seireitei, qui ne pouvait pas se rendre dans le monde des vivants.
Rukia, tout en remarquant que son frère avait oublié de l'appeler « vice-capitaine Abarai », comme il le faisait toujours lorsque l'intéressé n'était pas là, soupçonna fortement son ami d'avoir vendu la mèche, probablement sous la menace de son supérieur. Ces mecs n'ont pas de couilles. Elle hocha la tête innocemment, montrant par là qu'elle écoutait attentivement et ne voyait pas en quoi elle était concernée.
- Toi qui les connaît bien tous les deux, qui pourrait avoir autant confiance (et là, il leva véritablement les yeux au ciel à ce mot) en Renji pour se servir de lui comme intermédiaire ?
Présenté comme ça, Rukia trouva complément débile l'idée de pouvoir compter sur Renji pour des trucs comme ça. Par conséquent, elle se trouva elle-même particulièrement stupide. Franchement, quel être humain ou non en pleine possession de ses moyens mentaux laisserait Renji jouer le rôle du messager/homme de confiance ?
Pas le choix, il fallait mentir à son frérot bien-aimé.
Pour la peine, à sa prochaine question embarrassante, je lui dis la vérité, même si c'est moche à dire, se jura-t-elle, tout en trouvant cette résolution particulièrement dangereuse.
- Je ne saurais citer personne en particulier mais...
- Oui ? L'encouragea Byakuya avec ce qui aurait presque pu passer pour un sourire sympathique.
- Les membres de la onzième division...
- Et bien ?
- Ils s'entendent bien avec Ichigo. Et ils connaissent bien Renji, puisqu'il a été des leurs.
Pas besoin de me le rappeler, songea tristement le capitaine avant de reprendre.
- Et, selon toi, que viendrait faire le capitaine Ukitake dans tout ça ?
Heuhlà ! La prochaine question embarrassante était arrivée ! Joie.
- Mon frère, je suis membre de la treizième division. Le capitaine Ukitake est mon capitaine.
Sur le moment, Byakuya faillit annoncer qu'il s'en foutait comme de son premier cadavre déchiqueté, mais avec un peu de recul il réalisa que ce n'était pas (et de loin) le meilleur moyen de forcer sa sœurette à la confidence. Comme il n'était pas non plus question de l'amadouer (déjà qu'il avait du mal avec les animaux, alors avec les petites sœurs !), il songea une demie seconde à l'idée de la menacer, ou mieux, de lui arracher la vérité par la force, avant de reconnaître que c'était plus que douteux et complètement au-delà de ses capacités.
Bref, les vieux trucs restant les meilleurs, il prit un air grave et fronça les sourcils, dans l'expression pure et dure de l'homme blessé dans sa fierté. Ça il savait faire.
- Rukia, ce qu'a fait le capitaine Ukitake est une ingérence inacceptable dans les affaires de ma division. Je ne peux imaginer que ton capitaine ait fait cela par malice, mais il faut toutefois tirer cette affaire au clair. Regarde ce qui est arrivé à Renji... il aurait pu en mourir. Termina-t-il dans un exercice d'hypocrisie pure.
Rukia rumina un instant avant de se décider. D'accord, elle s'était juré de dire la vérité. D'un autre côté, elle ne se voyait pas vendre la mèche. Surtout que le capitaine Ukitake était l'une des personnes qui lui étaient les plus précieuses au Seireitei.
- Je crois que...
- Oui ?
- Le bruit court qu'une personne est venue demander cette faveur au capitaine.
- Une personne ?
- Envers qui il serait redevable.
- Qui serait ?
- Je n'en ai aucun idée.
- Et...
- Oui mon frère ?
- Non. Merci beaucoup, Rukia, tu peux disposer.
Ce qu'elle fit, sans demander son reste et sans attendre le dessert qui n'avait pas encore été servi. Parfois le salut est dans la fuite. Tout particulièrement quand on vient de servir deux ou trois tartes chaudes à Byakuya Kuchiki.
De son côté, sans douter une seule seconde de la véracité des dires de sa petite sœur adorée, Byakuya se triturait les méninges pour trouver le fin mot de cette histoire.
Donc, un péquenot, probablement de la onzième division, vient tanner le capitaine d'une autre division pour obtenir une autorisation de prolongation de séjour terrestre à son lieutenant. Son programme consistait donc en trois points : enquêter dans la division des brutes, attraper Ukitake et se ménager une petite explication entre capitaines, attendre que nul cerbère ne bloque plus la porte de son vice-capitaine pour pouvoir remettre la main sur lui... Rectification : ne plus jamais poser la main sur ce dégénéré mais exiger de lui une confession écrite avec des noms !
Une fois ceci fait, tout rentrerait dans l'ordre, plus rien d'affreux ne pourrait arriver à son autorité, songeait naïvement le capitaine, tout en se disant qu'il y avait trop de dessert pour une seule personne ce soir-là.
Au matin, Isane gardait la porte. « Il faut quelqu'un qui sache montrer les crocs », avait plaidé leur troisième siège, dépité de ne pas avoir hérité du poste. Retsu Unohana lui avait diplomatiquement fait comprendre que le dernier shinigami qui avait prétendu bouffer du Kuchiki avait failli ne plus être là pour en témoigner.
D'un point de vue déontologique, Isane était prête à mourir pour faire son devoir de shinigami. Et si en plus c'était sous les ordres du capitaine Unohana qui était, à ses yeux, la plus extraordinaire des femmes, c'était encore mieux. Toutefois, est-ce qu'empêcher un capitaine de voir son premier lieutenant faisait vraiment partie des attribution des shinigamis ? Même si, de toute évidence, le vice-capitaine avait déjà donné assez de raisons de se plaindre de lui.
Prête à tout, elle n'en demeurait pas moins nerveuse à l'idée de se retrouver face au terrifiant capitaine. C'est vrai quoi, qui peut s'imaginer en train de dire à Byakuya Kuchiki, la bouche en cœur « ha ben non, désolé, vous ne pouvez pas entrer » ?
- Renji.
- Isane ?
- Oui, c'est moi. Je suis chargée de surveiller ta porte.
Renji soupira, mais sans aucune manifestation de surprise. Quand on a l'impression d'avoir été recousu à l'agrafeuse, on ne s'étonne plus de rien, on pleure en silence.
- C'est nouveau ça.
- Oui, c'est pour ton rétablissement.
- J'm'en serais douté.
- Ton capitaine est interdit de visite.
- Tu parles d'une surprise.
- Il s'est passé quelque chose ?
Quelqu'un m'est passé dessus, oui.
- Been...
Non, il y a des trucs dont on ne parle pas aux jeunes filles.
- Ça va, reprit-elle, je ne vais pas t'embêter. Je voulais savoir... le capitaine Kuchiki...
- Oui ?
- S'il veut vraiment entrer dans cette chambre, il est capable de... ?
À un tel silence éloquent, Renji comprit et compatit aux angoisses de sa collègue.
- Oh oui. S'il veut aller quelque part, je ne vois pas trop ce qui pourrait l'en empêcher. Mais rassure-toi. Je ne pense pas qu'il ait tant envie que ça de se pointer ici. Du moins, j'espère.
De fil en aiguille, leur petite conversation de part et d'autre de la porte lui remonta nettement le moral. D'une, leur mésaventure nocturne n'avait pas eu tant de témoins que ça. De deux, Isane prenait apparemment les choses avec une sérénité qui amoindrissait nettement sa propre nervosité. Et en plus, tous ses amis fidèles étaient venus prendre de ses nouvelles la veille. Après ça, comment voulez-vous qu'il se tracasse encore à l'idée de se trouver face à son glacial capitaine ?
S'il est glacial, ben qu'il le reste, j'm'en fous, j'ai des potes, des copines et la santé (enfin presque), j'ai pas besoin d'une prise de tête avec un glaçon en plus.
Autant dire qu'il allait bien, moralement, si ce n'est physiquement lorsque la voix d'Unohana entrant dans sa chambre (sans frapper) le tira de ses pensées.
- Un cadeau pour vous, vice-capitaine.
- Hein ?
Renji sourit de toutes ses dents. Il avait de vrais amis qui ne l'oubliaient pas.
- De la part du capitaine Kuchiki.
Le sourire s'effaça pour laisser place à un rougissement du plus bel effet. Il avait aussi un capitaine attentionné. Peut-être pas si glaçon que ça, finalement.
- Bon courage, fit-elle en s'effaçant, laissant passer deux shinigamis dont l'un disparaissait lui-même sous une pile de dossier.
Renji reconnut malgré ça Hanataro qui lui sourit tristement et Rikichi qui tenta vainement de le saluer, ployant sous le poids de la paperasse.
- Merci.
D'accord, ses potes étaient des cafards et son capitaine un sadique. Il soupira. Mais à quoi il s'attendait aussi ? Des fleurs ? Des petits cœurs en chocolat ?
Les deux jeunes shinigamis s'assirent, posèrent avec dévotion la pile de papiers devant le lit, et jetèrent au vice-capitaine un regard empli de gratitude.
- On a pour consigne de rester ici, et de ramener les dossiers traités ce soir au bureau du capitaine Kuchiki.
De fait, Renji comprit immédiatement le pourquoi du regard reconnaissant : ces petits veinards allaient certes s'emmerder toute la journée, mais au moins ils le feraient en bonne compagnie et sans exigence de travail à fournir.
- Vous êtes venus glander ?
- Oh ! Vice-capitaine ! Comment pouvez-vous penser quelque chose comme ça ? S'offusqua Rikichi avec un air de vierge effarouchée qui éveilla de drôles de souvenirs chez le lieutenant. C'est vrai qu'un fan ça peut servir à tout... Bref.
- Je suis tenu de donner un rapport quotidien au capitaine, chaque soir.
- Si c'est que ça, je le rédigerai pour toi, promit Reni avec un sourire protecteur, ce qui, vu l'étendu de la tâche à effectuer, représentait un lourd sacrifice.
- Un rapport oral.
- HEIN !
- Je dois lui faire un compte-rendu de vive voix.
- Ha oui... c'est vrai je... je ne... Bredouilla Renji, sans pouvoir justifier son esprit mal tourné devant de si jeunes et innocents gamins. Bon, c'est pas tout ça, au travail !
Le deux jeunes shinigamis le regardèrent comme s'il venait de proférer le pire des blasphèmes. Vous imaginez Tosen en train de chanter la Digue du cul avec une cannette de bière à la main ? Hé ben, ça faisait le même effet.
Oui mais bon, pour chasser des images perturbantes de sa tête (quel idée d'employer les mots « rapport oral » comme ça, sans prévenir !) tous les moyens sont bons, même le travail. Aussi, sous les yeux ébahis des deux jeunes shinigamis, Renji saisit le dossier du haut de la pile, l'ouvrit sur ses genoux et commença à le lire. Cela va sans dire qu'il ne fit que « commencer à lire », parce que pour ce qui est de continuer cette brillante activité, ce fut un tout petit plus dur.
Voyez plutôt, ce qui se passait sous la tignasse rouge était à mille lieues de l'obscur rapport sur « les consommations annuelles de litres d'encre de la division ».
Putain merde ! Et voilà ! Mais il pouvait pas fermer sa grande gueule ce petit con ! Et je peux même pas me défrustrer (oui, le mot n'existe pas, mais Renji s'en fout) vu qu'ils sont là à me fixer avec leurs yeux de merlans. Bon ça va, y'a juste à pas penser à l'autre. Kuchiki et rapport oral dans la même phrase. Et en plus moi, ça m'excite. Je dois vraiment avoir un problème. Non, en fait c'est juste la notion de rapport oral qui m'excite.
Raaahh mais Kuchiki aussi ça m'excite. 'Tain ! Mais qu'est-ce qu'il lui a pris de me sauter dessus comme ça ? Il est inconscient ou quoi ? Ou alors il est sûr de pouvoir me dépecer si j'essaye de rééditer l'exploit ? Ha non ! Surtout ne pas penser à l'exploit en question.
Il lorgna sur la pile de dossier dangereusement branlante, embrocha du regard les deux shinigamis qui commençaient à papoter dans leur coin, et soupira. La journée allait être longue.
A SUIVRE...
