Coucou ! Me revoilà avec la Moisson du district Cinq ! Mais juste avant, la réponse au review !
Eclipse on Panem: C'est un peu le but, c'est la prétentieuse des Carrières ( la fouteuse de merde avec Trea, comme tu disais ? A voir... )
Ttt, il y a vraiment des ordures, en ce bas-monde.
Ah ah, je suis ravie que tu penses ça ! Pourquoi je n'ai rien dit de son passé ? Parce que c'est une période qu'elle préfère oublier ! Mais, au fur et à mesure de cette fiction, elle va se rappeler, et donc évoluer ;)
T'inquiètes, je la prends pas mal.
Non, tu te trompes, c'est Calissa qui dit ça à son frère. Tu as mal lu. Ce qu'il faut comprendre, c'est 1) elle est inquiète pour Pâris, elle a peut-être tendance à " exagérer " 2) ils ont été élevé dans l'esprit des Jeux, donc on moins de scrupules le moment venu, et tuent donc plus
Même si elle se trompe peut-être sur Trea, Hamish, Merinda, Nickolas et Ambersea...
Et bien , j'espère que tu ne seras pas déçue !
Chapitre 5
The District Five Reapings
Marissa Crownley, 17 ans
- Debout, Marissa... On va être en retard ma chérie, si tu ne te dépêches pas...
J'ouvre les yeux. Ma mère tire les rideaux d'un geste vif, laissant pénétrer la lumière du jour. Je cligne des yeux, éblouie. Aujourd'hui, le soleil est au rendez-vous. Quelle ironie ! 24 jeunes sont choisis pour être envoyés à la mort, et un seul reviendra.
Moi, je n'ai quasiment aucune chance d'être choisie. J'ai seulement 6 papiers à mon nom. Normal, je suis la fille du maire du district Cinq.
Je me lève et vais prendre une douche, un luxe dont je ne pourrais pas me passer. L'eau chaude coule sur mon corps, me berçant. Malheureusement, je n'ai pas le temps de faire durer la sensation. Je sors et m'essuie. Puis j'enfile ma tenue pour la Moisson: une robe bleu-vert en velours et satin. Une vraie merveille. Je relève mes longs cheveux brun-roux en chignon. Dans le miroir, une magnifique jeune fille au teint laiteux et aux yeux bleu-vert me fait face, esquissant un petit sourire timide.
D'un geste expert, je rehausse mon regard d'un peu d'ombre à paupière verte.
Tant d'opulence n'est pas habituel, même pour un maire de district. Mais mon grand père ( paternel ) est un Capitolien, et il aime me couvrir de cadeaux.
Je descends à la cuisine. Mon père m'embrasse.
- Mais quelle beauté ! Ma petite fille, déjà une femme !
Je souris doucement.
- Merci Papa.
Je m'assois tandis que mon père déclare à ma mère:
- J'espère que les tributs de cette année feront honneur à notre district, pour une fois ! Redorer le blason du Cinq ne ferait pas de mal.
L'année dernière, deux pauvres, une fille de 16 ans et un garçon de 13 ans avaient été choisis. La fille était morte lors du Bain de Sang d'une flèche en plein coeur, tirée par la fille du Deux. Le garçon était mort de déshydratation deux jours plus tard. Ils avaient respectivement été 21eme et 13eme. Papa est toujours furieux que le Neuf ait gagné, parce que maintenant ils ont un gagnant de plus que le Cinq.
Personnellement, les Jeux ne m'intéressent pas tellement, vu que, de toute manière, je ne serai jamais chosie. Mon père, lui, quand c'est la période, nous en parle tout le temps.
Certains pourraient en conclure que mon père est un monstre, à l'instar de mon Capitolien de grand-père. Et bien, pas du tout. Déjà, mon grand-père est l'homme le plus doux que je connaisse. Concernant mon père... tout le monde a des passions, même si... bon... celle-ci est plus que répréhensible.
Je finis mon petit-déjeuner.
- Tu y vas, Marissa ? Ton père doit terminer son discours.
- Ok. A tout à l'heure, Maman.
- A tout à l'heure ! Surtout, n'abîme ou ne salis pas ta robe dans toute cette horrible boue !
J'acquiese et embrasse rapidement mes parents, puis je sors.
Le ciel s'est couvert, et, un instant, je crains qu'il ne pleuve. Moi qui ai passé tant de temps à me coiffer; tous mes efforts seraient réduits à néant ! En plus, tout le monde sait qu'ici, la pluie charrie des tonnes de polluants.
Je me fais enregistrer et gagne ma section. Sur mon passage, les filles s'écartent, murmurent des choses certainement pas agréables. Mais je suis habituée, désormais. Elles me haïssent à cause de ma famille, de ma situation. Et même les filles des riches, qui forment une bande également rejetée, mais soudée, ne m'a pas approchée non plus parce qu'après tout, mon grand-père est un Capitolien.
Mon père, l'hôte et l'unique gagnante du district encore en vie ( il y en avait trois, dont elle était la plus jeune: mais l'une est mort d'une overdose d'alcool, l'autre s'est suicidé ), Priscilla, paraissent sur l'estrade.
Tandis que Papa déclame son discours, je songe que j'aurai aimé avoir ne serait-ce qu'une amie. Que cela doit être agréable !
- Bonjour, cher district Cinq ! salue Findus, l'hôte.
Un ami de mon grand-père, spécialement recommandé par lui.
- Il est l'heure de procéder au tirage au sort du tribut féminin !
Il se dirige vers la boule, choisit un papier avec un sourire excité.
- Marissa Crownley !
Son visage se décompose au fur et à mesure qu'il prend conscience du nom qu'il prononce. Il se recompose un sourire de façade. Mon père, lui, a l'air de s'être pris une gifle en pleine figure.
Tout le monde, sinon, se jette des regards réjouis.
Parce que c'est moi, fille du maire, de surcroît petite-fille d'un Capitolien, qui ait été choisie.
Pourquoi moi ? Je n'avais aucune chance de l'être ! Ca ne peut pas être possible ! De grosses larmes commencent à couler. Les filles me pointent du doigt avec un sourire mauvais, en ricanant, tandis que je grimpe à l'estrade en essayant de retenir les larmes qui coulent le long de mes joues. C'est certain, je vais mourir et personne ne me sauvera.
- Un tonnerre d'applaudissements pour Marissa ! s'exclame Findus avec un entrain forcé ( il fait son travail ).
D'habitude, ce sont des applaudissements mous, forcés, mais là, tout le monde y met de l'ardeur.
- T-ton p-père... n'a p-pas pu se-se l-libérer... sanglote ma mère.
Je pleure avec elle. Je ne suis plus Marissa, à l'existence de rêve, comblée. Je suis une tribut, que tout le monde dans le district rêve de voir mourir. Je songe à mon grand-père; un des rares au Capitole auquel les Jeux ne font ni chaud ni froid. Que ressent-il ?
Ne peut-il rien faire pour me sauver ?
Justin Seron, 15 ans
" Saleté de Moisson " est ma première pensée lorsque je me réveille. Comme tous les ans, 24 jeunes vont être choisis pour s'entretuer dans une arène, et c'est devenu parfaitement normal.
- Bien dormi, jeune homme ? gromelle Icarion qui vient d'entrer dans ma chambre.
Icarion n'est pas mon vrai père. Quand j'avais 8 ans, je traînais dans les rues à effectuer toutes sortes de délits et je suis passé pas loin de l'éxécution. Icarion m'a sauvé la vie. Etant orphelin, je suis resté avec lui.
Il est surnommé " l'ermite du Cinq ". Nous vivons dans une cabane en bois, à la périphérie du district, dans les terrains vagues envahis par la forêt, à côté de la clôture qui isole le district.
En fait, Icarion est l'un des trois vainqueurs du Cinq. Après avoir enfin réussi à ramener une tribut vivante, sa mentor est morte d'une overdose d'alcool. Pour échapper aux caméras, il a alors mis en scène son suicide.
Il m'a donc appris à me battre au corps-à-corps, au couteau. Il m'a montré comment utiliser une fronde et un arc. Grâce à lui, si je suis choisi, j'aurai au moins une chance de m'en sortir.
- Bien, je fais en baillant.
- Va donc te débarbouiller, il suggère d'une voix bourrue. Et dépêche-toi, le petit-déjeuner n'attendra pas longtemps !
Je m'éxécute et sors me rincer au baquet d'eau, dehors. L'eau est glaciale, mais ça me réveille tout à fait.
Je contemple mon reflet: un rouquin avec des taches de rousseur, une peau laiteuse et des yeux bleus. Je déteste ma tête. Je ne m'attarde donc pas trop et rentre.
Icarion a fait du ragoût, la seule chose qu'il sache cuisiner. L'avantage, c'est qu'on peut mettre n'importe quoi dedans. Même du rat. Enfin, ça c'est en dernier recourt, en cas de situation désespérée.
Bon, Ok, c'est pas non plus un délice. C'est même franchement dégoûtant, certains jours.
Il m'en sert une louche et s'assoit en face de moi.
- T'en prends pas ? je lui demande.
- Pas faim.
Je hausse les épaules. Icarion me regarde longuement, puis dit enfin:
- Va falloir activer un peu, si tu veux être à l'heure.
- J'ai pas envie d'y aller.
- Personne n'a envie d'y aller, alors arrête de faire ton gamin ! T'as 15 ans, nom de Dieu, alors serre les dents !
Je baisse la tête.
- C'est juste que... ça me tue, d'avoir à assister à ça. Et de craindre pour ma peau, et d'être soulagé qu'un autre aille se faire tuer...
Icarion ne répond rien.
- C'est inhumain ! Le Capitole nous asservit en prenant des adolescents ! Et d'ici trois semaines, 23 seront morts ! En attendant l'arène, ils ont du luxe, des jolies tenues... On nous fait croire que leur sort est enviable ! Que c'est une chance pour eux ! Si les gens refusaient de regarder, il n'y aurait plus de Jeux, c'est aussi simple que ça.
- Ce n'est pas simple, Justin. Rien n'est jamais simple.
Je me fais enregistrer et rejoins ma section. Quelques unes de mes connaissances me saluent. Je fais de même.
Soudain, un Pacificateur frappe violemment une mère éplorée désirant rassurer et serrer encore dans ses bras sa gamine de 12 ans. Elle s'effondre. Ses voisins se contentent de s'écarter.
Une scène banale, ici. Je serre les poings. J'en ai assez de la tyrannie du Capitole.
Le maire, Findus, l'hôte, et Priscilla, celle qu'Icarion a réussi à sauver sous son vrai nom, Dave, paraissent.
Le maire fait son discours puis Findus lance:
- Bonjour, cher district Cinq !
Il annonce que c'est l'heure du tirage des filles. Et là, chose superbe, c'est la fille du maire qui est choisie. Mais le plus extraordinaire c'est que son grand-père est du Capitole ! Enfin, ils payent !
Tout le monde chuchote fébrilement. Bien fait ! Tout à mon euphorie, je n'ai même plus peur pour moi. Et quand l'hôte demande un tonnerre d'applaudissements, je frappe dan smes mains de bon coeur. Ca leur apprendra !
Elle pleurniche, elle est pitoyable dans ses habits si riches ! Pauvre fille qui ne sait même pas ce qu'est la faim, elle mourra dans les premiers.
Quand au maire; on a l'impression qu'il s'est pris une gifle.
- Bien... passons aux garçons ! fait Findus en tirant un papier. Justin Seron !
Quoi ? J'ai du mal entendre. Ca ne peut pas être moi.
Je me retourne, et, dans la foule, je vois Icarion. Son menton tremble et ses yeux brillent. C'est bel et bien moi.
Je grimpe sur l'estrade. Tandis que Findus me serre la main, je me jure que je ferai tout pour revenir.
Vivant.
Icarion fait son entrée à peine deux minutes après mon arrivée dans un luxueux petit salon de l'hôtel de justice.
- Ecoute, nous n'avons pas beaucoup de temps, me presse-t-il. Déjà, évite le Bain de Sang, mais essaie de mettre la main sur une arme, et quelques trucs pour survivre. Ensuite, trouve un point d'eau et une bonne cachette à proximité. N'y reste pas tout le temps, les Juges te délogeront de force sinon. Surtout, ne sous-estimes pas tes adversaires, mêmes ceux qui semblent les plus faibles. Ils peuvent jouer un jeu, ou en tout cas faire preuve d'une grande ingéniosité. Et évite les Carrières, même avant l'arène. Pour l'évaluation, obtiens un 6 ou un 7, pas trop haut mais pas trop bas non plus.
- Icarion...
Il s'interrompt, et soudain me serre dans ses bras à m'en faire craquer les côtes.
- Tu es le fils que je n'ai jamais eu, murmure-t-il, les yeux brillants.
- Et toi le père que je n'ai jamais connu.
- Je ne veux pas te perdre, il avoue.
- Je ferai tout pour revenir, et tout redeviendra comme avant.
- Rien ne sera jamais comme avant, Justin.
- Si seulement...
- Ecoute. Promet-moi une chose.
- Je te promets de revenir sain et sauf au district.
- Ce n'est pas ça... Jure-moi que dans l'arène, tu ne feras rien pour te mettre en danger, compris ? Pas de rebellion envers le Capitole, pas d'insultes... Jure-le-moi, s'il-te-plait.
- Mais ce n'est qu'un ramassis d'enfoirés !
Sa mine grave me fait céder.
- Ok, je le jure.
