Ta-dam, le district Six arrive ! C'est juste après la réponse aux reviews, sur Fanfiction !

majamaja: Non, non, c'est juste un nom comme ça ( comme tu as pu le remarquer, j'ai tellement pas d'inspi pour les prénoms que je suis obligée d'utiliser les mêmes sur des fics différentes... )

Je prends ta demande en compte, mais peut-être serai-je obligée de sacrifier Marissa... ( gnark gnark gnark... )


Chapitre 6

The District Six Reapings


Penny Fordy, 15 ans

Je m'éveille. Un instant, je ne sais plus où je suis, puis tout me revient. Hier soir, il y a eu une descente de Pacificateurs chez les voisins d'à côté. Mes parents et moi nous sommes barricadés à la cave en compagnie de quelques voisins, où nous avons passé la nuit. En général, lors des descentes de Pacificateurs, on sait qui ils veulent. Et mieux vaut être loin de là, sauf si on veut faire partie des victimes collatérales.

Au district Six, nous vivions dans de grands hangars-immeubles. Assez original, je dois dire.

Mes parents sont d'ailleurs célèbres, dans ce maudit district: ce sont des résistants qui entraînent des jeunes au maniement des armes. Je crois que je suis, sans me vanter, la meilleure du groupe. Nous nous entraînons dans un hangar désaffecté, pas loin de là.

Dehors, le vent souffle fort. La météo est presque la même, ciel nuageux accompagné de vent.

Tout d'un coup, ça me revient: c'est la Moisson. Ma 4eme Moisson. Après celle-ci, j'en aurai encore 3. Enfin, si je ne suis pas choisie avant.

- Penny ? Viens, on va remonter, fait ma mère.

- J'arrive, je réponds en me mettant debout.

Je suis encore toute engourdie, j'ai des fourmis dans les jambes et la nuque raide d'avoir dormi assise contre le mur. Je suis mes parents en étouffant un baillement.

La porte voisine de la nôtre est défoncée. Je crois que le couple qui vivait dans cet appartement faisait de la contrebande.

Je manque de glisser dans une flaque de sang. Je pose une main sur le mur pour reprendre mon équilibre. J'ai l'habitude de la mort et de la violence. Les Pacificateurs du Six ne sont pas des plus tendres. En même temps, nous sommes un des districts avec le taux de délinquance le plus élevé.

Ma mère dévérouille notre porte et nous rentrons.

L'appartement est plongé dans la pénombre. Je me laisse tomber lourdement dans le vieux canapé éventré tandis que mes parents vont à la cuisine.

Je me relève et m'approche de la fenêtre. On voit le centre-ville, qui compte les seules maisons du district, à savoir celles des riches, l'hôtel de Justice, la gare, les boutiques et l'école.

Autour sont disséminés hangars-immeubles comme le nôtre, hangars désaffectés comme celui qui nous sert de salle d'entraînement, et les entrepôts de travail, où tous les garçons de plus de 16 ans et les filles de plus de 17 ans, exceptés ceux du centre-ville évidemment, travaillent sur des transports, rénovation, comme construction.

Le reste n'est rien qu'une plaine en friche, vide et monotone, sillonnée de chemins tracés par les gens partant travailler.

Je me détourne de la fenêtre et m'attable à la cuisine. Nous mangeons en silence. Le souvenir des voisins s'attarde dans la pièce. C'étaient des gens assez aimables, après tout. Je revois la porte défoncée et la flaque de sang: tout d'un coup, j'ai envie de vomir, alors que d'habitude, ça ne m'affecte pas énormément. Je suis habituée et endurcie, à présent.

Je repousse mon quignon de pain, me contentant de boire un verre d'eau.

- Tu ne manges plus ?

- J'ai pas trop faim.

Ma mère me prend la main.

- Penny, même si tu prends des tessarae, il y a bien dix mille papiers dans l'urne.

Je n'ai pas peur de la Moisson. Après tout je sais me battre. Je suis à peu près l'équivalent d'une Carrière, j'ai pas mal de chances de m'en sortir. Bon, ce n'est pas non comme si j'avais tant de papiers que ça. J'en ai seulement 12.

- Je vais y aller, Léona doit m'attendre.

- Tu ne vas pas t'y rendre habillée comme ça ! s'exclame ma mère.

Je me rappelle que je porte un T-shirt trop petit et un pantalon trop grand.

- Ta robe est sur ton lit, m'indique ma mère.

Je monte,, me lave rapidement le visage et l'enfile. Je jette un coup d'oeil à mon reflet: une fille aux traits communs, très grande, aux cheveux châtain coupés en carré juste en dessous des oreilles, aux yeux noisette, qui porte une robe rose délavée.

Parfait.


Je rejoins Léona dans la section des 15 ans. C'est une grande fille aux cheveux brun-roux, à la peau laiteuse et aux yeux bleus. Ma meilleure amie. Et aussi la 3eme meilleure du groupe d'entraînement, derrière moi et un garçon de 16 ans appelé Cal.

- Salut, Penny.

-Salut.

- Dis, t'as pas l'air dans ton assiette !

- Bah, c'est rien. Juste une descente de Pacificateurs et une nuit dans la cave.

Mon amie fait la grimace. Elle sait que je suis claustrophobe, et que je déteste être enfermée. Encore heureux que la cave soit de taille respectable, sinon je ne pourrai pas tenir une demi-heure dedans.

A ce moment, le maire, l'hôtesse et les anciens vainqueurs apparaissent.

Le maire fait son discours puis Cassy, l'hôtesse, annonce la diffusion de l'habituel film de propagande.

- Bien, maintenant, place au tirage des filles !

Cassy fouille dans la boule des filles, en tire un papier.

- Penny Fordy !

C'est mon nom. Mes mains se mettent à trembler, mais je les fourre dans mes poches et serre les poings. Je sais me battre. J'ai de réelles chances de m'en sortir. Et au moins, ce n'est pas une gamine qui sera massacrée au Bain de Sang. J'aime à penser que je sauve une vie.

Je suis forte, je suis dure, je peux gagner.


- Surtout ne fais confiance à aucun tribut, me recommande mon père.

- Ne t'allie à personne et cache tes aptitudes, poursuit ma mère.

- Obtiens un 5 ou un 6 aux évaluations.

- Sois la-tribut-comme-tout-le-monde.

- Oui, Papa, oui Maman.

Ils m'étreignent et les larmes me montent aux yeux.

- Je reviendrai, promis.

- Je t'aime, Penny.

- Je t'aime, ma puce.

- Je vous aime tous les deux. Je vous jure que je reviendrai. Pour vous.


Mathis Trade, 12 ans

- Mon petit chéri d'amour, réveille-toi...

J'entrouvre les paupières, et les referme aussitôt. Je n'ai pas envie de me lever. C'est ma première Moisson aujourd'hui.

- Mathis, mon ange, il faut se dépêcher...

- M'man... J'ai pas envie, je gémis, la tête enfouie dans les oreillers.

- Je sais mon petit loulou, , mais tu n'as qu'un seul papier et donc aucune chance d'être tiré.

Je m'extirpe finalement de la couette, à regret.

- Habille-toi, je vais préparer le petit-déjeuner, mon poussin.

J'obtempère, et après une bonne douche, j'enfile ma tenue; une veste, une chemise et un pantalon. Cela fait ressortir mes cheveux bruns impeccablement coiffés, ma peau un peu mate et mes yeux bleus.

Puis je vais rejoindre mon père et ma mère à la cuisine.

C'est une pièce chic et confortable, au décor chaleureux. Les murs sont jaune pâle, les meubles de bois.

Mes parents sont attablés l'un à côté de l'autre. Ils se tiennent par la main.

- S'lut, je marmonne.

- Mon bébé, je vais te préparer des tartines.

- Merci, Maman.

Ma mère se lève et commence à s'affairer. Mon père me sourit:

- Alors, Mathis, tu es très beau ! Prêt à faire chavirer les coeurs des demoiselles ?

- Oh mon Dieu, Clark, il n'a que 12 ans ! s'exclame ma mère comme si mon père venait de proférer la pire des grossièretés.

Je hoche vaguement la tête. Etre le fils unique d'une des familles les plus riches du disitrict n'a que des avantages, sauf que ça ne protège pas de la Moisson. Mais mes parents font comme si tout était normal.

- Tu n'as pas l'air très en forme, remarque mon père.

- C'est juste que... la Moisson...

- Oh mon coeur, tu ne risques rien ! s'exclame ma mère en me serrant si fort qu'elle manque de m'étouffer.

Mon père me serre à son tour.

- Ca ne sera pas toi. Tu ne seras jamais choisi.

Je suis rassuré. Mes parents ne m'ont hamais menti. Tout se passera bien.

N'est-ce pas ?


J'embrasse mes parents. La Grand-Place se remplit peut à peu.

Je me dirrge vers les guichets d'enregistrement. Un Pacificateur me pique le doigt.

Je tressaille sous l'effet de la douleur. Un autre Pacificateur me pousse en avant et je rejoins la section des 12 ans, juste devant l'estrade.

Le maire sort de l'hôtel de Justice avec l'hôtesse, Cassy. Elle a des cheveux doré, des yeux gris argent, une robe métallique et une peau qui scintille doucement.

Ensuite viennent les trois anciens vainqueurs: le drogué des 20eme, la droguée des 26eme et Kay, le gagnant des 31eme. D'après mon père, c'est Kay et la droguée qui sont mentors cette année.

Tandis que le maire fait son discours, mon angoisse revient. Et si c'était moi ? Non, non, non, mes parents m'ont assuré du contraire. Mais si... ils se trompaient ?

Enfin, pour le moment, c'est le tirage des filles.

- Penny Fordy !

Une adolescente aux traits assez communs, mais durs et déterminés, sort de la section des 15 ans. Elle semble prête à tout, et Cassy ne peut retenir une grimace quand elle lui serre la main avec force.

- Et maintenant, au tour des garçons ! s'exclame Cassy en se massant discrètement la main.

Les battements de mon coeur s'accélèrent. Je me mords la langue tandis qu'elle fouille longuement dans la boule.

- Alors, c'est donc...Mathis Trade !

C'est mon nom ! Mon nom. C'est mon nom qui est sorti de la boule des garçons.

J'éclate en sanglots.

Tout le monde se tourne vers moi. Un Pacificateur me pousse en avant, je trébuche et m'étale de tout mon long dans la bouillasse qui couvre la Grand-Place. Je renifle pitoyablement et avant de monter sur l'estrade.

Mon coeur tambourine dans ma poitrine tandis que le maire lit le Traité de Trahison. Je vais mourir. A 12 ans. C'est trop injuste !

Je pleure encore plus/ Le maire finit la lecture, Cassy demande de se serrer la main. Penny broie littéralement la mienne. Je laisse échapper une petite exclamation pitoyable. Puis Cassy nous entraîne à l'intérieur.

Je pleure encore et encore. Finalement, Penny et moi sommes envoyés dans de luxueux petits salons. Je n'ose pas m'asseoir et reste planté là, au milieu de la pièce, dégoulinant de morve et de boue.

- Oh, Mathis !

Ma mère m'enlace en sanglotant.

- Mon petit chéri ! Mon poussin ! Mon bébé !

Même mon père a la larme à l'oeil.

Ma mère, toujours en pleurant, me tend mon petit bracelet avec mon nom dessus, celui que j'avais à la naissance. Quelle ironie ! On me donne un objet qui m'a cotoyé mes premiers jours pour m'accompagner lors de mes derniers !

- Je... je veux p-pas y-y aller...

- Mon amour ! Mon canard en sucre !

- Mon chéri !

Ils m'embrassent, encore et encore.

- L'entretien est terminé.

Les Pacificateurs reviennent. Mes parents me serrent une dernière fois. Mon père sort, très digne, mais ma mère reste plantée là.

Un Pacificateur la prend par le bras et l'entraîne, mais elle se débat comme une furie.

- Maëlle... fait mon père en tendant le bras, le laissant retomber voyant que ça n'est d'aucune utilité.

La porte reste ouverte. Je pourrais fuir. Pour la première fois, je prends une décision, seul: je me mets à courrir.

Mais, au premier croisement, je rest elà, indécis, attendant que quelqu'un me dise quoi faire.

Une main gantée m'attrape et me tire en arrière. Je crie, supplie, mais le Pacificateur me ramène au salon et m'assoit de force sur le canapé.

- Reste tranquille, petit, ça vaut mieux pour ta famille, dit-il d'une voix sèche et dure. Si tu vois ce que je veux dire...

Il s'en va et referme la porte. Je rest elà, prosté, incapable de faire un geste, un son.

Papa et Maman m'avaient dit que je ne serai pas choisi ! Pourquoi moi ?

Hein, pourquoi ?

Je suis bien trop jeune pour mourir, je ne mérite pas ça !