Base : Bleach
Genre : romance, angst
Statut : sans vouloir être décevant, il n'y aura pas quarante chapitres
Rating : pas pour les enfants (y'a des gros mots) walller... on va dire M.
Pairing : Byakuya/Renji (et l'inverse)
Disclaimer : naaaooonnn ! ils sont pas (pleure) mais alors pas du tout (snirfle) pas du tout à nous (ooouuuiiinnn) mais à Tite Kubo et lui seul (va mettre fin à ses jours).
NA : voici la suite (chose promis, chose due) de Sept jours pour guérir... avec de belles références et (on espère) toujours autant d'humour.
QUARANTE JOURS ET UNE RECHUTE !
Le déni VIII
« ai-je dissimulé aux hommes mes transgressions, caché ma faute en mon sein ? »
Jb. XXXI, 33
Le lendemain matin, la sixième division fut le théâtre d'une forme nouvelle de « cache-cache ». En l'occurrence, Kuchiki interrogeait discrètement ses subordonnés sur la possible cachette du vice-capitaine. Or, comme celui-ci était très aimé de la troupe (et on a vu de quelle manière il était parvenu à susciter cet amour), le peu de réponses qu'il obtenait relevait plutôt du « heu... aucune idée », « je n'en sais rien », « désolée capitaine, je ne l'ai pas vu aujourd'hui ».
Du coup, Kuchiki, passablement irrité de cette désertion soudaine du vice-capitaine retourna dans son bureau d'une humeur massacrante. Pas que Renji soit vraiment utile vingt-quatre heures sur vingt-quatre dans les locaux, au contraire, moins il était là, plus les choses se déroulaient dans la paix et l'ordre, même si, avec un peu de réflexion, Kuchiki aurait reconnu qu'il était injuste avec Renji qui, dans son travail de bureau était toujours d'une obéissance parfaite et d'un calme olympien. Et puis, il avait un troisième siège qui le remplaçait à la perfection, faisant plus de travail, un peu mieux et un peu plus rapidement et sans râler ni soupirer encore ! Oui, mais c'est une question de principe. Quand on est en service, on est en service. Et quand on est officier, on montre l'exemple, on reste à son poste de l'aube jusqu'à la tombée de la nuit. C'est traversé par cette évidence que Kuchiki essaya de comprendre le nouveau dossier relatif aux mesures de sécurités dans les capitaineries qu'on venait de lui transmettre.
Alors qu'il relisait pour la sixième fois la deuxième ligne (l'idée de Renji qui paressait tranquillement dans un coin au soleil rendait tous ses efforts pour se concentrer vains), Le lieutenant Musokuri le tira de ses pensées tourmentées, en posant, LA question qui fâche.
« Le vice-capitaine ne devait-il pas reprendre son service hier ?
- Aujourd'hui, corrigea Kuchiki. Eu égards à son état physique, il a eu droit à une journée de repos hier, inventa-t-il pour expliquer l'absence de Renji la veille. Ce qu'on peut faire quand on a la fierté mal placée !
- Je vois. Mais il n'a toujours pas reparu.
- Non.
Devant une réponse si laconique, Musokuri en conclut que son capitaine n'avait aucune explication à cette disparition. Aussi décida-t-elle de l'éclairer. Il allait détester ça, mais s'il restait toute la journée sans savoir, ce serait encore pire. C'est que, mine de rien, ça faisait bientôt deux semaines qu'elle faisait le larbin pour Kuchiki à la place de ce dégonflé ! Fallait que ça cesse.
- Je crois que...
- Oui ?
- Aujourd'hui, c'est le conseil des vice-capitaines.
- Je sais parfaitement cela, indiqua Kuchiki qui avait complètement oublié l'information en question. Seulement ce conseil n'a lieu qu'à partir de midi.
- Mmh...Musokuri hésita une seconde et puis se décida à balancer Renji, faisant fi de la solidarité des soldats face aux chefs. Il est rentré tard dans la nuit, peut-être dort-il encore, supposa la femme aux lunettes monstrueuses en hochant la tête.
Kuchiki ouvrit de grands yeux (trois millimètres de plus !) mais contrôla sa voix lorsqu'il interrogea la jeune femme.
- Pourquoi est-ce que personne ne le réveille ?
- Il est convalescent, capitaine. Nos subordonnés hésitent toujours à troubler le repos d'un gradé.
Et puis... il est mauvais au réveil, le Renji.
- Allez le réveiller alors, fit-il séchement.
- Avec votre permission, capitaine, je m'en passerais volontiers. Une femme seule dans le quartier du vice-capitaine Abarai, c'est quelque chose à ruiner une réputation. Je suis fiancée, vous comprenez.
Byakuya en avala sa salive de travers. Mais qu'est-ce que c'était cette histoire ? Alors le simple fait de sortir de la chambre de Renji au petit matin (plutôt en fin de matinée, là) suffisait en soi à faire planer de si indignes soupçons ? Et depuis quand elle était fiancée, elle ? Comment ça, il ne s'intéressait pas à ses hommes ? Bien sur que si, c'est juste qu'une femme si moche ait pu se trouver un fiancé le dépassait.
- Dans ce cas, envoyez-y n'importe qui qui accepterait.
Un haussement de sourcil dubitatif lui répondit. Cette fois, c'en était trop !
Mais qu'est-ce que c'est que ces shinigamis du dimanche ! Elle s'imagine tout de même pas que je vais y aller moi-même ? Moi aussi j'ai une réputation à préserver. Même si c'est trop tard dans les faits.
D'une aura suintant la fureur glacée, Kuchiki congela la moitié de l'étage, histoire de montrer qui commandait ici.
- Exécution. »
Renji, qui avait été réveillé en douceur, mais réveillé quand même (on avait trouvé un petit nouveau qui ne s'était encore jamais pris de coup de sabre, ça avait été son baptême du feu en quelque sorte), après une nuit hantée de cauchemars, avait une gueule de bois terrible. Mais, comme tout bon petit shinigami, il allait accomplir son devoir. Et il se rendit donc en sautillant de joie à la réunion mensuelle des vice-capitaines. Il allait enfin revoir des amis. Et en plus, Rangiku amènerait certainement une bonne bouteille. Deux bonnes raisons pour préférer une réunion de vice-capitaine à une journée de boulot, où il n'y aurait ni ami, ni bouteille.
Il arriva donc, une fois n'est pas coutume, bien en avance à la huitième division, où le conseil devait se tenir ce mois-ci.
« T'es tombé du lit ? Fit charitablement remarquer Kyoraku qui, pour sa part, avait l'air tout juste réveillé.
- Ouais... enfin, on m'a poussé.
- Aah, je vois, reprit le capitaine avec un sourire vicelard, Byakuya bouge beaucoup, hein ?
Les deux minutes que Renji mit à comprendre, mobilisant l'ensemble de ses maigres capacités intellectuelles, Kyoraku les mit à profit pour prendre la fuite en rigolant.
Soupirant à cette stupide plaisanterie, Nanao s'installa à son tour dans la salle de réunion. Au bout de quelques minutes, Renji compris pourquoi il n'arrivait jamais premier d'habitude, vu le tête à tête déprimant avec la jeune shinigami. Lui qui pensait avoir une certaine facilité relationnelle, il trouvait difficilement plus inaccessible que Nanao. Le « alors, ça farte ? » était tombé à l'eau, le « il fait beau, hein, aujourd'hui ! » avait suscité un soupir désespéré sans parler du « ben, c'est sympa la déco, ici ? » qui avait purement et simplement fait fuir la jeune femme.
Heureusement, l'arrivée de Momo et Kira réchauffa un tantinet l'atmosphère et Renji sentit une joie sans borne à revoir ses amis.
« Renji !
Hinamori, quasi en pleurs, se jeta dans les bras de son ami, comme s'il avait échappé à la mort. Ou plutôt, comme si ce n'était pas habituel pour lui. Kira tira Momo par le col en lui demandant hypocritement de lui en laisser un peu.
- T'as bonne mine quand même.
- Traitement de choc et repos complet.
- Traitement de choc ?
- À la quatrième, ils testent l'autosuggestion comme anesthésie.
- Et ça marche ? Fit le blond, impressionné.
- Pour anesthésier, pas des masses. Mais pour remettre sur pieds, c'est génial. »
Peu à peu, tous arrivèrent et exprimèrent chacun à sa manière, la joie de revoir le vice-capitaine miraculé. Résultat, lorsqu'ils furent tous attablés, Renji avait toujours Yachiru perchée sur son crâne.
Le conseil des vice-capitaines était nettement plus détendu que celui de leurs supérieurs. Il faut dire que certains shinigamis tels Rangiku et Yachiru assuraient une ambiance de fiesta débridée.
La différence majeure résidait dans le fait que leur conseil était agrémenté d'un repas, bien souvent copieux et bien arrosé, ce qui rendait la réunion joyeuse et, dans le pire des cas, ceux qui s'y emmerdaient pouvaient toujours se régaler en ronchonnant : ils ne seraient pas venu pour rien.
« Renji, avait commencé Iba, quelle joie de te revoir !
- Ouais, ben vous vous êtes pas bousculé au portillon ces derniers jours quand j'étais à l'hosto.
- Hein mais il paraît que tu étais dans un sale état. De complications terribles ou ch'sais pas quoi ?
- Heu... on peut dire ça.
- Tsutsu a dit ne pas venir te voir la semaine dernière ! Protesta Yachiru en luttant pour rester accrochée à son ancien collègue.
- Tsutsu ?
- Je crois qu'elle parle de Retsu, indiqua Rangiku.
Merci capitaine Unohana.
- Yachiru, un peu de respect :
- Isane t'es toute rouge !
- Bon, on peut commencer la réunion maintenant ?
- Oui, sinon on va en avoir pour la nuit, râla le vice capitaine de la deuxième division.
- De toute façon, on finit toujours en pleine nuit.
- C'est que les jours sont courts en cette saison.
- Alors... à l'ordre du jour... blablabla... Kira, qu'est-ce qu'il y a à dire, en gros ?
- D'abord, les présents, les absents, les excusés, les remplacés.
Kiyone leva la main.
- Kotsubaki a une gastro, je le remplace.
- Décidément, c'est l'hécatombe dans la treizième
Rangiku leva la main à son tour.
- Shuhei arrivera en retard, il avait un rendez-vous.
Une salve de rires gras salua cette nouvelle, à tel point que la jeune femme se crut obligée de préciser.
- Professionnel.
- Parce qu'il se paye une pro en plus ! Le petit veinard.
- Renji !
- Il est bien guéri lui, remarqua Izuru en lorgnant d'un œil torve Momo qui rougissait seule dans son coin de tant de perversité.
Mais la conversation ne put dégénérer, vu que le repas arrivait sur la table, mobilisant une grande partie des capacités de réflexion de l'assemblée.
- Bon, coupa Kira, histoire d'avoir quelques minutes de répit avant le bordel total. La suite, y'a-t-il des réclamations, des plaintes, des mécontentements d'une sorte ou d'une autre qui soit du ressort de cette assemblée ?
- Heuuu..
- Oui Kotetsu ?
- Mon capitaine aimerait bien te rencontrer, Renji.
- La voie hiérarchique est faite pour ça, fit remarquer Nanao qui n'avait aucun sens de l'humour.
- Oui mais, protesta la jeune fille, pour aller à Renji par la voie hiérarchique, il faut passer par Kuchiki.
- Il n'a jamais bouffé personne, fit platement Kira.
- Je ne parierais pas là-dessus, riposta la jeune shinigami.
Tout le monde attendait avec impatience la réplique culte de « touche pas à mon capitaine » de Renji, qui prenait systématiquement sa défense devant les autres vice-capitaines. Ils faisaient parfois de puérils concours pour savoir qui avait le meilleur capitaine, et il gagnait parfois, à sa grande surprise. Mais rien ne vint cette fois-ci, Renji fronçait les sourcils, les yeux dans le vide.
- Bon, ben vous verrez ça ensemble tout à l'heure. Autre chose ?
- Oui, plusieurs.
- Isane ? C'est le jour des sœurs Kotetsu !
- D'abord, il serait souhaitable que le règlement de la tenue dans les établissements de soin soit rappelé à tous et à toutes dans les divisions.
- C'est pour Renji ça, persifla Kiyone pour se venger.
- Moi ? Mais j'ai été exemplaire !
- Le capitaine Unohana aimerait bien que tous soient conscients que l'hôpital n'est pas un lieu de loisir.
- Mais... une poignée de regards goguenards réduisirent le vice-capitaine de la sixième division au silence.
- Il y a aussi la question de la destruction du terrain d'entraînement de la zone nord, reprit Isane.
- Là j'y suis pour rien.
- Pour une fois.
- Yachiru ?
Tous se tournèrent vers la petite vice-capitaine aux cheveux rose qui semblait ne rien avoir suivit depuis le début. Elle eut l'air de réfléchir quelques instants, mais avec Yachiru, on ne savait jamais à quoi s'en tenir.
- En fait, il est trop petit pour qu'on s'entraîne dessus.
- Bien... reprit Isane après une longue minute de silence. Vu la pertinence de l'argument, on devrait pouvoir débloquer des fonds pour le rénover. Yachiru, ça fait la troisième fois ce mois-ci, l'équipe de maintenance ne peut plus suivre le rythme.
- Faut être réaliste aussi, intervint Renji, qui avait envie de l'ouvrir, si on veut une division combattante en alerte vingt quatre heures sur vingt quatre, faut bien l'entretenir un peu.
- Hé ben... l'hôpital, ça fait vraiment du bien, il est devenu intelligent !
- Dis donc, grognasse...
- Qu'est-ce tu dis...
- Vous deux, ça va ! Un peu de calme, c'est une réunion de chefs tout de même !
Heureusement, l'apparition d'Hisagi fit habilement diversion et calma Renji et Rangiku qui étaient pourtant prêts à s'empoigner.
- Salut !
- 'Lut.
L'air sombre du nouveau venu réduisit tous les autres au silence. Hisagi n'était pas causant d'habitude, mais là, il semblait carrément lugubre, ce qui fit penser à tout le monde que son « rendez-vous professionnel » était réellement autre chose qu'une partie de plaisir.
- On a déjà traité deux ou trois petits trucs, Shuhei. Tu veux qu'on te fasse un topo ?
Il secoua la tête, toujours muet.
- Okay. Bon, autre chose, Kira ?
- Oui, mais je ne suis pas sûr qu'on puisse y faire quoi que ce soit : Ichigo arrive ce soir.
- Qu'est-ce qui l'a retenu ?
- Affaires de famille.
- Du genre ?
- Mais t'es de la police, toi ? Depuis quand ?
- Ça va, j'ai le droit de m'inquiéter pour un pote, grommela Renji.
- Ben tu verras par toi-même ce soir.
- Mouais. Yachiru, tu pourras me prévenir quand... il jeta un coup d'œil à la vice-capitaine qui était en train de jouer avec une chenille sur la table et finit par hausser les épaules.
- J'me débrouillerai.
Cahin-caha, les causeries des vice-capitaines finirent par perdre de leur caractère professionnel et dérivèrent joyeusement d'un côté en potins féminins, de l'autre en franche déconnade.
Puisque tout a une fin, sauf la banane qui en a deux, et puisqu'il fallait produire un genre de rapport pour les capitaines, histoire de prouver qu'ils ne séchaient pas une journée de boulot pour s'amuser, Kira décréta un dernier tour de table avant que la réunion ne soit close. Presque personne n'écoutait plus, aussi se rabattit-il sur les plus sérieux de ses collègues.
- Hisagi, tu n'as rien à dire ?
- Non.
- Dis-donc il est pas causant d'ordinaire mais là on atteint des sommets, murmura Iba à Rangiku, des fois que cette commère eût quelque explication à ce mutisme.
Faut dire qu'il n'était vraiment pas causant, en effet, surtout en repensant à la visite perturbante d'un de ses supérieurs à son bureau, quelques heures seulement auparavant.
Il faut dire que le « rendez-vous professionnel » constituait surtout en une visite surprise. Il avait simplement laissé entrer le visiteur, sans comprendre assez vite qu'il ne devait sous aucun prétexte lui laisser prendre une seconde l'avantage sur lui. Et il s'en repentait amèrement.
Byakuya Kuchiki, car c'était lui, avait été clair.
« Vous êtes en charge de l'enquête sur l'affaire de Ren... du vice-capitaine Abarai.
- C'est exact, confirma Shuhei, faisant comme s'il n'avait rien entendu.
- Quelles sont vos conclusions ?
- Hé bien... elles seront données à l'ensemble des capitaines une fois l'enquête terminée.
- Vous avez vu le capitaine Ukitake, il me semble.
- Oui.
Pas moyen de faire un truc discrétos dans ce bled, ça commence à devenir usant.
- Vous a-t-il éclairé sur les raisons qui l'ont poussé à délivrer cette autorisation à Ren.. au vice-capitaine Abarai.
- Quoi qu'il m'ait appris, cela ne vous regarde en rien.
- Certes.
C'était marrant, mais tout en Kuchiki avait démenti cette acceptation : de l'aura congelante au regard froidement meurtrier qu'il dardait que lui.
- Ce qui fait, en quelque sorte, que je ne peux pas vous communiquer de telles informations avant le résultat final de l'enquête.
- Certes.
C'était beaucoup moins marrant, mais Hisagi réfléchit à ce qu'il pourrait faire si jamais Kuchiki décidait de le tuer sur place pour le réduire au silence. Peut-être devrait-il crier tout de suite et réfléchir après ?
- Nous nous reverrons, réfléchissez bien à mes demandes. »
Il était parti, le laissant en vie, mais assez effrayé pour avoir à s'assoir et calmer les battements de son cœur avec un petit verre de... d'alcool de menthe et de sucre.
L'entrevue était restée secrète et sans conséquences et sa gravité collait très mal avec l'ambiance de plus en plus chaleureuse du conseil. Aussi, se voyait-il mal, mais alors très mal, accuser le capitaine de Renji de tentative d'intimidation, sans compter qu'il avait voulu obtenir des informations encore secrètes. Il se voyait mal le faire parce que, d'une part, Renji le frapperait sûrement jusqu'à ce qu'il pisse le sang pour avoir mis en cause son capitaine adoré, d'autre part, Kuchiki viendrait se venger tôt ou tard, et rien que cette pensée lui faisait froid dans tout le dos, de la nuque jusqu'aux fesses.
Donc, il n'avait rien à dire.
Rien en public, mais à Renji en privé, il n'allait pas se gêner. Et dès que le roux à moitié bourré passa à sa portée, il l'arracha à Isane qui lui expliquait qu'il n'était qu'un monstre et Kiyone qui attendait patiemment pour lui remettre un « billet doux » de la part d'Ukitake.
« Renji.
- Ouais... hé hé hé... prenez un ticket, les gars !
- Faut-que j'te dise un truc... à propos de l'enquête.
- Quelle enquête ?
- Va y'avoir une enquête sur cette histoire d'autorisation de prolongation de séjour.
- Ha... heu.. on peut en reparler au calme ?
- Je t'attends. »
Expédiant Isane sur l'air du « oui, promis, j'le referai plus, mais Agido est un bon coup aussi, alors... » et Kiyone en promettant « sur la tête de mon capitaine » qu'il lirait attentivement le mot d'Ukitake et qu'il irait le voir dès qu'il pourrait, Renji rejoignit finalement son collègue et ami dans un coin tranquille alors qu'on débouchait une autre bouteille et que Kira commençait à chanter.
Shuhei s'éclaircit la voix, un peu embarrassé.
« C'est la première enquête que je mène, la première de ce genre.
- Heu... est-ce que quelqu'un t'a déjà dit quoi que ce soit à ce sujet ?
- Hey, c'est moi qui pose des questions là ! Alors, cette histoire, ça vient d'où ?
- C'est Ukitake qui m'a délivré l'autorisation.
- Et pourquoi t'es allé la lui demander, à Ukitake, t'as pas de capitaine ?
- Il ne me l'aurait jamais donnée, surtout pour aller voir Ichigo.
- Je vois le genre, soupira Shuhei en se disant que ce serait plus simple que prévu. Tu ne peux pas cantonner tes histoires de cul ici, ça simplifierait les choses ?
- Hé ! Nan ! Protesta Renji. Attends, c'est pas du tout ce que tu crois. Nan, pas avec Ichigo ! J'suis détraqué, mais pas à ce point.
- Oh, fit Shuhei, véritablement surpris. Alors qu'est-ce que c'est ?
- Franchement, c'est pas mon secret, moi j'ai juste fait le coursier pour quelqu'un.
- Qui est paraplégique et ne peut pas se déplacer ?
- Non, qui est surveillé quasi systématiquement par son chef de famille maniaque.
Sous le coup de l'énervement_les questions plus qu'insistantes de Shuhei commençait à véritablement lui courir sur le haricot_Renji en avait un tout petit peu trop dit, en tout cas, juste assez pour qu'un type intelligent comprenne. Et Hisagi avait bien oublié d'être con.
- Non ! Souffla-t-il d'un air consterné.
- Quoi ?
- Pitié pas ça.
- Mais quoi ?
- Tu penses cinq minutes à ce que je vais devoir dire aux capitaines comme conclusion : « c'est rien, c'est juste Renji qui fait la navette entre Rukia et Ichigo parce que, vous voyez, capitaine Kuchiki, vous êtes un peu trop oppressant pour cette pauvre Rukia ». Il aurait encore mieux valu que ce fût une de tes histoires de cul.
- Parce que « c'est rien, c'est juste Renji qui pouvait pas attendre avant de baiser », c'est mieux peut-être ?
- Ça sauve Rukia.
- Mouais... il finira bien par l'apprendre d'une manière ou de l'autre. Surtout que...
D'un mouvement vague de la main, il indiqua le ciel, comme si ça pouvait expliquer quelque chose.
- Ce soir... continua-t-il, toujours aussi vaguement.
- Ce soir ? Non ! C'est pas possible, vous vous êtes concertés ?
- Ben oui. Pourquoi crois-tu qu'Ichigo vienne, pour le plaisir de voir la gueule enfarinée de Zaraki ?
- Oh putain !
- Ouais, ça va être chaud.
- Il va y avoir des meurtres tu veux dire. Vous avez pensé au bordel que vous foutez, avant d'agir ?
Renji eut un sourire dangereusement stupide.
- Nan, à moins d'y être contraints et forcés. »
Moins d'une heure plus tard, Yumichika sourit en le voyant débarquer au deuxième terrain d'entraînement (le seul encore en assez bon état), le sabre à la main et l'air impatient.
« Je croyais que tu ne pouvais pas faire ce genre d'exercice ?
Ben dis donc, la rumeur ne s'est jamais aussi bien portée dans le Gotei 13.
- J'aurais du mal, je ne sais rien faire d'autre.
- Forcément, vu comme ça.
D'une, Renji n'était, en effet, pas bon à grand chose en dehors de cette activité combattante (et encore, son kido est très limite), de deux, il était absolument hostile à l'idée de retourner travailler dans un tête à tête morbide avec son capitaine, de trois, il va l'expliquer juste maintenant :
- Et puis...
- Ouais ?
- Ichigo va débarquer ici, nan ?
- Ouais ?
- Et ben, faut que je le voie avant...
- Avant ?
- Avant que d'autres lui tombent sur le chou.
Le gloussement ironique de Yumichika lui écorcha les nerfs.
- Arrêtez tous de croire que je couche avec Ichigo, c'est faux !
- Je n'ai rien dit.
- Mais tu le penses tellement fort que tout le secteur peut l'entendre.
Il passa quelques heures à vaguement se bastonner, évitant les adversaires trop coriaces pour lui, jusqu'à ce que la nuit fût bien avancée. Là, un vague brouhaha attira son attention sur l'extrémité sud du terrain. Les combats avaient été interrompus, et un petit attroupement s'était formé, dont Ikkaku semblait être le centre.
Ben c'est pas trop tôt. À force d'attendre ce crétin, j'ai encore séché une journée entière de boulot pour l'attendre. Bon, d'accord, j'aurais séché aussi de toute manière. Mais même, il aurait pu se bouger le cul.
Fendant la foule, il se rapprocha assez pour s'assurer que seul « l'humain » pouvait susciter une telle animation. Lorsque les combats reprirent, il se précipita pour empêcher Ichigo de lui échapper. Renji flanqua une tape amicale digne d'un ours au nouveau venu.
« T'as vu l'heure ?
- Ouais, ben va le dire à Ukitake et sa division de fégnasses. C'est eux qui ont organisé le voyage.
- Vu ce que tu lui dois, t'as du culot à le critiquer.
- Hem...commença Ichigo en entraînant Renji dans un coin où les multiples oreilles indiscrètes ne pourraient pas colporter ce qu'ils allaient se dire. T'as revu Rukia ?
- Non, tu sais bien qu'on vit dans deux mondes différents.
L'air désespéré, Ichigo leva des yeux écarquillés vers son ami.
- C'est de l'humour, crétin.
- Ben, c'est pourri comme humour alors.
Renji haussa les épaules et fit quelques kata pour la forme.
- Et la famille ? Changea-t-il de sujet fort peu habilement.
- M'en parle pas. J'ai du lâcher le morceau à mon père.
- Quoi ? Alors que j'ai dû tenir tête à mon capitaine, tu as tout lâché comme ça ! Protesta Renji avec une mauvaise fois éhontée, sauf si on considérait que coucher avec son capitaine revenait à lui tenir tête, d'une manière détournée.
- Ça va, ça va... arrête de gueuler, tu veux que tout le monde soit au courant ?
- Ben c'est pas pour ça que t'es venu ?
- Entre autre. Et puis de toute façon mon vieux est d'accord, il est même... Ichigo pâlit subitement, il est même à cent pour cent d'accord pour nous soutenir.
- Heu... il s'est passé quelque chose ?
- J'ai passé une journée à le convaincre de ne pas m'accompagner ici, avoua l'humain l'air désemparé. Je me demande si c'est une bonne idée tout compte fait.
- C'était ça, le problème familial ?
- Mon père est le problème familial en soi.
- Dur. Finalement, c'est tranquille de ne pas avoir de parents.
Ichigo sentit les bras lui en tomber, il se tourna vers le vice-capitaine, histoire de voir si c'était du lard ou du cochon et devant le sourire railleur de Renji, il haussa les épaules, vexé.
- D'accord, j'arrête de me plaindre.
- C'est bien ça, Ichigo, c'est le premier pas vers la sagesse, intervint Ikkaku, qui venait d'allonger un des ses subordonnés, creusant un peu plus le terrain d'entraînement qui commençait à ressembler à une parcelle de la lune, vous savez, avec les cratères.
- Vous faites bande à part ? Fit-il aux deux autres. Ramenez-vous, on fait une mêlée générale !
- J'peux pas, maugréa Renji en montrant la cicatrice moche qui lui barrait le ventre. Tout plutôt que retourner dans cet hôpital de timbrés.
- Ben moi j'y vais, ça me changera les idées. »
Comme Renji commençait sérieusement à hésiter (peut-être que s'il manquait de mourir à nouveau, son capitaine viendrait, à nouveau, agrémenter sa convalescence... ou son agonie, c'est selon le point de vue), une petite silhouette déboula sur le terrain d'entraînement et courra vers lui.
Rikichi, hé oui, c'était lui, eut un sourire extatique en voyant son vice-capitaine.
« Vice-capitaine Abarai, le capitaine vous cherche.
Ben il peut continuer longtemps, songea cruellement Renji. Je sens que je vais encore finir à l'hôpital, moi.
- Pourquoi ?
- Je ne sais pas, il ne me dit pas tout, fit le jeune shinigami innocemment.
- Ouais ouais... faut aller au bureau, si j'ai bien compris.
- Non, non, non, il a juste dit « si tu retrouves ce feignant, dis lui d'aller au diable ».
- Ah quand même.
- On vous cherche depuis ce matin, vice-capitaine. Vous avez disparu juste après votre réveil.
- Oups, bon,ben on va aller rassurer la maison, j'ai pas disparu. J'imagine qu'il vous a mené a vie dure à cause de ça.
- Terrible, vice-capitaine, terrible, fit Rikichi en frissonnant.
Il faut dire qu'il avait fait froid à la sixième division ce jour-là, une atmosphère lourde et glacée avait régné et nul n'avait osé lever la voix de toute la journée, de peur d'éveiller la colère du capitaine.
- On va arranger ça. » Fit Renji d'un air qui fit rougir son pauvre subordonné en lui passant un bras autour des épaules.
A SUIVRE...
et si vous avez aimé, ou bien détesté, ben reviewez, allez-y, hop, la case verte là, juste en dessous.
Réponse aux reviews : une deuxième fois n'est pas (encore) coutume, mais à nouveau, la question était si précise et la review si anonyme qu'on ne peut pas faire autrement. Pour Lorraine, la réponse est oui, bien observé mais attends la suite (bouh du teasing !), il y a toujours une suite (chez nous, en tout cas, les autres font ce qu'ils veulent).
