Je vous présente les deux tributs du districts Neuf ! Juste après la réponse aux reviews :)
Eclipse on Panem: On verra, on verra... En tout cas, ravie qu'elle te plaise :) C'est à moi aussi un de mes "bébés" préférés ;)
Qui vivra verra !
Ce qui me ramène à ma citation une ligne plus haut...
Donc: des tributs étonnants, intéressants, à suivre dans l'arène ! Tout bon, ça ! :)
majamaja: Merci.
Je n'ai jamais entendu parler de cette fic, mais bref.
Et bien, on ne sait pas exactement si elle est dans son monde où amnésique. L'avenir nous le dira !
Les Pacificateurs sont durs, Ok. Mais elle vit en bordure de district. Donc, en gros, une sacrée trotte. Les Pacificateurs restent des humains, et un défaut humain c'est la paresse... Et puis que risquerait de faire une tarée de 18 ans ? Pas grand-chose.
Alors, dans mon esprit, c'est un enfant qui les a enterrées là peut-être parce que lui et sa famille ont dû fuir une catastrophe, et qu'il voulait qu'on se souvienne de son monde. Voilà.
Je vous laisse faire la connaissance d'Elina et Keen ! A tout à l'heure... :)
Chapitre 9
The District Nine Reapings
Elina Harloor, 13 ans
La lumière du jour m'agresse les yeux. Je replonge sous ma couette en râlant. Pourquoi y-a-t-il toujours autant de lumière ? On ne peut pas avoir un réveil en douceur, ici !
En plus, c'est la Moisson. Le seul jour où je ne peux rien contrôler. Le seul jour où pas maîtriser mon destin. Je hais la Moisson.
Enfin, je m'en fous royalement que ce soit deux miséreux pitoyables qui aillent crever, mais je ne voudrai pas que ça m'arrive à moi. Je suis trop importante pour être sacrifiée, n'est-ce pas ?
Pour la millième fois, je songe que j'aurais dû n'être au Capitole. Il n'y a que là où j'aurai pu être pleinement heureuse. Au lieu de quoi... le district Neuf, ou celui de l'agriculture ! Pfff... Même à la rigueur, le district Un, Deux ou Quatre aurait fait l'affaire ! Mais là, non, j'ai tiré le mauvais numéro.
Enfin, je suis la fille unique de la famille la plus riche et influente du district, après le maire.
Je me lève finalement, et vais prendre une bonne douche. L'eau chaude coule sur mon corps. Ca m'apaise, et me détend. Pourquoi serai-je tirée à la Moisson ? J'ai juste deux insignifiants bouts de papiers. Et je vaux infiniment mieux que toutes ces pauvresses qui font la manche dans les rues. Le Capitole doit être logique, des filles extraordinaires comme moi ne peuvent pas être sacrifiées. Sinon, Panem ne serait plus qu'un ramassis de dégénérés.
Je sors de la douche et m'enveloppe dans ma serviette. Elle est douce. J'essore mes longs cheveux bruns et enfile ma robe. Elle est bleu glace, comme mes yeux, vaporeuse, avec de la mousseline et de la soie, sans manches. Je chausse ensuite mes chaussures, attache mes cheveux en tresse " épi de blé " et passe à mon cou le splendide pendentif de famille, une gerbe de blé bleue. Puis je sors rejoindre mes parents.
Ma mère boit son thé, le petit doigt levé comme l'exigent les convenances, et mon père lit le journal.
Je m'assois gracieusement et commence à manger un croissant. A la cuisine, notre bonne à tout faire, une pauvresse de 17 ans aux traits chevalins, Dolly Quelque-Chose, prépare le café de mon père.
- Tu es ravissante, fait remarquer celui-ci.
- Merci.
Ma mère examine ma tenue d'un regard critique, puis dit d'un ton satisfait:
- Ma foi, elle est faite pour toi, Elina.
Je lui sourie. Puis je lance d'un ton impérieux:
- Dolly, presse-moi une ou deux oranges. J'ai soif.
Dolly lève les yeux de son ouvrage, et je lis dans ses yeux l'envie, et un peu de crainte. J'aime inspirer cela aux gens.
- Bien, Mademoiselle.
- Que dis la une, Papa ? demandé-je d'un ton inquisiteur.
- Oh, rien de spécial. Ils parlent des moissons qui approchent, et, bien sûr, de la Moisson. Celle pour les Hunger Games, cette fois.
- Que disent-ils de nouveau ?
- Rien de spécial, si ce n'est que Ceral aura un autre mentor pour l'aider.
- Ryan, qui a gagné l'année dernière ?
- Exactement.
- Mais il n'a que 16 ans.
- Oui, mais Loris est trop gâteux pour s'en occuper.
Loris est le premier vainqueur du Neuf, aux 4emes Hunger Games. Il y a eu un autre vainqueur, Gauthier, aux 14emes Hunger Games, mais il est mort. Ceral a gagné les 28emes. Ryan a gagné l'année dernière, à 15 ans. Un pauvre. Je n'aimerai pas l'avoir pour mentor. Ceral non plus. On raconte que, des fois, elle perd un peu la tête. Si on prononce le mot jungle devant elle, par exemple. C'était son arène, et ça l'a traumatisée.
Enfin, je ne les aurais jamais, puisque je ne serai jamais choisie.
Je viens de me faire enregistrer. Je détonne au milieu des robes fades, sans attraits, décrépies, des autres filles. Une princesse au royaume des mendiants. Même les autres filles des familles riches n'ont pas d'aussi jolies robes.
Je toise les pauvresses avec dédain et mépris. Leur vue m'inspire un sentiment de dégoût, mêlé d'auto-satisfaction de ne pas leur ressembler et de supériorité.
L'hôte, le maire, et les 3 vainqueurs encore en vie grimpent à l'estrade. Je dois admettre que Ryan, le dernier, ne manque pas de charme. Ses cheveux blonds comme les blés sont légèrement ondulés, ses yeux noisette balaient la foule. Je crois qu'ils s'arrêtent sur moi, mais je n'en suis pas sûre.
Ceral, à côté, fait piètre figure, avec ses cheveux raides et ternes, son visage creusé et ses cernes.
Enfin, à la fin du discours du maire, l'hôte prend la parole. Il est nouveau. Ses cheveux sont rouges, ses yeux orange comme ceux d'une panthère, ses cils et ses ongles éxubérants.
- Bonjour à tous ! Je suis Vidio, votre hôte ! C'est à moi que revient la tâche de désigner le merveilleux garçon et la merveilleuse fille qui illustreront ce district magnifique ! Et, galanterie oblige, les dames d'abord !
Il choisit un papier. Mon coeur se met à battre plus fort.
- Elina Harloor !
M... moi ? Mais c'est impossible, je suis trop précieuse pour être sacrifiée ! Je retiens mes larmes, serre les poings. Je ne peux plus contrôler ma vie, mais je peux encore contrôler mon corps. Et il est hors de question que je pleure.
Je dois être digne.
Le regard de Ryan se pose sur moi et je me sens rougir.
- Elina, ne t'allie pas avec n'importe qui. Surtout pas avec ce loqueteux qui te sert de partenaire.
- Survis, sanglote ma mère.
- Je reviendrai. J'en suis capable. Je vais laisser les Carrières s'entretuer entre eux, et le champ sera libre, n'est-ce pas ?
Même moi, je ne suis pas convaincue par cette stratégie qui me semble dérisoire.
Pourquoi moi ? Pourquoi ? Pourquoi moi, et pas une pauvresse comme les années précédentes ? Pourquoi moi, et pas Dolly, par exemple ?
Keen Evay, 16 ans
Ma tête... J'ai l'impression d'avoir un marteau qui me tape sur le cerveau...
Bon Dieu, mais où suis-je ?
Je me redresse à grand peine, et regarde autour de moi. Une petite ruelle sombre, au milieu de cartons détrempés et de poubelles qui exhalent une odeur de moisi. Le tout baigné de fragrances d'urine et de petits bruits de course dûs aux rats.
Ah oui, ça me revient. Hier, je rentrais chez moi quand j'ai été attaqué par cinq membres d'une bande rivale à celle à laquelle j'appartiens. Cinq colosses. Malgré mon expérience en couteau, en corps-à-corps et en épée ( mais je ne l'avais pas sur moi, et de toute manière elle est en bois ), ils m'avaient méchamment tabassé. Mais je dois avoué que je ne suis pas peu fier de moi. J'en ai mis KO trois...
Bon, ce n'est pas le tout, mais ma mère doit se faire un sang d'encre. Une bouffée de tristesse m'envahit. Depuis qu'on a découvert qu'elle était atteinte d'une maladie incurable, elle est clouée au lit et incapable de travailler. Notre seul moyen de nous en sortir c'est moi, et le trafic que je fais avec ma bande. Et puis, avant, Roy travaillait. Avant...
N'y pense pas, Keen, n'y pense pas. Pas le peine de se mettre le cafard alors qu'en plus... c'est la Moisson !
Je me lève et trottine jusqu'à chez moi. Les rues des quartiers pauvres, où nous vivons, sont encore déserte, mis à part un drogué et quelques mendiants sans-abris. Normal, quoi.
J'entre dans la maison que nous partageons avec trois autres familles. Des cris d'enfant me parviennent tandis que je pousse la porte.
Ma mère dort. Son souffle est haché et je vois qu'elle serre une photo contre elle. Je la lui retire doucement sans la regarder, mais au dernier moment retourne le cliché. C'est nous. Maman, encore pleine de vie. Moi, avec 4 ans de moins. Et Roy, qui avait donc 16 ans.
Je soupire et pose la photo sur le buffet. Une vague de nostalgie et de tristesse m'envahit.
Roy était mon demi-frère. Son père à lui était mort dans un accident de moissonneuse-batteuse, et Maman a fini par se remettre avec un autre homme, qui l'a quittée quand je suis né. Et maintenant... Roy s'est suicidé il y a un an, à 19 ans.
Je me traîne jusqu'à la cuisine et prépare le petit déjeuner avec un reste de soupe froide et du pain rassis.
- Keen ? C'est toi ?
- Oui, M'man.
Je vais la voir avec un bol de soupe et des morceaux de pain.
- Pourquoi n'es-tu pas rentré ? souffle-t-elle avec difficulté. Je me suis fait un sang d'encre...
- Désolé. Pas de ma faute.
- Encore cette histoire de gangs, hein ?
Je préfère ne rien répondre.
- Ecoute, j'suis pas en avance. Tu sais, pour la Moisson. Je vais me faire un brin de toilette, je mets des vêtements propres et j'y vais.
- Ok.
Je me rends à la minuscule chambrette où je dors, et asperge mon visage crasseux d'eau glacée ( j'en profite pour retirer le sang séché sur ma tempe, mon bras et mon torse ), et enfile un pantalon et un haut relativement propres. J'observe mon visage. Des cheveux châtain, des yeux verts. Une contusion bleuit sur ma pommette. Tant pis.
- Bon, j'y vais. A toute à l'heure ! je lance en sortant.
- Attends. Combien as-tu de papiers ?
- 19. Mais c'est pas grave, je serai jamais choisi.
En arrivant dans ma section, mon anxiété augmente d'un cran. Et si c'était moi ? Ca pourrait arriver. Je ne suis aucunement à l'abri. Enfin, je ne serai pas démuni, et ça ne doit pas être plus dur que ce que j'endure quotidiennement. Parce que, les quartiers pauvres, c'est une vraie jungle, où la loi du plus fort règne.
J'observe l'hôte, un nouveau. L'ancien a été promu l'année dernière, il est passé au Trois. Puis je contemple Ryan, qui a mon âge. Il a l'air assez à l'aise, mais on ne sait jamais. Il déborde peut-être de nervosité.
- Bonjour à tous ! Je suis Vidio, votre hôte ! C'est à moi que revient la tâche de désigner le merveilleux garçon et la merveilleuse fille qui illustreront ce district magnifique ! Et, galanterie oblige, les dames d'abord !
J'observe avec intention le tirage des filles. C'est une riche de 13 ans qui est choisie. Pff.
- Au tour des garçons, donc !
Je ferme brièvement les yeux. Je suis le plus jeune membre de ma bande, et je ne fréquente pas l'école. Je n'ai donc personne à qui communiquer ma nervosité. Moi, l'impulsif, qui fonce toujours tête baissé, n'est pas très doué pour les relations amicales.
- Keen Evay !
Je rouvre les yeux. Le sort ne m'a pas été favorable.
Seul dans le petit salon, j'attends. La bande au grand complet est venue me dire au revoir, me souhaiter bonne chance. Mais ma mère ne pourra pas venir. Elle l'apprendra par la télé. Et je ne pourrai peut-être plus jamais lui reparler.
Mais j'ai une raison de gagner. Même si sa maladie est incurable, avec une fortune de vainqueur je pourrai lui payer des soins qui allègeront ses souffrances. Et ma pire crainte est qu'elle meurt seule. Alors, je vais tout faire pour revenir. Pour elle.
