Coucou me voici avec le district Onze ! Et oui déjà comme le temps passe vite...

Eclipse on Panem: Bah quoi ? Fallait bien un peu d'originalité ! Bon, OK, j'avoue, c'est très triste. Je suis une sadique :'(

En fait, t'aimes bien tous ceux qui ont des problèmes mentaux, d'abord Cuty, ensuite Even... C'est très bien tu es très humaine, contrairement à une certaine personne...

Ravie que Conor te plaise. C'est le bon gars, honnête et droit. Un ange.

Bon, je dois te paraître un peu déchaînée aujourd'hui, j'arrête...


Chapitre 11

The District Eleven Reapings


Tessy Mornet, 16 ans

Aucun réveil n'est plus agréable que le réveil naturel, quand le corps a atteint son quota de sommeil et qu'il s'éveille alors en douceur. Or, aujourd'hui, c'est exactement ce qui se passe, et c'est le seul jour de l'année où ça puisse arriver. Dommage que ce soit également le pire jour de l'année.

Je me glisse hors de mon lit, tel un gracieux félin, sans un bruit. A côté de moi, la respiration de Elmett est paisible, régulière. Je souris et remet en place une de ses mèches folles. A le voir, on dirait qu'il a 10 ans, et pourtant il vient déjà de fêter son treizième anniversaire. Maigre et frêle, minuscule avec de grands yeux qui lui mangent le visage, ses seuls points communs avec moi sont ses cheveux noirs bouclés ( j'ai les mêmes en plus long ) et sa peau chocolat. Moi, je suis grande, mince sans être maigre, élancée. Les muscles saillent sous ma peau. Ses yeux sont noisette, les miens verts.

J'enfile ma tenue de Moisson, bien différente de ma tenue de chasse, discrète et confortable. Cette robe entrave mes mouvements, son corsage me serre et m'étouffe, et elle est d'un vert tapageur, pour moi qui déteste attirer l'attention.

- Psst... Tu es réveillée ?

Ma meilleure amie est également ma partenaire de chasse et ma soeur adoptive. C'est une métis aux cheveux crépus que mes parents ont trouvé errant dans la rue, il y a 12 ans, et qu'ils ont décidé de recueillir. Je constate qu'elle vient seulement de se réveiller.

- Tu veux me tresser les cheveux avant de t'habiller, Mélissa ? je demande en m'asseyant sur son matelas.

- J'aimerai bien, oui.

Elle commence à me faire une multitude de petites nattes, qu'elle attache avec ses perles spéciales. Quand elle a fini, je suis magnifique.

- Merci. Tu sais faire ça mieux que personne.

- De rien. Je ne sais pas, je dois avoir ça dans le sang...

Elle enfile sa robe, le même modèle que le mien mais en rose, puis je réveille doucement Elmett. Nous descendons tous les trois déjeuner.

D'habitude, Mélissa et moi commençons la journée par aller chasser, puis nous partions à l'école avec Elmett tandis que mes parents cachaient la viande avant d'aller travailler dans les champs. Le soir, nous retournions chasser, nous mangions, faisions nos devoirs puis dormaient du sommeil du juste, avant de se lever pour une nouvelle journée. Mélissa et moi, à la chasse, nous complétons parfaitement: je connais les plantes comestibles mieux que personne, elle mémorise n'importe quel terrain par coeur et son sens de l'orientation est infaillible. Nous manions tous deux parfaitement le couteau, sommes agiles, rapides, endurantes et discrètes.

Je ne peux m'empêcher de penser ce qui se passerait si l'une d'entre nous était choisie. A nos 12 ans, nous avions fait un serment, à mon initiative:

- Si l'un d'entre nous est choisie, l'autre ne doit pas prendre sa place, ne pas se mettre en danger pour elle.

Je ne voudrais pas que Mélissa aille mourir à ma place. Il est bien plus noble d'accepter sa mort, que de se cacher derrière un volontaire. Enfin, sauf si tu n'as aucune chance ou que tu as moins de 15 ans.

Nous nous installons, et je pense encore à 17 papiers chacune, et aux 3 papiers d'Elmett, qui a pris une tessara cette année, et zéro l'année dernière.

- Bien dormi, les enfants ?

Je suis le portrait craché de mon père, le type le plus courageux que je connaisse. Malgré les difficultés, ses épaules restent toujours droites, comme un défi au Capitole, jamais il ne courbera totalement l'échine. Ma mère est une petite femme, la même que Elmett, avec un gros chignon et des yeux plissés. Elle est toujours de bonne humeur et ne râle jamais.


- Bonne chance, El'.

- Bonne chance, Tess'. Bonne chance, Mel'.

Nous le serrons dans ses bras. Mélissa lui chuchote qu'il ne sera pas choisi, et que nous non plus. Puis un Pacificateur nous sépare brutalement. Ma soeur me prend la main et je la serre tandis que nous rejoignons nos amies dans la section des 16 ans.

L'hôte fait son apparition, suivi du maire et des deux gagnantes, uniques, du district Onze, Seeder et Lucy. Seeder a les cheveux raides, noirs. Elle a gagné les 22emes Hunger Games. Lucy a gagné les 36emes à 15 ans seulement. Ses longs cheveux flottent dans le vent.

Le maire finit à peine son discours que l'hôte, Marcellus, lui arrache presque le micro des mains. Il doit penser qu'avec un excès de zèle, il sera ( enfin ) promu dans un autre district.

- Bien le bonjour, district Onze ! Il est aujourd'hui venu le temps de désigner nos tributs pour les 45emes Hunger Games ! Commençons par la demoiselle !

Mon coeur s'accélère. Je serre la main de Mélissa avec force.

- Tessy Mornet !

Je lâche la main de ma soeur, stupéfaite. C'est moi. Moi. Moi.

Je monte les marches tel un robot, encore sous le choc.

C'est moi.

Je serre la main à Marcellus, et fait face à la foule. J'aperçois Elmett et Mélissa qui sanglotent, chacun de leurs côtés. J'aperçois mes parents. Les épaules toujours si droites de mon père, malgré les dûretés de la vie, se sont pour la première fois affaissées. Ma mère pleure, la tête dans ses mains.

C'est moi.


- Je vous promet que tout se passera bien. Je sais chasser, je connais les plantes. Où est le problème ? Je vous jure que je serai avec vous dans moins de temps qu'il faut pour le dire.

J'essaie de les convaincre, mais ma voix se brise.

Mes parents, mon frère, ma soeur m'étreignent en sanglotant. Je mèle mes larmes aux leurs, mais seulement quelques instants. Il faut que je me ressaisisse, que je reste forte.

Je suis sûre que j'ai mes chances.


Pedro Mossa, 15 ans

Le réveil est toujours aussi pénible. J'ai la bouche sèche, pâteuse, et terriblement mal à la tête. Les derniers effets d'une longue maladie qui m'a pris toutes mes forces pendant des mois et vient seulement de me les rendre. Heureusement, ce n'est que passager.

Je me regarde dans l'éclat de miroir de ma chambre. J'ai toujours des cernes, mais ma peau noire paraît normale, pas plus pâle comme avant, et mes étranges yeux bleus limpides scintillent comme avant. Je suis presque entièrement devenu moi.

Je suis toutefois très amaigri. Mes bras ressemblent à des brindilles et mes jambes à des branches mortes. Je déteste cela. Le pire, c'est que mon appétit, n'est pas aussi fort qu'avant, et que je n'arrive pas à me remplumer.

C'est alors que le jour que l'on est me frappe. C'est la Moisson !

Venant d'une famille parvenant à se débrouiller ( je suis enfant unique et mes parents sont tous deux contrôleurs de récoltes, un poste un grade plus élevés que simple cueilleur ) je n'ai pas de tessarae. Mais les risques sont là, et dans mon état...Heureusement, j'ai quelques bases en survie et en médecines. Et puis, il paraît que je suis plus intelligent que la norme. Ce n'est pas faux, je compense ma faiblesse physique par une grosse tête ( au sens figuré, bien sûr ). Je pourrais peut-être avoir une encore meilleure vie que mes parents. Mais je ne suis pas non plus né dans le district qu'il faut pour faire des études.

J'enfile ma tenue, une ancienne de mon père racomodée en plusieurs endroits, déchirées à certaines coutures. Comme mon père je le porte depuis mes 12 ans ( où il était trois fois trop grand ) et je le porterai jusqu'à mes 18 ans. Mon père étant un grand gaillard, à partir de 16 ans il avait bien du mal à rentrer dedans, mais moi, je suis normal niveau taille, et là, je flotte carrément dedans vu ma perte de poids spectaculaire.

Je descend finalement déjeuner. Mes jambes me portent bien, contrairement à il y a deux semaines où je ne pouvais pas faire deux pas sans qu'elles se dérobent.

Dans la cuisine, mes parents s'affairent.

- Salut p'pa, salut m'man, je dis avant de m'affaler sur une chaise.

- Salut, fait ma mère en me donnant un bol du remède du guérisseur, une espèce de tisane dégoûtante avec de plantes vitalisantes dedans. Je l'avale cul sec en évitant de penser au goût, et encore moins à la Moisson.


- Bien le bonjour, district Onze ! Il est aujourd'hui venu le temps de désigner nos tributs pour les 45emes Hunger Games ! Commençons par la demoiselle !

Marcellus, l'hôte, est complètement ridicule, je ne peux m'empêcher de penser. Sur sa peau sont tatoués des photos du Capitole, du président Snow, des Hauts-Juges des années précédentes... Un panneau de propagande vivant ! Ses cheveux sont blancs comme ceux de ce cher Snow, bien qu'il doit avoir à peine 35 ans ( mais, avec toutes ces opérations de chirurgie esthétique, impossible de savoir ). Ses yeux sont jaunes, la couleur du sceau de Panem, et ses vêtements sont transparents pour laisser voir ses photos, mis à part à certains endroits que je ne mentionnerai pas. Ridicule, vraiment.

- Tessy Mornet !

Une fille de un an de plus que moi grimpe les marches menant à l'estrade tel un robot. Je la trouve plutôt jolie. Je la détaille attentivement, notant mentalement le moindre détail.

- Pedro Mossa !

Qu... quoi ?! J'ai à peine eu le temps d'avoir peur que c'est déjà fini ?

Puis mon cerveau enregistre le nom prononcé, et je sens ma mâchoire se décrocher. C'est moi qui ai été choisi. Parce que ce serait trop beau qu'un autre Pedro Mossa existe, hein ?

Je rejoins la fille sur l'estrade. Elle ne me jette pas un coup d'oeil, et c'est bien normal. Je regarde les nuages s'amonceler dans le ciel. Il va bientôt pleuvoir. Le ciel est parfaitement en raccord avec mon coeur, aujourd'hui. L'air est lourd et chaud, c'est sûr, ce sera un orage.


- Tiens, fait ma mère en pleurant, ton objet personnel.

C'est un grand paquet de poudre à mettre dans de l'eau chaude pour faire ma tisane. Les dosages et différentes recettes sont indiquées. Il y en a assez pour un mois. Je serre ma mère dans mes bras.

- Merci, M'man. T'en fais pas.

Mon père m'embrasse à son tour, le visage fermé.

- Je reviendrai, je vous le jure. Avant même d'avoir fini ce paquet.

Ils me regardent, l'air désespéré. Je sais ce qu'ils pensent. Je viens à peine de guérir, je ne suis pas pleinement remis. Je ne suis pas faible, mais pas assez fort pour entrer dans l'arène.

- Je vous aime, P'pa, M'man.

- On t'aimera toujours, Pedro. Quoique tu fasses, quoique tu dises. Et on payerait n'importe quel prix pour te revoir.

Je les serre une dernière fois. Mes yeux se mouillent de larmes, mais je les retiens, à grand-peine cependant.

Dehors, la pluie tambourine avec violence aux carreaux de la fenêtre, tandis que le tonnerre gronde.