Coucou, me revoilà ( en retard, oui je sais ), avec la dernière Moisson ( comme le temps passe vite... ) !
majamaja: Ravie que ce chapitre te plaise ! Oui, c'est une Moisson assez typique, mais tous les tributs ne peuvent pas être exceptionnels...
Donc, à la fin de ce chapitre, pourras-tu m'envoyer un PM récapitulatif avec tous ceux que tu préfères, ou pas. J'aimerai que tu rédiges comme ça:
Tribut n°1 ( nom du tribut ):
Tribut n°2 ( nom du tribut ):
Etc. en respectant l'ordre des districts please. A côté de leur nom, tu mettrais soit: 3 3 3, ça veut dire que c'est ton favori, celui que tu préfères entre tous ( un seul tribut peut recevoir cette distinction, mais tu n'es pas obligé d'en avoir ), 3 3 ça veut dire que tu l'aimes beaucoup ( tu peux en mettre plusieurs ), 3 tu l'apprécies sans plus ( pareil, plusieurs ), / il te laisse indifférente ( pareil, plusieurs ), /3 tu ne l'aimes pas ( pareil ), /3 /3 tu le déteste ( pareil ).
Voilà voilà
Chapitre 12
The District Twelve Reapings
Canila Hobser, 17 ans
Quelqu'un crie dans la maison, je me réveille en sursaut. Il me faut quelques secondes pour comprendre que c'est moi qui crie ainsi.
Je ne me rappelle plus de mon rêve, mais il devait être horrible, je pense en enfouissant mon visage dans l'oreiller. J'en tremble encore.
La pendule sonne 8h00. Je me rappelle soudain que c'est la Moisson. La Moisson, mon avant-dernière.
Je m'extirpe de mon lit chaud et douillet et vais me débarbouiller. Puis je m'habille et me coiffe.
Ma mère m'a donné une belle robe de satin bleue qui était à elle et qui va à ravir avec mes yeux. Je rassemble mes cheveux blonds dorés en deux nattes que j'enroule ensemble en chignon. Je me trouve jolie, aujourd'hui.
Je descends déjeuner. Mes parents dorment encore, je n'étais d'ailleurs pas obligée de me lever si tôt mais j'aime bien avoir la maison pour moi toute seule, je me sens... libre.
J'avale un petit-déjeuner. Au fur et à mesure que les aiguilles de l'horloge avancent, mon anxiété se renforce et mes mains se mettent à trembler. Pourtant, ce n'est pas comme si j'avais énormément de chances d'être tirée. Mais je ne peux pas m'en empêcher: je suis d'un naturel anxieux et angoissé, et j'ai toujours tendance à imaginer le pire.
Non. Ca s'est très bien passé les années précédentes, enfin sauf l'année dernière, il n'y a pas de raisons pour que ce soit moi, cette année. Je m'inquiète pour rien.
- Ma chérie, tu es déjà levée ?
Ma mère descend l'escalier. Elle a ôté son tablier bleu et sa robe blanche maculée de taches qu'elle porte tous les jours quand elle travaille, c'est-à-dire toute la semaine sauf le dimanche, et a enfilé une ravissante robe verte. Elle a l'air plus jeune comme ça, mais une inquiétude palpable altère ses traits gracieux.
Elle m'embrasse et j'inspire à pleins poumons son parfum de camomille. Mmmm. C'est l'odeur de mon enfance, qui m'a bercée depuis toute petite.
- Ca va ?
- Oui, je marmonne en fuyant son regard. Je n'ai pas envie qu'elle voie que moi aussi, je suis anxieuse.
Je la serre dans mes bras, et murmure à son oreille:
- Ca va aller. Je suis sûre que ce ne sera pas moi.
Elle sourit doucement et m'étreint avec force. Je la console pour oublier ma peur, et je pense qu'on fond, elle le sait.
Mon père descend à son tour. Il porte son plus beau costume. Il nous sourit. Lui aussi, il a peur, je le sais, je le sens.
Le souvenir de Jehan plane dans la pièce.
La Grand-Place grouille de gens de la Veine. Ce sont des adolescents comme moi, qui se dirigent vers les guichets d'enregistrements. Seule la naissance nous différencie: je suis la fille du couple d'épiciers, une des familles des plus aisées du district le moins riche de Panem, eux des mineurs. De pauvres mineurs avec de la poussière de charbon qui s'infiltre de leurs ongles. Mais je ne me sens pas différente d'eux, dans le sens que moi aussi, j'ai perdu quelqu'un, lors des Jeux. J'ai autant à craindre qu'eux.
Je me fais enregistrer et rejoins ma meilleure amie dans la section des 17 ans. C'est une belle jeune fille aux cheveux blond-roux qui s'appelle Jania. Ses yeux sont bleu-vert. Avant, ce n'était qu'une amie, mais ce qui s'est passé l'année dernière nous a rapproché. C'était la petite amie de Jehan, après tout.
- Salut.
- Salut.
Nous nous comprenons d'un seul regard.
- Ne t'inquiètes pas. Ca va bien se passer, elle murmure en passant sa main dans mes cheveux.
Elle a 9 mois de plus que moi, et est nettement plus grande.
- J'espère, je souffle.
A ce moment, l'hôtesse, le maire, et le seul gagnant du district Douze entrent sur l'estrade.
L'hôtesse, Glizy, est une meringue vivante. Elle porte une immense robe de dentelle avec de multiples volants. Sa peau est blanche, mais vraiment blanche, pas beige. Ses cheveux sont blancs également.
- Bien le bonjour, cher district Douze ! elle babille une fois que le maire a terminé son discours. Aujourd'hui nous allons procéder au tirage de deux courageux jeunes personnes. Puisse le sort vous être favorable !
Elle avance sa main gantée ( de blanc évidemment ) dans la boule des filles. Mon coeur tambourine dans ma poitrine. Je prends la main de Jania. Elle la serre.
- Canila Hobser !
Le silence d'abord. Puis un cri déchirant. Celui de ma mère.
Je ne ressens plus rien. Je lâche la main de Jania, et gravit les marches de l'estrade. Puis les larmes se mettent à couler. Silencieusement.
Jehan n'avait pas pleuré. Il avait 18 ans quand c'est arrivé. Mon frère. Mon grand frère adoré. Il est mort tué par la fille du Deux, cette sadique. Il avait fini 14eme.
Et je marche dans ses traces.
Ma mère n'a pas pu venir. Elle s'est évanouie, apparemment. Mon père seul a pu venir.
- Je t'aime, ma puce. Reviens-nous vite.
Je ne comprends pas comment il peut encore espérer. Je n'ai aucune chance. Si Jehan a fini 14eme, lui, si fort, si beau, si musclé, qui avait eu quelques sponsors grâce à ça.
Puis c'est le tour de Jania. Nous ne parlons pas. Elle me serre longtemps dans ses bras. Puis elle prend quelque chose dans sa poche: un bracelet fait de lanières de cuir tressés.
- Jehan me l'avait donné, moi je lui avais donné un bracelet de laine bleue, comme ses yeux. Il te portera chance.
- Merci.
L'émotion m'étreint. Je l'embrasse, une dernière fois.
Puis les Pacificateurs reviennent, la font sortir. C'est fini.
Je ne reverrai jamais ma famille, mes proches.
Jarek Torden, 14 ans
Il fait sombre, dans la chambre.
- Hé, Jarek, lève-toi. J'ai repéré un bon coup.
J'ouvre complètement les yeux et distingue la silhouette de mon frère qui se découpe à contre-jour dans l'embrasure de la porte.
- Allez, debout. T'as pas faim, ou quoi ?
- Si, si, j'arrive, je marmonne en me levant péniblement et enfilant ma chemise fétiche et mon pantalon à tâtons.
Je sors de la pièce et rejoins Jiny. C'est mon grand frère, il a 16 ans. Nous avons le même teint hâlé, les mêmes cheveux bruns ébouriffés et les mêmes yeux gris. Mais la ressemblance s'arrête là. Il est aussi musclé, grand et fort que je suis petit, malingre et agile.
Ca marche bien, pour voler. Il casse une fenêtre, puis monte la garde, pendant que je me glisse à l'intérieur pour dérober quelques trucs.
- Bon, c'est quoi, ton " bon coup " ? je marmonne en baillant.
- Tu sais, Hade, le chef des Pacificateurs ? Et bien, j'ai repéré, dans sa cuisine, que chaque matin il posait une énorme miche de pain, et un sac de pièce sur la table de sa cuisine. Puis il part dix minutes pour s'habiller. J'ai calculé l'horaire exacte. On va piquer et le pain, et l'argent. Ca sera un beau cadeau à Papa et Maman pour le jour de la Moisson.
- T'es pas fou ? Hade est très porté sur le coup de fouet, je te rappelle !
- Tout se passera bien, t'inquiètes.
Il m'entraîne dehors. Nous bifurquons vers le quartier des commerçants et arrivons rapidement à la maison de Hade.
Jiny enveloppe son poing dans un épais bout de tissu. Cachés sous la fenêtre, nous l'entendons poser notre futur butin sur la table, puis s'en aller. Jiny attend quelques instants, se relève avec précaution, et casse la vitre. Il a bien calculé son coup: le verre brisé tombe sans un bruit sur un épais tapis. Faisant bien attention aux bouts de verre, je me glisse à l'intérieur.
Je tombe sans bruit, me redresse et fais un pas vers la table. Un grondement sourd m'interrompt: un énorme chien somnole, ses crocs d'une dizaines de centimètres luisants de bave.
Je rafle sans bruit avec le plus de précautions possible, le coeur battant, le pain et les pièces. Le sac tinte. Le molosse grogne. Je recule, et marche sur un épais bout de verre qui craque.
Le chien ouvre les yeux. Et aboie avant de se jeter sur moi.
Je l'esquive et cours vers la fenêtre.
- Balance le butin, Jarek ! crie Jiny.
Il l'attrape et se retourne brutalement. Hade vient d'entrer dans la pièce.
Je me retourne vers lui, lui laissant voir mon visage. Une seule seconde, mais c'est largement suffisant. Il m'identifie immédiatement.
- Attaque, Cerbère !
Je saute à travers la fenêtre et prend la fuite, suivi de Jiny. J'entends la voix furieuse de Hale:
- Espèce de sale petit brigand, Jarek Torden ! C'en est fini de toi !
Jiny n'a rien entendu.
Mon coeur bat encore plus vite que pendant le vol.
Nous ne préférons rien dire sur notre butin. Papa, Maman et les triplés, Justyna, Ky et Hilt de 10 ans, sont tellement ravis... Mais l'inquiétude ne me quitte pas. Lorsque j'en parle à Jiny, il hausse les épaules, un peu mal à l'aise à cause de ce qui s'est passé, et dit que c'est mon imagination et la panique du moment.
Mais je suis convaincu du contraire.
Je me glisse dans ma section juste au début du discours. L'angoisse me taraude. Je ne sais pas pourquoi j'ai si peur. Si ça se trouve, Jiny a raison. Si ça se trouve, je me fais du mouron pour du vent. Ce n'est pas la première fois que nous ratons de peu un coup.
- Bien le bonjour, cher district Douze ! Aujourd'hui nous allons procéder au tirage de deux courageux jeunes personnes. Puisse le sort vous être favorable !
Elle choisit une fille de 17 ans, qui s'avance, des larmes dégoulinant sur ses joues. Je crois que c'est la fille des épiciers.
Hade s'introduit alors sur la scène, et glisse quelque chose au maire, qui le repète à l'hôtesse, qui sourie.
Elle pioche un nom. Dans ma tête je voie la scène au ralenti.
- Jarek Torden !
Là voilà, la vengeance de Hade pour tous mes vols, tous mes mauvais coups.
Je ne dis rien, à personne. Le chagrin m'a gelé la bouche. Jiny pleure autant que les triplés. Il sait, lui. Il le sent, et s'en veut mortellement. D'une étreinte affective, je lui fait comprendre que c'est la fatalité. Je ne pleure pas, je n'ai plus de forces pour pleurer.
Mes parents sanglotent, eux aussi. Je les embrasse. J'embrasse toute ma famille.
Et je me fais le serment de revenir, ne serait-ce que pour me venger.
