Base : Bleach
Genre : romance, angst
Statut : sans vouloir être décevant, il n'y aura pas quarante chapitres
Rating : pas pour les enfants (y'a des gros mots) walller... on va dire M.
Pairing : Byakuya/Renji (et l'inverse)
Disclaimer : naaaooonnn ! ils sont pas (pleure) mais alors pas du tout (snirfle) pas du tout à nous (ooouuuiiinnn) mais à Tite Kubo et lui seul (va mettre fin à ses jours).
QUARANTE JOURS ET UNE RECHUTE !
Le refus I
« en frappant l'œil, on fait couler les larmes, en frappant le cœur, on fait apparaître les sentiments »
Ecc. XXII, 19
« Shire Senbonzakura »
Dans le petit jour, l'ordre retentit, sévère, indiscutable, terrible.
Autour du capitaine, les délicats pétales tombèrent en une pluie meurtrière, déchiquetant tout sur leur passage.
Sa tension étant (un tout petit peu) descendue, Byakuya rangea son sabre et contempla le triste spectacle devant lui. Un champ de ruine. Unohana allait le trucider. Le dernier terrain d'entraînement en bon état venait d'être réduit en miettes par un capitaine furieux en moins de trois minutes.
Bien sûr, il aurait aussi pu se déchaîner sur place, mais tuer son vice-capitaine et un invité, ça faisait désordre. En creusant un peu, il pouvait aussi réaliser qu'il avait tout bonnement eu peur. Lui ! Byakuya Kuchiki, il avait pris peur et il avait fui.
Et ça, plus que les outrages subis, expliquait la destruction du dernier terrain d'entraînement potable. Il avait fui devant un ivrogne inconscient et pervers. Peu de mots pouvaient exprimer le sentiment de honte qui l'envahissait à cet instant. Aussi choisit-il de se réfugier dans un silence lugubre.
Au petit matin, les oiseaux chantent, le ciel est bleu, les fleurs ouvrent leur délicate corolle pour exhaler leur doux parfum. Et les ivrognes ronflent paisiblement. Lorsque l'aube est passée depuis quelques heures, ils se réveillent avec une sale gueule de bois.
Chacun la sienne : Ichigo avait l'impression d'avoir un orchestre symphonique en train de répéter sous son crâne, Renji avait plutôt la sensation d'avoir mastiqué du parpaing en béton toute la nuit, chacun son style on vous dit.
Bon, pour Renji, le parpaing était un tout petit peu vrai, il n'avait pas seulement mal à la tête, mais aussi très mal à ma mâchoire.
Un grognement digne d'un ours bituré fit s'envoler une poignée de moineaux qui ne faisaient que gazouiller gentiment.
Ichigo s'étira comme il put, en étouffant un grognement de douleur. Il essaya aussi de se relever, mais un haut le cœur le saisit subitement et il se recoucha immédiatement, face contre l'herbe verte et douce. La cuite, c'est bien beau, mais le lendemain, on chante une autre chanson.
Renji, qui est d'une bien meilleure consistance et qui a plus d'expérience se redressa et tenta de se situer. Il y avait une rivière, des arbres, des oiseaux et un petit pont de bois pas bien loin. À vue de nez, à une bonne dizaine de kilomètres de sa capitainerie où il aurait dû se trouver à l'instant même. Et toujours à vue de nez, il devait être à peu près midi, le soleil était haut et il n'avait aucune chance de pouvoir justifier légitimement son absence de la matinée.
Ichigo se vida les tripes dans l'herbe plus si fraiche et se releva.
« J'ai mal.
- C'est le revers de la médaille.
- Putaaaiiinnn ! J'ai l'impression d'avoir des briques dans l'estomac.
- Des briques ?
- Un mur de brique. »
Ichigo rampa telle une larve sur quelques mètres, histoire de ne pas s'effondrer dans son vomis.
Il scruta les alentours, un air incrédule sur son visage. En rase campagne, ils étaient en rase campagne. Comment avaient-ils atterri là ? C'est marrant, il n'avait jamais vu un tel endroit dans le Seireitei avant, c'était sympa comme coin, pour un pique-nique par exemple. À la simple pensée d'un sandwich, son estomac se révolta une fois de plus et il se vida à nouveau dans l'herbe.
Une fois remis (un peu), il se retourna vers son compagnon de beuverie.
« Qu'est-ce qui s'est passé hier soir ?
- J'sais pas.
- Pourquoi on est dans l'herbe à des bornes de la ville ?
- J'sais pas.
- Pourquoi t'as un œil au beurre noir ?
- J'sais... pas, mentit à nouveau le lieutenant.
- Comment on est arrivé ici ?
- Aucune idée.
- J'ai la gueule de bois.
- Moi aussi. »
Après cette entrée en matière trèèèès instructive, Ichigo se rassit et gémit. Il avait mal à la tête, mal au ventre, mal aux pieds et mal au... heuu... pourquoi avait-il mal là ?
Un coup d'œil à Renji qui avait l'air de broyer du noir, air qu'Ichigo mit sur le compte de la cuite, et le rouquin finit par poser la question avec un rire gêné.
« Heu... Renji, pourquoi j'ai super mal au cul ?
- T'as dû tomber, proposa Renji. Nan, fais pas cette tête là, je peux pas t'avoir sauté dessus cette nuit, j'étais trop bourré pour ça.
- Ben... moi, je posais la question sans arrière pensée. Pourquoi tu parles de m'avoir sauté dessus, c'est où le rapport ?
- Bienheureux puceau.
- Allez ! Vous faites chier avec tous ces sous-entendus.
Renji considéra un instant son meilleur pote (entre autres) et esquissa une ébauche de sourire.
- Tu dormais déjà quand on s'est fait jetés ici cette nuit ?
- J'imagine que oui, parce que je ne me rappelle de rien. »
Renji hocha la tête, un peu rassuré. Pas que l'opinion d'Ichigo ait une quelconque importance pour lui, mais sachant que, d'une c'est un humain, de deux, il est jeune et puceau, de trois, il est vraiment trop étroit d'esprit, il préférait que l'humain n'en sache qu'un minimum sur les relations particulières qu'on peut entretenir avec un autre spécimen masculin. D'autant plus que ce genre de relations le concernait, lui et son capitaine.
Dire qu'il n'avait aucun souvenir avait été un mensonge éhonté. Pour être tout à fait honnête, il devait admettre qu'il se souvenait de tout, mais enrobé d'un voile d'ébriété. Toutefois, pour lui rafraichir les idées, il y avait la douleur lancinante qui lui dévorait l'œil.
L'œil au beurre noir. Dans ses souvenirs, cela n'avait pas fait si mal. Il faut dire, avec le recul, qu'il aurait dû être déchiqueté sur place (Senbonzakura ! Yeah !), mort, laissé sanguinolent, macérant dans l'alcool et le sang, et Ichigo, à côté de lui, mort aussi, au milieu d'un tas d'herbe fraîchement tondu par le senbonzakura. Ayant fait ceci, Byakuya aurait fait d'une pierre deux coups. Supprimant un subordonné rebelle et un intrus suborneur de petite sœur.
Les souvenirs de la veille affluèrent en lui. Souvenirs honteux, mortifiants, mais ce n'était pas ça qui allait les empêcher de lui revenir à l'esprit. Il l'avait embrassé ou du moins, il avait essayé. La réplique ne s'était pas faite attendre : une violente gifle l'avait repoussé sur l'instant et le regard lourd de mépris qui avait suivit avait suffit à le faire ployer. Et puis Byakuya avait disparu.
Il avait voulu l'embrasser, il l'avait forcé à l'embrasser. Qu'est-ce que ça voulait dire ? Pas embrasser, ça il s'en foutait bien d'embrasser. C'est quoi ? Une bouche sur une bouche, une langue et une langue, plein de salive, des trucs de gosse en fin de compte. Il s'en foutait de rouler une pelle à qui que ce soit. Mais là, c'était plus qu'une simple provocation, qu'une envie subite, que des conséquences naturelles de l'ivresse. Il avait refusé de capituler. Il l'avait voulu, lui. Il avait considéré l'espace d'une fraction de seconde que Byakuya Kuchiki lui appartenait et qu'il devait se donner à lui sans discuter.
Le capitaine aussi l'avait senti, cette possessivité, cette revendication sur lui, cette manière de dire « tu m'appartiens ».
Un clebs qui marque son territoire. Voilà ce à quoi il en était réduit. C'est pas glorieux, ça. Et ça ne pouvait définitivement pas plaire à Kuchiki. Kuchiki ne supportait pas les chiens qui montrent les crocs, c'est bien connu.
Sauf que maintenant, il allait devoir s'expliquer. Cette fois-ci, jouer la fille de l'air risquait avant tout d'aggraver la situation. Un besoin irrépressible le saisit de retourner dans sa capitainerie, se jeter aux pieds de Kuchiki et s'auto-flageller sous ses yeux, se traîner sur le sol jusqu'à ce qu'une ébauche de pardon lui soit accordée. Sans voir le ridicule de la scène, Renji se plaisait à imaginer qu'elle pourrait bien avoir lieu et se solder par une fin heureuse. Une fin du genre « tout le monde au pieu ». Dans tes rêves, mon pauvre gars.
« Ichigo, faut qu'on rentre maintenant, ça doit être bientôt midi.
- Ben pourtant j'ai pas faim.
Le contraire l'aurait étonné. Peu de gens ont des envies de tartiflette après une cuite carabinée.
- Tu maîtrises le shunpo ?
- ... moyen.
- Ben on va y aller par étape. »
Agrippant le col de son pote, Renji le releva brusquement, le serra contre lui et « shunpota » jusqu'aux abords de la ville.
Essoufflé, il reprit sa respiration. Putain, c'est dur de faire dix bornes en un seul pas... Les gars qui le font pour aller au boulot sont des frimeurs.
Arrivés à la onzième division, Ichigo alla s'effondrer dans un coin. Il avait franchement l'air pitoyable du gars passé sous un train.
Yumichika les reçut, l'air franchement désapprobateur.
« J'imagine que tu t'en fous mais tu sais de quoi vous avez l'air ?
- T'as raison, je m'en fous. Personne n'est frais après une cuite.
Un sourire irradiant l'arrogance et la vanité lui répondit.
- Si, moi.
D'un geste écœuré, Renji fit comprendre à Yumichika qu'il pouvait se foutre sa beauté là où il pensait, bien profond et sans vaseline encore.
Ikkaku, qui n'était jamais bien loin de son comparse (allez savoir pourquoi), se pencha sur le pauvre humain.
- Au moins il dormira bien.
Renji s'affaissa sur le sol à son tour et grogna.
- Ça lui fera pas de mal, on n'a pas dormi des masses cette nuit.
Sous le regard soupçonneux d'Ikkaku, il ferma les yeux avec une grimace au souvenir de la catastrophe qu'un peu d'alcool avait pu causer.
- Et vous avez passé la nuit...
- Loin, quasiment tout au nord du Seireitei, tu sais, là où il y a la rivière.
- Ensemble ?
- Quoi, t'es jaloux ?
Comme si de rien n'était, Yumichika vint se placer stratégiquement à deux pas des deux amis, près à frapper l'un ou l'autre si le besoin s'en faisait sentir. Jaloux Ikkaku ? Mais Ikkaku n'avait pas le droit d'être jaloux d'un autre que lui. Non mais !
- C'est un gamin, Renji.
- D'une, c'est pas ça qui m'arrête, de deux, je ne couche pas avec Ichigo. Pas même bourré.
L'air septique, Ikkaku se tourna vers Yumichika qui le foudroyait du regard.
Allons bon, c'est ça d'être maqué à une grande folle jalouse.
Le chauve... le rasé... on ne saura jamais en vrai, mais bon, le mec sans un poil sur le caillou leva les mains en signe d'innocence.
- Je ne suis pas « jaloux » et je te rappelle que je suis un des seuls amis de Renji à n'avoir pas couché avec.
- Exact, précisa l'intéressé, à moitié dans les vaps.
- Moi non plus je n'ai pas couché avec lui, et je ne considère pas ça comme un exploit.
- Nan, Yumichika, c'est juste pour prouver que je suis fidèle, dans le fond.
Voyant qu'il ne convaincrait pas son partenaire comme ça, surtout avec les deux poivrots vautrés sur le parquet à côté d'eux, Ikkaku changea (pas vraiment) subtilement de sujet.
- Renij, tu devrais pas être dans ta division, là.
- Gnihein ?
- Après avoir séché ta permanence d'hier soir, tu devrais peut-être faire amende honorable.
Renji rouvrit les yeux pour les lever au ciel.
Avec ce qui s'est passé, c'est pas une « amende honorable » qu'il faut que je fasse, mais un « suicide honorable ».
Il acquiesça néanmoins et se releva.
- À plus. »
Si je suis encore en vie.
Il se pointa au bureau des officiers de la sixième avec l'air le plus contrit qu'il savait faire. Il réalisa, à la seconde où il vit Kuchiki, qu'il aurait dû mieux s'entraîner à cet air repentant, juste au cas où.
Leurs yeux se croisèrent. Pour la première fois depuis... depuis huit jours. Ils avaient réussi l'exploit de se côtoyer sans se regarder pendant tout ce temps. Byakuya aurait apprécié la performance si ce simple contact visuel ne le replongeait pas dans ces souvenirs dont désirait à tout prix se débarrasser. Une simple seconde et leurs yeux se croisèrent.
Renji se figea. Il aurait bien aimé que quelque chose se passe, que la passion reprenne, qu'il le couche sur le bureau sans lui laisser le temps de protester ou de résister. Il aurait voulu de toutes ses forces qu'il agisse à nouveau sous l'impulsion du moment, comme dans cette petite chambre d'hôpital, coupée du monde. Il voulait recommencer, il voulait remettre ça, il voulait à nouveau son capitaine comme il l'avait désiré pendant une nuit, une nuit fragile et fugace.
Au lieu de cela, la férocité du regard qu'il croisa le cloua sur place. Un seul mot et Renji sut qu'il ne devait même pas poser de question.
« Dehors. »
Du coin de l'œil, il aperçut Nanako Musokuri qui était assise à son bureau à sa place. Et d'un hochement de la tête, elle lui indiqua que c'était complètement inutile de résister.
Il hocha la tête et recula de deux pas. Quelque chose lui disait que la matinée avait dû être particulièrement réfrigérante dans ce bureau, autant s'éloigner de la zone de glaciation, le temps que la température se fasse un peu plus clémente.
Nanako sortit après quelques minutes, l'air terrorisé. Bizarre, songea Renji. Il l'avait toujours connue blasée au possible (ce qui était un gage de survie dans la sixième division), il fronça les sourcils, soucieux.
« Le capitaine te fait dire que...
- Oui ? Renji avait bondi sur ses pieds.
- Tu peux disposer.
- Et je fais quoi, moi ?
- Ce que tu veux, j'imagine. Mais il vaut mieux que tu restes hors de sa vue. »
Renji se mordit violemment la lèvre inférieure. Alors c'était à ce point ? Je peux coucher avec lui, tout va bien, mais que je lui roule une pelle et me voilà en quarantaine.
Un instant, il fut tenté de retourner à la onzième division, et puis il se ravisa. Si jamais Kuchiki changeait d'avis entretemps, il préférait être là (on peut toujours rêver). Il se laissa retomber sur le sol, alors que Nanako retournait dans le bureau.
La tête entre les genoux, Renji se sentit trembler malgré lui.
Quelque chose de salé et humide vint toucher ses lèvres.
Je... je pleure ?
Il se tassa encore un peu plus et essuya ces quelques larmes, le cœur retourné.
Merde, je pleure pour Kuchiki.
Avec un pincement au cœur, il se redressa, réalisant amèrement qu'il était bien trop tard pour pleurer sur ce qu'il avait fait. Les méfaits de l'alcool, je vous jure.
Dans la treizième division aussi l'heure était grave. Face à son capitaine, Rukia levait la tête d'un air déterminé.
« Rukia, tu es sûre de toi ?
- Oui, capitaine.
- Est-ce que Byakuya est au courant au moins ?
Rukia regarda ailleurs et Ukitake secoua la tête. Bien sûr que Byakuya ne pouvait pas être au courant, sinon Rukia aurait été enfermée à vie dans le lugubre manoir des Kuchiki pour le restant de ses jours.
- Il faudra le lui dire.
- Mais capitaine !
- Je ne dis pas qu'il faudra lui demander la permission, il faut qu'il soit au courant avant tout le monde. Après tout, c'est ton chef de famille.
- Je sais. Mais je préfère...
- Qu'il n'ait pas le temps de vous arrêter.
La jeune femme hocha la tête, ce n'était pas ce dont elle était la plus fière dans le tas de ses mauvaise actions, mais c'était peut-être ce qui était le plus justifiable. Elle soupira bruyamment.
- Pourquoi ne peut-il pas comprendre ? Il a bien épousé une femme du Rukongai.
Ukitale haussa les épaule en signe d'impuissance.
- C'est peut-être parce qu'il a épousé une femme du Rukongai qu'il sait mieux que personne que tu ne dois pas attirer sur toi une telle opprobre.
- C'est idiot.
- Incohérent, c'est tout. Mais si Byakuya ne t'approuvera certainement pas, c'est surtout parce qu'il t'aime trop pour te voir subir ce que lui a subi.
- Les temps ont changé.
- Pas chez les nobles, crois-moi sur parole.
Le regard farouche de la jeune shinigami lui indiqua que, quelques soient les mœurs des en vigueur chez les nobles, elle ferait bien ce qu'elle voulait en fin de compte.
Ukitake reprit, plus doucement.
- Tu sais où est Ichigo ?
- Hé bien... Rukia hésita. Peut-on tout dire à son capitaine ? Même si c'est cette beauté parfaite, ce dieu de douceur, de compréhension et d'humanité, cette créature supérieurement favorisée par la nature qu'est Juchiro Ukitake ? Au point ou j'en suis, de toute façon.
- Il est resté avec Renji hier, lors de la soirée au bar.
- Avec... Renji ?
- Oui... elle eut un sourire indulgent. Ils ont pas mal bu, ils doivent cuver dans un coin.
- Et ils étaient ivres ?
- Oui, je pense bien, connaissant Renji, il n'est pas du genre sobre en soirée.
Ukitake hocha la tête. Un affreux doute s'était insinué en lui, se transformant très vite en soupçon. Renji est certes un bon garçon mais il a tout de même des mœurs terriblement déviantes. Les savoir tous les deux, ivres morts et seuls provoquait en lui un très mauvais pressentiment.
- Rukia, je ne vais pas parler à Byakuya demain.
- Hein ? Mais je pensais que...
- Il se peut que ton frère soit moins indulgent que tu ne le penses. Dans quelques jours, les résultats de l'enquête sur l'escapade de Renji seront transmis aux capitaines. Là, je pourrais alors expliquer le fin de mot de l'histoire. N'est-ce pas préférable ? »
Rukia hocha la tête lentement. Bien sûr, elle aurait préféré que tout se règle le plus vite possible, pour que Byakuya ne puisse rien empêcher. D'un autre côté, un peu de temps pouvait lui permettre de doucement l'habituer à l'idée. Ce n'était pas plus mal.
Byakuya, puisqu'il en est question, avait simplement surgelé son troisième siège du regard lorsqu'elle était rentrée. Le simple fait que quelqu'un l'oblige à se souvenir de l'existence de Renji le faisait regretter de ne pas pouvoir se passer de tout subordonné.
Il refoula loin en lui une envie de meurtre. Au milieu de son existence paisible, il y avait maintenant un homme qui pouvait se targuer d'avoir réussi à se faire haïr en moins d'une minute. Il ne l'aurait jamais cru capable de revenir ce matin-là, pas après toutes ses turpitudes nocturnes.
Comment peut-il ? Comment ose-t-il ? Il se dit avec rage que lui, à la place de son lieutenant, il se serait purement et simplement jeté du haut d'un pont, dans une tentative de sauvetage d'honneur en péril. Force était de constater que Renji n'avait aucun honneur, ou bien qu'il ne plaçait pas son honneur au même endroit que son capitaine, ce qui était un peu plus probable.
Bizarrement, toute la colère que Renji avait provoqué en lui la veille et les jours précédents était retombée, laissant la place à un dégoût indicible. Le plaisir étrange qu'il avait ressenti à fulminer contre Renji, à l'accuser de tous ses maux avait complètement disparu. S'il s'était senti coupable lors de leur seule nuit ensemble, là, cette fois-ci, il avait été sali. Quelque chose en lui se sentait sale.
Et savoir qui en était la cause lui ôtait tout espoir de nettoyer son honneur. Ah oui, parce qu'en plus, il avait adoré se sentir souillé par Renji. L'âme humaine est tellement tortueuse.
A SUIVRE...
et des reviews pliizzz ! C'est pour des pauvres auteurs qui n'ont rien d'autre pour manger ^^
