Base : Bleach
Genre : romance, angst
Statut : sans vouloir être décevant, il n'y aura pas quarante chapitres
Rating : pas pour les enfants (y'a des gros mots) walller... on va dire M.
Pairing : Byakuya/Renji (et l'inverse)
Disclaimer : naaaooonnn ! ils sont pas (pleure) mais alors pas du tout (snirfle) pas du tout à nous (ooouuuiiinnn) mais à Tite Kubo et lui seul (va mettre fin à ses jours).
QUARANTE JOURS ET UNE RECHUTE !
Le refus IV
« Pour moi, ni tranquillité, ni paix, ni repos ; rien que du tourment ! »
Jb. III, 26
Renji baissa les yeux encore une fois. Ça y est, je suis perdu.
Quelques solutions honorables s'offraient à lui. La fuite à la Urahara et vivre caché jusqu'à la fin de ses jours. Se battre... oui mais non, si on pouvait vaincre l'amour à coup de sabre, les gens seraient moins malheureux (et moins nombreux en vie aussi). Se consoler dans une paire de bras quelconque et accueillante. Oui mais là, ça n'allait pas être possible pour le coup.
D'ailleurs en parlant de coup.
Ichigo venait de s'écraser sur le sol pile aux pieds de Renji, laissant une empreinte profonde d'au moins un mètre. Il se releva, la gueule en sang.
« Mais c'est quoi ces coups de fillette !
- Bats-toi sérieusement, Ichigo. J'suis en train de m'endormir. »
Renji esquissa un sourire carnassier. Et après on lui demandait pourquoi ça lui arrivait de regretter la onzième division. Quel endroit au monde était plus tranquille pour l'esprit ? Quel endroit était plus accueillant pour un combattant motivé ? Quelle famille était aussi tolérante que les hommes de la onzième qui vous acceptaient sans question à partir du moment où vous aimer la castagne ? Il rattrapa de justesse Ichigo qui titubait jusqu'à en perdre l'équilibre et sourit en coin.
« Vous nous foutez la honte à tous, les mecs, vous le savez ça ?
Ichigo cracha du sang et une molaire avant de répliquer en grognant.
- Mais t'as pas du boulot, toi ?
Dans un réflexe quasi pavlovien (boulot=capitaine Kuchiki), Renji releva la tête et retomba dans le regard inquisiteur de son capitaine.
- Putain... t'es chiant. »
Et il relaissa tomber le shinigami suppléant qui s'écrasa à nouveau sur le sol, laissant à nouveau une large marque dans la terre battue.
Poussant un soupir de résignation, il prit la direction de son capitaine, fendant la foule qui attendait la reprise du combat. Arrivé devant lui, il prit son courage à deux mains, abandonna son air débile et amoureux et fronça les sourcils en calquant son expression sur celle d'Ichigo quand il était de mauvaise humeur.
« Capitaine. Je vous présente mes excuses pour avoir quitté le quartier général sans votre autorisation.
Byakuya avait vu Renji approcher avec une légère appréhension. S'il essayait à nouveau de le peloter là, devant tout le monde, il ne pourrait pas ne pas le tuer. L'attitude toute respectueuse et formelle de son lieutenant le rassura. Il avait donc recouvré une partie de sa raison.
Il secoua la tête, se rappelant sa bonne résolution du matin : la mansuétude.
- Nous retournons à la division.
- Oui capitaine.
Voyant que les deux shinigamis s'éloignaient, Ichigo se détourna un instant de son combat pour crier.
- Renji !
Ce dernier se tourna une demie seconde pour voir ce que lui voulait Ichigo.
- Ce soir ! Au Zanpakuto émoussé !
Renji hocha la tête en saluant de la main le pauvre garçon qui venait de se prendre un nouveau de coup d'Ikkaku (ben oui, c'est con de lui tourner le dos en plein combat), il se retourna pour, à nouveau, retomber sur le regard froid de son capitaine.
- Capit...
- C'est bon, Renji. Tu n'es pas de service ce soir.
Renji en resta comme deux ronds de flanc et laissa un sourire niais s'étendre sur ses lèvres.
Byakuya porta sa main à la bouche en réprimant un hoquet. Trop de mansuétude lui donnait la nausée.
- Merci capitaine, osa le lieutenant d'une toute petite voix, pleine de modestie.
Étonné, Byakuya s'arrêta un instant, laissant Renji revenir à sa hauteur.
- Il me semble pourtant que tu es encore convalescent.
- Oui capitaine.
- D'ailleurs, le terrain d'exercice t'es toujours interdit.
- Oui, capitaine.
- Et tu as beaucoup de travail en retard.
- Oui, capitaine.
- Tu iras présenter des excuses à l'officier Musokuri qui a dû assurer tes heures de service.
- Oui capitaine.
Définitivement bizarre, cette soumission entière et parfaite de la part d'un rebelle par nature. Cela mit la puce à l'oreille du capitaine qui soupçonna (encore) une embrouille.
- Qu'est-ce que tu as fait encore ?
Renji faillit répondre « oui, capitaine », par réflexe mais se reprit de justesse.
- Rien.
- Ne me mens pas.
Un léger courant d'air frigorifiant parcourut Renji des pieds à la tête. Mais comment est-ce qu'il arrivait à faire ça ? Et comment est-ce qu'il arrivait à percevoir l'odeur du mensonge sans jamais se tromper ?
Pas question d'avouer ce qui, de toute façon, serait bientôt su par tous. Pas question non plus d'avouer ce qui ne serait jamais su de personne.
Finalement, Renji finit par feinter.
- Je... je comprends vos griefs d'hier, capitaine.
Byakuya inspira profondément et se retint de tuer sur place son lieutenant. Ça fait désordre les meurtres en plein rue, c'est fou.
- Oublie cela. Contente-toi désormais de faire correctement ton travail pour la division.
- Oui capitaine. »
Arrivés à la division, un copieux repas les attendait dans leur bureau, alors que Musokuri s'était levée pour les saluer.
« Puis-je reprendra mon poste habituel, capitaine ?
- Certes. Renji ?
Le premier officier se pencha légèrement devant la femme à lunette et murmura d'un ton sincèrement repentant.
- Désolé de t'avoir imposé tout ce boulot, Nanako.
Pas de problème, vice-capitaine. À votre service.
Byakuya fronça les sourcils à son tour. La pauvre femme avait dû faire le travail de Renji pendant près de trois semaines et elle n'avait pas l'air de lui en vouloir beaucoup. Mais pourquoi est-ce que tout le monde lui passait toujours tout ? Ne devait-il pas au contraire, être traité avec plus de sévérité encore, rapport à son indiscipline notoire ?
Quand la jeune femme fut sortie, ils retournèrent chacun à leur bureau.
Renji ouvrit des yeux stupéfait. Son bureau débordait de papiers dans tous les sens. Trois énormes piles de feuillets recouvraient toute la table, des dossiers entiers étaient posés par terre, d'autre avaient chu naturellement, la gravité ayant aussi son rôle à jouer dans l'affaire.
« Nanako... mais qu'est-ce que t'as foutu ? »
Byakuya toussota, signalant à son vice-capitaine qu'il pouvait garder ses commentaires pour lui et puis, curieux, il se retourna et le spectacle lui arracha malgré lui une ombre de sourire.
Voilà pourquoi elle n'en voulait pas plus à Renji de lui avoir laissé tout le boulot. Parce qu'elle n'avait absolument rien fait. Quoiqu'un peu vexé de n'avoir rien remarqué avant, Byakuya se promit de ne faire aucun reproche à son troisième siège. La tête de Renji devant son bureau était trop drôle.
« Cela suffit. Nous reprendrons après avoir déjeuner. »
Renji hocha la tête et rejoint son capitaine à la table basse où ils mangeaient, sans pouvoir quitter son bureau du regard.
J'aurais dû sécher encore quelques jours. Ou prendre la fuite.
Comme s'il lisait sans ses pensées, Byakuya le frigorifia du regard et Renji rentra la tête dans ses épaules.
Prendre le repas au bureau et non dans le réfectoire de la division était un privilège du vice-capitaine. Quant au capitaine, il pouvait bien manger où il le voulait, mais quitte à garder un œil sur son lieutenant, Byakuya préférait autant que ce soit dans la division.
Se faire servir le repas était aussi un privilège mais à tout prendre, Renji aurait encore préféré être au réfectoire avec ses subordonnés plutôt que de se retrouver coincé en un tête à tête stressant avec Kuchiki.
Il se posa sur le sol en soupirant, les yeux toujours plongés dans le vague.
« Bon appétit, fit Kuchiki. »
Renji sursauta. Ah oui, en plus il fallait être poli.
« Bon appétit. »
Byakuya mangeait avec raffinement et sobriété. Évidemment, grommela Renji pour lui même en observant les doigts fins de son capitaine autour des baguettes, chez les Kuchiki on devait apprendre à bouffer avec un balais carré dans le cul dès l'âge de six ans.
Évitant de fixer la table bêtement, il laissa son regard dériver vers le nord, vers le col du kimono entrouvert qui laissait apparaître le relief d'une clavicule et tout en sachant fort bien à quel point c'était débile, Renji resta fasciné par ce petit bout de chair tendu sur l'os, se découvrant une nouvelle passion pour la peau de son capitaine. La peau blanche se tendait et se plissait au rythme des bouchées de Kuchiki, le tissu glissait dessus, suivant le même rythme, laissant de brefs instants le haut du torse paraître, la naissance d'un creux se devinait, ombrée dans le creux de la poitrine et plus claire ailleurs.
Et Renji sut qu'il n'avait plus d'autre issue, qu'il devait échapper à ce repas. Et que c'était impossible.
Il suivit le mouvement du bras de Kuchiki et compris immédiatement qu'il n'aurait pas dû. Parce que Byakuya, qui ne faisait rien d'autre que se nourrir innocemment, porta les baguettes à sa bouche, entrouvrit ses lèvres pour avaler le riz. Et Renji se surprit un court instant à vouloir devenir grain de riz pour connaître encore une fois ces lèvres.
Même pas douces ou pulpeuses comme celles des femmes, même pas souriantes, rien pour elles et pourtant cette paire de lèvres lui occupait tout le cerveau. Saleté.
Il devinait les mouvement de mastication, pas tellement sensuels au demeurant, mais son imagination faisait très bien le boulot pour corriger la réalité.
Il détacha son regard avec toutes les peines du monde de l'envoutant spectacle. Ce ne fut que pour baisser les yeux encore plus. Il était assis en tailleur mais Kuchiki était toujours sur les talons. La position qui demeurait encore traditionnellement employée pour punir les enfants pas sages. L'association d'idées moralement douteuse qui se fit dans la petite tête de crétin du seul crétin présent dans la pièce aurait sûrement choqué le noble capitaine. Ben ouais, « enfant pas sage », « punition », « Kuchiki » : mélangez le tout, secouez bien, passez le tout au tamis de la perversion et... ouais, pas besoin de faire un dessin.
Conscient du danger, Renji s'imposa l'image mentale de Zaraki en train de se curer le nez... bon, ça irait pour le moment pour le calmer. Ça irait, il ne ferait rien de stupide tant qu'il aurait cette image en tête.
Il commença à mâcher machinalement, laissant toujours ses yeux voguer inconsciemment sur son capitaine, évitant soigneusement de trop s'attarder sur son visage, il le détaillait sans faire attention.
Et puis l'œil sévère de son capitaine se posa sur lui.
Un raclement de gorge un peu trop bruyant pour être honnête lui indiqua qu'il avait intérêt à cesser rapidement son petit manège.
Hum, fit Renji en secouant la tête et en se concentrant sur sa soupe de légumes.
Le reste du repas se déroula dans un silence relatif. Seuls les bruits de mastication se faisaient entendre et Renji avait l'impression de mâcher des clous rouillés, vu le bruit qu'il croyait faire.
Bizarrement, il ne se sentait pas aussi oppressé qu'il l'avait craint. Bien sûr, ce n'était pas encore au niveau de ses repas avant cette saloperie de mission sur Terre mais il ne se sentait non plus en danger de mort en restant seul avec son capitaine.
Le capitaine en question, lui, se trouvait terriblement embêté. Quelque chose avait troublé la sérénité ordinaire du repas et il ne savait pas comme faire disparaître son embarras.Comment cet idiot peut-il ne pas s'en rendre compte ? Comment donc a-t-il réussi à faire ça ? Les enfants de trois ans savent manger proprement et lui...
Kuchiki hésita quelques secondes. De toute façon, ils allaient reprendre leur travail immédiatement. Donc... il inspira profondément. Dieu lui serait témoin, ce n'était pas de sa faute cette fois-ci.
- Renji.
- Oui capitaine ?
Kuchiki se força à le regarder en face. Si en plus il évitait son regard, ça serait complètement louche.
- Tu as du riz là. Et il indiqua sa propre joue, au niveau de la commissure des lèvres.
Comme attendu, Renji rougit violemment et balbutia de vagues excuses.
Et voilà, je le savais. Comme un gamin pris en faute.
Le capitaine se releva et se réinstalla à son bureau, espérant ainsi désamorcer le début de gêne qui s'était installé entre eux.
- Je vais ramener le plateau, annonça Renji, profitant de l'occasion pour s'essuyer la bouche de la manche.
C'était contraire à ses habitude mais Kuchiki ne fit pas la moindre remarque et le laissa sortir.
Le reste de la journée, Renji le passa à déblayer les dossiers qui encombraient son bureau et à maudire Musokuri qui avait dû passer quelques semaines à paresser à sa place.
Quand vient l'heure de quitter la division, il lança un regard éperdu de sollicitude à son capitaine, histoire de voir si celui-ci n'avait pas oublié la promesse faite plus tôt dans la journée.
Byakuya soupira. La mansuétude, quand on a commencé, on ne peut plus s'arrêter.
« Tu es libre ce soir, Renji.
- Hm.. mais capitaine, vous restez ici ?
Byakuya haussa un sourcil.
C'est vrai qu'il avait l'habitude de rester avec lui quand son travail s'éternisait. Il avait eu l'intention de rester tard pour rattraper tous les dossiers qu'il n'avait pas eu la tête à traiter ces derniers jours. Pourtant il mentit malgré lui.
- Je ne compte pas rester longtemps.
- Ah bien. Bonsoir capitaine.
- Bonsoir Renji. »
Le Zanpakuto émoussé, haut lieu des bitures shinigamiesques était aussi un établissement pourvu de tout le confort moderne, idéal par sa localisation, pas trop excentré, pas trop près des capitaineries non plus. Le service était convenable, le patron agréable, les verres pas trop sales. Que demande le peuple ?
Pour l'occasion, tous les shinigamis présents avaient eu droit à un copieux repas et l'atmosphère s'était rapidement détendue. Il y avait là pas mal d'hommes de la onzième division, un certain nombre de vice-capitaines, la treizième division au grand complet, quelques invités surprise, comme Toshiro dont personne ne connaissait les raisons de la présence, ou encore Yoruichi dont personne ne voulait savoir comment elle était arrivée au Seireitei sans y être invitée et Hanataro dont tout le monde se foutait éperdument.
À une table plus bruyante que les autres, tous les bourrins s'étaient rassemblée, poussés par un instinct millénaire à se retrouver entre bourrins. Au milieu , Ichigo avait l'air de trôner exhibant fièrement les restes de son combat d'entraînement avec Ikkaku. Il lui manquait deux dents et c'était du plus bel effet.
À l'une des extrémités, Iba s'était joint à Ikkaku, Yumichika et Renji qui parlaient à voix basse.
« Qu'est-ce qu'on fout là exactement ? Avait fini par demander Madarame.
- Je crois qu'Ichigo a une annonce à faire.
- Nan, je reformule, pourquoi est-ce qu'il a besoin de la faire dans un bar ?
Renji soupira, l'air plus sombre que jamais.
- Parce qu'il considère que ce truc mérite d'être fêté.
- T'as pas l'air d'accord, remarqua Yumichika en se lissant un sourcil sous le regard écœuré d'Iba.
- À mon humble avis, il ferait mieux de prendre la fuite immédiatement et se planquer pour longtemps sur Terre.
Ikkaku fila un coup de manche de sabre sur la tignasse rouge.
- Fuir ! Dis-donc, t'en as d'autres des conneries comme ça ?
- Je suis sérieux, fuir. C'est la seule solution dans leur cas.
- « Leur » cas ?
- Ah oui, officiellement, c'est Rukia qui a une annonce à faire.
- Quel rapport avec Ichig...
Yumichika interrompit Ikkaku d'un coup de coude dans les côtes accompagné d'un toussotement agacé. Le beau chauve (ou crâne rasé, oui on sait, y'a encore un doute) haussa un sourcil suspicieux et repris après quelques seconde de réflexion.
- C'est pas possible... il paraît qu'il est mineur et que ça c'est interdit à son âge chez les vivants.
- Tu crois vraiment qu'une petite interdiction de rien du tout va lui faire peur.
- Ouais mais non, il ne pourra, personne ne voudra le faire.
- De quoi vous parlez là ? Les coupa Renji, qui se sentait un peu exclu de la conversation.
- Du mariage.
- Du sexe.
Firent les deux shinigamis dans un bel ensemble. Ils se dévisagèrent une demie seconde, chacun accusant son vis-à-vis du regard.
- Tu penses qu'à ça, grogna Ikkaku en vidant son verre pour se donner contenance.
- Et toi, tu n'y penses pas assez, rétorqua Yumichika avec un sourire crispé.
- Bon, pour en revenir à Rukia et Ichigo, reprit Renji qui en avait déjà bien assez des ennuis de sa meilleure amie et des siens pour ne pas se mêler de la vie de ses potes en plus. Rukia et Ichigo donc, ils retournent ensemble sur Terre à la fin de la semaine.
La nouvelle fit l'effet d'un bloc de glace tombant sur la table devant eux.
- Ha ouais, quand même fit Iba avec un sifflement admiratif.
- Et Rukia va s'installer chez ce connard, devina Ikkaku.
- Exact, confirma Renji.
- Et personne ne dit rien ?
Renji secoua la tête.
- C'est magouille et compagnie. Le capitaine Ukitake a arrangé un tas de trucs avec Urahara. Et je vous dit pas comment ils ont étouffé l'affaire de ma perm pour aller voir Ichigo.
- Comment ?
- Ils ont filé l'enquête à Shuhei.
- Ah ouais pas con, reconnut Iba en gardant l'idée pour l'occasion. Il fait quoi pour enquêter ?
- Il a interrogé tout le monde. Tout le monde lui ment. Et il doit présenter ses conclusions demain aux capitaines. Autant dire que la nouvelle aura déjà fait le tour du Seireitei.
- Joli timing.
- Ukitake, conclut Renji. Je ne l'imaginais pas du tout aussi magouilleur.
Les trois autres dévisagèrent Renji avec suspicion. Il sut qu'il en avait trop dit. Et qu'il allait se faire analyser dans les grandes largeurs par trois bourrins de service. Si on lui avait demandé son avis, il aurait préféré parler de la pluie et du beau temps.
- Tu es censé vouloir le bien de Rukia, c'est ta meilleure amie, non ?
- À ton avis, je me suis fait déchiré le ventre pour les beaux yeux de qui y'a deux semaines ?
- Mais tu n'as pas l'air ravi de tout ça.
- Ben... si elle va sur Terre, elle va quand même me manquer un peu. C'est ma meilleure amie comme tu l'as si bien dit.
Iba secoua la tête.
- C'est sûrement pire que ça. C'est la manière dont ce coup s'est monté qui t'emmerde.
- Vous savez les gars, j'ai pas besoin de directeurs de conscience. Je vais bien.
Ikkaku reprit, avec une acuité décuplée par l'alcool.
- Parce que selon toi, ces magouilles portent préjudice à quelqu'un... et ce quelqu'un.. à mon avis...
- Tu veux encore un peu de bière, Ikkak...
- C'est Kuchiki.
Yumichika approuva.
- Puisque c'est le seul qui est tenu à l'écart de tout ça. C'est trop impensable. Renji qui ne veut pas faire de la peine à son cher capitaine. Le shinigami parti d'un gloussement moqueur.
Effondré devant tant de perspicacité, Renji resservi de force les trois comparses. Il releva la tête et se justifia.
- Je trouve juste que le procédé n'est pas très honorable, c'est tout.
Un silence éloquent lui répondit.
Heureusement pour Renji, ce fut le moment que choisit Kiyone pour monter sur une table (celle des bourrins) et se mettre à crier.
Votre attention s'il-vous-plaît !
« Ce soir nous faisons la fête... »
Une salve de hurlement de joie l'interrompit. La jeune femme dut écraser la tête d'un des agitateurs pour faire revenir le calme.
« Nous fêtons d'abord Ichigo Kurosaki qui n'est parmi nous que jusqu'à demain. »
À nouveau, les cris de joie, le fracas des verres qu'on tapait sur les tables... et Ichigo qui leva les bras en V sous le regard exaspéré de Rukia.
« Il part déjà ? Fit Ikkaku.
- C'est ce que je disais, ils prennent la fuite. »
« Donc que sa soirée d'adieux soir la plus belle et la plus festive possible. »
« C'est pas comme s'il n'allait jamais revenir.
- S'il revient, riposta Renji, je ne suis pas sûr que Kuchiki le laisse envie. »
Kiyone ramena le silence d'un coup de pied dans le menton d'un des fêtards les plus bruyants.
« Mais c'est aussi une fête d'au revoir pour Rukia ! Puisqu'elle a reçu une mission fixe sur Terre et qu'elle part aussi demain. »
Rose d'émotion et les larmes aux yeux, la jeune fille se tourna vers Rukia et leva son (en fait, c'était juste un verre trouvé sur la table).
« Tu vas nous manquer, Kuchiki, mais nous ne t'oublierons jamais. »
Toute la table occupée par la treizième division éclata en cris d'adieux, de soutient, de regret... bref, ce fut le bordel général très vite.
« On a l'impression qu'elle ne va plus jamais revenir.
- Disons que si elle revient elle n'est plus sûre de pouvoir repartir.
- Et si elle ne revient plus, comment elle va pouvoir se débrouiller sur Terre ? S'enquit Yumichika. C'est pas notre monde à la base.
Renji soupira.
- C'est pour ça que je suis allé voir Ichigo. Enfin... pas Ichigo. Son père. Pour être sûr qu'il apporterait assistance à Rukia vu que lui aussi était...
- Ah putain ! C'était ça alors.
La voix morne et fatiguée d'un nouveau visiteur les tira de leur petite conversation.
- Isagi ! Ça alors, t'étais invité ?
- Parce que c'est une soirée privée en plus ?
Le nouveau venu prit une chaise dans un coin et s'installa au bout de la table.
- Heuu... ça va ? S'inquiéta Renji, un tout petit peu nerveux.
Shuhei lui lança un regard morne.
- Alors c'était pour ça ?
- Ben ouais.
- Vous êtes tous cons, vous savez ?
- Attention, y'avait Ukitake aussi dans le complot.
- Lui, il est encore plus con que tous les autres réunis s'il vous a couvert comme ça. Kuchiki est au courant ?
- Partiellement.
- Dans ce cas, c'est toi le plus con. Parce que demain, tout sort au grand jour. Ukitake ne risque rien, le père Kurosaki encore moins, Romée et Juliette là, ils auront mis les bouts mais toi, tu seras toujours là. T'as intérêt à avoir prévu un plan B, parce que là, t'es mort. Enfin, je dis ça, c'est pour toi.
Avant qu'il ait eu le temps de répondre, Renji fut happé en arrière, par deux paires de bras brutales.
- Alors ! On complote dans son coin les gars !
Shuhei les contempla avec lassitude avant de se lever pour chercher un verre.
- Je t'aurais prévenu.
- Dites vous-deux, si j'ai bien compris, Kuchiki va continuer à vivre chez toi, Ichigo ? Intervint Yumichika.
Désarçonnée par la question, Rukia relâcha Renji et recula un peu.
- À vrai dire oui, tant qu'une solution viable n'est pas trouvée autrement.
Ikkaku sembla perplexe et se pencha en avant.
- Et au fait, sur Terre, c'est quoi l'âge minimal pour se marier ? »
Ichigo se téléporta littéralement derrière l'impertinent et chauve shinigami pour lui filer un coup de tatane dans la gueule. De son côté, Rukia fila un gnon à Renji qui pourtant n'y était pour rien.
Puis laissant les hommes s'expliquer entre eux, elle migra sagement vers la table des gens sérieux que présidait Rangiku, surveillée de près par Toshiro qui buvait de la grenadine.
Renji entendit vaguement un « dresse-le bien ! » de Rangiku saluant l'arrivée de Rukia, qu'il préférait interpréter de la manière la plus charitable possible. Et il sombra gentiment dans l'alcool puisque, par expérience, il ne lui arrivait que des choses bien quand il buvait trop.
Au bout de quelques verres ou bouteilles, il ne savait plus très bien il sentit une main lui ôter son verre des siennes. S'il avait suivit les mouvement autour de lui, il aurait su que Ichigo s'étant installé à quelques mètres de lui, tout le monde défilait pour lui dire au revoir et tout le monde observait le vice-capitaine avec pitié.
« Renji, tu sais que tu as de plus en plus l'alcool triste depuis quelques temps ? Depuis que tu es revenu de l'hôpital en fait.
- Sans blagueeeuuuuhh ?
- Y'a quelque chose qui ne va pas ? Demanda Ikkaku, l'air réellement concerné.
- Naan !
Kira débarqua et se posa simplement à côté de Renji, remplit son verre à nouveau et sourit niaisement.
- Oh la menteueuse, elle est amoureueueseuh !
Renji nia d'un coup de boule brutal qui envoya le pauvre Kira au tapis sans autre forme de procès.
Yumichika se pencha sur lui, juste pour voir s'il vivait encore et eut un sourire hautain.
- On peut pas dire qu'il ne l'a pas cherché. C'est vrai, Renji ?
- Pas vos affaires.
Vexé d'un tel manque de confiance, Ikkaku arracha la bouteille de saké des mains de son ami. C'est vrai ça, qu'est-ce qu'il croyait ? Qu'ils allaient le juger, répandre la rumeur dans tout le secteur, se foutre de sa gueule ? Oui, ils le feraient et alors ? Les amis, c'est fait pour ça.
- Ma bouteille !
- Pas de vérité, pas de saké.
Renji, outré par le procédé, mais surtout trop bourré pour réfléchir sainement, hocha la tête.
- Si je dis, tu rends la bouteille.
- Juré.
Il prit une grand bouffé d'air gorgé de vapeurs alcoolisées et se mit à table.
- J'ai un gars...
Ahhh ! Fit Yumichika avec une lueur perverse au fond des yeux.
- ... en vue.
- Et ça te mets dans ces états là ?
- C'est une bombe.
Yumichika gloussa telle une dinde avant Thanksgiving.
- Venant de quelqu'un resté insensible à mon charme, je me permets de douter de ce dernier point.
Ikkaku fronça les sourcils. Ça devenait de plus en plus difficile de le tenir en public, lui.
- Vas-y, accouche.
- C'est une bombe, il est cent pour cent pas attiré par moi et il est super fidèle à sa femme.
- Marié ! Tu peux pas t'en empêcher.
- Marié... ouais, dans un sens, rectifia Renji en songeant que la notion de « fidélité envers une femme morte » était plus que bizarre.
- Et tu en es resté au platonique ou tu as une bonne raison de pleurer ?
- Je l'ai quasi violé.
- T'es vraiment con quand tu t'y mets, s'emporta Ikkaku en hochant la tête devant tant de stupidité.
- Comment tu fais pour « quasiment » violer quelqu'un ? S'enquit Yumichika, que le sujet avait l'air d'intéresser sincèrement.
- Ben, il était un peu consentant.
- « Un peu » ?
- Oui, un peu consentant et beaucoup perturbé.
- Très.
- Quoi très ?
- Très perturbé, pas beaucoup.
- Si beaucoup quand même, protesta Renji, insensible à cette rectification lexicale.
- Laisse tomber.
- Donc je résume, fit Ikkaku en servant des verres de saké. Tu l'as forcé à coucher avec toi, il est marié, fidèle, et j'imagine qu'il t'a jeté après coup. C'est ça ?
Renji hocha tristement la tête. Ikkaku lui tendit un verre plein.
- Tiens, t'en as bien besoin tout comptes fait.
- Et puis...
- Oui ?
- Quand il était aux bains, je suis allé dans les vestiaires et j'ai gardé un truc qui lui appartient.
- Il y a de grandes chances qu'on te comprenne mieux si tu es un peu plus explicite, soupira Yumuchika en fronçant les sourcils sans s'étonner d'un tel comportement de pervers. Un truc, c'est vague.
- Un... un habit.
- Un sous vêtement ?
- Nan je suis pas un pervers quand même ! Quelque chose qu'il met tous les jours. Alors il a bien dû se rendre compte que ça a disparu.
- C'est quoi ?
- Un habit, je te dis.
Les deux compères échangèrent un coup d'œil sans équivoque. Et puis ils vérifièrent que Kira était toujours assommé par terre et hochèrent la tête. Et puis ils fixèrent Renji comme s'il était gravement malade et qu'il n'en avait plus que pour quelques heures.
- Ben quoi ?
- T'en fais quoi exactement, de ce vêtement volé ?
- Ben rien de spécial. Je la garde toujours sur moi, comme un souvenir. Je la regarde quand je suis seul et puis je la serre contre moi, ou je la respire, pour avoir son odeur avec moi. Ouais... bon, c'est grave ! Je sais !
- Très grave, confirma Ikkaku.
- Gravissime.
- En fait, à ce stade-là, on ne peut plus rien pour toi.
Yumichika esquissa un sourire vicieux.
- Tu es amoureux.
- Ça va pas bien ! Protesta Renji. Au risque de vous surprendre, j'ai déjà été amoureux de... enfin, je sais ce que ça fait !
- De Rukia, compléta Ikkaku pour son ami qui avait haussé un sourcil élégant et interrogateur.
- Ah bon, c'était à ce point là ?
- Ça n'as pas duré, riposta Renji, ce qui était parfaitement faux.
- Parce que Ichigo est arrivé ? Tenta Yumichika, s'attirant un hochement de tête approbateur de Ikkaku.
- On parle de moi ? Fit le rouquin qui n'était pas très loin.
- Ouais, tous nos vœux de bonheur ! Fit Ikkaku en levant son verre bien haut.
- Heuuu... on n'est pas ensemble.
Ichigo lança un regard accusateur à Renji qui protesta en se levant et en titubant vers lui.
- J'ai rien dit, c'est juste que t'es pas discret. Et que Rukia est trop dégénérée pour ne pas tomber amoureuse d'un débile comme toi.
Étant dans les parages également, cette dernière réagit au quart de tour.
- Dégénérée ! Moi ? Tu t'es vu ?
- Moi, je vais bien. »
Coupant court à la dispute qui menaçait, Ikkaku grimpa sur la table et leva son verre en gueulant un toast.
« À Rukia et Ichigo ! Vive les amoureux !
- Et toute l'assemblée repris en chœur.
- Vive les amoureux. »
À ce moment-là, Rukia fila un coup de pied bien placé à Renji qui se raccrocha à Ichigo qui n'eut d'autre choix que de le rattraper. Innocemment, Yumichika poussa le banc, histoire de faire chuter les deux amis par terre, l'un sur l'autre, dans une pause des plus équivoques. Mais c'était pile le moment que Rangiku avait choisi pour se précipiter au secours de Kira, toujours dans les vapes, elle fut stoppée nette dans son élan et trébucha sur les deux garçons par terre, se rattrapa à la table qui vacilla. Ikkaku, toujours sur la table, vacilla aussi et, dans un réflexe con et salvateur à la fois, hurla : « baston ! », histoire de réveiller ses hommes.
L'un dans l'autre ce fut une belle bagarre générale, à la suite de quoi, ils furent tous expulsés manu militari et retournèrent dans leurs pénates.
Renji resta un instant planté au beau milieu de la rue, essayant de s'orienter.
Il tituba dangereusement et se raccrocha à la première chose qui lui passait sous la main. En l'occurrence. Ikkaku Madarame. Et il lui témoigna son amitié de la plus belle manière qui soit, en lui gueulant dans la face un
« Je t'aimeuhh ! Ikuku ! » fortement alcoolisé.
« Je sais, tu débordes d'amour quand tu es bourré.
- Chu pas bourré.
- Non, bien sûr.
- Toi aussi Michikuku ! Je t'aime bôcoup !
- Et Ryudo aussi, je suppose ? Fit Yumichika en désignant une brute de la onzième qui ronflait sur son dos.
- Tout le monde. Ichigo sors de là je t'aimeuuuh !
Ichigo leva les bras au ciel et partit d'un rire de psychopathe avant de s'enfoncer dans la rue noire sous les regards inquiets de ses amis.
Un voilà au moins un que la soirée avait rendu complètement fou.
Renji quitta ses amis et prit naturellement le chemin de sa division. Ça faisait une éternité qu'il n'était pas retourné dormir dans son vrai « chez lui ». Depuis le temps, il ne savait même plus où il avait foutu la clé de chez lui.
En réalité, la sixième division n'était pas très loin du bar, sauf qu'il lui fallait s'accrocher aux murs et se demander s'il devait tourner à droite ou à gauche à chaque intersection. Alors qu'il n'était qu'à une centaine de mètres de son ultime refuge, la terreur le submergea.
IL était là. IL l'attendait dans l'ombre, tapit. Renji ne savait pas exactement qui IL était mais il se rappelait avec certitude que cette aura était à craindre par dessus-tout. Un étourdissement le saisit et il s'effondra sur le sol.
Quelques heures plus tard, un autre shinigami, bien connu celui-là, foulait ce même sol de ses nobles pieds (car chez lui tout est noble, de la cave au grenier). Il était venu là sciemment, refaire le chemin entre le siège de la sixième division et le Zanpakuto émoussé, sans s'en avouer la raison. Alors qu'elle était tellement évidente.
Serais-je masochiste ? S'inquiéta-t-il un instant. Et sinon, pourquoi vais-je encore à sa rencontre sans réfléchir ?
Rukia était revenue quelques heures auparavant. Il n'avait même pas essayé de lui demander ce qui s'était passé. Il avait assez bon odorat pour comprendre dans quel état ils devaient tous se trouver. Et il n'était pas d'humeur à faire des reproches à sa chère sœur.
Le sage et beau capitaine avait lutté intérieurement quelques (courtes) secondes. Il ne devait pas faire ça, il allait s'attirer un tas d'ennuis. Mais pouvait-il pour autant rester de marbre devant un tel danger. Et si on les retrouvait, comme la dernière fois, en train de troubler la tranquillité des quartiers chics ? Il devait réagir maintenant.
Tout en sortant à la recherche de son vice-capitaine, Byakuya Kuchiki avait rajouté cette nuit-là à la longue liste des actions répréhensibles par la morale dont Renji se rendait coupable. Même lui, en plus d'un siècle d'existence n'était pas arrivé à un tel niveau. Lui, il n'avait attiré la honte sur lui que deux fois. Et à chaque fois, il n'avait pas vu la honte, juste l'amour qu'il portait à une femme.
Renji attirait la honte sur lui tous les jours et il n'avait aucune excuse pour cela.
Il aperçut la silhouette allongée sur le sol, grommelant, divaguant. Au beau milieu de la rue. Byakuya étouffa un soupir. Tellement prévisible, tellement décevant.
Il se pencha. Le fait était que personne ne le saurait. Ils étaient seuls, Renji était ivre-mort, il croirait avoir rêvé. Quant à lui-même, une chose de plus à se cacher ne ferait plus grande différence au point où il en était.
En fait, il n'avait vraiment pas envie de laisser Renji par terre dans une rue.
D'une, dans son état, il pouvait dire et faire des choses qui apporteraient irrémédiablement la honte sur sa division. De deux, il pouvait également laisser entendre des choses qui devaient rester tues pour l'éternité. De trois, pas question que son vice-capitaine soit l'incarnation de la débauche, il se ferait chambrer pendant des dizaines d'années. Et puis, surtout, le plus inavouable de tout, d'ailleurs, il ne se l'avouait même pas à lui-même, surtout, il ne voulait pas le laisser seul par terre dans la rue. Et il ne voulait pas rentrer en le sachant seul par terre dans la rue.
c'est idiot n'est-ce pas ? C'est bien pour ça qu'il ne s'en glorifiait pas une seule seconde.
« Debout », souffla-t-il, mettant dans ce simple mot plus d'autorité que dans n'importe quel ordre.
Puis, il Renji saisit par les épaules, le redressa, et passa un bras sous ses épaules pour le tenir droit. Et voilà, en moins de deux, il venait de franchir les fragiles limites qu'ils avaient mis des jours à tracer, difficilement, laborieusement. Ils avaient su se tenir à l'écart, oublier ce qui devait être oublié et lui, en une seule seconde, il réduisait ces efforts au néant. Il passa un bras de Renji sur ses propres épaules et, dans un réflexe longuement conditionné, Renji resserra sa prise pour ne pas tomber par terre. Kuchiki remarqua bien que son autre main était crispée autour de la poignée de son sabre mais il ne tint pas compte de ce que cela pouvait signifier, il se remit simplement en route. La capitainerie n'était plus loin.
Un faible murmure troua le silence de la nuit.
« Capitaine ?
- Non.
- Je rêve.
- Oui.
Oui sauf que, à Renji, on ne la fait pas.
- Pour un rêve... vous êtes bien chaud.
- Tais-toi. Tu dors. »
Doucement, une sensation de chaleur s'insinuait dans ses épaules, là où le bras et la main de Renji le touchait. La chaleur. Oui, sur le sol Renji avait dû se refroidir et une présence vivante devait être très chaude de son point de vue.
Arrivé à la capitainerie, Byakuya passa silencieusement devant les bureaux et atteignit l'étage des chambres de officiers.
Il réalisa avec un certain embarras qu'il ne savait pas laquelle était celle de Renji. Le logique aurait voulu que ce soit la première ou la dernière de l'étage, mais Kuchiki se méfiait de la logique de ses officiers, qui avait peu de points communs avec la sienne.
Il se résolut à secouer son fardeau en murmurant.
« Renji... Renji. Où est ta chambre ? »
À l'énoncé de cette simple question, il se sentit rosir légèrement. Il aurait dû le laisser dans le bureau, sur une chaise ou par terre, il l'aurait retrouvé le lendemain.
« Renji, appela-t-il encore une fois.
- Cap... capitaine... mais quoi... ?
- Ta chambre.. laquelle ?
- La première de l'étage.. pourquoi ? »
La première, normal, logique. Kuchiki maudit sa constante suspicion et traîna le lieutenant dans sa chambre.
Il repoussa la porte du pieds et s'interdit d'examiner la chambre. S'il se le permettait, il aurait l'impression d'envahir son intimité, même s'il s'agissait de Renji, il ne voulait pas faire ça.
Le lit était défait, les couvertures éparses mais il n'y avait nulle trace de saleté, ni sur le lit, ni sur le sol. Propre mais bordélique, en conclut Byakuya en laissant tomber Renji sur le matelas.
Il savait qu'il n'aurait pas dû mais il se pencha un peu, ramenant la couverture sur son lieutenant.
« Tu as le droit d'être en retard demain... enfin, ce matin. Mais ma mansuétude a des limites. »
Il allait se relever, pas sûr que le message soit bien passé quand Renji murmura faiblement. Si faiblement qu'il dut se pencher à nouveau sur lui pour l'entendre.
« Bougez pas.
- Quoi ?
Une main l'attrapa par le cou, lui caressa les lèvres.
- Bougez pas, c'est qu'un rêve.
Et doucement, les doigts commencèrent à passer et repasser sur ses lèvres.
L'envie de le tuer sur place ne fut jamais plus forte. Mais c'était contraire à tous ses principes : on ne vient pas au secours d'un pauvre gars pour l'achever une fois arrivé à destination.
Il garda un silence hautain et repoussa la main un peu trop audacieuse de sa bouche.
Silence.
- C'est vous qu'avez commencé, protesta Renji avec assurance, sûr de frapper juste. Oui, effectivement, c'était le capitaine qui avait commencé. Il le savait. Et il se haïrait pour ça plus tard.
- Ce n'est pas une raison, argumenta Kuchiki. Mais vous avez déjà essayer de raisonner un type bourré, vous ?
- Si.
Lentement, Renji dégagea sa main et recommença à caresser le visage tant désiré.
- Vous savez pas à quel point je suis malade...
- Oh si, fit Kuchiki, désabusé. Et il laissa la main se promener à sa guise sur son visage. Oui, il avait commencé, oui, il avait participé et il avait aimé ça et oui, il aimait toujours ça et son attitude avait été purement hypocrite tout le temps.
Bien sûr, cela ne pouvait rien apporter de bon. Mais ce soir-là, c'était juste comme dans un rêve et Byakuya se rassura en réalisant que Renji pourrait très bien avoir tout oublié le lendemain.
- Vous êtes v'nu m'chercher, capitaine.
- Je passais là par hasard, mentit inutilement Kuchiki.
Brutalement, la culpabilité saisit Renji. Il s'était bourré pour oublier qu'il fêtait la trahison de son capitaine. Rukia, Ichigo, l'enquête de Shuhei, il savait qu'il n'y était pour rien à l'origine. Sauf qu'en fixant ainsi Kuchiki, il regrettait absolument tout ce qu'il avait fait dans son dos.
- Capitaine... faut qu'j'vous dise. Demain... l'enquête... Rukia.
Byakuya dressa l'oreille.
- En fait, c'qu'j'suis allé faire chez 'Chigo c'est pas que pour voir un pote... j'ai fait... une...
Sans qu'il comprenne ce qui lui prenait, Byakuya attrapa la main de son lieutenant et la posa sur les lèvres de son vice-capitaine.
- Silence.
- Mais cap...
Cette fois ce fut simplement un coup habilement porté sur la nuque du tranchant de la main qui réduisit Renji au silence.
Il savait que l'occasion avait été unique. Que ce qui s'était passé dans ce bar allait se répandre comme une traînée de poudre et que demain tout le Seireitei serait au courant de choses que lui ignorerait, par mépris pour les ragots. S'il avait laissé Renji parler, il saurait et il aurait même pu espérer faire quelque chose pour changer le cour des choses.
Mais on ne profite pas d'un homme ivre. C'était la pire des bassesses que de profiter de la faiblesse d'un homme sous couvert de bonnes intentions. Et avant que Byakuya ne se livre à des bassesses de quelque sorte que ce soit, de l'eau coulerait sous les pont.
Il se pencha juste un peu plus, lâchant la main qui retomba mollement sur le matelas, et posa maladroitement ses lèvres sur celles de son lieutenant. Avec un soupçon de regret, il songea que c'était meilleur quand Renji participait.
A SUIVRE...
alors en fait, une trés sérieuse étude que vous pouvez trouver là (www . killbabyanimalsisfun . com ) prouve formellement que chaque fois que vous lisez un chapitre sans donner de reviews, un bébé phoque meurt sur la banquise !
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