Et une petite review pour moi ! Merci :)

Majamaja: oui, j'ai eu énormément de mal à finir, parce qu'entre les compétitions de natation, le brevet blanc... j'avais plus trop le temps, et en plus plus trop d'inspi. Et je pense que je vais poster avec beaucoup moins de régularité que dans le "bon vieux temps", mais cette fic ne sera pas abandonnée !

Donc, en gros, c'était le chapitre des têtes à claque xD peut-être les tributs de ce chapitre te paraîtront plus supportables ;)

Ravie d'avoir pu te distraire, et bon rétablissement !


Chapitre 15

Chandelier


District Sept

Woody Ferrer, 16 ans

Je savoure chaque minute du trajet vers la gare, et le train qui m'emmenera vers une nouvelle vie. A côté de moi, la fi-fille à ses parents a les yeux un peu rougis, mais ce n'est discernable que de près. Dommage. Bon, de toute manière, c'est une faible. Elle mourra dans les premiers. Peut-être par ma main. Je ne sais pas. J'aimerai bien tuer un adversaire à ma mesure, tout de même. Je verrai à la rediffusion quelles têtes ont les autres tributs.

Enfin, nous arrivons à la gare. J'ai décidé que je jouerai le gentil fils à papa, moi aussi. Enfin, jusque dans l'arène. Je dissimulerai mes capacités à l'évaluation. Et puis je leur montrerai tous. Ils ne se seront doutés de rien, les imbéciles...

Après une courte attente devant, nous entrons dans le train. Ma " partenaire " a l'air très impressionnée par le luxe, et je ne peux m'empêcher de m'étonner devant les moulures de bois, les dorures... je décide de jouer la comédie dès à présent. La fille Maëls doit me trouver simpathique. Ca sera encore plus drôle quand je la tuerais...

Nous nous asseyons dans un canapé, dans la salle à manger, tandis que ce cher Victor va chercher nos deux mentors, Freya et Loran. De petites douceurs sont disposées devant nous, sur la table basse. J'en pioche une sans regarder, et la mange: le goût douceâtre me dégoûte, et je me garde bien d'en prendre une deuxième. De toute manière, je n'ai jamais aimé les sucreries...

Je m'intéresse à ma voisine, qui regarde le paysage défiler. Une larme, une unique larme coule sur sa joue.

Pitoyable. De toute manière, elle va mourir. De ma main, avec un peu de chance. Ou, si ce n'est pas moi, j'espère que ce sera un des Carrières. Ils torturent toujours un peu leurs victimes, pour les sponsors. J'en ferai autant. Je me suis déjà exercé...

- Moi, c'est Woody, je fais soudain, en tachant d'avoir l'air amical.

Mon air sympathique, j'espère, sera pour elle une bouffée d'oxygène et elle s'accrochera à moi de toutes ses forces...

Elle tourne la tête.

- Je m'appelle Carlenda, elle dit.

A priori, mon petit plan devrait marcher.

C'est à ce moment que revient Victor, accompagné de nos mentors.

- Bonjour, nous salue Freya en s'installant.

- Bonjour, dit simplement Loran.

Carlenda lâche un rapide " bonjour ", et je fais de même.

- Donc, Carlenda, fait Freya, c'est moi qui te conseillerai, et Loran s'occupera de Woody. Ca vous va comme ça ?

Je hoche la tête.

- Je suppose que vous n'allez pas vous allier ? demande Loran.

Carlenda me regarde, réfélchit, puis dit:

- Non. Je préfère être seule.

Ca sera peut-être un peu plus ardu que je ne le pensais, mais être seul ne me dérange pas. De toute manière si nous nous étions alliés je l'aurai tué en premier.

- Bien, dit Loran. Viens, Woody, allons dans ta chambre, parler un peu.

Il me mène à une chambre tandis que Carlenda et sa mentor restent dans la salle à manger. Nous nous asseyons sur mon lit, puis Loran demande:

- Sais-tu manier une arme ?

- Et bien... je dis, feignant l'hésitation. Papa m'a montré comment me servir d'une hache, mais pour couper du bois.

Je m'interrompt, imitant l'émotion, puis reprend d'une voix brisée qui me remplit de fierté ( je suis doué pour jouer un rôle ):

- Et des fois, avec des amis, nous taillions des pieux et des cibles, pour faire des concours, dans la forêt.

Il hoche la tête.

- Je n'étais pas très doué, je soupire. Mais je suis assez musclé... fort... et quand même assez rapide.

- D'accord. Je voulais juste savoir cela. Repose-toi, maintenant, avant la rediffusion et le repas.

- D'accord.

Je m'allonge sur mon lit tandis qu'il quitte la pièce en fermant la porte. Puis je décide de prendre une douche, avec eau chaude, un luxe que je n'avais jamais eu. Je dois avouer que ça ait plaisir.

Ma comédie marche bien. Je n'allais pas avouer à Loran que je savais utiliser toutes sortes d'armes pour torturer... En même temps je suis habitué, je jouais le jeu en permanence avec mes parents... Un sourire sarcastique me fend le visage au souvenir de Leah, ma soi-disant petite amie qui n'existait même pas.


Lors de la rediffusion, je détaille chacun des tributs. J'aimerai être celui qui tuera le gamin de 12 ans. Ou les deux petites de 13 ans. Ca sera amusant. Un peu mieux que les gosses dont je me contentais, au district. En plus, je devais me restreindre, pour pas que leur disparitions attirent trop l'attention... Et je devais prendre tellement de précautions pour ne pas qu'on les entende hurler ou qu'on tombe sur leurs petits corps affreusement mutilés... Non, dans l'arène, pas besoin de tout ça.

Les Carrières ne m'impressionnent pas tellement, et le garçon du Onze est tellement pitoyable, maigre comme il est. La fille du Huit est tellement marrante... elle aussi j'aimerai bien la tuer. Je dois me retenir de m'esclaffer durant sa Moisson. Quoique celle du Dix n'est pas mal non plus. A ajouter aussi dans la liste de mes victimes potentielles... Avec ma chère petite Carlenda, à qui je souris en coin et à qui je lance des coup d'oeils encourageants et réconfortants.

Quand je retourne dans ma chambre, mon jeu d'acteur m'a épuisé, et je sombre dans le sommeil...


District Huit

Cuty Mand, 18 ans

On m'emmène en voiture. Je n'ai jamais pris la voiture. Mais je me sens triste. Je ne reverrai pas Rantanplan avant longtemps.

Dans le petit salon, j'ai longtemps pleuré, puis j'ai arrêté. J'ai décidé qu'il fallait que je soie courageuse.

Et maintenant, je suis devant une drôle de machine de métal. Un train. Ca va plus vite qu'une voiture, un train.

Enfin, on peut entrer. C'est joli, là-dedans. Plus joli que chez moi, c'est vrai, même si c'est dur à faire. Je ne savais pas qu'à l'intérieur des trains c'était si joli...

La belle dame-papillon nous emmène dans un petit salon, où il y a plein de trucs sucrés qui sentent bons, puis elle repart pour aller " chercher notre mentor ".

Je m'empresse d'attaquer les trucs sucrés avant qu'on ne me les pique, puis je me tourne vers le garçon qui me regarde, le visage sombre.

- Pourquoi t'es triste ?

- Pour rien.

- Bah tu peux pas être triste, parce que...

- Laisse tomber.

Je laisse tomber le machin que j'ai à la main, puis le reprend. Il est drôle, le garçon.

- On va où ? Tu sais toi ? je demande, la bouche pleine de ga-teau ( comme cha-teau... ça me fait penser à Rantanplan ).

- Aux Hunger Games... il répond simplement.

- Ca a l'air rigolo... C'est quoi ?

- Un jeu.

- Et le gagnant, il gagne quoi ?

- Il rentre chez lui.

- Et ceux qui perdent ?

- Ils... ils rentrent chez eux aussi.

- Bah c'est pas du jeu alors, si le gagnant il a la même chose que les perdants ! je grommelle.

- Oui, mais... le gagnant, il gagne aussi de l'argent, et... à manger. Comme ce que tu manges.

- C'est trop cool ! je m'exclame. Bon alors, je gagnerai. Et toi, bah... comme t'es gentil, quand t'auras perdu et qu'on sera dans nos maisons, et bah je te donnerai mon argent, parce que je veux pas l'argent, mais moi je veux à manger. Comme ça tu seras content et tu seras plus triste comme tu es maintenant.

Il sourit, mais d'un sourire bizarre. Pas d'un sourire joyeux. C'est un autre sourire.

- D'accord.

- Il y a un truc qui brille dans ton oeil, je babille.

Il s'essuie l'oeil, renifle.

Puis un grand monsieur entre dans la pièce. Il nous regarde, l'air sombre. Je lui souris aimablement.

Pourquoi tout le monde a l'air triste, aujourd'hui ? Moi aussi, j'ai été triste, mais maintenant ça commence à aller mieux. Bien mieux.

- Bonjour, je dis avec une ex-pression joyeuse sur mon visage.

Il m'ignore royalement et se laisse tomber dans un fauteuil. Il se tourne vers le gentil garçon qui avait un truc dans l'oeil.

- Je m'appelle Bakary.

- Je sais, fait le garçon.

- Mais pas elle, réplique l'homme en me désignant.

J'agite la main. Ils parlent de moi ! Je suis importante pour eux !

- C'est un joli prénom Bakary, je commente. Et toi comment tu t'appelles ? je demande au garçon. Tu ne me l'as pas dit !

- Ronan.

- Ca ressemble à Rantanplan !

Ils se regardent, l'air perdus, et je me fais un devoir de leur expliquer l'histoire de mon chat et de son nom. A la fin, je me sens à nouveau très triste et je commence à pleurer.

- Viens, ma pauvre chérie, fait la dame-papillon, on va dans ta chambre, d'accord ? Après on ira manger.

Je hoche la tête, et la suis jusqu'à une magnifique chambre comme je n'en ai jamais eu. Je n'ai jamais eu de chambre. Enfin, il y a cette vision qui revient souvent dans mes rêves, avec une dame qui me chante une berceuse dans une chambre.

Je m'assois sur un... lit. Un lit épais comme du lait, avec une couverture verte comme de l'herbe, et des oreillers moelleux comme un gâteau. Je ne mange jamais de gâteau. Mais parfois, je vais voir là où on fait du pain. Ca sent toujours bon là-bas.

Je finis par m'allonger. Je caresse le tissu sous moi. C'est doux. C'est agréable. Une goutte d'eau glisse sur ma joue, sans que je sache pourquoi.

Je ferme les yeux. Je me sens bien, malgré la goutte d'eau. Je crois que ça vient de mon oeil. Il n'y a pas de fuite au plafond, j'ai vérifié.

Je sombre dans le sommeil.


La dame papillon vient me réveiller. Elle m'emmène dans la salle à manger. Ronan et l'homme Bakary discutent. Quand j'entre, ils s'arrêtent.

- Vous pouvez continuer, je fais en m'asseyant à table, étonnée par leur comportement. Je ne le répèterai pas.

- Tu répèteras pas quoi ? demande Ronan, l'air soudain perdu.

- Bah, votre secret !

Ronan hausse les épaules. Ca ne me plait pas. Ce n'est pas très gentil ! Et puis, je voudrais savoir leur secret. Mais ce n'est pas poli de leur demander !

La nourriture est délicieuse. Je mange de tout, et après je vomis parce que j'ai trop mangé, mais heureusement j'ai vomi dans les toilettes parce que j'ai eu le temps d'y aller. Ensuite on regarde la télé avec plein de garçons et de filles qui font tous des drôles de têtes. Il y a moi et Ronan, à un moment ! C'était tout à l'heure ! Je suis toute excitée.

- Vous avez vu, c'est nous ! je m'exclame. Qu'est-ce qu'on est beau ! Surtout moi !

Et je ris, et ça fait du bien.

Et Ronan me regarde encore bizarrement.


District Neuf

Keen Evay, 16 ans

Je me sens légèrement nauséeux en voyant la gare se dessiner devant nous. Aujourd'hui, je quitte tout ce que j'ai toujours connu pour les Hunger Games. Le grand plongeon vers l'inconnu. Le Capitole, puis l'arène. Oui, ce qui m'angoisse le plus n'est pas le fait d'avoir 23 autres adolescents déterminés à me tuer sur mon dos. J'ai l'habitude. C'est comme si ma bande avait été décimée par une bande rivale, que j'étais le dernier survivant, et que cette bande était décidée à me tuer. Non, ce qui m'inquiète vraiment, ce qui fait battre mon pouls à toute allure, c'est dans quel paysage je vais gérer la situation. Un paysage urbain, et j'ai de bonnes chances de gagner, de survivre. Un paysage un peu trop éloigné de ce dont j'ai l'habitude, et je suis mort. Littéralement.

Je n'attends qu'une chose, et en même temps, je la redoute. Je veux entrer dans le train, échapper aux regards de la foule et des caméras, et en même temps, je crains tellement le moment où je poserai les pieds dans ce train, et quitterai définitivement mon district. Pas pour toujours, j'espère. Je préfère adopter une attitude optimiste, ne pas trop penser à l'avenir. Se concentrer sur le présent pour ne pas être pris de panique.

Les portes coulissent, et nous entrons. L'intérieur est si luxueux ! J'en ai presque le souffle coupé devant tant de magnificience.

Ma " partenaire " de district laisse échapper un son entre le reniflement et l'exclamation. Je n'avais pas encore tellement prêté attention à elle, jusqu'à présent. Je sais juste que c'est une riche, de 13 ans seulement. Etre choisie, si jeune... Le sort n'a pas été en sa faveur, et pourtant elle ne devait avoir, que, quoi ? deux bouts de papier ? Elle me fait un peu de peine, mais au moins il faut lui reconnaître qu'elle a une maîtrise d'elle-même admirable. Elle n'a pas versé de larmes tout à l'heure, et doit avoir très peu pleuré pendant les adieux, car ses yeux sont à peine rouges.

Mais, lorsqu'elle s'aperçoit que je la contemple, elle me jette un regard plein de mépris qui en dit long sur sa nature profonde. Je ne dis pas qu'elle mérite son sort, mais ce regard me dégoûte un peu et m'indique qu'elle doit être relativement mauvaise.

Vidio, notre hôte, nous guide dans un salon où est servi une collation. La fillette s'assoit princièrement sur un fauteuil, je l'imite.

- Je vais chercher Ryan et Cereal. Régalez-vous, mes petits.

C'est la première fois que je cotoie quelqu'un du Capitole de près. Malgré son accent ridicule et sa manière de nous prendre de haut, je crois qu'il a bon fond.

Un Capitolien qui a bon fond... N'importe quoi.

Je pioche une tartelette à la fraise, comme celles que je voyais à la boulangerie des quartiers aisés, et qui me faisaient toujours saliver... Roy, une fois, m'en a acheté une avec l'argent qu'il avait si durement gagné. Si cette tartelette avait été un avant-goût du paradis, celle-ci la surpasse encore. Quelque part, c'est déprimant de se dire que, quoi que fassent les districts, ce qui se fait au Capitole sera toujours meilleur.

Vidio revient presque immédiatement, accompagné de Ceral, aux cernes et aux cheveux ternes, et de Ryan. Ma " partenaire ", lorsqu'il entre, sursaute et rougit. Elle se redresse imperceptiblement. Ryan nous serre tous les deux la main, avant de s'asseoir. Ceral se laisse juste tomber dans un siège et attrape une bouteille remplie d'un liquide rouge foncé. Ryan la lui retire des mains.

- Cereal, il dit d'un ton doux, cajoleur. Ils ont besoin de nous, et je ne me sens pas pour faire le mentor tout seul. Tu boiras quand les Jeux seront finis...

Cereal soupire, puis nous jauge, avant de lâcher d'une voix rauque:

- La fille ne durera pas longtemps, à quoi ça sert de la conseiller ?

Je me sens blessé pour elle, mais je me rappelle du regard qu'elle m'a lancé tout à l'heure. Finalement, je ne me sens pas si désolé pour elle.

- Cela sert à lui donner quelques... heures, jours à vivre, fait Ryan d'un ton toujours aussi doux, en faisant signe à Vidio d'enlever toutes les bouteilles d'alcool de la pièce.

Puis il se tourne vers moi, et je sais que j'ai trouvé quelqu'un qui me comprend...


Les yeux de Ryan lui donnent mille ans. C'est ce que je constate pendant que nous discutons stratégie. Puis, pendant la rediffusion, il fait une analyse très juste de tous les tributs.

- La fille du Un s'est portée volontaire sur un coup de tête, cela se voie, il me dit par exemple. J'ignore si elle est parfaitement préparée ou quoi, mais en général même à cet âge-là ils sont déjà redoutables. Après... est-elle vraiment prête à tuer ? Ca, je ne le sais pas non plus. Par contre, je pense qu'elle s'est portée volontaire à cause de sa soeur, qui a gagné les Jeux i ans. Cela pourrait être sa faiblesse... Un moyen de la déstabiliser...

Ou encore...

- La fille du Deux n'a pas l'air très convaincue par ce qu'elle fait. Je ne pense pas qu'elle aime être Carrière... Et son partenaire a l'air d'avoir quelque chose, un but... Il va être redoutable, je le sens, parce qu'il ne reculera pas. Méfie-toi de lui...

Mais il ignore complètement Elina ( j'ai appris son nom ). Manifestement, elle est dépitée de se voir déclasser par un simple miséreux des bas-quartiers. Grand bien lui fasse ! Après tout, c'est Elina Harboor, la fille qui se plait à humilier les pauvres venus se mettre au service de sa famille pour un peu d'argent...

Je me sens plus confiant, avec Ryan. Le seul inconnu, c'est l'arène. Mais ça, on ne peut rien y faire.


Désolée pour le retard. Sincèrement.