Deux reviews d'une nouvelle venue ;) Je vais lui répondre ici, mais aussi par PM, sinon elle n'est pas prête d'avoir sa réponse xD
ScarletxBVB: Tu lis des fanfics en quelle langue d'habitude ?
Ravie que mes persos te plaisent pour le moment :) Merci de reviewer ! :D N'hésite pas à continuer pour chaque chapitre que tu lis, j'aime avoir l'opinion des lecteurs sur les persos ( histoire de savoir qui tuer en premier xD )
Chapitre 16
Playlist, titre 4: Burn
District Dix
Even Carliss, 14 ans
Je dois faire appel à toutes mes forces pour ne pas paniquer. Des gens m'emmènent dans un truc qui roule. Puis dans un endroit où il y a plein de gens. Heureusement, Conor est toujours là. Il va m'aider. Il le fait toujours. Mais aujourd'hui... il n'a pas l'air pareil. Je ne sais pas pourquoi. Je sais qu'on va au Capitole, c'est tout. Après, ce qu'il y a là-bas... Tout le monde pense que je ne peux pas comprendre, mais en réalité je comprends bien mieux qu'on ne le croit. Et, peu après la Moisson, il y a toujours un truc à la télévision que mes parents me cachent. Je crois que cela s'appelle Hunger Games. Je ne sais pas. Et ça m'angoisse tellement. L'inconnu, tout ça... Je me sens perdue, et fragile. J'ai envie de mettre les mains sur mes yeux pour fermer ma tête au monde. Et mettre mes mains sur mes oreilles, pour ne plus entendre le monde. Mais c'est bête parce qu'il me faudrait 2 paires de mains pour faire ça en même temps, et personne n'a deux paires de mains.
Le truc de métal devant moi ressemble à une fusée. " Un train " murmure Conor à mon oreille. Immédiatement, je n'aime pas. Je n'en ai jamais vu, je ne connais pas. Cet engin ne m'inspire pas confiance. J'ai envie de m'enfuir en courant. De hurler. Je ne veux pas monter, mais la dame me pousse en avant. Je ne supporte pas qu'on me touche. Je n'aime pas. Je n'aime pas. J'aimerai la mordre, la taper, elle n'a pas le droit...
La main de Conor, douce et chaude, me retient. D'habitude je n'aime pas les contacts, mais là il me réconforte. Il m'emmène doucement dans le train. Je ne veux pas, mais je le suis. Conor ne me fera pas de mal. Les autres m'en feront.
J'entre, et immédiatement je me sens oppressée. Je respire de plus en plus bruyamment. Je ne veux pas. Je veux voir Papa, et Maman. Je ne veux pas pas pas pas. Conor ! Aide-moi ! Ma main s'agrippe à la sienne. Je m'ancre avec lui. Il est là, solide, pour moi. Il me soutient. Je ne vois plus rien, ma vue est embrouillée. Mes sens me quittent, mais Conor est là. C'est lui la chose habituelle dans mon univers déplacé.
- Je veux partir... c'est la seule chose qui franchit la barrière de mes lèvres.
- Je suis désolé. On ne peut pas.
Ma respiration s'accélère. La dame dit quelque chose de sa voix perçante et aïgue qui m'écorche les oreilles. Je respire à nouveau plus fort. Je manque d'air.
- Vous vous dépêchez, là ? Il faut rencontrer les mentors !
- Elle ne veut pas, dit simplement Conor. Allez, Even. Compte jusqu'à 100. Ca va t'aider, et quand tu auras fini on ira manger, d'accord ?
Je hoche la tête, parce que c'est bien, ça me réconforte de faire ça.
- 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. 10. 11. 12. 13...
- C'est bien, continue, il dit doucement.
Alors je continue, et je me sens plus calme. Ma voix me paraît plus forte. J'ignore même la dame qui souffle d'un air... je ne sais pas le qualifier.
- 39. 40. 41. 42. 43. 44. 45. 46...
Le train s'ébranle doucement, m'arrachant un petit cri. Je n'aime pas... Je me concentre sur ma voix, sur la main de Conor, sur les nombres.
- 63. 64. 65. 66. 67. 68. 69...
- Les mentors vont s'impatienter !
- Qu'ils s'impatientent ! réplique Conor d'un ton méchant.
Je continue à conter.
Encore et encore. Et j'atteins 100.
- C'est bien, Even. Maintenant, on va manger, d'accord ? Tu as faim ?
Je me sens mieux, mais je continue à crisper et décrisper mes poings. Je me sens toujours un peu mal.
On va dans un petit salon avec plein de nourriture. Ca m'étouffe, mais je me contiens.
Il y a la jeune fille et le vieil homme de tout à l'heure je les reconnais. Ca m'aide parce que je les ai déjà vu donc c'est moins inhabituel donc je peux me rassurer et quand je suis rassurée je suis mieux j'ai faim je prends un gâteau il est bon très bon même meilleur que ceux de maman.
- Je m'appelle Lizzy, j'ai 23 ans, fait la jeune fille. Et voici, Damon, vainqueur des 11emes Hunger Games. Moi, j'ai gagné les 40emes Hunger Games.
- Bonjour, dit Conor.
Je ne dis rien je n'aime pas le vieux monsieur il me fait peur.
- Vous vous connaissez ? demande Lizzy que j'aime un peu plus parce qu'elle ressemble à ma maman un petit peu.
- C'est ma cousine. Elle est o-tis. Elle est un peu déboussolée, surtout ne la touchez pas. Elle détesterait ça.
- D'accord.
- J'ai sommeil, je dis, et c'est vrai je suis très fatiguée.
- Viens fait la méchante dame de tout à l'heure, je t'emmène à ta chambre.
Mais moi je veux pas parce qu'elle est méchante alors Conor nous accompagne et je suis dans une chambre qui n'est pas ma chambre et ça me fait peur et Conor chante une berceuse pour m'endormir et je m'endors.
Je ne me réveille pas avant la fin du voyage.
District Onze
Tessy Mornet, 16 ans
Nous quittons le district Onze sous l'orage. La pluie tambourine, les éclairs frappent le sol au loin, le tonnerre gronde. Nous ne restons pas longtemps à la gare, car la pluie est puissante et nous martèle comme de minuscules poings. En un éclair, nous sommes dans un train en marche pour notre mort.
Car le trajet en voiture de l'hôtel de justice à la gare a suffi pour me démoraliser. Enfin, quand je vois mon partenaire, je m'estime presque chanceuse. Il est maigre. Très maigre, et a la tête d'un convalescent. Je crois que c'est le cas d'ailleurs. Le pauvre. Aller aux Hunger Games dans son état... le sort ne lui a vraiment pas été favorable...
L'intérieur immensément luxueux du train me fait pousser un cri de surprise. C'est incroyable...
L'hôte nous emmène dans un petit salon où une collation est servie. Je m'installe dans un fauteuil, prêt de la vitre, et contemple le paysage battu par la pluie et l'orage, tandis que l'escorte va chercher Seeder et Lucy. Je regarde mon partenaire. Il a l'air si frêle, si fragile... On dirait un petit oiseau aux ailes brisées. Je me demande comment il s'appelle.
- Comment tu t'appelles ? je demande.
- Pedro. Et toi ?
- Tessy.
Je hoche la tête, me serre un verre de jus de fruits, lui en propose. Il accepte et nous buvons notre verre.
Je pense à Mélissa, à Elmett, à mes parents. Comme ils me manquent... Que font-ils, en ce moment ? Mélissa doit attendre la rediffusion avec fébrilité, afin de voir qui j'aurai à affronter dans l'arène et quels seront les plus dangereux. Je me remémore les épaules pour la première fois affaissées de mon père. Ce que la dureté de la vie n'a pas réussi à faire, les Hunger Games l'ont fait. Je hais le Capitole.
Seeder et Lucy entrent alors, suivies de notre hôte, qui se nomme je crois Marcellus. Cet homme est un panneau de propagande vivant ! Il me dégoûte et me répugne. Comment peut-on adorer une nation infanticide ?
- Bonjour, dit Lucy.
- Bonjour, je fais.
Pedro salue nos mentors d'un signe de tête.
- Alors, c'est vous qui avez été choisi, fait Seeder. Comme nous n'avons pas de préférence, vous pouvez choisir qui, entre nous deux, vous préférez avoir comme mentor.
- D'accord, fait Pedro. Si ça ne te dérange pas, Tessy, j'aimerais être conseillé par Seeder.
- Pas de problème, je réponds. Je veux être conseillée par Lucy.
- Parfait, sourie cette dernière. Bon, désirez-vous absolumment être séparé de l'autre lorsque vous parlez stratégie avec votre mentor ?
- Ca ne me dérange pas, je déclare.
- Moi non plus.
- Très bien, alors. On va rester dans la même pièce, sourit Lucy. Viens, Tessy, allons nous asseoir là-bas, ce sera très bien.
Nous nous installons donc.
- Alors, as-tu une idée de stratégie ?
Je n'y ait pas vraiment réfléchi, mais il y a une évidence pour moi dans le déroulement des Jeux:
- Je ne veux pas d'alliés.
Ma mentor hoche la tête, pas l'air très surprise.
- A te voir, je m'en doutais. Quelles sont tes capacités ?
- Hmmm... je suis agile, endurante, discrète, rapide... Je me débrouille bien avec un couteau et je connais parfaitement les plantes.
- D'accord. On va attendre la rediffusion, puis on avisera après avoir vu tes adversaires, ok ? En attendant, va te reposer. Tu en as bien besoin.
Je hoche la tête. La journée a été chargée en émotions et je me sens épuisée. Marcellus me mène à ma chambre, 10 fois plus grande que celle que je partageais avec Mélissa et Elmett.
Je repense à mon fragile petit frère. J'espère qu'il saura faire face. J'espère que Papa et Maman... non, ils ne peuvent pas s'effondrer. Je les connais. Oui, mais...
Oh, arrête d'y penser, je m'ordonne mentalement.
Je ne pleure pas, mes yeux sont secs: ce que je vis est au-delà des larmes. Je m'endors rapidement.
Je me réveille peu avant le repas. Je décide de me changer et enfile un pantalon discret et une chemise bleue. Je me rends dans le salon, mais il y a personne.
- Tessy, c'est ici !
La porte opposée donne sur une salle à manger/salon: une partie est une grande table où tout le monde est déjà installé, et une partie avec des canapés et un écran géant. J'entre.
Des serviteurs en blanc apportent les plats. Je n'ai jamais rien goûté d'aussi délicieux, et je n'ai jamais eu de repas aussi copieux ! Je dois lutter pour tout garder à la fin du repas. Mais ça serait dommage de gâcher de tels délices, non ?
Nous parlons peu. Marcellus fait la conversation, sur des sujets tous aussi futiles les uns que les autres. A certains moments, j'ai envie de le claquer pour le faire taire.
Puis enfin commence la rediffusion. Installés dans le canapé, nous regardons en silence les tributs que Pedro et moi allons affronter.
Les Carrières sont toujours impressionnants, par leur physique ou leur attitude. Ils ne m'intimident pas vraiment, mais je pense qu'ils feront des adversaires redoutables. La fille du Six a également quelque chose de particulier, comme si elle était elle aussi une sorte de Carrière. C'est peut-être possible, après tout. Je n'en sais rien, mais je pense que je dois me méfier d'elle aussi. Après... tous peuvent se révéler très dangereux, mais je garde les 6 Carrières et la fille du Six en mémoire, comme étant à éviter à tout prix.
- Une Moisson intéressante pour des Jeux qui promettent d'être pa-ssio-nants ! conclut le présentateur en détachant les syllabes du dernier mot.
Pour moi, je crois que ça sera un peu plus que passionnant...
District Douze
Jarek Torden, 14 ans
Je quitte le district Douze. Quelque chose dont j'ai souvent rêvé, mais pas dans ces conditions. Moi, ce que je voulais, ce n'était pas nécessairement aller au Capitole ou faire le tour de tous les districts de Panem. Je voulais juste aller dans le Quatre, voir la mer, puis la longer en m'éloignant de ce district, sans la perdre de vue, jusqu'à être loin de la civilisation, des Hunger Games, mais toujours auprès de la mer. On ne peut imaginer combien ce souhait est éloigné de la réalité. Je vais aux Hunger Games. Aux Hunger Games. Aux Hunger Games ! Tout ça à cause d'un Pacificateur cupide et mauvais !
J'imagine que l'hôtesse ne pouvait pas être sûre de tirer mon nom. Car c'est sûr, c'est mon nom qu'il lui a indiqué. Alors, elle a pris un papier au hasard, et a prononcé mon nom à la place de celui qui était inscrit. C'est logique. C'est totalement injuste. Il y a un garçon, peut-être mon frère, cependant, qui a échappé de très très près à la mort. Car c'est la mort qui m'attend.
Le train s'ébranle doucement. Je n'arrive pas à regarder l'hôtesse, qui me contemple d'un air affligé. Que lui a -t-il dit ? " C'est un dangereux délinquant, son nom c'est Jarek Torden, il faut qu'il aille aux Hunger Games " ? Tout ça me rend malade. Je n'arrive pas non plus à regarder ma partenaire, la fille des épiciers. Elle ignore que je suis là par ma faute, et par à cause du sort défavorable. Je n'ai pas envie de lui dire. Je ne le dirai à personne.
Ma seule lumière désormais, c'est de gagner, de rentrer et de tuer Hade. Avec tout ce que j'aurai apprix durant les Jeux, je serai largement capable de le faire souffrir le plus possible. C'est mon unique but. C'est pour cela que je dois gagner, je dois revenir. Ensuite, je profiterai de la Tournée de la Victoire pour, au district Quatre, accomplir mon rêve, faire ce dont j'ai toujours rêvé.
Tu délires, mon pauvre vieux. Tu n'en sortiras jamais vivant !
Oui. C'est vrai. Mais c'est la seule chose qui me reste. Je me laisse consumer par la haine et l'envie de vengeance.
Assis dans le salon, nous attendons que Gliza revienne avec notre mentor. La fille a pleuré. Moi, je n'ai pas pleuré. Ce que j'éprouve passe au-delà des larmes, je pense. Non, j'en suis sûr, en fait.
Je ne veux pas toucher à la nourriture. J'ai l'impression que je vais vomir immédiatement si je mange, ou si je regarde trop les gâteaux entreposés sur des plateaux d'argent.
Les revoilà, Gliza et notre mentor, le seul gagnant du district Douze. Je ne me rappelle plus quels Hunger Games il a gagné. Ca n'importe pas. L'important, c'est qu'il n'est ni drogué ni sénile ni alcoolique. Du moins à ma connaissance.
- Bonjour, il fait simplement. Je suis Yter.
- Jarek.
- Je suis Canila.
- Alors, mes petits, premier conseil: éloignez le plus possible des Carrières. Après, vous pourrez éventuellement commencer à penser à survivre.
J'en prends bonne note. C'est un conseil très sensé, du moins à mon avis.
- Ah oui, et trouvez -vous le plus vite possible un ou deux alliés, c'est essentiel si vous voulez rester en vie plus d'une heure. Après il y a toujours le risque qu'ils vous trahissent mais ça on s'en fout, ok ? Parce que ça, c'est facile à gérer. Un coup de couteau, et il est mort. Une seconde d'inattention, et vous êtes morts.
- Cool, je fais.
Cet homme, après réflexion, me perturbe un peu. Il y a quelque chose dans son regard...
- On en reparlera quand vous aurez vu vos adversaires. Mais de toute manière ils peuvent tous être dangereux. Mon concurrent lors de ma finale n'était pas un Carrière, personne à qui je m'attendais. Juste le garçon du Trois... mais très très habile avec un fil et quelques autres trucs... Donc méfiez-vous de tout le monde, compris ? Tout le monde.
- D'accord, fait Canila, mais comment choisir nos alliés alors ? Parce que s'il faut se méfier de tout le monde...
- Prenez n'importe lesquels. C'est pas l'important.
En fait, je doute sérieusement de la santé mentale de cet homme, il n'y a aucune suite dans ce qu'il raconte. Il me fait un peu peur et me met mal à l'aise. J'ai envie de partir, mais je reste. Je me remémore le visage de Hade... Qu'est-ce que je lui ferai ?
- Allez explorer le train et venez pour la rediffusion et le dîner !
Génial, on se fait congédier. Gliza propose de nous emmener à nos chambres. Nous acceptons, même si en tout cas à moi ça ne me plait pas beaucoup...
La chambre est d'un luxe... Le lit est si moelleux... Je suis si fatigué...
Le dîner est juste gargantuesque. Si délicieux, et en même temps... je déteste ça. Je préfère la nourriture volée, elle a une saveur... La saveur de " je l'ai gagnée grâce à mon habilité" .
La fille s'empiffre cependant. Elle a l'air d'adorer. Je ne l'aime pas beaucoup, je pense. Il y a quelque chose chez elle que je méprise, mais je ne sais pas quoi...
Enfin, nous passons à la rediffusion. Je regarde les visages de chacun des tributs, les gravant dans ma mémoire. Si je tue, je penserai à Hade en les tuant, pour ne pas voir leurs visages horrifiés et ne pas entendre leurs supplications. Mais je vais attendre que les Carrières s'entretuent d'eux-mêmes, par contre, car je ne me sens pas de taille à les affronter.
Je ne me sens pas rassénéré. La haine bouillone en moi. Il me faut un exultoire, une porte de sortie. Et je crois que je ne la trouverai que dans la violence de l'arène.
Ironique, non ?
