Base : Bleach

Genre : romance, angst

Statut : sans vouloir être décevant, il n'y aura pas quarante chapitres

Rating : pas pour les enfants (y'a des gros mots) walller... on va dire M.

Pairing : Byakuya/Renji (et l'inverse)

Disclaimer : naaaooonnn ! ils sont pas (pleure) mais alors pas du tout (snirfle) pas du tout à nous (ooouuuiiinnn) mais à Tite Kubo et lui seul (va mettre fin à ses jours).

NA : voici la suite (chose promis, chose due) de Sept jours pour guérir... avec de belles références et (on espère) toujours autant d'humour.

NA2 : IMPORTANT Nous faisons une pause pour l'été, la publication de nos fics reprend fin septembre, et restez à l'affut, il y aura des nouveautés ! Bonnes vacances et bonne lecture !


QUARANTE JOURS ET UNE RECHUTE !


Le désir I

« mes reins sont pleins de fièvre,
plus rien d'intact en ma chair ;
brisé, écrasé, à bout,
je rugis tant gronde mon cœur »

Ps. XXXVIII, 8, 9


La noyade inévitable, Kuchiki laissa son corps céder et son esprit se retirer loin, dans une parcelle de sa conscience où il assisterait, impuissant, à l'étreinte honteuse.

Renji approfondit le baiser, gémissant de douleur lorsque sa mâchoire brisée entrait en contact avec le visage de son capitaine.

Médicalement parlant, c'était encore pire que le coup des points de suture. Il sentait les os s'entrechoquer, crisser et le goût du sang dans sa bouche. Mais plus que tout, il sentait les lèvres sèches de Kuchiki, sa langue réticente, son corps tout proche du sien mais pas encore assez. Et il devait changer cela.

Il lui attrapa la taille avec douceur, l'attirant un peu plus contre lui, puis avança, petit à petit vers le mur. Finalement, il n'avait pas eu besoin de prendre la fuite et à cet instant précis, il aurait aimé que les portes de la salle disparaissent comme par enchantement. Plus de porte, plus de fuite, plus d'interruption.

- Capitaine...

Il ne reconnut pas sa voix tant la douleur lui donnait un ton haché et hésitant.

À nouveau, un baiser, plus fougueux, plus agressif, un baiser qui exigeait une réponse, qui allait la chercher du bout de la langue et ne cesserait que lorsqu'il l'obtiendrait. Il n'eut rien.

Et donc, il insista.

- Capitaine...

Et à nouveau un baiser quémandeur. Il sentit Byakuya lui répondre mollement, sans conviction mais sans refus non plus. Et surtout sans douceur.

Renji saisit les mains de son capitaine, les serrant maladroitement, sûrement assez fort pour trahir toute son angoisse et son appréhension. Approfondissant leur baiser, il se heurtait à une forteresse invisible, derrière la soumission apparente de Kuchiki.

Il eut l'impression écœurante que Kuchiki était tout simplement désespéré, et que seul ce désespoir lui permettait de lui faire l'amour. Mais il voulait un peu plus, il voulait que Kuchiki vienne de son plein gré et qu'il le désire lui, pas simplement n'importe qui d'assez fou pour lui sauter dessus.

Il s'éloigna un peu pour parler, mais lui garda les mains serrées. Il chercha vainement son regard, ses yeux durs et brillants. Il ne trouva qu'un visage fermé, le regard lointain, un visage de mépris qui masquait sa souffrance.

- Je ne veux pas ça, capitaine.

- Tu as ce que tu veux, prends-le parce que c'est tout ce que tu auras.

Les mots si durs tranchaient avec le tremblement qui perçait dans la voix de Byakuya. Il referma la bouche, pinça les lèvres et ferma les yeux. Pourquoi tant de faiblesse ?

Renji enlaça doucement son capitaine et s'interdit de prononcer les quelques mots qui auraient pu le soulager.

Je vous veux sincèrement.

- Capitaine...

S'il le lui disait, s'il se déclarait ouvertement, il ne pourrait plus échapper à la suite, il ne pourrait plus faire semblant de plaisanter ou de ne pas y attacher de l'importance. Sil lui disait qu'il l'aimait, il serait obligé de le lui prouver. Il ne voulait pas le submerger, il ne pouvait pas lui imposer ses sentiments mais au moins, ça, il pouvait le faire. Lui faire l'amour jusqu'à ce que Kuchiki oublie jusqu'à son nom.

Il se rapprocha, l'enlaça à nouveau et sentit le capitaine se crisper à son approche, essayer de se dégager. Et ce simple refus corporel le blessa bien plus que tous les coups et toutes les insultes qu'il avait jamais pu subir de la part de cet homme.

Sa tête lui faisait mal, sa mâchoire qu'il devinait en morceaux, et son menton, irradiant de douleur. Incapable de prononcer un mot de plus, il éleva les mains de Kuchiki, les posa sur son torse, les forçant. Il en avait marre de supplier, maintenant, il prenait.

Il le poussa, contre le mur, coincé. Byakuya tenta de l'écarter d'un coup de coude, et il y parvint, l'espace d'un instant. Déconcerté, et surtout infiniment plus vexé qu'il ne l'aurait avoué par ce nouveau rejet, Renji rattrapa son capitaine par la taille, l'enlaça, grogna d'une voix tremblotante de douleur.

« Si vous voulez m'empêcher, faites-le vraiment. »

Là au moins, il devrait être sérieux. S'il voulait se défendre, qu'il le fasse ! Qu'il le tue même, il en avait le pouvoir. Intimement, Renji redoutait cette issue et pourtant, il ne voulait pas d'un amant réticent.

« Arrêtez-moi..., reprit-il, presque implorant. »

Plus placide que jamais, Byakuya le toisa, sans le regarder dans les yeux, mais assez proche pour que ce soit au tour de Renji de voir une lueur de défi dans le regard de son capitaine. Comme s'il mettait en doute sa résolution. Comme s'il le mettait au défi de s'engager plus avant, devinant sa peur et son incertitude soigneusement refoulée.

C'en fut trop pour le lieutenant, à bout de nerfs, frustré par ces jours d'attente et de déni.

Il le jeta violemment sur l'un des canapés, lui attrapa la taille, repoussant le tissu de ses vêtements, goûtant ses lèvres avec délectation. Savourant une modeste victoire.

Byakuya essaya de se dépêtrer de cette situation fort inconfortable, sa nuque étant pliée selon un angle plus que douteux, s'il voulait garder un œil sur les événements. Renji le maintenait contre le siège, tout en trifouillant à sa ceinture et Byakuya releva la tête juste assez pour voir l'officier détacher son sabre. Pour la première fois, son ton monocorde laissa la place à une exclamation outrée.

« Renji !

Il ne pouvait pas... pas ça. On ne porte pas la main sur l'arme d'un autre. Un zanapkuto, un sabre lié à l'âme, on ne le traite pas comme un vulgaire ballot.

- Réfléchissez, capitaine... Renji cessa de bouger. Pour ce que nous allons faire, il sera plus gênant qu'utile... »

D'un coup de genoux, Byakuya envoya son lieutenant au sol, il se redressa, le toisa avec stupeur. Tant d'audace... d'insolence !

Alors qu'il allait se lever, décidé peut-être à ne plus se laisser emporter vers le fond, il se senti tiré par son haori, et, malgré lui, se laissa entraîner en arrière. Il sentit le sol se dérober sous ses pieds, le souffle lui manquer, il replongeait. Les bras de Renji l'accueillirent avant de le renverser sous lui.

Ils s'étaient laissés tomber sur le sol, entre les fauteuils et la table basse. Le parquet dur allait accueillir leur étreinte.

Dans un dernier réflexe, Byakuya porta la main à son sabre.

Renji le plaqua violemment contre le sol et d'une main assurée, défit l'attache de l'arme qui retomba sur le sol avec un bruit mat.

« N'essayez même pas. »

Byakuya serra les dents et détourna le regard. Il pouvait l'en empêcher s'il le voulait, n'était-il pas indéniablement le plus fort ? Un coup de sa part, un regard menaçant et Renji se plierait.

Mais en avait-il envie ? Il avait essayé de lutter, il y était même parvenu pendant quinze jours et maintenant ? À la première difficulté, il revenait dans les bras de cet idiot. Et le pire,c'est qu'il sentait la désapprobation de son lieutenant, il percevait avec précision à quel point il était insatisfait de ne servir que de pis aller. Mais il ne pouvait rien y faire. Il pouvait être sourd à l'appel des sirènes, mais il ne pouvait pas les empêcher de l'attirer vers le fond.

Une nouvelle fois, leurs lèvres se rencontrèrent, les unes forçant les autres. Le jeune lieutenant força une nouvelle fois l'homme qu'il voulait.

Il sentit sous les lèvres les mâchoires crispées du capitaine, il pouvait sentir cette tension dans tout son corps. Quelque chose comme du rejet, comme si tout son corps refusait qu'il le touche, alors qu'il avait accepté en apparence. Et une immense tristesse le saisit.

« Capitaine... »

N'obtenant aucun réponse, il se résolut à continuer sans la participation de son amant.

S'il avait réfléchi quelques secondes, il aurait peut-être cessé tout mouvement, il aurait simplement arrêté de profiter du chagrin et de la douleur d'un homme qu'il disait aimer. Mais c'est bien connu, quand le bas est occupé, le haut ne peut plus faire grand chose.

Et le bas était terriblement occupé, il se trouvait, pour la première fois depuis ce qui lui paraissait une éternité, tout contre Kuchiki, son corps rencontrant le sien, l'effleurant, le caressant, les peaux qui... ne se touchaient pas encore mais n'aller pas tarder. Qu'à cela ne tienne, laissant sa bouche lutter contre la froideur de son amant, Renji envoya ses mains descendre, lâcher celles de Kuchiki.

Le sabre était déjà loin, poussé de toute part par leurs mouvements désordonnés. Il entreprit de dénouer les liens de tissu qui retenaient le reste.

Oubliée, la certitude que Kuchiki n'avait cédé que parce qu'on ne lui avait pas laissé le temps de se passer les nerfs autrement. Renji se mordit les lèvres, ce n'était ni le moment, ni l'endroit pour pleurer sur son triste sort de pauvre mec amoureux.

Le hakama glissa sur le sol dans un froissement mou, le montsuki s'entrouvrit, laissant apparaître la peau claire du capitaine.

Renji sentit une pointe de regret lui serrer le cœur.

Merde ! C'est le principe de l'amour. Souffrir pour quelqu'un d'autre. Et plus on aime, plus on risque de souffrir mais est-ce suffisant pour décider de ne pas aimer ? Alors que le plaisir était toujours plus fort que la souffrance.

Toujours plus forte, cette sensation d'être à l'étroit dans son propre corps, de vouloir chercher le corps d'un autre pour grandir, pour se libérer. Cette sensation qui guidait maintenant le moindre de ses gestes, de vouloir retrouver l'autre, de se fondre en lui.

Doucement, les mains qui glissent, puis sans plus de retenue, leur deux corps se heurtèrent presque. Renji brûla d'une joie sauvage à l'idée d'y être à nouveau : arriver à ne pas obstruer son esprit avec des doutes inutiles et encombrants. Se laisser porter par le simple désir, se laisser s'enflammer quoiqu'il en coûte. Ne laisser parler que la chaleur et l'envie.

Effrayé par cette soudaine ferveur qu'il sentit chez Renji et qui l'oppressait à la manière d'un poids pesant sur sa poitrine, Byakuya repoussa le baiser, tirant les cheveux rouges brusquement en arrière.

Il le repoussa, il se refusait, Renji lui prit les mains, l'attira vers lui, l'embrassa violemment, poussant un cri de douleur bien malgré lui. Embrasser n'avait jamais été si douloureux et pourtant il n'avait jamais autant désiré un baiser de quelqu'un.

La colère remplaça d'un coup la tendresse. Tout désir contient une part de violence et là, elle s'éveillait avec la résistance ridicule du capitaine.

« Vous pouvez toujours me mépriser...

Le lieutenant ôta son bandeau d'un geste vif.

- ... vous aurez beau me faire croire que vous cédez par désespoir...

Il écarta sans prévenir les jambes de Kuchiki et coinça les siennes au milieu.

- ... moi je le sais... je le sais... ce que je fais...

Il passa une main impatiente dans la chevelure d'ébène et tira une poignée de cheveux pour forcer Kuchiki à le montrer son visage en face.

- ... je sais que c'est ce que vous désirez...

Byakuya se dégagea brutalement de l'étreinte. Trop tard, Renji était bien trop excité, il pouvait sentir son sexe dur frotter contre son ventre. Trop tard, il avait déjà accepté, plus encore, il l'avait demandé.

- Ne le fais pas... »

Sa faible protestation se perdit dans la collision sensuelle de leurs lèvres humides.

Le lieutenant entreprit alors de les caresser, lui, son amant, faisant tout pour deux, n'utilisant qu'une main, l'autre était restée accrochée à la masse de cheveux emmêlés.

Son sexe gorgé le faisait souffrir. Il ne voulait pas que ça de Kuchiki, mais il voulait ça aussi. Il le fixa une seconde, cherchant à graver en lui une image de l'homme tant aimé en cet instant, à travers la brume du désir.

Kuchiki fermait les yeux et la bouche, mais ses joues rosissant et sa respiration haletante ne trompait pas.

D'un geste brusque, Renji vint lui écarter les lèvres, ouvrant la bouche de ses doigts. Il se pencha tout aussi rapidement, forçant le passage pour sa langue avide. Ses lèvres s'écrasèrent sur celle de Byakuya, emportant leur corps dans un même mouvement contre le parquet.

Byakuya gémit douloureusement quand sa tête heurta le sol et tenta maladroitement de se rattraper à son lieutenant, accrocha la veste de Renji qui se débarrassa du vêtement d'un geste vif. La main toujours serrée autour du tissu, Kuchiki eut à peine conscience des mouvements que Renji faisait pour se déshabiller.

Byakuya, touché plus profondément qu'il ne voulait bien l'admettre par les paroles de son amant, tentait sans trop y croire de ne pas participer.

Oui mais ce n'était pas ça qu'il voulait.

Renji serra le poing et se força à prononcer quelques mots. Plus doucement, plus séduisantes, les paroles s'insinuèrent en lui.

« Ne faites pas le mort, capitaine. Ça ne m'intéresse pas d'aimer un cadavre. »

Le rythme haché des mots, la voix rauque, la prononciation rendue approximative par la blessure de Renji, et surtout, les mots si durs sur un ton si doux, tout saisit Byakuya, allumant en lui une étincelle de regret, de doute intense.

Il savait qu'il en fallait très peu, trop peu. Qu'une goutte d'eau faisait un torrent, et qu'un torrent emporte tout sur son passage. Qu'une goutte d'eau pouvait raviver un ru au printemps.

C'est ce que fit Renji, refaisant ce geste, étrange, maladroit et indécent. Saisissant la main de Byakuya posée sur le sol, il l'amena à ses lèvres avec une infinie lenteur, et l'effleura le temps d'un souffle, avant de la reposer au sol, toujours étroitement liée à la sienne.

Combien de temps ? Une seconde, un an, un siècle ? Ou seulement quinze jours qui s'étaient écoulés depuis leur première nuit. Et d'un seul geste, Renji venait d'effacer cette seconde, cette année, ce siècle. Il les avait ramené dans cette chambre isolée du monde, moite et sombre.

Et comme aux premières chaleurs, les glaciers figés donnent les torrents les plus violents, Byakuya laissa le désir faire fondre son indifférente comme neige au soleil. Tant pis.

Il enlaça à son tour son amant, laissant la brûlure prendre possession de lui, l'emportant loin dans les affres du désir.

Leur peau brûlante se rencontraient avec fureur, les mains liées, puis libérées, se découvrant, s'explorant, pétrissant des chairs fermes, dessinant les contours musculeux de leur corps. Ni l'un ni l'autre ne voulant cesser de se toucher. Ivres de cette étreinte, inconscients de ce qui les entourait, du lieu, du mal qu'ils pouvaient se causer, tout n'était à nouveau que délices et plaisir. Et ils en savouraient chaque fraction de seconde, s'abandonnant à nouveau, tous leurs souvenirs revenus à la surface, chaque acte déjà exécuté une fois demandait une revanche, une seconde chance, demandait un retour victorieux.

Happé par les longues mèches rouges qui se glissaient entre eux, Byakuya avait passé ses mains dans les cheveux de son amant, attirant son visage contre le sien, humectant la peau du cou, de la mâchoire et des joues, arrachant à Renji des gémissements de douleur et de plaisir mêlés.

Bien décidé à ne pas en rester là, ce dernier avait tout simplement continué de les caresser, amenant son capitaine aux limites de l'orgasme. À peine avait-il prit le soin de le préparer que déjà, il lui écartait un peu plus les jambes, lui enserrant le bassin du bras, dans un seul élan, le soulevait légèrement du sol pour mieux le prendre.

Il le pénétra avec une vigueur surprenante, déroutante pour Byakuya qui ne put retenir un cri. Ça faisait bien plus mal que la première fois et le capitaine chercha à atténuer la douleur en relevant ses jambes.

Renji eut l'air étonné mais en profita pour attraper les cuisses de Kuchiki et les passer au-dessus de ses épaules.

Byakuya se retint de protester. Son dos, lui protesta, et à la douleur qui naissait dans ses reins, une autre répondit moins vive, le long de sa colonne vertébrale.

Il le remarquerait plus tard, mais la première fois n'avait nullement été aussi douloureuse. Là, il sentait son lieutenant frapper au plus profond de lui, bousculant son corps, cognant ses os et malmenant sa chair. Il sentait la douleur, la déchirure qui embrasait tout le bas de son dos, et celle, plus diffuse, que causait l'inconfortable position dans laquelle il était.

Pourtant son visage était là, tout proche, haletant et luisant de sueur, les tempes inondées et les lèvres écarlates. Renji était, aussi étrange que cela puisse paraisse, à la fois en lui et devant lui. Incapable de faire un seul mouvement contre les coups de boutoirs qu'il lui portait, Byakuya leva simplement les mains, attrapa le visage de son lieutenant, le serra de ses doigts fins.

Renji se crispa subitement. Il eut un instant l'impression que son crâne explosait. Les os brisés faisaient de son visage une plaie béante, mais rien ne pouvait plus interrompre leur étreinte, alors il ferma les yeux, laissant des larmes de douleur mouiller ses joues, et reprit avec plus d'ardeur encore.

Ses va et viens violents les emportaient, l'un avec l'autre, dans des abysses de plaisir, teintées d'amertume, de douleur et de peine. L'un et l'autre succombaient avec la même incertitude, buvaient aux mêmes eaux troubles d'un désir imparfait.

D'un coup de rein plus leste, Kuchiki sentit tout son corps frissonner délicieusement, un plaisir au plus intime, gênant et certainement interdit mais au milieu de la brutalité de leur rapport, cela arriva comme un geyser, ouvrant les vannes de sa jouissance. Surpris, Renji sentit le corps se raidir sous lui, le sperme gicler sur son ventre, les mains agripper son cou avec le même désespoir qu'un naufragé attrape une bouée de sauvetage. Et surtout, la chair se resserrer autour de son sexe et pulser sur un rythme effréné, comme pour accélérer sa propre satisfaction.

Il se retint pourtant et ne jouit qu'après, après avoir pu à nouveau frôler les lèvres hautaines transformées par le plaisir, comme des fleurs que le soleil de l'aube fait s'ouvrir.

Il retomba, épuisé, meurtri, sur la poitrine de son amant, la respiration saccadée, tremblant de tous ses membres.

Machinalement, Byakuya reprit ses caresses distraites peignant de ses doigts, les mèches rouges mouillées de sueur. D'une main hésitante, il parcourut timidement le dos de son lieutenant, traçant la ligne de la colonne, effleurant la peau moite sans oser caresser vraiment.

Le calme plat après la tempête qui avait ravagé la petite pièce autrefois accueillante. Le calme d'un lac troublé uniquement par le jeu de la brise dans les joncs, ainsi, on entendait seulement les deux respirations dans l'étrange somnolence qui suit l'amour.

Ils auraient pu rester longtemps ainsi, à attendre que quelque chose leur arrive et qu'ils retrouvent d'eux-mêmes les mots pour en parler, mais un bruit sourd interrompit ce moment de grâce et les ramena trop vite à la réalité.

Entièrement réveillés, ils identifièrent sans peine la nature de ce bruit gêneur.
Des coups à la porte.

Merde ! Renji se releva en vitesse, l'air plus blasé que jamais de Kuchiki lui fit froid dans le dos et il se dépêcha de se rhabiller, histoire d'éviter un scandale comme le Seireitei n'en avait pas vu depuis des lustres.

Il recouvrit le capitaine de ses vêtements, avant de rajuster son propre hakama. En saisissant le ginpakukazahana (à vos souhaits !), une rougeur de honte s'étala sur ses joues. Une certaine fierté imbécile l'envahit également. C'était certainement la première fois de l'histoire du clan Kuchiki que la noble écharpe était souillée d'une telle façon. Et c'était à cause de lui !

Les coups répétés le tirèrent de sa réflexion et il se précipita pour ouvrir. S'attendant à trouver les shinigamis de sa division, il ne se faisait pas trop de soucis. Quelle ne fut pas sa surprise de se retrouver face à...

« Capitaine Unohana !

Et son sourire meurtrier.

Renji résista à son mouvement de recul, et referma la porte, dissimulant aux yeux de tous le pitoyable spectacle que devait offrir son capitaine.

- Vice-capitaine Abarai, que se passe-t-il donc ici ?

Il secoua la tête. Il savait que sa blessure ne pourrait pas échapper à l'acuité de la capitaine, pas plus que les traces évidente de leur étreinte torride.

- Vice-capitaine...

Rikichi, derrière la shinigami, le dévisageait avec un mélange d'horreur et d'incrédulité.

Unohana reprit, l'air plus dangereux que jamais.

- Que s'est-il passé ici ? Où est le capitaine Kuchiki ?

Renji hocha la tête.

- Le capitaine n'était pas très bien. Moi non plus. Mais maintenant, cela... s'est arrangé.

- Vous avez la mâchoire fracturée, vice-capitaine,riposta Unohana. Vous allez me laisser vous examiner. Et je veux voir le capitaine Kuchiki également.

Renji secoua la tête. Impossible. Il implora Unohana du regard. Celle-ci soupira.

- Je ne veux pas savoir ce qui s'est passé. Je dois juste veiller à votre santé.

Renji recula, ouvrit la porte et murmura :

- Pas maintenant. »

Et il claqua la porte derrière lui, tirant le verrou, bien conscient de la faiblesse d'une telle protection contre une femme décidée.

La shinigami contempla la porte close quelques secondes, l'air atterré et puis, sans un mot, elle tourna les talons, songeuse et inquiète.

Kuchiki se rhabillait, moins furieux qu'a son arrivée, mais pas pour autant de bonne humeur (mais avez-vous déjà vu Kuchiki de bonne humeur ?)

« Capitaine... »

Byakuya fut un bref instant touché de voir Renji plongé dans l'embarras le plus profond. Mais les souvenirs des détestables circonstances qui l'avaient poussé à se laisser ainsi aller lui revinrent en mémoire. Il n'était pas près de lui pardonner. Il n'était pas non plus près de se pardonner cette terrible faiblesse.

« Qui était-ce ?

- Le... le capitaine Unohana. Elle craignait un incident.

Ben elle avait raison, songea tristement le noble qui fut tout de même satisfait de voir Renji faire comme si de rien n'était.

- Hm... vous devriez y aller. De toute façon, je vais tout de même me faire examiner.

D'un geste machinal, Renji effleura sa mâchoire du dos de la main, et Byakuya réalisa subitement que la voix de son vice-capitaine lui paraissait vraiment bizarre depuis sa gifle (méritée, par ailleurs). Il haussa les épaules. Ainsi même Renji Abarai pouvait avoir envie d'aller se faire soigner de temps en temps, la blessure devait être très douloureuse.

- Et heu.. ehm... vous... vous allez bien ?

Byakuya écarquilla les yeux (et encore un millimètre de plus ! Il va presque nous faire une vraie expression à ce train là !), et sentit son indignation revenir à toute allure.

Renji recula malgré lui, sentant la crise de nerfs arriver de plein fouet, voire Senbonzakura qui trainait encore dans un coin. Il indiqua simplement la deuxième porte en bafouillant :

- Je vais m'arranger avec les... »

Sous son air morne enfin retrouvé et un tantinet plus pincé qu'à l'habitude, Byakuya se sentit proprement insulté. Fuir par la porte de derrière moi ! Non mais tu m'as bien regardé ! Il fusilla Renij du regard, ce qui eut l'effet inverse de celui escompté, puisque celui-ci rougit jusqu'aux oreilles. Et le noble capitaine shunpota avec tout le brio possible (beaucoup donc), sans un bruit, sans déplacer un pet d'air sous le regard embêté de son lieutenant.

Il n'alla pas bien loin. Dans son bureau, naturellement, quelques mètres plus loin, où il tomba sur les genoux à quatre pattes dans une pose certes sexy mais surtout très humiliante. Il siffla entre ses dents.

« Ce barbare m'a... »

Et il ne finit pas sa phrase, parce qu'un noble bien élevé ne prononce pas les mots qui auraient dû suivre.

Au lieu de continuer dans les grossièretés d'usage, il se releva péniblement en prenant appui sur le rebord de son bureau.

Foutu primate !

La cuisante douleur était à nouveau là pour lui rappeler sa conduite honteuse, douteuse, scandaleuse (et plein d'autres adjectifs en -euse), mais, cette fois-ci, elle ne sonnait pas comme la punition d'un acte contre-nature, mais plutôt comme le juste retour de son manque de prudence.

Byakuya lutta une seconde contre la coupable pensée et puis, sans plus se poser de question, il ouvrit le tiroir de son bureau. Il s'était juré de détruire l'objet, il y avait même songé sérieusement et pourtant, le joyeux petit tube de lubrifiant trônait au milieu d'autres babioles, le narguant par sa seule présence. Par la force des choses, il en venait à se demander s'il ne devrait pas toujours l'avoir sur lui. Juste au cas où ça le reprenne.

A SUIVRE...


Aaah ! Le sexe et la violence ! Le retour !

S'il-vous-plait, une ola pour les auteurs qui se sont mis en quatre pour vous sortir un nouveau chapitre en une semaine (en fait on a juste découpé le chapitre prévu en deux, ce qui fait qu'il est un peu plus court) ! Le prochain arrivera plutôt fin août ou début septembre.

Et une tite review d'encouragement plizzz ? Vous savez bien, pour sauver des bébé animaux, genre des mignons petits chatons qui risquent de finir en pantoufles si on n'est pas contents XD


Réponse aux reviews sans comptes FFnet :

cette fois-ci, tu as toute la rubrique pour toi toute seule, Lili199, et donc merci encore pour ta review et pour ton suivi fidèle de cette fic ! Profite bien de la lecture, et au prochain chapitre Loli&Jimi