Hey ! 3eme chapitre des Parades, pour vous ! Je signale que reviewer ne fait pas de mal: pas de boutons, d'urticaire, de nausées... aucun risque ! Alors, qu'est-ce que vous attendez ?
Ah oui, je tiens à remercier Atlante005 pour sa review :) Suivez son exemple xD
Chapitre 19
The Opening Ceremonies... #3
District Sept
Carlenda Maëls, 14 ans
Je contemple la gourmette que mes parents m'ont donné. Mon objet personnel dans l'arène. Ils me manquent tellement... Surtout en cet instant. Nous venons d'arriver au Capitole. Je n'ai jamais été aussi éloignée de ma maison et de ma famille. J'ai un gros noeud dans la gorge dès que je pense à eux.
Je rencontre mon équipe de préparation: deux femmes et un homme hauts en couleur. Alya, Naomia et Alexus. Ils me sourient d'un air encourageant lorsque j'entre. Ils sont assez sympathiques, quoiqu'éxubérants. Ils m'épargnent au moins la torture de les entendre parler des Jeux à venir, et puis ils sont très gentils avec moi. C'est comme une bouffée d'oxygène.
Alya s'occupe de mes cheveux, tandis qu'Alexus m'épile à la cire et que Naomia s'occupe de mes ongles. Je pense à mon partenaire de district. Il vient du même coin que moi, mais je ne le connais pas vraiment. Flow le connaît un peu, et apparemment c'est un garçon étrange. Il ne se mêlait jamais aux autres et partait souvent traîner en forêt. Et puis il a ce regard inquiétant... Pourtant, il est très gentil avec moi. Très prévenant, rassurant. Je me demande ce qu'il a derrière la tête. A moins qu'il ne soit tout simplement gentil ? Non, ça ne colle pas à ce que Flow disait de lui.
Je ne sais pas du tout quelle stratégie adopter, mais je ne veux pas d'alliés. Personne ne pourra me décevoir, me trahir. Je n'ai pas envie d'avoir à être constamment sur mes gardes, ou de faire confiance aveuglément et le payer très cher.
Je ferme les yeux. Je m'autorise à me détendre un peu et à oublier les Jeux. C'est dans 5 jours. Je m'imagine que c'est dans une éternité...
J'attends mon styliste en mangeant. Le buffet servi dans le petit salon où je patiente est juste... incroyable. Je songe à Glana, qui aime tellement les gâteaux. Comme elle serait ravie ! Devant moi, il y a des gâteaux au chocolat, aux fruits, de toutes les couleurs, de toutes les formes... Je prends une part de brownie. Un avant-goût du paradis...
- Hum hum.
Un homme aux cheveux roses dressés en crête, aux traits allongés et au visage poudré attend en battant du pied. Je repose ma part à moitié mangée, à regret. Le voilà, mon styliste. Il porte une veste rose aux carreaux plus ou moins foncés. Hideux.
- Tu es Carlenda ? me demande-t-il avec un horrible accent, bien plus exagéré que ceux de tous les Capitoliens que je connais.
- Oui, je répond.
C'est évident, non ? Qu'est-ce que je ferais là, sinon ?
- Viens ici. J'ai hâte de voir mon chef d'oeuvre sur toi ! Même si j'aurai espéré un autre mannequin...
Sous-entendu: je ne suis pas assez bien pour ses créations ? Pourtant, je ne me suis jamais sentie aussi jolie...
Il rappelle mes préparateurs pour m'aider, en m'ordonnant de fermer les yeux. J'obéis, en priant pour ne pas être en arbre. C'est un des costumes les plus utilisés, et franchement, c'est horrible.
- Ouvre les yeux.
J'obéis, et retiens un petit cri: je suis quasiment nue ! Je porte une espèce de jupette qui ne m'arrive même pas au milieu des cuisses en écorce de sapin recouverte de résine et d'aiguilles de sapin. Pour cacher ma poitrine, j'ai une espèce de soutien-gorge couvert d'aiguilles de pin. Mes cheveux sont noués en chignon sur lequel est plantée une pomme de pin. Je suis pieds nus. Du gloss vert foncé a été étalé sur mes lèvres, et ils m'ont mis du mascara vert. Mes ongles portent du vernis vert foncé.
Au secours.
Nous attendons que notre char avance. Les clameurs de la foule nous parviennent encore assourdies, car le district Un vient seulement de sortir. Je regarde mon partenaire, seulement vêtu d'un pagne de la même matière que ma jupette. Ils veulent nous faire passer pour des sauvages ou quoi ? Bon, c'est mieux que d'être habillé en arbre, ou en buisson. Mais j'aurai peut-être préféré être déguisée en bûcheron...
Ca y est, c'est notre tour. Woody Ferrer me fait un petit sourire rassurant, auquel je réponds. Tant qu'à faire, profitons de sa sympathie...
La foule scande des noms, je ne sais pas lesquels. Je sourie timidement. Salue la foule, Carlenda. N'ait pas l'air de vouloir t'enfuir en hurlant.
J'essaie de me prendre au jeu. Et curieusement, j'y arrive.
Pendant ce temps, au district Sept...
Toute la famille est rassemblée devant la télévision. Glana, la petite dernière, est d'ailleurs presque collée à l'écran.
- Vous z'avez vu ? elle crie, toute excitée. Carlenda est à la télé !
- Oui, mon ange, sourit sa mère.
Mais sa voix tremble.
Flow et Bow, les deux aînés, contemplent leur soeur avec intensité, essayant de graver ses traits dans leur mémoire. Bientôt, elle n'aura plus cette innocence. Et dans pas longtemps. Dès qu'elle se rendra compte que Carlenda ne reviendra pas.
Ils n'osent pas espérer la revoir, de peur d'être déçus. Ils font comme si elle était déjà morte. Pas de déception ainsi, et moins de douleur quand son sang rougira le sol de l'arène. Théo fait comme ça aussi. Il a compris. Il sait, lui. Et tous les soirs il pleure, en appelant sa grande soeur, sa seule grande soeur. Et c'est toujours Flow ou Bow qui vient le réconforter. Mais lui, Théo, ne veut pas d'eux, pas dans ces moments. Lui, il veut sa grande soeur.
District Huit
Ronan Colmes, 17 ans
Je n'arrête pas de penser à ma famille, là-bas, au district. Comme ils me manquent... J'espère que Kay s'entraîne avec son arc. Ainsi, si un jour il va aux Hunger Games, il sera un petit peu préparé. Un petit peu seulement... Comme moi aujourd'hui.
Bizarrement, la présence de la " folle " me fait du bien. C'est comme si c'était un enfant, un autre enfant, dont il faut s'occuper. Elle vit vraiment sur une autre planète, et même si, au fond, c'est triste à en pleurer, quand elle fait ses remarques étranges, c'est comique.
Mes préparateurs me sourient lorsque j'entre. Ils sont trois, trois spécimens de l'étrangeté du Capitole: deux hommes et une femme. Ils se présentent à tour de rôle: Marsus, Phoebus et Venusia. Apparemment, ils adorent leur métier, même si ils voudraient travailler dans un autre district ( ils s'en plaignent tout en me préparant, mais je ne crois pas qu'ils se rendent compte qu'ils sont blessants ). Venusia, avant, travaillait pour le Onze, et ne cesse de répéter que, dans ce district, les teintes de peau étaient tellement diversifiées et tellement excitantes à travailler. Bien.
- Mais ta peau est très bien aussi, mon chéri, je déteste les teints pâles et toi ta peau mate est juste très belle.
C'est la première qu'on me complimente sur quelque chose comme ça... Je sourie et remercie Venusia.
Je songe à ma discussion avec Bakary, hier soir. M'allier... Avec une ou deux personnes. De préférence, en qui je peux faire confiance, des personnes qui ont l'air sympathiques. Car, selon lui, " mieux vaut souffrir de perdre un allié devenu un ami, plutôt que de perdre la vie à cause d'un allié indigne de confiance ". Je ne sais pas si je suis d'accord avec lui, mais je vais suivre son conseil. Après tout, il a gagné les Hunger Games en appliquant cette méthode: il est devenu ami avec le garçon du Sept et la fille du Onze. Il a souffert quand ils sont morts, tous deux tués par les Carrières alors qu'ils n'étaient plus que six dans l'arène, mais au moins grâce à eux il a survécu.
J'attends mon styliste, une cuisse de poulet à la main ( oui je sais, j'ai faim ). Je me sens un peu ridicule, nu dans ce petit salon blanc. Je n'aime pas ça.
Une femme, enfin, entre. Elle a un corps mince, athlétique, couvert de poils noirs. Des yeux de panthère, orange, illuminent son visage masqué par la fourrure. Ses cheveux noirs tombent jusqu'à ses reins, et de petites oreilles velues pointent. Ma styliste.
Beurk.
- Bonjour, je m'appelle Panthera, et je suis ta styliste. Tu vas voir, j'ai un costume parfait pour toi, pour ta Parade ! Allez, Marsus, Venusia, Phoebus, revenez ! Il y a plein de travail !
Et me voici, habillé... hmm. Un pantalon et une chemise de pleins de bouts de tissus différents. Phoebus m'accroche aux bras de grandes pièces de tissu, comme le reste de ma tenue. On dirait un clown déguisé en oiseau. Mon visage a été peint de différentes couleurs: une partie rose, une orange, une jaune et une verte.
Je me sens ridicule...
- On est très beau hein ? On va gagner ! s'exclame ma partenaire, vêtue d'une robe à manches longues réalisée comme ma tenue ainsi que les mêmes grands draps.
J'aperçois les tributs du Un, couverts de pierres précieuses, ceux du Deux, habillés en gladiateurs de l'ancien temps... Je soupire.
- Il y en a plus beaux que nous, je dis gentiment.
- Oui, mais nous, on ne se la pète pas comme eux ! elle rétorque en désignant la fille du Quatre, habillée en sirène... et magnifique.
Malheureusement, celle-ci l'entend. Elle se retourne, jauge Cuty d'un regard de glace, puis a un rictus moqueur. Cuty inspecte ses ongles, couverts de vernis multicolore. La fille du Quatre, Ambersea je crois, crie alors:
- Profite-en bien, de tes ongles ! C'est toi que je tuerai en premier !
Et elle éclate d'un rire sonore. Dès le début, Cuty s'est mis à dos l'une des Carrières.
- Pourquoi elle parle de me tuer ? demande Cuty, nullement impressionnée, mais très intriguée.
- Euh... je t'expliquerai après, je répond, à court d'inspiration.
Bientôt, la Parade commence. Cuty est ravie, elle agite la main dans tous les sens. Je me contente de sourire à la foule. De toute manière, ils ne font pas tellement attention à nous. Enfin, si, un peu quand même. Ma partenaire crie d'excitation et de joie. A un moment elle se tourne vers moi, le visage brillant:
- J'adore être ici ! Quand est-ce qu'on reviendra ?
Pendant ce temps, au district Huit...
Toute la famille, assise sur le sol nu, regarde l'antique télévision. Leur fils/frère bien-aimé est à l'écran et défile fièrement. La mère en a presque les larmes aux yeux, surtout quand la petite Arina, 7 ans, s'exclame:
- Comme il est beau, Ronan ! Mais il me manque... Quand est-ce qu'il revient ?
Kay regarde sa soeur. Il sait qu'il était le préféré de son frère. D'ailleurs, il lui a légué son arc. Kay aurait tellement préféré apprendre avec lui qui le guiderait alors et lui montrerait... Il espère tant le voir revenir... Mais il n'y a pas tellement d'espoir, il le sait au fond de lui.
Mais il faut qu'il croie en son frère. Son frère si fort.
- On ne sait pas, Arina, on ne sait pas.
Gerda se pelotonne entre Hansel et Gretel, les jumeaux de 15 ans. Kay serre Arina contre lui. Les parents regardent ce tableau attendrissant. Mais il manque une pièce au puzzle. Il manque leur Ronan...
District Neuf
Elina Harloor, 13 ans
Nous sommes arrivés au Capitole. Au Capitole. Mon Dieu ! J'ai tant rêvé d'y venir, mais pas en tant que tribut dans les Hunger Games. J'imaginais qu'un riche Capitolien m'adopterait, et m'emmènerait vivre ici, avec lui...
Trève de rêveries. Nous venons d'arriver dans le centre de préparation, et mes préparateurs m'attendent. Trois personnes pour me préparer... J'ai intérêt à être belle, ce soir !
Ils sont agaçants, ces gens. Manifestement pas aussi riches que les autres Capitoliens. Seul le fait qu'ils soient nés dans cette ville splendide leur donne le droit de me toucher.
Je me relaxe, et essaie de penser à autre chose. Quelque chose qui me change les idées.
Ryan est très beau, de près... Si beau... Il n'a que 3 ans de plus que moi...
Quoi ?! Je suis en train de penser à un miséreux comme ça ?
Enfin, il n'est plus un miséreux. Les Jeux l'ont rendu riches... Tout à fait digne de moi, en fait, si on oublie son origine...
Oui, mais il m'ignore royalement. Il en a que pour l'autre, un pauvre. Pourquoi ? Je suis mille fois plus intéressante...
Et je n'ai aucune chance de survie.
Ah, je hais ce Keen Evay ! Je le tuerai bien, dans l'arène ! Mais je ne sais rien faire de mes dix doigts... J'ai envie de pleurer. Mais non, il en est hors de question ! Je suis assez intelligente pour apprendre à faire des trucs, en trois jours. Et puis, je vais prendre des alliés. D'abord, le garçon du Six, là, celui qui a 12 ans. Un, il est riche, donc je ne m'abaisserai pas trop, et puis il l'air obéissant. Un allié parfait, mais pas très dégourdi. Donc je pourrai lui faire porter des trucs mais pas compter sur lui pour allumer un feu ou un truc comme ça... En deuxième, je prendrai la fille du Trois. Elle a mon âge. Mais elle est pauvre... Oui, mais elle a l'air habile et dégourdie ! Donc il me la faut !
Je mange la nourriture délicieuse. Voilà pourquoi j'aurai dû naître au Capitole... Je suis faite pour cette vie ! Comme le destin est injuste !
Je n'aime pas être nue, avec pour seul vêtement un peignoir. Mais, au moins, mon corps est magnifique. Je souris. Je suis parfaite. Je suis la gagnante idéale des Hunger Games... et Ryan n'aura plus d'yeux que pour moi !
C'est à ce moment que mon styliste entre. Je lui jette à peine un coup d'oeil et dit d'un ton impérieux :
- Quel va être mon costume ?
- Surprise ! il dit d'un ton joyeux. Tu vas voir, mais ferme les yeux en attendant que tes préparateurs et moi te le mettions...
Et voilà. Je suis habillée. J'ouvre les yeux, m'attendant à voir un costume splendide qui me va bien et...
Je suis nue. Nue avec des épis de blé collés sur mon corps. Mes cheveux sont pleins d'épis, avec un chapeau de paille. Même pas maquillée.
Je suis tellement surprise que j'en vacille. Je reprends mes esprits. C'est une blague ?
- C'est quoi cette histoire ? je braille.
- Bah quoi ? Fallait bien innover...
J'ai honte, mon Dieu, j'ai honte. Tout Panem va me voir, nue avec des épis de blé partout ! Et mon partenaire, lui, porte un magnifique habit argent pour symboliser les silos de grain. Il ricane en me voyant. J'ai envie de vomir ! Même Ryan rigole ! Oh, je hais mon styliste, je les hais tous ! Même les autres tributs se moquent de moi ! J'ai envie de pleurer, mais je reste digne. Les Harloor restent toujours dignes...
Et voilà... Le district Cinq vient de sortir, c'est bientôt à nous. Ah ! J'ai une envie de meurtre. Je cherche des yeux une arme. Une faux, tiens. Posée derrière nous, sur le char, elle fait partie de la décoration...
C'est à nous.
Immédiatement, les clameurs se changent en éclats de rires. Ils rient tous de moi. De moi ! Keen rit allègrement aussi, et salue la foule qui l'acclame ! La rage me traverse. Je ne me contiens plus. Je saisis la faux et tente de le frapper. Tout le monde applaudit.
- Jolies, les fesses de la gamine !
Keen ne rit plus. Tandis que je lève la faux pour le frapper à nouveau, il m'attrape le poignet au vol, me le tord et me pousse, si fort que je tombe du char.
Et là... tout le monde explose de rire tandis que je hurle de rage et de frustration.
Pendant ce temps, au district Neuf...
Ils regardent le fiasco de la Parade de leur fille sans un mot. Pas d'émotion visible. Rien. C'est comme si un masque s'était posé sur leurs visages. Dolly, dans la cuisine, prépare à manger. Elle aussi regarde la Parade, par la petite télé dans la cuisine. Et, même si elle n'ose pas rire à voir haute, à l'intérieur elle est secouée de fou rire. Quel fiasco ! Elle le mérite, la sale petite Elina, la sale petite peste ! Tant mieux pour elle ! Dolly laisse un sourire éclore sur ses lèvres. Elle se sent heureuse et réjouie. Elle n'aurait souhaité à personne d'être dans les Hunger Games, même pas la petite enflure, mais par contre, cette humiliation publique est juste... parfaite. Dolly sourit largement, puis, entendant les pas de ses employeurs, elle se force à reprendre un visage impassible, ignore l'écran et coupe les poireaux avec concentration. L'image même de l'employée parfaite.
Mais à l'intérieur... elle jette un coup d'oeil à l'écran et voit son ancienne employeuse hurler de rage. La foule applaudit à tout rompre. Dolly retourne à ses poireaux sans rien laisser filtrer de la jubilation qui la remplit. Elle sent le regard des parents d'Elina posés sur elle.
Et puis enfin:
- Dépêche-toi. Nous avons faim.
