Base : Bleach

Genre : romance, angst

Statut : sans vouloir être décevant, il n'y aura pas quarante chapitres

Rating : pas pour les enfants (y'a des gros mots) walller... on va dire M.

Pairing : Byakuya/Renji (et l'inverse)

Disclaimer : naaaooonnn ! ils sont pas (pleure) mais alors pas du tout (snirfle) pas du tout à nous (ooouuuiiinnn) mais à Tite Kubo et lui seul (va mettre fin à ses jours).

NA WARNING : c'est un peu gore par moment, mangez pas en même temps (enfin, faites ce que vous voulez, z'êtes grands)

NA IMPORTANT : vachement important en effet : le rythme d'écriture s'est stabilité à un chapitre par mois (c'est long, oui, mais au moins ça tombe chaque mois avec certitude !) : chacune de nos fics est publiée un dimanche du mois. 40 jour est publié le premier dimanche du mois, Huis Clos, le deuxième, 100 choses, le troisième... Maintenant, ça règle définitivement le problème des retards de publication : y'en aura plus. Merci de votre attention, de votre compréhension, de votre soutien et enjoy the reading !


QUARANTE JOURS ET UNE RECHUTE !


Le doute V

« j'ai voulu ta loi au profond des mes entrailles »

Ps. XL, 9


Bon, ben c'est pas tout ça mais va falloir se mettre au boulot.

Renji mourrait d'ennui dans son bureau. Il contemplait les piles de dossier avec la même dévotion imbécile qu'ont les ruminants qui regardent l'herbe pousser. Tout comme ces pauvres bêtes, Renji se demandait bien ce qu'il y pouvait. Quoi qu'il fasse, les piles de dossier pousseraient comme de la mauvaise herbe, alors à quoi bon se mettre au travail ? D'un autre côté, si Kuchiki revenait dans un bureau apaisé de toutes ses tensions administratives, débarrassé de la moindre paperasse... peut-être aurait-il droit à un peu de gratitude. D'ailleurs si le bureau était débarrassé de tous ces parasites de papier, il serait libre pour d'autres usages, moins académiques certes, mais bien plus agréable. Ceci dit, même sans rien glander au bureau, il arrivait à attirer son capitaine au lit. Autant ne pas se tuer à l'impossible tâche d'éradication des formulaires. Oui mais entre attirer Kuchiki au lit et se le faire sur son bureau sans foutre des dossiers partout par terre, il y avait une différence nette et agréable.

Un gargouillement le tira de ses réflexions. Bon, le débat sur le meilleur usage possible de son bureau attendrait, il était plus que l'heure d'aller bouffer. Cela faisait pas mal de temps qu'il n'avait plus partagé le repas de la troupe, entre les journées passées à l'hôpital et dans l'intimité (comprendre, tête à tête avec Kuchiki). Donc là, seul à ronger son frein, il se sentait un certain besoin de compagnie.

La cantine de la sixième division était à moitié pleine (ou à moitié vide, si vous êtes plutôt pessimiste) mais un joyeux brouhaha régnait, et disparut progressivement lorsque Renji entra dans la salle pour se finir par un silence de mort. Il se figea, les bras croisés en scrutant l'assemblée. Mais qu'est-ce qui se passait encore ?

« Houla.. y'a quelqu'un qui est mort ?

- Vice-capitaine Abarai.

- Tiens, salut Rikichi.

Le jeune shinigami lui tomba à moitié dans les bras en beuglant :

- Ça fait tellement longtemps...

- Heu... Rikichi t'es bien mignon mais là tu renifles sur mon kimono.

- Désolé vice-capitaine mais ça fait tellement longtemps.

- Oui, je sais tu l'as déjà dit. Mais que...

- Depuis que le capitaine est parti. On ne vous avait pas vu... et avant non plus !

- Hein ? Tiens, mouche-toi là-dedans, fit Renji en lui filant un bout de nappe qui traînait.

- Ben oui... ça fait des jours que vous ne venez plus avec nous.

- Aah mais faut pas t'en faire pour ça, je vous oublie pas quand même ! »

Le regard plus qu'accusateur que lui lança le jeune shinigami fit taire Renji. En y repensant bien, c'est vrai qu'il n'avait recherché que la compagnie de Kuchiki depuis sa sortie de l'hôpital... plus ou moins. Non, parce que, juste au cas où il l'aurait oublié, Rikichi avait quand même eu droit à son vice-capitaine pour lui tout seul (si si si, souvenez-vous, lors d'un interlude citronné). Ceci dit, il en pouvait pas gratifier toute la division des mêmes attentions, malgré son extraordinaire vitalité, il finirait raide mort, la division comptait tout de même plus d'une centaine de shinigamis. Embarrassé, il se passa la main dans les cheveux et soupira.

« Ah ouais, désolé mais on a été pas mal occupé avec le capitaine.

Ce qui n'était nullement un mensonge.

Rikichi rougit violemment (car il est loin d'être con) et hocha la tête.

- Maintenant que le capitaine Kuchiki est parti... »

Et Renji soupira en ébouriffant la tignasse de cheveux noirs de son jeune subordonné qui bavait intérieurement devant une telle coolitude.

Ah c'est mignon. Bizarrement, c'était le genre de chose qui lui avait manqué durant ces quelques jours. Simplement penser à autre chose que Kuchiki. Il se savait presque incapable de penser à autre chose que Kuchiki lorsque celui-ci était sous ses yeux mais maintenant qu'il était loin, c'était une autre paire de manches.

Tout bien réfléchit, il ne pouvait pas se plaindre de cette liberté retrouvée. Il déjeuna avec ses hommes, partageant pour la première fois depuis pas mal de temps la chaleur de se savoir chez lui, accueilli, accepté, aimé sans condition. C'était reposant. Pas besoin d'être tout le temps sur ses gardes, pas besoin de se demander tout le temps ce qu'il devait ou ce qu'il pouvait faire. Avec ses hommes, Renji se retrouvait dans un état de sérénité difficilement explicable.

Le sourire tranquille des plus jeunes de ses hommes, l'air confiant des anciens, tout cela concourrait à lui rendre l'ambiance de la division bien plus paisible que ce qu'il avait connu ces derniers jours. À vrai dire, c'était le premier repas qu'il prenait sans crainte de voir les choses dégénérer... en bien ou en mal. La banalité routinière... si on lui avait dit que ça pouvait lui manquer, il ne l'aurait jamais cru.

C'est ça, la chaleur du foyer alors ? C'est ça d'avoir envie de rester même si on n'a rien à faire ou à dire ici ? C'est ça de ne pas vouloir partir ?

Un léger pincement au cœur le prit lorsqu'il pensa à son foyer. Le vrai, celui de son enfance. Sa rue et ses amis. D'eux il ne restait que Rukia et Rukia était loin. Mais je vais pas pleurer pour qu'elle reste. Après tout, l'autre idiot aussi c'est un peu de la famille, alors elle ne part pas bien loin. Elle ne part pas bien loin puisqu'elle reste dans mon cœur.

Il eut un léger pincement au cœur. Mais c'est bien normal, dans toutes les familles, les filles partent un jour dans la famille de leur mari. Bon, il n'était pas (encore) question de mariage entre Ichigo et Rukia (d'ailleurs, Byakuya n'était pas vraiment du genre à donner sa sœur en mariage au premier péquenot venu et, à ses yeux, Ichigo est un péquenot). Il restait ses amis, Ikkaku, Yumichika, Kira, Hiamori, Matsumoto, Shuhei... oui, ils étaient là mais aucune amitié aussi sincère soit-elle ne remplace la chaleur du foyer.

« Hem... Renji ?

- Gné ? Nanako ? Qu'est-ce qu'il y a ?

Il le va les yeux sur la jeune femme qui venait de le tirer de son mâchouillage de riz.

- Ben... heu.. t'es quand même censé donner deux trois ordres pour la journée.

- Moi ?

- Ben... à moins que j'ai raté un épisode, t'es toujours le vice-capitaine en charge de la division par intérim.

- Ah ouais, ça. Boaf, comme d'hab' on continuer à routiner.

- Quand même, faudra que tu apprennes à diriger une troupe correctement un de ces jours.

- Je suis pas pressé.

- Si le capitaine ne revient pas tu...

- Heulà ! Tu nous fais quoi ? Pourquoi il reviendrait pas ?

La jeune femme secoua la tête en détournant le regard. Son solide bon sens de femme à lunette se révoltait devant les attitudes de déni récurrentes chez ses supérieurs (et chez tous les personnages de Bleach... si si si... vérifiez pour voir).

- C'est une éventualité que nous devons garder à l'esprit. »

Renji haussa les épaules et protesta pour la forme tout en quittant la cantine.

Ce qui ne l'empêcha pas de jeter un coup d'oeil sur le planning de la journée et de rajouter deux heures d'entraînement pour toutes les unités. Après tout, ils étaient shinigamis, leur raison d'être est de défendre le Seireitei (ou quelque chose dans ses eaux-là, ignorer la raison d'être shinigami n'avait jamais vraiment empêché Renji de dormir). En plus, ils devaient être prêts à toute éventualité à tout moment. Donc, entraînement pour tout le monde, ça ne pouvait faire que du bien. Il fila bien une ou deux consignes à Nanako mais dans l'ensemble, les officiers en charge des équipes de la division savaient bien ce qu'ils avaient à faire. Et il n'hésitaient pas à le faire bien, donc pourquoi se prendre la tête à les enquiquiner avec des ordres ?

Renji s'enferma à nouveau dans le bureau de son capitaine et lorgna sur la pile de paperasse en retard. Quand faut y aller, faut aller.

Tout en gribouillant sur les formulaires les plus récents, il ne put s'empêcher de laisser à nouveau ses pensées dériver vers un certaine capitaine de sa connaissance... C'est vrai que c'est mort quand il est pas là.

Il mâcha le bout de son pinceau en fronçant les sourcils... Merde, ça s'écrit comment ce mot-là ?

Et après ils voulaient lui confier le commandement d'une division ! Même par intérim, c'était risqué. Ceci dit, il n'était pas sûr et certain que Zaraki sachent écrire correctement ce mot non plus. Non, en fait, il était parfaitement convaincu que Zaraki était incapable d'orthographier plus d'une centaine de mot correctement. Et la onzième division ne tournait pas plus mal qu'une autre. Savoir lire et écrire ne fait pas forcément un bon capitaine. Y'a qu'à voir Kurotsuchi. Non, en fait, ce qu'il n'aimait pas dans cette idée d'intérim, c'est qu'elle impliquait l'absence de Kuchiki. Abandonnant l'examen d'une passionnante note de service sur le règlement des frais annexes, Renji se laissa importer dans un nouveau délire fantasmagorique. S'ils se trouvaient tous les deux capitaine se serait certainement génial : plus besoin de s'emmerder avec la direction de la division, les vice-capitaines seraient là pour ça, et eux pourraient vivre d'amour et d'eau fraiche... il se voyait très bien, partageant le raffinement d'un thé du soir dans la somptueuse demeure des Kuchiki, profitant des chaudes nuits d'été pour se retrouver sur l'engawa... Fin du délire. Renji se retient à temps ; s'il pensait trop fort à son capitaine en yukata, ses longs cheveux ruisselant sur ses épaules à demies découvertes, il allait définitivement décrocher.

Il se reprit en soupirant. Oui, ce serait tellement bien de pouvoir se retrouver autrement qu'au siège de la division. Encore fallait-il qu'il soit là.

Il reprit son pinceau et se concentra à nouveau sur le document. Ce ne fut qu'arrivé à la huitième ligne qu'il soupira à nouveau.

Revenez capitaine. C'est chiant de travailler sans être surveillé par vous.

L'image de Nanako lui revint en mémoire. ''Si le capitaine ne revient pas, tu...''

Ouais, je sais, s'il ne revient pas, je serais vraiment capitaine par intérim. Mais y'a aucune chance qu'il ne revienne pas, Kuchiki est invincible (rien que ça, messieurs dames, je crois que y'a un rouquin au fond de la salle qui n'est pas du même avis). Il apposa le sceau de la sixième division sur le formulaire signé et en attrapa un autre sur le sommet de la pile. Quelque chose de désagréable pesait sur son estomac, un genre de saloperie qu'il ne digérait pas bien. C'est ça de partager le repas des troupes, y'a toujours des mauvaises surprises. Petit à petit, cette sensation se faisait plus aiguë, comme une pointe qui lui transperçait les tripes et il resserra sa prise sur le pinceau.

S'il ne revient pas. Et s'il ne revenait pas. Renji lâcha son crayon et le formulaire qu'il remplissait. Un léger tremblement le prit. Il se sentit mal, comme si ses tripes venaient de s'entortiller dans son ventre. Très sérieusement, il commença à envisager cette possibilité avec honnêteté. S'il ne revient pas... que sera ma vie ? Lentement, il sentit la colère lui monter à la gorge, le serrer, l'emporter et puis le laisser vide et désespéré. Il n'avait personne contre qui tourner cette colère, personne n'était responsable ou coupable dans ce cas, personne ne pouvait payer pour la douleur qui l'envahissait à l'idée de voir Kuchiki mort. Qu'est-ce que je fais moi, s'il ne revient pas ? Une poignée de seconde il se laissa entraîner avec une complaisance assez malsaine dans cette sombre hypothèse, imaginant non un certain dégoût le retour de la dépouille, la cérémonie d'honneurs... Quelque chose tomba sur la feuille de papier devant lui, emportant l'encre en une tâche incertaine.

Renji releva la tête. Ça ne pouvait pas venir du plafond, il n'y avait rien au plafand, ça ne pouvait pas venir de dehors, le fenêtre était fermée. Alors il porta la main à son visage, et réalisa seulement.

Je... pleure ?

Je pleure pour Kuchiki.

La honte.

Il avala sa salive avec toutes les peines. La colère qui l'avait pris à la gorge s'était mêlée au chagrin pour l'empêcher de respirer. Un frisson le traversa des pieds à la tête. Alors c'était comme ça ? L'idée de perdre Byakuya Kuchiki le faisait chialer ? Pour qui avait-il pleuré avant ? Rukia peut-être ? Sûrement, même s'il ne parvenait pas à se rappeler quand exactement. Mais ce n'étaient pas que de simples sanglots, c'était tout son cœur qui se serrait à crever de douleur à cette idée. Que Kuchiki le laisse seul et il ne pourrait pas empêcher cette douleur de demeurer avec lui à jamais.

Il signa machinalement le document devant lui sans même le lire et se prit la tête entre les mains.

Putain.

Ce sentiment soudain l'effrayait, le terrorisait, le paniquait. Si seulement Kuchiki avait pu être là pour le partager, pour rassurer son âme inquiète.

Revenez vite capitaine.

J'en peux plus.


Pendant ce temps à Karakura...

Bon ben c'est pas tout ça mais va falloir se mettre au boulot.

Dans la nuit d'encre, les six shinigamis se retrouvèrent au coin de rue où la chose était apparue, fixant la créature monstrueuse dans ce qui semblait être des yeux. Au nombre de dix, répartis sur tout le tour de la tête de la bestiole.

« Qu'est-ce que c'est que cette saleté !

- Quelle laideur !

- Ça pue !

- Quelle saloperie !

- Et en plus il ne dégage aucune énergie spirituelle...

- Akito...

- Oui ?

- Ce genre de commentaire pourri casse l'ambiance. »

Un gargouillement venant du bas attira leur attention sur les pattes de la chose. Ichigo eut un mouvement de recul. On aurait vaguement dit le gargouillement d'un sanglier qu'on égorge.

Effectivement, la monstruosité était déjà en train de bouloter un pauvre shinigami qui hurlait à s'en faire exploser les cordes vocales.

« Merde, y'a un gars !

- Ben oui, qui nous a donné l'alerte à ton avis ? »

Kuchiki haussa les épaules et sortit Senbonzakura de son fourreau. D'un geste vif, il trancha la patte qui retenait prisonnier le pauvre shinigami. Ce dernier s'écroula dans le caniveau en gémissant de plus belle alors que la créature se tordait de douleur en poussant un rugissement de colère et battant l'air de ses sept pattes restantes.

Kuchiki fit signe à Rukia et Akito de se presser.

« Occupez-vous du blessé. »

Les deux jeunes gens hochèrent la tête et tirèrent le corps inanimé à l'écart, tandis que les quatre hommes restant resserraient leur formation autour de la bête.

Akito ôta avec précautions le haut du kimono du jeune homme, constatant les dégâts avec un sifflement admiratif.

« Ben mon gars, je sais pas d'où tu sors mais t'as gagné une semaine de vacances !

- Un mois je dirais, rectifia Rukia en récupérant le bras du shinigami qui traînait quelques mètres plus loin dans le caniveau, et puis la main du bras en question qui avait aussi été sectionnée et expédiée à une dizaine de mètres de là.

« Je plains les gars de la quatrième, ça va être un sacré puzzle.

- Heu... Kuchiki san... je me sens un peu nauséeux d'un coup. »

Ah ces jeunes... un peu de tripaille à l'air et voilà qu'ils ont leurs vapeurs.

Comme Akito prenait un peu de distance pour se remettre l'estomac d'aplomb, Rukia haussa les épaules et emballa le blessée avec un kido médical très approximatif qui le fit gémir bruyamment.

Le temps que son coéquipier se reprenne elle grimpa sur un toit voisin pour surveiller le combat qui se préparait dans la rue.

Dans la nuit d'encre, les quatre shinigamis avaient cerné la bestiole avec précautions. Comme ça, tous pouvaient le fixer dans les yeux. Raide comme la justice, aussi figé qu'un manche à balais, Byakuya Kuchiki était face à ce qui semblait être la bouche de la créature. La bouche... la cavité quoi. Disons un gros trou noir à l'air infiniment profond. D'un seul regard, le fier capitaine fit hésiter la bébête, comme si sa froide indifférence pouvait toucher la créature. Son habituel air blasé avait laissé place à une froide rage meurtrière, une rage qui ne laisse de place à aucune pitié, une rage qui ne laisse pas un ennemi survivre bien longtemps.

Un sourire carnassier aux lèvres, deux canines qui luisent à la pâle lueur de la lune, des yeux qui dansent follement dans leur orbite. Voilà le puissant guerrier de la puissante onzième division. D'accord, cet adversaire ne respirait pas l'intelligence mais il avait l'air puissant. C'est le même truc qui a failli tuer Renji. Même Kuchiki n'a pas eu le temps de le vaincre entièrement. Ça va être chaud. Et l'excitation du combat en lui grandissait. Ikkaku se pourlécha les babines d'avance face à une telle proie.

Assis tranquillement sur un plot de stationnement, le menton nonchalamment posé dans le creux de sa main droite, Yumichika réfléchissait encore. Ce truc est vraiment trop moche, mon Dieu, tous les dieux existants, comment avez-vous permis une telle abomination, je peux pas me battre moi, ce truc est trop moche... ou alors les yeux fermés. Aahh pourquoi ce truc a des pattes de mouches géantes à la place des oreilles ? À part l'air franchement dégoûté du jeune homme, rien ne laissait penser que l'idée d'affronter une créature si impressionnante pouvait l'impressionner.

Ichigo sourit de toutes ses dents. Pour une fois que sa quichitude à trouver les reiatsu ne lui portait aucun préjudice. Bon, d'accord, ce truc était très moche, très gros, visiblement très con, sûrement très puissant et à tous les coups, ils se feraient charrier en ramenant un croisement de poulpe et de bison enragé à la maison. Mais qui était-il pour rechigner quand on lui propose un petit combat ? Les occasion de péter du hollow se faisaient rares et il ne fallait pas cracher sur une occasion de montrer qu'on n'est pas shinigami honoraire pour rien.

Alors qu'ils tournaient tous avec circonspection autour de la bestiole, une cinquième silhouette pris place dans le cercle. Byakuya leva un sourcil inquiet.

Rukia ?

« Akito s'occupe du blessé. On ne peut pas grand chose pour lui de toute façon.

L'excuse laissa le capitaine froid comme la rosée.

- Tiens-toi à l'écart. »

La jeune femme fronça les sourcils. Oui, il est bien mignon le brother complex mais y'a un temps pour que ça s'arrête. Heureusement pour elle, elle avait enfin trouvé un truc quasi-infaillible pour anihiler les velléités de couvage de la part de son frère. Elle reprit en le fixant avec insistance :

« Est-ce un ordre ? »

Byakuya tourna la tête, dévisagea sa sœur et recula d'un pas. Non, pas ça ! Comment osait-elle ? Pas les chibi eyes ! Pas sur lui, ça marchait trop bien. Il résista bien.. oh quelques secondes ! Un exploit. Et puis non, il finit par céder. Car même un parpaing ne peut résister aux grands yeux pleins d'étoiles d'une petite sœur.

« Bien. Prends ta place.

- Mon frère, cette créature empêche le reiatsu de circuler.

- Qu'est-ce que tu dis ? Fit Byakuya, troublé par une telle nouvelle.

- Sur le toit de l'autre immeuble où nous avons emmené le blessé, je ne pouvais plus sentir vos auras, pas plus que celle de cette créature.

- Bien. Dépêchons nous d'en finir. »

Ichigo acquiesça. Ils avaient tous entendu la sinistre révélation et tous étaient traversés par la même idée : et si cette disparition devenait permanente ? Le monde était bien assez pervers pour créer une créature capable de bouffer le reiatsu des braves gens !

Byakuya essaya de se rappeler ce qui s'était passé la dernière fois. Effectivement il n'avait pas ressenti la moindre aura provenant de la créature. Mais pour Renji ? Il ne saurait dire, il n'avait pas fait attention sur le moment, il avait localisé Renji grâce à sa demande de renfort, il n'avait pas eu besoin de chercher son aura pour savoir où il était.

Ce qui était sûr, c'était que Renji avait encore son reiatsu lorsqu'ils étaient au Seireitei.

Inconsciemment il se tourna vers sa droite. C'est là que Renji aurait dû se trouver. C'est là qu'il aurait voulu que Renji se trouve. Il rejeta le plus loin possible cette pensée désagréable. Il voulait que Renji soit là, certes, mais il n'allait certainement pas se laisser déconcentrer par son absence.

Il brandit son sabre et hocha la tête, faisant voler sa longue chevelure d'ébène dans l'air lourd de la nuit. En réponse, chacun des shinigami se mit en garde et avança d'un pas vers la bébête. D'un geste rapide, il fit signe à Ichigo et Rukia de les couvrir et à Ikkaku et Yumichika de le suivre.

L'attaque fut fulgurante, un premier shunpo l'amena juste à la hauteur d'une épaule de la créature qu'il transperça. Presque instantanément, il se retrouva de l'autre côté du massif corps de la bête et trancha à nouveau la peau granuleuse, faisant gicler des flots d'un sang maronnasse. Il frappa une nouvelle fois, sous un angle nouveau, cernant la bête de ses attaques.

La monstrueuse créature bondit avec une vitesse inattendue de la part d'une créature si lourde pour échapper aux attaques du captiaine. Avant même qu'elle n'ait eu le temps de toucher le sol, un nouveau coup de sabre vint la saisir sur le vif. Tranchant une des nombreuses pattes de la chose, Yumichika s'était glissé sous la bête, et se releva gracieusement alors que son adversaire trébuchait, emporté par son propre poids. La patte détachées du corps fit un vol plané au dessus d'un lampadaire et atterrit quinze mètres plus loin dans un « splotch » peut ragoûtant. Dans un hurlement déchirant, la créature retint sa chute avec ses pattes restant, et, avec la même vivacité, se retourna en grognant, ses yeux enflammés d'une lueur mauvaise. Avant qu'elle ait pu se reprendre complètement, elle tressaillit, sentant à nouveau le contact mordant d'une lame de shinigami. Perché sur ses épaules suintantes, un sourire dément sur les lèvres, Ikkaku plongea sa lance dans le dos de la chose. Qui s'écroula dans un râle agonisant. Kuchiki recula d'un bond, laissant la créature s'étaler sur la chaussée. Il rejoint Ichigo et Rukia, alors que, bondissant à leur tour de derrière elle, Ikkaku et Yumichika fendirent la bestiole du crâne jusqu'à l'abdomen et d'un bras à l'autre.

Laissant un geyser de liquide sombre et puant gicler du corps effondré de la mystérieuse créature, ils atterrirent avec nonchalance, revenant vers les trois autres shinigamis qui attendaient à quelques mètres, leur sabre toujours à la main, en position de combat.

« Bon, vous en voulez combien de tranches ? Ironisa Ikkaku en secouant sa lance pour en faire tomber les caillots du pseudo-sang de la bête.

Yummichika grogna en époussetant ses vêtements.

- C'était pas si... »

C'est alors qu'avec une vitesse terrifiante, la bête se redressa, et, ses blessures se refermant dans un gargouillement sinistre, lança un bras sur les deux shinigamis. Seul Ichigo eut le temps de voir la chose se relever et de réagir.

« Ikkaku ! »

Ce dernier évita au dernier moment la main hérissée de pointes dures comme l'acier qui labourèrent le bitume.

Yumichika réagit moins vite, et se sentit aspiré par la main de la bête qui lui arracha, au passage, un bras et la moitié du visage. Il s'entendit vaguement hurler de douleur mais une autre sensation s'insinua en lui. La douleur, la blessure, perdre un membre il connaissait. Mais ça... c'était comme perdre son âme. C'était bien pire et même hurler ne faisait pas passer cette douleur.

Il bondit avec maladresse sur le côté et roula par terre avant de se relever.

Après avoir échangé un bref regard, Ichigo et Rukia se ruèrent à leur tour, tranchant membres et excroissances de la créatures à un rythme proprement stakhanovien. Bondissant avec légèreté et s'accrochant par moment au massif corps de la chose, ils tentaient de l'affaiblir au maximum, coupant plus vite que la bête ne devait pouvoir se régénérer.

De son côté, Ikkaku aiguillonnait la chose du bout de sa lance, tentant avec plus ou moins de succès de l'acculer entre deux murs.

Pourtant ces efforts se voyaient de plus en plus rendus inutiles par les capacités hors du commun de cette créature : en plus de ne dégager aucune énergie spirituelle, elle était parfaitement hermétique à ce genre d'attaque : à chaque membre coupé, il en repoussait deux, deux fois plus long.

Les deux jeunes gens se regardèrent un instant.

« Occupe-le un moment ! »

Avec un hochement de tête, Ichigo indiqua qu'il comprenait les intentions de son amie. Sodeno Shirayuki pouvait geler la bête, elle ne pourrait pas résister si sa seule capacité était la régénération.

D'un bond, il vint trancher une patte de mouche de la bête, lui arrachant une poignée d'yeux au passage. Profitant de la diversion, Rukia se lança sur la bête, de son sabre traça le périmètre d'un large cercle autour de celle-ci. Et en même temps :

« Première danse... Tsuki shiro. »

Tous reculèrent vivement et laissèrent le zanpakuto geler la monumentale colonne qui s'élevait jusqu'aux cieux étoilés. Prise dans cet étau de glace, la monstrueuse chose se figea, la gueule béante et les membres tendus dans un ultime effort pour se dégager.

Un instant la glace s'accumula autour de la chose, puis, dans un sinistre craquement, la colonne se fendit, explosant en des milliers de gemmes de glace qui étincelèrent à la lueur terne d'un lampadaire. La chose elle-même ne fut bientôt plus qu'éclats gelés éparpillés dans la rue.

Un silence de mort revint subitement dans la rue, chacun contemplant avec circonspection les restes de la créature. Finalement, Ichigo rompit le silence avec le sens de l'à propos qui le caractérise.

« Il fallait pas la ramener vivante ?

- On fera avec, conclut Byakuya en hochant la tête, cachant difficilement sa satisfaction. »

Ikkaku, qui s'était précipité près de Yumichika, hocha la tête. Il aurait préféré un vrai combat, dans les règles et tout et tout mais bon, on peut pas tout avoir. Et surtout, il n'était plus du tout près à voir leur chasse se prolonger dans l'état où se trouvait Yumichika. Il avait besoin de soins, tout de suite.

Alors que tous se retrouvaient, contemplant les restes de la chose, un gargouillement inquiétant les saisit. Sous leurs yeux stupéfaits, les centaines de morceaux de la choses se régénéraient avec une rapidité incroyable, faisant repousser un corps imposant, chaque éclat donnant naissance à une nouvelle excroissance. Chaque excroissance se développant avec une vitesse folle en une énorme tentacule. À nouveau, le corps massif pris forme et la cavité qui lui servait de bouche reprit sa place au milieu de sa tête (de l'endroit où il aurait dû y avoir une tête en fait).

Ichigo et Rukia bondirent en avant, reprenant leur harcèlement à coup de sabres rageurs. Déposant le corps inconscient de Yumichika, Ikkaku se précipita à son tour. Mais cette fois, chacun prit bien garde de ne pas trancher un seul membre de la chose.

Repoussé par un coup de patte de la chose, Ichigo atterrit sur le trottoir à côté du capitaine qui observait le combat avec attention.

« À ce rythme là on va avoir une pieuvre géante dans cinq minutes. Oh Byakyua, t'as pas une bonne idée là ? »

Silence morpion, songea Byakuya avec rage.

La dernière fois, il avait dû utiliser son bankai pour déchiqueter son adversaire le temps de prendre la fuite. Rien n'assurait que ce fût efficace contre cette bestiole qui semblait plus grande, plus résistante et plus intelligente que la précédente. Il avait cru, comme tous les autres, pendant une seconde, que Sodeno Shirayuki avait pu infliger le coup fatal à cette chose. Mais il fallait trouver autre chose.

Ce qui était un doute diffus au début s'était mué en une certitude en voyant al chose résister si bien au zanpakuto de Rukia.

Byakuya s'avança, et dégaina une nouvelle fois Senbonzakura.

« Cessez les attaques !

Par réflexe conditionné, tous s'envolèrent hors de portée du monstre et regardèrent le capitaine avec surprise.

- Les zanpakuto sont sans effets sur lui !

Rukia tourna vivement la tête vers le capitaine et reprit.

- C'est vrai ! Il ne les craint pas !

Kuchiki hocha la tête en plissant ses yeux dans une mimique inquisitrice.

- C'est bien normal, cette chose n'a pas de reiatsu.

- Hein ?

Ichigo haussa les épaules.

- Reiatsu ou pas, une lame ça tranche et voilà tout.

Le regard parfaitement méprisant que lui jeta Byakuya força le jeune humain à se tourner vers son amie.

- Les zanpakuto sont des « trancheurs d'âme ». Ils ne tuent que parce qu'ils atteignent l'âme. Sans cela, ils n'ont aucun effet sur les êtres. Cette chose sans âme risque de perdre tous ses membres, de se faire décapiter même, mais tant que son âme garde son intégrité, elle ne peut pas subir de dommage important.

- C'est vachement con comme problème ça !

- C'est leur raison d'être, Kurosaki, intervint Ikkaku. Les shinigamis guident les défunts au Seireitei, ils renvoient les hollows là où ils doivent être. Nous ne sommes pas là pour attaquer des créatures sans énergie spirituelle.

- Attends ! L'âme et le reiatsu c'est...

- Deux choses différentes mais étroitement liées.

Ils se retournèrent vers le nouveau venu.

- Akito ? Et le blessé ! Le réprimanda Rukia.

Le jeune homme haussa les épaules.

- Dans son état, c'est pas en soufflant dessus que je vais le faire guérir plus vite. Et Asegawa est blessé, je suis plus utile ici. »

Byakuya hocha la tête.

- Il est impossible d'atteindre l'énergie vitale d'une créature qui n'émet pas de reiatsu.

Ichigo haussa les épaules.

- Mais puisqu'il faut le ramener vivant, il suffit de l'immobiliser.

Au triple regard incrédule qu'il s'attira, le shinigami remplaçant fronça les sourcils.

- Quoi, j'ai dit une connerie ?

Rukia secoua la tête, songeuse.

- En principe le Kido n'est efficace que contre les créatures.

Akito hocha la tête.

- Le Kido consiste à entraver le lien entre l'esprit et son principe physique...

- Le corps, traduisit Rukia pour Ichigo qui commençait sérieusement à déconnecter.

- ... or, cette chose ne semble pas avoir d'esprit.

Du coin de l'œil, ils guettaient tous la chose qui semblait reprendre des forces en les observant attentivement, tressaillant à chacun de leurs mouvements.

- Elle « semble » dis-tu ?

Akito se troubla un peu et hocha la tête en levant les yeux vers le capitaine.

- Il a forcément un principe spirituel qui le guide, puisqu'il fait preuve d'une certaine forme d'intelligence et d'anticipation.

Byakuya fronça les sourcils et fixa la chose intensément.

- Le Kido est fait pour entraver le lien entre l'esprit et l'enveloppe corporelle qui l'habite. Il se peut que le lien, même indirect, puisse être entravé...

Le jeune shinigami hocha la tête.

- Oui, c'est possible, reprit Akito. En théorie. S'il y a une âme qui manipule cette chose, alors elle doit avoir un point d'ancrage en ce corps. Même infime, le lien doit exister et donc, on doit pouvoir l'atteindre.

Tous se retournèrent sur lui.

- Ben...le Kido c'est ma spécialité.

Byakuya secoua la tête et s'avança, comme s'il venait de prendre soudainement une décision.

- Rukia.

- Oui, mon frère ?

- Recommence ta première danse.

- Mais...

- Fais-le.

Se remettant en garde, la jeune femme fixa la créature au fond de ses multiples yeux et se concentra intensément. Il avait un plan, il fallait que cela marche.

C'est la première fois que je fais deux fois le même coup mortel à une même créature en moins de dix minutes, songea la jeune fille en dessinant à nouveau un vaste cercle autour de la chose.

- Akito, dès que cette chose se régénèrera, empêche-là de grandir avec un kido. Et trouve ce point d'ancrage.

- Capitaine, ne serait-il pas plus judicieux de faire lever la limite de votre...

Byakuya flétrit le jeune homme du regard. Ah oui, y'a des choses comme ça, à ne pas demander.

Byakuya fixa Ichigo sans aménité. Il en était capable, il était largement assez puissant pour faire ce qu'il attendait de lui. Mais s'il avait dû choisir, il aurait préféré que ce soit Renji s'occupe de ça. Comme on peut pas tout avoir dans la vie, Byakuya se reprit bien vite, oubliant que son vice-capitaine lui manquait, il fit signe à Ichigo de s'approcher.

- Kurosaki, lorsque je lancerai mon bankai, tu devras tracer un passage pour Akito dans le maelström de pétales.

- Hein !

- Vas-y Rukia !

La jeune femme s'exécuta avec grâce, jaillissant derrière la chose.

- Première danse... Tsuki shiro !

Avant même que la colonne de glace ait eu le temps de se disloquer entière, Byakuya s'était avancé et laissait tomber son sabre vers le sol.

- Bankai... Senbon sakura Kageyoshi...

Et les légers pétales meurtriers s'élevèrent. Surprise, Rukia se glissa prestement hors de portée des pétales qui s'abattirent sur les éclat de glaces emportant le corps de la chose.

Ichigo se précipita sous la vague de pétale, attrapant le jeune shinigami par le col.

- Allez Akito, on se magne !

À grand coups de Zangetsu, il se traçait un chemin à travers la furieuse danse des pétales qui s'acharnait à réduire en poussière la monstrueuse créature.

- Vas-y ! cherche !

Alors que Byakuya empêchait la régénération complète de la créature, Akito sondait de toutes ses forces les débris de ce corps. Ichigo qui combattait tant bien que mal les vagues de pétales qui réduisaient en miettes les restes du corps de la chose trouva rapidement le temps long.

Sous les assauts de Senbonsakura , chaque seconde semblait une heure et la moindre hésitation d'Akito les mettait tous deux en danger mortel. Alors qu'il dirigeait au mieux les pétales de son bankai, Byakuya observait avec attention les deux jeunes gens, guettant le moment où ils trouveraient la minuscule parcelle de ce corps qui donnait une âme vulnérable à cette chose.

Ils commençaient à croire qu'ils s'étaient tous trompés lorsqu'Akito cria :

- C'est là !

Ichigo montra les dents avec impatience.

- Ben vas-y, balance-z-y ton meilleur kido !

Avant même qu'Akito ait pu esquisser un geste, Kuchiki était là, pointant un doigt vengeur sur l'amas de chair ensanglantée.

- Riku Jokoro ! »

Et l'étoile à six branches vint emprisonner la chose qui ne put se régénérer que jusqu'à atteindre la taille d'un gros chien (ou d'un petit poney pour ceux qui préfèrent les poney), la prison d'énergie entravant les mouvements de cette chose.

Lentement, un calme mortel s'abattit sur la rue.

Imperturbable, le capitaine appela le quartier général au Seireitei pour signaler la capture d'une des créatures non identifiées et la présence de deux blessés graves.

« Comment va-t-il ? S'enquit Rukia en se penchant sur Yumichika toujours inconscient.

- Il est vivant, se contenta de répondre Ikkaku. »

Malgré l'apparente indifférence du shinigami, Rukia ne put s'empêcher de remarquer qu'il n'avait pas quitté son ami de tous le combat, ce qui devait représenter un sacrifice de taille de la part d'Ikkaku Madarame, l'homme qui se damnerait pour un bon combat.

Sur le champ de bataille, Akito et Ichigo inspectaient les déchets de la chose avec curiosité.

« C'est pas du sang ça !

- On dirait de la... heuu.

- Ça va Akito, on a pigé, pas besoin de nous faire un dessin.

- D'un autre côté, ça explique l'odeur.

Byakuya intervint, avant que les enfants... pardon, les shinigamis ne se dispersent trop.

- On amène tout dans un immeuble inoccupé à une centaine de mètres de là. L'équipe de nettoyage va arriver dans quelques heures. Nous regagnerons le Seireitei lorsque la créature sera stabilisée, ils préparent un dispositif pour la garder prisonnière.

Rukia et Ikkaku se chargèrent chacun d'un blessé, et bondirent dans la direction indiquée. Gardant toujours la créature prisonnière, Byakuya la fit transporter par les deux derniers qui en étaient maintenant à plaindre l'équipe de nettoyage.

- Non, c'est franchement infâme ce truc : j'aurais l'impression de nettoyer les latrines de la onzième division.

- Hé ! Elles sont très bien nos latrines ! Protesta Ikkaku qui avait tout entendu.

- C'est une image, Madarame, une image.

- Mouais, n'empêche, depuis le Rukongai je n'avais eu affaire à un truc aussi dégeulasse; maugréa Rukia pour elle-même. »

Arrivés aux sixième étage d'un immeuble de bureaux à vendre, ils se posèrent et commencèrent à soigner les blessés en attendant la permission de ramener la créature.

Ichigo haussa les épaules.

« À ce rythme-là, ils ont le temps de crever dix fois ! Pourquoi est-ce qu'on les ramène pas en laissant la bestiole ici en attendant ?

- Parce que cette créature doit rester sous surveillance, et que toi et Rukia restez ici.

Byakuya, concentré sur la créature emprisonnée ne vit pas le regard furieux d'Ikkaku qui resserra le poing à s'en faire péter les phalanges.

- Dans ce cas Akito et moi rentrons avec les blessés et vous attendez des nouvelles du Seireitei ici.

- Oh ?

Un « oh ? » comme ça, à la Byakuya Kuchiki, avec plein de glaçons qui vous glissent dans le dos en l'entendant, ne souffre pas de réponse. Mais vous savez quoi ? Les brutasses de la onzième ne craignent rien ni personne et n'ont pas appris à se taire et obéir à un autre capitaine que le leur.

Et donc...

- Faites ce que vous voulez, je me tire.

Un bref regard inintéressé plus tard et Byakuya décida que le sort de ces quatre pauvres types lui était parfaitement indifférent. Prenant le simple regard inexpressif comme une autorisation, Akito se leva à son tour, attrapa le corps inanimé du shinigami, salua bien bas Rukia et Ichigo et suivit Ikkaku qui commençait à partir, Yumihchika dans ses bras. Il se retourna d'un coup.

- Kuchiki, bon courage avec cet idiot. Ichigo, fais pas trop de conneries. Ciao les amoureux !

Et il disparut derrière la porte vers le Seireitei, laissant trois shinigamis, une créature puante non identifiée, et un silence gêné.

Rukia s'assit à côté d'Ichigo, l'air un peu embarrassé. Une telle proximité n'était pas gênante en soi. Non, mais le fait que Byakuya soit pile en face d'eux à côté d'une bête gargouillante et malodorante pétait l'ambiance en beauté.

Pris de court par la brutale dispersion de l'équipe, Byakuya fixa les deux jeunes gens avec suspicion. Le côté « petit comité » avait ses avantages et ses inconvénients. Avantage : il pouvait les surveiller. Inconvénient : s'il devait les surveiller, c'est parce qu'ils allaient faire des conneries.

Rougissant malgré lui à cause de la dernière remarque d'Ikkaku (c'est faux et complètement débile... ouais, bon, ça va, j'ai peut-être un peu le béguin pour Rukia... ), Ichigo tentait vainement de détendre l'atmosphère en sifflotant, ce qui n'eut pour effet que d'arracher des sanglot plaintifs de la part de la créature. Bon, ben on sait, ce truc n'a aucun goût en matière de musique.

De son côté, Rukia s'était résignée à éviter tous les regards : celui de son frère, celui d'Ichigo et ceux de la créature. À la vérité, ce dernier le gênait bien moins que les deux autres. Entre cet idiot d'Ichigo qui rougissait comme un collégien (c'est un collégien) et Byakuya qui semblait peu à peu prendre la tête d'un inquisiteur espagnol du XVII° siècle, mieux valait contempler le sol en béton.

Oh qu'il est beau le sol en béton !

Ichigo sourit en coin. Tiens, la technique du beau parquet ! Technique millénaire pour éviter les situations embarrassantes. Il cessa (enfin) de siffloter et adopta la même stratégie. Étant face à la bébête, il détourna son regard vers le sol à ses pieds. Puis un peu vers la droite... tiens, y'avait un genoux de Rukia là. Un genoux, un mollet, un pied, la courbe de sa cuisse qui se dessinait sous le tissu noir de son hakama.

Ichigo sentit un frisson lui serrer les tripes. Il leva la tête juste à temps pour voir Byakuya le foudroyer du regard.

Ouais, d'accord, la technique du beau parquet avait dérivé en technique de matage des cuisses de Rukia mais non, c'est pas une raison !

Il se remit donc à contempler le sol en béton au bout de ses pieds.

Oh qu'il est beau le sol en béton !

Lassée de toujours admirer le même béton gris, Rukia changea légèrement de position pour pouvoir plus commodément se délecter de la contemplation du plafond.

Ichigo sentit le mouvement à côté de lui et sourit en coin. Le beau plafond, variante du beau parquet lorsque le temps se fait long. Ça devait bien faire une petite heure qu'ils poireautaient dans un silence de cimetière.

Dans un réflexe con mais logique, il voulu consulter sa montre. Qu'il n'avait pas. Et, dépité, il laissa son bras retomber le long de son corps. Que n'eut-il pas fait ! Car juste à l'endroit où sa main inutile sans montre aurait dû rencontrer le sol en béton (très beau le sol), elle trouva un contact chaud et doux.

Oups.

Byakuya fusilla le jeune homme du regard, mais fort heureusement, Ichigo passa à travers les balles et s'en sortit vivant. Mais il retira vite sa main de la cuisse de Rukia qui, elle, avait virée à l'écarlate au moment même où le léger contact s'était fait sentir. Écarlate du plus bel effet qui répondait avec harmonie au rouge carmin des joues d'Ichigo. Et contrastait à ravir avec le teint blême de Byakuya.

En essayant de chasser l'importun, elle le repoussa du revers de la main. Ce qui devait arriver arriva, une main en frôla une autre et Byakuya frôla l'apoplexie.

« Kurosaki Ichigo.

- Oui Byakuya ?

- Prie.

- Hein !

- Grand frère vous... »

Byakuya, à demi relevé avait déjà porté la main à son sabre et semblait très désireux de l'utiliser dans les secondes à venir. Projet que Rukia semblait n'approuver que modérément. La suite se déroula dans une joyeuse confusion, Ichigo essayant de se relever pour protester, Rukia essayant de l'empêcher de parler (vu qu'il n'allait dire que des conneries qui aggraveraient la situation déjà pas mal tendue) et Byakuya dont les yeux sortirent de leur orbite en voyant sa chère petite sœur se jeter sur cet abruti d'humain.

« Indécent !

- Bya... on se calme...

- Ichigo ! Mon frère ! »

Ce fut précisément ce moment que choisit la fenêtre située dans le mur contre lequel était appuyé Kuchiki pour exploser dans une gerbe de verre cassé et un fracas monstre.

Laissant passer une tignasse rouge et un sourire goguenard, la fenêtre grande ouverte mourut en laissant son cadre tomber en morceaux.

Renji sourit de toutes ses nombreuses dents en voyant Rukia à moitié sur Ichigo, la main sur sa bouche, tous les deux très touges et très gênés.

« Hey les enfants ! Je dérange peut-être ? Vous en avez de l'audace, avec le capitaine dans la même maison, faites pas trop de bruit, hein ! »

A SUIVRE...

tadaaam que va-t-il se passer ? Qui va se faire "shire senbonsakurer" le premier ? aura-t-on un bisou Rukia/Ichigo ? la créature repoussante va-t-elle pouvoir rejoindre le pays des barbapapa ? pour le savoir, rdv le 6 mars ! And reviewwww par pitié ! Promis, on répondra à temps ^^

et comme l'attente est longue, un avant goût du chapitre suivant :

« Il croisa son regard affamé. Affamé. C'était bien le mot.

- Vous avez envie ?

- ...

- Je m'en fous, moi j'en ai envie. »


Réponse aux reviews anonymes qui nous font toujours très plaisir (malgré l'absence de compte FFnet pour y répondre).

à Mimy111 : merci encore mille fois des tes reviews et d'aimer toujours autant. Et en plus, tu es pardonnée de ne pas avoir posté de review depuis longtemps ^^ On espère que tu ne trouves pas l'histoire trop longue, et que les chapitres te plaisent toujours (apparemment oui), merci de nous soutenir. Une petite rectification : Byakuya est génial, tout court, il n'a pas besoin de nous pour le devenir (mode fans de Byakuya : off). En tous cas merci encore et on espère que le chapitre que tu viens de lire a satisfais des attentes en matières d'action. Les scènes d'actions sont difficiles à bien écrire, alors on s'entraîne encore XD

à hidakatsuki-x : merci beaucoup pour ta review et merci d'avoir aimé cette fic. Bravo d'avoir tout lu d'une traite (et après on se demande pourquoi on passe des heures devant le pc ^^). Ravis de voir que tu apprécies notre humour qui ne fait pas toujours l'unanimité (on fait ce qu'on peut) et, un peu de patience, la suite arrive bientôt (là aussi, on fait ce qu'on peut). On espère bien sûr que le chapitre que tu viens de lire te plait autant que les autres, et on promet de s'améliorer chaque jour un peu plus ^^ Une mention spéciale pour le "les parties réservées aux adultes"... trop mignonnement dit ! ça donne envie d'en refaire encore plein !

à Celle qu'on ne connaît pas (enfin, on en connaît la provenance maintenant ^^) Merci beaucoup pour ta review, comme à chaque fois,c 'est un plaisir de retrouver une lectrice assidue et qui a bon goût XD Effectivement, Kuchiki n'est pas super amical avec l'espèce humaine mais bon, tant qu'il se prête de bonne grâce à nos fantasmes fictionnels... il a le droit de nous traiter de tout ce qu'il veut XD d'ailleurs, il va bien se racheter par la suite Bon courage pour grimper la côte et bonne lecture, à bientôt.

à Looxer : merci à toi de reviewer et merci d'aime cette fic et de nous soutenir ^^ on espère que ce chapitre t'a autant plu !