Base : Bleach
Genre : romance, angst
Statut : sans vouloir être décevant, il n'y aura pas quarante chapitres
Rating : pas pour les enfants (y'a des gros mots) walller... on va dire M.
Pairing : Byakuya/Renji (et l'inverse)
Disclaimer : naaaooonnn ! ils sont pas (pleure) mais alors pas du tout (snirfle) pas du tout à nous (ooouuuiiinnn) mais à Tite Kubo et lui seul (va mettre fin à ses jours).
NA IMPORTANT : vachement important en effet : le rythme d'écriture s'est stabilité à un chapitre par mois (c'est long, oui, mais au moins ça tombe chaque mois avec certitude !) : chacune de nos fics est publiée un dimanche du mois. 40 jour est publié le premier dimanche du mois, Huis Clos, le deuxième, 100 choses, le troisième... Maintenant, ça règle définitivement le problème des retards de publication : y'en aura plus. Merci de votre attention, de votre compréhension, de votre soutien et enjoy the reading !
QUARANTE JOURS ET UNE RECHUTE !
Le devoir II
« Tu sondes mon cœur, tu me visites la nuit, tu m'éprouves sans trouver en moi d'infamie »
Ps. XVII, 3
Il n'y avait rien qu'il puisse faire. Rien pour faire passer la douleur. Il la connaissait trop bien, il ressentait le même étau de l'impuissance se refermer sur lui que lorsque Hisana était morte. Cette envie de détruire la terre entière pour soulager sa peine, ce besoin de hurler à la face du monde qu'il n'y a rien qui vaille la peine de vivre, cette rage qui lui déchirait la poitrine.
Au moins lorsqu'il avait perdu son épouse, il avait dû reconnaître la fatalité dans la mort qui emporte toute chose. On ne pouvait pas lutter contre la fatalité. En revanche, savoir qu'il perdait Renji pour des raisons aussi stupides qu'une mutation et qu'une coucherie, cela n'avait rien à voir avec la fatalité. En l'absence de toute fatalité écrasante, il avait plus qu'envie de recouvrir le Seireitei de pétales de cerisiers. Ça lui calmerait les nerfs.
Tous les shinigamis virent leur capitaine se diriger vers le terrain d'entraînement le plus proche et ils retinrent leur souffle. La dernière fois qu'ils avaient vu leur capitaine dans cet état... en fait non, ils n'avaient jamais vu leur capitaine dans cet état. Et pour la plupart, ils ne voulaient pas voir ce qui allait se passer ensuite.
Byakuya s'enferma dans la vaste arène qui servait d'ordinaire à entraîner les novices. Il contempla la terre battue avec une haine irraisonnée. C'était la terre battue qui allait prendre, pour tout.
Il dégaina Senbonzakura et, sans attendre, murmura doucement entre ses dents. Shire senbonzakura, et l'arène se couvrit de fins pétales qui virevoltèrent dans un sens et dans l'autre, arrachant des blocs de pierre aux murs, soulevant des mottes de poussière. L'enfer se déchaina sur le sable rouge, dans la fureur du sang, dans la colère, l'enfer emporta des morceaux de sol entiers, l'enfer qui déchiqueta les murs de pierres massives, l'enfer qui larda le ciel de ses griffes.
À tel point que sa fureur, loin de passer, s'accentua, au fur et à mesure qu'il réduisait en poussière le terrain d'entraînement. Ses passes d'arme l'encourageaient à déverser sa colère sur tout ce qui l'entourait. Et petit à petit, la colère se fit plus froide, plus raisonnée, plus sensée. Petit à petit la colère céda la place à une irritation sereine. Puis une résolution nouvelle s'entrouvrit en lui.
C'est à peu près à cet instant qu'il dû mettre fin à son défoulage de nerf. Un message lui parvint, en effet, en fin de matinée et annonçait une réunion exceptionnelle pour révéler les premiers résultats des l'enquête, le message tenait lieu de convocation immédiate et Byakuya pesta de ne pouvoir se laver et se changer avant de s'y rendre. Il aurait bien aimé présenter une tenue correcte.
En fait de tenue correcte, ses vêtements étaient couverts de poussière et suintaient la transpiration. Ses cheveux trempées aussi lui tombaient sur les yeux, emmêlés et poisseux.
C'est dire l'ébahissement total qui saisit l'assemblée des capitaines en voyant arriver un Byakuya échevelé et fleurant bon la sueur. Pour la plupart d'entre eux, lui voir un Kenseikan de travers était déjà signe d'un chaos et d'une anarchie complète. Alors là, niveau désordre il y avait du record dans l'air.
Les capitaines encore vivants se tenaient là, et Byakuya prit place entre la place vide d'Aizen et la place (très occupée) de Komamura. Tous les autres capitaines le dévisagèrent dans un bel ensemble. Certains faisaient comme si ça leur en touchait une sans faire bouger l'autre, style Soi Fon, Hitsugaya, Komamura, Kurotsuchi... D'autres faisaient semblant de rien mais semblaient n'en penser pas moins, du genre Kyoraku et son sourire narquois, Zaraki et son sourire de taré. Mais ceux qui énervaient le plus le jeune capitaine, c'étaient ceux qui savaient, qui savaient qu'il savait qu'ils savaient et qui le couvaient d'un regard compassé qui lui donnait des envies de meurtres. Ukitake et Unohana. Au dessus de ces vaines contingences matérielles, Yamamoto surplombait l'assemblée de son autorité brûlante.
« Nous sommes ici pour annoncer les premiers résultats de l'enquête des capitaine Ukitake et Kurotsuchi au sujet de la créature non identifiée ramenée du monde des vivants.
Ukitake commença l'exposé avec une certaine passion dans la voix.
- Mes recherches ont commencé d'abord sur l'aptitude de cette créature à réagir au stimuli de reiatsu.
Brutalement Soi Fon leva le bras, faisant signe au capitaine d'arrêter.
- La plupart d'entre nous n'entend rien aux détails scientifiques de vos expérimentations. Sans vouloir diminuer votre mérite, il serait plus productif d'en venir directement aux conclusions. »
Subitement Ukitake eut l'air tout triste, comme un enfant à qui on vient d'enlever ses jouets. De son côté, Kurotsuchi fronça ses grands yeux de psychopathe et ravala son sourire tout plein de dents menaçantes. Bien sûr, l'un et l'autre savaient pertinemment que personne (pas même Yamamoto) ne pigeait jamais rien aux explications pseudo scientifiques qui justifiaient toutes leurs expériences plus ou moins morales sur des sujets vivants, mais tout de même, d'habitude ils faisaient au moins semblant de s'intéresser.
Ukitake jeta tout de même un petit regard en coin au capitaine commandant qui hocha la tête, comme pour dire lui aussi « on saute le blabla chiant et on passe aux trucs marrants ».
Kurotsuchi comprit l'idée générale et re-sourit de toutes ses dents. Si vous voulez du marrant, vous êtes bien tombés.
« Bon, pour résumer, l'idée générale, c'est que la créature n'a pas d'énergie spirituelle propre. Après une série de test que nous ne détaillerons pas, nous en sommes arrivés à la conclusion que ces créatures sont... hem.. infernales.
Ce fut Zaraki qui réagit le premier.
- Infernales ?
- Elles viennent des enfers, quoi. De l'enfer. L'Enfer.
- Ça va, on sait tout ce que veut dire « infernal ».
- Et c'est tout ce que ça vous fait ? C'est une catastrophe, renchérit Ukitake.
Hitsugaya eut l'air perplexe.
- Quel est le problème ? Des âmes qui se perdent entre les mondes, c'est assez courant.
- Oui, des âmes. Mais les créatures de l'enfer ne sont pas des âmes. C'est d'ailleurs pour ça qu'elles n'ont pas d'aura.
Là, pour le coup, ce fut une perplexité générale, sauf un désintérêt complet, celui de Byakuya qui ne pensait qu'à son vice-capitaine et la manière la plus lente et douloureuse de mettre fin à ses jours.
- Pas des âmes ?
- Effectivement. Les créatures de l'Enfer sont à la base des âmes qui n'ont pas été purifiées.
- Ouais on sait, là où ils payent pour les crimes commis dans leurs existence. Dans le cas où ils auraient assez profité de leur existence terrestre pour faire tout un tas de saloperies.
- En gros c'est ça.
- En gros ?
Tout le monde se tourna vers Ukitake qui se rattrapa comme il le pouvait.
- Y'a des cas particuliers, des trucs comme ça... bon, c'est un peu complexe les enfers. Mais en gros, c'est rempli de ceux qui ont mené une existence criminelle.
-De leurs âmes ?
- Ben non, justement, ce sont les enveloppes charnelles qui demeurent en Enfer. Les âmes.. enfin, l'énergie spirituelle est absorbée pour devenir un grand magma qui maintient l'Enfer en place.
- Pardon ?
Là c'était Komamura qui avait décroché.
- À l'instar du Seireitei, l'Enfer est un lieu d'énergie spirituelle avant d'être un lieu physique. Mais à la différence du Seireitei qui tient sa substance d'un équilibre entre les âmes mortes et vivantes, l'Enfer se nourrit de l'énergie des créatures qui y sont prisonnières.
- D'où l'absence de reiatsu dans cette créature, murmura Byakuya qui, bien malgré lui, commençait à trouver l'histoire intéressante.
Komamura reprit, l'air interdit.
- Mais dans ce cas, comment une telle créature peut-elle agir par elle-même sans énergie spirituelle ?
Ukitake sourit et hocha la tête.
- C'est toute l'astuce. Chacune de ces créatures doit être reliées à l'Enfer, d'une manière ou d'une autre. Nous pensons qu'il y a une connexion, comme un fil de reiatsu qui relie la créature à son milieu.
- Donc on se retrouve avec des monstres criminels en liberté, impossible à repérer, sortis tout droit des enfers ? C'est bien ça ?
- Oui. Mais nous sommes en train de développer un système pour les repérer sur Terre.
- Et selon vous, comment ont-ils pu s'échapper de l'Enfer ? Je croyais que c'était un passage à sens unique ?
- Aucune idée. C'est d'ailleurs bien là le problème. Nos relations avec l'enfer n'ont jamais posé de problème. Quand je dis jamais, c'est jamais. De mémoire de shinigamis, l'Enfer a toujours existé et a toujours absorbé toutes les âmes de criminels sans en recracher une seule.
- Tous se tournèrent vers Yamamoto qui confirma d'un signe de tête. Bon, c'était de l'inédit pur et dur.
- Ce qui fait qu'il n'y a pas non plus de précédents de contact avec l'Enfer.
À nouveau, Komamura interrogea les deux capitaines.
- D'ailleurs, a-t-on une idée de la manière dont est organisé l'Enfer ?
- Comment cela, capitaine Komamura ?
- Est-ce qu'il y a une hiérarchie entre ces créatures ? Un chef ? Des clans ?
Zaraki ricana.
- On vient de dire qu'on n'avait jamais foutu les pieds là-bas !
- Justement, c'est là qu'on en arrive au cœur du problème, reprit Kyoraku. Parce que si on résume, on a des créatures infernales qui s'échappent des chez elles mais qui sont tout de même assez reliées à leur maison pour pouvoir mener des attaques.
Ukitake hocha la tête d'un air grave.
- C'est exactement cela. Nous tentons encore d'obtenir des informations de la créature mais bon... Il jeta un coup d'œil suspicieux à Kurotsuchi qui fit semblant de ne rien remarquer. Maintenant que le cobaye était entre ses mains, il n'était pas question de ne pas en profiter. S'ils le voulaient en bon état pour parler, il fallait le dire avant.
- Elle peut encore beaucoup nous apprendre, indiqua-t-il, tout en sachant pertinemment qu'aucun des abrutis qui lui servaient de collègues n'avait le niveau pour suivre ses brillantes explications sur la morphologie des créatures infernales.
- Parce qu'elle parle ? S'enquit Unohana, l'air d'être vraiment curieuse de cela.
- Elle communique, c'est sûr. Il nous faudra encore un peu de travail pour pouvoir comprendre complètement le langage articulé de ces créatures, précisa Ukitake. Un de mes hommes s'est attelé à la tâche et nous avons enregistré tous les interrogatoires de la créature.
- Est-elle douée d'une intelligence semblable à la nôtre selon vous ?
- Elle est capable d'anticipation et de décisions tactiques en combat.
Byakuya avait répondu presque malgré lui. L'entraînement, que voulez-vous, et puis d'un certain côté, il en était venu à penser avec ironie que c'était à cause d'une de ces créatures que tout avait commencé. Renji avait été attaqué, il avait fini à l'hôpital, puis ils avaient ensembles. Tout avait commencé avec ces bestioles, tout finirait par là aussi.
En fin de compte, ce fut Soi Fon qui ramena la discussion à son point crucial.
- Et donc, qu'est-ce que vous comptez faire ? Qu'est-ce qu'on peut y faire !
La réponse fusa.
- Envoyer une équipe en Enfer pour enquêter sur ces créatures qui échappent à leur damnation éternelle.
- Et sinon, d'intelligent, qu'est-ce que vous comptez faire ?
- Mais je viens de vous le dire.
- Et moi j'ai demandé un truc intelligent.
- C'est la décision la plus sensée, insista Ukitake. Un commando doit partir là-bas et tirer cette affaire au clair. Il faut une équipe réduite et sur-entraînée, avec la coopération de nos shinigamis sur place.
- En Enfer ? Demanda connement Kenpachi.
- Non, sur Terre. J'attire votre attention tout particulièrement sur le recrutement de cette équipe qui doit se faire rapidement et discrètement. Pas question de diffuser la nouvelle. »
Tous les capitaines hochèrent la tête. C'était au moins un des premiers points de consensus entre eux : les trucs un peu louches restaient confidentiels jusqu'à ce qu'ils soient découverts par d'autres qu'eux. Généralement quand c'était découvert, il était trop tard pour y faire quoi que ce soit.
« Bien. »
Tout le monde se tut et ceux qui s'étaient à moitié endormis se réveillèrent. Le capitaine commandant venait de parler et ses décisions faisant loi, tout le monde attendait avec impatience de savoir ce qui serait choisi.
« Cette mission est classée secrète et urgente, fit le chef des armées de la cour. Un capitaine sera le chef de l'équipe d'enquête. Elle comportera quatre shinigamis experts au combat, un shinigami de la quatrième division en cas de coup dur, un homme des forces spéciales. J'ajoute que, autant que possible, les shinigamis ayant déjà été au contact de ces créatures sont invités à faire partie du commando. Cette équipe partira du monde des vivants, une base arrière sera organisée par nos shinigamis permanents là-bas.
Tous hochèrent la tête. Et tous les regards se tournèrent vers Byakyua qui fit noblement comme si de rien n'était.
Ukitake reprit la parole.
- Que les capitaines des divisions concernées fassent connaître la mission à leurs meilleurs hommes dès aujourd'hui. Il faut que demain l'équipe soit constituée pour partir dès qu'un plan sera élaboré. Je m'occupe d'organiser la base arrière sur Terre. Je propose dès maintenant que celui d'entre nous qui chapeautera la mission soit désigné. »
À nouveau tous les regards se tournèrent vers Byakuya qui, à nouveau, fit comme si de rien n'était, contemplant le mur face à lui dans le blanc des yeux.
Ukitake hésita une demie-seconde. Il avait l'impression désagréable de s'acharner sur son cadet. Mais il n'avait pas trop le choix en soi. Après tout, c'était un choix tellement naturel que tout le monde y avait pensé, pas que lui. Un coup d'œil à Yamamoto lui confirma que absolument tout le monde pensait à Byakuya pour cette mission.
« Capitaine Kuchiki, il me semble que vous êtes le mieux à mieux pour mener cette mission, vu votre familiarité avec le dossier en question, intervint Unohana d'un ton étonnement froid.
Yamamoto hocha la tête et reprit.
- Quelqu'un a-t-il une objection à cela ?
L'air prodigieusement indifférent de Byakuya fila un frisson d'inquiétude à quelques uns. La question avec Byakuya était toujours de savoir s'il se foutait réellement de ce qu'on lui disait où s'il faisait semblant de ne pas comprendre pour les faire chier. Zaraki, qui penchait plutôt pour la seconde hypothèse, intervint.
- Bon, on va pas coucher là. C'est Kuchiki qui s'en occuper, point barre.
On va pas se faire chier pour un mec aussi chiant, pouvait-on lire en sous-titre.
Mais je t'ai sonné, pauvre abruti ? Sembla répondre muettement le glacial capitaine. Mais comme il ne le dit pas à haute voix, seule une tension à la limite de l'insupportable s'installa entre les deux capitaines et le silence reprit avec un entrain incroyable.
Et pour ne rien arranger, Kyoraku décida qu'il était temps qu'il foute encore un peu plus la merde. Ce qu'il fit avec brio, comme d'habitude.
- Allez, fais pas cette tête, Byakuya. Si tu t'arranges bien, tu pourras embaucher Renji dans l'équipe. Ce sera déjà ça de gagné. »
Et là pour le coup, heureusement que papy la flammèche n'était pas bien loin, sinon y'aurait eu du petit meurtre entre capitaines dans l'air, parce que Byakuya ne trouvait pas ça drôle du tout.
Ukitake fila un petit coup de coude pas discret du tout dans les côtes de son meilleur ami et le foudroyant du regard.
C'est pas le moment.
C'est toujours le moment d'emmerder Byakuya. Pour une fois qu'on a une histoire de fesses.
Et bien un conseil, laissez mes fesses en paix et occupez-vous des vôtres.
Les deux « vieux » se tournèrent vers leur cadet. Ah ben tiens, il avait retrouvé sa langue lui. Enfin, sa langue, façon de parler.
Sans dec', saute-lui dessus ton petit Renji. Sinon il va te passer sous le nez.
Je vous interdit de parler de ça.
Ukitake soupira et se prit la tête entre les mains. Ça allait bientôt être le moment de simuler une crise.
Mais j'en parle pas, heureusement d'ailleurs parce que je suis sûr qu'il y en a que ça ferait bien rire !
Byakuya serra le poing sous la table et se promit de trouver un jour ou l'autre, un prétexte quelconque pour tuer Kyoraku en toute légalité.
Silence ! L'heure est grave, vos querelles sont ridicules.
Papy Yamamoto ! Vous aussi !
Loin de se douter de la querelle télépathique qui se jouait autour de la table de réunion, le vice-capitaine de la première division avait enchaîné, puisque le capitaine Kuchiki n'avait pas l'air de vouloir contester la décision de ses pairs.
« Puisque tous les capitaine sont rassemblés, il faudrait penser à étudier la question des nouvelles promotions aux postes de capitaine.
- Hein ?
- Lesquelles ?
- Celles des vice-capitaines Hisagi et Kira.
Le capitaine Unohana hocha la tête et demanda :
- Pour la neuvième et la troisième. Qu'en est-il de la cinquième ?
- Le vice-capitaine Hinamori n'a pas exprimé de candidature. Vous savez qu'on ne peut forcer un shinigami à occuper un poste de capitaine.
- Effectivement. Quand auront lieu les procédures d'évaluation d'Hisagi et Kira ?
- Le plus tôt possible. Il n'est pas bon que des divisions soient privées de chefs trop longtemps.
- Bon, il faut qu'ils choisissent une modalité de passage du grade de capitaine. Et dans ce cas, nous devons déterminer un jour où leur candidature sera validée devant tous les capitaines.
- Heu... Retsu, nous venons de décider d'envoyer Byakuya en mission dans quelques jours et pour plusieurs jours. Les promotions devront attendre.
- On peut déjà en discuter et faire savoir aux candidats qu'ils doivent fournir les preuves de leur valeur nécessaires. D'ici demain, ils devraient être fixés. Sauf ceux qui choisissent de tuer leur capitaine.
Un murmure d'assentiment traversa la salle. Et puis, la voix de Soi Fon s'éleva.
- Je ne conteste pas les candidatures, mais il y a toutefois une question de confiance à l'adresse du vice-capitaine Kira. Lors de la rébellion de Sosuke Aizen, il a commencé par se ranger dans le rang des traîtres à la suite du capitaine Ichimaru.
À la surprise générale, ce fut Hitsugaya qui prit la parole.
- Je ne crois pas qu'il y ait une question de confiance à poser. D'une part Izuru Kira s'est conduit fidèlement au Gotei 13 par la suite et a combattu à nos côtés, d'autre part, le capitaine Ichimaru n'avait pas, on le sait aujourd'hui, trahi à proprement parler.
Le capitaine Soi Fon hocha la tête, apparemment satisfaite de la réponse.
- Mais ils n'en avaient pas fini avec l'épineuse question des mutations et des capitaines manquants. Ce fut Sasakibe qui reprit.
- Tout de même, n'est-il pas possible de proposer les postes de capitaines vacants à tous les officiers en mesure d'assumer cette charge ?
- Pourquoi ? Ça se voit pas assez qu'ils sont vacants les postes ?
- Capitaine Zaraki, merci de cet avis éclairé. Il y a des shinigamis qui sont, de toute évidence, tout à fait qualifiés pour occuper ces postes et qui ne postulent pas. Que ce soit par désintérêt ou par négligence de leur part, il serait peut-être approprié de leur proposer de tels postes.
- Je suis assez d'accord avec Sasakibe. Il y a des compétences inexploitées qui traînent.
Le vice-capitaine se tourna vers son soutien inattendu.
- À qui pensez-vous, capitaine Kyoraku ?
- Et bien... nous sommes à peu près tous d'accord pour nous en tenir aux vice-capitaines en poste. Certains officiers de troisième ou quatrième siège ont aussi de réelles aptitudes, fit Kyoraku en louchant ostensiblement sur Zaraki qui fit semblant de rien faire.
- Attendez... ne me dites pas que... Hinamori ?
Kyoraku eut un mouvement de recul malgré lui sous le regard suspicieux de Hitsugaya.
Nan mais si on peut plus rien dire sans se faire agresser par un gamin pré-pubère qui surprotège sa copine !
- Pas vraiment. Pour tout dire, je ne pense pas que le vice-capitaine Hinamori ait la carrure d'un capitaine. Je lui trouve une certaine faiblesse, et des hésitations en position de commandement. Non, il faudrait des fortes personnalités qui ont fait leurs preuves au combat.
- À qui pensez vous ?
- Et bien... les vice-capitaines Matsumoto, Iba ou Abarai me semblent les plus indiqués pour ce poste.
Il y eut d'un seul coup une ambiance polaire puissance deux dans la pièce. Les deux capitaines des candidats sus nommés ayant d'un seul coup déployé toute la puissance de leur aura glaçante.
Kyoraku réprima un rictus. Il l'aurait parié ! Mais franchement, ces deux là étaient de fieffés gamins. Bon, il était prêt à admettre que lui-même n'en aurait pas mené bien large si on lui proposait de nommer Nanao capitaine d'une autre division que la sienne... Non, ce qu'il voulait voir c'était le degré de réaction de Byakuya à l'annonce de la mutation prochaine de Renji. Oui, c'était un tout petit peu cruel, mais Shunsui Kyoraku n'avait jamais prétendu être un tendre.
Byakuya eut un instant de stupeur. Alors la fameuse mutation ce serait ça ? Impossible. Complètement débile. Déjà il ne voyait pas comment Renji aurait pu en avoir l'idée, ensuite, il ne pouvait imaginer qu'il ait suivi une telle idée jusqu'au bout. Enfin, lui vivant, jamais on ne ferait de Renji un capitaine.
- On peut toujours proposer aux concernés, acquiesça le commandant des armées de la cour. Mais il est impossible de forcer un officier à devenir capitaine, quand bien même il en aurait toutes les capacités.
- Oui je le sais bien. Mais ça ne fait pas de mal de leur inspirer l'idée d'une montée en grade.
Oh si ça fait du mal. Byakuya se jura d'avoir la peau de Kyoraku un jour ou l'autre, d'une manière ou d'une autre.
- Bien. Donc, nous attendons les décisions des capitaines putatifs. Et... Sasakibe jeta un regard morne à Hitsugaya et Kuchiki qui assassinaient Kyoraku du regard... il sera signifié aux vice-capitaines Matsumoto, Iba et Abarai la vacance d'un poste qu'ils sont aptes à occuper. »
Compte là-dessus et bois de l'eau claire.
Byakuya ! Fit Ukitake silencieusement.
Nan mais laisse-le dire. Intervint Shunsui. C'est tellement mignon ces gens qui nient l'évidence jusqu'au dernier moment.
Byakuya sera les poings et se fit violence pour ne pas continuer la querelle. Il avait très envie de se lâcher et aucunement les moyens de garder son calme. Les événements du matin l'avaient plus durement ébranlé que ce qu'il voulait bien en laisser paraître et l'attitude de certains de ces collègues ne l'aidait pas à retrouver sa sérénité.
« Y'a-t-il des oppositions à ces promotions ? »
Étrangement, tous les regard se tournèrent vers Byakuya qui toisa l'assemblée avec une froideure qui semblait dire « allez vous faire mettre profond avec du gravier, bande de sinistres cons ». Mais Byakuya était bien trop bien élevé pour le dire à haute voix.
Seuls les yeux écarquillés de Unohana fut la preuve que le fond de sa pensée avait été comprise et traduite.
« Bien, lorsque les candidats auront formulé leur choix de procédure de reconnaissance de grade de capitaine, nous pourrons statuer. En attendant, la séance est levée. Le secret le plus absolu doit être gardé sur l'affaire de ces créatures infernales en attendant qu'une équipe d'intervention soit formée. La réunion est close, je vous remercie de votre attention. »
Alors que les capitaines se levaient pour partir, Byakuya resta un instant encore. Les poings serrés sous la table, la mâchoire crispée et les yeux fermés à s'en paralyser les paupières. Ce jour-là, le monde avait décidé de se liguer contre lui. Et il y arrivait parfaitement bien.
Au moins, il n'était pas le seul. À quelques lieues de là, un autre brave homme se lamentait sur son sort, mais avec bien moins de pudeur et de maîtrise de soi que le premier.
Renji frottait ses yeux rougis. Ça faisait deux fois en mois de cinq jours qu'il pleurait. Et deux fois pour la même personne, ça ne pouvait pas durer. Au moins la première fois, il savait pourquoi il avait pleurer, de douleur, de chagrin, de l'absence. Là, il pleurait contre lui, il pleurait contre sa propre connerie.
Qu'est-ce qui lui avait pris de laisser Ikkaku dormir chez lui ? Bien sûr, c'était déjà arrivé avant, quand l'un ou l'autre était trop bourré pour rentrer chez lui seul, il restait chez l'autre pour pioncer. Pourquoi est-ce qu'entre tous, avait-il fallut que ce soit Kuchiki qui vienne le réveiller ? Parce qu'entre tous, c'était celui qui voulait le plus le voir debout ce jour-là, murmurait la voix de la raison à l'oreille de Renji. Oui mais entre tous, c'était celui que Renji ne voulait pas choquer. Et il ne voulait pas qu'il sache qu'il avait passé la nuit avec Ikkaku. Et surtout, il ne voulait pas qu'il se fasse des idées. Deux ou trois fois, il avait admis à mots couverts que son passé n'avait pas été des plus paisibles en matière de relations affectives ; et voilà qu'il donnait l'image d'un dépravé.
« Arrête de chialer, je ne supporte pas.
- Fais un effort, pour une fois que c'est moi.
- tu veux que moi je fasse un effort ? Je te rappelle que tu as couché avec Ikkaku.
- Pas couché, on a dormi dans le même lit, c'est tout. Et si tu arrêtais de le virer du tien, peut-être que rien de tout ça ne serait arrivé.
- Dis tout de suite que c'est ma faute.
- Peut-être.
- Ma faute ou pas, si ton capitaine a une raison de douter de toi, alors c'est de ta faute.
- Mais arrête...
Et le vice-capitaine se reprit la tête entre les mains en laissant déborder ses larmes.
- Tu vas fondre.
- T'y crois à ces conneries ?
- Non, toi tu dois y croire. Arrête de chialer, tu me donnes envie de vomir.
- Qu'est-ce que tu peux comprendre.
- Cherche pas, je comprends, c'est tout.
- Qu'est-ce que je peux faire ?
- Pas grand chose. Si t'as fait une connerie, tu répares, si tu n'as rien fait, attends que ça passe, si quelqu'un t'as fait une crasse, casse-lui la gueule.
- Je peux pas réparer.
- Il n'y a rien de trop grave pour être réparé. »
Renji se prit la tête entre les mains et soupira. Cette fois-ci, il ne voyait pas vraiment ce qui pourrait le sauver.
La mutation, il pouvait l'expliquer. La méprise avec Ikkaku, il pouvait aussi l'expliquer. Mais les deux en même temps, cela s'annonçait serré.
Il avait longuement et intensément songé à sa dernière conversation avec ses amis, puis à la nature de sa relation avec son capitaine. Il en avait déduit plusieurs choses, dont la plus importante sûrement, était qu'il ne voulait justement pas continuer une relation avec son capitaine. Il aimait Byakuya Kuchiki, et c'était avec lui qu'il voulait vivre cela. Pas avec son capitaine. En même temps, n'était-ce pas également cette distance, cette froideur, cette hiérarchie omniprésente qui faisait de leur relation un secret à la fois doux et excitant ?
C'était là tout le problème, il voulait réfléchir à cette relation, parce qu'il y tenait. En même temps, il se sentait incapable d'y penser raisonnablement, il se savait incapable de se prendre la tête assez longtemps sur des histoires de cœur ou de cul. En soi, il ne savait pas par quel bout prendre cette histoire.
Et puis il avait compris. S'il regardait Kuchiki avec un peu de compassion, avec un peu d'humanité, il trouvait tout cela si simple.
Ne plus voir un capitaine, un noble, oublier qu'il y avait entre eux plus de distance qu'entre le levant et le couchant, et tout simplement le regarder avec la dignité que tout être contient en soi. S'il arrêtait de penser les choses en terme de coucherie ou de sexe et sentiments, s'il voyait uniquement Byakuya Kuchiki et s'il faisait l'effort de se mettre à sa place l'espace d'une seconde, il comprendrait le trouble profond dans lequel il se débattait. Un instant il était parvenu à comprendre intimement cet homme qu'il aimait. Un instant, il s'était mis dans sa peau, à sa place, il avait vu le monde à travers les yeux de byakuya Kuchiki.
Et il avait choisi de lui simplifier les choses.
S'éloigner, lui laisser le temps de la réflexion et de l'acceptation. Prendre des responsabilités loin de lui, lui prouver qu'il saurait être à sa hauteur. Pour finalement n'être qu'à lui, s'il le voulait bien, être conjoints plus qu'amants.
L'intention avait beau être louable, le résultat laissait à désirer.
« Vas te remettre bien avec lui. Rapidement. Avant qu'il ne te tue et moi avec.
Renji tourna la tête de l'autre côté de la pièce. Il avait la désagréable sensation d'être pris en sandwich. D'un côté, dans sa chambre Yumichika répondait à Renji sans regarder au dehors. Ce dernier était assis dans l'embrasure de la porte ouverte. De l'autre côté, sur l'engawa, Ikkaku tentait de toutes ses forces de capter l'attention de son compagnon qui l'ignorait le mieux du monde.
- De toute façon, je vais y passer. Je l'ai trompé !
- Renji, se branler n'est pas tromper !
- Se branler seul, non. À deux, c'est déjà un peu plus discutable.
- On ne peut même pas dire qu'on s'est branlé ensemble, c'était à peine du tripotage.
- Bon, c'est toi qui le dit, moi je me souviens de rien.
- Comme c'est pratique, ironisa Yumichika.
Renji sourit en coin, en prenant la défense de son ami.
- C'est pas impossible. Il était vraiment rond. Tu l'aurais vu.
- Je l'ai vu. Quand vous avez quitté la capitainerie pendant la nuit.
- Ouais mais après on s'est finis avec mes réserves perso. C'était pas beau à voir du tout.
Yumichika soupira un peu plus profondément qu'il ne l'aurait voulu.
- Renji. Si tu continues de l'éviter et garder le silence chaque fois qu'il se passe une connerie entre vous, tu n'arriveras à rien. Tu ne peux pas t'attendre à ce qu'il comprenne ce que tu ressens si tu ne lui dis rien.
- Je sais.
Le jeune homme hocha la tête en se mordant l'intérieur de la joue.
- Je sais que je dois faire quelque chose. Qu'on ne peut pas continuer longtemps comme ça.
Renji marqua une courte pause.
- Et puis vous non plus.
Laissant ses deux amis un peu ébahis. Où était donc passée la légendaire neutralité du vice-capitaine ?
- On te demande pas ton avis.
- Non, mais je le donne. Je ne sais pas ce qui va pas entre vous, vous vous aimez, vous vivez ensemble depuis des dizaine d'années, vous vous battez ensemble, vous êtes... le couple que tout le monde aimerait être. Alors ne gâchez pas ça. »
À nouveau il sentit sa gorge se serrer. Il était sincère en plus. L'harmonie et l'unité qui régnait entre Ikkaku et Yumichika avait toujours été à la fois un mystère pour lui et un exemple à suivre. Les voir se bouder le mettait mal à l'aise.
Lorsqu'il rentra à sa capitainerie, Hitsugaya trouva son vice-capitaine en plein apéro avec deux de ses collègues.
« Mais qu'est-ce que c'est que ça ? Fit il, une veine palpitant sur sa tempe.
- Capitaine ! Vous êtes déjà de retour ! D'habitude ça dure plus longtemps.
- C'est un bureau ici, pas un salon de thé.
- Ouais mais c'est mon bureau.
- Bonjour capitaine Hitsugaya, firent les deux invités, à savoir Hisagi et Kira qui sirotaient leur saké.
- C'était bien la réunion ? S'enquit Rangiku, qui était déjà un peu pompette.
Le jeune capitaine s'interdit de faire le moindre commentaire sur la consommation d'alcool au bureau et se força à participer.
- Mmh. D'ailleurs, vous deux, interrogea le tout jeune capitaine en s'adressant aux deux invités. Vous allez être admis à présenter votre candidature au poste de capitaine. À partir de demain, vous pourrez formuler votre demande au conseil des 46.
Les deux jeunes gens hochèrent la tête en silence.
- Et à ce propos, je suis obligé de te le demander, Matsumoto, mais n'es-tu pas intéressée par le poste de capitaine de la cinquième division, qui est toujours vacant ?
La jeune femme sembla dessaouler d'un coup et fixa son capitaine, l'air incertain.
- Je croyais que les candidatures de capitaines devaient être spontanées ?
- C'est vrai, mais rien n'empêche d'inciter les shinigamis qui le méritent de se présenter. - Nous allons aussi proposer cette alternative à Renji Abarai, puisqu'il fait parti des vice-capitaines les mieux à même de remplir cette fonction.
- Mais... je n'ai pas encore atteint le bankai, capitaine.
- En es-tu loin ?
- Pas vraiment. Mais je rencontre des difficultés.
Hitsugaya hocha la tête.
- Tout le monde est susceptible d'atteindre le bankai un jour. Cela doit pousser les officiers les plus capables à prendre des plus grandes responsabilités dans l'organisation du Gotei 13. »
Les deux autres jeunes gens avaient jusqu'ici observé un silence soucieux. Mais Hisagi prit la parole.
« Pour Renji, je peux déjà vous dire que ce n'est pas la place de capitaine qu'il brigue, mais celle de vice-capitaine.
Le capitaine de la dixième division leva un regard interrogateur.
- Il est déjà vice-capitaine.
- Certes, mais il a demandé à changer de division...
Kira hocha la tête et murmura :
- Pour de mauvaises raisons.
Et s'attira un regard surpris de son collègue.
- Il t'a dit quelque chose ?
- Non, mais ça se devine parfaitement bien.
- Pourquoi veut-il absolument changer de division ? Qu'est-ce qui s'est passé ? »
Les deux garçons dévisagèrent leur collègue féminine et haussèrent les épaules. Si Kira avait une vague idée de ce qui pouvait se passer dans le crâne de son ami, cela ne restaient que de simples suppositions.
« Mais ça ne vous regarde pas. Si vous voulez de détails, demandez-les à l'intéressé plutôt que faire courir des ragots. Matsumoto, au boulot. Vous deux, retournez dans vos divisions. »
Alors que les deux invités quittaient à regret les lieux, le jeune capitaine fit signe à sa subordonnée de se rapprocher.
« Viens ici Matsumoto.
- Capitaine ?
- Il y a encore une chose.
- Oui ?
- La division doit envoyer un volontaire, spécialiste du combat, pour une mission secrète et dangereuse sur Terre. En tant que force d'intervention rapide, il faut pouvoir présenter un homme ou deux à nous pour l'équipe de cette mission. Je peux te laisser te charger de la sélection, tu sais à qui faire appel.
- Je peux avoir des détails sur la mission ?
- Aucun. Juste que c'est très dangereux, et peu ordinaire.
- D'accord. Des conditions particulières sont nécessaires ?
Hitsugaya réfléchit quelques secondes.
- Je ne pense pas, non. La priorité c'est que ce soit un combattant expérimenté.
- Vous m'autorisez à me porter volontaire ?
Le capitaine hésita quelques secondes et puis lâche, à contre cœur.
- Oui, mais je n'appuierais pas ton choix. »
La jeune femme sourit. Franchement, quel capitaine couvait autant son premier lieutenant ? Tous peut-être. Mais en tout cas, ils le cachaient bien en public.
À la sixième division aussi le capitaine était rentré de sa réunion et, après un détour par chez lui pour reprendre une allure présentable et se laver, il eut la surprise de trouver son bureau vide.
Il avait vraiment le chic pour aggraver les choses dans des proportions incommensurables. Pourquoi déserter le boulot quand on a déjà fait des conneries monstrueuses avant ? C'est du suicide !
Byakuya sortit et attrapa le premier shinigami qui passait à sa portée.
« Venez ici.
- Oui capitaine.
La toute petite voix du jeune garçon lui appris qu'il était tout bonnement terrifié. Allons bon, qu'est-ce qui leur prend tous à croire que je vais les tuer net juste en leur parlant.
- Savez vous où se trouve le vice-capitaine ?
Le jeune garçon eut l'air complètement perdu. Tiraillé entre l'affection qu'il éprouvait (comme tout le monde), pour son vice-capitaine et l'obéissance sans borne qu'il devait à son capitaine. Si ce dernier utilisait les informations qu'il lui donnerait pour aller tuer Renji Abarai, il ne se le pardonnerait jamais.
Mais sous le regard froid et impérieux de Kuchiki, peu d'hommes résistent. En encore, pas longtemps. Aussi le jeune garçon désigna simplement la porte adjacente à celle du bureau de Byakuya et bafouilla.
- Il est dans son bureau depuis son retour, capitaine.
- Son bureau ? »
Byakuya se retourna et examina la porte avec intérêt.
Son bureau ? Depuis quand il a un bureau lui ?
Voyant qu'on ne lui demandait plus rien, le jeune shinigami prit la fuite le plus discrètement possible alors que Kuchiki se rapprochait de la porte en question. D'où sortait ce bureau « à Renji » ? Et puis la lumière se fit dans son esprit.
Ah ouais, c'est vrai que les vice-capitaines ont un bureau aussi rien que pour eux.
Mais il faut dire qu'il ne l'utilisait tellement presque jamais. La plupart du temps, Renji passait son temps de travail entre la salle des officiers, le terrain d'entraînement et le bureau de son capitaine. Et comme il ne faisait que le minimum de travail administratif, tous les dossiers restaient dans le bureau de Kuchiki. D'ailleurs, cela faisait plusieurs semaines que Renji ne restait travailler qu'avec lui, Byakuya eut l'étrange impression que tant qu'il y avait une chance que la journée de travail se finisse au lit ensemble, Renji resterait à travailler dans son bureau. Son repli stratégique dans ses quartiers prouvait que l'officier avait fait une croix sur la possibilité de finir au lit avec lui. Dommage, songea Byakuya, ça aurait pu arranger certaines choses.
Il resta donc bien con devant la porte en question, fixant les panneaux de bois comme si son simple regard pouvait les faire éclater. Pour une fois que c'était à lui d'aller chercher son amant autre part que dans une beuverie, il ne savait pas trop quelle attitude adopter.
Et puis, alors qu'il cherchait la meilleure manière de faire irruption dans le bureau de son vice-capitaine, un mot qu'avait prononcé le jeune shinigami le frappa. « il est dans son bureau depuis son retour ». son retour ? Son retour d'où ? Où avait-il été encore traîner et qui lui avait permis d'aller traîner n'importe où ?
Un mauvais pressentiment l'envahit à cette idée. Renji avait la solide habitude de pouvoir traîner n'importe où avec n'importe qui pour faire n'importe quoi. Et Byakuya n'aimait pas ça.
Finalement, il décida d'aller au plus simple et plus expéditif. Comme il s'apprêtait à entrer, il ne put s'empêcher de tendre l'oreille, histoire de voir ce qui se passait dans le bureau. Et puis il poussa la porte.
Dès qu'il fut entré, le vice-capitaine se leva de sa chaise comme s'il était assis sur un ressort.
« Capitaine. »
Gardant un silence qu'il espérait pas trop froid, Byakuya alla jusqu'à la table au milieu de la pièce, et au passage détailla le bureau qu'il n'avait encore jamais visité. Ou peut-être si, une fois, lorsqu'on avait refait le bâtiment. La pièce était petite et éclairée par une étroite fenêtre. Tous les meubles étaient du même bois sombre et il n'y avait, pour ainsi dire, aucune décoration. Des grands placards qui couvraient un pan du mur constituaient l'essentiel du mobilier et Byakuya apercevait un futon par une porte mal refermée.
De toute évidence, Renji ne passait pas beaucoup de temps dans ce bureau. Il fallait donc que ce soit contraint et forcé qu'il se fût réfugié là.
Face à lui, le jeune homme attendait que son capitaine daigne lui adresser un mot. Byakuya nota avec intérêt que ses cheveux, habituellement retenus par un nœud et un bandeau, étaient lâchés sur ses épaules. Ne l'ayant vu ainsi qu'au combat ou au lit, Byakua se demanda ce qui avait bien pu pousser Renji à se décoiffer ainsi. Et puis il constata que ses habits aussi étaient relâchés, la ceinture un peu tombante, les manches de sa veste sommairement roulées sur ses bras. Il y avait de la négligence dans l'air, or Kuchiki tolérait difficilement la négligence chez les siens.
Il s'approcha et fixa sévèrement son vice-capitaine qui cherchait à accrocher son regard désespérément.
« Où étais-tu ?
Si on le lui avait demandé, Renji aurait préféré une autre entrée en matière, mais à tout prendre, il était déjà heureux que Kuchiki continue à lui adresser la parole.
- À la onzième division pour... Il hésita et chercha de toutes ses forces une excuse valable. N'en trouvant pas, il noya le poisson plus ou moins habilement.
- Pour tout ça quoi.
Le capitaine hocha la tête. Il savait qu'il n'y avait rien entre Renji et son ami Madarame. Mais tout de même, cela commençait à bien faire.
- À l'avenir, réserve tes visites de courtoisie pour tes heures libres.
- Oui, capitaine. À vos ordres. »
Balayant la pièce du regard, Kuchiki chercha un siège, histoire de continuer cette conversation plus à l'aise. N'en trouvant pas, il se résigna à rester debout face à Renji qui n'osait pas s'assoir tout seul.
Finalement, le silence s'installant, ce fut l'officier qui entraîna la conversation dans un terrain plus glissant.
« Vous savez, capitaine. Il ne s'est rien passé cette nuit entre moi et...
- Je le sais.
Il l'avait coupé, pas besoin d'entendre la fin. Il se sentait lui-même parfaitement idiot d'avoir pu penser que Renji l'avait trompé.
- Ikkaku est resté, parce qu'il était trop ivre pour rentrer dans sa division seul. Cela ne se reproduira pas.
Byakuya leva les yeux, un peu interloqué du ton catégorique de son vice-capitaine. Il ne lui en demandait pas tant. Tout le monde peut faire des erreurs, et tout le monde peut persister dans ses erreurs. Ce n'est pas criminel.
- Je sais qu'il ne s'est rien passé entre vous. Je n'ai pas apprécié la découverte au réveil.
Il se sentit rosir, les mots lui avaient échappés. Il ne voulait pas laisser entendre à quel point il avait pu être touché par cet épisode. Ceci dit, vu l'état dans lequel il avait laissé le terrain d'entraînement, il ne pouvait pas faire comme si de rien n'était. D'ailleurs, il faudrait faire quelque chose pour le terrain d'entraînement. Surtout que les deux équipes les moins expérimentées de la division devaient reprendre les entraînements le lendemain. Bordel, il faudrait qu'il s'en occupe rapidement.
- Je vous présente mes excuses, capitaine, pour ma conduite. Je sais que... que je n'ai pas toujours un comportement qui vous fasse honneur mais je promets de faire mon possible pour m'améliorer. »
Pour le coup, Byakuya en resta comme deux ronds de flan. Renji qui, conscient d'être un abruti complet, choisissait de son plein gré de renoncer à la connerie pour lui faire honneur. Il y avait quelque chose de carrément malsain dans ce brusque changement d'attitude. Byakuya ne pouvait pas encore dire s'il appréciait l'attention, tant il était choqué par ce qu'il venait d'entendre. Il prit quelques longues secondes, plongeant dans un silence pensif, pour digérer la dernière tirade de son lieutenant.
Et puis un léger sourire fleurit sur ses lèvres. Très léger le sourire, du genre qu'il faut un microscope pour en apercevoir le bout. Mais il ne dit rien. Il ne pouvait pas dire merci. Ah non, Byakuya Kuchiki qui dit merci après s'être fait à moitié trahir, ça ne se fait pas.
À moitié, parce qu'il restait tout de même une grosse épine dans le pied des beaux discours de Renji.
« Est-ce vrai que tu as demandé ta mutation ?
Renji déglutit et la température chuta de quelques degrés. Fatalement, il devait bien s'expliquer un jour.
- Capitaine, je voulais vous en parler.
Le silence froid de Kuchiki lui indiqua qu'il était tout ouïe.
- Je... j'ai besoin d'aller plus loin.
Il inspira profondément.
- J'ai besoin de savoir ce dont je suis capable, de voir si je peux être un bon officier sans votre soutien, et si je suis apte à devenir un jour, capitaine.
Et puisque Kuchiki gardait toujours le silence, il continua.
- J'ai l'impression d'avoir été trop dépendant de vous. Un capitaine doit pouvoir s'appuyer sur son lieutenant, et moi, je fais le contraire. Alors j'ai besoin d'agir par moi même, et non plus par vous.
Byakuya secouait la tête, complètement choqué par ce qu'il entendait. De toutes les raisons qu'il avait imaginé pour expliquer le départ de Renji, cette hypothèse ne lui était jamais venue à l'esprit.
- Qui plus est... Renji se mordit la lèvre et jeta un regard hésitant à son interlocuteur avant de continuer. Notre relation, telle qu'elle est... je veux qu'elle existe au delà du fait que nous soyons capitaine et vice-capitaine.
Byakuya continuait de secouer la tête, incapable de saisir la logique qui poussait Renji à partir. Lui ne voyait cela que comme une trahison.
- Cela ne veut pas dire que je n'ai pas de sentiments pour vous. J'ai juste besoin de... m'éloigner.
Et là, ce fut la goutte d'eau. S'éloigner ? Non mais on croit rêver. Comme si le service de la cour pouvait s'embarrasser d'angoisses existentielles.
- Et je peux savoir quelle affectation tu as demandé ?
Renji sursauta au ton polaire de son capitaine. Bon, ben il était tout sauf convaincu. Mais maintenant, il n'avait plus le choix, il devait tout lui dire.
- La neuvième division.
- La neuvième ?
-Shuhei Hisagi postule pour la succession en tant que capitaine. Et moi pour prendre la sienne.
- En admettant qu'il devienne capitaine.
- Bien entendu. »
Byakuya croisa enfin le regard franc de son lieutenant et n'y vit nulle bravade. Juste un mélange douloureux de tristesse et de résolution. Alors il était décidé. Byakuya savait reconnaître un homme qui ne reculera devant aucun obstacle. Il avait un tel homme sous les yeux. Et c'était aussi pour cela qu'il l'aimait autant, parce qu'il était têtu, borné, idiot et buté, parce qu'il savait rejeter la défaite, la déroute, parce qu'il pouvait se battre jusqu'à la mort s'il le fallait.
Il ne comprenait pas ses raisons mais elles devaient être importantes puisque Renji semblait bien décidé.
Sauf que voilà, lui aussi avait son opinion sur la chose. Et sa volonté non plus ne supportait pas les contradicteurs. Il aurait eu des milliers de questions à lui poser, des tas de chose à lui dire, à expliquer, à raisonner, mais il hocha simplement la tête. Ils verraient bien quelle volonté serait la plus puissante.
« Bien.
Voyant que son capitaine faisait mine de faire demi tour en le saluant légèrement de la tête, Renji se précipita sur la porte d'entrée.
- Capitaine.
- Nous avons tous les deux du travail, Renji.
Barrant presque le passage à son supérieur, Renji lui attrapa doucement le bras et se rapprocha dangereusement de lui. Dangereusement, parce qu'à cette distance entre deux personnes, il n'y a que deux options : le coup de boule ou le patin.
- Je veux que vous sachiez, avant tout. Je vous...
Il se pencha au plus près possible de Byakuya, pour pouvoir lui murmurer à l'oreille avec l'assurance qu'aucun son ne pourrait être entendu de l'extérieur.
- Je vous... je vous veux.
D'un geste sec, Byakuya se recula pour fusiller du regard son amant, les yeux écarquillés à l'extrême.
- Je suis désolé, mais je ne pense qu'à vous, fit Renji en attrapant les poignets de son capitaine pour l'attirer à lui. Je sais ce que vous allez en penser, et ça m'est bien égal. Je veux juste que vous sachiez que je n'arrive pas à ne plus y penser, à ne plus rêver de vous. Je veux que vous sachiez que quoi qu'il arrive, vous occupez toutes mes pensées.
Doucement, Byakuya se dégagea à nouveau et ouvrit la porte, laissant Renji en arrière.
- Capitaine. Je ne...
- Retourne à ton travail, Renji. Rapidement.
Le jeune homme soupira en s'effaçant pour laisser passer son supérieur. Mais alors que celui-ci passait, Renji lui barra le passage de l'espace de ses bras et se pencha sur lui.
- Capitaine, il ne s'est rien passé avec Ikkaku. Il a juste passé la nuit ici.
Byakuya hocha la tête et serra les dents.
- Je le sais parfaitement. Il n'empêche, ton attitude est déplorable.
Doucement il s'écarta de la porte, reculant juste assez pour le passage d'une personne.
- Capitaine, fit-il respectueusement.
Ce dernier lui lança un regard sévère.
Le jeune homme savait qu'il en faisait trop ; non, il n'essayait pas de le séduire, ou quelque chose comme ça, il savait qu'il n'y avait aucune chance, qu'ils ne vivaient pas dans le même monde et que leurs conceptions de la séduction étaient aussi éloignées que le couchant du levant. Il voulait juste être près de lui, et être le seul.
Et Kuchiki retourna dans son bureau, sans savoir quoi penser des derniers mots de Renji.
La journée se termina sans incident notoire, jusqu'à ce que Renji tente de tenir compagnie à son capitaine pour la nuit et se fasse rembarrer sans ménagements. Sans avoir l'air de comprendre les intentions de son amant, Byakuya avait simplement annoncé qu'il rentrait au manoir des Kuchiki et que Renji serait d'astreinte pour la nuit. Il s'en fut sur un « bonne nuit » non pas froid, mais distant.
Laissant le pauvre lieutenant con comme une marteau sans manche sur le pas de sa porte.
C'est normal, faut bien que je paie un peu pour tout ce que j'ai fait.
Il avait finalement trouvé une âme en peine et d'astreinte également pour écluser un verre avec lui au bar le mieux fréquenté du coin. Lorsqu'il était arrivé à l'établissement, il avait trouvé Kira et Hinamori en pleine discussion sur les mutations prochaines. Kira avait annoncé officiellement qu'il postulait pour le poste de capitaine de la troisième division, ayant atteint le bankai depuis quelques mois déjà.
Renji s'était joint à eux avec au petit pincement au cœur. Cela faisait longtemps qu'il n'avait plus passé une soirée avec ses vieux amis de l'académie.
« Tu as déjà les recommandations des capitaines ?
- J'ai les recommandations des capitaines Unohana et Hitsugaya.
- Toshiro ?
- Oui. Cela m'a surpris aussi au début, c'est le premier qui est venu me voir pour me demander si je comptais prendre la succession d'Ichimaru.
Renji hocha la tête.
- Le capitaine Hitsugaya a un grand sens des responsabilités.
Momo ne put s'empêcher de rire discrètement.
- Toi tu le connais depuis l'enfance, c'est normal que tu le voies différemment.
- C'est vrai. Mais dans mon cœur, c'est toujours un gamin.
- C'est un gamin, confirma Renij en vidant son deuxième verre.
La jeune femme disputa son ami pour la forme et se leva.
- Il faut que j'y aille. Je prends mon service tôt demain.
- Mais, Hinamori, tu n'as pas de capitaine, alors tu peux faire ce que tu veux.
Les deux vice-capitaines fixèrent Renji avec surprise.
- Tu croyais vraiment qu'on a fait tout ce qu'on voulait sans capitaines ?
- Ben ouais. Pourquoi ?
Kira expliqua en quelques mots la situation à son ami.
- En cas de vacance du capitaine, une division est sous la tutelle de la première division et son organisation est chapeautée par le capitaine d'une autre division. Dans mon cas, c'est le capitaine Unohana qui m'a aidé à organiser et gérer la division lorsque le capitaine est parti.
- Et toi Momo ?
- C'est le capitaine Ukitake qui m'a aidée. Et je tiens à garder des horaires stricts, même pour moi. Sans quoi il est impossible de maintenir une bonne discipline parmi les hommes. »
Renji fit signe qu'il comprenait et ils souhaitèrent bonne nuit à leur amie.
Une fois qu'elle eut disparu au coin de la rue, Renji reprit.
« Je la savais sérieuse, mais je ne pensais qu'elle prenait les intérêts de sa division aussi à cœur.
- C'est un bon officier tu sais. Elle a beaucoup souffert de la trahison d'Aizen et aussi, elle a eu le sentiment de n'avoir été choisie pour vice-capitaine que parce qu'elle était utile aux plans d'Aizen et facilement manipulable. Cela l'a forcée à se remettre en question.
Renji hocha la tête et, prit d'une inspiration subite, il demanda.
- Et toi ?
- Quoi moi ?
- Comment... enfin, la défection du capitaine Ichimaru.
- Ben maintenant qu'on sait qu'il n'a pas vraiment trahis, ça va mieux. Et puis, moi c'est différent, je n'adulais pas Ichimaru, je rêvais de prendre sa place un jour, comme tous les vice-capitaines !
Renji eut un sentiment de malaise soudain. Lui, il ne voulait certainement pas prendre al place de son capitaine. Il voulait être capitaine en même temps que lui. Il voulait être son égal. Mais pas lui passer dessus. Enfin si, mais pas dans le même sens.
- D'ailleurs, toi tu es bien parti.
- Hein ?
- Ben, à force de te laisser seul à t'occuper de la division, il te prépare bien à la succession, Kuchiki.
- Pourquoi me laisser seul ? Il l'a fait qu'une seule fois.
- Ouais la dernière fois pour capturer la créature, mais là, il va y avoir la mission suicide.
Renji en perdit sa mâchoire qui vint heurter le plancher. Qu'est-ce que c'est que cette histoire encore, on fait uns mission suicide sans me prévenir ! C'est un scandale !
- La mission suicide ?
Kira ferma les yeux. Il venait de gaffer. Il ne savait pas encore dans quelles proportions mais il venait de gaffer.
Ouais, la mission qui a été décidée ce matin en conseil des capitaines pour découvrir pourquoi ces créatures s'échappent des enfers et sévissent sur Terre.
Renji haussa les sourcils. En gros, il s'agissait de refermer les portes de l'enfer qui avaient des fuites ? C'était tout pourri en fait.
- C'est ça la mission suicide ?
- Ben... Aller en Enfer, je vois pas ce qu'il te faut de plus.
- C'est que tu n'as jamais vécu à la onzième, riposta Renji avec un sourire carnassier.
Y'a pas à dire, pour la bourrinade et le danger mortel, ce sont les meilleurs !
Renji réfléchit quelques secondes. Alors comme ça, Kuchiki partait en mission en enfer, sans le prévenir, sans lui demander son avis et, pire encore, sans lui proposer de venir aussi. En plus, à bien y réfléchir, étant le premier à avoir découvert ces créatures, il était mieux placé que quiconque pour mettre au clair cette affaire.
Kira le regarda, devina sans peine où le menaient ses pensées, et soupira.
- Ne te casse pas la tête, tu n'as aucune chance de partir aussi. On n'envoie pas en mission les chefs d'une division.
Renji haussa les épaules.
- Ça s'est déjà vu. Et puis ça fait longtemps que je ne suis pas parti en mission. Ma convalescence est terminée et je me rouille.
- Tu te cherches des prétextes.
- Ouais. Nan, je ne veux pas qu'il parte en mission sans moi.
S'étouffant dans sa vodka-grenadine, Kira toussa quelques longues secondes.
- T'as pas confiance ?
- C'est pas ça. Je vais quitter sa division, si en plus il part tout seul en mission au même moment... je ne sais pas. J'ai l'impression de le perdre. Et puis avec le coup d'Ikkaku... là, j'ai intérêt à faire dans la dentelle.
- Le coup d'Ikkaku ?
En quelques mots, Renji résuma la pénible histoire et conclut par un « faut que je me tienne à carreau » fataliste.
Kira hocha la tête, désapprobateur.
- C'est pas joli joli tout ça.
- Hé ! Je suis privé de nuit avec lui pour la peine. Il a la rancune tenace alors que je n'ai rien fait et qu'il le sait.
- Quand on aime quelqu'un, on ne lui permet pas de douter.
- C'est bien ce que je dis, s'il m'aime il ne doit pas douter de moi.
Non, toi, tu n'as pas à te mettre dans des situations où son doute serait légitime.
- Je ne...
- Si. Si tu l'aimes, tu dois être tellement irréprochable qu'il n'en reviendra pas.
- Mais je ne veux pas le perdre...
- Lui non plus je pense. En étant irréprochable, tu lui facilites la vie, mais de toute façon, s'il t'aime, il pardonnera, il comprendra. Quoique tu fasses, s'il t'aime, il saura pardonner. Tu ne penses pas ?
- Je ne sais pas.
Kira esquissa un sourire. Il pouvait se targuer de connaître Renji par cœur. Il avait été témoin de toutes ses aventures de l'académie, des coucheries, des conneries, des doutes, des colères... et de tout ça, il en avait retenu une chose. Une seule. Renji avait besoin de se donner. D'être entièrement dédié à une personne, de n'avoir qu'un être qu'il aime parfaitement et qui l'aime en retour. Et c'était tellement dur à trouver qu'il finissait inévitablement par aller à droite à gauche en attendant de trouver quelqu'un qui veuille bien correspondre à son idéal.
- Allons, regarde comment as-tu réagis quand Rukia a donné ses pouvoirs à Ichigo. C'était un crime, pourtant tu n'as pas vraiment approuvé la sanction.
- Je ne... okay. Même si on n'approuve pas, même si on ne comprend pas, on est... putain. Mais Rukia j'aurais été de son côté quoi qu'elle ait fait.
- Voilà.
- Tu oublies que lui, il a failli la laisser exécuter. C'est pas vraiment le soutien absolu.
- Oui, mais lui il n'était pas amoureux de Rukia. Pas autant qu'il l'est aujourd'hui de toi.
- J'espère. »
L'air d'attendre quelque chose, Kira fixa avec insistance son ami.
« Alors ?
- Alors quoi ?
- Ben tu y vas ?
- Où ?
- Le retrouver.
- Je vais pas aller le réveiller. Il m'a foutu dehors tout à l'heure, je ne vais pas aller le réveiller maintenant.
Avec un haussement d'épaule peu convaincu, Kira rétorqua.
- Y'a une époque où tu ne te gênais pas pour te faufiler dans des lits en pleine nuit et agresser tes conquêtes.
- Ouais, ben c'est révolu tout ça. Je suis sérieux et digne maintenant.
- Sans rire ? Quel est le manipulateur qui t'a fait croire que cela t'était possible ?
- Arrête, faut que je sois à la hauteur. C'est Byakuya Kuchiki, pas n'importe quel péquenot.
- Et qui te dit qu'il ne préfère pas le Renji idiot et sans gêne, ton capitaine ?
- Hein ?
- Des gens raffinés et polis, il en a toute la journée, et des pelletées. Tu peux toujours jouer la différence. ».
Renij se tut quelques instants et contempla son verre vide pensivement. Il devait réfléchir calmement et s'imaginer comment allait réagir Kuchiki à une énième bêtise de sa part. Pas simple.
« Au fait Izuru, tu as quelqu'un en ce moment ?
Le jeune homme s'assombrit et il secoua la tête.
- Toujours rien dit à Hinamori ?
- Arrête avec ça.
- Moi, pour ce que j'en dis. Grouille, d'autres vont venir »
Un sourire en tranche de courge sur le visage, Renji paya ses verres et salua son ami qui tirait maintenant une gueule de six pieds de long. Dans un shunpo parfait, il se trouva à la capitainerie, il entre dans le bureau du capitaine, notant au passage que ce dernier avait perdu l'habitude d'en fermer la porte à clé depuis qu'ils y passaient leurs nuits.
Il farfouilla dans les tiroirs et tomba sur le formulaire de mise à disposition des volontaires pour les missions secrètes. Il en remplit un à son nom, chercha quelques longues minutes pour trouver le dossier de la mission secrète en question. Équipe combattante, soutien médical, base arrière sur Terre, c'est la mission parfaite pour moi ça ! Il glissa le feuillet dans le dossier et sourit. Et voilà, je pars en mission avec vous, capitaine.
Après une seconde d'hésitation, il tira la chaise du bureau de Kuchiki et s'assit à sa place. Effectivement, la place de capitaine l'appelait. Il le pouvait et le voulait. Mais ce qu'il voulait avant tout c'était être à la mesure de l'homme qu'il aimait. Et il avait placé la barre si haut que ses maigres forces lui semblaient bien dérisoire.
À quelques kilomètres de là, dans le vaste de manoir des Kuchiki, un homme ne dormait pas. Le visage baigné de la pâle lueur de la lune, Byakuya se sentit frissonner. Il est entré dans mon bureau en pleine nuit. Le capitaine hocha la tête. Il ne savait pas ce que faisait Renij, et ce il ne comprenait pas ses décisions. Il réalisait inconsciemment que Renji ne pouvait rien faire de dangereux ou de mauvais pour lui, ses sentiments étaient réels. Il ne pouvait pas en douter. Mais en dehors de ça, il ne savait comment interpréter les faits et gestes de son vice-capitaine.
Tout ce qu'il savait c'est qu'il l'aimait et qu'il ne voulait pas le perdre. Qu'il ne voulait même pas le voir loin de lui, il ne voulait pas le voir quitter l'espace de ses bras. Et cette possessivité lui faisait mal. Il ne voulait pas connaître la perte une fois de plus, que ce soit par la mort ou l'abandon.
La différence entre la fatalité de la mort qui frappe tout être vivant et l'absurde douleur d'être abandonné, c'est que contre la douleur, on peut se battre. Il pouvait se battre pour garder l'homme qu'il aimait auprès de lui. Et quand Byakuya Kuchiki décide de se battre pour quelque chose, ça donne généralement du sang, de la sueur et des larmes (Winston copyrights), mais rarement les siens.
A SUIVRE...
Dans le prochaine épisode :
« Dites-moi juste ce que vous attendez de moi ?
- Que tu te couches et que tu te taise. »
IMPORTANT _ IMPORTANT_ IMPORTANT_ IMPORTANT_ IMPORTANT_ IMPORTANT_ IMPORTANT
Petit message TRES IMPORTANT : nous ne publions pas pendant l'été (AIIIEUUUHH arrêtez de jeter des pierres ! ça fait mal bordel !) Donc la publication reprend en SEPTEMBRE. Rendez-vous le 4 septembre pour un nouveau chapitre qui déchire du ragondin au presse purée !
En attendant, si vous vous ennuyez, nous vous invitons à relire toutes nos fics :)
Enfin, nous en avons la preuve : les lecteurs/lectrices sont masochistes ! Si si si, ne niez pas là, vous au fond. Plus on vous engueule, plus vous en redemandez ! Y'en a même une qui veut se faire fouetter (elle se reconnaîtra... si tu veux du fouet, ça peut s'arranger... et des menottes aussi) ! Nan mais faut pas nous tenter, on est déjà assez détraqués comme ça ! XD
Aller, merci pour toutes les reviews et bonnes vacances !
Réponses aux reviews-z-anonymes mais pas alcooliques :
looxer : oui, bien sûr, nous nous droguons régulièrement, histoire de garder la forme et un bon rythme de publication. Merci encore pour avoir aimé cette fic, et y avoir trouvé toute l'émotion et la sensibilité qu'on veut faire passer. On espère que ce chapitre t'a plu et on t'attend pour le suivant !
celle qu'on ne connaît pas (mais bon, depuis le temps, elle fait presque partie de la famille là XD) : merci encore et toujours pour tes reviews si bonnes à lire. Pour la question du style des lemon, c'est simple, dès qu'un truc peut avoir un rapport avec du cul, on en fait un lemon, contents de voir que cela t'a plu. Tes reviews nous encouragent toujours à faire de notre mieux et à être plus imaginatifs à chaque fois. On est vraiment ravis que le chapitre précédent t'ait plu, on espère bien que celui-ci aussi. Encore bon courage pour tes exams, garde tout de même un peu de temps libre et pour te détendre avec une bonne fic XD (allez, c'est bientôt les vacances, dernière ligne droite)
hidakatsuki-x : oui, la drogue, c'est bon XD en tous cas pour écrire, ça booste pas mal. Merci pour ta review, on espère que tu as autant aimé ce chapitre. et rdv en septembre pour le suivant.
pour aurelyee : oooohh la première review ! Bon, on va faire du spectaculaire alors.
REPONSE A LA PREMIERE REVIEW DE LA BELLE ET DOUCE AURELYEE : (désolés, quand on pête un câble, c'est pas à moitié ^^) MERCI encore et beaucoup !
