Loli : Comment ça "trois semaines de retard" ? TROIS SEMAINES ! Tu charries !
Jimi : Si, si, si, je t'assure, on a trois semaines de retard là. Quasiment un mois.
Loli : naan, tu déconnes, tu dis ça pour m'énerver !
Jimi : heuuu je te jure. ça fait trois semaines. D'ailleurs, les lecteurs commencent à s'énerver. Y'en a une qui m'a jeté un caillou par MP.
Loli : C'est juste que ta tête doit pas lui revenir, c'est tout.
Jimi : je me suis mal exprimé : elle nous a jeté un caillou par MP. Si tu veux mon avis, il faut publier discrétos, rapidos sans faire de vagues, histoire d'échapper à la lapidation générale :/
Loli : T'es sûr ? Tu crois qu'elles vont s'apercevoir de rien ?
Jimi : on peut toujours essayer. Et puis pour détourner leur attention on fait un petit cadeau, un jeu-concours, un truc dans ce genre.
Loli : ah ouais, style Les trois premiers à lire et reviewer ce chapitre gagnent une fic dédicacée sur le fandom de leur choix, avec les perso de leur choix et le thème de leur choix ?
Jimi : exactement ! Comme ça on se fait pardonner direct !
Loli : mouais, on va bien voir si ça marche. Je te préviens, je ferais pas un rempart de mon corps si elles attaquent ! C'est des furies par ici !
QUARANTE JOURS ET UNE RECHUTE !
Le devoir III
« je suis pur et sans transgression ; je suis net et sans faute »
Jb. XXXIII, 9
Le matin se levait doucement, paresseusement, à peu près comme Renji qui se levait tout doucement, très paresseusement, tellement paresseusement qu'il ne se levait pas du tout, il préférait pioncer quelques minutes... heures encore. Un regard à la fois sévère, étonné et amusé le couvait, Kuchiki trouvait à la fois touchant et sans gêne de l part de Renji de s'être endormi à sa place de capitaine. Soit cela relevait d'une ambition démesurée et complètement hors de portée du vice-capitaine (en tous cas, selon Kuchiki), et dans ce cas, il allait s'en repentir. Soit cela se rapportait plutôt à une espèce de fétichisme et là, pour le coup, ça devenait parfaitement flippant. Byakuya déglutit avec difficulté, si Renji était assez mordu pour vouloir dormir sur « sa » chaise, il devait commencer à se poser des questions. Dans un cas comme dans l'autre, il ne pouvait tolérer une telle attitude.
« Hem hem... »
Pour toute réponse à cet éclaircissement de voix sans équivoque, Renji poussa un ronflement plus sonore que les autres.
Byakuya se crispa. Renji était un être infiniment complexe dont la véritable nature lui échappait complètement. Il était d'une espèce différente. Celle des idiots. Cette espèce qui confère à ses spécimens un droit absolu de faire toutes les conneries du monde sans se faire défoncer par tout le monde. Ou plutôt, en survivant à tout défonçage de tronche.
Byakuya qui était d'une espèce plus noble et plus responsable se trouvait souvent désemparé face aux us et coutumes des idiots. Mais par amour, il les supportait.
"Par amour ?
- On en a déjà parlé, mon pote, intervint la petite voix de la conscience.
Byakuya lorgna sur son vice-capitaine qui bavait sur son bureau. Et il tenta de ramener sa conscience à la raison, aussi absurde cela puisse paraître.
- Tout de même, tu admettras que c'est difficile à croire en le voyant ainsi.
- Certes, mais tu l'aimes.
Byakuya haussa les épaules. C'était trop dur de s'en convaincre là, tout de suite, alors que Renji poussait un nouveau ronflement, avec un sourire débile sur le visage.
- Qu'est-ce qu'il a à sourire aussi bêtement ?
- Il sent ta présence, ça le rend heureux.
- Silence."
Kuchiki décida qu'il en avait assez vu en termes de connerie et de débilité, alors il chassa la petite voix et sortit de son bureau en claquant la porte violemment. Il retourna tranquillement chez lui et s'installa dans son vaste bureau familial qui aurait facilement contenu quatre fois celui de sa capitainerie et se remit à toute cette paperasserie chiante à mourir, même pour quelqu'un comme Kuchiki qui était pas mal non plus dans le genre chiant à mourir.
Le bruit de la porte claquant tira brutalement Renji se son sommeil. Il releva la tête, les yeux rouges et boursouflés. Un instant complètement hagard, il poussa un « gné ? » parfaitement shooté tentant de comprendre d'où venait ce bruit parasite. Et puis un deuxième « agueuh ? » lui sortit du gosier, alors qu'il tentait de comprendre où il était.
Le bureau du capitaine ? Mais qu'est-ce que je fous là ?
Il contempla un instant la pièce. Personne d'autre que lui n'était là, alors qu'il devait être assez tard, comment se faisait-il que Kuchiki ne soit pas encore là ? Et quel était ce bruit qui l'avait réveillé ? Comme il était bien en peine de donner des réponses satisfaisantes à ces questions (l'absence de Kuchiki ne pouvait pas simplement pas être due à une grasse matinée), Renji décida de se bouger un peu. Il migra jusqu'à son propre bureau et commença à tirer une pile de papier d'un tiroir, histoire de rentabiliser le temps d'inaction. La feuille de papier se posa d'elle-même sous ses yeux et il resta là bien cinq minutes à la contempler, perplexe. Que fallait-il faire ? Il y avait tellement de choses à faire, entre les rapports d'activité en retard, les rapports d'activité pas encore en retard mais déjà urgents et les différentes notes de service qui devaient être transmises entre chaque escadron de la division, les bilans de la semaine passée et la préparation des objectifs de la semaine à venir, il ne savait par quel bout commencer. Si l'on ajoute à cela le fait que les seules pensées cohérentes qu'il puisse formuler étaient « j'aime mon capitaine, qu'est-ce qu'il est classe, qu'est-ce qu'il est beau, j'ai envie de lui faire l'amour toute la nuit », la situation de Renji était, pour le moins, impropre à tout travail efficace. Pour preuve, la feuille blanche qui ne se couvrait d'aucune écriture. Quelques longues minutes passèrent encore, le temps pour Renji de réaliser que sa petite tricherie de la veille sur sa fausse nomination dans l'équipe d'enquête en Enfer n'avait aucune chance de passer inaperçue, et encore moins de chance de passer tout court. Oui mais c'était déjà fait... enfin, ce n'était pas définitif. Renji se remit au bureau de son capitaine et mit la main sur le dossier concerné... sur le.. heuu... quel dossier concerné ? Un vent de panique souffla dans la petite tête de nœud : mais où avait bien pu passer ce dossier ? Il était le seul à être resté dans ce bureau depuis la veille, personne n'aurait osé voler un dossier dans le bureau du capitaine. Sauf le capitaine lui-même peut-être.
Et merde, il est passé. Si ça se trouve, c'était ça le claquement de porte ce matin. Bien, bon, ben ça c'est fait, maintenant qu'il m'a vu dormir à la place du capitaine, je vais encore devoir me taper sa sale gueule de constipé. Alors qu'il peut être charmant quand il veut.
Au moment même où Renji refermait le tiroir du bureau du capitaine la porte s'ouvrit et la gigantesque paire de lunette apparut.
« Nanako ?
- Ouais ? T'es tout seul ici ? Personne ne sait où est passé le capitaine.
- Ben moi non plus, il a dû rester chez lui pour travailler.
- T'es là bien tôt ? T'es tombé du lit ?
La jeune femme entra carrément dans le bureau et vint en face de son supérieur, les bras croisés et le regard inquisiteur. Voir Renji au bureau avant la fin de la matinée tenait du miracle.
- J'ai dormi ici, j'avais des trucs à faire.
- Des trucs ? »
La jeune (?) femme dévisagea le lieutenant un instant. L'idée que Renji reste au bureau la nuit pour travailler était tout bonnement inimaginable. Les plus jeunes shinigamis de la division n'avaient jamais vu leur lieutenant travailler plus de deux heures d'affilée et le dernier qui l'avait vu faire des heures supplémentaires pour de vrai (et non pour glander avec des potes autour d'une bouteille) était déjà mort depuis longtemps. À vrai dire, il n'y avait que Kuchiki qui avait vu Renji travailler avec assiduité depuis les dix derniers mois, mais ça ne compte pas : la raison de sa présence au bureau était bien plus l'attrait du capitaine que le sens du devoir. Donc, si Renji était resté au bureau pour faire « des trucs », c'était soit des « conneries », soit des... heu... comment dire sans choquer les prudes oreilles de nos lecteurs les plus jeunes... des « cochoncetés ».
« Ouais, des papiers à finir.
Musokuri hocha la tête. Renji était définitivement resté pour faire des choses que la moral et le sérieux réprouvent.
- C'est ça... et donc tu ne sais pas où est le capitaine ? On le cherche.
- Moi aussi.
L'air complètement idiot sur lequel ces deux mots étaient dit arracha un haussement de sourcil surpris de l'officier.
- Depuis que Karuo l'a vu sortir du bureau, plus de nouvelles, c'était précu ça ? Il t'a rien dit.
- Du bureau ?
- Ben oui, de son bureau, d'ici quoi.
- De ce bureau ?
- À moins que vous ayez échangé de bureau pendant la nuit, c'est toujours le sien oui.
- Ce matin.
- Là encore, à moins que Karuo ait eu des visions, il était bien là ce matin.
- Merde.
- Pardon ?
- Je suis trop con.
- Merci de l'info, j'étais un peu au courant avant. »
Nanako lorgna sur Renji comme s'il était gravement atteint mentalement... enfin, plus gravement que d'habitude. Parce que déjà d'habitude il était bien à l'ouest, mais là, il arrivait à battre son record personnel.
Dans la tête de Renji, ça fonctionnait à nouveau à plein régime. Okay, il est passé, il m'a vu, il a dû avoir un choc... mais pas trop fort sinon il m'aurait tué sur place. Ou alors tellement fort qu'il n'a pas pensé à me tuer tout de suite. Et il s'est tiré ? Emportant le dossier. À l'heure qu'il est, il lit le dossier et voit ce que j'ai fait. Malheur, je vais me taper sa tronche de constipé toute la semaine au moins.
Nanako, qui en avait marre d'attendre plantée comme une betterave dans un potager face à un abruti au regard vide et à la bouche ouverte, haussa la voix.
« Oh ! Renji ?
- On dit vice-capitaine Abarai, s'il te plait, fit Renji avec autorité en se levant. »
La jeune femme en perdit son latin et déglutit. Renji qui tient à ce qu'on respecte son grade, et puis quoi encore ?
« Je dois m'absenter. Mets les escadres deux et trois à l'entraînement intensif, je passerai les voir en fin de matinée. Les escadres un, cinq et sept sont de garde. Les autres au repos. Que les officiers de gardent profitent de la journée pour terminer leurs rapports en retard, je les veux tous ce soir dans ce bureau. C'est compris ? »
Bouche bée, les yeux écarquillés, les bras ballants, Nanako hocha timidement la tête. Une telle démonstration d'autorité, faite sur un ton qui n'admettait pas de réplique de la part d'un tel hurluberlu avait de quoi choquer n'importe qui.
« Tu prends la permanence de commandement jusqu'à mon retour ou celui du capitaine, si on me cherche, je suis à la neuvième.
- Oui, souffla Nanako, perdue.
- Des question ?
- Non.
- Alors exécution. »
Kuchiki sort de ce corps ! Bon, vu le nouveau style de son officier supérieur, la jeune femme se garda bien d'exprimer la seule question qui lui passait par la tête, à savoir, « mais qui êtes-vous et qu'avez-vous fait de Renji Abarai ? » Elle contempla avec hébétude le jeune homme qui tournait les talons.
Ce dernier inspira longuement, une fois hors de vue de sa collègue. Ça lui foutait les boules de le reconnaître, mais il adorait commander. Il adorait voir la lueur vitreuse dans l'œil de ses contemporains lorsqu'il usait de son ton autoritaire. Le problème, c'est qu'il n'était pas sûr d'aimer cet amour du commandement. Comme annoncé, il se rendit chez son vieil ami, Hisagi.
La capitainerie de la neuvième division rappelait, par biens des aspects, celle de la sixième : austère et sobre. La première le devait au handicap de son ex-capitaine, la seconde, à la personnalité austère et sobre du sien. Renji soupira.
« T'as jamais voulu refaire la déco ?
- Plus tard.
- Et après on parle de moral des troupes !
- Je te préviens qu'il est hors de question que mes hommes aillent au bordel tous les vendredi soirs pour se remonter le moral.
- Mais nan, où tu vas chercher ça ?
- À la onzième.
- Nan, ça arrive pas tous les vendredi. Parfois c'est le jeudi.
- Bon, je veux pas savoir, on est là pour causer non ?
- Ouais. »
Assis face à son ami, Hisagi hocha la tête et se servit un verre, lui en proposa un et ils le vidèrent dans un bel ensemble.
« Bon, j'ai posé ma candidature ce matin. Tout ça sera examiné par les 46 tout à l'heure et le conseil des capitaines sera consulté ensuite. On devrait avoir la réponse en fin d'après-midi.
- Et puis on ira fêter ça.
- Mouais. Si on est encore vivants. Je me suis laissé entendre dire que ton capitaine n'était pas tout à fait consentant.
Renji fit semblant de voir la vie en rose. C'était assez dur après le réveil en forme de claquement de porte qu'il s'était pris le matin, pas besoin de lui rappeler qu'il avait plein de raison de se faire latter.
- C'est pas ses affaires non plus.
- Fais gaffe, il peut bloquer ta candidature.
- Il n'osera jamais, rétorqua Renji, prouvant par là qu'il n'avait aucun sens des réalités.
- Mouais. Et puis j'ai l'impression qu'il va me mordre chaque fois que je le croise maintenant. J'espère que ça va s'arranger rapidement ça, sinon les conseils de capitaines vont être très longs et périlleux pour moi.
- T'inquiète, il s'y fera vite.
- Vaut mieux pour toi.
- Et pour toi.
Hisagi hocha la tête tristement. Il était content que Renji lui ait proposé de devenir son vice-capitaine. À vrai dire, il n'avait pas voulu postuler pour devenir capitaine non par manque de confiance en lui mais simplement parce qu'il ne voulait pas diriger une division seul. Tosen avait pris soin de s'appuyer sur lui, d'utiliser ses talents et de lui faire confiance. Ils travaillaient ensemble. Et il ne se voyait pas faire ça avec son actuel troisième siège. La possibilité de travailler avec Renji changeait tout et lui assurait un solide soutien. En plus ils s'entendaient bien, ce qui était à sa yeux une condition sine qua non pour faire un bon commandement de division.
Cependant, Hisagi hésitait encore. Sincèrement, il avait déposé sa candidature mais il n'était pas encore tout à fait certain du bien fondé de son choix. Il avait atteinte le bankai quelques semaines auparavant, telle la consécration d'heures d'entraînement acharné et d'un travail sans faille. Pourtant quelque chose l'arrêtait. La pensée de son capitaine, le souvenir, et la sensation diffuse de prendre la place de quelqu'un.
« Tu hésites encore ?
- Ça va aller. »
Bien sûr que ça irait. Il pouvait le faire, il se sentait parfaitement prêt à devenir capitaine, pourtant il y avait ce souvenir, il devrait faire avec le passé, ce passé si douloureux.
« Ouais, on dit ça.
- Mets-toi à ma place une seconde. Qu'est-ce que tu ferais si on te disais que tu peux prendre la place de ton capitaine ?
Renji haussa les épaule.
- C'est impossible, le mien ne peut ni trahir, ni mourir.
- C'est pratique, c'est pour ça que tu veux le quitter ?
Renji serra les dents. Mais à Hisagi, il pouvait dévoiler le fond de sa pensée. Sinon ça ne servait à rien de lui faire confiance pour être capitaine.
- Non.
- Pourquoi alors ?
- Parce que... je ne peux plus aller plus loin avec lui. Pas sans lui causer du tort.
Pas besoin de préciser, Hisagi comprenait parfaitement qu'il ne veuille pas prendre la place de son capitaine, et même, qu'il ne veuille rien faire pour le surpasser au sein de sa division. Car c'était ça la sixième, la division des Kuchiki, et personne d'autre n'y touchait.
Hisagi se retourna et fixa Renji d'un air suspicieux.
- Je ne comprends pas, tu dois être le seul vice-capitaine qui a toujours vu son capitaine comme un ennemi.
- Pas un ennemi, un rival.
- Même. Comment fais-tu pour ça ?
- Parce qu'il m'a pris quelque chose d'important.
- Rukia ?
- Oui mais pas seulement.
- T'es compliqué, Renji, déjà à l'académie t'étais compliqué.
Un ricanement sournois échappa au jeune homme.
- Hein ? Tu rigoles, j'étais le coup le plus facile du cadran. D'ailleurs, t'en as bien profité.
- Moi ? J'ai plutôt souvenir que c'est toi qui en a profité. Avant toi, j'étais pur et innocent...
- Innocent ! Toi ? Tu sais même pas comment ça s'écrit !
- Prends pas ton cas pour une généralité.
- C'est vrai que tu étais le premier de la classe, entièrement dévolu à ses études, complètement coincé, reconnu Renji, un brin nostalgique.
- C'est... Hisagi se retourna brusquement, un doute affreux l'ayant saisi. C'est pour ça que tu viens chez moi ? T'as épuisé le vivier de la sixième ?
- T'as pas fini de déconner ? Je sais bien qu'on n'a pas besoin d'être dans la même division pour ça. D'ailleurs, si le cœur t'en dit, je suis seul ce soir.
Devant la vague hésitation de son ami, Renji eut un mouvement de recul.
- Oh ! Je déconne ! Ironie mon pote ! Ça va pas toi ?
- Si si, ça va.
- Attaaaa un peu. Y'a du Rangiku là-dessous ?
- Renji...
- Oui ?
- Occupe-toi des paires de fesses qui te regardent, pas des miennes.
- Tes fesses me regardent, puisque tu vas devenir mon capitaine.
Hisagi soupira et esquissa une grimace.
- Tu oserais dire ça à ton actuel capitaine ?
- Tout à fait, mentit Renji en souriant de toutes ses dents.
Il ne le ferait jamais, mais qu'est-ce qu'il aimerait lui dire !
- Te fous pas de ma gueule. Si tu deviens mon vice-capitaine pour m'emmerder un peu mieux chaque jour, je t'assure que ça va pas faire long feu.
- Promis, je me tiendrais en public. »
Les deux jeunes gens échangèrent un regard complice. Si leur deux promotions devenaient réalité, ils allaient en faire des conneries tous les deux. Étant jeunes, étudiants à l'académie des shinigamis, ils avaient développé une amitié teintée de méfiance, sans parler de quelques nuits d'ivresse qui s'étaient terminées... dans l'ivresse. Après leur première rencontre, lors de la sinistre mission qui avait valu à Hisagi ses blessures au visage, ce dernier avait surveillé de près ces trois jeunes têtes brûlées. Il avait tout de suite identifié Kira comme étant le plus sérieux. Le plus discret aussi, mais doué, inquiétant par moment, tant sa discrétion cachait tout de lui. À tout prendre, Shuhei préférait un jeune roquet un peu grande gueule qui se dévoile facilement plutôt qu'un gars calme, sage mais secret. Hinamori, celle qui l'avait le plus impressionnée, celle qui avait fait face au Hollow alors que tout le monde fuyait, l'avait à nouveau surpris. Extérieurement, elle avait tout de la gamine, la jeune fille timide et maladroite, intérieurement, il ne savait où elle puisait une énergie et une détermination hors du commun, alliés à un sens du devoir qui compensait bien le je-m'en-foutisme de ses deux amis. En Renji, il avait vu à la fois un danger et un défi. Le type incontrôlable, imprévisible et trop sûr de lui, impossible à ignorer, sa tignasse rouge trainant dans les couloirs de l'académie avec une arrogance juvénile.
Il était retombé sur eux assez rapidement. Toujours tous les trois ensemble, toujours à faire des conneries, toujours aussi surexités. Il s'y était habitué, comme tout le monde, et il avait même fini par trouver ça sympa, somme tout le monde. Et puis il avait passé une soirée de trop à se bourrer la gueule avec la bande des gamins. Le réveil avait été mémorable.
« Quoi ?
- Hein ?
- Pourquoi tu tires cette tête ?
- Rien, je repense au passé.
- Si c'est la fois où j'ai juré que je serai capitaine avant toi, ça compte pas, je venais d'exploser ton score aux examens partiels. Je pouvais pas deviner qu'il fallait un bon niveau en kido pour être capitaine. D'ailleurs, est-ce qu'il faut vraiment un bon niveau de kido pour être capitaine ? T'as déjà vu Zaraki faire un kido toi ? »
Shuhei sourit doucement. Quel abruti.
Et finalement, il avait été heureux de voir que la bande des trois était parvenue à faire trois vice-capitaines très doués. Et que lui aussi en était.
Il sourit à nouveau et resservit leur verre.
« Je te suis reconnaissant de vouloir être mon vice-capitaine. J'aurais pas choisi mieux. Mais tu risques d'avoir des regrets.
- Lesquels ?
Hisagi soupira.
- Si tu t'en aperçois pas tout seul, je ne peux pas t'aider. »
Renji soupira. Qu'est-ce qu'ils avaient tous à lui conseiller de réfléchir ? Il faisait jamais ça d'habitude.
Quelques coups discrets retentirent à la porte. Discret.. songea Hisagi, c'est signé.
Kira entra et salua ses deux collègues.
« Salut, je pensais bien te trouver là Renji.
- Salut Izuru, quoi de neuf ?
- Je viens de déposer mon dossier de candidature au poste de capitaine. La chambre des 46 doit statuer... bientôt.
- Youpi !
- Cache ta joie Renji. La demande doit passer devant les capitaines et là... on est mal barrés.
- Et pourquoi ça ? Vous êtes bons. Y'a pas de raison que vous soyez refusés.
Kira s'installa sur le canapé à côté de Renji et croisa les bras.
- Tu fais chier.
- Quoi ?
- Ben on a besoin de la recommandation des capitaines en siège pour pouvoir être nommés à notre tour. Déjà qu'il y a trois capitaines en moins, ce qui fait qu'on est obligé d'être approuvé par tous les capitaines en poste pour pouvoir entrer en fonction.
- Et alors ?
- Alors à tous les coups, Kuchiki va nous saquer.
- À cause de moi ?
- Sûrement. Déjà, Hisagi c'est sûr. S'il ne le tue pas, il va au moins l'empêcher de devenir capitaine, et moi, pour l'exemple, pour se défouler. Surtout qu'on est potes et qu'il peut craindre l'effet de groupe.
- Hé mais Hisagi a le bankai, il a pas besoin de se taper tous les capitaines de la cour.
- Il m'en faut au moins quatre.
- Hé ben. Ukitake, Komamura...
- Soi Fon m'a assurée de son soutien aussi.
- Et ben voilà. Soi Fon ?
Hisagi hocha la tête.
- J'aurais pas cru.
- Ouais, mais moi je ne maîtrise pas encore le bankai, il me faut le soutien des capitaines.
- Attends, c'est du jamais vu un capitaine qui ne maitrise pas le bankai.
- Si. Zaraki.
- Ouais, mais lui c'est spécial.
- Et puis de toute façon, c'est pas obligatoire le bankai, c'est un critère, pas le critère.
- Mouais. Mais l'un dans l'autre ma candidature est assez bancale comme ça pour pas en rajouter, remarqua Kira, l'air plus sombre que jamais.
- Bon, il faut pas désespérer. Ils veulent tellement avoir des capitaines pour remplir les trous qu'ils seraient prêts à nommer n'importe qui.
- Ils ont même proposé à Iba, c'est tout dire.
- Ben il ferait pas un bon capitaine Iba ? Fit Kira, content de changer de sujet.
Hisagi et Renji s'entreregardèrent, à moitié hilares.
- Iba ? Il passe plus de temps dans d'autres divisions ou au bar qu'à son poste. Même Renji bosse plus !
- Hé oh ! Je bosse moi !
- Arrête, on te connait, à qui veux-tu faire croire ça ? »
Y'en a un qui aimerait bien croire que Renji travaillait. Mais il en doutait. Lui aussi il le connaissait. Et même beaucoup mieux que ses deux amis. Et de ce qu'il connaissait de Renji, il pouvait raisonnablement supposer qu'il ne se noierait dans le travail, ou dans un essai de travail, que dans le but plus ou moins conscient de soulager sa pauvre âme d'un peu de culpabilité. Le travail en pâtissait généralement, mais au moins, Renji était calme pendant quelques heures. Là, il n'était pas dans son bureau en train de se morfondre sur sa profonde stupidité.
Et cela inquiétait vraiment Kuchiki et le fait de s'inquiéter pour Renji l'inquiétait aussi pour sa propre santé mentale.
Il soupira et se prit le front entre les mains. Depuis quand se morfondait-il ainsi ? Depuis quand avait-il envie de compagnie ? Depuis quand regrettait-il d'être seul dans son vaste manoir vide ?
Presque malgré lui, il quitta son bureau et se retrouva dans la pièce sombre et toujours fermée où l'autel dédié à sa chère épouse l'attendait. Il s'installa face au portrait d'Hisana et caressa la photo avec affection.
« Ma chère Hisana...
Ses mots restèrent en suspens. Il avait eu tant à lui dire, et maintenant il lui semblait que ses mots seraient tout à fait vains. Ne savait-elle pas mieux que quiconque ce qui pouvait le tourmenter ? N'était-elle pas en lui depuis sa mort ?
- Je suis encore désolé, ma chère amie, de m'être épris d'un tel individu.
Un sentiment étrange, comme une boule au creux du ventre, le saisit.
- Je suis désolé de la honte que je jette sur vous par cela.
Il saisit le cadre du portrait.
- Mais déjà maintenant, je ne puis plus me passer de lui. J'ai toutes les peines du monde à ne pas lui courir après, c'est tout dire.
Il s'assit sur le sol et ferma les yeux.
- Ma chère amie. Vous vouliez mon bonheur, je ne souhaitais que le vôtre. Je me sens coupable aujourd'hui de n'avoir pu vous apporter une vie heureuse. D'autant plus coupable que j'ai trouvé ce qui me rend heureux. Comment pourrais-je profiter de ce bonheur seul, en vous sachant partie... »
Au risque de passer pour un malade mental complet, Byakuya ferma les yeux et écouta la voix de son épouse. Oui, c'est pour ça qu'on parle de malade mental. Et la voix lui murmurait qu'il avait le droit d'être heureux, que tout le monde avait le droit au bonheur. Même les idiots comme Renji. Même les hommes tristes comme Byakuya.
En vrai la brave Hisana n'avait pas le pouvoir de transmettre ses pensées à son époux, mais Byakuya préférait se convaincre que ces idées ne venaient pas de lui. Sinon il finirait réellement par se questionner sur sa santé mentale.
Il sourit doucement au portrait. Ses seuls sourires jusqu'à là avaient été pour elle, maintenant, il avait d'autres occasions de sourire, à d'autres. Depuis la veille, il avait même quelqu'un pour qui il voulait se battre, quelqu'un pour qui il avait envie de tout risquer.
Un sentiment étrange l'envahit, bizarre, inexplicable. Alors qu'il voyait le délicat visage de sa femme, comme si c'était la première fois.
Avec une incroyable lucidité, il sentit, pour la toute première fois depuis cinquante ans, que la mort de sa femme n'était pas de sa faute.
Et il comprit. La réalité lui apparut dans toute sa lumière. Il avait fait son deuil.
Il releva les yeux du portrait, les yeux remplis de larmes et se releva lentement. Alors c'était ça ? Faire son deuil ? Il n'avait ressenti une telle chose avant, ni pour ses parents, ni pour son grand-père, ni pour aucun membre de sa famille ; il n'avait pas eu besoin de digérer la perte et l'absence pour ceux-ci. Mais il aimait Hisana et il l'avait choisie. Et quand on perd ce qu'on a choisi, l'absence est insupportable. Maintenant, il avait choisi quelqu'un d'autre, et l'absence devenait moins lourde à porter. Il ne pouvait pas dire qu'il avait remplacé Hisana, il avait simplement réussi à ne plus se sentir lier par le décès de sa femme. Il se sentait subitement en paix avec lui-même.
Lorsqu'il rejoignit sa capitainerie, sa décision était mûrement réfléchie.
Il trouva son bureau dans l'état où il l'avait laissé, Renji en moins, et un message urgent en plus. Le conseil prévu pour régler les candidatures des futurs capitaines était fixé le jour-même, en début de soiré.
Byakuya s'installa sur son siège et soupira. Il savait parfaitement ce qu'il avait à faire, mais il n'aimait pas ce que cela impliquait. Il allait devoir courir après Renji devant tout le monde, tous les capitaines, tous les officiers, tous les shinigamis le sauraient, et son orgueil en prenait un coup. C'est difficile d'admettre qu'on a besoin de quelqu'un d'aussi insignifiant que Renji, au moins aussi difficile de faire croire qu'on peut se passer de lui.
Il alla traîner dans la salle des officiers et attrapa le premier shinigami qui passait par là qui, comme la plupart du temps, tremblait de la tête aux pieds en se voyant interpellé par son capitaine.
« Savez-vous où est le vice-capitaine Abarai ? »
Le jeune homme secoua la tête, alors que tout le monde notait au passage que le capitaine passait beaucoup de temps à chercher son second ces temps-ci. Alors que Renji passait de plus en plus de temps à la capitainerie, enfin, plus de temps qu'à l'ordinaire. Nanako se leva et s'interposa entre le capitaine et le jeune officier qui, entré dans les armées de la cour depuis un mois seulement, ne s'était jamais senti aussi mal que face au regard imperturbable de son capitaine.
« Il est à la neuvième division, capitaine. Il m'a demandé de vous prévenir lorsque vous seriez de retour. »
D'un hochement de tête, Byakuya fit signe qu'il avait compris et tourna les talons sans rien dire. À la neuvième, voyez-vous ça. Oui mais non, il fallait que tout ça revienne dans l'ordre et que son vice-capitaine revienne au bureau. Kuchiki fit brusquement demi-tour et toisa Nanako Musokuri. Non, décidément, il ne voulait pas que Renji parte.
« Faites-le chercher.
- À vos ordre, capitaine. »
Et il se réfugia dans l'antre confortable qu'était son bureau. Là où les papiers étaient triés et classés, où aucun parasite ne venait troubler son travail (quand Renji n'était pas là, bien sûr) et où rien de grave ne pouvait lui arriver.
Dans sa retraite chaleureuse à la neuvième où l'ambiance commençait sérieusement à se faire plus amicale, Renji fut brutalement ramené à la triste réalité par une jeune shingami aux cheveux rouge.
« Vice-capitaine Abarai ?
- Ouais... heu... Minami, c'est ça ?
- Oui oui vice-capitaine. Le capitaine vous fait demander.
- Déjà !
Déboussolée par une telle réponse, la jeune fille hocha la tête en silence.
- Okay okay, retourne à ton poste, j'arrive.
Il se tourna vers Hisagi et Kira qui esquissaient tous deux un rictus narquois.
- Quoi ?
- Tu vas te faire tuer.
- Et alors, à chaque fois que ça m'arrive, je survis. Je vois pas le problème.
- T'es vraiment incroyable.
Un sourire en tranche de courge lui barra le visage.
- C'est pour ça qu'on m'aime, mon cœur.
- Et tu m'appelles encore une fois « mon cœur », je te refuse comme vice-capitaine.
- C'est pas beau le chantage ! Protesta le vice-capitaine outragé.
- Hé ! T'appelles ton capitaine « mon coeur » ?
Kira étouffa une toux qui ressemblait à un rire moqueur et Renji haussa les épaules.
- Nan, mais je pourrais.
- J'aimerais bien voir ça.
Avant de relever le défi sous l'impulsion de la connerie la plus pure, Renji se fit latter sans la moindre douceur par Kira qui préférait tout de même que le minimum de dignité requis soit conservé.
- Bon, t'as pas un capitaine qui t'attend là, justement ?
- Izuru, t'as pas le sens de l'humour.
- Non, ni celui de la connerie, c'est ce qui m'a maintenu en vie tout en restant à ton contact. Bon, ta petite shinigami doit être rentrée depuis belle lurette, fais-en de même.
- Halala...
- Tiens d'ailleurs... murmura Hisagi qui avait l'air pensif.
- Quoi ?
- Ses cheveux, tu crois que c'est un... je ne sais pas comment dire... un hommage ?
- Ah ben ouais, je veux ! Elle était blonde en arrivant à la division.
- Je crois que c'est pas un cas isolé, non ?
- Exact, confirma Kira, y'a un petit qui s'est fait tatoué le sourcil.
- Bordel... soit ils sont complètement cons dès le débat, soit tu les as contaminé Renji.
- Hé ! Je t'en pries ! Ils ont le sens du culte du chef, c'est tout.
- Si ça arrive dans ma division, je te fais raser la tête.
- Et t'auras toute une division de bonzes !
- Tire-toi Renji, avant que je ne regrette mon choix. »
Prenant la fuite avec dignité et un rire hilare, Renji laissa derrière lui ses deux amis qui échangèrent un regard navré.
« Je le crois pas, une gamine se teint les cheveux en rouge pour Renji !
- Et un autre se tatoue.
- Comment ça se fait, il a le charisme d'un bulldog.
- Il adore ses shinigamis, et eux le lui rendent bien.
- Ça fait pas tout.
- Ben si.
Kira s'avachit dans le canapé en soupirant.
- Tu vois, à la troisième, on craignait Ichimaru, certains le respectaient, mais personne ne l'aimait. Et l'ambiance était sinistre. Les shinigamis de la sixième craignent et respecte leur capitaine, et ils aiment leur vice-capitaine. Ils se tueraient pour l'un comme pour l'autre. À la troisième, personne n'aurait sacrifié un cheveux pour moi ou pour Ichimaru.
- T'exagère un peu non...
- Pas le moins du monde. Savoir établir une complicité et une proximité avec ses hommes et une choses difficile et rare. Renji sait faire cela. Mais regarde bien, les meilleurs capitaines aussi. Ukitake, Kyoraku, Unohana... tous ils sont aimés avant d'être craints. Et cela change tout.
- Je vois un peu ce que tu veux dire, fit Hisagi en s'asseyant à côté de lui. Il ne suffit pas de commander les corps, il faut pouvoir connaître les âmes.
- Ouais, on n'est pas sortis de l'auberge.
- Tu l'as dit. »
A la capitainerie de Kuchiki, si quelqu'un avait pu voir les « retrouvailles » des deux hommes, il aurait été obligé de prendre la fuite. Mais personne n'était là, et c'était heureux, parce que se taper « l'air glaciaire » du capitaine et le sourire plein de dents et de langue gourmande du lieutenant, c'est au dessus des forces des guerriers les plus endurcis.
« Vous m'avez demandé, capitaine ?
La voix était parfaitement digne et protocolaire mais l'air langoureux de Renji aurait mis enceinte un troupeau de pucelles.
- Exactement.
La voix était encore plus digne, coincée et protocolaire, mais les yeux perçant du capitaine formaient deux minces fentes dont les reflets meurtriers auraient fait fuir toute la onzième division, capitaine compris.
- Pardon de m'être absenté sans vous en référer, mais vous n'étiez pas là ce matin. »
Kuchiki tiqua. Il se foutait de sa gueule ou quoi ? Il avait très envie de dire que si, justement, il était passé au bureau ce matin. Mais dans ce cas, il lui faudrait voir l'air embarrassé de Renji, voire son sourire séducteur en lui susurrant des horreurs du genre « alors vous m'avez vu rêver de vous ». Même si Kuchiki était sans peur (mais pas sans reproches), il frissonnait rien qu'à l'idée de ce genre de répliques.
« Au lieu de cela, le capitaine garda son masque taillé dans de la banquise pour constater.
- Vous êtes volontaire pour la mission de renseignement que je conduis.
- Exactement, capitaine.
- Ce sera transmis à qui de droit.
- Merci, capitaine. »
Renji s'avança vers le bureau de son supérieur, penchant lascivement la tête en avant, plongeant un regard brûlant dans celui glacé de celui-ci. Qui ne se démonta pas pour autant. Il lisait dans son vice-capitaine comme dans un livre et cela n'allait pas s'empêcher de dormir, ni de travailler.
« Au travail.
- Vous êtes sexy capitaine.
- Pardon ? »
Renji savoura ce dernier mot, qui avait le don de cumuler la surprise, l'indignation, l'agacement et même une petite pointe de satisfaction. Oui mais une toute petite.
Et puis ce regard. Cette expression de colère pure, outrée, indignée, la « vertu outragée » dans toute sa splendeur ! Renji n'aurait pas dû, mais il se sentait follement heureux de se faire fusiller du regard par Kuchiki comme ça. Comme avant. Comme quand il traitait tel vieux dignitaire de « vieille baderne », telle fille de la haute noblesse de « bonne à bouffer », quand il prétendait n'en avoir rien à foutre de la loi et d'autres conneries dans le même genre.
Il sourit. Juste en coin, une petite victoire ne rend pas nécessairement suicidaire. Mais il sourit tout de même en coin en jetant un coup d'œil non dénué de malice à son supérieur. C'était presque normal quand il prenait cette expression de pure diva. Ils revenait au bon vieux temps, comme si rien ne s'était jamais passé, comme s'ils en étaient toujours à se demander qui des deux était plus arrogant que l'autre.
Et ce jour-là, il avait envie de faire comme avant, d'être à nouveau simplement le vice-capitaine de Byakuya Kuchiki, d'être dingue de lui mais se le cacher, être amoureux sans le savoir, être un abruti qui ne pense même pas aux sentiments de cet homme en face de lui.
Byakuya avait senti ce changement soudain, et bizarrement, lui aussi aurait bien voulu revenir à ce temps béni où il pouvait se contenter de traiter Renji comme un meuble un peu plus utile que les autres dans sa capitainerie. Il se contenterait de lui donner des ordres, de se faire obéir et de contempler avec une certaine nostalgie la rébellion et les efforts de ce gamin pour grandir.
Cependant, les choses avaient radicalement changées et se réfugier dans un passé soit-disant plus simple n'arrangerait pas les choses. Kuchiki laissa son regard se durcir et reprit son attitude distante. Peut-être que Renji pouvait jouer à ce petit jeu longtemps, lui non. Il ne pouvait pas faire semblant, pas avec serrement de cœur insupportable qui l'habitait depuis qu'il avait appris la nouvelle du départ de son lieutenant. Il ne trouvait rien à répliquer à Renji, si ce n'est par son indignation, par sa froide colère et par son bon droit, non seulement en tant que capitaine, mais aussi en tant qu'amant.
Renji se rapprocha et changea de ton, plus doux, plus suppliant.
« C'est vrai capitaine. Vous êtes beau... non, plus que ça, vous êtes un homme magnifique. C'était inévitable que je succombe un jour ou l'autre, vous êtes beau, vous êtes noble, vous avez plus de grâce et de force en vous que quiconque dans ce monde. Vous avoir tous les jours près de moi sans tomber dans le piège, c'était trop dur.
Le regard toujours délicieusement langoureux de Renji attrapa celui, dur et hésitant, de son capitaine.
- C'était inévitable. Mais j'aurais dû le savoir, le prévoir. Partir tant qu'il était encore temps. Aujourd'hui c'est un peu tard mais je veux sauver ce qui peut encore l'être.
Il déglutit et baissa les yeux brièvement.
- Capitaine, je dois partir maintenant parce qu'il est presque trop tard. Je ne veux pas vous décevoir. »
Lentement, presque menaçant, Kuchiki se releva et darda un regard à faire geler un cœur de centrale nucléaire, que le petit cœur tendre et tout en beurre doux de Renji ne supporta pas une seconde de plus.
« Ma patience a des limites. »
En cinq petits mots prononcés du bout des lèvres, il avait réussi à mettre autant d'autorité que dans un ordre crié, autant de froideur que dans un hiver sans chauffage, autant de dureté que dans la viande d'un steak trop cuit. Des deux, c'était lui le maître, c'était lui qui décidait et il était temps que cet abruti congénital le réalise, s'il ne voulait pas l'énerver encore plus.
« À qui crois-tu parler ? »
Et Renij frissonna. Son ventre se noua. Sa gorge s'assécha. Ses yeux s'écarquillèrent et sa bouche s'ouvrit, il déglutit avec difficulté avant de tenter de reculer. Tenter, c'est bien le mot, car tout son corps était paralysé par la terreur. Depuis quand n'avait-il pas ressentit ça ? Depuis le jour de leur duel meurtrier, oui, sûrement. Depuis ce jour-là, il avait vécu dans la certitude d'être en sécurité aux côtés de Byakuya Kuchiki. Peut-être avait-il eu tort.
« Agir et parler avec une telle inconscience est une insulte, Renji. Une insulte pour moi et pour ce que je ressens. »
Renji se força à fermer la bouche et ce simple effort lui sembla incommensurablement plus dur que de combattre son capitaine.
Kuchiki s'approcha encore, de sorte que leur visages se touchaient presque. Il sentait le souffle erratique de Renji et voyait des gouttes de sueur perler à son front, ses cils trembler, battant contre ses yeux au fond desquels on pouvait voire poindre une sourde angoisse.
Capitaine. Ne faites pas ça. Laissez moi une chance, une dernière chance. Vous savez que je ne vous porterais jamais tort, alors laissez-moi une chance.
Mais aucun mot ne sortait, retenus au fond de sa gorge nouée.
Une main lui saisit le cou et se glissa dans sa nuque, avec une terrible douceur, une douceur sans tendresse. Le visage blême de Kuchiki se rapprocha encore et ne s'arrêta que lorsque ses lèvres furent presque sur la peau de Renji.
« Ma faiblesse pour toi est immense. Ne peux-tu pas le voir ? J'en suis à me damner pour toi et je n'ai en retour qu'une grossière parodie de sentiments. J'attends le même renoncement de ta part, Renji. Sinon, tout ça ne sert à rien.
La main se fit plus ferme, plus dure, et les doigts se resserrèrent.
- Si tu ne peux me donner un tel gage de ton amour, alors oui, pars. Dans ce cas, change de division, quitte tout ce que tu connaissais ici.
Doucement, avec une lenteur infinie, les doigts relâchèrent leur pression, si lentement que Renji sentit à peine la différence.
- Mais sache que, faisant cela, tu me briseras plus sûrement qu'aucune lame de ce monde.
La main se retira délicatement, laissant enfin le lieutenant respirer normalement, et la terrible pression meurtrière que dégageait Kuchiki disparu, laissant seulement dans l'atmosphère une tension impalpable.
- Retiens cela. Je n'ai rien d'autre à te dire. »
Alors qu'il allait protester, Renji réalisa que son corps refusait de répondre à ses ordres, et ses jambes cédèrent sous lui, il se ramassa tant bien que mal sur le bureau, haletant, le souffle court et les larmes aux yeux. Oui, décidément, son capitaine était fort, très fort, encore un peu trop pour lui.
Aussi surpris que lui, sinon plus, Byakuya attrapa son lieutenant par la ceinture et le traina vers la chambre de service.
Enfin, lorsqu'il tomba à genoux sur le futon, Renji retrouva l'usage de sa voix.
« Dites-moi juste ce que vous attendez de moi.
- Que tu te couches et que tu te taises. »
Sans problème, hurla intérieurement le vice-capitaine, même si ce n'est absolument pas ce pour quoi j'aimerais me coucher et me taire.
Il sentit des bras puissants le pousser sur le lit, le forcer à s'allonger et défaire la ceinture de son kimono. Il tenta bien inutilement de protester
Il sentit Byakuya avancer sur le lit, et s'agenouiller à côté de lui. Avec la même douceur, il lui ôta ses habits, laissant seulement le fin shitagi qu'il portait sous son kimono. Et laissa ses mains errer sur le corps encore secoué de frissonnements.
Peut-être en ai-je trop fait. Mais il fallait bien ça pour lui remettre un peu de plomb dans la tête.
Les mains de Renji se refermèrent sur les siennes, dans un geste presque implorant.
Renji sentait ses doigts trembler sur ceux, fins et froids, de son capitaine. Un regret immense le saisit, il avait oublié trop longtemps à qui il parlait, il avait oublié que Byakuya Kuchiki n'est pas un quelconque beau mec qu'on peut faire tourner en bourrique. Renji se sentit terriblement coupable. Pour la première fois de sa vie, il était avec quelqu'un qui attendait de lui sincérité et fidélité, quelqu'un qu'il ne pouvait ni fuir, ni éviter, ni tromper. Et quelqu'un qui savait s'énerver quand il le fallait.
Bordel, me mettre dans cet état simplement avec son aura. Mais c'est de la folie. Comment est-ce qu'il fait ça ? Ou est-ce que c'est moi qui me laisse faire ? Est-ce que je n'ai plus aucune envie de résister si c'est lui ?
Calmement, une main étrangement chaude passa sur son front. Sans un mot, sans plus de douceur qu'avant, ce simple contact chaleureux coupa le souffle au jeune lieutenant.
Ou alors il est allé bien plus loin qu'il ne le voulait ? Il s'est emporté... Je veux... non, je dois savoir.
« Capitaine...
- Tais-toi...
- Dites-moi que...
- Plus tard. Pour l'instant tais-toi, réfléchis.
- Restez... près de moi. »
Poussant un profond soupir, Byakuya se déplaça un peu, de manière à être installé confortablement. Sur ses jambes croisées, il posa la tête de Renji, gardant une main dans ses cheveux, l'autre serrant celle du lieutenant.
Il n'avait pas réellement souhaité mettre son amant dans cet état de terreur. La peur paralysante qu'il avait instillé en lui aussi facilement que le parfum du thé imprègne l'eau frémissante avait un effet dévastateur. Il n'avait pas vraiment voulu faire du mal à Renji, mais, pas vraiment... c'était juste le seul moyen qu'il avait trouvé pour lui faire comprendre que son attitude le blessait. À l'avenir, il va falloir trouver autre chose, vu comment il réagit à cela.
Un léger ronflement le tira de ses pensées et toutes ses bonnes résolutions s'évanouirent lorsqu'il réalisa que Renji s'était tout bonnement endormi sur lui.
La prochaine fois, je le tues.
Il se releva et laissa retomber la tête de son lieutenant sur le matelas, dans un « pof » duveteux. Son regard s'attarda un instant sur la longue chevelure rouge et la tentation de plonger à nouveau ses mains dedans le titilla durement pendant quelques longues secondes. Même s'il avait beaucoup de choses à reprocher au sens de l'esthétique de Renji, il devait reconnaître au moins cela, aussi tape à l'œil soit-elle, cette coiffure le fascinait, comme un signe brûlant et sauvage, comme la marque fière d'un caractère rebelle.
Retenant ses mains, Byakuya retourna dans son bureau, se remit au travail, surveillant l'heure avec attention. Oui, parce qu'il allait bien devoir le réveiller, son abruti d'amoureux indigne et paresseux.
Réveillé, Renji le fut presque malgré lui, au beau milieu d'un rêve délicieux où un beau capitaine était, comme par hasard, menotté et bâillonné, en haillon et le corps couvert de blessures. Le début de ce beau rêve ressemblait à presque tous les autres, c'est-à-dire rempli de choses interdites, non seulement aux mineurs, mais également à tous ceux qui ont le cœur fragile. Parfois Renji se disait qu'il devrait vendre ses rêves à un producteur de films porno, ça améliorerait ses fins de mois et en plus, il pourrait les consulter à volonté, au lieu de devoir s'en rappeler laborieusement au matin. Et puis petit à petit, le rêve pris des tournures de cauchemars, le jeu sensuellement SM vira à la torture pure et simple et Renji se réveilla en sueur, tremblant et haletant.
Merde c'était quoi ça ? Bordel, si c'est mon subconscient, alors il faut vraiment qu'il aille se faire soigner parce que c'est sûr que ce n'est pas ce que je veux. Capitaine... Byakuya... Je ne veux pas ça.
Renji déglutit difficilement. Ses derniers cauchemars remontaient à ses années d'adolescence difficile au Rukongai. Depuis, soit qu'il les ait systématiquement oublié, soit qu'il n'en fît réellement plus, Renji ne pouvait se souvenir d'un seul rêve. Il se rallongea en soupirant, les mains croisées dans le dos. Non, bien sûr que non, il ne voulait pas s'imaginer son capitaine en mauvaise posture. Mais si cela devait arriver ? Alors il serait le premier à se porter à son secours. Et s'il devait choisir entre mener à bien une mission et courir après Byakuya ? Renji serra les dents. Une telle alternative ne pouvait lui tomber dessus, ce serait trop horrible. Est-ce que Byakuya lui pardonnerait si un jour il devait le sauver en désobéissant à un ordre ? Après tout, lui avait bien pris certaines libertés avec les lois du Seireitei.
« Renji, il est l'heure.
Renji sursauta, il n'avait entendu ni la porte s'ouvrir, ni son capitaine approcher. Ce dernier vint se poster devant le lit, à demi accroupis face à Renji qui se rhabillait rapidement.
- Alors ta décision est prise ?
- Capitaine... Protesta faiblement Renji qui pensait ne plus avoir à se justifier.
Le silence qui suivit fut éloquent.
- Tu me déçois, Renji, je croyais avoir perçu en toi plus de force que ça.
- Vous ne comprenez pas. Si je pars, ce n'est pas pour ça, je ne... Ce n'est pas pour vous fuir.
Byakuya secoua la tête.
- Ne te justifie pas, je ne suis plus ton capitaine.
- Jusqu'à demain, vous l'êtes encore.
- Je n'ai que faire de tes excuses.
Alors qu'il allait se relever, Byakuya se sentit happer par Renji qui lui attrapa le bras.
- Je ne pars pas parce que... vous restez froid comme un glaçon. Je pars parce que j'ai peur de finir par vous faire céder entièrement. Je ne veux pas... causer votre perte.
Byakuya se méprit d'abord sur le sens de cette phrase (mais faut bien dire que c'était pas clair).
- Tu es bien présomptueux !
- Osez dire que je ne vous ai pas fait céder contre vos intentions les dernières fois.
Kuchiki recula en dévisageant Renji avec étonnement. Voilà une chose qu'il s'était bien gardé d'imaginer.
Déjà Renji faisait mine de partir, laissant son capitaine dans une profonde incertitude. Il n'avait jamais... mais vraiment jamais songé à ce genre de prétexte. Depuis le début, il avait plutôt rencontré un certain nombre de problèmes de conscience, rapport au fait que tout était de sa faute. Comme Renji lui avait parfois fait remarqué, c'est lui qui avait commencé, c'était lui qui lui avait sauté dessus la première fois, alors là maintenant...
Il se releva, shunpota jusqu'à la porte de la chambre et barra le passage à son lieutenant.
- Dis-moi la vérité, Renji, que veux-tu sauver ? Qu'as-tu peur de perdre ? Que fuis-tu si ce n'est pas moi ?
- Capitaine, je ne veux pas que vous me méprisiez.
À nouveau, Byakuya n'en crut pas ses oreilles.
- Pourquoi te mépriserai-je ? S'enquit Byakuya, nonobstant les mille et une raisons qui pourraient le faire mépriser son lieutenant.
- Parce que... je suis si loin de vous. Je veux être à votre niveau, je veux être face à vous comme un égal.
- Présomptueux, murmura Kuchiki, la bouche pincée. Non, ce babouin ne serait jamais à la hauteur de la noble maison Kuchiki, et encore heureux.
- C'est vrai. Mais si je ne peux pas le faire, je ne suis pas digne de vous. »
Byakuya leva la tête et resta sans voix. Pour tout autre être, ce raisonnement aurait paru stupide. Pour lui, c'était une chose inouïe. En Renji, quelque part, brûlait une étincelle de la noblesse que lui-même imposait à toute son existence.
Bien malgré lui, son regard s'adoucit et il laissa enfin passer Renji, dégageant la porte.
« J'imagine qu'il est impossible de te sortir cette idée du crâne, alors à tout à l'heure au conseil des capitaines. »
Et il shunpota dans un « zium » feutré, laissant Renji seul et con comme un champignon dans les sous-bois.
Quelques dizaines de minutes plus tard, le conseil des capitaines était enfin réuni (malgré les vingt minutes de retard de Kyoraku), Kuchiki qui était parti bien trop tôt, poireautait en silence, et en passant, tous les capitaines lui jetaient un regard inquiet. Finalement, Zaraki arriva, Yachiru postée sur son dos. Quelques candidats au suicide firent bien remarquer que le conseil des capitaines était strictement réservé aux capitaines justement, tout ce qu'ils reçurent comme réponse fut un rire débile de la vice-capitaine et un sourire de psychopathe du capitaine. Et puis, quelques minutes après, ce fut Kyoraku qui compléta l'assemblée en arrivant, décoiffé, pas rasé, mal habillé (comme d'habitude oui) et en baillant sans discrétion. Sous le regard noir de Jushiro,il argumenta « je faisais la sieste ». En parlant de sieste, on pourrait aussi préciser que Hitsugaya tentait tant bien que mal de garder les yeux ouverts, ce qui lui valut un clin d'œil cradingue du même Kyoraku.
« Halala ces jeunes, quelle chance ils ont de pouvoir passer de telles nuits agitées ! »
Au lieu de râler normalement, Toshiro piqua un tel fard que ses aînés en restèrent muets, sauf, bien entendu, un pervers de service qui aurait bien continué si Ukitake n'avait pas été pris d'une quinte de toux au même instant (bouh la coïncidence).
Et le tout sous le regard plus qu'excédé de papy Yamamoto. Car quand on est chef, on aime l'ordre, on aime les ordres, on aime que ces derniers soient respectés. Et quand on n'a ni l'un, ni les autres, on commence à en avoir ras la barbe de diriger un régiment de cons.
« Le conseil des capitaines est ouvert. Cette séance est exceptionnelle et elle est destiné à étudier trois candidature à des postes de commandement. Ces trois cas relèvent de l'urgence, c'est pourquoi je vous demande de n'exprimer que les avis capitaux que ce soit en faveur ou défaveur d'une candidature. Suis-je clair ? »
Tous hochèrent la tête (sauf Hitsugaya qui commençait doucement à somnoler), car non seulement l'heure était grave, mais en plus, ils en avaient tous ras le haori de se faire des réunions tous les quatre matins.
« D'abord, le vice-capitaine Shuhei Hisagi, qui postule au poste de capitaine de la neuvième division dont il est actuellement le vice-capitaine.
Sasakibe, toujours posté derrière son capitaine, continua en lisant un feuillet du dossier qu'il avait dans les mains.
- Le vice-capitaine Hisagi a effectué la présentation de son bankai devant les armées de la cour et a obtenu l'approbation de quatre capitaines dont celle du capitaine-commandant.
Yamamoto leva les yeux pour voir les trois mains tendues. Il y avait bien Ukitake, Komamura et Soi Fon.
- Bien. Le capitaine commandant hocha la tête et reposa la liasse de papier que lui tendit son lieutenant. Les tests de personnalité et de capacités seront effectués demain et après-demain. Y'a-t-il dès aujourd'hui, des oppositions parmi les capitaines en poste ? »
Tout le monde tourna la tête vers Kuchiki, sauf Zaraki, trop occupé à se curer le nez, Hitsugaya, qui dormait carrément et Kurotsuchi qui se foutait des candidature comme de son premier cobaye humain. Mais Byakuya ne pipa mot (non, piper n'est pas un verbe cochon) et garda son calme olympien, toisant ses collègues avec un air de les envoyer tous se faire foutre. Ce qui décrocha tout de même un ricanement à Kyoraku et une quinte de toux à Ukitake qui ne voulait pas que le conseil dégénère.
« Bien, reprit Sasakibe, comme si de rien n'était, nous avons ensuite le vice-capitaine Izuru Kira, pour le poste de capitaine de la troisième division dont il occupe le poste de vice-capitaine. Il a choisi la voie des recommandations. Qui recommande le vice-capitaine Kira pour le poste de capitaine ?
Cinq mains se levèrent immédiatement. Ukitake, Unohana, Kyoraku, Komamura et Soi Fon. Yamamoto fronça les sourcils en constatant que les capitaines restant se contrefoutaient complètement des nominations. Zaraki se curait les ongles des pieds, Kurotsuchi n'avait jamais recommandé un candidat depuis qu'il était capitaine, et Kuchiki semblait ronger son frein en attendant la nomination suivante sur laquelle il pourrait se déchaîner. Toshiro bavait sur son Haori.
- Capitaine Hitsugaya ? Interrogea-t-il, avec un soupçon d'impatience dans la voix.
Ce dernier se réveilla en sursaut et bafouilla.
- Hein... heu... Oui, capitaine commandant, veuillez m'excuser.
Et il leva la main à son tour.
Yamamoto reprit, fronçant les sourcils.
- Étant donné les conditions particulières de manque de capitaines, mon approbation seule sera nécessaire pour valider cette candidature. »
Même si certaines auraient aimer protester, tous gardèrent le silence et acquiescèrent.
Sasakibe prit une grande inspiration et adressa une rapide prière muette à tous les dieux qu'il connaissait pour que la paix règne encore pendant un quart d'heure sur cette réunion.
« Nous arrivons maintenant à la troisième mutation à un poste de commandement. Celle du vice-capitaine Renji Abarai de la sixième à la neuvième division. Les mutations de cet ordre sont exceptionnelles, et doivent le rester. Pour cela il faut l'aval des deux capitaines concernés. Le vice-capitaine Hisagi m'a fournit un document écrit dans lequel il accepte la candidature de Renji Abarai au cas où il serait lui-même accepté comme capitaine. »
Tous se tournèrent vers Kuchiki. Et personne n'avait parié sur sa décision, c'était trop facile. Même Kurotsuchi trouvait la situation marrante. Zaraki était très intéressé par la manière dont son ancien shinigami avait pu se foutre dans une telle situation de merde, et c'était d'ailleurs pour cela qu'il avait emmené Yachiru, faut bien que les gosses puissent se distraire de temps en temps. Et Hitsugaya tentait de garder les yeux ouverts, histoire de profiter pleinement du seul truc intéressant de la journée.
« Capitaine Kuchiki, votre opinion ?
Posément, calmement, la tête haute et digne, comme d'hab' quoi, Byakuya fixa son commandant dans les yeux et ses mots sortirent d'une voix tranchante.
- Je refuse. »
A SUIVRE...
La suite le lundi 3 octobre ! Bande de peits veinards on vous gâte ! Et puis ça compense : deux chapitres coup sur coup, ça rattrape le retard.
Une seule réponse (les anonymes sont de moins en moins nombreux dans le coin, on dirait) :
Pour hidakatsuki-x : y'aura du luc (verlan) dans la suite, promis... de toute façon, on peut pas vivre sans en écrire, alors y'en aura. Et ne parle pas de te faire baiser... pas à nous bordel ! Maintenant on ne peut plus tenir Loli !
