Comment ça, y'a plus de disclaimer ? Mais c'est bon, y'a 20 chapitres avec le disclaimer, bordel.

NA : pour ceux que l'invasion du grec hérisse... mais allez vous faire foutre. Tite Kubo nous abreuve d'espagnol, je vois pas pourquoi on ne pourrait pas caser du grec ici ou là.

NA2 : Ceci est en fait une moitié de chapitre (ce qui explique un manque de rythme), mais le chapitre entier était bien trop long pour le publier en entier. Donc voilà, la seconde moitié du chapitre arrivera.


QUARANTE JOURS ET UNE RECHUTE !


Le devoir III

Pour armure, il prendra son ardeur jalouse [...] de sa colère inexorable il fera une épée tranchante.

Sg, V, 17-20

C'est bizarre comme, souvent... bien souvent même, le danger arrive en pleine nuit. Les vampires, les monstres, les loups-garous, les sorcières, ça sort la nuit. Et la nuit uniquement. Les hollows, ça sort aussi le jour, mais pour contourner le problèmes, dès qu'ils sortent, on a l'impression qu'il fait nuit.

C'est à se demander pourquoi ils avaient établi une surveillance pendant la journée. Non, c'était évident que le danger allait surgir fourbement de la nuit noire. Et cela ne manqua pas. Il était à peu près une heure du matin, et seuls Byakuya et Sasakibe étaient encore dans la salle de contrôle et assuraient leur tour de surveillance, lorsque l'alarme reliée au détecteur de bébête des enfers (auquel Ichigo avait décidé de trouver un nom, mais manquant cruellement d'imagination, il stagnait toujours dans sa recherche), l'alarme donc se mit à hurler dans la plus parfaite discrétion.

Ichigo fourra sa tête son sa couverture, histoire d'attendre et de voir, peut-être qu'on oublierait de le réveiller, oubliant complètement qu'il n'était plus dans sa chambre ni dans son lit, mais revenu au QG des shinigamis la veille.

Ebi se leva comme une flèche et se précipita pour tirer sa vice-capitaine du sommeil en piaillant.

« Ça-y-est, vice-capitaine, vice-capitaine, ils sont là ?

- Gmm m'nfous...

- Dites pas ça, vice-capitaine, on va bien se marrer.

- Je veux dormir. »

Rukia, qui avait passé une bonne partie de la nuit à réfléchir à des choses sans importance, ronflait maintenant comme une bienheureuse, la tête imprudemment posée sur les jambes de Renji qui lui, bavait sur ses vêtements. Pas les siens, ceux de son amie.

Finalement Matumoto se réveilla, remit sa poitrine en place et dévala les escaliers derrière Ebi pour se rendre dans la salle de contrôle.

Ichigo sentit un contact... chaud ? Doux ? Carressant ? Malaxant ? Sur la partie la moins intellectuelle de sa personne et il ouvrit la bouche dans un sourire béant. Ah... cela faisait des années qu'on ne lui avait pas massé les fesses, il en avait oublié combien c'était bon. Dommage qu'on ne puisse profiter de ce genre de massage que le temps de la petite enfance.

Mais.. heu.. ouais. Je suis plus un bébé, donc si je me fais malaxer les fesses... c'est forcément par un pervers.

Et, sous le coup de cette pensée, il se releva en quatrième vitesse, son crâne rencontrant la mâchoire de son agresseur au passage. Agresseur qui poussa un grognement de mécontentement.

« Ça va pas bien !

- C'est ce qui arrive aux vilains garçons qui ne veulent pas entendre leur réveil.

- Mais je t'emmerde !

- Quel langage. Tu m'étonnes que t'es encore puceau !

- Keuwa ? Moa ! Puceau !

- Puceau. Bon, debout fraise des bois, c'est l'heure d'aller au combat.

- Gné ?

- Tout le monde est sur le pont là. On attends plus que toi.

- Qu'est-ce que tu fous ici ? Fit Ichigo avant de réaliser qu'il n'était plus dans sa chambre, ni dans son lit.

- T'es venu te pieuter à l'infirmerie. Et comme c'est moi le docteur, je fais ce que je veux.

Telle une pucelle effarouchée, Ichigo remonta le drap sur lui et lança un regard assassin au shinigami.

- C'est pas une raison pour me peloter !

- Ton petit cul ferme est, à lui tout seul, une excellente raison de te peloter.

- Pervers !

Heureusement que Renji et Rukia trouvèrent bon d'arriver à ce moment, voir ce que faisait leur ami.

- Agido, fous-lui la paix.

- Tu te proposes en remplacement ?

- Tu es odieux.

- T'es jalouse, mademoiselle Kuchiki ?

- Bon, on y va. On va pas camper là.

Renji poussa Ichigo devant lui avec Rukia et fila un regard noir et meurtrier à Agido qui en avait vu d'autres.

- Fous-lui la paix, c'est un môme.

- Il est drôlement bien foutu pour un môme. Et puis ne commence pas, si je ne peux pas te sauter dessus, il faut bien que je me défoule sur quelqu'un d'autre.

- C'est l'excuse la plus conne que j'aie jamais entendu. »

Sur ces bonnes paroles, ils descendirent à leur tour.

Le hurlement de la sirène cessa tout seul, lorsque le regard défrisant de Byakuya Kuchiki se posa sur le tableau de contrôle. Car oui, même les objets se taisent quand Byakuya Kuchiki les regarde comme ça.

Et bientôt tous furent rassemblés dans la petite pièce.

Comme tout bon capitaine, Byakuya fit comme s'il allait prendre la direction des opération, alors même que, tôt ou tard, il finirait pas faire comme dans toute l'histoire de Bleach : tabasser des gars dans une grosse baston générale. Et pourtant il y avait une stratégie simple et efficace à l'origine : il fallait acculer la bestiole (et là Ichigo et Renji échangèrent une regard qui signifiait que ni l'un ni l'autre ne connaissait le mot « acculer » avant, le tout sous l'œil sévère de Rukia qui ne connaissait pas non plus ce mot mais qui n'aimait pas qu'on puisse penser que son frère adoré pouvait prononcer un mot vulgaire). Une fois coincée, la bêbête n'aurait d'autre choix que de retourner de là où elle venait pour ne pas se faire découper en rondelles. Là, il n'y aurait qu'à la suivre, et remplir les trois objectifs de la mission : - trouver d'où elle venait, confirmer qu'elles arrivaient des enfers - déterminer le degré de danger (pour les quelques cons à qui ça aurait échappé), - empêcher ces bestioles de refoutre les pieds hors de leur nid (pour ça, la technique séculaire veut qu'on foute le feu au nid, mais après, c'était à voir sur place selon les circonstances).

Et une fois que tout ça serait fait, ils auraient le droit de retourner tranquillos chez eux. Enfin, ceux qui seraient encore vivants.

C'est ainsi que toute la petite troupe s'était mise en route et en groupe. Byakuya avait insisté pour avoir Ichigo avec lui, dans le but avoué de le tenir à l'œil. Lorsque Rukia et Ichigo étaient repassé dans la journée pour voir où ils en étaient, Kuchiki était bien assez vif et alerte pour enfin réaliser que sa sœur n'avait jamais eu d'autre demeure que le placard de la chambre de cet humain. Et en plus, elle aimait ça. Non, il devait définitivement sévir. C'est pourquoi, il lui ordonna de rester la nuit, histoire de... d'être prête à toute éventualité. Nan, c'est vrai, elle ne pouvait pas être prête à l'autre bout du quartier. Malheureusement pour le capitaine, Ichigo avait pris l'ordre pour lui également et était resté. Heureusement qu'il avait encore pu leur interdire de partager la même pièce. Les jeunes aujourd'hui... c'est n'importe quoi.

Ce qui fait que Renji se retrouvait à faire équipe avec Rukia, Sasakibe et Ebi, Byakuya récupérant Ichigo, Matsumoto et Agido. Dans un cas comme dans l'autre, ils auraient préféré rester ensemble.

Lorsqu'ils arrivèrent sur le lieu de l'apparition de la bestiole, elle avait déjà eu le temps de bouffer une jeune lycéenne et demie. L'autre moitié se débattait encore dans la gueule du monstre. Encore une fois, l'odeur nauséabonde frappa leurs sens et un beuglement inhumain (logique) s'éleva du gosier de la chose. La stratégie prévoyait de harceler la bestiole à coups de kido, jusqu'à ce qu'elle fasse machine arrière. Et, le temps qu'elle avale la seconde moitié de la lycéenne, les shinigamis furent sur elle.

Sasakibe, Ichigo et Renji se jetèrent sur elle, hurlant (parce que c'est un manga quand même) et déchirant la chose en pièces. Ils se relayaient, de manière à ne pas lui laisser le temps de se reformer, tout en restant à bonne distance, histoire de ne pas se faire bouffer à leur tour.

Ce fut alors à Ebi de prouver son efficacité, avec Rukia en guise de garde du corps. Car la jeune shinigami avait la capacité de dévorer toute chose que ce soit de la matière ou de l'énergie, ou même les deux, elle pouvait tout bouffer. Enfin, son zanpakuto le faisait pour elle. Et elle l'assimilait, cela nourrissait sa propre énergie spirituelle. Or, lorsqu'elle lança son attaque la plus puissante sur la chose, elle sentit sa prise se refermer sur du vide. Elle avala tout de même un bon morceau de la bêbête avant de se replier.

- Capitaine.

Byakuya lui fit signe de parler.

« Cette chose n'est pas matérielle, c'est sûr, elle vient d'un autre plan de la réalité. Comme nous nous venons du Siereitei. Et elle une source d'énergie. Forcément, elle est parcouru par un courant de reiatsu, mais elle ne le produit pas.

- D'où vient-il ?

- Aucune idée, il faudrait que je puisse en faire le tour de près.

- Approchez-vous et lorsque cette chose prendra la fuite, vous vérifierez si elle suit bien un chemin de reiatsu.

- Vous pensez qu'elle va fuir vers la source de son énergie.

Ce fut Rangiku qui expliqua.

- C'est une bête.

- Et alors ?

- Et alors les animaux blessés ont l'habitude de retourner au nid. On compte sur ce réflexe.

- Et si elle ne le fait pas ?

- Pose pas de questions ! »

La jeune femme s'exécuta et lorsque Byakuya leva le bras, pour signifier aux combattants de diminuer l'intensité de leurs attaques, elle se lança dans la direction que prit la bestiole en poussant des cris à faire pleurer des parpaings.

En formation « shinigamis » (en bondissant dans le plus profond désordre), ils la suivirent et accélérèrent lorsqu'elle poussa un cri de triomphe.

Byakuya arriva à sa hauteur et elle exulta :

« C'est bien ça, il laisse une traînée de reiatsu. C'est vraiment bizarre, il a pas du tout le même goût que d'habitude.

Byakuya lit quelques secondes à digérer l'information, secondes que Renij mis à profit pour intervenir.

- Meilleur ? Moins bon ?

- Non... différent. Plus fort, épicé, plus salé... peut-être.

Kuchiki la coupa.

- La piste est régulière ?

- Non, elle disparaît à mesure qu'il s'éloigne.

- Alors dépêchons-nous.

Matsumoto intervint à son tour et demanda.

- ''Il'' ?

- Ben, le monstre.

- ''Elle'', c'est une créature, ou une chose.

- Personnellement, j'ai pas vraiment eu le temps de déterminer si c'était un mâle ou une femelle.

- Agido tu...

- J'ai trouvé, intervient Ichigo qui n'avait pensé qu'à ça toute la nuit. On pourrait l'appeler « The Thing », ça fait « la chose » en anglais.

- Pourquoi en anglais ?

- Parce que l'espagnol ça commence à bien faire.

- C'est pas faux, admit Renji sous le regard désespéré de Rukia qui trouvait cela complètement ridicule.

- Avec ça, on sait toujours pas si c'est un mâle ou une femelle, fit remarquer Agido qui a de la suite dans les idées.

- T'auras qu'à vérifier quand on la re-croisera. »

Finalement, ils perdirent de vue la bestiole lorsqu'elle disparut dans une espèce de brouillage du paysage. D'un seul coup, la nuit se découpa en fines lanières, le paysage disparu dans un nuage de brume bleutée et un cri guttural accompagna cette disparition, comme si un vieil écrou avec été brutalement tourné, au fin fond d'une cave humide.

La terre trembla autour d'eux, et un froid glacial les entoura.

Poussé par l'instinct, Renji lança son zanpakuto, libérant le fouet osseux de Zabimaru en direction de l'endroit où la chose avait disparu. Et il sentit brusquement le froid se propager dans son zanapkuto, puis dans son bras, puis remonter, dans son dos, ses épaules et finalement lui écraser le crâne.

- Bordel !

En moins de deux, Byakuya avait réagit et lancé un kido pour maintenir l'ouverture en l'état, et Sasakibe repoussa violemment Renji de la porte.

« Hey ! Abarai ! Hey ? Tout va bien ?

Rapidement, Agido fut à côté de lui et poussa doucement la jeune femme.

- Laisse, je m'en occupe. C'est moi le professionnel.

Et il lui fila un bonne gifle.

- Agido !

- C'est le remède universel ça. Traditionnel et efficace. »

Le pire, c'est qu'il avait raison, puisque Renji sortit petit à petit de la prostration dans laquelle le froid dévorant l'avait plongé.

De son côté, Byakuya avait fait signe à Ebi de venir.

« Officier Katsuo, est-ce bien le même reiatsu que celui qui vous avez suivi jusqu'ici.

Elle plongea la tête en avant, dans l'étroite ouverture qui restait et elle la rejeta vivement en arrière.

- Pouah ! Ouais, c'est bien ça. Mais ça schlingue.

- Bien.

Il se retrouva en un éclair aux côtés de Renji.

- Nous allons entrer là, préparez-vous, nous reformons les deux groupes.

Tous hochèrent la tête et Renji ajouta, sans que qui que ce soit lui ait demandé, mais simplement parce que le regard inquiet de son capitaine le touchait tout particulièrement.

- Ça va aller pour moi. On y va.

Et Byakuya poussa un soupir microscopique. Oui, lui aussi il était content de savoir que Renji allait bien. Mais il n'allait pas sauter au plafond pour autant. Et puis ils étaient en extérieur, y'avait de plafond.

- Officiers Katsuo et Sasakibe, passez en premier.

D'un coup de zanpakuto, Ichigo et Renji déchirèrent le fragile espace d'énergie spirituelle qui tentait de se reformer autour de l'ouverture. Immédiatement, les deux femmes passèrent, le zanpakuto à la main.

De son côté, Matsumoto joignit le Seireitei par radio et obtint la l'autorisation de libération du reiatsu pour le capitaine et les vice-capitaines. Ils patientèrent ainsi quelques longues minutes qui leur semblèrent être des heures, sauf pour Renji qui regardait son capitaine en se répétant qu'il était vraiment trop beau pour être honnête et qu'il fallait absolument terminer cette mission le plus rapidement possible.

Et puis Sasakibe ressortit, échevelée mais toujours aussi calme.

- On peut y aller. Mais surtout ne touchez pas les murs, ils absorbent l'énergie spirituelle.

Renji sortit de sa contemplation.

- Ah c'est pour ça que...

- Ouais. Le froid est atroce.

- Vice-capitaine Matsumoto, vérifiez s'il est possible de garder le contact avec le Seireitei depuis cet endroit.

Avec une répugnance difficilement dissimulée, Rangiku passa elle aussi la « porte » et, à l'intérieure, elle s'immobilisa, frappée par le froid.

Ebisu lui tomba dessus.

- Hey ! Vice-capitaine, venez-vois, c'est génial.

- C'est pas vraiment le mot que j'utiliserai. Cet endroit pue la mort !

La jeune femme sourit de toutes ses dents et reprit.

- Ça tombe bien, j'ai l'impression qu'on est dans le royaume des morts !

- Des... bordel. C'est pas le Seireitei le royaume des morts ? Glappit la pulpeuse vice-capitaine tout en enclenchant la radio et réglant la fréquence pour capter le Seireitei.

- Non, en fait le Seireitei est un lieu de passage des âmes.

La voix sortant de la radio fit sursauter les deux shinigamis et arracha un petit cri à Ebi.

- Capitaine Ukitake, vous nous recevez ?

- Cinq sur cinq. Où êtes-vous ?

- Au royaume des morts. Des vrais. Ceux qui ne sont pas que de passage.

- Oh. comme je vous envie, ça doit être fabuleux ! Bon courage.

- Merci capitaine, on vous enverra des cartes postales.

- Vice-capitaine ! Il entend tout !

- Et alors ? »

Finalement, Matsumoto ressortit pour indiquer que la communication passait sans problème. Et tous entrèrent dans l'étrange dimension qui s'ouvrait devant eux.

On aurait dit une vaste crypte, mais dont les murs seraient constitués d'un simili-ciel présentant tous les dégradés de bleu, du plus sombre à l'azur le plus translucide. Le tout sans logique particulière. Rapidement, ils réalisèrent qu'il n'y avait pas d'ombre sur le sol,

« C'est vrai que ça caille !

- Ah ! J'ai oublié de vous préciser, se rappela Ebisu, faut pas marcher sur le sol, il a le même effet que les murs, faut flotter.

- C'est pratique ça.

- Arrête de râler !

- Oh ça va, je suis mal réveillée, j'ai le droit.

- On s'est tous réveillés à la même heure. »

Renji esquissa un sourire attendri en voyant Ichigo et Rukia se chamailler amicalement, se disant que, décidément, ils étaient vraiment mignons. Il s'attira ainsi le regard meurtrier de son capitaine, qui lui ne trouvait pas ça mignon du tout. Il tolérait le fait que Rukia vive sur terre, parce qu'il n'avait pas le choix, le reste était de trop.

« Dites... commença Renji, un peu ennuyé tout de même, est-ce que ça se reforme le reiatsu quand on en a perdu ?

D'un coup, tout le monde lui jeta un regard ennuyé. Tous.

- Quoi ? J'ai dit une connerie ? Fit-il tranquillement, il avait l'habitude de dire des conneries et de se faire regarder bizarrement à cause de ça.

Ebisu haussa les épaules et eut un rire idiot.

- Je sais pas.

Byakuya hocha la tête.

- Je n'ai pas entendu parler de cas que...

Il s'interrompit et puis regarda sa sœur avec insistance.

- Tout compte fait, si, il y a un cas.

Et Rukia se sentit toute petite, écrasée par les regards qui lui tombaient dessus, et assez intimidée de voir son frère la regarder aussi intensément. De mémoire de sœur adoptive, cela ne lui était jamais arrivée. Et malgré elle, elle se sentit rougir.

Ichigo, qui avait tout de même compris un peu le problème, intervint. Parce qu'il n'aimait pas des masses voir Rukia piquer un fard sous le regard d'un autre, fut-ce Byakuya.

- Bon, okay, elle a perdu une partie de son énergie spirituelle, elle l'a retrouvé. Donc c'est pas un problème, fit Ichigo en priant pour que la conversation n'aille pas plus loin. S'il ne se trompait pas, Byakuya le considérait encore comme responsable de la perte des pouvoirs de Rukia, et peut-être bien que Renji aussi.

Renji eut une grimace.

- Je crois pas que ce soit comparable. Pour Rukia, y'avait les magouilles de Urahara. Et en plus, cela était en partie lié au fait qu'elle ait refilé ses pouvoirs à Ichigo.

- J'y suis pour rien.

- Ouais ouais. Nan, parce que si on perd notre reiatsu dès qu'on se prend un mur ici, on risque de pas faire long feu.

- Il suffit de pas foncer droit sur les murs, c'est pas plus compliqué.

Sasakibe avait parlé d'un ton autoritaire. Elle n'aimait pas trop quand on se retrouvait à discuter en plein milieu du territoire ennemi. Et puis elle ne voyait pas la difficulté : dans la vie de tous les jours, elle ne passait pas son temps à se prendre des murs dans la tronche.

Et puis, comme pour venir infirmer les pensées de la jeune femme, un choc violent l'envoya valser brutalement contre le mur à côté d'elle. Une nouvelle créature se tenait devant eux, plus petite que celles qu'ils avaient vu sur terre, mais il ne fallait mieux pas s'y fier, les créatures les plus petites sont souvent les plus dangereuses. Y'a qu'à voir Yachiru.

D'un même mouvement, Ichigo, Renji, Rukia et Byakuya dégainèrent leur zanpakuto. Et en même temps, dans un parfait ensemble, ils cernèrent la créature, et, chacun à son tour, ils portèrent leurs coups les plus mortels sur la chose. Son corps osseux et arachnéen ploya d'abord sous la violence des coups combinés de Zangetsu et Zabimaru, déchirant la fragile ossature de la créature. Et lorsqu'elle tenta de se reconstituer, la morsure glaciale de la première danse de Sode no Shirayuki la paralysa sur place. Et finalement, alors qu'une plainte gutturale échappait de ce qui semblait être la gorge de la créature, Byakuya fit signe à Rukia de reculer et le shikai de Senbonzakura finit d'achever la chose. Immédiatement, Rukia lança un kido, se souvenant que la capacité de génération de cette chose était infinie.

Mais à peine eut-elle fait cela que la créature poussa une plainte, plus forte, plus désespérée, un long hurlement de pure douleur.

Rukia recula, Sode no Shirayuki toujours à la main. À l'inverse, Renji et Byakuya avancèrent avec circonspection. Puis Ebi fut là en un éclair et inspira profondément l'aura de la créature mourante.

« Elle va y passer.

Matsumoto s'approcha à son tour et murmura.

- Que lui arrive-t-il ?

Ebisu secoua la tête.

- Difficile à dire, il faudrait que je goûte.

- Vas-y. »

Obéissant à l'ordre de sa supérieure, la jeune femme libéra son zanapakuto qui répondait au doux nom d'Akuma no Kanikasai et son sabre prit la forme d'une immense pince qui prolongeait son bras, et mordit dans la créature mourrante.

Le temps de digérer le morceau, et Ebi sourit de toutes ses dent.

« En l'attaquant, vous avez coupé le lien qui l'unissait avec le mur, enfin, avec la structure qui nous entoure. Or, sans ce lien, apparemment, elle ne peut pas survivre.

Matsumoto hocha la tête.

- C'est plutôt normal, si elle n'a pas de reiatsu propre, c'est cet endroit qui lui fournit de quoi maintenir son existence.

La créature se flétrissait maintenant et finit par se décomposer, comme une chair en putréfaction.

Rukia continua. Elle aussi commençait à comprendre ce qui se passait là.

- Les murs absorbent le reiatsu des êtres et s'en servent pour nourrir ces créatures, qui à leur tour sont utilisées pour aller récolter le reiatsu à l'extérieur.

Ichigo secoua la tête.

- Dans ce cas, pourquoi on ne les a pas vu plus tôt ?

Renji, qui suivait difficilement la conversation, mais faisait de son mieux, proposa une réponse qui les laissa tous comme deux ronds de flanc.

- On était trop occupé avec les Hollow et puis les avec le hueco Mondo.

Un moment de silence consterné s'installa.

- Le pire c'est que c'est peut-être vrai, murmura Matsumoto. Il faut un certain niveau de puissance pour sentir les changements induits par ces créatures. Et il faut du pot, du hasard, ou de longues recherches.

- T'es en train de dire que j'ai eu du pot la première fois que je suis tombé là-dessus ? Fit Renji, outragé.

- Ben ouais.

Sasakibe intervint encore une fois. Non, elle n'aimait vraiment pas les « pauses discussion » au milieu de ce qui semblait bien être l'enfer, le vrai, celui on meurt pour de bon.

- Bon, on y va maintenant qu'on en sait un peu plus.

Byakuya hocha la tête et fit signe de se mettre en route.

- Reformez les deux groupes. Nous allons nous séparer. Rukia, Kurosaki, échangez de groupe.

- Hein ?

- Pourquoi ?

Le capitaine secoua la tête.

- Vu les capacités de ces créatures et les particularités de cet endroit, les équipes seront plus équilibrées ainsi.

Ce qui était parfaitement faux. Mais Byakuya n'avait aucune envie de laisser sa petite sœur mourir et préférait être celui qui pourrait veiller sur elle. Et avec le même raisonnement soupçonneux, il ne pouvait pas laisser Rangiku Matsumoto ou Agido Kiisu dans l'équipe de Renji. Si son amant était faible et inconstant, autant ne pas le tenter en lui imposant la présence d'un allumeur ou d'une bombe sexuelle.

- L'objectif est de trouver ce qui envoie ces créatures dans le monde des humains. Il doit y avoir une intelligence à l'origine de tout cela. Il faut la trouver et faire cesser ces attaques du monde des vivants. Nous couvrirons un plus grand secteur en se séparant.

Il ne le dit pas mais à son ton, le mot « exécution » était implicite au bout de sa phrase.

Ils progressèrent rapidement dans l'espèce de crypte avant d'arriver dans un vaste enchevêtrement de couloirs, de la même texture moelleuse et collante, dans les mêmes teintes bleutés, et toujours le même froid qui semblait les poursuivre.

- Bon, c'est ici qu'on se sépare. On établi le contact toutes les heures.

- Le premier qui trouve un élément probant prévient l'autre.

- Okay capitaine. Bonne chance.

Byakuya lança un regard noir à Renji qui signifiait grosso modo « si tu meurs je te tues » auquel ce dernier répondit par une œillade langoureuse traduisible par « faudra me passer sur le corps, et comme y'a que toi qui peut le faire... ». Sasakibe fit semblant de ne rien voir de cet échange écœurant de bons sentiments, et sans autre commentaires, la petite bande se scinda en deux groupes.

L'équipe de Renji parcourait l'étrange labyrinthe depuis une dizaine de minutes dans le silence le plus lorsqu'ils furent les témoins d'un étrange phénomène. D'abord, Ichigo rata une marche et se rétama comme une larve sur le sol. Naturellement, il se releva le plus vite possible, mais à l'endroit de sa chute, une espèce de marque brunâtre coupait avec les teintes bleutées du reste du couloir. Comme si le sol avait... était mort au contact d'Ichigo. Ce que confirma Ebisu en goûtant un peu de la parcelle en question.

« Et j'ajoute que c'est dégueulasse ce truc. Même si c'est fait d'énergie spirituelle, c'est tellement mélangé que ça n'a plus de goût.

- Attends... attends.. fit Ichigo, un peu troublé par ces derniers mots. Tu veux dire que les reiatsu ont un goût ?

- Bien sûr. Tout a un goût. Sauf que les reiatsu, personne n'en mange.

- J'ai une idée. Goûte le mien et dis-moi quel goût ça a.

Renji hocha la tête. Avec des répliques de film porno comme celle-là, ils étaient pas près d'être publiés ailleurs que sur ffnet.

À nouveau Ebisu mordit dans le reiatsu du jeune homme qui poussa un petit cri de hamster.

- Ah ben ouais, c'est comme si je t'arrachais un bout de chair, sauf que là, c'est un bout d'âme, alors forcément, ça pique un peu.

- Alors ?

La jeune femme fit une étrange grimace et puis son zanpakuto régurgita le reiatsu avalé.

- Désolée, mais ça aussi c'est franchement dégueu. Y'a du reiatsu de Shinigami c'est sûr, mais y'a du hollow aussi et ça fouette.

Ichigo ne prit pas garde aux regards assez dubitatifs des autres et enchaîna.

- Donc on peut dire que c'est le reiatsu de hollow qui a fait crever le plancher ? Ce qui fait que les hollows sont une nuisance pour les créatures d'ici.

Sasakibe hocha la tête.

- Je vois ce que tu veux dire, mais on ne va pas amener des hollows ici pour vaincre ces choses.

- Pas besoin. Comme Ebisu l'a remarqué, mon reiatsu porte des traces de hollow. Me demandez pas pourquoi.

- De toute façon, c'est pas comme si ça nous intéressait.

- Donc on peut logiquement penser que tout ce que je touche va crever comme ce bout de plancher.

- Ouais, sauf que...

Sasakibe montra l'endroit en question qui commençait à disparaître, comme recouvert d'une deuxième couche de cette matière bleue.

- Ça se reconstitue, murmura Ichigo, qui n'en croyait pas ses yeux.

- Au mieux, tu devrais pouvoir marcher sur ce sol sans risque de te faire choper ton reiatsu, mais pas plus. »

Et soudain, alors qu'ils étaient tous rassemblés en cercle pour contempler l'étranger phénomène du sol se régénérant, ils sentirent un souffle d'air violent les agresser. Plus qu'un souffle, on aurait dit une tornade, une tempête, un tourbillon qui emportait tout sur son passage. Seul Renji trouva le réflexe de réagir, mais ce ne fut que pour lancer Zabimaru pour se raccrocher à quelque chose, et son zanpakuto se planta dans le sol, arrachant un cri douloureux à son maître.

« Renji ! Qu'est-ce que tu fais ?

- Merde ! »

Lâchant son sabre, il se recroquevilla sur lui-même, le même froid prenant à nouveau possession de lui. Ebisu se trouva rapidement plaquée contre un mur et la même plainte suraiguë lui échappa, Saskibe réussit à reprendre un semblant d'équilibre et put à nouveau flotter au dessus du vide, l'air passablement secoué. Ichigo lui, se laissa porter par la tempête, conscient qu'il ne risquait rien à se retrouver par terre.

Renji lui se retrouva sur le sol et, en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, il se trouva emprisonné, de long tentacules sortant du sol. Apparemment de la même matière que le sol, avec les mêmes capacités d'absorption de l'énergie spirituelle. La sensation était atroce, comme s'il se faisait extraire ses nerfs un à un, Il se sentit étouffer, perdre pied et petit à petit perdre connaissance.

Au dessus du sol, déjà Ichigo s'était précipité pour tirer Renji de là, quand une douleur à la jambe l'empêcha de bouger. Il se retourna pour voir ce qui avait pu lui frapper l'arrière de la cuisse comme ça. Et il eut à peine le temps de percevoir une ombre noire qui lui asséna un violent coup sur le crâne. Et il perdit connaissance à son tour, incapable de voir si les deux jeunes femmes avaient subi le même sort.

C'est comme ça que les deux jeunes gens se réveillèrent dans un état quasi comateux, pieds et poings liés, dans une petite pièce sombre.

Renji, tout en grimaçant à la douleur qu'il sentait encore en lui, le froid qui lui serrait toujours le cœur, se redressa un peu, histoire de faire le tour du propriétaire.

L'endroit dans lequel ils se trouvaient ressemblait plutôt à une grotte. Ils étaient dans un coin mal éclairé mais ailleurs, une lueur bleuâtre jetait des ombres démesurées sur les parois rocheuses.

Renji constata avec soulagement qu'ils n'étaient plus sur le même sol que les couloirs et qu'il n'y avait aucun risque de perdre tout son reiatsu. Mais, alors qu'il tentait de se relever pour voir ce qui se passait dans le reste de la grotte, il sentit la même douleur dans ses poignets. Un rapide coup d'œil aux liens de ses chevilles lui confirma qu'ils n'étaient pas attachés normalement, les filaments bleus semblaient bien être de la même nature que le sol mangeur de reiatsu. Et dès qu'il essayait de forcer sur ces entraves, la douleur revenait. Il jeta un rapide coup d'œil autour de lui pour réaliser qu'il manquait Ebisu.

Okay, donc on est bloqués dans un.. une grotte ? Voilà, on va dire une grotte, qui n'est pas comme le reste de ce bled, on est ligotés mais vivants, ce qui veut dire qu'ils ne veulent pas nous tuer, pour l'instant. Mais on est ligotés avec cette merde bleu, ce qui veut dire qu'ils veulent pas nous tuer mais se foutent qu'on perde tout notre reiatsu. Et Ebisu est soit morte, soit elle s'en est tirée. Dans le doute, on espère qu'elle s'en est sortie.

Au loin, il entendait un léger brouhaha, comme un bruit de fond, plusieurs personnes devaient parler en même temps. Ce constat avait quelque chose de rassurant : il y avait des créatures pensantes et intelligentes, capable de parole dans le coin. Il avait également quelque chose d'inquiétant : toute créature pensante n'est pas forcément meilleure qu'une bestiole débile, généralement, plus l'ennemi est intelligent, plus c'est compliqué de s'en sortir.

Sur cette observation déprimante, il entrepris de réveiller ses compagnons. Il fila un coup de pied à son co-détenu le plus proche.

« Oh ! Ichigo ?

Et puis, un second, bien placé dans le tibia, zone sensible entre toutes. Et un couinement lui répondit.

- Bordel ! Ça fait mal !

- T'es réveillé.

- Je dormais pas je crois. J'étais assommé.

Du coin de L'œil, Renji remarqua que Sasakibe aussi commençait à doucement sortir du coaltar et se frottait le crâne. Elle aussi devait avoir eu droit à un assommage en règle. Il dirigea à nouveau toute son attention sur Ichigo qui secouait la tête en grimaçant de douleur.

- Bon ça va ?

- Bof. J'ai l'impression qu'on a essayé de faire entrer un parpaing dans mon crâne.

- C'est quoi un parpaing ?

- Laisse tomber.

- Kurosaki, fais-voir tes liens, murmura Sasakibe.

Sans poser de questions, il déplia ses jambes pour voir et ils purent observer l'étrange couleur des liens, le bleu tirant progressivement sur le brun, comme si les deux couleurs se disputaient le terrain.

- Bizarre, fit la jeune femme en fronçant les sourcils.

- Attends, Ebi a dit que l'énergie spirituelle du hollow pouvait contrecarrer l'effet de ce truc bleu, pourquoi ça ne le fait pas là ?

- Mais tu as bien vu tout à l'heure, le sol s'est reconstitué après sa chute.

Renji hocha la tête et se pencha sur les liens d'Ichigo qui commençait à trouver un peu déstabilisant d'avoir les deux shinigamis en train de lui inspecter les pieds.

- Le truc doit pouvoir se régénérer plus vite que le sol tout à l'heure.

Sasakibe se mordit la lèvre, plongée dans ses réflexions.

- Quand on est arrivé, on a été frappé par le froid.

- J'ai remarqué ouais, fit Renji en frissonnant au souvenir de son premier contact avec l'enfer glacial, la morsure qui avait traversé son znapakuto et l'avait agressé.

- Ichigo Kurosaki, tu avais froid aussi ?

- Ouais, depuis qu'on est entré dans ce truc. Mais c'est pas insupportable.

- Alors c'est qu'il y a un effet sur ton reiatsu, comme sur le notre. N'oublie pas que tu as une partie de ton énergie spirituelle d'un shinigami.

Ichigo hocha la tête.

- Ça veut dire que je suis moitié moins vulnérable que vous dans ce lieu ?

Les deux shinigamis se regardèrent avec une certain irritation et puis Renij soupira.

- Faut croire que ouais.

- Ça te la coupe, hein ?

- C'est bien le moment de faire le malin.

- Nan mais avoue, Renji, t'es vexé à mort, insista l'humain avec un sourire narquois qui provoqua un élan d'énervement chez son ami. S'il y a bien une chose que Renji déteste, à part se faire envoyer bouler par Byakuya, c'est qu'on se foute de sa gueule, surtout s'il y a une bonne raison pour cela.

- Écoute, on te demande pas pourquoi tu as du reiatsu de Hollow en toi, alors fais-nous pas chier.

Sasakibe leva les yeux au ciel. Elle le savait, en partant avec Renji, elle s'était préparé aux pires dialogues débiles/salace/hors contexte qu'elle pouvait imaginer. Elle avait oublié la mauvaise foi.

- Bon, et maintenant on fait quoi ?

- On se barre d'ici.

- Comment ?

Renji posa un regard plein de tristesse sur son ancienne subordonnée. En plusieurs années à la onzième division, elle n'avait donc toujours pas compris le mot d'ordre de cette glorieuse unité ? « On tape d'abord, on pose les questions après ».

Ichigo, lui avait tout compris et poussa un petit cri de joie.

- Hey, ils nous ont laissé les zanpakuto !

La jeune femme secoua la tête. Comme la plupart de ses collègues, ces deux-là confondaient allègrement la force brute et la stupidité. On peut être une vraie brutasse mais agir intelligemment. Même si c'est dur.

Et, bien sûr, avant qu'elle ait pu leur dire de réfléchir (ce qui n'aurait, de toute façon, pas changé grand chose), ils se levèrent, hurlèrent à la morsure des liens et libérèrent leurs zanpakuto. Dans le dos. Oui, ils étaient ligotés les mains dans le dos. Et comme ils sont particulièrement cons, ils ne prirent pas la peine de remarquer qu'ils ne pouvait pas s'éloigner du mur à cause des liens, et que, de ce fait, leur sabre trouvèrent sur leur trajectoire un mur. S'ensuivit un fouillis difficilement descriptible, chacun cherchant d'abord à trancher ses liens, puis, voyant que c'était physiquement impossible, ils tentèrent de trancher les liens de l'autre, ce qui provoqua quelques coupures sans gravité et une pluie d'insultes mutuelles. Jusqu'au moment où, à force de s'agiter, ils trébuchèrent, les jambes toujours entravées par leurs liens (qu'ils n'avaient pas songé une seconde à trancher), et se ramassèrent par terre, mélangés et furieux.

Sasakibe résista à l'envie de sortir un « je vous avait prévenu », et pourtant, elle aurait pu.

Et brutalement, un froid glacial s'engouffra dans le coin de la grotte où ils se trouvaient. Et une créature apparut sans un bruit, les fixa quelques secondes et finit par s'approcher.

Sans un mot, Sasakibe se releva, essayant au mieux d'ignorer la douleur des liens à ses chevilles à chacun de ses mouvements. Puis ce fut Renij qui se redressa, tant bien que mal, sortant de l'inconfortable enchevêtrement qu'il formait avec Ichigo.

« Qui êtes vous ? Où sommes nous ? » Fit-il, à l'adresse de la créature, tout en la détaillant du coin de l'œil.

D'instinct, il sentait qu'elle était plus ou moins de même nature que les autres, mais en plus évoluée. Elle était grande, plus grande que lui, ses membres étaient longs et osseux mais il émanait d'elle une puissance, un sentiment de force physique qui contrastait avec cette silhouette maigre. Quoique d'aspect humanoïde, elle paraissait déformée par des bras et des jambes disproportionnées. Et puis, remarqua Renji, sa peau blanchâtre semblait par endroit complètement translucide, laissant apercevoir des articulations, des muscles rougeâtres et des longues veines vert clair.

Sans un mot, la créature sortit d'un fourreau gris foncé ce qui ressemblait fort à un poignard, long à la lame légèrement recourbée. Et elle s'approcha d'eux, toujours avec le même silence. Son regard se posait sur eux l'un après l'autre et Renji fut saisi des yeux translucides de la créature, longs, fins, sans paupières visibles, sans pupilles, juste deux orbes presque aussi blanchâtre que sa peau.

Et puis, elle se pencha à leurs pieds et d'un coup sec, trancha les liens bleus. Elle eut un moment d'hésitation en voyant la couleur des liens d'Ichigo, puis leva sur lui un regard vide, avant de le libérer également.

Fascinés par l'apparition, ils ne songèrent pas un instant à reprendre leur zanpakuto et foncer dans le tas.

Et puis elle leur fit signe de passer devant et d'avancer. Voyant son geste du bras pour leur indiquer le chemin, Renji comprit ce qui l'empêchait de caractériser cette créature. Il n'aurait su dire s'il s'agissait d'une femme ou d'un homme. La grâce et la fluidité de ses mouvements le faisait pencher pour une femme, mais il n'y avait aucun autre signe physique d'une quelconque distinction sexuelle.

Finalement, suivant la parois de la grotte, à travers plusieurs couloirs qui se croisaient, ils parvinrent à un espace plus vivement éclairé, une grotte plus haute et aménagée comme pour être habituée.

« Ah, voilà nos intrus.

La voix qui avait prononcé ces mots était étrangement rocailleuse, rauque, grinçante, difficilement humaine.

Et ils se retrouvèrent devant une autre créature du même genre que l'autre, mais plus grande encore, les membres plus marqués par le dur relief osseux. Autour d'elle, une dizaines d'autres entourait l'espèce de trône sur laquelle elle était assise.

- Que venez-vous faire ici ?

Renji hocha brièvement la tête, sans répondre pour autant.

- Où vous nous avez-vous amené ? Pourquoi nous avoir attaqué ?

Ce qui semblait être le chef de cette petite bande eut ce qui semblait être un rire. Mais ça aurait aussi bien pu être un cri de colère, vu la nature du son. Et Ichigo fila un coup de coude dans les côtes de son ami.

- T'es sûr que tu es formé à la diplomatie ?

- Ta gueule, tu veux prendre ma place ?

Coupant court à ces messes basses, le chef reprit, sur un ton plus rapide.

- Vous vous trouvez dans le royaume des morts et nul ne vient ici s'il n'a pas à expier sa vie pour l'éternité.

Ichigo déglutit et fila un nouveau coup de coude à Renji.

- Tu m'étonnes qu'on ait pas à être ici.

Renji hocha la tête et prit le temps de digérer l'information. Donc c'était bien les enfers ici. Là où ils envoyaient les les âmes des hollows qui ont été des criminels durant leur existence terrestre.

- D'où venez-vous, reprit le chef ?

Renji inspira longuement.

- De l'autre royaume des morts. Nous sommes des shinigamis.

À ces mots, la pièce qui était jusqu'alors plongée dans un silence de mort (sans jeu de mot) se mit à bruire de murmures et d'exclamations de surprise.

Le chef leva la main et reprit la parole.

- Alors vous n'avez pas à être là. Votre présence est nuisible à cet endroit.

- Et cet endroit est aussi nuisible à notre présence, marmonna Sasakibe qui commençait doucement à repenser à l'idée de foncer dans le tas en tuant tout le monde. Quand on est de la onzième, il y a des réflexes ancrés dans le subconscient !

Renji hocha la tête.

- Nous le savons. Nous sommes ici parce que des créatures venues de cet endroit se sont retrouvées dans le monde des vivants, et absorbent l'énergie spirituelle de tout ce qui se trouve sur leur passage. Cela ne doit plus se reproduire.

Cette fois, ce fut un silence de mort qui s'étendit sur la petite assemblée. Et finalement le chef reprit la parole, d'un air plus sombre.

- Cela ne vient pas de nous.

- D'où alors ?

À nouveau le silence de mort envahi l'assemblée et cette fois-ci, personne n'eut l'air de vouloir parler.

Sasakibe intervint calmement, la voix basse, mais sans hésitation.

- Quoi que ce soit, nous avons les moyens de régler ce problème.

À nouveau le chef poussa un bruit informe qui semblait être un rire.

- Nous vous avons découvert et capturé sans le moindre problème.

Sasakibe riposta.

- Nous aurions pu nous évader dès notre réveil.

- Pourquoi ne pas l'avoir fait ? Ironisa le chef.

- Nous devions entrer en contact avec vous. Ces créatures dans le monde des vivants ne sont pas à leur place. Nous avons dû intervenir parce qu'elles mettent en danger ce monde.

Le chef eut l'air de réfléchir quelques seconde avant d'acquiescer d'une manière étrangement humaine.

- L'enfer est peuplé, je pense que vous devinez par qui.

Ce fut Ichigo qui hocha la tête.

- Les âmes des anciens criminels.

- Les âmes... ce qu'il en reste. Ce lieu pompe notre énergie petit à petit, elle se nourrit de tout ce qui a fait de nous des hollows autrefois, et nous laisse cette apparence à mis chemin entre l'état de mort et l'état d'hommes. Et ce peuple des enfers avait autrefois un roi. Un chef qui nous tenait tous sous sa coupe.

À nouveau ils hochèrent tous la tête.

- Un jour il a disparu. Personne ne sait ce qu'il est devenu. Nous avons attendu, attendu son retour. Mais aucun signe ne laisse espérer qu'il revienne un jour. Alors des successeurs se sont donné le titre de roi après lui.

- Dont vous ? Devina Renji.

- Dont moi.

- Et vous vous êtes fait la guerre pour savoir qui deviendra le roi ? Continua Ichigo, se disant que, finalement, humains, shinigamis, hollows, things, tous les être réagissaient un peu de la même manière.

- C'est en partie vrai. Seul le temps employé est incorrect. Nous nous faisons la guerre. Nous sommes en pleine guerre.

Ces derniers mots résonnèrent quelques longues secondes.

- Ah merde.

- C'est bien notre chance.

- Ces créatures que vous voyez arriver sur terre sont là parce que les frontières entre nos deux mondes deviennent poreuses.

- Comment cela se fait-il ?

Le chef secoua la tête et reprit.

- Qui sait ? Je suis comme tous ici, une âme criminelle arrivée il y a des années. Je n'ai qu'une connaissance expérimentale de l'enfer. Personne ici ne nous a expliqué ce qui se passait.

Renji sentit quelque chose proche de la compassion naître en lui, pour cet homme. Étrangement ses derniers mots faisaient écho à une réalité ancienne mais profondément ancrée en lui. Ses premières heures dans le Rukongai furent les plus insoutenables de sa vie. Et il avait dû fuir ce monde dont le fonctionnement lui était imposé et lui échappait totalement. Il savait ce que c'était de vivre dans un enfer que l'on ne peut appréhender et dont personne ne vous donne les clés.

- Nous avons... au contact de la matière dont sont fait les couloirs bleus, nous sentons notre énergie spirituelle disparaître. Que... que.. ce phénomène, il vous est familier ?

Le chef sembla d'abord surpris et puis secoua la tête.

- L'Enfer accueille les âmes des morts criminels. Lorsque nous arrivons, notre énergie spirituelle est absorbée par ce lieu. Seuls ceux qui ont la puissance d'âme de... de lutter contre cette absorption sont encore là sous une forme physique. Les plus faibles sont définitivement absorbés par l'Enfer, ceux qui ne peuvent pas lutter assez finissent sous la forme des créatures que vous avez déjà croisé. Et les plus forts restent sous une forme physique humaine.

- Comme vous ?

- Comme nous. C'est la première fois que je vois des shinigamis dans le royaume des morts alors je ne peux pas être affirmatif, mais il me semble logique que les flux d'énergie de ce lieu combattent votre reiatsu et le détruise. Car votre énergie spirituelle n'est pas de ce lieu et risquerait de lui porter atteinte.

- Attendez... Renji leva la main brusquement. Cela veut dire que ce n'est pas que lorsque nous touchons les murs bleus que notre énergie spirituelle est attaquée ?

Le chef eut un signe d'impuissance.

- Je ne saurais dire. Pour nous autres, qui sommes arrivés ici sous forme de hollow, l'absorption se fait progressivement, que l'on touche les murs ou non. Mais c'est vrai que la proximité avec la structure physique de l'Enfer accélère le phénomène.

- Dans ces grottes, sommes-nous à l'abri ?

- Relativement. Mais le processus est inexorable.

Renji se tourna vers ses deux compagnons et ouvrit la bouche en grand. Sasakibe approuva.

- Oui, le froid, il est toujours là.

- Le froid ? Intervint le chef des créatures.

- Nous ressentons un froid inhabituel ici. Normalement, sur terre, nous ne sommes pas sensibles.

Derrière le chef, la première créature, qui les avait délivré, s'agita et glissa quelques mots à la créature sur le trône.

Les trois shinigamis lancèrent un regard interrogatif aux deux êtres.

- Eperkomai me dit qu'elle a déjà vu cela arriver.

- Hein ?

- Un shinigami ici.

- Quand ?

La créature secoua la tête et le chef soupira.

- Je suis désolé, le temps n'a pas de signification ici, nous ne pouvons en déterminer l'écoulement avec précision et dans les mêmes termes que sur terre ou chez les shinigamis.

Renji soupira à son tour.

- Et que lui est-il arrivé ? Questionna Ichigo qui commençait vaguement à avoir les foies. Lui, entre le destin des hollows et celui des shinigamis, il sentait qu'il allait se récupérer la pire part.

- Elle me dit que... le chef sembla hésiter une seconde. Qu'il se plaignait également de ce froid. Et petit à petit le froid se faisait plus fort pour lui. Et il a fini par disparaître, toute son énergie spirituelle détruite par l'action de l'Enfer.

- Quoi !

Le chef leva la main à nouveau pour les faire taire.

- Mais cela prend du temps. D'après Eperkomai, il faut au moins sept fois le temps qui s'est écoulé depuis que nous vous avons trouvé.

- Un peu moins alors, nous étions déjà dans les Enfers depuis quelques temps quand vous nous avez trouvé, remarqua Ichigo.

Il voulut demander ce qui pouvait lui arriver, avec son reiatsu hybride, mais quelque chose l'en retint. Ce fut Sasakibe qui reprit.

- J'imagine que dans ces grottes, le temps de survie est accru ?

- Sans aucun doute. Il faut que vous compreniez que l'Enfer doit percevoir l'intrusion de shinigamis comme une menace et tente de se débarrasser de ce qui pourrait la... l'infecter.

- L'infecter ?

- Je ne vois pas de meilleure comparaison. L'Enfer vous vois comme un genre de virus, qu'il doit détruire pour ne pas être détruit par vous. Il n'y a pas de...

- Attendez ! Renji avait crié et son regard se teintait subitement d'affolement. Quelle était notre chance de tomber sur des grottes comme la votre ?

- Par hasard ? Aucune chance, ces grottes sont rares et bien gardées.

- Sasakibe, la radio !

La shinigami eut une mimique ennuyée.

- C'est Ebisu qui l'avait.

- Alors je dois y aller.

- Quoi ?

- T'es malade ! Cria Ichigo à son tour.

Les êtres de l'Enfer observaient la scène sans comprendre.

- Je dois le prévenir.

- Quoi ?

- Les autres, ils vont... ça... Ils vont disparaître.

Sasakibe fronça les sourcils et ne se retint d'envoyer son poing dans la gueule de Renji que parce qu'il avait été son chef d'escadron dans la onzième et qu'il avait été un bon chef qui ne prenait pas de décisions idiotes. À voir s'il n'avait pas changé entre temps.

- Byakuya...

- Renji, arrête. Ils vont se démerder. Nous on doit...

- Il faut y aller ! Hurla presque Renji, la colère se mêlant à la peur dans sa voix. Je dois... pour lui.

Finalement, elle ne se retint plus. Il allait prendre une décision idiote, elle lui mit la mandale la plus forte qu'elle pouvait, ce qui envoya Renji valser contre le sol.

- T'en veux une autre toi ! Grogna Sasakibe entre ses dents.

Et soudain la voix rocailleuse du chef couvrit leur conciliabule.

- Vous êtes... plus nombreux ?

Ce fut Ichigo qui répondit, laissant les deux autres se défier du regard.

- Ouais. On s'est séparés.

Brusquement le chef se leva et continua, un étrange ton grave au fond de la voix.

- Par où sont-ils allés ?

Ichigo secoua la tête.

- Je serais incapable de le dire, c'est un vrai labyrin...

Renji le coupa.

- Dans le couloir où vous nous avez trouvé. Deux kilomètres en amont, à peu près, il y a une grande salle, avec un autre chemin qui part dans la direction opposée. C'est là qu'ils sont partis.

- Vous êtes arrivés dans cette grande salle ?

- Un peu avant cette salle. Pourquoi ?

Le chef et deux des autres êtres des Enfers se regardèrent et se lancèrent dans une conversation à mi-voix, tellement rapidement que personne ne put en saisir la teneur.

- Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qu'il y a ?

Le chef darda sur Renji un regard compatissant.

- Vous pouvez comptez vos compagnons comme perdus. Ils sont sur le territoire d' Exantlès.

- Et ce... Exantlès... c'est... ?

- Un candidat potentiel au titre de roi des Enfers. Et c'est le pire.

- Facile pour vous de dire ça.

- Ce n'est pas que de la rivalité. Nous nous livrons une guerre sans merci, mais lui... il n'a pas hésité à modifier la structure des Enfers pour amasser de la puissance.

- Qu'est-ce qu'il a fait ?

- On s'en fout, intervint Renji, il faut y aller. Rapidement. On n'a pas de temps à perdre, je vous rappelle que chaque seconde qui passe, nous perdons notre reiatsu et eux aussi. Et ils ne sont pas au courant du danger.

Le chef se leva et saisit brutalement Renij par le bras, lui arrachant un cri perçant. La poigne était ferme et serrée, elle lui broyait le bras.

- Vous n'irez nulle part, certainement pas chez Exantlès. Si vraiment vous devez faire cesser la venue des zoha dans le monde des humains, nous pouvons vous donner le maximum d'informations nécessaires mais cela ne doit pas aller plus loin. Dès que vous aurez vos réponses, vous pourrez repartir par là où vous êtes arrivés.

Renji serra ses poings, près à lutter pour se libérer de la solide prise. Et finalement, il retira son bras violemment, le souffle court et une veine battant à sa tempe.

- Que savez-vous ?

Le chef, qui semblait lui aussi calmer sa colère, s'écarta de Renji d'un pas mal assuré, il se tourna vers celui qui répondait au nom d'Eperkomai.

- Tu peux les mener au vieux ?

L'autre hocha la tête et attrapa Renji par la manche de son kosode en murmurant.

- Suivez-moi.

Le long des couloirs, Sasakibe en profita pour entamer la conversation, ce qui lui semblait une priorité absolue, vue la situation précaire dans laquelle ils se trouvaient.

- Combien êtes-vous à vivre ici ?

- Ici ? Une centaine.

- Une centaine ! Et en tout ?

Eperkomai haussa les épaules.

- Qui sait ? Depuis le départ du roi, il n'y a plus d'autorité en Enfer, il n'y a pas de recensement.

- Et votre chef est candidat au poste ?

Eperkomai s'arrêta un instant, fixa Ichigo qui rougit sous le regard intense.

- Enosi-Kto est certainement le mieux placé. Comme je vous l'ai dit nous sommes une centaine ici, parce que la majorité le soutient. Exantlès est son principal rival. Le seul qui puisse le mettre en danger.

- Un roi des Enfers élu démocratiquement. Les temps changent.

- Ne croyez pas ça. C'est le plus fort qui gagne. Et pour l'instant, on ne sait pas trop qui est le plus fort des deux. »

Et puis le silence. Et Renji qui cherchait discrètement un moyen de se tirer de là, de retrouver leur chemin, de retrouver son capitaine et de le faire sortir de là. Ce n'était pas le danger qui lui faisait peur. Il avait toute confiance en la capacité de Byakuya à latter tous les ennemis qui se trouvaient sur son passage. Non, c'était quand Eperkomai avait parlé de « disparaître » au sujet du précédent shinigami. Disparaître... non, ça il ne le voulait pas. Au pire, si Byakuya devait mourir, et il sentit sa rage refaire surface à cette seule idée, Renji voulait pouvoir se recueillir quelque part, avoir un corps à serrer dans ses bras, voir une dernière fois son visage si noble. Il ne voulait pas qu'il disparaisse sans laisser de traces. Il devait aller le retrouver.

Sasakibe sentit la crise du vice-capitaine arriver de loin et relança la conversation pour faire diversion.

« Tout à l'heure, votre chef a parlé de « zoa », ce sont les créatures que nous avons vu dans le monde des vivants ?

Leur guide hocha la tête.

- Des « zoha », car pour nous ils sont comme des animaux.

- Ah. »

Et voyant que Renji commençait à zieuter à droite et à gauche, cherchant un chemin de traverse pour leur fausser compagnie, Sasakibe enchaîna. Elle avait encore plein de questions en réserve au cas où.

« Excusez-moi si je suis trop indiscrète mais... heu... vous êtes un homme ou une femme ?

Eperkomai s'arrêta à nouveau et eu l'air songeur.

- Hé bien... lorsque nous devenons ainsi, lorsque nous passons d'âme morte à hollow, nous perdons notre différenciation sexuelle.

Finalement Renji se mit à tendre l'oreille malgré lui. Ichigo aussi d'ailleurs, mais lui il écoutait depuis le début. Faut bien dire ce qui est, ce sont des hommes, ils sont faibles.

- Dans ma vie humaine j'étais une femme. Ici, rien ne me distingue des mes semblables. Nous recevons un nouveau nom si nous survivons aux premiers temps de notre séjour en Enfer.

- Et vous... enfin, il n'y a pas de couple ici ?

Le regard de leur guide se fit sombre et infiniment triste. Quelque chose de furieux également passa en lui.

- En Enfer, toute envie nous est enlevé, nous n'avons plus aucune habilité à prodiguer ou donner de l'amour.

Renji se sentit perdre pied. C'était pas du tout le truc à dire au moment où il craignait plus que tout de perdre l'homme qu'il aimait. Vraiment pas.

- Nous ne pouvons que nous rappeler de ce qu'est l'amour. De ce qu'est la chaleur d'un cœur lié au nôtre. Il n'y a que le souvenir qui rend cet enfer supportable.

Le cœur du vice-capitaine loupa un battement, puis deux. Puis il ouvrit la bouche en grand pour respirer. Pourrais-je vivre uniquement de son souvenir ? Non.

- Et le pire, c'est qu'avec le temps, les souvenirs passent et disparaissent à leur tout. Le temps ici efface tout. J'étais mariée durant ma vie humaine, j'avais un fils. Et bien je suis même incapable de me souvenir de son visage.

C'en fut trop pour Renji qui poussa Sasakibe et agrippa l'épaule décharnée d'Eperkomai.

- Je dois y aller. Dis-moi comment me rendre sur le territoire de cet Exantlès. Maintenant !

L'être de l'Enfer eut un hoquet de surprise. Le ton d'un commandement, l'autorité qui émanait de la voix de l'officier, il n'en avait pas entendu de tels depuis des années, des siècles peut-être.

- Écoute ça. Dans l'autre groupe, il y a un homme que j'aime. Il représente tout pour moi. Alors dis-moi comment y aller. Comprends-moi, tu as perdu le souvenir de ceux que tu aimes, ne laisse pas cela m'arriver.

Ébranlé par la puissance de la demande, la chaleur qui rayonnait de Renji, Eperkomai désigna un couloir qu'ils avaient passé quelques minutes plus tôt.

- En le suivant, tu seras hors des grottes rapidement, ensuite, il faut que tu continues tout droit sur une dizaine de kilomètres et après, tu devrais être sur le territoire d'Exantlès. »

Fébrilement, Renji serra la créature dans ses bras en la remerciant de tout son cœur et il fila en direction du couloir. Mais Sasakibe lui barra la route, hors d'elle.

« Que fais-tu ? Si tu le lances à sa poursuite, tu vas mourir !

- Nan je vais le sauver !

- Il ne voudrait pas que tu meures si bêtement, réfléchis un peu à la division ! Que feront-ils sans vous deux ?

- M'en fous. Moi je ne peux rien sans lui, alors je vais le sauver. »

- kurosaki, fais quelque chose !

- Je viens avec toi Renji. »

Et les deux hommes filèrent en courant, laissant leur consœur derrière eux.

A SUIVRE..

le 2 janvier (si vous avez décuvé de la fête du 31)


Réponse aux reviews anonymes mais pas alcooliques :

Appoloosa : merci beaucoup ! C'est vrai que si tu préfères les OS, ça doit te changer. On est contents que ça te fasses bien rire, cette fic n'a pas d'autre ambitions (ou presque) et bien sûr, on est heureux que l'histoire ta plaise aussi. Pour le nombre de chapitres... disons qu'il en reste entre trois et six, selon notre inspiration sur le moment.

Pioush : merci d'être accro... surtout ne fait pas de cure de désintoxication, c'est pas la peine, toute notre came est 100% bio et sans OGM. y'a que du bon ! Ravis de te donner un petit plaisir dans tes journées.

Et à toutes les fidèles : on vous aime (beaucoup).

Et pour les heureuses gagnantes de fics cadeaux, elles seront livrées pour Noël.

Loli&Jimi