Comment ça, y'a plus de disclaimer ? Mais c'est bon, y'a 20 chapitres avec le disclaimer, bordel.

NA : pour ceux que l'invasion du grec hérisse... mais allez vous faire foutre ! Tite Kubo nous abreuve d'espagnol, je vois pas pourquoi on ne pourrait pas caser du grec ici ou là.

NA2 : ceci est en fait la partie 2/3 du chapitre concerné. Ouais, on est comme ça chez nous, quand on aime on compte pas.

QUARANTE JOURS ET UNE RECHUTE !


Le devoir IV (bis)

« Sous ton courroux tous nos jours déclinent, nous consommons nos années comme un soupir »

Ps. 90, 9


Rapidement, Byakuya et ses compagnons avaient senti que quelque chose n'allait pas. Sachant déjà que les murs bleutés pouvaient absorber leur reiatsu, ils évitèrent soigneusement de s'en approcher trop, évoluant en colonne dans les couloirs.

Au bout de quelques kilomètres, ils firent brusquement face à un véritable mur, en dur. Un cul de sac.

« Hé ben on a pris le mauvais chemin, soupira Matsumoto en secoua sa longue chevelure rousse.

Levant la main pour imposer le silence, Rukia murmura doucement.

- Écoutez. »

Effectivement, dressant l'oreille, tous finirent par distinguer des bruits sourds, comme des coups portés contre un mur épais.

- On dirait... comme des coups de boutoir.

Lentement Agido s'approcha du mur et, le plus proche possible sans pour autant le toucher, il tendit sa tête, l'oreille face au mur.

- Et ça vient de là. On dirait que quelqu'un essaye de détruire le mur.

- Bon, ben y'a qu'à attendre que le mur pète.

Le regard polaire de Kuchiki se posa sur Agido qui avait déjà bien assez froid sans ça.

- Reculez tous, tenez-vous prêts, lâcha Byakuya d'un ton sans réplique.

Et pour accompagner son dernier ordre, il brandit lui-même Senbonzakura et se mit en garde devant le mur qui vibrait maintenant à force d'être malmené.

Progressivement, les vibrations se firent plus fortes, les coups moins sourds, le sol également se mit à trembler, le sol bleuté lui-même semblait se tordre sous la violence des coups.

Matsumoto déglutit et resserra sa prise sur la poignée de Haineko.

- Quoi qu'il y ait derrière ce mur, c'est puissant. »

Rukia hocha la tête en silence.

Il y eut d'abord une lézarde, minuscule et fine, qui ouvrit un fil noir dans le mur. Et puis, elle grandit, elle étendit ses longues griffes comme une araignée étend sa toile. Et enfin, un choc plus puissant que les autres fit s'effriter le mur, avant de le faire exploser dans un jet de pierres.

Les quatre shinigamis levèrent leur sabre dans un bel ensemble, protégeant leur visage des pierres expulsées.

Et dans la poussière soulevée par l'écroulement, une minuscule silhouette se dessina, une ombre à côté de laquelle le mur était démesurément immense.

Alors qu'ils retenaient leur souffle pour ne pas avaler de la poussière, les shinigamis reculèrent instinctivement à la vue de cette petite silhouette. De deux choses l'une, soit ce n'était pas cette créature qui avait détruit le mur, et dans ce cas, ils devaient s'attendre à voir apparaître l'auteur du démolissage, soit c'était bien cette demie-portion qui avait détruit le mur et dans ce cas, ils avaient deux fois plus de raisons de se méfier, car une telle force dans un être si petit ne pouvait qu'être dangereuse.

Un sourire rempli d'un nombre déraisonnable de dents barra le visage de la petite créature. Bien que menue, elle était tout sauf mignonne, plutôt squelettique et osseuse, les membres disproportionnés par rapport au reste de son corps et son crâne semblait étrangement ouvert sous une peau incroyablement pâle.

« Quarante-deux ! »

Et dissipant la fumée, la petite chose parcourut une dizaine de mètres en deux enjambée rapides mais stoppa nette son départ de course en se télescopant littéralement dans la poitrine de Matsumoto, ce qui leur arracha un cri à toutes les deux.

Par réflexe, envoya son poing dans la figure de la petite chose, comme elle le faisait à chaque fois que ses formes généreuses se faisaient agresser, et puis, elle sentit d'un seul coup son dos se glacer, ses fesses et ses cuisses se figer, et un hurlement se bloqua dans la gorge. Le sol. Elle était affalée par terre et la moitié de son corps était en contact avec le sol bleu et doucement élastique, qui avait épousé ses formes pour mieux la vider de son énergie vitale.

Elle suffoqua quelques longues secondes qui lui parurent une éternité, avant qu'une ferme poigne ne la rattrape, la relève et la colle contre un corps chaud, brûlant d'une énergie réconfortante. Agido lui lança un regard qui parvenait à être sévère et taquin en même temps.

« Déjà en train de batifoler sur le sol avec le premier venu ? »

De leur côté, Byakuya et Rukia contemplait l'étrange petite chose qui venait de surgir devant eux avec circonspection. Elle était de toute évidence assez forte pour démolir cet énorme mûr toute seule, et la manière dont elle avait commencé à bondir trahissait une puissance fabuleuse. Mais à côté de ça, elle était incapable d'éviter un obstacle peu imposant et immobile. Puissance, mais immaturité, songea Byakuya, et il pensa, allez savoir pourquoi, tout de suite à Renji. Petit mais costaud, pensa Rukia avec un sentiment d'autosatisfaction inexplicable (!).

Et puis ils se penchèrent sur la créature. Et, à la grande surprise du capitaine, ce fut Rukia qui entama la conversation.

« Ça va ? Pas de mal ?

La petite chose secoua la tête en levant les deux mains ouvertes devant elle.

- Nan, c'tait ben mou !

- Quoi ? Cracha Rangiku, vexée. Ma poitrine est ferme à point !

La petite chose, en deux bonds, fut perchée sur la poitrine en question et fourrait son visage dedans, arrachant un nouveau hurlement à la propriétaire de la poitrine en question.

- C'ben doux, c' ben chaud, c'ben moelleux.

Agido esquissa un sourire narquois.

- Ça au moins, tout le monde est d'accord dessus.

La vice-capitaine allait répliquer d'un ton cassant quand une main fine mais puissante plongea également entre ses seins mais en ressortit immédiatement avec la tête de la petite créature.

- Nous avons des questions pour toi.

Muette de stupeur, Rangiku en oublia de filer une gifle au malotru qui osait lui mettre la main entre les seins (fût-ce pour en ôter une bestiole inconnue), et cela n'était pas plus mal, le malotru en question n'étant pas le genre d'homme qu'on peut gifler comme ça. Byakuya Kuchiki, tenant toujours la petite chose à bout de bras, répéta d'une voix plus grave.

- Nous avons des questions. As-tu un nom ?

- Epothis, murmura la petite chose, tourneboulée par ce qui lui arrivait.

Entre la découverte des avantages de proue de Matsumoto et celle de la froide brutalité de Kuchiki, la petite Epothis comprenait de moins en moins ce qui lui arrivait.

- Nii-sama, intervint Rukia, les joues écarlates. Je pense que c'est une enfant. Ne la...

Byakuya se tourna vers sa sœur, étonné de l'inquiétude qu'il percevait en elle.

- Ce n'est pas dans mes habitudes de brutaliser un enfant, Rukia.

Elle hocha la tête, toujours aussi rougissante, et jeta un coup d'œil à Rangiku et Agido pour voir si eux aussi l'avait sentie, cette pression meurtrière brève mais réelle qui avait émanée du capitaine quelques secondes durant. Byakuya, parfaitement conscient de ce brusque accès de rage, n'avait pas réalisé le moins du monde que ses compagnons pouvaient avoir pris cela pour une réaction à l'encontre de cette petite chose. Il savait parfaitement pourquoi il s'énervait, mais cela n'avait rien à voir avec la petite Epothis qui se balançait au bout de son bras.

- Que fais-tu là ? Continua-t-il. Pourquoi as-tu brisé ce mûr ?

- Passqu'il l'faut, Exantlès l'a c'mmandé.

- Qui est Exantlès ?

La petite eut une expression désolée, comme s'il était complètement stupide, ce qui eut pour effet de provoquer un rire étouffé chez Rangiku à qui Byakuya lança un regard tellement sombre et glaciale que la jeune femme recula malgré elle.

- C'est l'boss.

- Le boss ?

- Ouais, not' boss.

- Et tu en as démoli quarante-deux ?

- Sûr ! J'suis l'premier. Les aut' sont ben plus lents.

Byakuya fit quelques pas et plaça la petite créature dans les bras de Rukia qui eut un sourire d'excuse en sentant la confusion de celle-ci.

- Conduis-nous à ton boss, Epothis, nous devons le voir.

- J'sais pas si j'peux.

En se baissant, Byakuya mit son regard face à celui de la petite et lui asséna le regard « ne-discute-pas-avec-moi » qui la fit reculer contre Rukia et puis elle hocha la tête et tendit le doigt vers la direction d'où elle venait.

- C'par là. J'vais vous conduire.

- Voilà. »

Et les quatre shinigamis se mirent en marche, suivant Rukia qui portait toujours Epothis.

À part le brusque accès de colère de Byakuya, que seule Rukia ne parvenait pas à oublier, la situation semblait tourner plutôt bien, étant donné qu'ils allaient pouvoir entrer en contact avec un chef, ce qui était le meilleur moyen de collecter des informations.

Et de se retrouver dans les pires emmerdes, mais ça fait tellement partie de leur job qu'ils ne font même plus attention.

Rapidement, Epothis les mena à une nouvelle vaste salle, dans laquelle la matière bleue qui composait murs, sols et plafonds semblait presque sculptée tant elle prenait des formes gracieuses et aériennes.

Arrivés là, et malgré tous leurs efforts pour rester concentrés sur leur mission, les quatre shinigamis se trouvèrent le nez en l'air, à contempler le spectacle insensé qui s'étalait sous leurs yeux. Le seul à se reprendre assez rapidement fut Byakuya, qui sentit à nouveau cette irritation l'envahir, incapable cette fois, de s'en expliquer la cause. Il n'avait nulle raison d'être irrité contre Renji ici, comme il l'avait été dans ce couloir, à cause de cette petite créature.

Rapidement, il retourna son attention à Epothis et reprit.

« Où est ton boss ? »

Elle indiqua d'une petite mains osseuse le fond de la salle, où semblait se découper de nouveaux reliefs, plus bruts, moins délicats, mais tout aussi travaillés. Et ils se dirigèrent là-bas rapidement.

Arrivés au fond de la salle, ils purent réaliser que ces reliefs étaient en fait des petites habitations creusées dans la matière bleue et tous inspectèrent les constructions avec curiosité. Vivre dans l'une d'entre elle signifiait la mort pour tout être doté d'énergie spirituelle, ce qui signifiait tout simplement que les créatures qu'ils croisaient autour de ces habitations en étaient dépourvues, à commencer par Epothis. À cette pensée, Rukia sentit son bras trembler elle portait un être vivant et pensant, un être doué de raison et de volonté, mais dépourvu d'énergie spirituelle, ce qui lui semblait parfaitement choquant.

Autour d'eux, une petite foule d'êtres commençait à se former, curieux et, pour beaucoup, limite hostiles. L'un d'entre eux s'avança et s'adressa à Epothis avec une espèce de respect que tous les shinigamis présents comparèrent immédiatement à la déférence que suscitait Yachiru parmi ses hommes.

« Epothis ! Qui sont-ils ? Que viennent-ils faire ici ?

La petite se redressa sans pour autant descendre des bras de Rukia.

- Y viennent voir Exantlès.

- Pourquoi ?

- J'sais pas. »

Réalisant soudain que c'était typiquement le genre de chose qu'elle aurait dû demander, Epothis tourna la tête vers Rukia qui secoua la tête. Elle-même n'avait pas la moindre idée de ce que son frère comptait faire avec cet Exantlès.

Alors elle sentit une poigne ferme lui attraper l'épaule et elle lutta contre le réflexe brûlant qui avait dirigé sa main automatiquement sur la poignée de son épée. Ce n'était certainement pas le moment de créer un incident par agressivité. Une voix grave et rocailleuse, tranchant avec les sonorités plutôt aigrelettes et criardes des voix dans la foule, lui ordonna assez sèchement de lâcher sa passagère.

« Epothis, ne devrais-tu pas briser les murs ?

La petite créature hocha la tête mais ne partit pas, elle bondit à nouveau dans les bras de Rukia, puis sur ses épaules, puis sur sa tête et, bien assise, s'adressa au nouveau venu avec excitation.

- Mais ils voulaient t'voir ! J'les ai am'né ici alors ! J'peux pas tout faire.

- Et bien maintenant qu'ils sont arrivés, retourne casser les murs. C'est bien plus important. »

Après un instant durant lequel la petite défiait le grand du regard, ce dernier finit par indiquer d'un mouvement sec la sortie de la salle et elle se résigna dans un soupir exagéré. En un nouveau bond, elle se trouva dans le décolleté de Rangiku et fourra sa tête entre ses seins, avant de repartir à toute vitesse dans le couloir.

« Quelle... elle est... »

Les mots manquaient à la vice-capitaine pour exprimer son désarroi. Au même moment, l'homme qui avait ordonné à Epothis de partir éclata d'un rire sonore.

« Faut lui pardonner. Epothis n'a sûrement jamais touché quelque chose de si doux qu'une poitrine de femme. Comme vous pouvez le voir, c'est pas ce qui court les rues ici.

Seul Agido hocha la tête. Faut dire que c'était le seul des shinigamis qui avait pris le temps de repérer les créatures les plus attirantes physiquement, notant au passage leur pseudo-asexualité et leur manque total de formes.

- Alors comme ça vous voulez me voir, shinigamis ? Et pourquoi cela ?

Au mot de « shinigami », un murmure choqué parcourut la foule, mais d'une voix forte et autoritaire, Exantlès rappela tout le monde à l'ordre.

- Retournez donc à vos occupations ! Vous êtes en vacances pour traîner comme ça ?

Et il se planta face à eux.

Ils purent alors mieux le détailler. Plus grand et moins fin que les autres habitants, la même peau pâle tirée sur les des os proéminents, la même démarche souple, presque féline. Et, contrairement à ce qu'ils avaient eu le temps de voir des habitants de ce monde, il portait une espèce de ceinture en bandoulière, et son regard était sombre, les pupilles noires et vives.

Malgré son absence d'énergie spirituelle, Rukia ne put s'empêcher de trouver quelque chose de... charismatique en lui. Un sentiment d'attraction, de force, qui le faisait effectivement sortir du lot.

Ce fut Byakuya qui répondit. En un regard il avait pu jauger lui aussi l'autorité naturelle qui rayonnait de ce boss, et dans un geste de reconnaissance réciproque, Exantlès avait concentrée son attention sur le capitaine.

- Nous avons constaté des intrusions de créatures des Enfers dans le monde des vivants. Comment cela a-t-il pu se produire ?

L'air d'Exantlès se fit sombre et il se tassa, comme écrasé par la question.

- Je savais que ça arriverait un jour.

Alerté par ce ton aux limites du désespoir, le capitaine s'avança et fit face à l'être de l'Enfer.

- Que savez-vous ?

Exantlès dévisagea Byakuya et puis hocha la tête.

- Suivez-moi, vous allez comprendre. »

Ils parcoururent ainsi quelques centaines de mètres pour se retrouver à l'autre bout de l'immense salle, là où une minuscule ouverture ouvrait sur une salle plus petite. Dans cette petite salle, les murs étaient d'un bleu bien plus foncé, ils étaient aussi plus épais, mais, lorsque le boss appuya sa main sur la partie la plus foncée, le mur se mit à se déformer et à onduler, comme s'il ne s'était s'agit que d'un ballon rempli d'eau prêt à exploser si on le frôlait.

« Voilà. C'est ainsi que se forment les trous.

La salle n'était pas vide, au contraire, un certain nombre de ces êtres s'activait, dressant des espèces de filets le long des murs, massant ceux-ci avec précautions en certains endroits. Et l'un de ces travailleurs vint les rejoindre et, s'accoudant sur l'épaule d'Exantlès avec un certain manque de déférence, il était un peu plus grand que lui, ce qui en faisait un véritable géant selon les critères des shinigamis, mais plus maigre, cadavérique.

- On est en place, boss. La petite a bien bossé, la pression a diminué de moitié depuis un cycle et demi.

- Bien. Orin va vous expliquer mieux que moi comment des créatures d'ici se trouvent de l'autre côté.

En disant cela, il jeta un coup d'œil à l'être en question qui accusa le coup avec un léger tremblement.

- De l'autre côté ? Cela va si loin ?

- Faut croire que oui.

Orin se retourna quelques minutes pour crier des instructions aux hommes qui s'activaient et attrapa Exantlès par le bras.

- Okay, on va en parler, mais pas ici. »

Et il les traîna vers ce qui semblait être une maison creusée dans les murs bleus. Au soulagement des shinigamis, le mobilier n'était pas fait de cette même matière bleu et ils purent prendre place autour d'une table basse.

« Vous venez d'où ? Fit Orin.

- Je me nomme Byakuya Kuchiki et je commande cette mission. Nous sommes des shinigamis venus pour découvrir l'origine de ces perturbations. Pourquoi des créatures de l'Enfer se retrouvent-elles dans le monde des vivants ?

Orin hocha la tête.

- Ce que vous avez vu dans la petite cave, c'est un pan de la structure des Enfers qui approche de son point de rupture. Quand cela arrive, le mur se désagrège et forme un trou. Il peut aussi exploser, quand la pression est trop forte trop rapidement, dans ce cas, c'est assez dangereux, c'est pour ça qu'on contrôle ce genre de phénomène de très près.

- C'est ce qui créé des fuites ? Coupa Rangiku, cherchant à comprendre.

Orin secoua la tête.

- En principe, ça ne devrait pas. Normalement les murs en contact avec les autres mondes sont différents, ils évacuent automatiquement la pression en relâchant de l'énergie spirituelle dans l'atmosphère... enfin, dans notre atmosphère.

- Alors ?

- Alors, il semble que, récemment, la pression soit devenue trop forte par endroits. Par exemple, le mur qu'on est en train de sécuriser a vu sa pression tripler en moins de deux cycles, c'est énorme.

- Un cycle ça fait ... ? Demanda Agido.

Orin eut l'air embêté. Il se tourna vers Exantlès qui secoua la tête.

- Impossible à dire. Un cycle correspond à la dissolution d'une certaine quantité d'énergie spirituelle dans l'atmosphère mais en temps humain, c'est impossible à dire.

- Peu importe. Et récemment la pression augmente, ce qui empêche les murs extérieurs de se réguler, et provoque des déchirure dans cette matière bleu ?

- C'est exactement ça.

- Vous n'avez aucune idée de la raison qui fait que cette pression augmente ?

Les deux êtres des Enfers se regardèrent avec une espèce d'hésitation. Et Exantlès répondit par une question.

- Pourquoi êtes-vous là exactement ?

Byakuya ne consulta personne pour répondre et décida qu'il n'y avait pas de risques à dire la vérité.

- Ces intrusions dans le monde des vivants nuisent à notre tâche. Elles doivent cesser.

Rukia prit la parole à son tour, s'attirant un regard désapprobateur de son frère.

- Ces... ces trous nuisent également à l'intégrité des frontières entre les différents niveau de réalité. Pour l'instant nous avons seulement découvert des créatures venues de Enfers dans le monde des humains, mais nul ne sait jusqu'où peuvent aller ces intrusions.

Byakuya ajouta un regard noir à son air sévère. Ça, on n'était pas obligé de le dire.

- Que voulez-vous dire ?

Agido, qui étudiait attentivement leurs hôtes depuis le début, intervint à son tour. Ce n'était qu'une impression, mais il était presque certain de ce qu'il allait avancer. Au pire, c'était un coup de poker. Mais il sentit qu'il devait suivre cette intuition qui s'imposait à lui.

- Vous êtes dépendants de l'énergie spirituelle qui vous entoure. Sans elle vous ne pouvez exister. Ces ruptures dans la structure de l'Enfer portent atteinte à vos capacités, n'est-ce pas ?

Tous le regardèrent avec stupéfaction. Finalement Exantlès se pencha vers lui.

- Depuis combien de temps les shinigamis étudient-ils les Enfers ?

Agido eut un sourire malicieux.

- Bien assez longtemps. Nous nous intéressons à tout ce qui vit. Même une forme de vie incomplète comme la vôtre.

Finalement Exantlès hocha la tête.

- Voilà. Le fond du problème. Nous avons déjà dû déserter certaines parties de l'Enfer. Seuls les dzoha ont la possibilité d'y vivre. Enfin, c'est surtout qu'ils n'ont pas les capacités de réflexion pour réaliser qu'ils vont finir par mourir.

- Les dzoa ?

- Dzoha. Ce sont les êtres qui ont pu lutter assez pour ne pas se diluer entièrement dans la structure de l'Enfer, mais pas assez pour savoir garder leur intégrité psychique. Cette intégration incomplète à l'Enfer en fait des créatures très résistantes, car elles sont toujours liée à l'énergie spirituelle de l'Enfer, mais fragile, car une fois ce lien rompu, elle sont incapable de se maintenir.

- Mais dans ce cas...

Rangiku ne termina pas sa question, laissant Agido répondre.

- Notre énergie spirituelle se fait absorber petit à petit par cet endroit.

Les deux êtres de l'Enfer échangèrent à nouveau un regard, mais effaré cette fois. Et finalement Exantlès éclata de rire à nouveau.

- Vous êtes vraiment venus ici dans savoir cela ? Vous êtes fous ! Ici, les shinigamis ne font pas long feu, ils ne tiennent même pas un cycle dans notre atmosphère. Ici votre existence même est violemment rejetée par cet endroit.

Byakuya tenta de remettre ensembles les informations qu'il recevait depuis son arrivée. Ils étaient en danger. Moins d'un cycle... mais si seulement ils pouvaient savoir à quoi correspondait un cycle, ce serait bien plus utile.

- Ce n'est pas vraiment une raison de rire.

- Pardonne-moi, gamin, mais c'est à mourir de rire au contraire.

Rukia sentit la colère monter en elle. « Gamin » ? Agido et Rangiku étouffèrent chacun un ricanement à voix basse.

- Je suis une fille.

- Ah pardon. On n'a plus l'habitude de faire la différence ici.

Avec un sourire radieux, Rangiku poussa sa poitrine en avant, histoire de montrer que, pour elle, y'avait pas de doutes à avoir.

- Et qu'est-ce qui provoque ce changement dans la pression qui s'exerce sur la structure de ce monde ? S'enquit Byakuya qui avait à peine réalisé qu'être prise pour un garçon froissait sa chère sœur.

Là encore, les deux êtres échangèrent un regard sombre. À tel point qu'on pouvait en arriver à se demander s'ils ne communiquaient pas par télépathie.

- Vous avez vu Epothis...

Exantlès marqua une pause.

- Comme tous ceux dont la force le permet, elle détruit les murs de roc construits depuis plusieurs centaines de cycles dans notre monde.

- Les murs ?

Orin continua.

- Oui, ces murs qui sont bâtis pour délimiter nos territoires depuis la disparition du précédent roi des Enfers. À chaque épisode de division, nous avons construit des murs de séparation, de sécurité, des murs pour nous tenir hors de portée les uns des autres. Or, ce faisant, les murs canalisent l'énergie de l'Enfer et la bloquent certains points, ce qui créé des nœuds de tension.

- Qui se déchirent et provoquent des ouvertures sur le monde des vivants.

- Exactement jeune homme, or depuis la disparition du roi des Enfers, les murs se sont multipliés, aussi nombreux que les candidats à la succession. Ce n'est pas drôle mademoiselle.

Orin s'était interrompu et tançait Rangiku avec sévérité.

- Je suis désolée. Je ne...

À vrai dire Agido et elle ne pouvaient pas s'empêcher d'étouffer un rire, vue la tête qu'avait tiré Byakuya en se voyant appeler « jeune homme ».

- Je compatis à cette catastrophe. Mais pourquoi ne pas construire les murs dans la même matière que le reste des Enfers ?

- Par ce que cette matière est la substance même de l'Enfer : un magma d'énergie sans volonté propre, sans âme et sans capacité à agir. Ce n'est pas comme une pierre, nous ne pouvons la travailler.

Rukia le coupa.

- Mais ces maisons, cette vaste pièce, celle où nous sommes arrivés, tout cela semble être construit, sculpté !

- Non. Tout cela est l'œuvre de la volonté agissante de quelques uns d'entre nous extrêmement puissants. Il faut être nombreux et posséder une capacité à manier les énergies spirituelles hors du commun pour faire cela. À vrai dire, la dernière véritable construction remonte à l'époque où la roi des Enfers était encore là. Il en a dirigé certaines. La plupart sont plus vieilles que nous. Le secret de leur construction remonte à la nuit des temps.

- Mais si ces murs ont été construits depuis des centaines de cycles, alors le problème devait exister auparavant.

- Certainement, affirma Orin. Mais cela s'est accentué avec les récentes luttes pour le siège de roi des Enfers. Et surtout, à cause de la stratégie d'un des prétendants.

- Ah ?

- Oui. L'un d'entre eux utilise les grottes et les constructions de pierre pour protéger ses partisans. Or, ce faisant, il soustrait une partie de l'énergie spirituelle qui devrait arriver à l'Enfer.

- Comment cela ?

Exantlès toussa bruyamment et lança un regard suspicieux à Agido.

- Je croyais que vous étiez informés sur nous ?

- Le renseignement n'est pas une science exacte. Alors, comment peut-il soustraire de l'énergie spirituelle à l'Enfer ? Et quelle incidence cela a-t-il ?

- Pour l'incidence, c'est plutôt facile à imaginer, fit Rukia avec amertume. Sans énergie spirituelle pour se renouveler, la structure des Enfers s'affaiblit. Cette expérience résonnait douloureusement en elle, elle l'avait déjà vécue.

- Tout à fait jeune fille, confirma Orin en hochant la tête. Quant à la manière de soustraire de l'énergie spirituelle à l'Enfer... et bien, Enosi-Kto_c'est son nom_, assemble ses partisans dans de vastes cavernes. Nous ne pouvons pas y vivre confortablement longtemps, car nous sommes coupés de la structure de l'Enfer, ce qui nous coup de notre énergie vitale. Mais pour les nouveaux arrivants, c'est une aubaine, car ils ne risquent pas de se faire absorber par l'Enfer, ni de devenir des dzoha. Du moins, pas tout de suite. Petit à petit bien sûr, leur énergie spirituelle s'évanouit, elle est absorbée. Mais cela dure plus longtemps.

Exantlès continua.

- L'immense majorité des êtres qui arrivent en Enfer est absorbée. C'est ainsi, ceux qui restent sont une minorité chanceuse et plus forte que le reste. Avec ses méthodes, Enosi-Kto permet à ces êtres faibles d'échapper à leur destin.

- Le but est louable mais...

Exantlès coupa net la phrase de Rangiku.

- Nous sommes en Enfer. Les plus forts survivent, les faibles disparaissent. Et cet idiot d'Enosi ne le réalise pas. Tout comme il ne réalise pas pleinement le mal qu'il fait à notre monde en agissant de la sorte.

Byakuya, qui était resté silencieux jusqu'à là, écoutant attentivement et tournant dans tous les sens les informations qu'il recevait, finit par intervenir.

- Dans tous les cas, cela doit cesser.

- Nous nous attelons à cette tâche depuis une dizaine de cycles maintenant. Protesta Orin, l'ai plus las d'un seul coup. Mais cela semble sans fin. Contrôler les points de rupture, démolir des murs... et tout cela restera vain si nous ne parvenons pas à sortir Enosi-Kto et sa bande de leurs grottes.

Le regard inquisiteur d'Exantlès se posa sur Byakuya et ce dernier ne comprit qu'une seconde trop tard ce qu'il y avait à comprendre.

- Puisque vous êtes là pour régler ce problème, ce serait peut-être temps de s'y mettre sérieusement et l'aller le déloger de son repère ?

Un silence de plomb tomba sur le petite groupe et même le sourire d'Agido s'évanouit alors que l'aura glaciale de Kuchiki s'élevait avec fureur. Brusquement les deux êtres se tassèrent sur leur chaise, l'air particulièrement effrayés, un mouvement de recul et une parfaite terreur au fond des yeux. Le capitaine sentit cette terreur subite et lui-même recula un peu. Étrange. Il savait quel effet cela faisait de se prendre une telle aura en pleine face (il avait été à bonne école avec son grand-père), mais la réaction de deux êtres lui semblait disproportionnée, surtout de la part d'un chef de bande un peu important.

Exantlès leva la main.

- Cessez cela. Une fois en Enfer, nous ne connaissons plus la force des auras. La vôtre pourrait nous tuer si vous continuiez à en faire un tel usage !

Rukia ouvrit de grands yeux. L'effet de l'aura devait être incroyable pour qu'un tel homme avoue qu'elle pouvait le tuer. S'il y a bien une chose qu'on apprend vite à ne révéler à personne, c'est ce qui nous fait le plus de mal.

Byakuya cessa presque automatiquement d'exercer sa pression. Il n'était pas venu ici pour tuer qui que ce soit.

- Vraiment ? Fit-il simplement.

Et puis ses yeux se posèrent sur Orin qui était aux limites de l'inconscience, puis sur Exantlès qui semblait encore sous le choc.

- Oui. Nous sommes vulnérables à cela. Comprenez que nul n'a d'aura... d'énergie spirituelle ici. L'Enfer absorbe tout. Nous vivons en parfaite dépendance de ce que cet environnement peut nous apporter d'énergie. Nous n'en produisons pas nous-même, contrairement à vous. C'est ce qui nous rend sensible à cela.

Matsumoto ne put empêcher de sourire.

- Ben dans ce cas c'est tout vu, on va trouver ce Esoni...

- Enosi-Kto.

- ... ouais, bref, on le trouve, on le tue à grand coup d'aura glacée et on s'en va. Problème règlé.

Byakuya sentit les regards de des shinigamis sur lui. En tant que chef, on attendait de lui qu'il prenne une décision. Seulement, la proposition du vice-capitaine lui paraissait tellement stupidement simple qu'il essayait par tous les moyens d'y trouver des failles. Ça ne pouvait pas se résumer à cela. Il se tourna vers Exantlès.

- Vous savez où nous pouvons trouver ces grottes ?

- Ouais.

- Combien sont-ils ?

Son interlocuteur haussa les épaules.

- Difficile à dire, cent, deux-cent. Mais la plupart ne sont pas des guerriers. À vrai dire, si Enosi-Kto ramasse tous les traînes savates du coin, c'est aussi parce qu'il espère obtenir un large soutient populaire. Donner leur chance aux plus faibles augmente sa popularité.

Sur ce point au moins, le capitaine se sentit partager le point de vue de ce boss ; offrir un faux répit à des créatures destinées à mourir était au mieux de la naïveté, au pire, de la manipulation.

Byakuya hocha la tête et se leva, prenant garde à ne pas toucher le mur.

- Avant de prendre une décision, je dois contacter notre seconde équipe.

- Vous êtes plus nombreux ici ?

- Oui, et il faut que nous les informions de ce qui se passe ici. »

Un coup d'oeil à Rangiku qui s'était chargée des communications avec l'autre équipe et cette dernière appela sans plus attendre.

« Ici Rangiku, vous me recevez ?

Un long silence entrecoupé de parasites lui répondit.

- Ici Rangiku ! Équipe A. vous me recevez ?

À nouveau un long temps d'attente fut la seule réponse et Matsumoto commençait à désespérer lorsqu'un faible signal se fit entendre.

- Ici Ebi kriicht, équikriicht K. je vkriicht entend tkriicht mal.

- Ebisu, c'est Rangiku, où êtes vous ?

- Attkriichtqués. On a ékriichtparés. J'ai kriichtrendre la fkriichtte. Je ne saikriicht sont les autres.

- Ah ben merde.

Byakuya se tourna vers Exantlès et seulement remarqua qu'Orin était parti.

Y'a-t-il un repère, un moyen pour elle de nous rejoindre ?

Qu'elle demande à être conduite vers moi dès qu'elle trouvera des gens. C'est le meilleur moyen.

Rukia soupira et hocha la tête à l'adresse de Matsumoto. Celle-ci se pencha pour transmettre.

- Ebisu. Cherche Exantlès. Exantlès. Je répète Exantlès. Nous sommes chez lui. Exantlès. Je répète Exantlès.

- Exankriicht. C'est compkriicht. Je coukriicht communication.

- Communication coupée. »

« Bonne chance Ebisu », murmurèrent les deux jeunes femmes en même temps.


Quelque part dans les kilomètres de couloirs entre les deux camps, Epothis détruisait des murs avec entrain. Jusqu'à ce qu'elle se télescope une fois de plus dans une poitrine. Force fut de constater que cette poitrine n'avait rien à voir avec l'opulence de Rangiku, bien au contraire, les fermes pectoraux de Renji déçurent la petite créature qui s'éjecta de l'obstacle à toute vitesse. Malheureusement pour elle, les bisho vont toujours par deux, ce qui fait qu'elle fut rapidement attrapée par Ichigo.

« C'est quoi ça ?

- Un boulet canon ?

- Nan, c'est pas assez rond.

Les deux garçons examinèrent le petit être avec curiosité.

- Coucou. Moi c'est Ichigo et toi ? »

Mais la petite resta muette de stupeur. Les mêmes. Les mêmes bestioles bizarres qui l'avaient forcée à les amener au boss quelques moment auparavant. Est-ce que c'étaient vraiment les même ou d'autres de la même espèce ? Non, d'autres, il ne se ressemblaient pas. Mais alors... eux... que voulaient-ils ?

Avant qu'elle ait pu prononcer un mot, un autre démolisseur arriva en courant après elle.

« Epothis ! Qu'est-ce que tu fais ! Tout va bien ?

- Merde, elle était pas seule.

- C'est plutôt logique, on laisse pas les enfants seuls.

- Ichigo ta logique m'emmerde. »

Avant qu'ils aient pu dégainer, par réflexe, la petite se tordit dans tous les sens et cria à son comparse.

« Nan Katanankas laiss'les. C'est ben les mêm' qu'les aut' ! »

De surprise, Ichigo lâcha sa prise et la laissa tomber par terre.

« Elle parle !

Pour la peine, Renji lui fila un coup de genoux dans le bas du dos et se pencha pour récupérer la petite créature.

- Ben tu t'attendais à quoi ? Qu'elle miaule ?

- Ch'sais pas, elle a pas répondu quand je lui ai demandé son nom.

- Mais elle était effrayée. Hein ? Fit Renji en s'adressant à la petite qu'il avait maintenant hissée face à lui.

- Nan ! J'tais tout' s'prise passque z'êtes com' les aut'.

- Elle parle, elle parle, c'est vite dit. Faudrait déjà savoir en quelle langue, marmonna Ichigo avec humeur.

- C'est facile, c'est presque la même prononciation qu'un mec bourré.

- J'en vois pas souvent.

- Moi si.

- Qu'est-ce que vous faites là ?

Renji se tourna vers le nouveau venu. Comment est-ce que la petite l'avait appelé déjà ?Katakas ? Katankas ? Impossible de retenir le nom. Peu importe.

- On cherche d'autres gens comme nous. Elle dit que vous en avez vu ? Fit-il en indiquant la petite.

Le gars hocha la tête. De près, ils purent examiner l'homme et virent à quel point il était semblable à ceux qu'ils avaient vu dans les grottes, semblable et en même temps différents. Renji particulièrement sentit la différence plus qu'il ne la vit. La même différence qui existait entre un homme du Rukongai et un noble du Seireitei. En face de lui, se tenait, de toute évidence, l'homme du Rukongai.

Ce dernier hocha la tête.

- C'est vrai, ils sont passés par là et nous les avons menés au boss.

- Au boss ?

- Notre chef, Exantlès.

Ichigo et Renji échangèrent un regard inquiet.

- Il faut qu'on les rejoigne.

L'homme indiqua le couloir par lequel il était arrivé.

- Par là, trois kilomètres, puis à droite, jusqu'à ce que vous arriviez dans une grande salle. Suivez les murs démolis, ça devrait vous mener directement là.

Les deux shinigamis se regardèrent à nouveau.

- Vous savez pourquoi nos compagnons voulaient voir votre chef ?

Ce fut Epothis qui répondit.

- Pour causer.

- Et tu sais de quoi ils ont causé ?

- Na' j'sais pas, j'tais p'us là. »

Finalement Renji reposa la petite par terre et salua l'homme de la tête. Ils n'avaient pas eu besoin de se concerter pour décider d'aller dans la direction indiquée. Bien sûr, ils n'avaient aucune idée de ce qu'ils devaient faire une fois face à cet Exantlès qui, d'après Enosi-Kto, était la cause de tout.


Ebisu se prit la tête entre les mains. Une fois seule, elle avait dû se rendre à l'évidence. Ils ne la retrouveraient pas. Lorsqu'elle avait été plaquée contre un mur, elle avait libéré son zanpakuto qui lui avait permis de détruire une partie du mur derrière elle. Akuma no Kanikasai pouvait dévorer n'importe quoi, et détruire tout ce qu'il avalait. Mais bouffer un mur entier de reiatsu mélangé l'avait proprement mise KO. Elle s'était traînée assez loin du lieu de l'attaque et essayait de se remettre en forme, en vomissant tout le reiatsu absorbé. C'était infâme.

Souvent, elle avait pleuré à l'idée d'avoir un zanpakuto avec une capacité aussi débile. Dévorer. Dévorer l'énergie spirituelle. C'était terriblement... ridicule... faible. Et puis, un jour, elle avait essayé. De dévorer autre chose que de l'énergie spirituelle, et bizarrement, ça marchait aussi bien. C'est un peu ce qui lui avait valu son entrée à la onzième division à la sortie de l'académie : une cannibale, ça ne pouvait que leur plaire.

Et puis il y avait eu Ayasegawa. Lors de son passage à la onzième, pour une raison connue de lui seul, le cinquième siège avait toujours veillé à ce qu'Ebisu ne soit pas trop persécutée à cause de la finalité première de son don. Au début, elle avait surtout remarqué qu'il veillait discrètement à ce qu'elle n'utilise que son don pour dévorer les être physiques, et cela lui avait déplu. Elle n'était pas que ça, pas qu'une cannibale. Et toute l'attitude de cet officier tendait en à faire d'elle uniquement une bouffeuse d'ennemis. Ce n'est que progressivement qu'elle avait remarqué que cette attitude revenait à la protéger des préjugés de la onzième contre les armes spirituelles. Et sans trop en comprendre la raison, elle lui en était reconnaissante. Mais en silence. La jeune femme n'avait jamais trouvé le courage de lui avouer qu'elle avait découvert ses efforts, craignant la réaction de l'officier.

Bref, tout en parcourant à toute vitesse le long couloir bleu, réprimant à chaque pas une nouvelle nausée, elle songeait qu'à son retour, elle devrait voir l'officier Ayasegawa et le remercier en bonne et due forme.

Mais ce serait pour plus tard. Pour l'instant, elle devait trouver un moyen de retrouver son équipe. Surtout que c'était elle qui avait la radio du groupe et que, sans moyens de communication, ils seraient perdus. Remarque, à bien y réfléchir, ils étaient déjà perdu s'ils se prenaient un mur dans la tronche, donc bon... radio ou pas radio, ils auraient déjà fort à faire.

L'attaque avait eu lieu dans le couloir parallèle à celui qu'elle parcourait. Il lui suffit donc de remonter sur quelques centaines de mètres pour retrouver la trace des attaquants. De ce qu'elle apercevait par moment, en passant la tête par des ouvertures qu'elle creusait dans le mur, ces êtres étaient plutôt... étranges. Grands, maigres, cadavériques, pâles, ils évoluaient d'une démarche glissante sur le sol bleu et ne semblaient pas souffrir de toucher cette structure. Le plus discrètement possible, elle les suivait, remarquant qu'ils avait emporté ses compagnons avec eux sans les tuer, ce qui était la seule bonne nouvelle de ce début de mission.

Finalement, à force de suivre par intermittence le petit groupe, elle se retrouva à une intersection où une demi-douzaine d'êtres patrouillaient.

D'accord, donc là, on y est. On arrive à leur QG.

Elle jeta un nouveau coup d'œil en coin aux gardes qui, en regardant mieux, elle finit par le remarquer, défendaient l'entrée d'un genre de grotte.

Mais je vais pas y entrer comme une fleur là. Autant trouver la porte de service.

Elle partit donc, tentant de trouver le moyen de faire le tour des grottes pour entrer par... une hypothétique porte de service. Deux problèmes s'offraient à elle. D'une part elle n'avait aucune idée de la manière dont on fait le tour d'une grotte. Habituellement, c'est encastré dans une montagne ou dans le sol ce genre de truc. D'autre part, elle avait des doutes sérieux quant à l'existence d'une porte de service dans des grottes. Ceci dit, elle ne pouvait pas prendre le risque de se frotter aux gardes toute seule, et elle ne concevait pas non plus d'attendre sans rien faire.

Et donc elle procéda par étapes successives. Elle dévorait des pans de mur, passait au travers et ensuite, vérifiait si elle était toujours en vue des grottes en dévorant juste une petite ouverture pour passer un coup d'œil par là. Et régulièrement, elle devait s'arrêter pour vomir, écœurée par l'odeur grasse et âcre de ce qu'elle ingurgitait.

Si je m'en sors, je deviens végétarienne. Se promit-elle, tout en sachant parfaitement qu'elle ne tiendrait pas un mot. Elle aimait bien trop la chair humaine pour ça.

Et enfin, au bout d'un temps qu'elle peinait à décompter, elle parvint à un endroit où un bout de roche dépassait dans le couloir qu'elle venait de creuser.

Okay ! J'y suis. Bon, y'a plus qu'à suivre le reste et faire le tour.

Et c'est ce qu'elle fit.

Grattant les murs pour arriver jusqu'à la couche de roche, elle suivi le contour des grottes avec difficultés. Pas facile de se frayer un chemin au milieu d'un amas de matière bleu qui lui agressait les sens, gelée, effrayée, et incapable de déterminer exactement si elle ne tournait pas en rond. Tout se ressemblait dans ce bled, impossible de savoir si elle était déjà passée par là ou pas.

Finalement, elle parvint à un couloir où la roche affleurait, laissant une fine ouverture dans le sol.

« Ah ben parfait, c'est tout à fait ce qui te fallait ma fille. »

Elle s'arrêta, laissant l'écho de sa voix résonner autour d'elle.

« Si tu commences à parler toute seule à haute voix, c'est que ça va vraiment pas, tu sais ça, Ebisu ? Oui je sais. »

Elle s'arrêta encore une fois, secouant la tête pour chasser ses propres mots.

« Faut se calmer Ebisu Katsuo, sinon je vais finir par croire que tu as peur. Mais j'ai peur ! »

Et puis elle décida que deux dialogues avec elle-même, ça suffisait pour l'instant, et donc elle s'accroupit sur le sol pour observer la fissure. Étroit mais suffisant pour la laisser passer. Oui, elle faisait attention à sa ligne. C'est pas parce qu'on passe sa vie à bouffer qu'il faut se laisser aller.

Et sans plus réfléchir, elle plongea dans l'obscurité. Oui, comme ça, sans plus réfléchir. Hey, on est passé dans la onzième ou on l'est pas, et elle, elle en avait gardé des traces !

Quand on est à la onzième, on saute dans le vide et on ne se pose de questions qu'arrivée en bas (quand on y arrive). Les premiers mètres de la chute furent plutôt douloureux, puisqu'elle fut violemment éraflée par la roche saillante, lui arrachant des morceaux de peau et de chair, elle sentit son sang couler le long de son bras. Et puis, sur les... aller... trente derniers mètres, elle se sentit beaucoup mieux, la faille s'agrandissant, elle tomba sans plus heurter sur son passage. C'est à l'arrivée que tout foira, et c'est là qu'elle se mit à penser à ce qui pourrait arriver à l'arrivée.

Il y eu un cri, un choc, tous ses os qui tremblèrent et puis ce fut le noir complet.

Jusqu'à ce qu'un son strident la tire de son état de choc.

Les détails de la mission lui revinrent en tête et elle se détacha du sol avec terreur, et puis elle se reprit, réalisant qu'elle était toujours sur la roche des grottes et qu'elle ne ressentait plus le froid mordant de l'extérieur. Ses bras la faisaient souffrir mais elle avait vu pire.

Elle tenta de sortir de son état de choc. Vu comment ses membres étaient courbaturés, elle avait du rester inconsciente quelques temps et cela lui arracha un grognement de rage. Pour une fois qu'elle avait réussi à bricoler un plan pas trop con pour retrouver ses potes, il fallait qu'elle se prenne une grotte dans la tronche et tombe dans les vapes. C'est pas de chance !

Le bruit strident qui l'avait tirée du semi-coma retentit à nouveau. Elle se tourna vivement et attrapa la radio.

Bon, tout n'est pas perdu, l'autre équipe est sûrement en train de se demande ce qu'on glande.

Elle pressa le bouton qui lui permit enfin d'entendre la voix de Rangiku, avec un soupir de soulagement.

Vice-capitaine !

- Ici Rangiku ! Équipe A. vous me recevez ?

- Ouais, vice-capitaine, c'est Ebi...

Merde. Elle peut pas entendre, le micro s'est fait la malle.

Après avoir cherché quelques secondes par terre, elle retrouva le micro tombé à ses pieds et le raccorda à la radio.

- Ici Ebisu, équipe K. Je vous entends pas trop mal.

- Ebisu, c'est Rangiku. Où êtes-vous ?

- On a été attaqués. On a été séparés. J'ai pu prendre la fuite, je ne sais pas encore où sont les autres.

- Ah ben merde.

Un long moment de silence s'ensuivit et Ebisu patienta, songeant que sa supérieure devait être en train de quémander des instructions au capitaine. Et finalement, la communication reprit.

- Ebisu. Cherche Exantlès. Exantlès. Je répète Exantlès. Nous sommes chez lui. Exantlès. Je répète Exantlès.

- Exantlès. Ouais, c'est bien compris. Je coupe la communication.

- Communication coupée. »

La jeune femme se laissa tomber sur les fesses et se prit la tête entre les mains. Ben elle était bien avancée maintenant. Pas question de repartir sans les autres maintenant qu'elle était allée aussi loin. Elle se redressa, se frotta le visage, prit une profonde inspiration et puis fit face à l'obscurité qui l'entourait.

Le noir n'était pas total, une espèce de clarté bleuté extrêmement diffuse envahissait l'espace autour d'elle et permettant de voir les reliefs de la roche, certaines détails, et aussi bout de ses pieds. Mais elle comprit vite que la lueur avait pris exactement le même chemin qu'elle et que, en s'éloignant de la faille, elle finirait dans le noir total. Ce n'est pas qu'elle ait peur du noir, non, bien sûr que non, quelle idée ! Mais elle n'aimait pas être dans le noir complet, c'est tout. Pas du tout peur du noir, non mais.

Elle tournait et retournait la pensée de ne pas crier, de ne pas pleurer et surtout, de ne pas parler tout haut. Peut importait sa peu... son appréhension, elle devait rester discrète.

Dans le noir complet des couloirs de roche, les distances lui échappèrent et sa notion du temps, déjà handicapée par cet environnement inconnu, se dilua dans la sinistre sensation de l'obscurité en elle.

Jusqu'au moment où Ebisu décida de s'arrêter. Comment faire ? Elle pouvait éclairer les couloirs avec un kido, mais ce faisant, risquait de se faire repérer rapidement. Pourtant évoluer dans le noir complet était de plus en plus oppressant.

« Hey frangine, t'veux d'la lumière ? »

« Hiiiiiaaaa ! »

Le cri strident d'Ebisu retentit longuement dans le silence des grottes et l'écho sembla se répercuter durant des heures.

Instinctivement, elle se retourna vers l'endroit d'où venait la voix et brandit son zanpakuto. Sauf que dans l'obscurité, elle pouvait tout au plus diriger son attaquer dans une direction approximative.

Et lorsque la voix retentit à nouveau dans son dos, la peur lui fit serrer ses doigts autour de la poignée de son sabre désespérément, sentant l'hystérie monter en elle.

« 'A pas peur, frangine. J'suis sympa. »

Bizarrement, entendre une voix, inidentifiable mais résolument masculine, dire ce genre derrière soi, dans une grotte plongée dans l'obscurité était tout sauf rassurant. C'est marrant mais il suffit d'entendre « n'aie pas peur » pour avoir automatiquement les foies.

« Qui êtes-vous ?

Un petit ricanement bête lui répondit.

- C'te question ! J'suis un bon gars.

- Où êtes-vous ?

Au moment où elle finit de prononcer ces mots, une lueur blanchâtre sortit de nulle part et une face grimançante et monstrueusement défigurée lui apparut. Et donc, forcément...

- Hiiiiaaaa

- Faut pas crier com' ça, frangine. C'pas sympa pour moi. »

Ebisu fit tout de même trois pas en arrière en levant son zanpakuto devant elle, prête à riposter en cas d'attaque.

Et finalement, elle prit le temps d'observer plus en détail son mystérieux interlocuteur.

Il ressemblait pas mal à ceux qui les avaient attaqué quelques heures auparavant. Quelques heures... Ebisu réalisa qu'elle était incapable de dire si une heure ou dix jours s'étaient déroulés depuis leur arrivée en Enfer. Elle se sentait perdue.

Rapidement, elle recentra son attention sur son étrange interlocuteur.

- Qui êtes-vous ?

- Moi ? Personne.

- Hein ?

- Personne, juste un vieux qui train'là !

Ebisu mit quelques secondes à comprendre ce que l'homme disait. Pas de nom, seul dans les couloirs sombres et oubliés de tous. Peut-être justement, l'homme qui lui fallait, pour en savoir le plus sans être découverte.

- Et toi, jolie mad'moiselle, qui t'es ?

- Heu... Ebi.

- Ebi ?

- Ebisu.

- Ebi ?

- Okay, Ebi, si vous voulez.

- Sij'veux.

- Heu... vous savez... enfin. Je cherche des gens comme moi, des shinigamis. Ils sont dans les grottes aussi, je les cherche. Je dois les retrouver. Vous savez où ils sont ?

- Sh'nig'mis ? Pas d'bol. Tu risques la mort icitte, mad'moiselle.

- Je sais, je sais. Mais je dois les trouver. Vous savez où ils peuvent être ?

Un sourire de cinglé défigura l'être en face d'Ebisu, provoquant un frisson le long de la colonne vertébrale de la jeune femme. Oui, finalement, y'avait peut-être bien un risque à rester dans les couloirs sombres avec ce gars.

- 'Vec 'Nosi. 'Nosi, il capture. Il rend pas. Il tue.

- Heu... ouais. Ben normalement, mes compagnons peuvent se battre donc ça va aller. Mais heu... comment je peux le trouver ce.. heu Nosi ?

Un nouveau sourire malade éclaira le visage de l'être et il hocha la tête avec frénésie. Et puis, d'un seul mouvement, il attrapa la main d'Ebi, fit demi tour, et bondit dans un nouveau couloir plongé dans le noir, balançant devant lui une étrange petite pierre qui diffusait la pâle lueur blanche.

- Hiiiaaa... mais que faaiiiiite vous ?

- 'Nosi. Vite, on va l'voir.

Et, suivant maladroitement la course agile et sûre de l'être qui bondissait de rocher en rocher, Ebisu se laissa entraîner, presque malgré elle, transportée dans des couloirs, des coins et des recoins, des longs tunnels de roches labyrinthiques.

Seule une courte pause lui permit de recouvrer un peu son souffle, mais à peine furent-ils arrêtés qu'ils reprirent leur course.

Elle n'aurait su dire combien de temps ni quelle distance ils avaient parcouru quand finalement, l'être de l'Enfer la lâcha et entra dans une nouvelle petite grotte, recouverte d'une espèce de tissu, dont un pan était fendu dans la hauteur, servant de porte à l'étrange demeure.

Ebisu s'arrêta, interdite, et laissa l'être passer devant elle. Quelques secondes après, la main ferme et osseuse la saisit et la tira à l'intérieur.

- Viens là ! J'vais t'montrer, c'chez moi.

- Hein !

Et elle atterri dans la petite grotte, recouverte de larges pans de tissus, meublée avec un éclectisme certain et dans un bordel indescriptible.

On dirait la chambre du vice-capitaine, songea Ebisu avec un petit sourire.

Sourire qui s'effaça la seconde d'après, lorsque le visage de l'être des Enfers se planta devant le sien à trois centimètres, lui arrachant un petit cri de surprise. Il pourrait se vanter de l'avoir faite crier, celui-là.

- On d'la visite, mad'm'selle, j'm'occupe d'toi après.

- Heu ben oui, comme vous le sentez.

Et, d'une autre caverne dissimulée derrière un pan de tissus aux motifs de fleurs pâlis par le temps, une autre créature des Enfer surgit. Ebisu retint son souffle et observa le nouveau, plus grand, plus fin, plus gracieux que son guide, et de son faciès, une étrange délicatesse se dégageait qui rasséréna un peu la jeune femme. Ce visage avait quelque chose de féminin, et elle s'était toujours sentie plus à l'aise avec les femmes.

- Gérontos, je viens avec une invitée d'Enosi-Kto. Elle a besoin de tes sages conseils.

- 'Perkomai, p'tite. J'suis pas sage. Ch'suis vieux.

Et derrière la nouvelle venue, émergea de derrière le pan de tissu l'imposante silhouette de Sasakibe.

- Alors c'est bien ici, chez le vieux. »


Lorsque Enosi-Kto sut qu'Exantlès avait posé un pied sur son territoire, il entra dans une fureur sans nom. Lorsqu'il eut brisé tout ce qui pouvait l'être, lorsqu'il eut hurlé toute sa rage, lorsqu'il eut ameuté tous ses hommes aptes au combat, il serra les poings de rage et médita l'étrange nouvelle qui lui était parvenue. Exantlès n'était pas seul. Il venait avec des étrangers, des créatures inconnues, mais vivantes. À la différence d'eux qui étaient morts, sans âme, les autres être étaient vivants.

Se pouvait-il que les shinigamis se soient joués de lui ? Qu'ils soient venus à plusieurs, et se soient délibérément placé sur sa route, pour l'espionner et ensuite guider Exantlès jusqu'à lui ?

Non, les shinigamis qu'il avait envoyé au vieux étaient toujours ici, avec Eperkomai. Il ne pouvait s'agir que d'un autre groupe, ils ne pouvaient pas avoir été en contact les uns avec les autres. Ils ne devaient pas voir Exantlès, pas après avoir parlé au vieux.

Alors, rassemblant une poignée de fidèle, il partit vers les limites de son territoires, où Exantlès avait été repéré mais pas arrêté. Il ne l'avait pas ordonné. Il voulait Exantlès hors d'état de lui nuire, et s'il fallait pour cela l'attirer au cœur des grottes, il le ferait.

Exantlès fixait le dos de Byakuya qui cheminait en tête avec une espèce de ténacité qui frôlait l'obstination la plus bornée. Il sentait quelque chose de dangereux dans cet acharnement, un acharnement trop buté pour un simple officier faisant son boulot. Un acharnement qui trahissait une implication personnelle. Mais Exantlès ne voyait pas en quoi un shinigami pouvait se sentir personnellement impliqué dans l'effritement de la substance de l'Enfer. C'était embêtant certes, enfin, dramatique même. Mais il n'y avait pas de raisons d'y avoir une implication personnelle... du moins, s'il y en avait, Exantlès était curieux de les connaître.

Finalement, la confrontation arriva plus vite qu'il ne le présageait, les hommes d'Enosi-Kto devaient faire du bon boulot comme guetteurs. Mais il s'en foutait bien, tout ce qui l'importait c'était de savoir ce que ce capitaine des shinigamis allait bien pouvoir décider de faire, sachant qu'il pouvait les tuer tous deux et laisser ainsi les Enfers dans le plus indescriptible des chaos. La situation s'annonçait pour le moins intéressante.

Finalement, ils arrivaient au bord des premières grottes lorsqu'Enosi-Kto et ses hommes se montrèrent enfin.

« Comment oses-tu te montrer ici, Exantlès ?

Interpellé, le boss soupira, il détestait le ton hautain et l'air supérieur qu'adoptait toujours son rival en face de lui.

- Les choses changent Enosi-Kto. Tu sais reconnaître un shinigami quand tu en vois un ?

- J'en vois quatre et je les reconnais. Que font-ils ici ?

Baykuya s'avança, fixant Enosi-Kto avec la même curiosité polie qu'il avait manifesté à Exantlès. Là non plus, il n'avait pas besoin de chercher loin pour sentir en lui un meneur, un chef né, un être exceptionnellement charismatique dans ce monde où toute énergie spirituelle personnelle avait disparu. Rien d'étonnant à ce que les deux être se confrontent.

Il rassembla ses forces, réalisant que cela lui demandait bien plus d'effort que d'habitude, saisi par le froid qui régnait dans cet endroit. Les effets des Enfers déjà ? Et dégageant une aura savamment dosée de menace et de colère. Juste assez pour oppresser tous les êtres présents, à l'exception des shinigamis.

- Est-il exact que vous protégez des âmes trop faibles pour survivre hors de ces cavernes ?

Il s'attendait à tout sauf à cela, Enosi-Kto se sentit vaciller. La pression spirituelle. Cela faisait tellement longtemps qu'il ne l'avait pas ressentie qu'il la reçue comme une brusque bouffée de vie. Sa première réaction fut épidermique.

- Vous devez partir. Vous êtes en danger ici, et votre présence met notre monde en danger.

Il aurait voulu pouvoir dire à quel point sentir la force d'une pression spirituelle lui était salutaire, à quel point, cela le tirait vers le monde des vivants. Mais impossible avec Exantlès dans les parages.

- Nous partirons lorsque nous serons sûr que ces incursions cesseront.

Enosi-Kto recula imperceptiblement, incertain sur ce qu'il devait faire.

- Et nous emploierons tous les moyens à notre disposition pour nous en assurer.

Enosi-Kto secoua la tête.

- Dans ce cas, adressez-vous à votre guide, shinigami. Vous a-t-il dit que ses petites expériences sur la structure extérieure a ouvert les premières brèches ?

Byakuya se retourna vers Exantlès qui s'assombrit subitement.

- Je l'ai payé suffisamment cher, Enosi-Kto.

- Peut-être, mais payer ne suffit pas, il faut réparer. Encore aujourd'hui, tes hommes manipulent des choses dont ils n'ont pas la moindre idée du fonctionnement. Vous croyez arrêter les fissures, les restreindre, mais nul ne sait quel en est l'effet réel. »

Les deux êtres se faisaient face maintenant, menaçants, brûlant de colère et de ressentiment, et les shinigamis au milieu peinaient à comprendre ce dont il retournait exactement.

« Rukia...

Kuchiki murmura en posant une main sur l'épaule de sa sœur.

- Rukia, déploie ton reiatsu, glace-les. »

Comprenant sous les mots couverts ce que comptait faire son frère, Rukia balança brutalement l'aura la plus sinistre et froide qu'elle pouvait. Et soudain, les deux êtres de l'Enfer s'immobilisèrent, puis, lentement, comme forcés malgré eux, ils se tournèrent vers les shinigamis qui faisaient front, l'air sombre et menaçant.

Sans avoir prononcé un mot, Byakuya avait fait signe aux trois autres de se ranger derrière lui et de se tenir prêts.

- Peu importe. Vous devez faire cesser cela. En supprimant la protection que vous octroyez aux êtres trop faibles pour survivre, et en cessant de manipuler les structures qui isolent l'Enfer de notre monde.

Il marqua une pause, remarquant au passage l'air quasiment extatique d'Enosi-Kto à cet instant, comme si le fait de ressentir une aura s'exercer sur lui lui faisait du bien.

- Sans quoi, nous devrons le faire.

Il n'eut pas besoin d'ajouter quoi que ce soit. Son ton à lui-seul suffisait à faire comprendre à quel point il venait de menacer leur existence même. Si les shinigamis venaient faire ce travail à leur place, ils seraient sans pitié, sans délicatesse, sans aucun souci du bien être et de la tranquillité de ce monde. Byakuya n'aimait pas cette idée. Il préférait laisser faire que faire, spécialement dans un monde qui leur était étranger et hostile.

Lentement les deux êtres commençaient à recouvrir leur force et retrouver un semblant de contrôle sur eux-même. Maintenant, il ne faisait aucun doute, aux yeux de tous ceux présents, Exantlès compris, qu'Enosi-Kto prenait un réel plaisir à sentir un reiatsu l'écraser, un plaisir à la limite de la perversion, un plaisir qui éveilla chez Agido un souvenir assez déplaisant. Il jeta un regard en coin à Kuchiki et nota mentalement qu'il devait lui en parler le plus rapidement possible. Mais sans témoins.

Exantlès, qui semblait écœuré, prit tout de même la parole, foudroyant les shinigamis du regard.

- Votre temps ici est compté.

Byakuya hocha la tête.

- Nous avons les moyens de revenir maintenant, plus nombreux, plus forts, mieux armés face à cet endroit.

- Sauf si vous n'en sortez pas vivants... fit Exantlès avec hargne.

- Hautement improbable, rétorqua Byakuya. Si vous êtes oppressés par cette faible aura, vous ne pouvez nous forcer à rien.

Faible aura ? Rukia sentit un picotement dans la nuque à cette pensée. Et elle tourna son visage vers son frère pour ne voir qu'un regard sévère. Bon, ça va j'ai compris, je dis rien, j'obéis.

Et elle accentua encore un peu sa pression sur les êtres présents, et du coin de l'œil, vit quelques sous-fifres qui reculaient, épuisés par la résistance qu'ils devaient fournir.

Exantlès garda le silence un long moment durant et puis soupira. Oui, il avait aussi vu les hommes d'Enosi-Kto affaibli par l'aura. Et s'il ne se trompait pas cette aura n'avait rien à voir, ni en puissance ni en intensité, avec celle du capitaine des shinigamis qu'il avait senti chez Orin.

- Il me faut des garanties.

- Des garanties ?

- Je dois être sûr qu'Enosi-Kto fera aussi sa part de la tâche, qu'il ne bénéficiera pas de votre aide contre moi, et que vous ne tenterez rien contre nous.

- Nous ne sommes pas venus pour détruire ce monde, prononça calmement Byakuya.

- Bien sûr, fit amèrement Exantlès. Mais ce serait plus simple pour vous de tous nous détruire et puis de partir. Nous ne serions plus là pour porter atteinte à la structure de ce monde.

Matsumoto eut un hochement de tête qui n'échappa à personne. C'est sûr, c'est plus simple et plus sûr, et au moins, ce sera réglé rapidement.

- Nous vous donnons une chance. À vous de l'utiliser à bon escient, répondit simplement Byakuya.

Brutalement, Enosi-Kto sembla sortir de son espèce de fascination pour l'aura qui l'écrasait et siffla doucement.

- Votre temps ici est compté. Vous avez trouvé notre point faible mais vous ne pourrez l'exploiter à fond. Nous sommes plusieurs milliers ici, tuez-nous, Exantlès et moi, vous ne pourrez faire face à tous les nôtres. Vous serez détruits avant, vidé de votre énergie spirituelle et vous disparaîtrez comme les autres avant vous.

- Nous sommes des shinigamis. Nous ne craignons pas de disparaître.

Même si cette assertion ne faisait pas forcément l'unanimité parmi les quatre shinigamis, Byakuya avait mis une telle force de conviction dans ses mots que nul ne pouvait douter qu'ils soient tous prêts à donner leur vie pour leur mission.

- Vous ne craignez pas votre mort. Mais vous avez des faiblesses, comme tout le monde.

Exantlès eut un sourire narquois et coupa la parole à son ennemi.

- Ce que ce chacal veut dire, capitaine Kuchiki, c'est que vous avez nécessairement un point faible, et que lui, est spécialiste en la matière. Comment croyez-vous qu'il me tienne à distance depuis plusieurs cycles ?

Byakuya secoua la tête.

- Je ne veux pas le savoir. Pour votre gouverne, Enosi-Kto. Mes faiblesses, si j'en ai, sont hors de votre portée.

Et bien entendu, ce fut à cet instant précis qu'un cri résonna depuis le couloir derrière eux, un cri désespéré, un cri plein de joie et de soulagement.

- Capitaine !

Ce dernier ouvrit la bouche, stupéfait, serra le poing, furieux, et adressa une courte et muette prière, reconnaissant de savoir Renji en vie, avant de le maudire d'arriver pile à cet instant.

Celui-ci lui tomba dessus avec la délicatesse d'une enclume et lui broya les épaules entre ses bras.

- Capitaine. Vous êtes sain et sauf ! Merci.

Un simple murmure glacial lui répondit.

- Écarte-toi de moi.

Ce que fit Renji, encore capable de repérer une aura de meurtre quand il en voyait une en face de lui.

- Que fais-tu là ? Où est le reste de ton équipe ?

- Ichigo est là, indiqua Renji en montrant l'humain qui observait la scène avec suspicion.

- Je le vois bien. Où sont les officiers Katsuo et Sasakibe ?

- Heu... aucune idée. Je devais vous prévenir... il... cet endroit, il faut partir vite.

Finalement, ce fut la fureur qui l'emporta, et Renji se retrouva face au dos de son capitaine, incapable de contrôler son irritation s'il continuait à le voir en face. Byakuya sentit sa colère s'échapper de lui sans aucune inhibition. Comment a-t-il pu faire ça ? Laisser son équipe en arrière, contrevenir à mes ordres, intervenir sans observer aucune précautions... Quelle folie lui est passée par la tête ?

De son côté, Renji sentit que quelque chose n'allait pas, que son intervention venait de faire... rater quelque chose ? Un sentiment diffus de colère lui appris que Byakuya tentait au mieux de se contrôler mais pas assez.

Ichigo, avait, pour sa part, pris place à côté de Rukia et tentait de comprendre ce qui se passait. Il y avait là Enosi-Kto, juste à côté, un autre être de l'Enfer, aussi imposant qu'Enosi-Kto, et d'autres, en retrait, clairement effrayés par... Ichigo n'aurait sur le dire.

Enosi-Kto reprit comme si de rien n'était.

- Alors, quelles garanties proposez-vous à mon cher ami ?

Byakuya inspira profondément. S'il s'écoutait, il les tuerait tous les deux, sous son aura et point final. Et puis il filerait la rouste de sa vie à Renji pour lui avoir fait une telle peur. Peur ? Peur de quoi ? De qui ? Byakuya n'aurait su le dire... enfin si, mais il n'avait pas envie de chercher la réponse en lui. Mais Renji lui avait fait peur, il avait eu peur pour Renji, en mission, c'était la pire chose qui pouvait lui arriver. La bouffée de rage s'empara de lui et il ne chercha pas à la refouler.

- Un de mes hommes restera auprès de chacun d'entre vous, fit-il aux deux êtres face à lui. Ils seront la garantie que nul ne tentera quoi que ce soit contre vous. En revanche, s'il arrive quoi que ce soit à ces garants, je peux vous assurer qu'il ne restera rien de votre monde après que je m'en soie occupé.

Matsumoto et Agido lorgnèrent sur le capitaine avec un air surpris. Une telle implication de la part de Kuchiki était étrange. Mais comme cela ne sembla choquer ni Rukia (qui était bien placée pour savoir à quel point son frère pouvait être mère poule), ni Ichigo (qui essayait encore désespérément de comprendre ce qui se passait), ni Renji (qui lui avait cessé d'essayer de comprendre et était bien placé pour savoir combien Byakuya pouvait être fougueux et emporté quand il le fallait).

Après un instant de flottement, Exantlès eut un sourire narquois et un tantinet grivois.

- Okay, va pour l'otage. Je ne pense pas que vous soyez du genre à laisser mourir vos hommes. On prend la fille.

Byakuya eut un mouvement de colère et Rukia déglutit avec difficulté. Être otage auprès d'Exantlès était tout sauf ce qu'elle attendait d'une mission.

Et puis Exantlès partit d'un éclat de rire gras en secouant la tête.

- Pas toi, gamine, la fille.

Bizarrement, d'indignée Rukia passa à « passablement vexée ». La fille en question, à savoir Matsumoto eut un sourire carnassier. Elle savait qu'elle était une vraie bombe et être l'objet du désir vulgaire des hommes n'était pas une nouveauté pour elle. Elle savait parfaitement y faire face et dissuader les plus téméraire de se permettre plus. Et elle ne pouvait pas avoir peur de créatures qui défaillaient à la moindre aura un peu menaçante.

- Pas de problème pour moi. Si vous m'y autorisez bien sûr, capitaine Kuchiki.

Le capitaine, qui s'était repris presque immédiatement, hocha la tête.

- Allez-y. Saurez-vous vous orienter ?

- Je crois que ça peut aller, entre le camp d'Exantlès et celui d'Eno... de l'autre. Ça ira.

Le capitaine hocha la tête et lui indiqua la radio.

- Lorsque vous retrouverez l'officier Katsuo, renvoyez-là ici. En attendant, reprenez contact avec elle dès que vous serez au camp d'Exantlès et guidez-là jusqu'à vous.

- Bien capitaine.

Et la jeune femme se rangea à côté d'Exantlès, creusant un peu les reins pour gonfler sa poitrine avec un sourire aguichant. Au regard interrogateur du boss, elle murmura.

- Dites-vous bien que j'arrive à produire des vagues de reiatsu bien plus dangereuses que celle dont Rukia vous a fait cadeau tout à l'heure. En fait, je crois bien qu'elle se retenait.

Le sourire du boss s'évanouit.

Enosi-Kto, à contre cœur, hocha la tête et soupira.

- Je suis forcé d'accepter vos conditions mais je ne reviendrai pas sur ce que j'ai construit. Tout au plus, je vais veiller à ce que les murs soient détruits.

Byakuya hocha la tête, reconnaissant quelque chose qui semblait une immense tristesse, des millions de regrets, un remord encore plus grand, dans les mots de l'être.

La voix d'Exantlès s'éleva, dure, plus rauque encore qu'avant, avec un grincement qu'elle n'avait pas jusqu'à là.

- Nous sommes en Enfer. Et en Enfer se trouvent seuls les criminels, les meurtriers, les parias. Si nous sommes là, c'est que notre condition humain a été indigne de l'humanité, et notre condition de hollow n'a pas suffit à nous faire regretter le mal que nous avons fait. Nous sommes là parce que nous le méritons, Enosi-Kto. N'oublie pas que tu ne vaux pas mieux que nous autres, et que tu es pire que ces shinigamis qui ont pu gagner l'au-delà.

- Je n'ai pas besoin que tu me fasses la leçon.

- J'ai pas besoin de ta permission. Ne te prends pas pour un bienfaiteur. Nous sommes des êtres perdus pour le monde. Notre survie est une aberration, pas une seconde chance.

Un silence de plomb tomba sur le petit groupe, comme une lourde chape qui empêchait toute pensée de s'exprimer.

Enosi-Kto montra Ichigo et Renji du doigt.

- Les deux. Ils étaient là au début, je les reprend.

Byakuya se tourna brusquement vers Ichigo qui hocha la tête. Oui, ils étaient bien déjà passé par là.

- Comment cela se fait-il ? Fit Byakuya à mi-voix.

Renji, toujours derrière lui, murmura, imperceptible pour les deux chefs des Enfers.

- Nous avons été pris par Enosi-Kto après notre départ. Et nous sommes parti. Sasakibe est toujours là.

- Oh.

Byakuya se retourna vers Enosi_Kto et fronça les sourcils.

- Il me semble qu'un de mes hommes est toujours dans votre repère, Enosi-Kto. Je vous concède l'un des deux autres, mais pas les deux.

- La femme est en train de consulter notre ancien, qui me dit qu'elle ne me faussera pas compagnie comme ces deux-là ?

- Eperkomai est avec elle, fit Ichigo avec à-propos. Il est assez fort pour l'empêcher de partir.

Le chef se renfrogna et poussa ce qui semblait être un rire sans joie, ou un grognement. Il se pencha en avant.

- D'accord, un seul reste avec moi. Celui aux cheveux rouge.

Byakuya serra les poings et secoua la tête.

- Non.

Ce qui provoqua trois réactions assez particulières, Rukia attrapa le bras d'Ichigo et le serra avec force, défiant son frère du regard, Ichigo répondit malgré lui à la prise de la jeune femme et se rapproche d'elle, Renji passa devant Byakuya et lui fit front, plongeant ses yeux dans les siens, pour la première fois depuis qu'ils étaient arrivés en Enfer.

- Capitaine. Je dois y aller. Ichigo... il peut... avec son reiatsu, il y a un truc, il peut évoluer librement ici.

Byakua secoua la tête.

- Je ne peux pas laisser deux officiers vice-capitaines en otage.

- Agido doit rester en réserve, pour les soins, si ça tourne mal.

Rukia sentit son cœur se glacer. Elle savait exactement quel argument serait utilisé pour elle. La petite sœur chérie qu'il fallait protéger. Amèrement, elle songea que cette position ne lui déplaisait pas tant que ça, au moins, elle sentait l'affection de son frère dans ses efforts pour la protéger.

- Ils sous-estiment Rukia, capitaine. Ici, sans énergie spirituelle, seule la taille fait la force, ils ne s'attendent pas à trouver une telle force chez elle. Il faut la garder en réserve. En cas de coup dur.

Rukia lança un regard dubitatif à son ami. Ah ouais ?

- T'as vu comment l'autre gars a ricané tout à l'heure ? Fit le vice-capitaine qui avait sentit ce regard et s'était tourné vivement vers elle.

- C'est pas faux, admit-elle, sans autre moyen de se défendre.

Cela faisait déjà deux fois qu'on la traitait de gamin ou gamine ici.

Pendant que Rukia se faisait à l'idée d'être sous-estimée, Renji et Byakuya échangèrent un regard désespéré. Pas Rukia, ils ne pouvaient pas, s'ils laissaient Rukia entre les mains d'Enosi-Kto et qu'il lui arrivait quelque chose, ils se détesteraient tout le restant de leur vie pour ça.

- Ichigo doit rester avec vous. Avec son reiatsu à moitié hollow, il peut agir plus librement que nous ici.

Byakuya se pencha un peu plus vers Renji et murmura tout bas, les lèvres bougeant à peine, de sorte que personne d'autre ne puisse l'entendre.

- Je ne veux pas te laisser là.

Renji se mordit la lèvre inférieure nerveusement et secoua la tête.

- Je ne veux pas non plus rester. Mais je le dois.

Plus bas encore, comme si seul le mouvement de ses lèvres dessinant des mots, sans aucun son dessus, Byakuya reprit.

- Je ne veux pas prendre ce risque. Enosi-Kto est dangereux.

- Je sais.

- S'il comprend...

Les mots restèrent en suspens et Renji hocha la tête. Il comprenait maintenant. Si Enosi-Kto finissait par avoir la moindre idée de ce qui liait Renji et Byakuya, il l'utiliserait sans le moindre remord. Il l'attacherait au sol, le laisserait se consumer au contact de la matière bleue, le regarderait se tordre de douleur et disparaître petit à petit, et il torturerait l'âme de Byakuya d'une culpabilité meurtrière.

Le capitaine posa ses mains de chaque côté du visage de son amant et soupira.

- Je ne veux pas de ça, murmura doucement Byakuya. Veille à ce que cela n'arrive pas.

Renji sourit faiblement et hocha la tête. Oui, il se battrait jusqu'à la mort, mais jamais ne laisserait la mort le prendre.

Finalement, ils s'écartèrent l'un de l'autre et reprirent un niveau de voix plus audible.

- Je compte sur toi.

- Vous le pouvez, capitaine. »

En ligne derrière Byakuya, les shinigamis restant se rassemblèrent, Rukia tenait toujours Ichigo par le bras, et Agido gardait son regard fixé sur Enosi-Kto, l'air plus nerveux que jamais.

- Nous reviendrons veiller à ce que vous teniez cet engagement.

Là encore, la menace n'était pas formulée mais elle transpirait sous les mots de Byakuya. Si vous n'avez rien fait, vous serez décimés. Le capitaine jeta un coup d'oeil à Renji et cette fois, la menace était tellement forte qu'elle en était presque palpable. Et s'il lui arrive quelque chose, la mort sera un châtiment encore trop bon pour vous.

Un dernier regard, un dernier regard, Byakuya suppliait avec colère « reste en vie, c'est tout ce que tu as à faire, ne fais rien d'autre, reste en vie », Renji implorant avec douleur « ne me le demandez pas, ne me demandez pas de faire autre chose que ma mission, je ne veux pas vous perdre ».

Et ils se quittèrent dans un silence de mort...
En même temps, c'est normal ils sont en Enfer.

A SUIVRE.. et, oui on aime toujours autant les reviews et les gentils lecteurs qui reviews reçoivent tout plein d'amour et bisous !

le 6 février

"Vous y retournez ?

- Bien sûr.

- Byakuya, tu ne peux pas...

- Mon vice-capitaine est toujours là-bas, il prend les décisions que je devrais prendre, il fait les sacrifices que je devrais faire. C'est auprès de lui que je dois être."


Réponse aux pauvres fans qui n'ont pas le bonheur d'être les propriétaires d'un joli compte ffnet, très beau pas cher.

Miss Yaoi : merci beaucoup, merci d'aimer tout ça (lemon compris ^^). On espère que tu t'es régalée avec ce chapitre aussi et que tu te régaleras avec le suivant... et puis avec tous les autres :) à bientôt et bonne lecture

Pioush : ne t'inquiète pas, ton addiction est tout à fait normale, nous déconseillons toute cure de désintoxication et tout sevrage. La drogue c'est meilleur quant on en prend. Merci d'avoir apprécié autant cette histoire, mais laisse-nous tout de même te rassurer sur un point : le scénario de cette fic tient sur un ticket de métro XD on improvise tout de même pas mal. Si tu as tenu jusqu'à aujourd'hui sans crise de nerfs, alors profite bien de ce chapitre, qui, nous l'espérons, est à la hauteur du précédent.

hidakatsuki-x : mais... mais de quoi parles-tu ? bien sûr que tu as posté des reviews pour chaque chapitre XD c'est normal qu'on ait rien vu, quand on est défoncé on voit rien XD Merci, encore un grand merci pour ta fidélité et pour aimer toujours autant cette fic. On espère bien que tu as aimé ce chapitre également.

Appoloosa : merci encore pour ta review, et merci d'aimer cette fic et de nous le faire savoir. On espère que la suite est à la hauteur de tes attentes. Et oui, nous sommes plusieurs (enfin, deux) à écrire. Pour plus de détail, va faire un tour sur notre profile.

A tous et toutes : bonne lecture, à bientôt !