Une semaine qu'ils sont dans l'arène, nos chers tributs ! Les pauvres...
Récapitulatif des points :
. Atlante005 : 14
. SinistraD'Ophiuchus : 10
. Dadanaelle-La-Lectrice : 4
Sans plus tarder, je vous laisse avec le chapitre...
Chapitre 31
Jour Sept
District Huit
Ronan Colmes, 17 ans
Début : A 8h09
Je me réveille le premier, Pixie et Cuty dorment encore. Je les regarde, attendri. Pixie a l'air si jeune, si vulnérable... et Cuty est si belle... Mon Dieu, ce sont des personnes formidables. Et Jarek aussi, quand il était encore vivant... la douleur me transperce à sa pensée. Il ressemblait tellement à Kay... je n'arrive pas à me remettre de sa perte, intérieurement.
Si seulement j'avais rencontré Cuty, Pixie et Jarek dans un contexte différent, loin des Jeux... je ne me sentirai pas aussi déchiré, et aucun d'entre nous n'aurait à mourir. Si seulement les Hunger Games n'existaient pas... je n'aurais sans doute pas rencontré Jarek et Pixie, mais j'aurais pu connaître Cuty sans cette menace qui pèse sur nous...
Enfin, il ne sert à rien de se lamenter. On est dedans, on est dedans. Et nous ne sommes plus que 10... 9 doivent mourir, et parmi ces 9, au moins deux d'entre nous. Ca me donne à la tête, parce que j'ai tellement envie de revoir ma famille, mais en même temps, je ne peux pas laisser Cuty mourir dans l'arène, je ne pourrais pas vivre avec ça. Et même pour Pixie, même si au fond de moi je sais qu'elle a peu de chances, je ne veux pas la laisser mourir.
Sans doute devrais-je quitte l'alliance et cesser de me torturer avec ça, mais j'en suis incapable. Absolument incapable. Je ne peux pas partir et quitter Cuty.
Je vais chercher de l'eau au torrent et observe l'horizon. Une goutte de pluie tombe sur mon épaule, et, curieusement, elle est chaude. Je lève la tête : de gros nuages s'amoncellent, mais uniquement sur notre secteur.
C'est alors que la pluie se met à tomber sans discontinuer. Elle est chaude et épaisse.
C'est... c'est du sang !
Je pousse un hurlement et titube jusqu'aux rochers, horrifiés. Pixie et Cuty sont réveillés et observent le phénomène avec peur et dégoût.
Je me rince le visage frénétiquement.
- Mais... dit Pixie. C'est du sang, donc ça nous horrifie mais ça ne nous nuit pas. C'est plutôt nul si ils essayent de nous tuer... Nous faire peur oui, mais...
Je relève la tête.
- Ce n'est pas une tentative de meurtre ou d'affaiblissement. C'est un avertissement.
District Un
Trea Wonder, 15 ans
Début : A 11h37
Hier, et aujourd'hui, nous ne trouvons rien. Pas de chance... Ca m'exaspère. Lucia doit bien rigoler, là-bas, au district... à cette pensée la fureur m'emplit. Je dois gagner, il le faut. Je dois lui prouver.
Que m'avait-elle dit, lors des adieux ? " T'auras de la chance si tu finis dans les 12 premiers ! ". Et bien, je suis dedans. Je suis dans les dix premiers, même. Bientôt, je serai dans le top 8, et après dans le top 6, jusqu'à être en finale et gagner.
Quand je serai dans le top 8, ils viendront faire une enquête sur ma famille. Ils feront alors tous la famille aimante très fière de sa fille cadette... hypocrites. Tu vas détester ça, Lucia, faire semblant de m'aimer, hein ? J'aurais bien aimé voir ça. Quand je rentrerai, je demanderai la cassette pour l'énerver.
Ca sera beau à voir...
Je souris à cette pensée, et Pâris me regarde comme si j'étais folle. Je réfléchis. Il n'est pas tellement utile, je peux largement me débrouiller sans lui. Demain je le trahirai, tant pis pour sa vengeance sur la fille du Huit. Je me rends compte que ça m'est égal, totalement égal. Elle a éliminé un adversaire, c'est déjà ça, non ? Et puis, autrement, c'est une faible. Elle a juste paniqué pour son allié, et Hamish a un peu trop joué le Carrière sadique et sans coeur, qu'il n'est- n'était - d'ailleurs pas.
Comment vais-je faire... hmm...
Je le ferai le matin, quand il dormira encore, afin qu'il ne puisse pas réagir... vers 4 heures du matin, peut-être, il fera encore nuit. Je mettrai alors des lunettes de vision nocturne, comme ça je ne serai pas handicapée, mais lui si...
Je le poignarderai, je pense. A moins que je lui tranche la gorge ? Qu'est-ce qui sera le plus sanglant ? Qu'est-ce qui impressionnera le plus les sponsors ? La décapitation, aussi, ça parait pas mal. Je verrai bien sur le moment.
Quand je pense qu'hier matin, lorsque nous avons découvert que les deux amoureux ridicules du Deux ( des bons combattants, pourtant, il faut le reconnaître ) étaient partis, j'ai failli le trahir et le tuer. J'ai failli, mais je ne l'ai pas fait, alors que j'aurais pu.
Cette fois, je n'hésiterai pas. Je le ferai, et son sang trempera le sol...
C'est mal, je le sais, mais ai-je le choix ?
District Onze
Tessy Mornet, 16 ans
Début : A 13h11
Je viens de rentrer de la chasse, avec avec moi deux espèces de rongeurs étranges, je ne sais pas ce que c'est mais leur chair a l'air comestible.
J'allume, avec un peu de peine car le sol est humide, un feu. Mieux vaut en faire pendant la journée, où la lumière est suffisante pour qu'on ne le repère pas, et qu'on ne repère pas la fumée. Par contre, en faire la nuit, ça serait comme agiter un drapeau du haut d'un arbre en criant dans un porte-voix " Je suis là ! Venez me chercher ! ".
Je commence à m'occuper de mes proies. Ca, je suis dans mon élément.
Nous ne sommes plus que dix. Peut-être faudrait-il que je bouge, sinon les Juges vont finir par me déloger... Mais, comme avant-hier il y a eu 4 morts, ils me laisseront peut-être tranquille un jour de plus.
Je cherche dans les fourrés environnants des baies quand j'entend des bruits de pas. Des bruits de pas humains.
Et ils viennent vers moi...
Je jure à voie basse. Je n'ai pas le temps d'éteindre le feu, ma seule solution, c'est de bien me planquer. En priant que ça ne soit pas les Carrières.
Les pas se rapprochent... Je me rencontre que je transpire abondamment.
Ils sont deux, je l'entends. Pas des Carrières ? Ils ne parlent pas.
Ils débouchent dans la clairière. Ce sont des Carrières, finalement, ce sont les deux du Deux.
- Il y a quelqu'un ici, dit la fille, mais elle n'a pas l'air heureuse. On fouille ?
Le garçon acquiesce et ils commencent à fouiller les fourrés.
Je suis cuite... sauf si je joue sur l'effet de surprise. J'attrape mes couteaux, un dans chaque main, et bondit.
Le Carrière recule d'un pas, surpris, puis attrape un javelot. La fille se précipite vers moi, épée brandie. Je fais un bond, évitant les deux, et sprinte. Ils me suivent.
Que vais-je faire que vais-je faire que vais-je faire
Je lance un couteau au hasard, et, au grognement étouffé, je comprends que j'ai touché la fille au bras. Coup de chance. Elle ralentit, j'accélère.
Je ne suis pas morte !
Un javelot me transperce. Le garçon, que j'avais oublié, est arrivé par la gauche et m'a visé.
Je regarde le sang qui goutte sur le sol, hors de moi.
Je tombe.
Coup de canon, puis noir.
District Huit
Cuty Mand, 18 ans
Début : A 16h48
La drôle de pluie dégoûtant s'arrête enfin. Nous sortons, nous sommes soulagés. Je suis soulagée, je n'aimais pas du tout cette pluie...
Pixie et Ronan vont pêcher et je les accompagne. L'air est doux, c'est agréable, moi j'aime bien.
Le torrent est rouge-brun, c'est pas comme d'habitude. Pixie pousse un cri :
- Tous les poissons sont morts !
Quoi ? C'est pas bien, ça, comment va-t-on manger ? Je dois avoir l'air angoissé parce que Ronan me serre contre lui. Il sent bon et je voudrais que cet instant dure à jamais.
- Cuty, il dit doucement.
Moi, je ne réponds pas, je pense seulement à ce que Pixie m'a dit hier. Le garçon que j'ai tapé avec un caillou ne reviendra pas. La petite fille à qui Pixie a planté un poignard ne reviendra pas. Jarek ne reviendra pas. Tous ceux dont le visage est apparu dans le ciel ne reviendront pas.
Et c'est juste maintenant que je comprends : les perdants reviennent chez eux comme Ronan m'a promis mais dans une boîte pour mettre dans la terre parce qu'ils seront morts. Et le gagnant aura rentrera et aura plein de trucs biens. Mais alors, je ne peux pas laisser Ronan mourir ? Mais je veux vivre moi, mais je veux aussi qu'il vive ! Je comprends, maintenant.
Tout doucement, je me mets à pleurer.
- Qu'est-ce qu'il y a, Cuty ? murmure Ronan. C'est pas grave, tu sais, on trouvera une autre source de nourriture.
- Je... je ne veux pas... que tu meures, je sanglote. Et je veux pas mourir non plus. Et je veux pas que Pixie meure. On peut pas gagner tous les trois, hein ? C'est pas possible, il y a toujours qu'une seule personne...
Ronan ne dit rien et me caresse les cheveux.
- Et puis, c'est pas bien ici. Je veux plus que personne meure. Même la méchante fille du Quatre c'est pas bien si elle meurt.
- Je sais. On verra, d'accord ? On est plus que neuf, il y a quelqu'un qui est mort tout à l'heure... On a encore le temps, Cuty.
Et pourtant, moi j'ai l'impression que c'est le temps qui s'en va...
District Deux
Merinda Warior, 18 ans
Début : A 20h
Ca y est, l'hymne retentit. Malgré les arbres, nous avons une vue assez dégagée, depuis cette jungle.
Je serre mon bras blessé contre moi. Par chance, ce n'était qu'une égratinure, mais ça fait mal. Mais nous avons fait un beau bandage propre et je sais que ça cicatrisera vite.
Le visage de la fille du Onze est le seul à apparaître. Celle que nous avons tué...
Je sens une vague de culpabilité m'envahir, même si elle m'a blessée.
- Il n'y a sans doute plus personne dans le secteur, je dis. Nous ne sommes plus que neuf, après tout...
L'étau se resserre. Cinq Carrières sont encore en vie, dont nous, et quatre sont des autres tributs, dont une fille de 13 ans. Etonnant qu'elle ait survécu jusque là... je l'admire, au fond de moi. Quand elle mourra je serai triste. C'est elle la plus jeune dans l'arène, maintenant...
Nickolas me serre la main et je me blottis contre lui. Nous avons établi notre campement sur celui de la fille du Onze, mangé les proies qu'elle avait abattu... à nouveau, je me sens coupable, mais je n'ai pas le droit d'éprouver ce sentiment. Une Carrière n'éprouve pas de culpabilité.
Tout ça est absurde, je pense. Mais je ne le dis pas. J'embrasse juste Nickolas, et nous restons là, blottis l'un contre l'autre.
- Demain, je dis après un instant de silence, on ira chasser Ambersea. Avec un peu de chance, elle sera toujours dans le même secteur...
- Oui, murmure Nickolas.
Il se penche pour murmurer dans mon oreille, afin que personne, enfin, qu'aucune caméra, n'entende.
- P-peut-on p-parler d'au-d'autre ch-chose que l-les J-Jeux ?
- Oui, je réponds. Bien sûr.
J'attends un instant avant de dire :
- Je t'aime, Nickolas.
