La fin est proche...
" Life... it is all about giving up. " - Ambersea
" I definitively do not want to die " - Penny
" Will I be able to do the right thing ? " - Merinda
" How many lives are worth the one of the person you love ? " - Nickolas
Chapitre 37
Jour Treize
District Deux
Nickolas Morir, 18 ans
Début : A 8h54
Il est l'heure.
Avec Merinda, nous nous sommes mis d'accord : il est temps de mettre Ambersea hors d'état de nuire. Puis nous nous occuperons de la fille du Six...Et ensuite... et bien, avec un peu de chance, demain, ou après-demain, ou le jour suivant dans le pire des cas... ( enfin, j'espère, je ne supporte plus l'arène ) Merinda sera en sécurité au Capitole, et le bébé aussi.
J'avoue que j'ai peur. Peur de ce qui m'attend. Après. J'ai tué, après tout. Serai-je puni pour cela ? Je n'en sais rien. J'invoque l'image de mes victimes, pour me motiver : il y a le garçon du Onze, tué au Bain de Sang, la fille du Sept ( même si j'ai fait ça pour abréger ses souffrances ), le garçon du Sept ( que j'ai seulement blessé, puis laissé mourir ), le garçon du Douze, la fille du Onze... Ils sont 5.
Cinq morts plus ou moins de ma main.
Pardon, je pense en moi-même. Pardon. Je ne vous oublierai jamais.
- Tu viens, Nickolas ?
- J'arriv-ve.
Nous nous mettons en route. Sans aucun indice de où nous allons, c'est compliqué. Mais nous nous décourageons pas. Nous cherchons attentivement.
Alors que nous cherchons depuis une heure déjà, je tombe sur un foyer, récent.
J'inspecte les immeubles environnants avec vigilance. Rien.
Merinda attrape ma main.
Soudain, j'entends un bruit de pas. Je me retourne vivement. La fille du Six. Armée. Elle nous regarde, et soudain détale.
Nous nous lançons à sa poursuite.
Malheureusement, Merinda peine. Sa condition commence déjà à lui interdire les efforts trop intenses. Sans ralentir, les yeux rivés sur le dos de la fille, je lui crie :
- Arrête-toi ! On-on se retrouv-ve au foyer é-éteint ! Ca va-va a-aller.
Merinda ralentit, à regrets. Elle sait qu'elle ne peut pas lutter contre la nature.
Je continue. Mais soudain, la fille du Six disparaît. Je m'arrête, sourcils froncés. Où est-elle ?
Son javelot me transperce la poitrine.
Elle a profité d'un éboulement pour birfurquer sans que je m'en rende compte... Et elle m'a attaqué par derrière...
Je tente de me relever, mais je perd trop de sang. Elle m'a frappé à un endroit stratégique, la sale... la salope !
La fille s'approche, et, sans que je puisse faire un geste, car trop faible, elle me tranche la gorge. Efficace.
Ma dernière pensée va à Merinda. A notre enfant. Il faut qu'elle gagne. Il le faut.
Puis le canon tonne.
District Six
Penny Fordy, 16 ans
Début : A 10h03
Je l'ai fait. Je l'ai tué.
Ca m'a semblé si facile. Il était confiant. Je crois qu'il ne savait pas que j'étais entraînée...
J'avais tellement peur lorsque je courrais, et puis j'ai réussi à prendre assez d'avance pour pouvoir le doubler et revenir dans son dos... Mon plan a fonctionné. Je savais que je ne pouvais pas les avoir à deux, mais je savais que j'avais une petite chance en les séparant. Et ça a marché. Ca a marché !
En tout cas, je dois déguerpir, et vite, avant que sa compagne ne se rende compte que ce n'est pas moi qui suis morte. Et me planquer...
J'espère que ça me rapportera des sponsors. Je pense que ça va être le cas.
C'est alors que je réalise. Nous ne sommes plus que trois. Trois. Je suis dans le top 3. Je peux vraiment rentrer chez moi ! Avec un peu de chance supplémentaire, les deux Carrières s'entretueront. Et là... Je serai vraiment bien.
Je peux vraiment gagner ! Même si, à chaque personne supplémentaire qui meure, je me le répète, j'ai toujours un peu de mal à y croire...
Comme d'habitude, je me focalise sur ce qu'il faut faire après pour éviter de penser aux morts, au sang sur mes mains.
Mes victimes. En un flash, je les vois, toutes les deux : le garçon du Cinq et le garçon du Deux. J'inspire une goulée d'air. Je n'en ai pas tué beaucoup. Que deux. Je ne suis pas aussi mauvaise que les Carrières, n'est-ce pas ?
N''est-ce pas ?
Je sens un sanglot hystérique poindre, mais je le refuse en essayant de me resaissir. Ce n'est pas le moment de craquer. Ca n'est pas le moment.
Quand je sortirai, je ferai tout pour que les Hunger Games soient abolis.
En attendant, je reprends ma course avant de dénicher un immeuble encore debout. Je m'avance, grimpe jusqu'au dernier étage. Une grosse partie du toit est écroulée et il manque un mur entier, mais à part ça, je ne suis pas trop repérable. Et je peux voir les autres de loin.
Plus que deux à tuer. Deux Carrières.
Je dois être la grande surprise des Jeux. Certes, j'avais eu 8. Mais j'imagine que j'ai beaucoup surpris. Après tout, le district Six n'est pas un district de gagnants.
Je passe le reste de la journée à me reposer. Personne ne vient dans le coin. J'imagine que, en tuant un Carrière, je viens d'occuper assez le Capitole, surtout après les deux morts d'hier. Peut-être pourrais-je passer la journée de demain tranquille... Avec un peu d'espoir, je resterai tranquille pendant que la fille du Deux et du Quatre se livreront un combat à mort...
Il suffit d'être optimiste... Ah ah ah.
District Deux
Merinda Warrior, 18 ans
Début : A 10h07
Nickolas n'est toujours pas revenu. Pourtant... ça aurait du être rapide.
Quoique... ils se sont vraiment éloignés. Et le canon a tonné il y a peu de temps. Il lui faut le temps de revenir.
En attendant, je n'aime pas être ainsi à découvert. Je rentre dans une ruine environnante et me place de façon à tout de suite voir Nickolas.
J'ai un peu honte de ne pas être capable de soutenir le rythme, mais bon... Je n'avais pas plus envie que ça de la tuer, cette fille. Quelque part, je suis soulagée... Je n'aurais pas à faire le sale boulot.
Les minutes passent. Je me rends compte qu'une bonne heure est passée : je me suis mise à somnoler. Ce n'est pas possible. Nickolas ne peut pas mettre autant de temps...
Un doute affreux me saisit à la gorge et je me lève d'un bond, toute somnolence oubliée...
Je redescends, prête à suivre sa piste, mais il n'a laissé aucune trace dans sa folle course poursuite avec la fille du Six. Je vais me perdre. A regret, je retourne au point de rendez-vous.
Mais les heures passent et le doute affreux se transforme en peur. Une peur affreuse, puissante, si puissante qu'elle transforme mes jambes en guimauves. J'essaie d'inventer des prétextes pour justifier son non-retour, mais tous paraissent peu vraisemblables.
Je ressors, et reprend mes recherches. J'arpente une zone soigneusement délimitée. Je cherche méthodiquement.
De Nickolas, nulle trace. Des sanglots hystériques finissent par monter. Où est-il ?
Je retourne au point de rendez-vous, fouille les alentours, mais il n'est toujours pas revenu. Je panique, je pleure franchement, je me fiche royalement de ce que doivent penser les gens du Capitole. Où est-il ?
Oubliant toute prudence, je finis par brailler son nom :
" Nickolas ? Nickolas ! "
Personne.
Je refuse de l'admettre, mais mon corps, lui, a peut-être bel et bien compris. Je suis reprise de nausées. Mes jambes cèdent et je m'affale. Je sanglote à me vider de toute mon eau, à m'arracher la gorge, en répétant son nom comme un mantra.
Je finis par sombrer dans un assoupissement ahuri. Je suis réveillée par le froid et l'hymne de Panem. Je me dresse brutalement.
Mes mains tremblent.
L'hymne s'achève et l'image s'affiche.
Son image.
Mon estomac se retourne et je me mets à vomir. Des hurlements inhumains s'échappent de ma bouche entre deux renvois.
pas possible pas possible pas possible
Je n'ai même pas pu lui dire au revoir. Je ne le reverrai jamais. Je n'ai même pas pu voir son visage une dernière fois. Lui redire à quel point je l'aime.
Je vomis à nouveau.
Je n'ai plus aucune raison de vivre... Jusqu'à ce que je me rappelle la petite vie dans mon ventre.
Immédiatement, des images de Nickolas s'imposent à mon esprit et je me remets à pleurer. J'ai l'impression d'avoir un gouffre dans le coeur.
La douleur est affreuse. Je préférerais être anesthésiée. Ne plus souffrir.
Mais pour cela il faudrait que j'oublie Nickolas. Et ça, il n'en est pas question.
Il ne me reste plus que l'enfant que je porte, son enfant.
Je me redresse. Je suis une nouvelle Merinda. Partagée entre l'amour brûlant de Nickolas et de son enfant, et la haine dévorante. Haine envers la fille du Six. Le Capitole. Tous.
Je la tuerais de mes propres mains. Je la tuerai, puis je m'occuperai d'Ambersea. Et lorsque je sortirais...
Le Capitole brûlera. Il brûlera autant que je brûle de douleur, moi.
District Quatre
Ambersea Waters, 17 ans
Début : A 19h56
J'ai passé la journée à me remettre, à panser mes plaies. Pas de cadeau des sponsors. Ca ne m'étonne pas. Mon changement de plan n'a pas dû les satisfaire. M'en fous. J'ai emmaganisé ce qu'il fallait pour survivre et me remettre sur pied.
Avec difficulté, je change à nouveau l'épais bandage qui m'enserre la poitrine, dévoilant ainsi mon anatomie. Je dois donner aux téléspectateurs une superbe vision de mes attributs féminins, et le Capitole doit s'en donner à coeur joie. Tous les vieux pervers de là-bas doivent être à baver devant eux, que je sais, sans modestie superflue, parfaits.
J'inspecte ma blessure et constate avec satisfaction qu'elle cicatrise très bien. Demain, je pourrais sans doute me remettre en chasse.
Nous ne sommes plus que trois, j'ai entendu le canon tout à l'heure. Qui est-ce ?
Ma question est immédiatement répondue car l'hymne retentit et le visage du garçon du Deux apparaît. Ca me fait comme un électrochoc. Sa compagne l'a-t-elle trahi ? Ou alors, il s'est suicidé pour la protéger et lui permettre d'aller plus loin ? Si c'était ça il s'est planté de timing car, s'il avait attendu, il se serait assuré qu'elle survive. Du coup, c'est peu probable. La dernière option, c'est la mort de la main de la fille du Six.
La fille du Six... je voulais la tuer, elle aussi. Au début, n'aurais pas cru qu'elle irait aussi loin... mais elle sera dans les trois premiers. Enfin, trois premières, d'ailleurs.
Je ressens une intense lassitude. Il n'y a que la perspective de sortir qui me fait encore avancer. En plus, même si j'essaie de l'ignorer, ma blessure me fait intensément mal. Mais je sais que c'est plutôt bon signe. En plus, tous mes muscles me tirent et me lancent...
Au moins suis-je encore en vie... Les autres tributs doivent être rentrés chez eux, à présent. Dans des boîtes de bois...
Je pense aux familles de mes victimes. Elles doivent me haïr. Surtout ceux que j'ai torturé. Peut-être pas la famille de Pixie. Du moins, pas autant que les autres. Pas autant que la famille du garçon du Six, par exemple. Le gamin. Il avait tant hurlé...
