CHAPITRE III : Dix-sept ans
Karin appuya sur le bouton de son répondeur et s'allongea sur le lit de son minuscule appartement.
Tout en écoutant les messages qu'on lui avait laissés, elle prit son carnet de croquis et griffonna des formes au hasard avec son crayon.
Premier Message Reçu Aujourd'hui à 10h46.
« Bonjour Mademoiselle Kurosaki, dit la voix grave d'un homme qu'elle ne connaissait pas. Je me nomme Ogawa Yuto. Je suis le directeur votre nouvelle école. Je vous appelle pour vous informer qu'un journaliste de Kyoto Magasine souhaiterait nous interviewer tous les deux sur votre arrivée dans notre établissement avant l'âge requis. Je crois qu'il serait bien que vous apportiez quelques une de vos œuvres afin de mieux illustrer votre incroyable talent et... »
_Bla, bla, bla, dit Karin en s'enroulant dans sa couette.
Deuxième Message Reçu Aujourd'hui à 11h02.
« Chérie ? C'est papa ! Tu nous manques énormément ! Tu as pensé à prendre assez de pull ? »
Troisième Message Reçu Aujourd'hui à 12h13.
« Salut Karin ! Cria la voix de Ryohei. Je sais que t'es partit que depuis hier mais tu nous manques déjà ici ! On prépare une rencontre avec les lycéens de l'école qui vient de je sais plus quelle ville d'Italie ! Ça promet d'être carrément génial ! Mais sans toi, c'est pas pareil merdeuse ! Alors reviens nous vite ok ? En plus Kei commence à s'ennuyer de tes coups ! »
Karin entendit Kei se plaindre en fond sonore et elle éclata de rire.
Quatrième Message Reçu Aujourd'hui à 14h05.
La jeune fille se demanda si sa boite vocale allait être polluée comme ça tous les jours. Elle venait tout juste d'emménager !
« Ma puce ? C'est encore papa ! T'es pas là ? Qu'est-ce que tu fais ? Je me demandais si je t'avais pris assez de nourriture pour le mois ! Rappelle-moi ! »
Elle s'assit sur son lit et observa ses placards qui ne fermaient pas tellement ils débordaient de mets en tout genre. Un soupire s'échappa d'elle comme si elle n'en pouvait déjà plus.
Cinquième Message Reçu Aujourd'hui à 19h37.
Elle regarda sa montre. Elle venait de louper cet appel de seulement 15 minutes.
« Ma belle ! C'est encore pap… aïeuh ! Yusu, ma chérie ! Qu'est-ce que tu fais ?
_Tu vas laisser Karin tranquille ! Ca suffit papa ! Cria la vois de sa sœur. Donne-moi ce combiné tout de suite et va t'asseoir à table ! TOUT DE SUITE ! »
Karin rit de plus belle. Il y eût un moment de silence sur le répondeur, puis Yusu reprit :
« Karin ! Tu sais pas quoi ? Chuchota-t-elle. Devine qui vient tout juste de passer pour savoir si tu étais là ? Deviiiine ! »
Le cœur de celle-ci se mit à battre la chamade.
« Le beau Tôshirô-san est passé il y a quoi… cinq minutes ? Il voulait te voir alors je lui ai dit que tu avais déménagé à Kyoto le temps de tes études. Et sur ce, il est parti en me remerciant et n'a même pas cherché à savoir quand tu reviendrais ou ta nouvelle adresse. »
« Il n'en a pas besoin » pensa Karin.
«Il n'a pas voulu rester dîner non plus… il est vraiment étrange ton ami quand même ! Bref ! Je te promets de débrancher le téléphone pour que papa ne t'appelle plus ! Je t'embrasse et j'espère que tout va bien pour toi ! Appelle nous ! Bisous ! »
Karin pensa alors aux deux dernières fois où il lui avait rendu clandestinement visite.
Début du premier Flash-Back :
La jeune fille était plongée dans les bras de son petit ami. Ils étaient tous les deux allongés sur le sol de sa chambre, ses mains caressant ses épaules et son coup, son visage reposant mollement sur une de ses épaules.
_Alors, si nous devons cacher notre relation à tout le monde, dit-elle, le mieux, ce serait que tu fasses comme si rien n'avait changé. Tu n'auras qu'à passer me voir comme tu le fais toujours, en ami. Et puis, il y a Ichigo aussi. Si tu vois toujours mon frère, ils penseront que c'est à lui que tu viens rendre visite. En plus, comme ça je pourrais toujours bénéficier de tes talents de footballeur…
Il rit silencieusement, puis ajouta :
_Si jamais j'ai un doute sur la confidentialité de notre relation et si jamais j'ai peur d'être suivis, je t'appellerai par ton nom de famille. Comme ça tu sauras qu'il faut faire attention ok ?
Elle acquiesça d'un signe de tête et plongea ses grands yeux noirs dans les siens avant de l'embrasser fougueusement.
Fin du premier Flash-Back.
Début du deuxième Flash-Back :
Karin plaqua son corps contre celui de Tôshirô en mordillant son torse sauvagement. Il était bloqué contre le mur de sa chambre, et de légers gémissements sortaient de sa bouche sans qu'il ne puisse les retenir.
_Karin, qu'est-ce que tu…
_Chut, dit-elle, un sourire coquin aux lèvres. J'aimerai tester quelque chose…
Elle s'accroupit devant lui et déboutonna son pantalon pour dévoiler l'ampleur de son désir pour elle. Le sexe de son amant était là, gonflé par l'excitation de son corps chaud contre le sien.
_Karin, attend…chuchota-t-il en essayant de la relever.
Trop tard. La jeune fille avait attrapé d'une main douce et ferme l'objet du délit. Elle commença des mouvements de va et vient qui déclenchèrent chez Tôshirô des gémissements plus fort. Alors elle planta ses yeux dans les siens et plaça son sexe dans sa bouche. Elle sentit alors tous les muscles de son amant se raidirent tout à coup. Il frissonnait de plaisir et elle adorait ça.
Ses mouvements se firent plus rapides à chaque instant, plus langoureux, plus sauvages. Elle joua de sa langue durant plusieurs minutes jusqu'à ce qu'il n'en puisse plus et alors qu'il tenta de l'arrêter pour ne pas la surprendre, elle s'agrippa à lui et redoubla l'intensité pour qu'il atteigne l'orgasme alors qu'elle l'avait encore en elle. Et sans plus attendre, sous le total contrôle de sa partenaire, il jouit et laissa s'échapper un grognement discret de sa bouche.
Il rougit. Ce n'était vraiment pas son genre d'exprimer ce qu'il ressentait et surtout s'il ne contrôlait pas la situation. Elle le possédait entièrement. Près d'elle, il baissait toute sa garde et il avait encore du mal avec ça.
Satisfaite, Karin se releva et mordilla les lèvres de Tôshirô qui emprisonna les siennes dans un tourbillon de baisés chauds et passionnés.
_Je t'aime, chuchota-t-elle. Reviens-moi vite...
Fin du deuxième Flash-Back.
La jeune fille sortit de son lit pour rejoindre sa salle de bain.
Le reflet que lui renvoyait le miroir était celui d'une tomate. Jamais elle n'aurait cru être capable d'une telle chose. Mais elle avait entendu ses potes en parler après un match de foot. D'habitude, elle leur aurait dit de la fermer en cognant le premier gars qui avait lancé la conversation sur ce sujet, mais ce jour-là, elle avait écouté l'air de rien en pensant que si les hommes aimaient tellement ça, il n'y avait pas de raison que lui non plus n'apprécie pas. Le résultat avait été plus que satisfaisant. Ça l'avait rendu complètement fou et elle adorait ça.
Allait-il revenir ? Pouvait-il venir jusqu'ici pour qu'elle savoure encore une fois sa peau de glace ?
Elle ouvrit les robinets de sa baignoire et ôta son jean, son pull, son T-shirt et ses sous-vêtements et se glissa doucement dans l'eau bouillante de son bain. Elle plongea ses cheveux dans le liquide et s'étendit de tout son long pour laisser son corps flotter à la surface.
_Tu es très belle…
Karin eût si peur, qu'elle avala la tasse. En relevant la tête, elle aperçut son amant qui la regardait. Il avait l'air confus.
_Pardon ! Dit-il en grimaçant. J'voulais pas te faire peur…
N'importe qui se serait pris un coup de poing pour avoir osé pénétrer dans sa salle de bain et l'avoir surpris ainsi mais elle sourit en toussotant.
_Tu aurais pu prévenir. J'ai faillis avoir une crise cardiaque !
_Je pensais que me sentirais approcher.
Puis soudain, elle se rendit compte qu'elle était complètement nue. Son visage devint écarlate et plus chaud encore que l'eau.
Il s'avança plus près d'elle, s'accroupit pour mettre son visage au même niveau et déposa un tendre baisé sur ses lèvres. Lui aussi semblait un peu gêné pourtant, il ne cilla pas.
_Tu es très belle comme ça.
_Je suis toute nue, dit-elle en ramenant ses genoux vers son menton. Ses longs cheveux noirs flottaient à la surface du bain.
_Et tu devrais rester comme ça tout le temps quand je suis là.
Elle sourit. Les yeux de Tôshirô pétillaient du même reflet que renvoyaient les rayons du soleil sur la surface de la mer.
_Je... je peux me joindre à toi ?
Sa voix était rauque et il sembla perdre de sa contenance comme un adolescent qui demande la permission de rentrer de sa soirée plus tard que l'heure autorisé par ses parents.
Karin trouva ça très mignon et attrapa les cheveux de son amant pour rapprocher son visage plus près encore. Elle mordilla le bout de son nez.
_Ok, dit-elle. Mais sois sage vilain dragon où je te noie.
_Je ne te promets rien si tu continus à faire ça...
Elle éclata de rire et s'avança vers les robinets de sa baignoire pour lui faire de la place. Et alors qu'il se déshabillait, elle l'observa avec des yeux gourmands.
Karin savoura chaque parcelle de son corps. Ses bras puissants, ses pectoraux imposants, ses tablettes de chocolats ultra dessinées, son sexe tendu, ses cuisses musclées,...
Soudain, elle se mit à penser que son amant aurait pu faire rougir de honte un éléphant. Reprenant ses esprits, elle rit aux éclats.
_Qui a-t-il ? Demanda Tôshirô en s'enfonçant dans les profondeurs de l'eau derrière elle. Je te fais rire ?
_Non ce n'est pas toi. C'est juste des pensées idiotes...
_Tu me racontes ?
_Sûrement pas, chuchota-t-elle en rougissant de plus belle.
Il s'allongea contre la paroi en souriant et elle vînt lover son dos contre son torse, tous les deux faisant face au mur et au plafond. Il fit glisser ses mains sur son ventre et sur ses cuisses doucement.
Karin était aux anges. C'était si agréable d'être contre lui, ainsi choyée. Elle posa ses doigts sur les genoux de Tôshirô qui la bloquaient de part et d'autre de son petit corps.
_Tu restes longtemps ? Dit-elle d'un ton détaché.
_Non. Je repars demain matin. J'ai peu de repos en ce moment et beaucoup de travail. Je dois organiser... des trucs.
Il n'expliquait jamais en détail ce qu'il devait faire mais elle ne lui en demandait pas plus. C'était un travail particulier et elle n'avait pas à être dans la confidence. Jamais elle ne s'en offusquait sachant très bien à quoi s'attendre en sortant avec un capitaine du Seireitei.
Quant à lui, il appréciait sa discrétion. Ses affaires étaient pour la plupart confidentielles puisqu'il s'occupait principalement des stratégies offensives et défensives des douze divisions.
Ils pouvaient rester des heures l'un avec l'autre sans échanger le moindre mot. Ils n'en avaient pas forcément besoin. Leur plaisir résidait principalement dans leur présence commune et leur amour mutuel.
Ils se murèrent ainsi dans le silence durant quelques minutes savourant chaque instant. Chaque caresse de Tôshirô sur sa peau la faisait frémir de plaisir. Elle sentait que sa virilité grandissait un peu plus à ce contact et alors qu'elle tenta de se retourner vers lui, il la bloqua dans cette position avec ses bras puissants.
_Qu'est-ce que tu fais ? Dit-elle étonnée.
_Chut, susurra-t-il à son oreille. Je voudrais tester quelque chose…
Elle rit.
Puis l'un de ses bras relâcha son étreinte pour laisser glisser sa main vers le bas ventre de son amante.
_Tôshirô, murmura Karin. Attends… je…
Mais de sa bouche sortit un gémissement qu'elle n'avait pas vu venir lorsqu'il fit descendre sa main encore plus bas. Il caressait habilement cette zone qu'elle-même connaissait très mal. Ses doigts trouvèrent alors un point particulièrement sensible et tandis qu'il exerçait différentes pressions, différents mouvements sur ce bouton extrêmement réceptif, Karin se cambra, dévorée par la jouissance qui en ressortait. Elle glissa sa tête dans le creux de la nuque de son capitaine, sa langue léchant sa peau de glace et ses dents mordillant sa mâchoire. Elle enroula ses bras derrière elle, autours de sa tête pour agripper ses cheveux blancs et à chaque torrent de plaisir violent, elle frottait son corps contre le sexe tendu de celui-ci. Elle ne contrôlait plus rien.
Elle gémissait de plus en plus, ne pouvant empêcher ce flot de lave en fusion déferlé en elle. La pression montait de plus en plus et la jeune fille était sur le point d'exploser quand il fit glisser langoureusement un doigt dans ses profondeurs. Sous ce va et vient interminable, elle haletait.
Ne pouvant plus se retenir, Karin atteint l'orgasme en se pinçant les lèvres pour ne pas crier.
Abandonnée dans l'extase, elle se laissa totalement choir contre le corps de Tôshirô. Ses mouvements qu'elle avait eût contre lui l'avait également mené à la jouissance.
Il enroula ses bras autours d'elle de sorte à ce qu'il ne fasse plus qu'un. Leur respiration était saccadée, et leur cœur battait à tout rompre.
_Demain, tu partiras, murmura-t-elle, le souffle court. Alors empêche-moi de dormir cette nuit, laisse-moi profiter de toi au maximum. Je ne veux plus quitter tes bras jusqu'au matin.
Il sourit furtivement et acquiesça d'un signe de tête.
_Je t'aime, dit-elle en se lovant contre lui.
