Bonjour à tous ! Je viens de me rendre compte que sur ce site, mes petits chapitres (ou inter chapitre) ne se séparaient pas correctement. Du coup, ça fait de drôles de passages d'un lieu à un autre ou des situations. Donc je vais arranger ça en essayant une autre technique :s
Merci à tous de suivre cette histoire et pour vos commentaires !
PS : Bientôt la fin^^
CHAPITRE XVII : Juste Une Dernière Fois
_Kurosaki-san ! KUROSAKI-SAN !
Karin ouvrit difficilement les yeux. Ses épaules étaient fermement empoignées et le visage d'Hisagi Shuhei était penché sur le sien. Une inquiétude évidente se lisait sur ses traits.
_Qu'est-ce qu'il y a, murmura-t-elle d'une voix lasse.
_Vous m'avez fait peur, cria-t-il. J'avais beau vous appeler, vous ne vous réveilliez pas !
_Je suis crevée, c'est tout.
Le jeune homme fit une moue désapprobatrice. Cinq minutes auparavant, il avait trouvé le corps de Karin inerte, étendu sur le sol comme si on l'avait jeté à terre et abattu.
La réalité était qu'elle n'avait pas réussi à fermer l'œil avant l'aube tant la maladie l'avait fait souffrir durant la nuit. Elle s'était s'en doute évanoui sous la douleur.
_Hisagi-san…
_Oui ?
_Lâchez moi, s'il vous plaît.
Il sursauta. Il ne s'était pas rendu compte que, prit de panique, il serrait toujours les bras de cette-dernière.
Rouge comme une tomate, il se recula et tenta de reprendre contenance. En vain.
_Vous… vous n'avez pas dormis ?
_Ça se voit tant que ça ? Railla la jeune fille en attachant ses cheveux. C'est déjà l'heure ?
_Vous avez encore quelques minutes devant vous avant qu'ils n'apportent le tableau d'origine. Je me suis dit que vous aimeriez vous préparer pour…
_Ok. Ok. C'est cool. Merci Hisagi-san. Vous pouvez y aller.
Cependant, il ne bougea pas, comme figé sur place. Il semblait attendre quelque chose.
_Quoi ?
_Vous allez le boire ?
_De quoi ? Répondit-elle, agacée.
_Le médicament.
Elle ne répondit pas.
_Kurosaki-san…
_J'ai dit « merci » Hisagi-san. Et je le pense vraiment. Merci pour tout ce que vous avez fait pour moi. Maintenant, j'ai du boulot, alors laissez-moi.
Le jeune homme soupira devant la désinvolture de celle qu'il considérait à présent comme sa protégée. Il savait pertinemment qu'il était inutile de discuter avec elle et que cette dernière phrase ressemblait à un « adieu » caché par une familiarité quotidienne. La tristesse le gagna.
Il avait eu tant de mal à la sortir de son sommeil…
Désemparé, il se dirigea vers la sortie. Cependant, une toile attira son attention.
_Vous avez déjà eût le temps de peindre le zanpakuto d'Hinamori-san ? Demanda-t-il, curieux.
_J'ai fait une sieste hier après-midi, vu que je n'avais rien d'autre à faire.
Karin vit alors quelque chose qui la fit éclater de rire intérieurement. Hisagi Shuhei virait au rouge écarlate en observant la toile de celle qui l'avait agressée la veille.
_Elle est très belle, dit la jeune fille amusée, en se penchant vers son oreille.
_Je… oui. Sûrement !
Il avait l'air si gêné qu'elle s'amusait follement rien qu'à le regarder se désagréger.
_Dommage que ce soit une sombre garce au caractère de merde…
_Vous savez, reprit Hisagi avec un sérieux qui frisait le ridicule, Hinamori-san est une personne très douce et qui a beaucoup souffert par le passé. Même si elle ne se souvient pas de tout, ça ne doit pas être évident pour…
_Ouais. Si vous le dîtes. Dans tous les cas, débarrassez-moi de ce machin et apportez-le lui. Qu'elle le brûle si ça lui fait plaisir.
Le jeune homme ne se fit pas prier. Il attrapa la petite toile et se dirigea de nouveau vers la sortie, quand Karin lui demanda, malicieuse :
_Dites-moi Hisagi-san. Toutes les filles vous font perdre vos moyens ou juste cette nana ?
Et sur cette question, elle le vit quitter la pièce maladroitement, trébuchant à moitié sur le palier.
« Idiot » pensa Karin en riant de bon cœur.
Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas apprécié de moment comme celui-ci. Mais le temps lui manquait. Il fallait encore qu'elle se douche, s'habille et se maquille un peu pour camoufler lamentablement les traces de fatigue qui marquaient son visage un peu plus chaque jour. Il fallait qu'elle tienne encore une journée, ce qui n'était pas évident.
Son rythme cardiaque s'emballait au moindre effort et tout son corps la suppliait d'arrêter de bouger. Elle avait de plus en plus la sensation d'être battu à coup de massue durant ses nuits agitées.
« Allez, Karin ! » pensa-t-elle. « C'est aujourd'hui que tout s'achève. Cette putain d'histoire et la souffrance qui l'accompagne. Et puis, aujourd'hui, tu le revois… »
_Ça va aller ?
Tôshirô Hitsugaya sortit de sa rêverie. Il était arrivé devant le lieu de rendez-vous s'en même s'en être aperçu.
_Pourquoi me demandez-vous ça ? Demanda-t-il le plus sérieusement du monde au Capitaine Abarai.
_Et bien…
Ce dernier passa une main dans ses cheveux de feu. Il trouvait que le jeune homme, d'un naturel calme semblait absent, presque angoissé, ce qui ne lui ressemblait pas du tout.
_Pour rien, conclut Renji.
_Bon, allons-y, enchaîna le Capitaine Kuchiki. Ne traînons pas que cette affaire se finisse au plus vite.
Tous les deux, ainsi que Zaraki Kenpachi acquiescèrent dans le silence. Ils étaient tous pressé, pour des raisons personnelles de retrouver la mémoire. L'un parce qu'il voulait en savoir plus sur le passé de sa sœur et son manque d'obéissance, l'autre parce qu'il avait la sensation qu'il avait oublié une personne très proche, un ami. Un autre voulait en savoir plus sur un adversaire redoutable qu'il avait affronté – c'est du moins ce qu'il ressentait - et qui lui aurait donné une bonne leçon et le dernier d'entre eux, voulait simplement retrouver une chose qu'il avait peut-être perdu.
La porte de l'atelier provisoire s'ouvrit doucement sur une salle blanche, dont le sol était maculé çà et là de peinture séchée. Une odeur de lasure et d'épice vînt alors leur chatouiller les narines. Etonnement, le jeune Capitaine se sentit apaisé. Comme si ces parfums le ramenaient à quelque chose de familier, d'intime.
Au centre de cette salle, une jeune fille, habillée d'un jean troué au niveau des genoux et d'un débardeur rouge leur fit un signe timide pour pénétrer le lieu jusqu'à leur place respective. Elle avait placé des sofas d'appoint dans le même format que son salon pour reproduire du mieux qu'elle pouvait l'apparence de son ancien hangar.
Byakuya Kuchiki s'assit face à elle sans un mot. C'est là que se trouvait à l'origine son zanpakuto, droit et fier derrière le premier canapé.
Renji Abarai s'assit sur le même horizon, où se trouvait chez Karin un petit fauteuil ancien et délabré. Il sourit à cette dernière car à force d'entendre les gens parler d'elle de manière positive, il s'était pris d'affection pour cette inconnue.
Zaraki Kenpachi se posa sur le sol, près d'une table basse qu'elle avait installée avec des tasses de cafés reposant dessus. Il en prit une en observant avec une curiosité malsaine les courbes graciles de la femme enfant.
Quant à Tôshirô, il s'installa comme si de rien n'était sur le second canapé, de profil, ce qui l'empêchait de voir celle à qui il devait cette situation plus qu'embarrassante. Assis de cette manière, il se forçait à garder la tête face au mur, ignorant les appels de ses entrailles à tourner ses yeux vers le visage de Karin.
_Bien, dit-elle la voix tremblante, en se posant à côté d'une grande toile, ça va sûrement durer quelques heures donc n'hésitez pas à vous lever si vous avez des fourmis dans les pieds ou besoin d'autres choses. Hisagi-san a apporté du café – elle tourna ses yeux vers le colossal shinigami qui l'avait déjà attaqué – et il amènera le repas vers midi. Sauf si vous pensez retourner à votre division pendant ce temps. Dans ce cas, je préviendrai moi-même Hisagi-san.
Tous gardèrent le silence sans bouger d'un iota.
Puis, Karin attrapa sa palette et son pinceau et commença à exercer son étrange pouvoir sur le tableau. Elle n'avait jamais vraiment eût besoin de dessiner au crayon les formes de ses modèles précédents, mais cela demandait moins de temps que de peindre directement sur la toile.
Or, elle voulait que cet entretien dure. Etait-ce parce que les voix dans sa tête qui lui tenait compagnie allaient disparaître à jamais ? Etait-ce parce qu'elle savait que son âme allait lâcher prise d'une minute à l'autre ? Ou était-ce simplement parce qu'il était là, assis si près d'elle, figé comme une statue, beau, imposant, charismatique, cette expression sévère et froide sur ce faux visage d'ange de glace ?
La jeune fille ferma les yeux quelques instants. Ce n'était pas le moment de penser à ça. Il fallait quelle tienne la supercherie jusqu'à sa fin. Si supercherie, il y avait…
Les heures passèrent sans qu'un seul mot ne sorte de la bouche des Capitaines.
La porte, comme promis s'ouvrit à midi pile pour faire entrer le vice-Capitaine Hisagi poussant un chariot sur lequel reposaient des plateaux repas.
_Excusez-moi de vous déranger Taïcho, dit-il timidement, les déjeuners sont prêt.
_Attends, ordonna Karin en stoppant le jeune homme d'un geste de la main. Une… seconde… et… voilà ! Pour vous deux, c'est terminé. Je ferai les détails plus tard.
Elle s'adressait aux Capitaines Abarai et Zaraki.
Les concernés se levèrent et vinrent admirer la toile. Ils restèrent alors bouche-bée devant la dextérité et le talent dont elle faisait preuve.
Leur corps, leur visage, leur expression de l'instant, leur traits, tout. Tous étaient là, étendus sur cette représentation du guerrier au repos, en compagnie de leur zanpakuto. Elle avait même bien avancé les silhouettes encore flou de leurs acolytes.
Cependant, alors que Renji remerciait avec ferveur la jeune fille, le colosse ne bronchait pas, le regard fixé sur l'image de l'aura rouge et meurtrière qui flottait au-dessus de lui.
_Alors, te voilà, murmura-t-il.
_Oui, dit Karin. Bon vent ! Il n'a pas arrêté de me gonfler et de me gueuler dessus. « Gamine » par-ci, « sale gosse » par là. Contente qu'il vous soit rendu.
_Vous connaissez son nom ? Grogna Zaraki Kenpachi avec une pointe de scepticisme dans la voix.
_Il vous l'a pas dit à vous. Il risque pas de me le donner à moi. A part me casser les pieds, il sert pas à grand-chose.
Tandis que le colosse lançait un regard meurtrier à la jeune fille, le Capitaine Kuchiki, au contraire étouffa un rire à peine audible. Un sourire discret se dessina sur ses lèvres en pensant que ce zanpakuto était à l'image de son allié. Mais cette pensée n'échappa pas à Karin qui se retourna vers le noble.
_Pas la peine de vous moquer, dit-elle. Le vôtre n'est pas beaucoup mieux. Il passe son temps à faire la morale à tout le monde et quand la situation ne l'intéresse plus, il se tait. Pédant et hautain. Un peu comme vous, non ?
Elle avait dit tout cela comme une vengeance. Elle n'avait pas oublié le visage de son bourreau dans sa première cellule.
Attendant le châtiment qui risquait de tomber pour l'avoir insulté, la jeune fille s'était raidit, prête à toute éventualité. Il fallait dire qu'il n'avait vraiment pas l'air drôle quand il la regardait avec ce regard enflammé. Le Capitaine Zaraki, inversement s'esclaffait.
_Je l'aime bien cette gamine, cria-t-il en agrippant ses épaules. Si tu n'étais pas une merdeuse têtue et malade comme un chien, je t'aurai déjà engagé dans ma division !
Le silence s'installa de nouveau. Karin se doutait bien qu'ils savaient tous l'état dans lequel elle se trouvait. Mais l'entendre dire à haute voix par quelqu'un, avec un air aussi désinvolte la fit frémir.
_Ne tremble pas la mioche. Il n'est pas encore trop tard.
Et sur ces mots, les deux Capitaines dont l'âme avait été peinte sur le tableau partirent sans un regard.
La pause déjeunée fut très longue pour Karin.
Byakuya Kuchiki restait muet, les yeux fixaient sur elle comme si un châtiment sévère pouvait sortir de lui et fendre l'air pour la broyer d'une seule pensée. Quant à Tôshirô, il mangeait silencieusement, regardant avec beaucoup trop d'insistance le mur d'en face. Il ne laissait que brièvement et rarement ses iris turquoises se poser délicatement sur elle.
Malheureusement, elle ne le vit pas, trop concentrée à contrôler ses tremblements. Cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas peint avec autant d'acharnement, de précision et d'agilité une toile aussi compliquée que celle-là. Ils étaient quasiment en taille réelle. Ils étaient quatre sur cette peinture. Quatre immenses hommes dont les visages et les corps regorgeaient de détails importants. Les marques de leur passé.
Elle se demanda alors si les choses qu'elle avait vécues avec son amant s'étaient marquées physiquement, là, quelque part dans la chair de celui qu'elle chérissait. Puis elle secoua la tête pour chasser cette pensée stupide de son esprit.
_On s'y remet ? Demanda-t-elle avec peu d'entrain.
Les deux concernés posèrent leur plateau et se remirent en place pour finir ce qui devait être.
Alors, Karin reprit ses ustensiles de travail et se remit à poser sur le tissu les formes et les couleurs de ces deux âmes dont la carrure imposée à elle seule le respect dû aux grands hommes.
Elle acheva rapidement et presque sans peine le portrait du noble dont les yeux ne cessaient de lui lancer des éclairs. Il avait un air altier et fier. L'air de quelqu'un qui savait ce qu'il voulait dans la vie. Un homme d'une beauté rare qui aurait attiré toutes les faveurs de sa sœur.
A cette pensée, la jeune fille éclata de rire intérieurement. Imaginer sa très jolie sœur toute frêle et complètement fantasque main dans la main avec cet ersatz de commandant en chef était totalement utopique.
Mais, soudain, elle cessa de s'amuser. Il lui fallait encore peindre son amant.
Elle jeta un regard timide dans sa direction et ses mains se remirent à trembler. Il était là, à fixer le mur comme si sa vie en dépendait, les bras posés sur ses genoux dans une attitude faussement décontractée.
Elle posa ensuite ses yeux sur son zanpakuto. Un humanoïde très grand, au regard froid, dégageant une force qui imposait une certaine déférence rien que par son apparence. Tout en cet être lui rappelait son amant d'autrefois. Elle se rappelait également combien il était attaché à son allié et combien il souhaitait le protéger de toutes ses forces.
Devait-elle alors le peindre sur cette toile ? S'il ne retrouvait jamais la mémoire, il ne pourrait pas se vendre auprès de ses congénères…
_Où en êtes-vous ? Demanda le Capitaine Kuchiki sans aucune forme d'intérêt.
_J'ai… j'ai finis votre portrait. Il me reste à faire celui de… d'Hitsugaya Taïcho.
Karin se mordit la lèvre. Elle ne voulait plus l'appeler Tôshirô. Pas devant eux.
_Très bien, reprit le noble en se levant. Dans ce cas, je retourne à mon travail.
La jeune fille aurait voulu hurler et le supplier de ne pas s'en aller, de rester auprès d'eux pour qu'elle ne fut pas tentée de lui parler avec amour, de le toucher, de l'embrasser…
_Belle œuvre, conclut Byakuya Kuchiki en passant devant le tableau. Quelqu'un passera la prendre dans la semaine.
Sur ce, il claqua la porte, laissant les deux anciens amants dans un silence pesant, oppressant et funèbre. Ni l'un, ni l'autre n'osaient dire quoi que ce soit.
Ainsi, une heure entière s'écoula. La jeune fille ne jeta quasiment aucun regard sur lui. C'était inutile car elle connaissait le corps et le visage de Tôshirô par cœur.
_Voilà, murmura-t-elle. C'est enfin terminé. La boucle est bouclée. Tu peux rentrer chez toi.
Mais tandis que Karin se retournait pour disparaitre dans sa salle de bain, la voix de celui qu'elle aimait la stoppa net.
_Alors, c'est tout, dit-il sur un ton neutre.
_Qu'est-ce que tu entends par là ?
_Kurosaki-san, j'espérais que nous pourrions parler un peu toi et moi.
Elle ne se retourna pas, trop pressée de fuir, prête à bondir à l'extérieur de son atelier.
_Je ne vois pas de quoi tu veux qu'on p…
_De tout ça. De tout ce que tu m'as raconté dans la cellule. De ce qui s'est passé entre nous sur terre.
_Il ne s'est absolument rien passé. Je l'ai déjà dit à ton supérieur et je ne reviendrai pas sur ma parole. Ne t'inquiète pas.
_Pourquoi devrais-je m'inquiéter si tout ce que tu dis est vrai ?
Le souffle de Karin commençait à se faire court et son cœur battait la chamade comme à chaque fois qu'elle l'entendait parler.
_Ecoute, Tôshirô, vas-t-en. Ça vaut mieux pour toi.
Et alors qu'elle s'apprêtait à le quitter, une main agrippa la sienne. Une main à la fois douce et ferme. Une immense main entourant ses petits doigts meurtris.
Elle se retourna brutalement, son visage si près du sien que sa tête se mit à tourner. Elle n'arrivait plus à contrôler ses pensées.
_Kurosaki-san, supplia-t-il, j'ai besoin de savoir si oui ou non je t'ai aimé ! Je ne sais pas pourquoi mais je n'arrive pas à oublier tes yeux. Et tout en toi me hante. J'ai l'impression que si tu disparais, je ne pourrai pas y survivre !
Les larmes coulèrent le long de ses joues sans qu'elle puisse les retenir.
_Tôshirô, je t'en prie…
_Karin ! Cria-t-il.
Alors ce fut comme si son corps ne lui obéissait plus. Elle enlaça la nuque de son amant, serrant dans ses mains ses longs cheveux blancs. Elle brisa la distance qui séparait leurs deux visages et posa sur les lèvres du jeune homme un baiser ardent, fougueux, passionné.
Et le Capitaine ne recula pas. Il avait la sensation que toutes les peines du monde quittaient ses épaules. Il lui sembla tout-à-coup que sa vie pouvait s'achever ici si elle lâchait son emprise sur lui. Cette chaleur contre son torse, cette aura de femme barbare pressant son corps contre le sien, ses yeux d'ébène plus brûlant qu'un feu éternel…
_Sauve-toi, pleura Karin en s'écartant de lui. Je t'en supplie ! Quitte ce monde ! Pars loin tant que tu le peux encore… retrouve mon frère et mon père ! Je sais qu'ils te protègeront. Pitié, ne meurs pas à cause de moi ! Je t'aime tellement !
_Karin…
_Même si tu ne te souviens de rien, je ne veux pas te voir exécuté parce que j'ai été sotte ! Je t'aime… je t'aime… pardonne-moi…
Tôshirô sentit que le corps de la jeune fille se laissait tomber vers le sol. Il la retînt fermement, gardant cette âme si précieuse tout contre lui.
_Alors c'est vrai, murmura-t-il à son oreille. Je le savais… je savais que tu ne m'avais pas manipulé.
_Dis le moi, Tôshirô, supplia-t-elle. Dis-moi que tu m'aimes !
_Je ne peux pas !
Les yeux de Karin, noyés par ses larmes se révulsèrent tout-à-coup et un long râle sortit de sa bouche.
_KARIN ! Cria le jeune homme. KARIN ! Bordel ! Qu'est-ce qu'il se passe !
La porte s'ouvrit avec fracas. Sur le seuil pénétrèrent quatre shinigamis. Ils agrippèrent Les bras de la jeune fille pour l'allonger sur le sol. Deux d'entre eux firent reculer le Capitaine avec leur zanpakuto.
_Ne bougez plus Taïcho. Vous êtes en état d'arrestation.
Mais il n'avait aucunement l'intention de s'échapper. Il ne pouvait pas dégager son regard du corps de celle qui l'aimait. Elle était prise de convulsion, hurlant sous la douleur comme une bête que l'on torture. De ses lèvres, de ses narines et de se oreilles s'échappaient un filet de sang pourpre et ses larmes s'étaient également colorées de rouge.
_Que lui arrive-t-il ? Demanda Tôshirô, paniqué.
_Elle meurt, répondit le Capitaine Unohana en entrant dans la salle.
Elle se pencha sur le corps de la jeune fille et frôla son front de la paume de sa main.
_Bien, dit-elle avec une légère tristesse dans la voix. Emmenez-là à la division qu'elle s'éteigne avec le moins de souffrance possible.
_Que dites-vous, murmura Tôshirô.
_Je dis que cette enfant c'est laissée mourir et qu'elle n'en a plus pour très longtemps…
