Coucou ! Voici l'avant dernier chapitre ! J'essaie un nouveau moyen de séparer les inter-chapitres. S'il fonctionne, je le ferai sur les chapitres précédents parce que ça ne doit pas être très facile à lire quand tout se rattache alors qu'on change de lieu ou de date. Sur Fanfic-fr, ça marche très bien mais là, je galère^^
En tout cas, bonne lectuuuure !
CHAPITRE XVIII : L'Eau Trouble Des Illusions
Des flashs. C'est tout ce qu'il pouvait avoir d'elle. Des images floues, des sensations éloignées, des mots comme des échos qui se confondaient dans ses rêves.
Tôshirô était enfermé dans une petite cellule adaptée aux Capitaines. Il était totalement seul. Hyorinmaru lui avait était enlevé ainsi que celle dont il rêvait dès que ses yeux se fermaient. Plus le temps passait, et plus il avait la sensation d'être un monstre.
Le retour de ses souvenirs le dévorait de l'intérieur. Il avait l'horrible sentiment d'avoir trahis à jamais la seule et unique personne qui ait su le sauver de cet abîme de solitude. Et plus la journée avancée, plus il avait envie de mourir.
Etait-ce ça l'amour ? Aimait-il cette fille à ce point ? Et pouvait-il survivre à sa mort ? Il pensa alors qu'elle le lui avait demandé. Elle lui avait demandé de dire ces trois mots avant de tomber dans le coma. Juste ces trois putains de mots qu'il n'avait pas pu lui dire. Mais alors, il ne savait pas. Non. Il ne savait pas encore combien il l'aimait. Ou peut-être le savait-il déjà ? Cette confusion qui régnait en lui semait l'anarchie dans tout son être.
_Hitsugaya Taïcho ?
Tôshirô sursauta. Trop concentré sur ce qu'il se passait intérieurement, il n'avait pas entendu le Capitaine Kuchiki pénétrer dans la prison. Il avait l'air à la fois grave et abattu.
_Je suis ici pour prononcer le jugement.
_Allez-y, dit le concerné en se levant et en s'approchant des barreaux.
Le noble fit un temps de silence pendant lequel il observa ce jeune homme qui avait si bien servit le Seireitei et qui se retrouvé outrageusement enfermé et condamné pour une histoire aussi grotesque.
_Hitsugaya Tôshirô, reprit-il le plus sérieusement du monde, d'après le jugement porté sur vos crimes, vous êtes démis de vos fonction de Capitaine. Vous êtes radié du Seireitei et ne pourrez plus exercer la mission du shinigami. Votre zanpakuto sera détruit après votre exécution.
_Quand sera-t-elle ? Demanda-t-il sans ciller.
_En fin de semaine.
_Bien, conclut Tôshirô.
Mais alors que le Capitaine Kuchiki s'apprêtait à quitter la salle, il entendit le jeune homme lui demander :
_Par amour, Taïcho, pour votre femme, auriez-vous été prêt à tout ?
Byakuya se retourna vers lui avec un regard qui en disait long. Et tandis qu'il repartait en direction de sa division, il pensa « Oui. Pour elle, j'étais prêt à tout ».
L'assemblée des lieutenants et sous-lieutenants était plongée dans une ambiance sinistre. Les vice-Capitaines Matsumoto et Hinamori ne prenaient même plus la peine de retenir leurs larmes.
_Je suis désolé, murmura Hisagi Shuhei en tapotant maladroitement l'épaule de la petite brune.
_Vous ne pouvez pas faire ça ! Cria Rangiku.
Elle donna un grand coup contre le mur en lançant des regards méprisants au Commandant-Capitaine qui restait là, à observer la situation sans bouger d'un iota.
_Ça suffit, ordonna le Capitaine Komamura. Retournez à votre travail. Les décisions du Commandant sont sans appels.
Alors tous, excepté Ukitake Jûshirô et Kyoraku Shunsui sortirent de la salle, l'âme en peine. Condamner un ennemi était une chose. Mais condamner un allié de longue date et surtout, du rang d'Hitsugaya Tôshirô en était une autre.
Lorsque tous furent partis, le Capitaine aux cheveux blanc se rapprocha de Yamamoto.
_Vous n'avez pas l'air satisfait de votre décision.
_J'ai la sensation de faire une erreur.
_Alors graciez le, suggéra le Capitaine Kyoraku.
_Non. Il doit montrer l'exemple. C'est juste que j'ai la sensation de commettre un impair en tuant ce garçon. C'est comme si tout ce qui se passait sous mes yeux était en réalité un avertissement.
_Vous pensez qu'il s'agit d'un piège ? Que tout ça était prévu ?
_Non. Je ne pense p…
_SOTAÏCHO !
Soi Fon entra en trombe dans la salle. Elle portait sur son visage une étrange expression.
_Que se passe-t-il ? Demanda le vieil homme, épuisé par la tournure que prenait la journée.
_Le Seikamon vient de s'ouvrir sans autorisation et trois personnes en sont sorties ! Ils demandent à vous voir au plus vite.
_Qui sont-ils ?
_Ils disent s'appeler Kurosaki Isshin et Ichigo. Quant à la troisième personne, je ne sais pas de qui il s'agit. Elle prétend se nommer Yamashita Amaya.
Le Commandant-Capitaine cessa de respirer. Etait-il possible qu'il ait eût raison depuis le début ? Sa petite fille était alors encore en vie ? Ses mains se mirent à trembler et il refoula l'envie de pleurer qui le gagner. S'il avait raison, cette enfant qu'il avait élevée était responsable de tout et il lui faudrait la punir pour ses crimes.
_Bien, dit calmement Yamamoto. Faites revenir les Capitaines et surtout, faites entrer nos visiteurs car nous avons une longue discussion qui nous attend…
Lorsque Kurosaki Ichigo pénétra une fois de plus les grandes portes qui menait directement dans la grande salle de réunion, il s'attendait à voir sa sœur, si petite au milieu du Goteï treize. Mais ce ne fut pas le cas. Alignés comme à leur habitude, les Capitaines les épiaient tous les trois comme s'ils étaient des bêtes sauvages.
Isshin, suivant son fils de près, tirait par le bras une femme de la cinquantaine, ravissante dans un tailleur beige. Il la déposa fermement face au Commandant-Capitaine.
_Nous vous ramenons quelqu'un que vous avez perdu et nous récupérons ce qui nous a été volé, dit froidement le père.
_Amaya, murmura Yamamoto. Alors tu es en vie.
_Ne m'appelez pas comme ça, grogna cette-dernière en grinçant des dents. Je ne suis plus votre petite fille depuis le jour où vous m'avez tout fais perdre !
L'assemblée retint son souffle. La plupart d'entre eux ignorait totalement que le vieil homme ait eu une petite fille. Certains ignoraient même le fait qu'il ait eu des enfants.
_Je vois, reprit le Commandant-Capitaine. C'est donc toi et non pas la jeune Kurosaki qui a lancé ce sortilège visant le Seireitei ? Comment ?
_Vous ne vous rappelez plus ? Vraiment ?
Elle riait. Avoir ce pouvoir sur tant de personne la rendait euphorique. Presque folle.
_Taigamaru-san. C'est le nom de mon zanpakuto. Vous savez ? Non, vous ne savez plus, c'est évident.
_Taiga, reprit Kuchiki Byakuya. La rivière ? Quelle rapport avec tout ce qu'il nous arrive ?
_Que se passe-t-il lorsque vous vous regardez dans un lac ? Il vous renvoie votre reflet. Seulement votre reflet. Mais lorsque la rivière coule, c'est une image déformée de la réalité que vous observez.
_Ce que tu es en train de nous dire c'est que tout ce que nous croyons pour acquis est complètement faux ? Demanda Ukitake Jûshirô.
_Ce que je veux dire c'est que vous n'avez jamais perdu votre mémoire, vociféra-t-elle. Et la gamine n'a jamais peint quoi que ce soit sur ces toiles ! Même les zanpakuto ont été trompés…
Plus personne n'osait bouger. Ils étaient tous suspendus à ses lèvres étirées en rictus moqueur.
_Ce n'est pas possible, grogna le Capitaine Zaraki. Elle m'a dit avoir parlé avec mon…
_Elle a simplement cru parler avec eux. Elle a simplement imaginé des formes, des voix, des sensations mais en réalité, peu importe ce qu'elle croyait peindre, vous ne pouviez pas voir autre chose que ce que vous vouliez voir.
_Non, renchérit le molosse. Elle m'a dit qu'il ne voulait pas lui dire son nom. Tout comme moi ! Explique ça.
Amaya ferma les yeux, exaspérée. Elle avait toujours adoré cette fille et savait qu'en elle, résidait un pouvoir que personne ne pouvait soupçonner.
_Elle est forte. Très forte. Ne la sous-estimez pas.
_Et pour les gigaï ? Demanda Soi Fon. Pourquoi nous ne pouvions pas pénétrer dans un…
_Vous n'écoutez pas ? Cria la femme en plaquant ses mains sur le haut de sa tête. Vous pensiez que c'était impossible. Ça ne l'était pas !
_Tout comme nous pensions ne plus pouvoir quitter nos corps, ajouta Ichigo.
_Comment avez-vous su ? Interrogea Byakuya Kuchiki. Et pourquoi ne vous êtes-vous pas manifesté plus tôt ?
_Karin avait disparu, expliqua Isshin. Lorsque nous sommes arrivés chez elle, nous avons senti plusieurs reïatsu dont celui de cette femme. Alors nous sommes partit à sa recherche.
_Un long périple, renchérit Ichigo.
_Oui. Son zanpakuto nous a baladés dans tous les sens. Impossible de savoir ce qui était vrai ou faux. Mais Urahara-san a très vite compris le fonctionnement de ce mauvais jeu. C'est également lui qui a ouvert le passage vers le Seireitei.
_Urahara ? Demanda Kyoraku Shunsui. Le traître ?
_Non, « l'ancien » traître…
Personne ne semblait comprendre ces propos.
Tout-à-coup, le Commandant-Capitaine s'avança vers sa petite-fille et se plaça devant elle, surplombant la femme de toute sa hauteur.
_Et pour l'incendie ?
Amaya explosa de rire une fois de plus. Il y avait quelque chose de machiavélique dans le ton de sa voix et dans les regards qu'elle jetait partout.
_Cesse de faire l'enfant ! Cria le vieil homme.
_C'est pour qu'ils soient ensemble ! Hurla-t-elle pour toute réponse. Pour qu'ils ne soient jamais séparés comme vous l'avez fait pour moi !
_Tu es stupide, murmura son grand-père. Tu sais que ce genre de rapport sont interdits. Tu savais qu'ils seraient punis. Alors pourquoi ?
Soudain, Amaya se fit toute petite, comme une enfant que l'on venait de prendre la main dans le sac.
_Elle est si attachante, vous ne trouvez pas ?
Ichigo et Isshin, placés derrière elle, se retenaient du mieux qu'ils pouvaient pour ne pas se jeter sur elle et l'abattre sur le champ. Leur sœur était morte à cause de la folie de cette femme. Et ils essayaient de ne pas penser que jamais ils n'avaient vu Karin s'épancher auprès d'eux de son amour avec Tôshirô. Elle avait dû se sentir si seule parfois.
_Je savais que vous ne pourriez pas lui en vouloir. De plus, les pouvoirs de Taigamaru-san ne sont pas éternels. Ils s'estompent avec le temps. Je savais qu'en vous rappelant qui était Ichigo-san, vous ne pourriez pas tuer la sœur, si… curieusement… attirante.
_Et pour Hitsugaya Taïcho ?
_Allez-vous le tuer, Yamamoto-sama ? Demanda-t-elle en souriant. Allez-vous commettre la même erreur qu'avec moi ?
L'assemblée frissonna. Personne ne voulait voir le petit génie disparaître de leur rang. D'autant plus qu'il était de loin le plus intelligent d'entre eux.
_Ça suffit ! J'en ai assez entendu. Rends-nous nos souvenirs. Tout de suite ! Ordonna le Commandant-Capitaine.
_A vos ordres, Sotaïcho… vous n'allez pas le regretter, croyez-moi…
Sur ce, Amaya dégaina son zanpakuto et le retourna contre elle. Ce fut comme un éclair que personne n'avait vu arriver. Ainsi renversée vers elle, la lame s'enfonça dans son sein, laissant apparaitre sur son corps une coulée de sang.
Aucun d'entre eux ne fut assez rapide pour l'arrêter.
La femme, étendue aux pieds de son grand-père, inerte, venait d'accomplir sa pire vengeance. Mourir face à l'homme qui n'avait pas su comprendre à l'époque tout ce que l'amour peut donner et enlever à un être. Mais tandis que la vie s'échappait, un sourire apparut sur son visage car, jamais elle n'avait pu réellement vivre sans celui qu'elle chérissait. Au final, le reflet de sa vie n'avait été qu'une rivière constamment troublée par le passé...
Cependant, si la douleur du Commandant-Capitaine était abyssale, il n'en laissa rien paraître. Il contempla le corps de sa petite-fille quelques minutes puis ordonna que l'on emporte ce qu'il restait d'elle.
Mais tout ne s'arrêta pas là. Une migraine fulgurante se déchaîna dans tout le Seireitei. Des images, des flashs, des voix se bousculèrent violemment dans leur tête. Une nuée interminable de souvenirs revenaient à une vitesse fulgurante dans l'esprit des shinigamis. Des hommes et des femmes, çà et là, gisaient sur le sol, empoignant leur face et leurs cheveux dans un élan de désespoir. En plus de la douleur, l'incompréhension régnait au milieu des rues et des bâtiments.
Puis ce fut le calme. Plus un bruit. Plus une image.
Tous étaient étendus sur le sol, suffocant, crachant leurs poumons.
_Levez-vous ! Ordonna Yamamoto Genryuusai, déjà posé sur ses pieds malgré les siècles de souvenirs qui s'étaient bousculés en lui. Retournez vite à vos divisions ! Ce doit être l'anarchie. Allez gérer vos hommes ! MAINTENANT !
Les Capitaines obéirent immédiatement, sans protester. Au moyen du shunpo, ils disparurent les uns derrière les autres sans demander leur reste.
_Dites-moi, Kurosaki Ichigo, reprit calmement le vieil homme.
Isshin remarqua que le doyen du Goteï treize tremblait de la tête aux pieds. C'était une image si rare qu'il repensa à la mort de sa propre fille.
_Je vous écoute.
_Comment ma petite Amaya a connu votre sœur ?
_Elle nous a raconté qu'après la mort de son mec, elle s'est mis à travailler dans l'art pour tenter de retrouver je-sais-plus-quoi. Un truc de fille.
_Le mot qu'elle a employé, rajouta le père, était : la passion. Son amant était peintre également, si je ne me trompe pas ?
_Ouais, c'est ça. J'ai pas tout compris. Enfin bref, elle a rencontré ma sœur sous le nom de Maeda Amane. Apparemment, elle pratiquait ce boulot depuis pas mal de décennies mais lorsqu'elle a senti le reïatsu de l'autre abrutis chez Karin,…
_Je suppose que vous parlez d'Hitsugaya Taïcho ?
_Ouais, lui, grogna Ichigo. Bref, elle s'est dit que c'était une chance pour elle de vous en faire baver. Et puis ça a dégénéré. Tout le monde c'est complètement emballé dans cette histoire…
_Je ne pense pas qu'elle voulait faire de mal à ma fille. Je pense même qu'elle l'appréciait vraiment. Mais les années de solitudes n'ont pas eu une très bonne influence sur son mental. Il n'y avait plus de mal. Plus de bien. Juste elle et ses sombres pensées.
_Je vois, conclut le Commandant-Capitaine.
_Bon, c'est pas tout ça ! Dit le shinigamis remplaçant en s'étirant. Mais j'aimerai bien revoir ma sœur. J'espère que vous avez pris soin d'elle !
Le vieil homme soupira. Kurosaki Ichigo avait toujours été un allié précieux et un ami pour certains d'entre eux. Malheureusement, la situation allait sûrement se compliquer.
_Que se passe-t-il ? Demanda Isshin avec inquiétude.
_Je suis désolé, murmura Yamamoto, dépité. Nous ne pouvons plus rien faire pour la sauver…
