Merci à Lunastrelle pour sa review. Là, l'histoire commence à changer, même bien changer.

Bonne lecture !

DISCLAIMER : Les personnages de Final Fantasy 7 appartiennent à Square Enix.


Chapitre 3 :

Le secret de la vie

Cela faisait maintenant plus d'un an que Cait Sith vivait chez sa nouvelle petite maîtresse, Ariale.

Il avait pensé que cette vie serait… ordinaire. Monotone. Jusqu'au jour où Ariale fut invitée à la fête d'anniversaire d'une camarade de classe.

Ce jour-ci, tout changea.

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« Eh bien, chérie ! Tu n'as pas l'air heureux à l'idée de fêter l'anniversaire de ta petite camarade », dit Hélène.

Assise sur le siège arrière de la voiture, Ariale lança un regard boudeur à sa mère. Elle n'avait aucune raison d'être heureuse, elle détestait Sonia. Cette petite blonde prétentieuse, qui adorait venir à l'école avec un beau jouet tout neuf chaque jour, rien que pour impressionner les autres et faire étalage de la richesse de ses parents.

Elle avait fait exprès de suivre Ariale à la sortie de l'école pour aborder sa mère et lui donner l'invitation. Hélène n'avait pas écouté sa fille, qui avait désespérément essayé de lui dire que Sonia n'était pas sa « meilleure amie de classe » comme l'autre le lui avait affirmé.

Et aujourd'hui, Ariale devait aller chez cette blonde qui adorait lui tirer les cheveux et faire exploser ses cartouches d'encre dans sa trousse dès qu'elle avait le dos tourné.

Assis à côté d'elle, Cait Sith posa sa main gantée sur le genou de la petite. Il n'était peut-être qu'un robot, mais il semblait toujours déceler la tristesse ou la douleur chez sa petite maîtresse. Au moins, il serait là pour veiller sur elle pendant la fête.

La voiture quitta la grande avenue et s'arrêta devant une immense villa aux murs peints en blanc, avec un toit de tuiles ocre. Une grande piscine était visible à la gauche du bâtiment. Des ballons de toutes les couleurs étaient attachés aux chaises et aux tables où des enfants dégustaient des gâteaux et riaient entre eux.

Lorsqu'Hélène eut ouvert la portière, Ariale déboucla lentement sa ceinture puis prit son temps pour sauter de la voiture. Une fois le paquet-cadeau en main, elle suivit sa mère, Cait Sith sur ses talons.

La mère de Sonia vint les accueillir avec le sourire.

« Je vous confie Ariale pour l'après-midi », dit Hélène.

« Ne vous en faites pas, elle va bien s'amuser avec les autres ! Viens, Ariale, allons déposer ton cadeau. Oh, mais qu'est-ce que c'est que ça ? ! » Elle venait juste d'apercevoir Cait Sith derrière la fillette.

« C'est un robot, mon frère est inventeur et il l'a fait pour Ariale », dit Hélène.

« Un robot ? ! C'est incroyable ! » Elle dévisagea un moment le robot, puis haussa des épaules.

« Bon, venez, la fête est par ici ! »

Ariale lança un regard suppliant à sa mère, mais celle-ci l'ignora ou ne le vit pas, car elle embrassa vivement sa fille puis partit à la voiture.

Une fois le cadeau déposé sur une table au fond du jardin près d'autres qui s'y entassaient, Ariale regarda les tables où étaient installés tous les enfants. Elle ne voyait aucune place de libre. De toute façon, elle pouvait voir qu'ils mangeaient tous le même genre de gâteau : framboise et chantilly. Elle avait horreur de ces parfums. À croire que Sonia avait tout prévu pour rendre sa journée horrible.

Toujours suivie de Cait Sith, la petite contourna la foule et se dirigea vers la piscine. Son regard se perdit dans l'immense bassin d'eau. Les rayons du soleil faisaient scintiller l'eau.

« Alors, tu t'amuses ? »

Ariale et Cait Sith se retournèrent. Ils virent Sonia, qui dévisageait Ariale avec un sourire méchant.

« Pourquoi tu m'as invitée ? Pour me narguer ? ! » dit Ariale.

« Moi ? Oh nooooooooon ! Jamais de la vie ! » Elle se tourna vers le chat. « T'es venu avec ta peluche dont tu nous parles tout le temps en cours ? »

« Une peluche ? ! C'est un robot, et c'est mon ami ! » dit Ariale, qui ne supportait pas que l'on insulte ses amis.

Sonia lui tira la langue, puis la poussa en arrière. Ariale recula de deux pas, se rapprochant dangereusement du bord de la piscine.

« J'fais c'que j'veux, aujourd'hui c'est mon anniversaire ! »

« C'est pas une raison pour faire ta pimbêche ! » répliqua Ariale en la poussant à son tour.

Furieuse, Sonia la poussa plus fort. Ariale recula et tomba dans la piscine. Elle battit des bras et refit surface en criant :

« J'sais pas nager ! Au sec… » Elle ne put en dire plus, elle venait de couler à nouveau.

Ses cris ameutèrent quelques enfants, qui s'approchèrent de la piscine et se mirent à crier, personne ne savait quoi faire.

Affolé, Cait Sith n'hésita pas une seconde et plongea dans l'eau. Il nagea maladroitement jusque près d'Ariale et tenta de remonter avec elle, mais la petite était plus lourde que lui et se débattait, ce qui ne lui facilitait pas la tâche. Il ne tarda pas à couler avec elle.

La mère de Sonia arriva juste à ce moment et poussa un cri. Son mari s'approcha et, sans hésiter, plongea dans la piscine et nagea jusqu'à la petite.

Il la prit dans ses bras et remonta à la surface. Il la remonta sur le rebord et écarta des mèches brunes qui couvraient son visage.

« Elle ne respire plus ? ! ! » dit la mère, affolée.

Le père de Sonia approcha son oreille de la bouche de la petite, mais ne perçut aucun souffle. La poitrine d'Ariale avait cessé de bouger, elle ne respirait plus.

« Appelle une ambulance ! » dit-il en se redressant.

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Dès le moment où elle s'était retrouvée dans la piscine, Ariale avait senti une peur foudroyante la saisir. Elle n'avait jamais pris de cours de natation, elle n'aimait pas non plus quand on lui faisait prendre un bain, elle préférait les douches.

Cait Sith avait coulé avec elle en tentant de la sauver, elle avait espéré qu'il flotterait et lui ferait office de bouée jusqu'à ce qu'elle rejoigne le bord pour les remonter tous les deux.

Mais ils avaient coulé ensemble. L'eau avait envahi son nez, ses sinus puis sa gorge, elle avait ressenti une brûlure douloureuse se diluer dans son corps et envahir sa poitrine.

Puis elle avait perdu connaissance alors que les parents de Sonia accouraient pour voir ce qui se passait.

« Ariale ? »

Il faisait sombre, Ariale avait froid.

« Ariale ! »

La petite ouvrit les yeux, et fut surprise de voir qu'elle était toujours au fond de l'eau. Mais tout avait changé. Au lieu des murs carrelés de la piscine, elle vit des parois rocheuses. Du sable tapissait le fond. On aurait dit le fond d'un abysse.

Un banc de poissons colorés se dirigea vers elle, tournoya autour de son corps puis disparut dans un nuage de bulles.

« Lève la tête, mon enfant. »

Ariale obéit, et aperçut quelque chose au-dessus d'elle. Mais la petite n'aurait su dire ce que c'était. C'était… grand. Cela bougeait bizarrement, comme l'hélice d'un hélicoptère, ça tournait sur soi-même, et…

« Tu dois vivre. Je t'attends, dans quelques années. Retourne parmi les tiens, mon enfant. »

Avant qu'elle n'ait pu poser une question, la petite se sentit chuter en arrière. L'eau, la roche, la « chose », tout disparut. Il y eut une vive lumière, puis elle vit le visage d'un homme trempé au-dessus d'elle, avec des enfants et la mère de Sonia plus loin, qui serrait fort un combiné de téléphone dans ses mains avec l'air angoissé.

La petite se redressa brusquement et se mit à tousser, cracher de l'eau. Elle sentit la main de l'homme la taper dans son dos, l'aidant à recracher l'eau chlorée.

« Tout va bien, ma puce ? » demanda l'homme, une fois qu'elle eut fini de tousser.

« Où… où est Cait Sith ? » demanda l'enfant, tandis qu'on l'enveloppait dans une serviette.

Juste à ce moment, le chat-robot sortit de l'eau. Il fit quelques pas, puis s'ébroua comme un vrai chat, ce qui fit rire les enfants.

En le voyant, Ariale cria son nom. Cait Sith fendit la foule et vint se réfugier dans les bras de sa petite maîtresse.

« Ouf, tu es vivante ! » dit le chat-robot.

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Hélène raccrocha le téléphone et regarda l'horloge murale. Elle indiquait vingt heures et demie. Dans le salon, Alan berçait leur fille Ariale dans ses bras, tandis que la petite pleurait.

« Je suis désolé », dit une voix.

Hélène baissa les yeux vers Cait Sith. Le pauvre avait encore la fourrure tout emmêlée, sa cape avait déteint à cause du chlore de la piscine. Il aurait besoin d'un brin de toilette.

« Je n'ai pas su veiller sur elle », finit le chat en se mouchant le museau, comme s'il avait pleuré.

« Non, Cait Sith. Tu as fait tout ton possible, je ne t'en veux pas du tout, au contraire ! Merci d'avoir essayé », dit la jeune femme en se penchant pour le caresser.

Cait Sith hocha piteusement la tête. Ses petites épaules velues étaient basses. Hélène eut soudain envie de lui proposer une friandise, comme un enfant ou un chat, avant de se souvenir qu'il était un robot. Ce n'était peut-être qu'une machine, mais il avait une personnalité qui le rendait vraiment attachant, elle ne s'en rendait compte que maintenant, six mois après Noël.

Un cri en provenance du salon la tira de ses pensées. Ariale continuait de pleurer dans les bras de son père.

« J'ai cru que j'allais mouriiiiiiir ! » gémit l'enfant.

« Tu es là, ma chérie, c'est fini », dit son père.

L'enfant répondit par une quinte de toux. Elle semblait avoir des problèmes de respiration depuis l'incident de la piscine.

« Mais j'étais… j'étais morte, papa ! »

« Comment ça ? »

« Je… Je me suis réveillée ailleurs, quand j'ai… quand j'ai coulé ! Je… J'étais au fond d'une grotte… sous l'eau ! Un… un… un truc bougeait au-dessus de moi… comme une hélice ou un tourbillon bizarre et brillant, et… et une voix m'a dit que je devais encore rester ! Mais je comprends rien à tout ça, j'ai peuuuuuuuuur ! »

Les parents échangèrent un regard. Ils regardèrent leur fille un moment. Mais ils ne la regardaient comme si elle était folle ou avait dit quelque chose sorti tout droit de son imagination. Leur regard était sérieux, leur expression grave.

« Chérie… Tu n'as pas rêvé. Et tu n'as pas à avoir peur, car nous savons ce qui t'est arrivé », dit Hélène.

À ces mots, Ariale cessa de pleurer. Elle redressa timidement la tête, les joues encore ruisselantes de larmes.

« Ah bon ? Qu'est-ce qui m'est arrivé ? »

Alan poussa un soupir, puis cala plus confortablement la petite sur ses genoux.

« Ma puce, tu es peut-être encore un peu trop jeune pour ça… »

« NON ! Je veux savoir ! »

Son père poussa un soupir, puis se tourna vers Hélène et l'engagea d'un signe de tête.

« Eh bien, ma chérie, il faut que tu saches d'abord une chose : notre monde est habité par des milliers d'êtres vivants, tu le sais, n'est-ce pas ? »

« Mmmmm… » dit la petite, même si elle avait un peu de mal à se figurer un tel chiffre.

« Et lorsqu'ils meurent, ils rejoignent un fleuve. »

« Un fleuve ? C'est quoi, un fleuve ? »

« Une rivière, une très, très grosse rivière. »

« Comme la Seine, en France ? On l'a appris en géographie, à l'école. »

« Oui, c'est ça, exactement ! Et ce fleuve, c'est là que vont toutes les âmes quand elles meurent. »

« Alors… J'ai été dans le fleuve, moi ? » dit la petite, les sourcils froncés. Elle ne voyait pas pourquoi elle avait rêvé d'un abysse, si son âme devait aller dans un fleuve.

« Tu devais y aller, mais un esprit des quatre éléments t'a rattrapée avant que tu partes. »

« Un esprit des quoi ? »

Hélène poussa un soupir. Ariale n'était encore qu'une enfant, ce n'était pas très facile de tout lui expliquer, même si la petite semblait fascinée par tout ce qu'elle entendait.

« La vie sur une planète dépend de plusieurs éléments : le feu, l'eau, la terre et l'air. Sur d'autres mondes, il y en a beaucoup plus. Mais ici, nous avons principalement ces quatre-là, ainsi qu'un cinquième particulier, qui vit en chacun de nous. Il nous relie aux quatre autres. Et chacun de ces éléments est protégé par un esprit très puissant. Ce qui s'est passé, ma chérie, c'est qu'alors que ton âme se dirigeait vers le fleuve des morts, l'esprit de l'eau t'a contactée. Tu étais en train de mourir noyée, dans de l'eau. Cet esprit a eu pitié de toi et t'a permis de revenir parmi nous. »

Surprise, Ariale cligna des yeux. Un esprit l'avait sauvée ? Mais pourquoi ? Elle posa la question à ses parents. Ceux-ci se lancèrent à nouveau un regard gêné.

Alan décida de poursuivre : « Ça… C'est parce que nous sommes spéciaux, ma chérie. Tu te souviens, ta mère a dit que le cinquième élément est en chacun de nous ? »

« Oui. Et alors ? »

« Eh bien, ce… cet élément est spécial. »

« C'est quoi ? C'est quoi comme élément ? »

« Mmm… On lui donne différents noms : la quintessence, l'énergie pure, l'âme, le moi, l'atma, nephesh, le souffle de vie… On dit qu'il est inutile de le chercher parce que nous l'avons juste sous les yeux, mais il est invisible à l'œil nu. »

Ariale fit la grimace. Tout ça devenait un peu trop compliqué pour elle. La petite essaya de tout résumer, puis conclut : « Alors… l'esprit de l'eau m'a sauvée parce que j'ai un cinquième élément très spécial ? »

« Oui, ma puce. C'est ça », confirma sa mère.

« Et… ça change quoi ? »

Les parents éclatèrent d'un rire nerveux. Si seulement ils le savaient ! Les personnes qui connaissaient ces secrets étaient rares, mais elles existaient, ils en étaient la preuve vivante. Marcus avait bien tenté de percer le mystère en se lançant dans des recherches scientifiques.

« L'essentiel, c'est que tu sois là, et que tu vives. Alors, ne pense à rien d'autre pour le moment, ma chérie. On monte, il faut te laver, maintenant, d'accord ? »

« Je veux pas prendre un bain ! » gémit Ariale en s'agrippant à son père, terrifiée à l'idée de revivre l'épisode de la piscine.

« Je vais te laver, tu prendras une douche », la rassura Hélène.

Derrière la porte, Cait Sith avait tout écouté avec intérêt. Ainsi, il y avait une espèce de la Rivière de la Vie sur cette planète, aussi. Par contre, il ignorait l'histoire de ces esprits et des éléments.

Il fut tiré de ses songes par le passage d'Hélène dans le couloir, qui transportait Ariale dans ses bras. Celle-ci lui offrit un sourire, puis monta l'escalier menant à la salle de bain.


Et voilà ! Ça va, vous suivez toujours ? J'espère que mes explications sur la vie de notre planète et les éléments n'a pas été trop compliquée, j'ai toujours peur de faire trop philosophique au point que tout le monde décroche !

Dites-moi ce que vous en pensez par review, j'ai vraiment besoin de savoir si cette histoire mérite d'être poursuivie ou pas !