Merci à Lunastrelle, Alindmy et Ysa666 pour leurs reviews.

DISCLAIMER : Les personnages de Final Fantasy 7 appartiennent à Square Enix.


Chapitre 7 :

Un concert mouvementé

Rien ne troublait le calme de Junon. La nuit était calme, tout était tranquille, les rues alentour étaient désertes.

Cependant, dans un vieux hangar près du port, à l'ouest de la ville, se tenait un concert. Ce soir, on fêtait le solstice d'été. Ce lendemain était particulier sur Gaïa, car il était autrefois voué au dieu Ifrit, dans les temps anciens.

Mais depuis, les gens le fêtaient de manière plus moderne. Le hangar était plongé dans l'obscurité, et rempli de monde. Sur une estrade au fond, des musiciens avaient installé leurs instruments.

Parfois, certaines personnes montaient sur scène pour tenter leur chance.

Isolés au fond du hangar, près de vieilles caisses, deux hommes aux yeux Mako regardaient la foule qui criait et faisait de grands gestes en direction des musiciens.

Yazoo et Loz avaient reçu la permission de Sephiroth de quitter Costa del Sol pour aller enquêter à Junon. D'après leur « grand frère », la Shinra avait un laboratoire secret intéressant qui n'avait pas fermé. On l'aurait converti en clinique, mais rares étaient les patients à y entrer… et à en ressortir. Voilà pourquoi ils étaient là.

Kadaj n'avait pas eu la permission de venir, il était rentré il y a trois jours. Sephiroth l'avait surpris alors qu'il rentrait en douce. Il l'avait sermonné avec une colère froide.

Pourtant, le jeune homme n'avait pas baissé les yeux cette fois. Il avait paru faire un effort pour l'écouter au début, avant d'exploser et de dire qu'il se fichait de ces histoires comme quoi il fallait se cacher et chercher la rédemption comme ça, que jamais il ne pourrait sauver qui que ce soit, lui.

Sephiroth avait haussé un sourcil, apparemment surpris que le plus jeune, d'habitude si craintif envers lui, ose lui parler sur ce ton.

Kadaj ne l'avait pas laissé poursuivre, il était allé s'enfermer seul dans la chambre. Le connaissant mieux que Sephiroth, les deux frères avaient compris qu'il lui était arrivé quelque chose. Ils avaient remarqué des trous dans ses vêtements, comme si on lui avait tiré dessus. Ils étaient trempés à cet endroit, comme s'il avait passé de l'eau sur le tissu pour tenter d'enlever du sang. Mais l'odeur y était toujours présente.

Ils avaient alors pris peur : avait-il tué quelqu'un ? Ou lui avait-on tiré dessus parce qu'on l'avait reconnu ? Kadaj leur avait dit que non, mais qu'il ne voulait pas parler de tout ça.

Puis ils avaient dû partir, le laissant seul et enfermé avec Sephiroth. Tout ça ne leur plaisait pas, mais ils devaient admettre que sortir et partir aussi loin de leur grand frère pendant un temps les soulageait.

Par contre, ils ne comprenaient pas pourquoi les gens s'agitaient à ce point comme des hystériques. Leurs idoles en avaient encore pour un bout de temps avant de quitter la scène, alors pourquoi faire tout ce cirque ?

Même si leur haine s'était atténuée grâce à l'influence d'Aéris et la disparition de Jenova, ils n'arrivaient toujours pas à comprendre les humains ni à s'identifier à eux. Ils demeuraient des êtres vulgaires, incompréhensibles et pour le moins agaçants à leurs yeux.

La musique n'était pas trop mal, néanmoins, même s'ils ne pouvaient identifier le genre. La porte d'entrée du hangar sur leur droite s'ouvrit. Une spectatrice – en retard apparemment – entra et s'approcha timidement de la foule, sans pour autant aussi se mêler à eux. Une jeune fille brune vêtue d'une robe bleue et de sandales.

Ils allaient replonger dans leurs sombres pensées, quand un bruit suspect au-dessus d'eux attira leur attention.

L'un des projecteurs au plafond, braqué sur la scène, semblait ne pas bien tenir. Il émettait un craquement inquiétant, mais la musique couvrait le bruit, seule une ouïe surdéveloppée comme la leur pouvait distinguer la différence de sons.

Soudain, le projecteur émit un nouveau craquement et se détacha plus du plafond, laissant voir un trou en plâtre blanc.

« Attention ! » cria Loz, par réflexe.

XxXxXxXxXxXxX

Ariale avait longuement hésité avant d'oser sortir de l'eau. Elle avait nagé toute une nuit et une journée avant d'arriver au soir près d'une grande ville portuaire. Le dauphin l'avait guidée jusque sur une plage où il affirmait avoir une amie humaine, une petite fille du nom de Priscilla avec laquelle il jouait autrefois.

Justement, elle arrivait ! Il entendait le bruit du sifflet. Intriguée, Ariale se cacha derrière un rocher et vit le dauphin se diriger vers la plage où une jeune fille rousse de treize ans faisait de grands gestes en direction du mammifère.

Ariale regarda le dauphin faire quelques sauts sous les encouragements de l'adolescente, puis décida de tenter sa chance.

Se concentrant, elle fit réapparaître ses jambes, puis nagea comme un humain jusqu'au rivage. Priscilla interrompit son jeu et regarda cette jeune fille sortir de l'eau et se diriger vers elle. Le dauphin s'approcha soudain d'elle et frotta affectueusement son bec contre ses jambes. En voyant l'inconnue le caresser, Priscilla se détendit.

« Monsieur Dauphin a l'air de vous aimer, mademoiselle… ? »

« Ariale. Enchantée, Priscilla. »

« Comment vous connaissez mon nom ? ! »

« Euh… » Ariale se mordit les lèvres. Elle n'allait tout de même pas lui répondre que c'était le dauphin qui le lui avait dit !

Le regard de Priscilla se focalisa soudain sur la main droite de la jeune fille, sur sa paume.

« Vous vous êtes blessée à la main ? »

« Hein ? Ah, oui, mais… »

« Venez chez moi, alors ! Vous êtes une amie de Monsieur Dauphin, et vous avez l'air sympathique. »

Rassurée, Ariale suivit sa nouvelle amie en direction de la falaise. De petites maisons y étaient installées, elles ressemblaient à des chaumières tout à fait charmantes.

La jeune fille hésita avant d'entrer : dans sa robe toute déchirée et déteinte à cause du sel marin, avec ses pieds nus sales et ses cheveux remplis de sable et d'algues, elle faisait peine à voir.

« Venez ! Vous pourrez vous changer, vous avez l'air d'en avoir besoin. Mes parents sont partis devant, à un concert. Moi, je voulais jouer un peu avec mon ami dauphin avant d'y aller. »

Rassurée, Ariale entra. La maison était petite, mais coquette, avec un mobilier simple. Elle suivit Priscilla à l'étage. Celle-ci la laissa prendre la salle de bains.

Heureuse de trouver enfin de l'eau chaude et claire, Ariale prit une longue douche et se lava les cheveux. Une fois propre et enveloppée d'une serviette, elle sortit et vit que Priscilla avait posé une grosse pile de vêtements sur le lit.

« Ce sont tous les vêtements que ma mère portait quand elle était jeune. Je les mets pas parce que je les trouve affreux ! Mais bon, vu tes guenilles, tu feras pas la difficile ? »

Ariale fut surprise mais touchée de la voir passer si facilement au tutoiement.

Acquiesçant, elle se pencha et se mit à fouiller dans les vêtements avant de trouver une tenue qui lui convienne : une robe bleu marine à bretelles en dentelles. Ce sera parfait. Elle prit également des protections en tissu pour ses avant-bras, afin de cacher la marque dans sa paume droite. Une fois chaussée de sandales à sa taille, Priscilla se proposa de l'aider à coiffer ses cheveux et à en faire une tresse.

Gênée, Ariale lui dit qu'elle préférait les coiffer elle-même et les garder détachés. Priscilla parut intriguée, mais pas fâchée. Ariale en fut soulagée : sa nouvelle amie risquerait de prendre peur en voyant ce qui se cachait derrière ses oreilles. Un des multiples inconvénients depuis sa mutation, qu'elle cachait avec ses cheveux.

Une fois prête, elle suivit son amie dehors. Elles montèrent la falaise et arrivèrent bientôt sur un quai. Elles se dirigèrent vers un vieux hangar.

Une fois là, Priscilla s'arrêta et se gifla le front : « Flûte, j'ai oublié mon petit sac ! Tu n'as qu'à entrer à l'avance, je reviens, d'accord ? J'en ai pas pour longtemps ! »

« D'accord. »

Ariale regarda son amie s'éloigner, puis sourit. Pour une première rencontre avec un habitant de ce monde, elle s'en sortait bien. Enfin non, ce n'était pas sa première rencontre, il y avait eu ce jeune homme qui avait voulu la sauver, sur la falaise…

Il devait sans doute culpabiliser à l'idée qu'elle soit morte, ou alors Karl l'avait tué ? Elle espérait que non, elle s'en voulait déjà tant !

Secouant la tête, elle ouvrit la porte du hangar et entra. Elle fut tout de suite assaillie par le bruit de la musique tonitruante.

Souriante, elle se dirigea vers la foule, mais choisit de rester un peu à l'écart. Elle attendrait Priscilla avant. Et elle aimait cette musique, cela lui rappelait bien le pop-rock de chez elle ! Avec Dylan, elle avait fait pas mal de concerts. Ce souvenir lui fit pourtant éprouver un pincement de cœur : où était son petit ami, maintenant ?

« Attention ! » cria une voix dans son dos.

Surprise, elle fit le geste de se retourner quand elle perçut un bruit au-dessus de sa tête. Elle leva les yeux et vit soudain un projecteur tomber vers elle, il allait l'écraser !

Avant qu'elle n'ait pu amorcer le moindre geste, elle sentit deux mains puissantes la saisir aux épaules et la tirer en arrière. Elle crut voir un flash de lumière bleue, puis le projecteur tomba au sol dans un grand fracas, soulevant un gros nuage de poussière.

Toute la foule se retourna pour voir la cause de ce raffut. Le concert s'arrêta, les musiciens paraissaient inquiets.

Abasourdie, Ariale resta immobile quelques secondes avant de réaliser que les mains étaient toujours posées sur ses épaules. Elle se retourna et croisa le regard félin vert de son sauveur. L'espace d'un instant, elle crut qu'il s'agissait du garçon qui avait voulu la sauver sur la falaise, mais non.

Celui-ci était plus grand, plus âgé et la capuche de sa cape noire avait glissé, révélant des cheveux gris hérissés. Un autre se tenait près de lui, avec l'air stupéfait. Il avait le même physique que l'autre, mais ses cheveux à lui étaient lisses et longs. Il faisait un peu androgyne.

« M… Merci », dit Ariale.

L'homme ôta ses mains de ses épaules et parut hésiter, quand il vit la foule accourir pour voir l'étendue des dégâts. La porte du hangar s'ouvrit, laissant voir Priscilla qui regardait autour d'elle avec affolement.

« Ariale ! C'est quoi ce boucan ? T'as rien ? » dit-elle en courant vers elle.

« Non, non, ça va ! » dit Ariale, tandis que la foule se pressait autour d'elle pour lui poser les mêmes questions avec inquiétude.

La jeune fille se retourna et vit que son sauveur et l'autre homme avaient disparu.

XxXxXxXxXxXxX

« Mais qu'est-ce qui t'a pris ? ! Quelqu'un nous a vus, maintenant ! » dit Yazoo.

Dès que la jeune fille leur avait tourné le dos, lui et son frère avaient quitté le hangar par une fenêtre dans le toit au fond et couru jusqu'à un vieux chantier désaffecté. Ils reprenaient maintenant leur souffle.

« J'aurais dû faire quoi, alors ? ! La laisser mourir ? » répliqua Loz.

Yazoo ne dit rien, mais lui lança un regard furibond. D'accord, il n'avait pas eu si tort que ça, mais il faudrait être prudent à l'avenir. Il n'avait pas envie de subir le courroux de Sephiroth ni d'être puni et enfermé comme Kadaj.

Cette fille risquait peut-être de les dénoncer ? Non, au pire, les gens croiraient qu'elle avait halluciné, un traumatisme après l'incident, parce qu'elle avait frôlé la mort…

Il était temps de s'en tenir au plan : aller sur les docks visiter ce fameux laboratoire Shinra.


Et voilà ! La suite au prochain chapitre, avec une petite visite d'un vieux labo Shinra… pas si veux que ça, mais j'en dis pas plus, désolée !

Ce chapitre vous a-t-il plu ?