Chapitre 2 : La cage aux lions

Arrivés avant tout le monde au centre d'entrainement, les Carrières étaient bien reposés pour le grand événement que représentait la Cérémonie d'Ouverture, premier contact direct entre les tributs et son public. Si Clove était assez enthousiaste d'être vedette d'exposition, c'était moins le cas de Cato, qui préférait séduire par ses prouesses athlétiques. Pour rendre honneur à son district, il tenait tout de même à faire une bonne première impression aux citoyens extravagants du Capitole. L'honneur. C'était le but de toute une vie de Carrière, une vie courte pour la majorité d'entre eux, puisqu'un seul tribut était sacré vainqueur chaque année. Prestige, richesse et honneur. Les habitants de son district ne juraient que par ces valeurs Ce fut d'autant plus vrai pour Cato, qui avait grandi entouré de figures paternelles. Son père était fils unique et sa mère, morte à sa naissance, avait trois frères dont l'un avait remporté la 65ème édition des Hunger Games. Pour Cato, il était inconcevable de perdre. Inconcevable. C'est presque comme s'il considérait toutes les personnes autour de lui déjà mortes… ou presque. Disons qu'il avait assez d'estime envers Clove pour ne pas la considérer morte avant qu'il ne l'achève lui-même. Elle était plus jeune que lui de deux ans environ, et étudiait à la même académie formatrice. Il l'avait souvent croisée, ou vue s'entrainer, mais ne lui avait jamais vraiment parlé avant la moisson.

Pour la cérémonie, les deux Carrières se virent attribuer des armures de conquérants dignes de leur stature, à la cuirasse scintillant d'or tel les légionnaires de l'ancien temps. Mais cet apparat de lumière se fit rapidement oublier face à ce que le styliste du district 12 avait préparé pour ses poulains. Clove et Cato s'en rendirent compte tardivement, alors que les attelages étaient déjà lancés sur le trajet du Grand Cirque. A nouveau, Cato revit la fille du 12 à travers un écran. Celui-ci était géant, permettant aux spectateurs de disposer d'une vue rapprochée des tributs. La volontaire était subtilement embellie, parfaitement reconnaissable. Baignée de flamme, elle tenait la main de son camarade en saluant la foule comme s'ils clamaient leur futur victoire. Cette entrée en scène couronnée de succès réussit à faire poindre une légère irritation au sein de Cato. Les autre tributs en furent sévèrement éclipsés et Clove le reçut comme l'amère défaite d'une première bataille, une pensée qui déteignit sur son camarade tandis qu'ils s'étaient tous arrêtés devant la demeure de Snow. Cato écouta le discours du président un moment, n'éprouvant ni sympathie, ni antipathie pour celui qui tirait les ficelles des jeux, puis détourna ensuite la tête afin d'analyser l'attelage du 12. C'était la première fois qu'il voyait la volontaire en vrai, et à cette distance, elle lui parut encore plus chétive et petite qu'à l'écran, lorsqu'il avait visionné la moisson. Ayant d'abord le menton dignement levé vers le président, la brune commença elle aussi à s'intéresser aux autres attelages, sans doute curieuse de découvrir les futurs acteurs du grand carnage auquel elle allait prendre part. C'est à ce moment que les regards du guerrier blond et de la Fille du Feu se rencontrèrent pour la première fois. Bleu perçant contre acier profond. Lui le prédateur tranquille, et elle, la proie appréhensive. Un contact visuel bref, rompu par elle, Katniss Everdeen.

« Quelle poisse ! Tu vas me dire pourquoi le district 12 s'octroie le meilleur styliste cette année précise, après 73 éditions d'indécence ? », siffla Clove à l'intention de Cato tandis qu'ils avaient été ré-escortés au Centre d'entrainement que les derniers districts n'avaient pas encore eu le loisir de découvrir.

« Je l'ignore et ça n'a aucune d'importance », soupira Cato, qui masquait plutôt bien son propre agacement de la tournure des événements.

Clove ne le rata pas.

« Tout a son importance, Cato ! Continues de négliger les détails de la sorte et je ne ferai qu'une bouchée de toi au Grand Finale. »

Pour les deux, il y avait une forme d'évidence selon laquelle ils seraient forcément les derniers tributs en lice pour la victoire, chacun étant déterminé à gagner, chacun étant prêt à tout pour gagner. Cato ne répondit rien, car Clove venait effectivement de marquer un point. Aucun détail ne devait être négligé. Les Carrières ne laissaient rien au hasard.

« L'entrainement commence demain. Cette bande de lâches sera vite oubliée », lança t-il enfin pour rattraper son écart.

L'épine dorsale de Clove se redressa d'orgueil. En effet, les entrainements et l'évaluation finale étaient des étapes cruciales pour tous les Carrières, comparé aux autres tributs, qui faisaient pâle figure à côté d'eux. Malheureusement, les deux comparses du district 2 n'étaient pas au bout de leur surprise.

Cependant, le lendemain, ils purent constater que la prédiction de Cato était juste. Le district 12, qui avait brillé la veille, nageait désormais en pleine obscurité. Aucun des deux 12 ne fit, à un seul moment, la moindre activité physique, pas la moindre, alors que même la gamine du 11 dégommait des cibles à la fronde… ! C'était le comble. Niveau prouesses, les Carrières, eux, mirent le paquet dès le début. Ils ne se vantaient pas à voix haute, jamais, mais leurs actions étaient bien plus parlantes et marquantes que n'importe quel discours rocambolesque, surtout le duo que Cato formait avec Clove. Bien sûr, flanquer la frousse aux autres tributs était un moyen subtil de leur faire perdre leurs moyens, et donc de gêner leurs activités. Toutefois, même sans spectateur, ces titans de précision n'auraient de cesse de s'entrainer. Toujours, sans relâche. Ils ne rataient jamais aucun coup, jamais aucune cible, et contrairement à ce que l'on pensait, il n'y avait pas lieu de s'émerveiller. Tous ces succès étaient le résultat de mouvements répétés des dizaines voire des centaines de fois par jour pendant des années. Les yeux affutés avaient appris à mesurer les distances et aviser les déplacements, les bras, à doser les forces nécessaires en fonction de ces distances, les pieds à stabiliser le tir que l'on soit en mouvement ou non… A leur rythme, n'importe qui aurait atteint, ou du moins se serait approché très près, de ce degré de perfection. Qui a dit que les Hunger Games étaient des jeux équitables ?

De temps à autres, Cato observait l'évolution de celui qu'il considérait comme un rival de taille, le garçon du 11. Thresh. Thresh lui donnerait certainement plus de fil à retordre que Marvel, Carrière du 1. Tout le monde avait eu le droit à une discrète évaluation. Il s'agissait de voir qui devrait être tué en premier, ou qui pourrait prétendre à la fameuse alliance. Et si le garçon du 4 ne se bougeait pas un peu plus, cela risquait justement de lui passer sous le nez. Avant de rentrer à leurs appartements, le soir tombant, Clove et Cato daignèrent tout de même se concentrer à un atelier de survie, notamment l'étude des diverses plantes comestibles ou bestioles dangereuses qu'ils seraient susceptibles de rencontrer dans l'arène. C'était un passage obligatoire car la nature, dans les Huger Games, était une vraie garce. Après leurs petits devoirs accomplis, ils se mirent en route pour retourner à leurs appartements avec quelques autres tributs.

Tandis que le duo meurtrier se dirigeait vers les ascenseurs, les deux du 12 attendaient déjà devant l'un deux, seuls. Sans même avoir besoin d'échanger la moindre parole, les Carrières choisirent d'emprunter le même. Il n'empêche que Cato ressentait un léger agacement à les voir. Il se doutait que cette bande de fainéants avait fait exprès d'éviter les ateliers physiques. De cette façon, aucun de leurs opposants n'avaient idée de ce qu'ils savaient faire ou ne pas faire, ce qui était très judicieux. Cato avait conscience que l'ignorance était un handicap, mais il ne fallait pas non plus surestimer l'ennemi. Il se pouvait que ces deux-là ne soit en réalité que des incapables, des bras cassés. Après tout, ils venaient du district 12 ! Les quatre tributs se jaugèrent pour la première fois de près en affichant le visage de l'indifférence. La Fille du Feu avait l'air un peu fatiguée, voire ennuyée. Pour avoir passé la journée à ne rien faire, c'était compréhensible. Cato la trouva presque banale à cet instant. Joliment banale, plus précisément. Difficile de croire que c'était cette même personne qui s'était farouchement débattue pour être envoyée à la mort à la place de sa sœur. Juste après avoir constaté la présence des Carrières et les avoir dévisagé suffisamment longtemps pour leur faire comprendre qu'elle n'était pas intimidée, Everdeen se désintéressa d'eux et garda la tête un peu basse. Les portes s'ouvrirent et ils pénétrèrent tous les quatre dans l'ascenseur sans un mot. A peine entrée, Clove appuya sur le bouton 2 au passage et devança tout le monde pour se poster vers le fond de la cabine. Cato la rejoignit.

A l'intérieur, les deux du 12 fixèrent les portes refermées de l'ascenseur, légèrement tendus. Avoir deux Carrières dans le dos leur donnait le sentiment d'être des proies avec la nuque exposée au prédateur. Autrement dit, ce n'était clairement pas une partie de plaisir. Tandis que l'ascenseur montait, Katniss leva la main et appuya avec un peu de retard sur le bouton 12. Aussitôt, deux paires d'yeux vifs se braquèrent sur son bras exerçant la pression. Elle ne portait pas de manche et, avec un gabarit aussi frêle, les muscles se repéraient immédiatement. Son bras droit était semblable à Clove, des galbes fermes et bien taillées, quoique peu plus mince car moins nourris. Tiens donc ! Après leur inspection silencieuse, les Carrières échangèrent un regard neutre : ils avaient eu le même réflexe et avaient constaté la même chose. Cato et Clove avaient beau être imbus d'eux-même, leur arrogance ne les aveuglait pas pour autant et c'est ce qui les rendait si dangereux. Toute leur vie, ils avaient été conditionnés pour devenir de redoutables rapaces, observateurs, agiles et diablement malins. Des rapaces qui guettaient leur proie, l'appréhendaient de loin, avant de fondre sur elle. Tout comme Clove, Cato assumait pleinement cette part de sadisme et refuserait que l'on accuse qui que ce soit d'autre que lui-même pour justifier ce qu'il était devenu. Cato était fier.

L'ascenseur s'ouvrit et les Carrières dépassèrent à nouveau les 12 pour sortir à leur étage, toujours sans les saluer. Quand les portes se refermèrent, Clove demanda à l'intention de Cato :

« Tu crois qu'elle manie une arme ? »

« Peut-être. Ou bien elle escalade. »

Il était rare pour un 12 de savoir manier une arme, plus encore pour une fille.

« Je ne l'ai vu faire ni l'un ni l'autre aujourd'hui. »

« Une stratégie à la Johanna Mason », répondit Cato avec un haussement d'épaules.

/... ... ... /

Trois jours s'étaient écoulés et Katniss plaçait toujours autant d'effort à ne montrer aucun de ses talents, qu'à ne montrer aucune de ses faiblesses, au grand dam du plus dangereux prédateur de cette édition des Hunger Games. Cato avait beau songer qu'à ce stade, elle était nécessairement insignifiante et inoffensive, il n'arrivait pas à en être pleinement convaincu. Quelque chose l'avait saisi chez elle lorsqu'il l'avait vu à la moisson… Ce n'était pas anodin, une personne se sacrifiant pour une autre… c'était même invraisemblable. Cato n'avait jamais vu ça de sa vie. Lui était motivé par la gloire, car il se savait vainqueur, mais elle ? Elle savait qu'elle allait mourir, il l'avait vu dans son regard. Elle allait mourir pour sa sœur et c'est ce qui la rendait spéciale malgré elle, malgré lui.

Dans le centre d'entraînement, Katniss dédiait tout son temps aux ateliers de survie et observait souvent du coin de l'œil les prouesses des autres tributs dans les ateliers physiques. Feindre le désintérêt en voyant le monstre du 2 taper un mannequin plein cœur au javelot, à 15 mètres de distance, fut un challenge mal relevé. Il lui fallut dix bonnes secondes pour se reconcentrer sur le piège de sa corde, alors que Peeta avait déjà bien avancé de son côté. Ce piège très ingénieux permettait de suspendre par le pied l'ennemi qui avait le malheur de marcher au mauvais endroit. Les deux 12 passèrent un très long moment sur ce système, jusqu'à ce que la concentration de Katniss soit complètement brouillée. Peeta, habitué aux longs et laborieux travaux manuels, enchaîna directement avec une autre activité tandis qu'elle alla se poser sur un banc. Discrètement elle lorgnait le coin escalade, ainsi que les arcs exposés au mur... Si seulement elle pouvait... au moins une fois de temps en temps pour garder la main... Non, il ne fallait pas. Elle détourna la tête, résignée. Soudain, son coeur eut un petit sursaut de crainte en voyant le titan du 2 à moins de trois mètres d'elle, et il se rapprochait encore. C'était bien Katniss, qu'il venait voir…

En arrivant devant elle, le blond lui adressa un très petit sourire, à peine cordial, et sonnant plutôt faux. Un sourire vide qui n'atteignit même pas ses yeux. Elle ne songea pas à le lui rendre, étant trop occupée à être sur ses gardes. Sans rien dire d'abord, Cato se contenta de s'asseoir sur le banc, à côté d'elle pour jauger les autres tributs du regard, comme elle le faisait. Quand le colosse du 2 n'était pas dans le décor pour s'entraîner, cela perdait en intérêt, n'est-ce-pas ? Heureusement, Clove était là pour assurer le spectacle. Katniss regarda dans la direction de celle-ci, curieuse de voir si elle savait que Cato était venu sur son "territoire". Il se trouve que la fille du 2 ne leur prêtait aucune attention et continuait d'enchaîner les lancers de couteaux. Elle ne ratait jamais. Jamais.

« A chaque rentrée académique, elle manque sa cible. Plusieurs fois », dit Cato, comme s'il venait de lire les pensées de Katniss.

L'intérêt de la Fille du Feu fut piqué à vif. Elle tourna aussitôt la tête vers lui pour vérifier qu'il ne plaisantait pas. Il avait l'air sérieux, quoique vaguement amusé par sa réaction éberluée qui apparaissait dans son champ de vision sans qu'il n'ait à quitter Clove du regard. Passé l'étonnement, Katniss fronça légèrement les sourcils de méfiance. Pourquoi lui disait-il ça, comme ça, et maintenant ? Pourquoi était-il seulement là, en fait ? Tout en continuant d'observer les prouesses de sa comparse, Cato poursuivit, l'air de rien:

« Un instrument ingrat, le corps humain. Tu as beau t'être entraîné toute ta vie, il suffit à peine de quelques jours d'inactivité pour régresser. »

Se sentant observée, Clove jeta un coup d'œil rapide dans leur direction, puis se désintéressa d'eux aussi sec.

Après des jours de congé, il était normal que la Carrière ne soit pas en pleine possession de ses capacités : la précision de ses mouvements s'amenuisait, ses réflexes étaient brouillés et même ses muscles devaient perdre en vigueur. C'était cohérent. L'an dernier, Katniss avait été clouée au lit pendant huit jours avec une fièvre effroyable. Un hiver sombre où elle avait bien cru y passer. Quand elle avait repris la chasse, il lui avait fallu un grand temps d'adaptation pour toucher ses cibles. Et elle s'était déchirée le muscle du bras en voulant grimper sur un arbre. Donc oui, elle comprenait ce fait, ce qu'elle ne comprenait pas, c'est ce qu'il cherchait à faire en discutant de tout et de rien avec elle. Malgré son appréhension et sa confusion, Katniss ne put s'empêcher de demander avec une curiosité et un espoir qu'elle s'efforça de masquer :

« Il t'arrive aussi de rater tes cibles, alors ? »

Si elle se cachait dans la nature, qu'elle survivait, qu'elle chassait bien, et que les Carrières tournaient en rond pendant quelques jours, sans avoir l'occasion de se servir de leurs armes... qu'ils se fatiguaient... dans le plus heureux des mondes, dirait-on... pourrait-elle avoir l'avantage ?

Cato esquissa un vague sourire narquois et daigna enfin tourner la tête vers elle, à son tour. Katniss décréta intérieurement qu'elle n'aimait pas son regard. Cela n'avait rien à voir avec quelconque jalousie, que ses prunelles soient d'un azur parfait tandis qu'elle avait récolté la couleur d'un ciel nuageux. Ce n'était pas non plus en raison de la suffisance qui s'en dégageait, ni même de cette discrète lueur de malice oscillant vers la perfidie. Non. Ce qui la dérangeait tant dans son regard, c'était son intensité transperçante et écrasante, qui lui donnait l'impression que Cato pouvait lire en elle, et au-delà d'elle. Une clairvoyance agressive, barbare, contre laquelle elle était impuissante.

« Je n'ai jamais cessé l'entraînement, moi. »

Autrement dit : non. Katniss prit sur elle pour ne surtout pas laisser son visage se décomposer devant lui. Une machine... Elle allait être mise dans l'arène avec une machine à tuer. Un corps à corps ? Ha, ha ! Même si elle était armée et pas lui, en pleine forme et pas lui, elle n'avait aucune chance. Des hostilités à distance ? Il lui enverrait sa fichue lance dans le cœur quand elle tendrait la corde, dans l'optimiste éventualité qu'elle se soit dégotée un arc ! Sans compter qu'elle n'en avait pas touché un depuis presque une semaine... Soudain, Katniss fut frappée par un éclair de compréhension. Elle avait bien eu raison de ne pas croire une seule seconde qu'il venait juste papoter. Le but de Cato, c'était de la pousser à se bouger, de l'inciter à montrer ses talents. Et on pouvait dire qu'il avait de bons arguments. Katniss haussa un sourcil faussement dubitatif :

« Tu crains que je te rate, une fois dans l'arène ? »

La réplique était bien placée, cinglante. Un bref ricanement s'échappa des lèvres du blond. La fille du Feu n'avait peut-être pas un vrai sens de l'humour, mais elle était au moins dotée d'une répartie piquante. Un caractère impétueux qui seyait bien à une volontaire. Cato nota qu'elle sous-entendait savoir viser avec une arme, mais rien n'affirmait qu'elle n'avait pas dit ça juste pour donner le change.

« Ce ne serait pas plutôt à toi de le craindre ? » rétorqua t-il, tout aussi moqueur.

Il avait tellement raison qu'elle ne trouva rien à répliquer. Evidemment que rater Cato, si elle avait à un moment la chance de le viser, était une erreur effroyable à redouter. Et, en effet, elle devait se bouger. Mais si les tributs découvraient qu'elle savait parfaitement se servir d'un arc, ils seraient unanimes à tout mettre en œuvre pour qu'elle ne mette jamais la main sur cette arme. Or, sans arc, elle était fichue, absolument fichue, sachant qu'elle se débattait avec son esprit pour ne pas se dire que, même en possession d'un arc, elle était fichue malgré tout...

« Le sort ne pourra pas t'être favorable... Si tu ne mets pas toutes les chances de ton côté », ajouta t-il d'un ton presque sympathique alors que, bon sang, il était en train de se moquer !

« Merci de t'en soucier », lâcha t-elle placidement en détournant la tête, une moue désapprobatrice tordant discrètement ses lèvres.

Katniss était inquiète de l'attention qu'il lui accordait. Tous ses efforts pour ne pas attirer les regards avaient eu l'effet inverse, car elle n'avait pas encore vu un tribut de Carrière s'adresser à un tribut lambda, comme il venait de le faire avec elle. La moisson... Cato devait l'avoir vue. Or Katniss avait constitué le clou du spectacle de cet événement télévisuel en se portant volontaire pour sa soeur. En fait, avant même d'avoir mis les pieds ici, elle était repérée. En somme, c'était très mauvais pour elle. Son regard croisa celui de Peeta, quelques mètres plus loin, qui s'était figé en pleine activité de camouflage pour la surveiller. Katniss lui fit un signe négatif de tête, l'air tranquille. En soi, la présence de Cato l'intimidait effectivement, mais il était hors de question que Peeta lui vienne en aide et la fasse passer pour une faiblarde.

« De rien », répondit le Carrière, la voix suintant d'ironie.

Considérant avoir rempli sa petite mission personnelle, Cato se leva, alla récupérer un javelot, et rejoignit Clove. Celle-ci ne réclama aucune explication sur son échange avec la Fille du Feu. Elle était sa plus proche partenaire de l'alliance qui s'était formée entre Carrières. S'il y avait la moindre chose importante à savoir, Cato la lui dirait de lui-même sans qu'elle n'ait à réclamer.


J'espère que ce chapitre ne vous aura pas déplu, n'hésitez pas à laisser vos avis et vos critiques.
Peace =)