Merci à Lunastrelle pour sa review. La suite m'est venue comme ça, du coup j'ai tout de suite écrit puis publié.
Petite note : La chanson d'Ariale est tirée d'une chanson de Disney que j'ai écoutée quand j'étais plus petite et qui m'avait touchée. Si vous voulez la vidéo, tapez ce lien sans les espaces « h t t p : / / w w w . y o u t u b e . c o m / w a t c h ? v = K V l 3 L B N C X L Y » et vous aurez une idée de la musique et de la scène. J'espère que vous aimerez. Pour moi, c'est un chant qui me donne de l'espoir et m'inspire de la joie, quand j'ai besoin d'un petit truc tout léger !
Bonne lecture !
DISCLAIMER : Les personnages de Final Fantasy 7 appartiennent à Square Enix.
Chapitre 17 :
La magie des sirènes
Ariale n'aurait jamais cru que l'océan puisse paraître aussi triste et désolé. Il n'y avait aucune forme de vie. Elle n'avait croisé que quelques requins et des méduses, mais aucun poisson ni crustacé. Il n'y avait pas d'algues ni de coraux, pas même un misérable petit coquillage. Il n'y avait que le sable et la roche.
La jeune fille arriva bientôt devant l'entrée du grand abysse. Elle s'arrêta. Il y avait quelque chose d'anormal.
Devant l'entrée, elle pouvait voir un énorme coquillage, aussi gros d'une maison. Il n'avait pas une forme ronde et lisse. Il était plutôt pyramidal et hérissé de pics de nacre tranchants.
Des bulles en sortaient, parfois. Ce coquillage n'était pas là auparavant, elle en aurait donné sa main à couper !
La jeune fille porta les mains à son cœur. Elle devait y aller, elle s'était promis d'être forte pour ses amis de l'océan, mais aussi pour Sephiroth et ses frères.
Aussi, une fois son courage rassemblé, la jeune fille nagea vers l'entrée de l'abysse. Au moment où elle arriva devant l'ouverture, elle vit deux yeux jaunes s'ouvrir dans la sombre ouverture du coquillage.
Elle eut juste le temps de nager en arrière alors qu'une murène géante jaillissait du coquillage et claquait furieusement ses mâchoires vers elle.
Une fois assez loin, Ariale vit que la murène ne la suivait pas. Elle semblait attachée à son coquillage et ne faisait que s'agiter furieusement devant l'entrée, comme un serpent.
Ariale regarda autour d'elle. Que pourrait-elle utiliser comme arme ? Son cri ne servirait rien face à cette créature…
« Ariale ! »
La jeune sirène se retourna et vit quelque chose d'argenté passer tout près d'elle puis foncer vers le coquillage.
« Monsieur dauphin ? ! »
C'était bien lui. Sans hésiter, il nagea vers la murène et percuta violemment la tête de celle-ci avec son bec. Les deux combattants parurent un peu amochés, mais Monsieur Dauphin repartit vite à l'attaque. Il s'attaqua à la queue de la créature.
La murène se ressaisit et se mit à se tortiller autour de lui, jusqu'à le prendre dans sa queue. Dressant la tête, elle plongea vers lui.
« NON ! » cria Ariale.
Elle nagea vers eux, décidée à aider son ami. Mais ce fut trop tard. La murène planta sa mâchoire dans le ventre du dauphin. Celui-ci émit un couinement douloureux.
Satisfaite, la murène le lâcha et recula un peu la tête, regardant le pauvre mammifère tomber dans le grand abysse, une longue traînée de sang jaillissant de sa plaie.
Soudain, la murène sentit deux mains empoigner sa tête. Elle ne put que se cabrer, tandis qu'Ariale enfonçait violemment sa tête dans l'un des pics du coquillage.
La créature mourut sur le coup. Ariale se mit à nager à toute vitesse vers le fond de l'abysse. À mesure qu'elle descendait, son corps brillait de plus en plus fort d'une lumière bleue.
Lorsqu'elle arriva au fond, elle aperçut le corps de son ami dauphin. Le pauvre avait le ventre en l'air et ne bougeait plus. Ariale voulut le prendre dans ses bras, quand elle vit deux lignes de petites sphères bleues jaillir de sa poitrine et se mettre à tourbillonner devant elle.
À mesure qu'elles tournaient, elles grossissaient. Tout en prenant le dauphin dans ses bras, Ariale regarda l'esprit de l'eau grandir jusqu'à occuper tout l'espace de l'abysse.
« Tu m'as sauvé. Merci, petite terrienne. »
« Vous… vous pouvez le sauver ? S'il vous plaît ! » dit Ariale, à travers ses sanglots.
« Moi, non. Toi seule le peux. »
« Quoi ? ! Mais comment ? »
« Ta main. Tu peux prendre la vie, mais tu peux aussi la rendre. »
Ariale frémit. Sa main, dont elle s'était servie pour aspirer la vie de Rufus Shinra… La jeune fille regarda le cadavre du dauphin et secoua négativement la tête. Non, c'était impossible ! Elle n'était qu'un monstre, pas une guérisseuse…
Oh, secoue-toi, idiote ! se dit-elle, furieuse.
Elle plaqua sa main contre le haut de l'abdomen du dauphin. Elle sentit les pics autour de la fente de sa paume se planter dans la chair du dauphin, puis vit avec surprise qu'elle ressentait tout ce que son ami éprouvait, ou du moins son corps. Il était vide, sans aucune vie.
Elle ferma les yeux. Non, c'était… C'était étrange ! Il faisait noir, et elle sut d'instinct que ce noir était l'absence de vie chez son ami. Mais elle percevait quelque chose dans les ténèbres, comme une très faible étincelle verte. Une étincelle qui rappelait tant la lumière de la Rivière de la Vie…
Doucement, Ariale tendit son esprit vers cette petite lumière et se mit à lui parler, lui parler mentalement, l'encourageant à revenir.
L'étincelle émit une faible pulsation. Cette petite âme était faible, trop faible pour lutter contre les courants de la Rivière de la Vie qui déjà perçaient les ténèbres et venaient la chercher.
Non ! Laissez-moi le ramener, dit Ariale.
Elle vit une lumière bleue, différente des filaments Mako, se tendre vers l'étincelle et l'envelopper d'un halo protecteur. L'étincelle se mit à grossir, devenant bientôt une belle étoile.
La Rivière de la Vie disparut avec les ténèbres. Ariale rouvrit les yeux. La blessure s'était refermée. Doucement, la nageoire du dauphin se mit à remuer, puis celui-ci ouvrit les yeux et se dégagea des bras de la jeune fille.
Le mammifère fit un tour sur lui-même, comme pour se regarder, puis se pencha vers Ariale et émit un couinement joyeux.
« Merci, Ariale ! Merci mille fois ! »
La jeune fille lui répondit par un sourire. Elle se sentait très lasse. S'il n'y avait pas eu l'eau, elle serait déjà tombée à terre et aurait fermé les yeux pour s'endormir.
« Vous m'avez sauvé, tous les deux. Maintenant, l'équilibre de la Planète est rétabli. Je vais lancer un puissant chant qui rappellera tous les habitants de l'océan qui se sont cachés pour échapper à la récolte. Mais, Ariale… »
« Oui ? »
« Ils ne viendront pas tous t'aider. Ils ont peur, et les créatures de l'océan ne s'entendent pas bien entre elles. Tu dois utiliser ta magie pour les convaincre de t'aider. »
« Ma magie ? Mais je… je n'ai même pas réussi à lutter contre cette murène ! À part cette maudite main nourricière, je n'ai pas beaucoup de pouvoirs. »
« Ariale ! Que font les sirènes, à ton avis ? »
« Heu… »
« Je ne t'ai pas donné ces pouvoirs pour que tu deviennes une machine de guerre ! Les esprits ne choisissent pas une âme pour son côté belliqueux, mais pour son respect de la vie ! Allez, à présent. Je dois me préparer à chanter, et cela pourrait vous faire mal aux oreilles si vous restez trop près. »
Le dauphin laissa Ariale passa un bras autour de son aileron puis nagea vers la surface, l'emmenant aussi loin que possible de l'abysse.
Une fois à la surface, Ariale se sentit encore plus lourde. Elle entendit un chant dans sa tête, comme un bruit de vagues qui dansaient en rythme.
Elle se sentit prise d'une irrésistible envie de nager vers une destination précise, loin de la berge de Costa del Sol.
Conscient de la fatigue de son amie, le dauphin la tira à travers l'océan jusqu'à une petite baie. Là, elle vit qu'un étrange rassemblement se formait au fond de l'eau.
Il y avait toutes sortes de bancs de poissons, dont certains qu'elle n'avait jamais vus dans son monde, ainsi que des bancs de pieuvres, de méduses et de crabes.
Mais une tension certaine régnait. Les crabes agitaient furieusement leurs pinces en direction des pieuvres. Ces dernières crachaient de petits jets d'encre, et les bancs de poissons s'évitaient.
« Mais pourquoi se comportent-ils ainsi ? »
« Nous autres, créatures de l'océan, avons toujours été férocement territoriales. C'est notre survie qui est en jeu », dit le dauphin.
Ariale fit la moue. Et elle devait demander de l'aide à tout ce petit monde ? ! Ça promettait.
Elle hésita, puis nagea jusqu'à se trouver au centre de la grande étendue de sable. Certaines créatures la regardèrent, mais la grande majorité continuait de se quereller.
« T'appelles ça une carapace ? T'as pas vu la mienne ! » dit un homard à une tortue marine.
« Hum… Une petite minute d'attention, s'il vous plaît ! » dit Ariale.
« Eh ! Dites donc, pic à glace ! C'est le territoire des pieuvres, ici ! » dit une pieuvre à un espadon.
« C'est les poissons-clowns qui sont les plus forts ! » dit l'un d'entre eux.
Ariale serra les poings. Là, elle commençait à en avoir marre !
« ÇA SUFFIT ! » hurla la jeune fille.
Ses pouvoirs de sirène décuplèrent la force de sa voix, si bien que toute la baie fut traversée par une onde sonore. Le silence retomba. Tout le monde regardait maintenant la jeune fille avec crainte, mais aussi de l'hostilité.
« Vous vous disputez alors que tous les vôtres sont prisonniers d'une race alien dans le ciel ? ! » dit la jeune fille.
« Ben oui ! Nous devons survivre ! Et il faut être fort pour ça, c'est la loi de la nature ! » dit un crabe.
« Elle vous dit la vérité, nous devons réagir ! » dit Monsieur Dauphin.
« Une petite sirène ne dit jamais la vérité ! » répliqua une pieuvre.
« Laisser ce gros sac de patates nous dominer ? Oh, non, jamais, on n'a rien à voir avec lui ! » renchérit un espadon.
Ariale plissa les yeux. Elle sentait son instinct de sirène réagir, comme si un savoir vieux de plusieurs millénaires s'éveillait en elle. D'autres sirènes avant elle avaient dû essayer d'empêcher les créatures de la mer de s'entretuer. L'esprit le lui avait dit : elle devait veiller sur l'équilibre de tous. Et qu'est-ce que les sirènes faisaient de mieux ?
« C'est vrai, vous avez raison ! »
« OUI… ! Ah oui ? » demanda le dauphin, surpris.
« Nous sommes tous différents », convint la jeune fille.
« J'suis pas différent ! C'est elle qui est différente ! » dit un oursin à une pieuvre.
« J'suis pas différente, c'est toi qui l'es ! » dit la méduse, indignée.
Ariale sourit. Ça y est, elle avait trouvé ! Doucement, elle se mit à chanter. Sa voix, douce et mélodieuse, emplit l'espace.
« Tout ce qui nous sépare
Ne s'expliquera jamais.
Chacun de nous est un mystère
Qu'on apprend à aimer… »
Elle nagea près des poissons, passa près des méduses et des crustacés avant d'arriver près d'une pieuvre.
« Accepte-moi comme je suis
Et ne me juge pas !
Accepte-moi, sois mon ami
Et ouvre-moi tes bras ! »
Saisissant les tentacules de la pieuvre d'une main, elle prit un gros poisson de l'autre et les serra contre elle. Gênées, les deux créatures s'éloignèrent vivement d'elle.
Mais la magie de sa chanson commençait à faire effet. Déjà, les créatures de la mer se regardaient avec l'air surpris.
« Pour harmonie, harmonie…
C'est toi, c'est moi,
Mais pourquoi pas tous vivre en harmonie ? »
Après tout, pourquoi pas ? Ariale sourit. Elle commençait à noter du changement chez eux. Elle nagea en direction d'un banc de coquillages posés sur le sable et tapa dessus, comme de petits tambours, tout en continuant de chanter.
« S'il fallait jouer sur une note,
On périrait d'ennui !
Heureusement qu'il y en a sept :
Do, ré, mi, fa, sol, la, si ! »
Joyeux, Monsieur Dauphin se mit à nager autour d'elle. Bientôt, les autres poissons s'y mirent, suivis des pieuvres. Les crabes se mirent à claquer de leurs pinces, comme pour donner une mesure.
Et toutes les créatures marines se joignirent à sa chanson.
« Chaque voix est unique
Si vous nous écoutez !
Quand nos voix se mélangent,
C'est la fête de la musique !
Pour harmonie, harmonie…
C'est toi, c'est moi,
Mais pourquoi pas tous vivre en harmonie ?
Oh, harmonie !
Harmonie…
C'est toi, c'est moi,
Mais pourquoi pas tous vivre en harmonie ?
Pour harmonie, harmonie…
C'est toi, c'est moi,
Mais pourquoi pas tous vivre en harmonie ? (bis) »
Enfin, tous se turent. La chanson avait pris fin, et la musique s'éteignit avec elle.
« Tu avais raison, Ariale », convint un espadon.
« C'est vrai que nous serions plus forts si nous faisons front ensemble contre les Vortex », dit une pieuvre.
« Eh bien, unissez-vous, ce n'est pas difficile ! »
« Mais, les Vortex nous font peur, nous sommes si faibles et… »
« Les Vortex ne méritent pas leur place dans ce monde, et je ne les laisserai pas faire, moi ! Et vous ? Ne voulez-vous pas protéger votre océan ? Ce monde est le vôtre, habitants des sept mers ! » dit Ariale.
Galvanisés par ces paroles, toute la faune aquatique se mit en marche. Tandis qu'elle nageait avec eux vers la surface, Ariale repensa à ce qu'elle avait dit. D'où lui venait un tel discours ?
Mais depuis ce que l'esprit lui avait dit, et depuis la découverte de son pouvoir de guérison, la jeune fille reconnaissait qu'elle commençait à aimer son pouvoir.
L'esprit avait raison. Ce n'était pas pour détruire qu'elle avait reçu ce pouvoir, mais pour protéger la vie.
Et c'est ce qu'elle avait faire, avec l'aide de tout l'océan !
