Merci à Lunastrelle et Alindmy pour leurs reviews.

Bonne lecture !

DISCLAIMER : Les personnages de Final Fantasy 7 appartiennent à Square Enix.


Chapitre 18 :

La Baie de la Lune

« C'est pas possible ! Il doit y avoir un moyen de sortir de là ! » cria Loz, à bout de nerfs.

Ses deux frères lui lancèrent un regard dépité. Ils s'étaient réveillés dans une pièce étrange, aux murs métalliques couverts de câbles électriques. L'air était lourd, ils étouffaient.

Mais le pire était lorsqu'ils essayaient de s'attaquer aux câbles. Un champ électrique s'activait et les repoussait violemment en arrière.

« Ça ne sert à rien de s'énerver », dit calmement Sephiroth.

« Alors, on fait quoi ? » demanda Kadaj.

« On attend. »

L'adolescent le regarda avec l'envie soudaine de lui sauter à la gorge, mais Loz lui épargna cette peine.

« Comment tu peux rester calme alors qu'Ariale est toute seule dehors ? ! »

« Elle va s'en sortir, j'en suis sûr. »

« Elle va s'en sortir ! Ben voyons ! Tu as vu dans quel état elle était ? Qu'est-ce qui te dit que la tempête ne l'a pas eue ? »

« Elle est amphibienne, et la potion avait presque guéri ses blessures. Elle ne mourra pas noyée. »

Un peu plus calme, Loz croisa les bras. Il n'avait pas fini de protester, il refusait de donner raison à son aîné.

« D'accord, mais… tu as pensé à ce qu'elle a dit ? Si l'esprit de l'eau est détruit, son pouvoir risque de ne pas… »

« Écoutez, j'en sais pas plus que vous, d'accord ? Ce que je sais, c'est que cette fille ne peut pas mourir, la Planète l'en a déjà empêchée. Et nous, on a déjà un autre problème à résoudre : comment sortir de là. Alors maintenant, tu te calmes et tu me laisses réfléchir ! » dit l'ex-général sur un ton impératif.

Choqué, Loz voulut répliquer, mais les mots restèrent coincés dans sa bouche. Dépité, il se laissa tomber par terre. Yazoo se leva pour aller s'asseoir près de lui et mettre une main sur son épaule.

Lui-même n'aimait pas l'admettre, mais Sephiroth avait raison. Ils ne pouvaient rien faire pour le moment, sinon réfléchir et… espérer.

Espérer qu'Ariale s'en sortirait.

XxXxXxXxXxXxXxX

Monsieur Dauphin avait expliqué à Ariale que l'esprit de l'eau guidait les créatures vers un endroit appelé la Baie de la Lune.

Un endroit que les humains de Costa del Sol redoutaient, car il s'y passait des choses étranges. On disait que de créatures marines très étranges vivaient dans les profondeurs marines de la baie.

Lorsqu'elle arriva là-bas, Ariale dut admettre qu'il avait raison. L'endroit était désert. Et la jeune fille était sûre que ça n'avait rien à voir avec les Vortex. Il n'y avait pas de poissons ici, pas même de méduse, de requin ou de calamar.

Juste quelques algues qui tapissaient le fond de l'eau, essentiellement constitué de roche brune. L'eau était froide. Mais lorsque la jeune fille remonta la surface avec son ami dauphin pour lui permettre de respirer, elle vit que la lune était bien visible dans le ciel. Elle n'était pas entière, à peine plus que la moitié à droite, mais la vue était magnifique ! Même sur Terre, elle n'aurait jamais eu une telle vue.

« Ariale ? Il faut y aller… »

La jeune fille sourit à son ami, puis tous deux replongèrent dans l'eau. Toujours suivis par toutes les créatures marines, ils avancèrent à travers la baie.

Ils finirent pas se disperser par petits groupes, pour mieux explorer. Ariale ne voyait pas très bien ce qu'ils cherchaient, mais elle sentait d'instinct que c'était la bonne chose à faire. Et cet instinct, elle le partageait avec tous ses nouveaux amis.

Elle finit par trouver un tunnel sous-marin qui descendait dans les profondeurs. Toujours suivie de son fidèle ami dauphin et accompagnée d'un crabe, un espadon et une pieuvre, elle nagea vers le bas. Soudain, elle déboucha sur une ouverture qui menait à un bassin clos. Elle allait rebrousser chemin, quand elle perçut un mouvement vers le sol.

Curieuse, elle se mit à nager dans cette direction, quand elle vit la chose en question ouvrir les yeux. Ces yeux ! Ils étaient globuleux et jaunes, comme dans son cauchemar…

Une créature horrible lui faisait face, tout droit sortie d'un film d'horreur. Ça avait une tête en os de seiche, avec des petites dents et trois longs tentacules rigides et recourbés sortaient de son mince tronc gris.

« Vortex ! » s'écria Monsieur Dauphin.

La chose nagea vers Ariale, quand quelque chose s'enroula autour de lui. La jeune fille put voir que la pieuvre avait nagé par-derrière et l'enserrait dans ses tentacules.

Saisissant l'occasion, l'espadon fonça sur le monstre et lui transperça le corps de son puissant bec.

La pieuvre relâcha sa proie morte. Mais la tête continuait de claquer des dents ! Écœurée, Ariale l'envoya éclater en miettes contre le mur d'un puissant coup de nageoire.

Alors, c'était à ça que ressemblaient les Vortex ? Quelle horreur ! Elle n'avait pas hâte du tout de rencontrer la reine.

Soudain, elle s'arrêta de nager. Il se passait quelque chose… Elle sentait l'angoisse naître dans le cœur de tous les occupants de la baie. Puis la terreur, et l'envie de se cacher.

Une nouvelle récolte, comprit la jeune fille.

Elle se mit à nager vers le tunnel, quand elle vit ses amis s'approcher. Elle se retourna et leur dit ne pas la suivre. Ici, ils seraient plus en sécurité.

Elle allait repartir, quand elle vit que Monsieur Dauphin continuait de nager avec elle.

« Je t'ai dit de rester avec les autres ! »

« Je viens avec toi, Ariale ! »

« Non, c'est trop dangereux ! »

« Ma compagne a été récoltée ! Et elle attend un petit. Alors, je viens, que tu le veuilles ou non ! »

Ariale ne put rien objecter. Ils nagèrent ensemble à la surface, et regardèrent les nuages tourbillonner dans le ciel à une vitesse incroyable au-dessus de leur tête.

Ariale vit la tornade traverser le ciel et plonger dans l'eau. Des dizaines de créatures apparurent dedans et se mirent à tournoyer vers le haut.

Sans hésiter, Ariale s'accrocha à la queue de son ami dauphin et le laissa nager jusqu'à la tornade. Ils se firent emporter dedans tous les deux.

XxXxXxXxXxXxXxX

Dans leur cellule, Sephiroth et les Incarnés se redressèrent. Le sol tremblait. Tout tremblait. Un vrombissement retentissait de plus en plus fort. Des voyants clignotaient entre les fils sur les murs et au plafond.

Soudain, un puissant flash de lumière parcourut tous les fils et traversa la pièce, puis ce fut l'obscurité totale. Au bout de cinq minutes, la lumière revint. Et ce fut à nouveau le silence.

XxXxXxXxXxXxXxX

« Maman ? »

Hélène leva la tête de sa broderie et sourit en voyant la petite fille brune qui se tenait timidement debout dans l'embrasure de la porte. Cait Sith se tenait juste derrière et avait ses mains posées sur le dos de la fillette, signe qu'il avait dû la pousser pour qu'elle ose venir jusqu'ici.

« Oui, Ariale ? Tu veux me dire quelque chose ? » dit sa mère.

L'enfant fit « non » de la tête.

« Ta visite chez le docteur ne s'est pas bien passée ? » devina la jeune femme.

« J'aime pas le médicament que je dois prendre ! » dit l'enfant avec une moue boudeuse.

« Oh, chérie, je te comprends ! Mais c'est pour ton asthme ! »

« C'est pas ma faute ! C'est Sonia qui m'a poussée dans la piscine ! »

« Oh, ma puce ! Ce n'est pas sa faute si ton corps s'est affaibli au point que tu as des problèmes respiratoires… »

« Si, c'est sa faute ! Et celle de l'esprit de l'eau aussi ! »

« Pourquoi tu dis ça ? »

« Il m'a pas complètement soignée ! Pourquoi m'avoir ramenée à la vie s'il faut que je finisse ma vie toujours malade ? ! »

Juste à ce moment, la sonnette à l'entrée de la maison retentit. Se levant, Hélène prit gentiment la main d'Ariale et fit signe à Cait Sith de les suivre.

Ils allèrent ouvrir. Un petit garçon se tenait devant l'entrée, avec un skate-board à la main.

« Dylan ! Quelle bonne surprise ! » dit Hélène.

Le petit garçon hocha timidement la tête, puis regarda Ariale.

« Ça t'a fait mal, chez le docteur ? » demanda l'enfant, une fois que la mère les eut laissés seuls.

« Non. Mais j'dois toujours prendre ça, c'est pas drôle ! » dit-elle en sortant son appareil respiratoire d'une poche de sa robe.

« On dirait un tuba. Comme pour la plongée », dit le garçonnet, avec l'air curieux.

La plongée… Une des choses que, d'après le docteur, elle ne pourrait jamais faire plus tard. De toute façon, elle n'aimait plus rien s'apparentant à l'eau et la natation, maintenant.

« Tu veux qu'on joue ? » demanda Dylan, conscient qu'Ariale n'était pas contente.

« À quoi ? »

« À chat ! »

« Et c'est qui, le chat ? »

Le regard des enfants convergea vers Cait Sith. Celui-ci prit l'air offusqué.

« Pourquoi c'est toujours moi, le chat ? »

« Parce que t'es un chat ! » dirent les deux enfants en chœur.

Ils se regardèrent, surpris, puis éclatèrent de rire.

XxXxXxXxXxXxXxX

Ariale ouvrit péniblement les yeux. Un rêve… Non, un souvenir d'enfance, qui avait refait surface.

Elle regarda autour d'elle, et poussa un soupir. Elle n'était plus sur Terre, Dylan n'était plus là. Elle était sur une plate-forme métallique, au beau milieu des nuages gris cendre. Le ciel était orangé, presque rouge.

Une odeur de métal et de chair flottait dans l'air. Elle pouvait humer des vents lourds, qui sentaient plus comme des gaz d'échappement que du vent naturel.

Et où était passé Monsieur Dauphin ? Elle réalisa soudain que sa queue de sirène avait disparu. Elle était à nouveau sous sa forme humaine, dans sa robe bleue, et pieds nus, ses longs cheveux bruns trempés collés à son dos et ses bras.

De toute façon, nager ne sert à rien, ici.

La jeune fille serra les poings. Il allait falloir être très forte pour la suite. Elle se mit à arpenter la plate-forme, cherchant une ouverture, une porte, un quelconque objet pouvant lui servir. Mais elle ne voyait que des câbles et des gravures dans la paroi métallique sous ses pieds. Paroi qui s'étendait devant elle à perte de vue.

Curieux… Pourquoi ne voyait-elle pas tous les autres, puisqu'ils avaient été pris avec elle pendant la récolte ? Mais peut-être que les Vortex ne contrôlaient pas très bien leurs tornades artificielles…

Son hypothèse fut confirmée quand elle aperçut plus loin des cadavres de poissons et de monstres terrestres. Ces tornades aspiraient tout ce qu'elles trouvaient et ne faisaient pas le tri.

Mais Ariale se dit que cela valait mieux, elle n'aurait pas aimé se réveiller dans une espèce de frigo spatial.

Maintenant, il fallait qu'elle trouve un moyen d'arrêter les Vortex… Toute seule sur le toit d'un vaisseau spatial d'une espèce inconnue, venue pour piller les ressources de Gaïa…

Si ma mère me voyait…

Elle entendit soudain le bruit d'une petite trappe coulissante. Se retournant, elle vit avec horreur que deux Vortex venaient de sortir à l'air libre et la regardaient maintenant avec appétit.

La jeune fille recula prudemment. Elle serra les poings, prête à faire sortir ses griffes, quand elle sentit le « sol » trembler sous ses pieds.

Elle plaqua brusquement ses mains sur sa tête en gémissant. Quelque chose de puissant venait de franchir l'espace et d'envoyer des pensées aux Vortex. Ces pensées ne lui étaient pas destinées, mais elle les avait ressenties. C'était cette même présence qu'elle avait vue dans ses cauchemars, cette présence si vieille et si mauvaise qu'elle écrasait la conscience de la jeune fille.

Soudain, elle sentit deux paires de griffes acérées entourer ses bras, sans pour autant la blesser. Le temps qu'elle regarde les deux monstres et se mette à hurler, elle vit l'espace autour d'elle se faire flou, puis passer de l'orange au gris métallique.

Les deux monstres disparurent en poussière, et Ariale tomba par terre, dans une cellule du vaisseau.

« Ariale ? ! »

Cette voix…

« Kadaj ? » dit-elle en relevant la tête, avec espoir.

Le jeune homme se tenait debout devant elle et souriait, l'air soulagé.

« Tu es vivante… On était inquiet. »

La jeune fille balaya la cellule du regard. Il était seul. Où étaient donc ses frères ? Il lui répondit que peu avant qu'elle arrive, plusieurs de ces monstres étaient apparus dans la cellule et les avaient empoignés, avant de disparaître avec eux.

« On dirait que tu vas mieux… Tu as réussi à ramener l'esprit de l'eau ? » demanda le jeune homme.

« Oui, mais, et vous ? Qu'est-ce qui vous est arrivé, dans la grotte ? »

« Eh bien, la bande d'Arthur est arrivée, et on venait à peine d'engager le combat avec eux quand cette… tornade a surgi de nulle part et nous a tous aspirés. Mes frères et moi nous sommes réveillés dans cette cellule, et on a attendu jusqu'à ce que ces choses nous séparent, puis elles t'ont amenée ici. Je ne m'en plains pas, déjà que je n'aime pas être enfermé, alors tout seul… »

« Moi non plus, mais on peut pas rester ici. »

Elle regarda attentivement autour d'elle. Il n'y avait que des murs avec des câbles et des lumières. Comment allaient-ils sortir de là ?