Merci à Lunastrelle,Avana et Alindmy pour leurs reviews.

Avana, je sais pas trop pour Ariale et Sephiroth, du moins pas encore. Pour le moment, Ariale se remet tant bien que mal de la mort de Dylan, alors j'attendrai quelques aventures avant d'essayer de la caser avec quelqu'un d'autre. Mais je prends note de ta review, t'inquiète, j'ai bien l'intention que notre héroïne retrouve l'amour et le bonheur. Les bad endings, c'est pas trop mon truc.

Bonne lecture, reviewers et lecteurs anonymes adorés !

DISCLAIMER : Les personnages de Final Fantasy 7 appartiennent à Square Enix.


Chapitre 21 :

Selena

Il faisait nuit noire. La brume enveloppait l'espace autour d'elle, mais Ariale pouvait discerner les collines désertiques et les maigres arbres secs de Corel qui l'entouraient. Une brume glaciale régnait autour d'elle. Seulement vêtue d'une chemise de nuit noire, la jeune fille sentit ses bras se recouvrir de chair de poule. Les mains frictionnant ses bras nus, elle regarda autour d'elle.

Enfin, à travers la brume qui l'enveloppait, Ariale put distinguer une lueur rougeâtre. Elle palpitait au loin, comme le cœur d'un être vivant qui l'appelait.

Attirée par cette lumière, la jeune fille se mit en marche. Parfois, elle butait des rochers ou se coinçait une jambe dans un trou. Pourtant, elle se remettait vite debout et repartait, comme si de rien n'était. Et cela lui semblait naturel, comme si la lumière occupait une place plus importante que tout le reste dans son esprit.

« Attends ! » cria une voix, qui retentit en écho derrière elle.

Attendre ? Mais la lumière brillait si faiblement, elle pouvait s'éteindre à tout moment ! Pas le temps d'attendre…

« Stop, n'y va pas ! »

Agacée, Ariale voulut se retourner pour dire à ce stupide intrus qu'elle n'avait pas le temps, mais sa tête semblait incapable de se détourner de la direction d'où provenait la lumière.

Une partie d'Ariale, très faible, mais bien là, sembla réagir et résister, comme si elle savait que cette attirance si forte n'était pas normale. Mais le désir était toujours si fort, si présent…

Soudain, elle sentit une douce chaleur dans son dos, qui se répandit tout autour d'elle. Ariale ressentit alors une grande vague de sérénité l'envahir.

Elle ferma les yeux. Le contact visuel avec la lumière rompu, elle sentit soudain tout son corps se détendre. Le sentiment de désir intense, presque d'urgence d'atteindre cette lumière disparut.

Rouvrant les yeux, elle vit que l'espace avait changé. Elle n'était plus dans la lande brumeuse, il ne faisait plus noir du tout. L'espace autour d'elle était blanc lumineux, et il faisait agréablement chaud, comme si elle avait plongé dans un bon bain. Et elle pouvait sentir de l'herbe sous ses pieds nus. Elle baissa les yeux vers de jolies fleurs blanches et jaunes, qui ressemblaient à un mélange de tulipes et d'orchidées.

« Bonsoir, Ariale. »

La jeune fille se retourna. Une femme brune lui faisait face. Elle portait une robe rose, ainsi qu'une petite veste en jean de couleur plus foncée. Des chaussures de voyage brunes complétaient sa tenue. Ses longs cheveux châtains étaient noués en natte par un ruban rose. Elle regardait Ariale avec un sourire amical.

« Qui êtes-vous ? Comment connaissez-vous mon nom ? »

« Je suis Aéris Gainsborough, l'esprit d'une des dernières Cetras ayant vécu sur cette planète. »

« Aéris ? Oh oui ! Cait Sith m'avait parlé de vous. C'est vous, la marchande de fleurs de Midgar ? »

« Oui ! Alors, tu as connu le premier Cait Sith ? »

« Oui. Il disait que vous étiez très gentille, vous souriiez même quand tout allait mal, et vous aimiez bien jouer au jeu des prédictions avec lui. »

« C'est vrai. Ça m'a fait beaucoup de peine quand il s'est sacrifié pour moi et mes amis dans le Temple des Anciens. Mais c'est en grande partie grâce à lui que nous avons pu sauver la Planète, ce jour-là. Enfin, je ne suis pas là pour ressasser le passé avec toi, et puis il a pu vivre heureux avec toi dans ton monde. Si je suis là, c'est parce que la Planète m'a enfin autorisée à t'aider pour trouver les autres esprits. »

« Qu'entendez-vous par enfin autorisée ? Vous n'aviez pas le droit, avant ? »

« Le premier, tu l'as trouvé sans problème, car tu avais déjà reçu la marque dans ton enfance. Et avec le problème des Vortex, j'ai été pas mal occupée. Mais là, les choses se sont un peu calmées. Et puis, je crois que même s'il est là, Sephiroth ne t'aide pas beaucoup, hein ? Il est du genre… sévère, je me trompe ? »

Ariale leva les yeux au ciel.

« Je prends ça pour un oui. Tu sais, d'après Zack, il n'était pas si mauvais bougre, avant. »

« Oh, je m'en fiche, vous savez ! Je ne m'attends pas à ce que qui ce soit se montre gentil ou amical avec moi. Les miens veulent conquérir cette Planète, alors que moi j'en ai tout sauf envie. Et j'ai perdu les deux seuls êtres qui comptaient réellement pour moi. »

Ariale passa instinctivement la main sur son ventre. Elle sentit soudain une main sur son épaule. Elle sursauta et leva les yeux vers Aéris. La Cetra s'était rapprochée sans qu'elle s'en rende compte, et la regardait maintenant avec une infinie compassion dans ses yeux émeraude.

« Tu retrouveras le bonheur, Ariale. Et tu n'es pas seule, tu as beaucoup d'amis. Toutes les créatures de l'océan que tu as su réconcilier, les esprits de cette Planète qui sont impatients de t'offrir leurs pouvoirs, ainsi que moi. Et tu sais, les trois hommes qui accompagnent Sephiroth t'aiment bien… en particulier le plus jeune », dit la Cetra avec une note de malice dans la voix.

Complètement désabusée, Ariale n'en tint pas compte et haussa des épaules.

« Et tes parents sont ici, également. Ils s'inquiètent beaucoup pour toi. »

Ariale redressa brusquement la tête.

« Mes parents ? ! Quoi, la Shinra les a enlevés ? ! Oh non, ne me dites pas que… »

« Si, hélas. Après ce que tu as fait à Rufus Shinra lors de la fête à Costa del Sol, un nouveau raid a été lancé rien que pour eux. Mais ne t'inquiète pas, ils ont réussi à s'échapper d'un laboratoire à l'ouest de Junon, ils ont profité de l'attaque des Vortex et ont fui avec d'autres personnes. »

« Et où sont-ils, maintenant ? Comment je vais faire pour les retrouver ? ! »

« C'est eux qui te retrouveront. Toi, tu dois t'occuper du prochain esprit. »

« Non ! Je ne peux pas attendre ! Dites-moi où sont mes parents maintenant, je vous en supplie, Aéris ! »

L'espace parut s'obscurcir un bref instant, avant de redevenir normal. Aéris tourna la tête vers la gauche, comme si elle avait entendu quelqu'un l'appeler.

« Je dois y aller, je n'ai plus le temps de te parler. Mais n'oublie pas, Ariale : tu n'es pas seule. Les esprits seront toujours là quand tu auras besoin d'eux, ainsi que moi. Et cela, même si tu ne nous vois pas. »

XxXxXxXxXxXxXxX

Dès qu'Aéris eut fini de parler, Ariale vit l'espace autour d'elle devenir flou. Elle ouvrit les yeux. Ce n'était qu'un rêve. Elle marcha jusqu'à la fenêtre de sa chambre dans l'auberge et vit que le soleil commençait à se lever.

Elle ignorait quand les autres la réveilleraient, mais après ce qu'Aéris lui avait annoncé, elle était excitée comme une puce.

Ainsi, ses parents avaient été amenés ici, sur cette planète. Et on avait fait des expériences sur eux. À cette idée, la jeune fille sentit la peau de ses doigts lui faire mal, signe que ses griffes de sirène voulaient sortir.

Rufus Shinra… Elle les haïssait, lui et sa maudite société ! Comment pouvaient-ils faire ça ? Enlever des gens et les traiter comme de vulgaires rats de laboratoire, leur faire perdre leur humanité pour les utiliser comme machines de guerre…

Mais ils avaient réussi à fuir avec d'autres personnes. Combien de terriens avaient réussi à s'enfuir de ces laboratoires ? Elle se doutait qu'Arthur avait formé d'autres équipes de terriens, en dehors de celle de Diego. Et il devait sûrement essayer de libérer tous les autres prisonniers sur cette planète. Malgré son désaccord envers leur idée de conquérir le monde, la jeune fille comprenait leur haine envers les habitants de ce monde. Elle aurait aimé trouver un moyen de tous les ramener chez eux, et de mettre un terme à cette guerre.

Aéris a raison. Je ne peux rien faire sans l'aide des autres esprits, il me faut plus de pouvoir si je veux changer le cours des choses.

Déterminée, elle se dirigea vers la chaise où étaient posés les vêtements que Sephiroth lui avait achetés hier, lors des « courses » avec Kadaj et Yazoo. Il faut dire que depuis son aventure à Costa del Sol, sa pauvre robe bleue avait déteint à cause de l'eau de mer, sans parler des déchirures dues à ses combats contre les Vortex.

Les vêtements se résumaient à un pantalon, une veste et un débardeur noirs, ainsi que des chaussures de marche noires qui complétaient l'ensemble. Les vêtements n'avaient rien de bien particulier, mais Ariale s'était découvert un nouveau pouvoir très amusant pour y ajouter une touche de coquetterie : elle pouvait changer la couleur ou les motifs des tissus. Après tout, la teinture des vêtements nécessitait de l'eau, et Ariale n'était-elle pas la gardienne de l'esprit de l'eau ?

Un motif de vagues était donc apparu comme par magie, brodé en fil bleu perle le long de la jambe gauche de son pantalon. Discret, mais joli.

Elle avait également tenu à s'acheter une mitaine longue pour sa main droite, afin de cacher la fente nourricière de sa paume. Ce pouvoir ne lui faisait plus peur depuis qu'elle avait découvert qu'il servait aussi à soigner, mais elle avait bien compris qu'il fallait se faire aussi discret que possible.

Une fois ses cheveux noués en queue de cheval, elle sortit de la chambre et descendit doucement l'escalier. Son ouïe particulièrement fine de sirène lui permit d'entendre un sifflement dans l'air. Ce n'était pas celui du vent, mais d'une lame d'épée.

Curieuse, elle suivit le bruit. Cela provenait de la cour adjacente à l'auberge. Elle sortit et aperçut tout de suite Sephiroth, occupé à s'entraîner au sabre. Il avait ôté sa cape. Le voir évoluer ainsi, par mouvements fluides et parfois saccadés, avec ses longs cheveux argentés flottant autour de lui, était un spectacle fascinant. Il semblait plus danser que se battre.

Apparemment, il fut averti par un sixième sens, car dès qu'elle eut franchi la limite du terrain, il se tourna vers elle.

« Désolée… Je ne voulais pas déranger », dit la jeune fille, esquissant déjà le geste de s'en aller.

« Non, attends. »

Ariale se retourna. Elle le vit rengainer son sabre puis s'approcher en l'examinant attentivement.

« Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda la jeune fille, qui n'appréciait pas du tout cet examen.

« Est-ce que tu sais manier une arme ? »

« Hein ? ! »

« Est-ce que tu sais manier une arme ? »

Ariale se retint de rire. Manier une arme ? ! Elle ? Bon, elle avait bien remarqué que tout le monde dans ce monde-ci savait manier une arme, mais le fait qu'on lui demande aussi directement cela comme si on lui avait demandé si elle savait nager ou faire du vélo, c'était assez étrange.

« Non. On n'enseigne pas ça à tout le monde sur ma planète. »

« Bon. Suis-moi, les magasins commencent à ouvrir. On va te trouver une arme. »

Une fois qu'il eut rengainé son sabre puis remis sa cape, il se mit en marche vers la zone commerciale de la ville avec la jeune fille. En effet, les échoppes commençaient à ouvrir, plusieurs devantures étaient déjà visibles.

Mais soudain, des cris retentirent depuis plusieurs maisons autour d'eux. Inquiet, Sephiroth serra plus fort sa capuche autour de son visage. Mais ce n'était nullement lui qui provoquait ces cris.

Quatre femmes sortirent des maisons en pleurs, et crièrent des noms. Ariale eut soudain un mauvais pressentiment. On aurait dit des mères qui appelant leurs enfants…

Plusieurs autres villageois sortirent à leur tour et s'approchèrent des malheureuses. Leurs maris les tenaient par les épaules et semblaient eux aussi ébranlés.

« Quoi ? ! Encore d'autres qui sont partis ? ! » s'écria un vieux mineur.

« C'est la troisième fois, en plus des morts ! » gémit une adolescente.

« Ma fille ! Elle n'est plus là ! » dit une mère.

« Mes fils ont disparu ! » renchérit une autre.

Comme avertie par un sixième sens, Ariale se tourna vers l'horizon sur sa gauche. Depuis la falaise à quelques kilomètres, elle pouvait sentir quelque chose l'observer. Quelque chose de maléfique…

XxXxXxXxXxXxXxX

En effet, debout sur la falaise de la montagne, une personne cachée sous une épaisse cape sombre regardait la scène de ses yeux de loup. Deux de ces prédateurs l'entouraient, et regardaient l'horizon avec elle.

Rabattant sa capuche, révélant une longue chevelure blanche zébrée de noir comme une louve flottant autour de son visage affiné, Selena sourit, révélant des crocs de loup sous ses lèvres. Arthur apparut près d'elle.

« Les entendre gémir de désespoir résonne si doucement à mes oreilles… »

« Maîtrise-toi, Selena. Ne laisse pas le loup te dominer », dit Arthur.

« Je sais me contrôler, merci ! » répliqua sèchement la jeune femme.

« Bien… Passons à la prochaine phase du plan », dit Arthur, satisfait.