Salut ! Je suis désolée d'avoir mis autant de temps, mais j'ai été très occupée. Sans la review d'Avana, j'aurais sans doute remis ce chapitre à plus tard, mais ça m'a remotivée !

Enfin, trêve de bavardages, voici un nouveau chapitre.

Merci également à Lunastrelle pour sa fidèle review.

DISCLAIMER : Les personnages de Final Fantasy 7 appartiennent à Square Enix.


Chapitre 22 :

Des lueurs sous la terre

« Comment ça, ce n'est pas la première fois qu'un enfant disparaît ? ! » dit Kadaj.

Sephiroth lui lança un regard sévère. Il était le premier à avoir posé des questions, et il n'aimait pas qu'un autre le remplace. Un peu effrayé, son cadet baissa les yeux.

Assis à une des tables de l'auberge de Corel avec ses frères et Ariale, tous écoutaient l'aubergiste leur raconter les problèmes que rencontrait la ville depuis un certain temps.

« Ça a commencé il y a trois jours. Des gens ont été attaqués par des loups. D'habitude, on arrive facilement à les maîtriser, tous les gens d'ici sont des durs et apprennent à se battre dès l'enfance. Mais là… les loups semblent plus nombreux et déterminés qu'avant, comme si une mystérieuse force les poussait à tuer au péril de leur propre vie. Et des enfants sortent la nuit, on ignore pourquoi. Au début, on en a perdu un. Ça ne nous a pas tellement alarmés. Mais deux nuits après, trois autres ont disparu. Et aujourd'hui, quatre de plus… Comme si cette ville n'avait pas assez souffert avec la Shinra, le Météore, les géostigmates, Deepground, la tempête et maintenant ça… » soupira le pauvre homme, avant de s'éloigner vers le comptoir.

Sephiroth regarda les quatre jeunes gens. Tous semblaient perdus dans leurs pensées, réfléchissant à ce qu'ils venaient d'apprendre.

Kadaj et ses frères avaient l'air mal à l'aise, ils pensaient à la période où ils avaient enlevé des enfants en prétextant pouvoir les soigner.

Ariale, elle, ne savait que penser, sinon qu'il était triste d'imaginer ces enfants seuls et loin de leur famille, en pleine nature, avec les loups et les monstres qui rôdaient.

Finalement, ils sortirent de l'auberge et marchèrent sans but réel jusqu'à la sortie de la ville. Ariale ne put s'empêcher de regarder en direction de la falaise où une présence malveillante avait attiré son attention. Il n'y avait plus rien à présent. Tout semblait si calme…

« Tiens, tiens ! Alors, on se promène ? »

Tous virent Diego apparaître devant eux. Il semblait seul, et fier de son petit effet.

« Encore toi… » dit Sephiroth, avec mépris.

« Eh oui ! Je ne peux pas me passer de vous, qu'est-ce que vous voulez que j'y fasse ? »

« Tu veux la raclée que t'as manquée dans la grotte, à Costa del Sol ? » demanda Loz en faisant craquer ses jointures.

« Oh, non, non, non ! Je venais seulement te dire, Ariale, que tes parents se plaisent beaucoup chez notre chef. »

« Mes… mes parents ? De quoi tu parles ? » dit la jeune fille, qui sentait son visage perdre ses couleurs.

« Tu croyais vraiment qu'après ce que t'avais infligé au président, ses potes les Turks ne feraient rien pour le venger ? Ils ont lancé un nouveau raid et ont amené tes parents dans un labo. Paraît qu'ils ont développé des pouvoirs si stupéfiants qu'ils sont sortis une heure après leur injection de Mako, malgré la douleur et les douloureuses mutations que le produit provoquait en eux », dit Diego, en ricanant.

Ariale serra les poings. La nouvelle qu'Aéris lui avait transmise l'avait terriblement chagrinée, mais entendre Diego en parler avec un amusement si malveillant…

« Espèce de sale cloporte, attends que je te… LÂCHEZ-MOI, VOUS ! » Loz avait juste eu le temps de la retenir avant qu'elle se jette sur Diego.

« Oui, oui, je sais, c'est très pénible ! Alors, toujours envie d'aider les gens de cette Planète, après ce qu'ils ont fait à ta famille, chiquita ? »

« Va te faire voir, SALE BOUFFEUR DE CLAQUETTES ! » répliqua la jeune fille.

Soudain, la terre se mit à trembler sous les pieds des six interlocuteurs. Un geyser jaillit du sol, juste sous Diego, l'envoyant valser dans les airs.

Les quatre argentés tournèrent les yeux vers Ariale. Sa poitrine émettait une faible pulsation bleue. Réalisant ce qu'elle venait de faire, la jeune fille parut se calmer.

Le geyser disparut aussi vite qu'il était apparu. Mais des gens de la ville approchaient, ameutés par l'incident.

Délaissant Diego inconscient sur le sol, les cinq fugitifs coururent hors de la ville, vers le vieil arbre mort.

Arrivés là, ils s'arrêtèrent et reprirent leur souffle.

« Eh ben, dites donc ! Je ne te savais pas capable de faire ça en plein désert », dit Kadaj, l'air impressionné.

« Moi non plus, je ne sentais même pas la présence de l'eau sous le sol », avoua la jeune fille.

Elle posa la main sur l'arbre et eut un sursaut. Cet arbre… Il dégageait quelque chose d'étrange.

« Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda Yazoo.

« Je… Je n'en sais rien, c'est… c'est bizarre », répondit-elle, avant de reposer la main sur l'écorce.

Elle sentit soudain une puissante onde d'énergie faire vibrer le bois, avant de franchir sa main et traverser son cœur jusqu'à son cerveau.

Ariale ne comprit rien à ce qui se passe ensuite. L'arbre parut remuer, émettre un grondement, puis son écorce se fit incroyablement molle.

Sa main fut happée, comme dans de la glu. Affolée, la jeune fille voulut se libérer, mais le reste de son bras se faisait maintenant engloutir.

« Qu'est-ce qui t'arrive ? ! » demanda Kadaj.

« ÇA M'ASPIRE ! » cria la jeune fille.

Elle vit Loz la saisir par son unique bras libre et tirer, mais rien n'y faisait. L'arbre était plus fort. Loin de paraître satisfait d'une seule prise, il tendit doucement une branche vers le sol, et happa une jambe du jeune homme.

« Bon sang, aidez-nous ! » cria Loz, énervé.

Yazoo sortit sa gunblade et se mit à tirer sur l'arbre. Les balles furent englouties à l'intérieur. D'autres branches jaillirent de son tronc et saisirent chacun des derniers humains, pour les entraîner en lui.

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« Tu ne dois pas désespérer. »

Ariale n'avait pas besoin de se retourner. Elle se doutait qu'elle devait encore rêver. Aéris était derrière elle, et lui parlait.

« Tes parents vont bien, ils sont avec d'autres terriens, et ils ont réussi à s'isoler de tous. Autant du clan d'Arthur que des humains de ce monde. »

« Ils me manquent, Aéris. Si jamais je les perdais… Je crois que je deviendrais folle, ou que je me tuerais ! » dit la jeune fille, les larmes aux yeux.

Elle sentit soudain une main réconfortante sur son épaule.

« Tu es l'élue, tu ne dois pas abandonner ! Nous sommes avec toi, je te l'ai dit ! Ne l'oublie pas… »

Tout redevint noir.

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« Ariale ? Ariale ! Allez, debout ! »

La jeune fille ouvrit les yeux, et vit Kadaj penché sur elle, la secouant par les épaules.

Se dégageant, Ariale se redressa et regarda autour d'elle. Ils étaient dans une espèce de tunnel souterrain. Le plafond était haut, et composé d'énormes rochers empilés les uns sur les autres.

« Où est-ce qu'on est ? » demanda la jeune fille.

« Sous terre, on dirait. »

« Et où sont les autres ? »

« Aucune idée. Quand je me suis réveillé, on était seul. »

Ariale plissa les yeux. Entre les rochers, elle pouvait discerner des racines. Celles de l'arbre, sans nul doute. Mais pourquoi avait-il fait ça ? Était-ce l'œuvre d'un des partisans d'Arthur ? Ou encore une sale farce de Diego ?

Non, elle n'en avait pas l'impression. Le pouvoir qu'elle avait ressenti dans l'arbre lui semblait différent de tout ce qu'elle avait déjà ressenti. Ça lui rappelait quelque chose, mais elle était incapable de mettre le doigt dessus.

« Je n'ai pas de réseau, évidemment, grommela le jeune homme en refermant le clapet de son PHS. Bon, faut trouver la sortie. »

Ils se mirent en route à travers le tunnel qui s'ouvrait devant eux. Parfois, des monstres leur barraient la route, mais Kadaj les tuait. Ariale était frustrée de ne pouvoir l'aider. Si seulement elle avait pensé rappeler à Sephiroth de lui acheter une arme ! Mais elle n'aurait jamais eu le temps de l'apprendre à la manier, de toute façon.

Bientôt, ils arrivèrent devant deux ouvertures, une à droite et une autre à gauche.

« Bon, dans quelle direction… » dit Kadaj.

« À droite », dit Ariale.

« Ah bon ? Pourquoi ? »

« Je sens la présence de l'eau… c'est très distant, mais je la sens. Il y a peut-être une rivière souterraine, au bout ? »

Le jeune homme plissa les yeux, apparemment il hésitait à suivre l'intuition de la terrienne. Mais il finit par hausser des épaules et la suivit dans le tunnel.

Au moins, ils ne rencontrèrent plus de monstres. Bientôt, ils arrivèrent dans une nouvelle salle. Le spectacle qui s'offrit à eux leur coupa le souffle.

Les tunnels qu'ils avaient empruntés étaient sombres. Mais la grotte où ils se trouvaient était recouverte de veines de Mako. Les roches étaient parcourues de filaments étincelants, de toutes les couleurs qu'avaient traditionnellement les matérias : vert, violet, bleu, jaune et rouge.

De petits blocs de Mako s'étaient même formés à la surface de certaines parois, comme des champignons lumineux dans l'obscurité. Certaines stalactites et stalagmites semblaient entièrement faites de mako. Ce ballet des couleurs formait un magnifique arc-en-ciel au-dessus du lac.

« C'est magnifique… » murmura la jeune fille.

Kadaj était d'accord avec elle. Cet endroit… Apparemment, la Planète disposait encore de richesses que même les réacteurs Mako n'avaient pas pu piller, après toutes ces années.

Ce spectacle réchauffait le cœur des jeunes gens. Ariale s'approcha du lac. Tant pis, la tentation était trop forte. Elle déboutonna sa veste.

« Euh… Ariale, à quoi tu joues, là ? » dit Kadaj.

« Je vais me débarbouiller. Je ne supporte pas d'être couverte de boue. Toi aussi, tu devrais te laver, tu es couvert de terre. »

« Après avoir été englouti par un arbre, c'est normal, non ? » dit le jeune homme, avec une moue puérile. Cette moue fit bientôt place à de la gêne, car Ariale avait enlevé ses chaussures et desserrait maintenant la ceinture de son pantalon.

Non, elle n'allait quand même pas se déshabiller devant lui ? ! Mais la jeune fille ne le fit pas. Elle mit les pieds dans l'eau, marcha jusqu'à avoir l'eau à la taille, puis ôta enfin son pantalon et ferma les yeux. Ses jambes se changèrent bientôt en nageoire.

Tout heureuse, elle plongea dans l'eau. Elle était pure et transparente, Kadaj la vit nager en cercle un moment sous l'eau, comme un dauphin, avant de brusquement jaillir de l'eau et faire un salto avant d'y replonger.

Elle ressortit la tête de l'eau et lui sourit.

« Allez, viens ! L'eau est géniale ! »

« Arrête, on n'a pas le temps de jouer ! On doit encore retrouver mes frères et la sortie. »

« C'est vrai, mais ils ne doivent pas être loin et ils nous trouveront peut-être, ou bien l'inverse ! Allez, ce n'est qu'une petite pause avant de repartir ! Me dis pas que tu ne sais pas t'amuser ? »

Kadaj parut hésiter. Il est vrai qu'il n'avait pas vraiment eu l'occasion de faire quoi que ce soit de son propre chef depuis son retour à la vie, mais… la seule fois où il avait tenté cette expérience, il s'était fait punir par Sephiroth.

Mais là, il n'y avait pas vraiment de désobéissance, et puis ils avaient marché des heures dans ces tunnels. Il savait qu'il pourrait encore tenir longtemps, mais il se sentait fatigué. Une petite pause ne lui ferait pas de mal, après tout…

Avec un soupir, il finit par poser son sabre. Une fois débarrassé de sa cape, sa veste et ses bottes, il s'approcha et posa le pied dans l'eau. Elle était fraîche, il ne put réprimer un frisson.

Pourtant, il nota un changement. Cette eau… avait quelque chose de spécial. Il sentit comme du soulagement traverser sa peau.

Il hésita, puis progressa un peu plus. Il finit par comprendre : cette eau avait des vertus guérisseuses.

Sans plus hésiter, il se laissa complètement immerger, puis se mit à nager vers le centre du lac. Ariale décrivit plusieurs cercles autour de lui, avant de s'arrêter. Elle leva le bras vers le ciel, puis pointa un doigt vers l'eau.

Une boule d'eau se forma dans les airs. Tel un ballon, Ariale la poussa doucement vers Kadaj. Celui-ci tendit ses mains, s'apprêtant à la rattraper. Mais elle explosa au contact de ses mains, l'aspergeant copieusement.

Ariale réprima un rire. Kadaj parut d'abord vexé, quand un sourire malicieux se forma sur ses lèvres. Il plongea soudainement.

Un peu surprise, Ariale regarda autour d'elle. Elle allait plonger pour voir ce qu'il faisait, quand elle sentit deux mains la saisir par la taille et la soulever dans les airs.

« Eh ! C'est de la triche ! » dit la jeune fille, faussement vexée.

« Pas avec toi, sirène ! » dit le jeune homme.

La jeune fille se tourna vers lui, se demandant si elle devait utiliser ses mains ou sa nageoire pour le repousser, mais il se contenta de la rejeter un peu plus loin. Elle plongea, mais ne refit pas surface.

Kadaj regarda autour de lui, inquiet. Allait-elle créer un geyser pour se venger de lui, comme pour Diego ?

Ariale ressortit doucement la tête de l'eau, juste devant lui, et s'arrêta au niveau du nez. Elle le regarda fixement, parfaitement immobile.

« Quoi ? » demanda Kadaj, inquiet.

Soudain, Ariale sortit la tête et lui cracha de l'eau. Kadaj rétorqua avec une vague. Ariale et le jeune homme se mirent à s'asperger en riant.

Pendant un moment, tous deux oublièrent leurs soucis et jouèrent, comme deux adolescents normaux dans une piscine.

Enfin, lassés par ce jeu, ils s'arrêtèrent et nagèrent vers la rive. Kadaj sortit le premier et resta le dos tourné, le temps qu'Ariale récupère ses vêtements et se rhabille.

D'après l'heure affichée sur l'écran du PHS de Kadaj, il était minuit à la surface. Ils n'avaient rien à manger, mais qu'importe. Ils avaient besoin de repos.

La jeune fille utilisa ses pouvoirs pour débarrasser leurs vêtements de l'eau, puis tous deux se couchèrent à même le sol et s'endormirent.

Aucun d'eux ne vit, de l'autre côté du lac, dans l'obscurité, trois paires de yeux rouges qui les fixaient avec appétit.