Merci à Lunastrelle, Ysa666 et Avana pour leurs reviews !

DISCLAIMER : Les personnages de Final Fantasy 7 appartiennent à Square Enix.


Chapitre 23 :

La Maîtresse des Loups

Ariale se réveilla en sursaut. Quelque chose n'allait pas, elle le sentait. Mais quoi ?

Elle réalisa avec horreur qu'elle était seule. Kadaj n'était plus là. La jeune fille regarda autour d'elle. Pourquoi l'avait-il abandonnée ?

« Tu ne peux faire confiance à personne. »

Ariale sursauta. Qui avait parlé ? Elle ne connaissait pas cette voix. Elle sonnait féminine, mais surtout menaçante.

« Personne n'est là pour toi. La Cetra t'a menti. »

« Qui êtes-vous ? »

Cette question laissa place à un désagréable silence.

« Je suis quelqu'un venu exprès pour toi. Nous sommes de la même planète. Tu peux me faire confiance. »

La jeune fille sentit ses mains devenir moites. Oh non, pas encore une terrienne avec des pouvoirs atroces !

« Vous voulez quoi ? »

« T'aider ! Alors, viens avec moi. Je peux te ramener auprès de tes parents. »

« Non… Je ne peux pas ! »

Cette réponse ne dut pas être la bonne, car Ariale vit soudain deux yeux rouges percer l'obscurité de la grotte, et darder sur elle un regard furibond.

« Si tu ne viens pas à moi de ta propre volonté, je devrai employer la manière forte ! Alors, quelle est ta réponse ? »

« Non ! Vous voulez vous servir de moi, je sais que vous n'avez pas l'intention de m'aider ! »

« Alors, c'est non ? Très bien, mais prends garde, ma petite. Car la guerre est proche. Et crois-moi, elle sera très moche ! »

Ariale vit d'autres paires d'yeux rouges percer l'obscurité, mais plus bas, près du sol. Soudain, leurs propriétaires jaillirent de l'obscurité pour se jeter sur elle. Ariale vit une énorme masse de fourrure la plaquer au sol, puis une gueule pleine de crocs pointus fondre sur son visage.

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« NON ! »

Ariale se réveilla en sursaut. Elle était toujours dans la grotte, face au lac. Elle sentit soudain une main se poser sur son épaule.

Par réflexe, elle la repoussa et se tourna vers Kadaj, qui la regardait avec l'air surpris.

« Du calme, c'est moi ! Tu as encore fait un cauchemar ? »

« Oui… désolée », dit la jeune fille en baissant piteusement la tête.

Elle se leva puis se dirigea vers le bord du lac pour s'asperger le visage.

« Tu en fais tout le temps. Tu devrais en parler », dit le jeune homme.

« À quoi bon ? Ce ne sont que des cauchemars. »

Elle s'attendit à ce qu'il n'insiste pas. Mais elle l'entendit se lever, puis marcher jusqu'à sa gauche. Il s'accroupit à son tour et se pencha vers elle.

« J'en ai beaucoup fait pendant un temps… D'ailleurs, il m'arrive encore d'en faire. Je sais à quel point c'est pénible, autant pour soi que pour les autres. En parler peut aider à les repousser, au bout d'un moment. »

Depuis quand est-il optimiste, celui-là ? pensa la jeune fille, avec amertume.

Malgré elle, les mots que la voix avait prononcés dans son rêve lui revinrent : « Tu ne peux faire confiance à personne. »

« Ça va, pas la peine d'en parler. On devrait plutôt continuer à chercher tes f… »

Elle ne put terminer sa phrase. Kadaj l'avait brusquement saisie par les bras et obligée à se relever avec lui. Il la rapprocha de lui. Ariale ne put échapper à l'examen de ses yeux félins, qui brillaient aussi fort que les cristaux de la grotte.

« Arrête ça », dit-il.

« … Quoi ? »

« De te faire du mal inutilement. Au début, je n'ai pas insisté, mais là, je craque ! Je ne t'aurais jamais laissée te tuer en sautant depuis la falaise, tu te souviens ? Et je ne vais pas te laisser te tuer à petits feux en te laissant te renfermer sur toi-même ! »

La surprise laissa place à la colère dans le cœur de la jeune femme.

« Et depuis quand tu te fais du souci pour moi, hein ? Qu'est-ce que ça peut vous faire, à tous, si je souffre ? ! Je ne suis qu'une extraterrestre ! Une espèce de parasite alien qui n'a rien à faire ici ! » Elle avait crié ces derniers mots si fort qu'ils retentirent en écho dans la grotte un instant.

Le regard de Kadaj se fit moins dur. Elle sentit la pression autour de ses bras se faire légèrement moins forte.

« Ce n'est pas ça que j'ai vu quand je t'ai rencontrée, la première fois. »

« Alors quoi ? Tu as vu quoi ? ! ? » dit Ariale, d'une voix presque suppliante.

« Une jeune fille qui pleurait, parce qu'on l'avait séparée de son fiancé et injustement torturée. Pour moi, tu es bien plus humaine que les autres terriens que j'ai eu l'occasion de rencontrer, Ariale. »

Ces mots mirent quelques instants à atteindre le cerveau embrouillé de la jeune fille. N'y tenant plus, elle baissa la tête et laissa des larmes dévaler ses joues en silence.

Elle sentit Kadaj l'attirer à lui. Elle en profita pour pleurer en silence contre son épaule. Qu'importe si cela était déplacé, elle se sentait trop triste et fatiguée pour le rejeter.

Ariale devait le reconnaître, Kadaj avait le désagréable don de percer toutes ces défenses et de la pousser à bout. Mais cela lui faisait étrangement du bien. Elle réalisa soudain que Dylan avait eu ce même défaut, autrefois. Et cela avait grandement contribué à les rapprocher, dès l'adolescence.

La jeune fille sentit bientôt sa peine disparaître, pour laisser place au calme. Rassénérée, elle recula et se prépara à lui raconter son cauchemar, quand elle vit quelque chose au-dessus de l'épaule du jeune homme qui la cloua sur place : deux yeux rouges, comme dans son cauchemar.

« Que c'est mignon ! » dit une voix, féminine et menaçante.

Vif comme l'éclair, Kadaj se retourna et brandit son Souba. La voix répondit par un rire méprisant.

« Tu crois vraiment pouvoir vaincre mes chéris avec ce misérable couteau ? ! »

Plusieurs autres paires d'yeux rouges percèrent l'obscurité. Les cristaux dans la grotte parurent soudain tous virer au rouge sombre, et concentrer leur lumière sur l'endroit d'où provenait la voix. Les jeunes gens purent alors voir qu'il s'agissait de loups.

Ils les regardaient avec l'air mauvais, les babines retroussées, les crocs dégoulinant de bave.

« Du calme, mes enfants. Attendez avant de passer à table », dit la voix.

Celle qui avait parlé quitta l'obscurité. Ariale et Kadaj purent enfin voir celle qui leur avait parlé.

Grande, la peau pâle, un visage fin et élancé, elle portait une grande robe brune ornée de motifs de croissants de lune noirs. Sa longue chevelure noire évoquait plus la fourrure d'une panthère que des cheveux humains. Elle portait un bâton dans la main, orné au sommet d'une tête de loup. Ses doigts étaient dotés d'ongles très longs.

« Je suis Séléna Byron, mais depuis que j'ai subi des expériences au labo Shinra, on me surnomme la maîtresse des loups. »

« C'est ça, votre pouvoir ? Contrôler des loups pour terroriser la population et capturer de malheureux enfants ? ! » dit Ariale, indignée.

« Les tuer, aussi. J'adore regarder mes petits chéris se régaler avec de la chair fraîche. »

Ariale sentit à peine ses griffes sortir de ses doigts, tant la colère résonnait en elle. Kadaj se mit en position avec elle. Cette femme les avait bien énervés. Elle voulait un combat ? Elle ne serait pas déçue ! Ils allaient se faire un plaisir de tuer tous ses « petits chéris ».

Mais soudain, d'autres loups apparurent autour d'eux. Ils se retrouvèrent bientôt complètement encerclés.

« Qu'est-ce qu'on fait ? » murmura Ariale.

« À trois, on y va », répondit Kadaj sur le même ton.

Il allait compter, quand soudain, tous les loups dressèrent l'oreille et parurent inquiets. Séléna fronça des sourcils.

Un grondement résonna dans la grotte. Il semblait venir du sol. Kadaj sourit.

Soudain, plusieurs cauchemars rampants jaillirent dans un nuage de fumée et formèrent un cercle protecteur autour des jeunes gens.

Les loups reculèrent, l'air effrayé.

« Attaquez, imbéciles ! » cria Séléna. Ses yeux émirent un flash rouge.

Les loups reprirent aussitôt leur air féroce et se jetèrent sur les invocations. Un combat féroce s'ensuivit. Les cauchemars rampants étaient certes rapides et puissants, ils terrassaient les loups à puissants coups de griffes et de becs, mais les loups étaient nombreux, ils semblaient constamment en jaillir de l'obscurité. Certaines invocations finissaient par céder sous le poids et disparaissaient.

« Viens, on en profite ! » cria Kadaj.

Il saisit la main d'Ariale et l'entraîna avec lui vers le bord du lac qu'ils se mirent à contourner. Ils découvrirent bientôt des rochers qui traversaient l'eau, comme un chemin vers l'autre bord.

Les jeunes gens voulurent sauter sur le chemin de pierre, quand trois loups leur barrèrent la route.

Kadaj se lança et en tua un d'un coup de sabre. Ariale vit un autre se jeter sur elle. Sans réfléchir, elle tendit les mains. Ses griffes le frappèrent à la gueule. Il tomba en gémissant de douleur. Le dernier parut effrayé par ce revirement de situation et battit en retraite.

En arrière, Séléna regardait la scène avec un air de plus en plus outré. Elle ne put réprimer un grognement semblable à celui de ses loups, révélant des dents aux canines aiguisées.

Cette fille est un vrai loup-garou ! ne put s'empêcher de penser Ariale.

Elle réalisa soudain que Kadaj avait commencé à sauter de pierre en pierre. Ariale le suivit avec un peu plus d'hésitation.

Derrière eux, les loups continuaient se battre. Lorsqu'ils eurent atteint l'autre rive, ils virent que certains des fauves avaient compris leur tactique et commençaient eux aussi à traverser le lac.

Les jeunes gens se mirent à courir à travers un nouveau tunnel, jusqu'à arriver devant une intersection. Ils entendirent soudain derrière eux les grognements des bêtes.

Ariale n'hésita plus. Elle saisit la main de Kadaj et l'entraîna vers le passage de gauche. Ils se mirent à courir. Le chemin se fit de plus en plus étroit, les parois se rapprochaient dangereusement d'eux, rendant leur progression plus difficile.

Et ils pouvaient entendre les grognements des loups qui se rapprochaient.

Soudain, ils débouchèrent sur un cul-de-sac. Il n'y avait devant eux qu'une petite cascade qui remplissait une petite cuvette misérable.

« Ah, bravo pour l'intuition ! » dit Kadaj, énervé.

Le cri d'un loup derrière lui le fit se retourner, prêt à attaquer. Ariale regarda l'eau et se concentra. Elle pouvait sentir que cette cuvette débouchait sur un tunnel souterrain. Et de l'autre côté… il y avait beaucoup d'eau, pratiquement un océan !

Elle saisit le bras du jeune homme, l'obligeant à la regarder.

« Non, je sais que j'ai eu raison », dit-elle.

Kadaj fronça des sourcils et se prépara à lui demander de quoi elle voulait parler, quand les loups surgirent dans l'étroite pièce.

Sans hésiter, Ariale serra fort Kadaj dans ses bras et ferma les yeux. L'eau du bassin s'éleva en un long ruban et les enveloppa, tel un cocon protecteur, puis les entraîna sous l'eau.

Tous deux furent entraînés violemment à travers un tunnel en zigzag, comme dans le siphon d'un évier. Puis ils émergèrent à la surface, devant une falaise.

Ils étaient dans l'océan ! Une fois la surprise passée, ils nagèrent ensemble vers la rive et se laissèrent tomber sur le sable.

« Alors ? Et mon intuition ? » demanda Ariale, au bout d'un moment.

« D'accord… mais j'en ai marre d'être trempé ! »

Ariale ne put réprimer un rire nerveux. Qu'importe s'il ne pouvait s'empêcher de faire preuve de mauvaise foi. Au moins, ils étaient sains et saufs.

Mais maintenant, ils allaient devoir refaire le chemin jusqu'à Corel à pied. Et ils n'avaient toujours pas retrouvé les autres.