Merci à Lunastrelle et Alindmy pour leurs reviews !

DISCLAIMER : Les personnages de Final Fantasy 7 appartiennent à Square Enix.


Chapitre 24 :

Le cadeau du loup

Ariale et Kadaj quittèrent la plage et se mirent en route à travers les dunes, en direction de Corel. Mais bientôt, un obstacle imprévu se dressa sur leur route : les arbres.

Une véritable barricade d'arbres ressemblant étrangement à celui qui les avait aspirés se dressait devant eux. Qu'ils regardent à droite ou à gauche, ils ne voyaient aucune brèche.

Ariale se pencha pour ramasser un caillou et le jeta contre un tronc. La pierre disparut à l'intérieur, aspirée par l'écorce anormalement molle.

« Encore un terrien qui nous pose des problèmes ? » demanda Kadaj.

« Oui… Je crois… Mais c'est un pouvoir assez bizarre. »

Le jeune homme ferma le poing gauche et le tendit devant lui. Son bras s'illumina d'une lumière bleue électrique, puis des éclairs en jaillirent et fondirent sur les végétaux géants. Loin de s'enflammer, ceux-ci absorbèrent les éclairs, qui disparurent sous terre.

Étouffant un juron, il se mit à réfléchir, puis opta pour la marche. Cette muraille devait bien avoir un faible quelque part. Ils se mirent en route et la contournèrent par la droite.

Au bout d'une demi-heure, le soleil se leva dans le ciel. Il faisait jour, et ils continuaient toujours de marcher.

« Toujours aucun passage. Pas la moindre ouverture, rien », dit Kadaj.

« On va trouver. Ce mur doit bien avoir une fin… Et on retrouvera tes frères sains et saufs. »

Le jeune homme ne lui accorda aucun regard. Ariale se doutait qu'il ne la croyait pas. Elle décida d'embrayer la conversation sur un sujet moins dramatique.

« Tu fais de la magie comment, toi ? »

« Avec des matérias. Ce sont des concentrés de Mako contenant le savoir des Cetras. »

« Cetra ? C'est quoi ? »

Le jeune homme poussa un soupir, puis se lança dans un long récit sur l'histoire de cette planète.

« Alors, si j'ai bien compris, les Cetras ont disparu à cause de Jenova, mais leur savoir demeure dans ces petites boules ? »

« C'est ça. Vous n'avez pas de magie, sur ta planète ? »

« On en avait, peut-être, autrefois, il y a des siècles… mais aujourd'hui, chez moi, plus personne n'y croit. Tout le monde ne croit qu'en la science. »

« Pourtant, toi, tu parles souvent d'esprits et de façon très naturelle, comme si tu y croyais. »

Ariale se pinça les lèvres, désarmée par sa perspicacité.

« Quand j'étais petite… Je devais avoir six ans… J'étais à une fête d'anniversaire, et je suis tombée dans une piscine. Je ne savais pas nager, l'eau était trop profonde. Et il n'y avait que des enfants sur le rebord, qui ne savaient pas quoi faire pour m'aider. Le temps que les adultes rappliquent, il était trop tard. Pendant quatre minutes très exactement, j'étais morte. Et c'est là que pour la première fois, je suis entrée en contact avec l'esprit de l'eau de ma planète. Il m'a dit que je ne devais pas mourir, et m'a ramenée à la vie. J'ai repris connaissance et on m'a ramenée chez moi en état de choc. »

« Tu n'avais pas reçu de pouvoirs, à ce moment-là ? »

« Non. J'ai juste hérité de problèmes d'asthme, jusqu'à ce que tu me voies tomber de la falaise avec une balle dans la tête. Mais je n'ai jamais oublié ce jour où, pour la première fois, j'ai vu un esprit. Mes parents m'ont dit que c'était normal. Ils semblaient savoir depuis toujours qu'il y avait encore des esprits magiques qui veillaient sur notre planète. »

« Comment ça se fait ? »

« Je n'en sais rien… J'avoue que je n'ai jamais vraiment eu l'occasion de leur poser plus de questions à ce sujet, après. Un des enfants de la fête, Dylan, venait me rendre visite tous les jours, et on se revoyait à l'école, on était dans la même classe. Je me comportais toujours normalement avec lui, et mes parents aussi, alors… »

« Ah… Alors, il y a aussi des esprits, chez toi ? »

« Ouais, apparemment. Mais c'est bien le seul point commun entre nos planètes, je trouve. »

Kadaj sentit au son de sa voix qu'elle n'aimait pas du tout être ici. Et lui-même ne pouvait pas la blâmer.

« Ariale… »

La jeune fille sursauta. Qui avait parlé ?

« Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda son compagnon de route.

« Je ne sais pas… j'ai cru entendre quelqu'un prononcer mon nom… »

« Tu as dû rêver ! C'est désertique, ici. »

« Mmmmm… Oui, t'as raison. »

Ils se mirent en route. Lorsque le soir arriva, rien n'avait changé. Ils n'avaient toujours trouvé aucun passage.

Ils finirent par s'arrêter et s'allongèrent à même le sol pour s'endormir.

Chacun tournant le dos à l'autre, ils fermèrent les yeux, essayant de reprendre des forces avant le lendemain matin.

Ariale se sentit tout de suite plonger dans les bras de Morphée. Une douce brise emplie de parfum de fleurs lui parvint bientôt.

Surprise, elle ouvrit les yeux. Au lieu de se retrouver dans les plaines désertiques bordant Corel, la jeune fille se vit allongée sur une immense pelouse, au milieu de fleurs sauvages. Ce n'était pas l'endroit où elle avait vu Aéris.

Le ciel était bleu, des arbres chargés de fruits jalonnaient la pelouse alentour. Des routes de pavés blancs sillonnaient l'herbe. Un grand bassin rempli de poissons rouges était visible sur sa gauche. Ariale eut un pincement de cœur. Cela lui rappelait l'un des endroits que sa mère, paysagiste, l'avait fait visiter un jour. Elle avait besoin de l'avis de quelqu'un avant de montrer le fruit de son travail à son client.

« Ariale ? »

Cette voix… Ariale se retourna et aperçut sa mère, assise sur un banc près du bassin aux poissons. Elle portait une salopette et une chemise verte.

Sans réfléchir, Ariale courut près d'elle et la prit dans ses bras.

« J'étais si inquiète, ma chérie… » dit la femme.

« Maman… c'est réel ? »

« Oui, ma puce. Et je suis au courant pour ce qui t'est arrivé. Tu es sur Gaïa, comme moi et tant d'autres de notre espèce. »

« Maman… Où es-tu ? Comment puis-je te retrouver ? »

Le sourire disparut du visage de sa mère. Elle regarda autour d'elle, comme si elle craignait que quelqu'un les écoute. Puis elle se pencha vers son oreille.

Juste à ce moment, Ariale sentit tout son rêve s'effacer. On la ramenait. Non ! Non, pas encore, elle devait…

Furieuse, elle se retourna avec la ferme intention de dire à Kadaj le fond de sa pensée quand le jeune homme plaqua une main sur sa bouche. L'autre tenait fermement Souba.

Inquiète, elle suivit son regard et comprit ce qui se passait. Un loup se tenait à quelques mètres d'eux et les regardait, ses yeux dorés luisants dans l'obscurité.

Lentement, la jeune fille sortit ses griffes et attendit, comme Kadaj, que l'animal s'approche pour l'attaquer. Mais, curieusement, ce loup ne semblait pas avoir envie de leur faire du mal. Il n'avait même pas un comportement de chasse.

Il se tenait debout sur ses pattes et agitait la queue, la gueule ouverte, la langue pendante, et les regardait avec l'air calme.

« Il n'a pas l'air méchant », finit par murmurer Ariale.

« C'est peut-être une ruse ? » demanda Kadaj sur le même ton.

Ariale n'en avait pas l'impression. Mais lorsque le loup fit quelques pas dans leur direction, elle ne put s'empêcher de sursauter.

Le loup finit par s'arrêter. Les jeunes gens s'aperçurent alors qu'il tenait quelque chose dans sa gueule. Il finit par le poser par terre et recula, avant de tomber au sol et disparaître en une pluie d'étoiles vertes.

Tous deux s'approchèrent, et virent qu'il avait déposé une fleur. Un peu perdus, ils restèrent un moment à regarder en silence l'objet, avant qu'Ariale se penche pour la prendre.

« Tu as compris quelque chose, toi ? » demanda le jeune homme.

« Non. »

« Moi non plus. »

Ariale regarda la fleur. C'était un lotus fermé. Il avait une belle couleur blanche. Dès qu'il fut posé au creux des mains de la jeune fille, il s'ouvrit. Son cœur s'illumina. Une fine poudre dorée en sortit et s'éleva jusqu'au visage de la jeune fille.

Ariale fut assaillie par une puissante odeur de fleur, si puissante que sa tête se mi à tourner. La dernière chose qu'elle sentit avant de sombrer dans l'inconscience fut deux jeunes bras musclés la rattraper alors qu'elle tombait.

XxXxXxXxXxXxXxX

Ariale vit qu'elle se trouvait à présent sur une falaise, au sommet d'une montagne. Il faisait nuit, elle pouvait voir le ciel étoilé autour d'elle. La lune était pleine.

« Bonjour, Ariale. »

Se retournant, elle vit le loup devant elle.

« Tu… Tu as parlé ? » dit la jeune fille, perdue.

« Eh oui ! Je parle ! »

« Mais comment ? Qu'est-ce qui se passe, encore ? Je me souviens, je venais de ramasser une drôle de fleur et… C'est toi qui as fait ça ? C'est encore un sale tour de Selena, c'est ça ? »

« Non ! Non, pas du tout ! Selena n'est pas du tout mon amie, tu peux me croire ! Je suis le chef de la meute qu'elle a asservie. »

« Mais… Je ne comprends pas ! Tu es un loup magicien ? »

« Si on veut. Selena m'a tué, mon âme a rejoint la Rivière de la Vie. Mais j'ai rencontré l'esprit de la terre. Il a dit qu'il avait besoin de moi pour te rencontrer, afin de te donner son présent. J'ai donc fusionné avec lui et ressuscité pour te le donner. »

« Alors… Attends, tu veux dire que… tu t'es sacrifié ? ! »

« J'ai laissé l'esprit me quitter dans cette fleur que je t'ai donnée, oui. Ne sois pas triste, je suis heureux d'avoir fait ça. Je veux sauver ma meute. »

« Mais la sauver de quoi ? ! Ils ne suivent pas Selena de leur plein gré ? »

« Non ! Tu ne te souviens pas, dans la grotte ? »

Ariale repassa en boucle la scène. Maintenant qu'elle y pensait, les loups avaient souvent paru craintifs et avaient eu envie de fuir, avant que Selena se mette à hurler pour qu'ils repartent à la charge.

« Selena ne dispose pas du vrai pouvoir de la nature. Elle peut juste transmettre sa haine aux bêtes. Toi, tu peux communiquer avec la nature, maintenant que tu as reçu le pouvoir de la terre. »

Comme lorsqu'elle avait pu communiquer avec les créatures de la mer… Oui, elle commençait à comprendre. Pourtant, elle ne put s'empêcher d'éprouver de la pitié en regardant ce beau loup, qui avait l'air si joueur !

Elle hésita, puis tendit doucement sa main vers lui. La bête la renifla, avant de la laisser la caresser.

« Merci », dit Ariale.

XxXxXxXxXxXxXxX

Lorsqu'Ariale ouvrit les yeux, elle sentit tout de suite que quelque chose avait changé.

Elle pouvait désormais sentir la terre sous elle, sa texture, la température, à quel point elle était aride et assoiffée. Elle pouvait entendre les arbres gémir devant elle. Ils n'avaient pas choisi d'être disposés ainsi, ils étaient tous serrés, incapables de développer leurs racines sous le sol, tant elles s'emmêlaient au point d'étouffer.

« Ah ! Tu te réveilles enfin ! » dit Kadaj.

Ariale tourna la tête et vit le jeune homme assis près d'elle, l'air soulagé.

« J'ai cru que cette fleur était empoisonnée ou je ne sais quoi. Qu'est-ce qui t'est arrivé ? »

« Je l'ai. L'esprit de la terre. Le loup me l'a donné ! »

« Le loup ? ! Mais comment… »

« Je t'expliquerai plus tard ! Pour l'instant, faut qu'on y aille », dit la jeune fille en se redressant.

Une fois debout, elle s'approcha des arbres. Avant que Kadaj puisse l'arrêter, elle avait posé sa main sur l'écorce de l'un d'eux.

Mais au lieu d'y disparaître, elle se posa dessus. L'arbre émit alors une pulsation qui se répercuta sur tous les autres. Bientôt, le sol se mit à trembler. Les racines des arbres jaillirent du sol et se mirent à ramper, comme des tentacules, pour leur ouvrir un passage.

Avec un sourire confiant, Ariale se tourna vers son compagnon ébahi.

« Allons-y », dit-elle.


Et voilà ! J'espère avoir été claire dans ce chapitre ? Qu'en pensez-vous ?