Merci à Lunastrelle pour sa review !

DISCLAIMER : Les personnages de Final Fantasy 7 appartiennent à Square Enix.


Chapitre 26 :

Dans le ventre de la bête

La nuit était tombée plus tôt que prévu. Et elle était si sombre que ni Ariale ni Kadaj ne parvenaient à trouver le bon chemin.

Ils ne voyaient plus rien autour d'eux. Même les lumières de Corel n'étaient pas visibles.

Le gromelot les suivait, bondissant derrière eux.

« On pourrait pas attendre le jour pour continuer ? » dit-il, l'air agacé.

« Tu as peur du noir ? » ricana Kadaj.

« Moi, peur ? Waha ! » dit la petite bête en le dépassant d'un grand bond.

Mais le gromelot se heurta brusquement à quelque chose devant lui et tomba par terre en gémissant.

« J'AI PAS PEUR, J'AI MAL ! » cria-t-il, énervé.

« Bon, ça va ! On va trouver un coin pour dormir un peu… » dit le jeune homme.

Ils se mirent en marche un peu sur leur gauche. Le sol semblait pentu, ils se sentaient descendre. Et la texture du sol sous leurs pieds se faisait plus douce. Ils trouveraient peut-être un bon tapis de mousse où s'étendre…

Mais soudain, le gromelot, qui continuati de les suivre par petits bonds, fit un bond sur place en criant de douleur.

« Quoi encore ? » dit Ariale.

« J'ai marché sur un truc vachement pointu ! » dit le gromelot.

Dans un soupir, Kadaj leva son poing droit et se concentra.

« Qu'est-ce que tu fais ? » demanda Ariale.

« J'active une matéria Feu, pour qu'on ait un peu de lumière. »

« Ben, grouille ! Ça pue, par ici ! » dit le gromelot.

En effet, une étrange odeur de viande froide et pas très fraîche régnait dans l'air.

Kadaj ferma les yeux, puis les rouvrit. Une boule de feu jaillit de son poing et s'éleva au-dessus de leurs têtes.

Ils virent alors qu'ils étaient dans une espèce de tunnel aux parois étrangement rouges et couvertes de pores humides, comme… de la peau ? Au bout du tunnel, ils purent voir une mâchoire énorme.

Tous les trois émirent alors des cris de peur étouffés. Ils étaient dans le ventre d'un monstre ? !

Soudain, la mâchoire du monstre se referma. Catastrophés, Ariale et Kadaj coururent face à la muraille de dents et se mirent à donner des coups de sabre et de griffes, mais rien n'y fit.

« Nous sommes piégés ! » dit le gromelot.

« Quand je pense que nous sommes entrés ici sans nous en apercevoir ! » dit Ariale.

Ils essayèrent encore quelques coups, mais rien à faire. Le monstre refusait d'ouvrir sa gueule.

« Curieux, il ne nous a pas encore avalés ? » dit Ariale.

« Il doit dormir, avant de se préparer à la digestion », dit Kadaj.

« La diges… ? ! BWÊÊ ! » dit le gromelot, affolé.

« Chut ! Ne le réveille pas en sursaut ! » murmura Ariale.

Soudain, une secousse parut ébranler le corps du monstre. Les jeunes gens se regardèrent, puis foudroyèrent le gromelot du regard.

« Eh, j'ai rien fait… ! » gémit la malheureuse boule de poils.

Kadaj dressa l'oreille. De curieux bruits résonnaient au-dehors, comme des coups de sabre et… de gunblade ? ! Il reconnut soudain ce bruit de coups de feu et sourit.

Il y eut d'autres secousses, puis les trois prisonniers sentirent un choc, comme si le corps du monstre venait violemment de tomber par terre.

Il y eut des échanges de voix étouffée, puis la mâchoire du monstre s'ouvrit lentement. Ils virent alors que quelqu'un maintenant les deux rangées de dents écartées avec un visage crispé par l'effort.

« Besoin d'un petit coup de main ? » demanda Loz avec un sourire.

Yazoo et Sephiroth apparurent près de lui, l'arme à la main.

« Grands frères ! » s'écria Kadaj, tout content.

Soulagés, lui et Ariale s'empressèrent de sortir, suivis de près par le gromelot tout effrayé. Une fois tout le monde sorti, Loz s'écarta. La mâchoire du monstre se referma dans un bruit mat.

« Vous êtes vivants ! » dit Kadaj, soulagé, en serrant Yazoo dans ses bras, puis Loz.

« Mais où étiez-vous passés ? On vous a cherchés, dans les tunnels ! » dit Ariale, à Sephiroth.

« Nous aussi. Mais j'étais déjà venu à Corel il y a des années pour une mission de la Shinra, ils voulaient superviser la fabrication du système de chemin de fer, pour le réacteur Mako… Alors, j'ai vite trouvé la sortie. Mais, et vous, comment vous avez fait pour atterrir dans la gueule de ce monstre, sans vous en rendre compte ? »

« Oh, c'est à cause de cette sale boule de poils à ressort ! » dit Kadaj en pointant le gromelot du doigt.

« C'est quoi, cette peluche ? » demanda Loz en se penchant vers la créature, avec l'air curieux.

« Tu t'es regardé, tête de hérisson ? » répliqua la petite bête.

« Faites pas attention, c'est un gromelot. Vous avez entendu, à la radio ? » dit Ariale.

« Non, on vient à peine de sortir de terre ! Pourquoi ? » dit Yazoo.

Kadaj leur raconta ce que Reeve avait dit dans l'émission. Les trois argentés l'écoutèrent avec un air grave. Le soleil se levait lorsqu'il eut fini.

« C'est bizarre, ce qu'il a dit… Reeve semble avoir quelque chose en tête », dit Sephiroth, l'air songeur.

« Qu'est-ce qui te fait dire ça ? » demanda Kadaj.

« Il n'a pas parlé de battues ni de lancer des recherches de terriens morts ou vifs… On dirait plutôt qu'il veut que ses hommes s'occupent de les capturer, les regrouper… Et ça, c'est bizarre. »

« Excusez-moi, mais vous le connaissez, ce Reeve ? C'est quoi, une espèce de Shinra, comme ce sale président qui a lancé le projet pour transformer les miens en rats de laboratoire ? ! » demanda Ariale.

« Non… Enfin, si mais… Reeve travaillait à la Shinra, dans le secteur du développement urbain. Et de tous les cadres que j'ai connus, c'était bien le seul à agir de façon philanthrope. Il était du genre idéaliste, ce qui lui a valu pas mal d'ennuis auprès du président et des autres cadres. »

Ariale fit la moue. Pour elle, les bureaucrates étaient tous les mêmes. Et idéaliste ou pas, elle n'était pas prête d'apprécier les propos que Reeve avait tenus à l'antenne hier après-midi.

« On ferait mieux d'y aller. On a une bande loups à mater », dit Loz.

Acquiesçant, tous se remirent en route. Corel n'était plus très loin, maintenant.

Soudain, Ariale sentit un frisson désagréable parcourir son corps. Le gromelot, qui s'était juché sur son épaule, se tourna vers elle.

« Qu'est-ce qu'il y a ? »

« J'en sais rien… Un mauvais pressentiment. »

Les argentés se tournèrent vers elle. La dernière fois qu'elle avait eu un mauvais pressentiment, une terrible tempête avait failli rayer Costa del Sol de la carte, sans parler de la destruction de l'esprit de l'eau !

« Rassure-moi, aucun esprit n'est menacé ? » dit Kadaj.

« Non… Mais je… »

Elle se figea brusquement. Une odeur de sang régnait dans l'air, très forte… Tous pris par la même sensation, ils se figèrent puis foncèrent ensemble vers la ville.

Lorsqu'ils arrivèrent aux portes, ils se figèrent. La ville… avait été attaquée.

Partout au sol, on pouvait voir des corps. Ils étaient couverts de blessures ensanglantées. Des armes et des objets détruits traînaient parmi eux. Et il y avait aussi des cadavres de loups.

« Quelle horreur ! » souffla Ariale, les mains sur la bouche.

« Des loups ont attaqué la ville ? ! » dit Yazoo.

« Selena… » dit Kadaj.

Ses frères l'interrogèrent du regard. Ariale réalisa alors qu'ils ne leur avaient pas parlé d'elle. Ils avaient surtout parlé de l'émission radio.

« Eh oui, c'est bien moi ! » dit une voix dans leur dos.

Tous se retournèrent, et virent la Maîtresse des Loups à quelques mètres d'eux, entourée de sa meute.

« Qu'en dites-vous ? Ces lâches ont fini par s'enfuir, ils n'ont fait que retarder mes loups pour protéger les femmes et les enfants, mais qu'importe ! Je finirai par les rattraper, ils croient qu'ils peuvent me semer dans leurs tunnels, ha, ha ! »

« Oh non, tu ne le feras pas, sale garce ! » dit Ariale.

Selena s'arrêta de rire et regarda la jeune fille avec les sourcils froncés.

« Ah oui ? Et d'où te vient cette assurance si soudaine ? »

« Ouais ! T'es folle, ou quoi ? Elle a des loups ! » dit le gromelot, tout tremblant, caché dans la poche intérieure de sa veste.

Selena ne laissa pas à Ariale le temps de répondre. Elle leva la main et claqua des doigts. Aussitôt, ses loups s'élancèrent pour les attaquer.

Mais avant que quiconque ait pu réagir, Ariale s'avança. Son cœur émit une puissante lumière verte, puis un cri jaillit de sa bouche. Un cri semblable à celui d'un fauve, qui hurlait sa rage et son désir de liberté.

Aussitôt, les loups s'arrêtèrent et la regardèrent avec les oreilles en arrière. Qui était donc cette fille qui parlait la langue des fauves ?

Un nouveau cri résonna. Selena se prit alors la tête entre les mains en gémissant de douleur.

Soudain, les yeux des loups se firent troubles, puis un éclat de lumière y apparut, comme un regain de lucidité. Ils regardèrent autour d'eux, comme s'ils ne reconnaissaient rien. Puis ils se tournèrent vers Selena et montrèrent les crocs.

« Vous… Comment osez-vous ? Je suis votre maîtresse, voyons ! » s'écria la jeune femme, d'une voix trahissant l'inquiétude.

« Ils n'ont jamais voulu t'obéir, Selena ! Et ils n'ont pas oublié que tu as tué leur chef de meute », dit Ariale.

Selena regarda la jeune fille avec rage. Cette sale gamine avait encore réussi à la prendre par surprise.

Soudain, les loups dressèrent l'oreille. Tout le monde leva les yeux. Le vaisseau de Cid arrivait, il se dirigeait droit vers la ville.

La jeune femme eut un sourire cruel.

« Finalement, ce n'est pas moi ni les loups que vous devriez redouter, aujourd'hui… Au plaisir ! » dit-elle avant de s'enfuir vers le désert.

Les loups, eux, prirent le chemin de la forêt, effrayés par le bruit des hélices de cette grosse machine qui arrivait droit sur cette ville.

Sephiroth allait ordonner à tous de le suivre, quand Cloud bondit du pont du vaisseau et atterrit à quelques mètres de lui.

Tandis que ses compagnons descendaient en parachute, il regarda le spectacle autour de lui. Puis Sephiroth et les argentés, auxquels il accorda un regard empli de haine et d'indignation.

« Vous avez osé faire ça ? ! »

Ariale plaqua les mains sur sa bouche. Oh non ! Sephiroth serra les dents.

« Écoute… On n'a rien fait, ce coup-là », tenta Kadaj, d'une voix blanche.

« On vient juste d'arriver », ajouta Loz.

« VOUS VOUS FOUTEZ DE MOI ? ! ET NIBELHEIM, ET EDGE NON PLUS, C'ÉTAIT PAS VOUS ? ! ! ? »

« Mais non, écoutez… » dit Ariale.

Elle n'eut pas le temps de poursuivre. Sephiroth venait de poser une main sur son épaule et l'obligeait à reculer.

Il regarda autour de lui, puis hocha la tête en direction des Incarnés. Ceux-ci parurent hésiter, puis acquiescèrent. Ils disparurent alors dans un nuage de fumée.

Ariale n'eut pas le temps de demander ce qui se passait. Sephiroth la prit dans ses bras. Elle entendit soudain un bruit dans son dos, comme du cuir déchira, puis un puissant battement d'ailes.

Elle tourna la tête et ouvrit une bouche ronde de stupeur. Une immense aile noire s'était déployée dans le dos du jeune homme.

Avant qu'elle n'ait le temps de comprendre, il s'envola dans les airs avec elle, et commença à s'éloigner de la ville.

Au loin, Ariale put entendre les cris de Cloud furieux, qui lui hurlait de revenir se battre, espèce de lâche !

« Qu'est-ce… Mais où on va ? ! » dit la jeune fille.

« Loin d'ici, il faut les semer. »

« Mais, et les autres ? Où ils sont passés ? »

« Ils peuvent se téléporter. Ne t'en fais pas, on les retrouvera, là-bas. »

« Où, là-bas ? »

« À Gongaga. »

Ariale baissa les yeux, ne pouvant s'empêcher d'admirer le paysage qui défilait sous ses yeux. C'était encore mieux qu'un vol en avion. Elle se demanda si, lorsqu'elle aurait l'esprit de l'air, elle pourrait voler elle aussi ?

Elle déplaça un peu son bras droit autour de l'épaule de Sephiroth, pour se mettre plus à l'aise, et s'aperçut que son autre main laissant une traînée rougeâtre sur sa veste en cuir.

Du sang. Celui des victimes de Selena, à Corel… Son visage s'assombrit à cette pensée. Dire qu'ils avaient espéré arriver à temps pour empêcher la terrienne de faire du mal aux gens…

Elle se figea. Non, il y avait encore un espoir.

« N'y va pas », dit-elle.

« Quoi ? »

« Gongaga ! N'y va pas maintenant ! Cap sur les mines, on doit aider les gens qui ont survécu à l'attaque de Selena. »

« Tu es folle ? Avalanche est trop près, on doit les semer ! »

« Mais ces gens vont se faire massacrer ! »

« Tu as libéré les loups de l'emprise de Selena, elle ne peut plus rien leur faire, voyons ! »

« Mais ses copains terriens ne les lâcheront pas, eux ! Tu sais la haine qu'ils éprouvent envers les habitants de ce monde. Des femmes, des enfants et des vieillards isolés dans des tunnels, l'occasion est trop belle pour qu'ils la laissent passer. S'il te plaît ! »

Voyant qu'il hésitait encore, elle ajouta :

« Ou bien tu veux donner raison à Cloud et laisser mourir des gens sans rien faire, des gens que tu aurais pu sauver ? , tu seras vraiment coupable ! Coupable de n'avoir rien tenté pour les sauver ! »

Ces dernières paroles le figèrent en plein vol. Il poussa un soupir irrité, roula des yeux puis fit volte-face, cap sur les montagnes.

« Si on s'en sort, tu le regretteras, je peux te l'assurer ! » dit-il sur un ton menaçant.

Ariale haussa des épaules. Peu lui importait ça en cet instant. Il fallait sauver ces gens et vite !